Les inégalités de Santé restent une réalité en France
En France, les inégalités de santé restent très fortes. Elles tiennent principalement au manque d’éducation en matière de santé, aux ressources économiques pour les populations les plus pauvres et aux disparités territoriales d’accès aux soins.
En 2009-2013, un cadre masculin de 35 ans pouvait espérer vivre encore 49 ans tandis qu’au même âge, un ouvrier n’avait plus que 42,6 années devant lui, selon une enquête de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée en 2016. Pire encore, une étude réalisée par Emmanuelle Cambois, Caroline Laborde et Jean-Marie Robine en 2003 et publiée dans le bulletin d’information Population et Sociétés, estime que ces mêmes adultes de 35 ans n’ont pas la même espérance sans incapacité ou handicap. L’ouvrier vivra en “bonne santé” jusqu’à 59 ans, tandis que le cadre bénéficiera de dix années supplémentaires, soit jusqu’à ses 69 ans. En France, les inégalités de santé restent très fortes. Selon les actes du séminaire de recherche de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) 2015-2016, l’Hexagone est l’un des pays d’Europe occidentale où les inégalités sociales de mortalité et de santé sont les plus élevées.
Des inégalités sociales et économiques
Les inégalités en matière de santé reposent sur les différences entre les groupes sociaux, basés principalement sur la profession, les ressources économiques et le niveau d’études. Des signes de ces disparités sont visibles dès l’enfance. Selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, intitulé “Les inégalités sociales de santé dans l’enfance”, publié en mai 2011, en grande section de maternelle, plus d’un enfant d’ouvrier sur sept - soit 13,9% - est en surcharge pondérale, contre 8,6% de ceux dont le père est cadre. Un problème d’éducation à l’alimentation et à la santé qui se retrouve plus tard dans le suivi médical, comme pour la prévention et le dépistage. Parmi les femmes de 40 ans et plus appartenant à des ménages modestes, 34 % n’ont jamais réalisé de mammographie contre 19 % pour les autres, selon une enquête de l’Insee réalisée en 2007. S’ajoutent également des inégalités liées aux ressources économiques qui différencient l’accès aux soins des différentes catégories sociales. Céline est assistante de service social dans un collège de Seine-Saint-Denis. En 6ème, l’infirmière teste la vue de tous les collégiens de ce niveau. “Plus d’une trentaine d’élèves, sur les 192 scolarisés en 6ème, avaient des problèmes de vue mais n’avaient jamais fait de démarche de soins, développe Céline. Pour beaucoup, c’est la raison financière qui bloque la prise en charge de ce problème de vue.”
Une commune sur trois est un désert médical
Les inégalités d’accès aux soins sont aussi territoriales. Les déserts médicaux, c’est-à-dire les communes sous le seuil de 2,5 consultations disponibles par an et par habitant selon la Dress, restent nombreux en France. L’Île-de-France en fait partie. En enlevant la capitale, une commune sur deux n’a pas de médecin généraliste. Dans le reste de l’hexagone, une commune sur trois est considérée comme un désert médical, avec un total 8,1 millions d’habitants concernés, selon l'indice d'accessibilité potentielle localisée (APL) conçu par la Drees. En résulte des délais d’attente parfois très longs pour obtenir un rendez-vous et des kilomètres pour accéder à certains praticiens et spécialistes. Ce constat est principalement dû au manque de renouvellement des professionnels de santé et aux fermetures d’établissements de santé. A titre d’exemple, il existait 1 356 maternités en 1975 en France, actuellement il n’en reste que 488 sur tout le territoire. Certaines femmes devront donc faire plus d’une heure de route pour accoucher, mettant en danger leur santé et celle de leur bébé en cas de complications.
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