En ce moment sur le Blog - Page 15
Santé, prévention, complémentaire santé, qualité de vie au travail, nutrition : ces sujets vous intéressent ?
On vous accompagne pour y voir plus clair à travers nos articles et dossiers spéciaux.
Diagnostic, traitements… la sclérose en plaques fait sa révolution
Traiter précocement grâce à un diagnostic plus rapide est l’une des avancées dans la sclérose en plaques en 2018. Elle s’accompagne de l’arrivée de nouveaux traitements encore plus performants. La prise en charge de la SEP amorce un tournant décisif. Diagnostiquer tôt, traiter tôt La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire qui attaque le système nerveux central, en particulier la gaine de myéline qui protège les neurones, ce qui altère progressivement la transmission des influx nerveux. Ces dernières années, les chercheurs ont compris que ça n’était pas parce qu’une personne ne cumulait pas les poussées visibles (cliniques) de la maladie que cette dernière n’était pas en train de progresser. En effet, pour une nouvelle poussée clinique, un malade atteint de la forme récurrente-rémittente (alternance de poussées et de "calme plat") fait cinq à dix poussées passant inaperçues, sauf à l’Imagerie par résonnance magnétique (IMR). Il ne faut donc plus attendre pour traiter ce patient qu’il fasse d’autres poussées cliniques. Une nouvelle attitude diagnostique et, par conséquent, thérapeutique consignée dans les toutes premières recommandations européennes parues en décembre 2017 *. On sait depuis quelques années le bénéfice d’un traitement de fond instauré le plus tôt possible, principalement dans les formes récurrentes-rémittentes (85% des malades), tant sur le plan fonctionnel que vis-à-vis de la progression de la maladie sur le plan radiologique. Pr Patrick Vermersch (chef du service de neurologie à la clinique de neurologie du CHRU de Lille : « Le pronostic à moyen et à long terme reposant sur le contrôle le plus rapide possible de la maladie, le diagnostic de SEP peut dorénavant être posé dès le premier épisode de poussée caractéristique, contre deux auparavant. A partir de maintenant, dès la première manifestation clinique ou stade de "syndrome clinique isolé", une IRM (repérant une dissémination des lésions dans l’espace) peut valider le diagnostic de SEP ». Un premier médicament dans les SEP progressives d’emblée Chez 15% des malades, la SEP progresse dès le début de façon continue, contrairement à la forme plus courante dite « récurrente-rémittente » ou les poussées cliniques alternent avec des phases de retour au calme. Cette forme de SEP dite « progressive primaire » était jusqu’alors le parent pauvre de la SEP vis-à-vis du traitement. Depuis janvier 2018, ça n’est plus le cas avec l’arrivée du premier médicament injectable (anticorps monoclonal ocrélizumab) administré chaque semestre. En ciblant les lymphocytes B, chefs d’orchestre de l’inflammation au niveau du système nerveux central, cet immunosuppresseur freine de près de 25% la progression du handicap neurologique. Un pas de géant avec cette molécule qui profite aussi aux formes récurrentes-rémittentes. Traitement : plus fort, plus vite Le mot d’ordre des premières recommandations européennes sur les thérapeutiques dans la SEP publiées en octobre 2017** est de ne plus attendre l’échec des médicaments de première ligne (moins efficaces mais mieux tolérés) pour recourir rapidement à des molécules plus puissantes de seconde ligne dans les formes récurrentes-rémittentes. Celle-ci est constituée de ce nouvel immunosuppresseur (ocrélizumab) et d’un autre arrivé sur le marché fin 2017 (alemtuzumab), venant en renfort des molécules déjà disponibles fingolimod (immunosuppresseur par voie orale) et natalizumab (première "biothérapie" par anticorps monoclonal dans la SEP datant d’une dizaine d’années). Pour être plus incisif et efficace dans l’escalade thérapeutique, le médecin ne se fonde désormais plus uniquement sur le constat de poussées cliniques mais sur des signes d’activité visibles à l’IRM. D’autres molécules sont sur le point de venir gonfler les rangs de ces thérapies ultra-puissantes, courant 2018 et 2019, telle la cladribine, anti-inflammatoire surpuissant qui réduit à néant l’activité anti-inflammatoire pendant deux ans. Pr Vermersch : « L’alemtuzumab et la cladribine "reconstruisent" le système immunitaire. La maladie auto-immune qu’est la SEP est un équilibre entre les lymphocytes autoréactifs et les lymphocytes régulateurs. Ces traitements détruisant les lymphocytes, lorsque le système immunitaire se régénère, il tend alors vers un profil plus régulateur qu’auto-réactif ; l’inflammation est calmée pour au moins deux ans ». Vitamine D pour tous C’est désormais consensuel : toutes les personnes atteintes de SEP doivent être supplémentées à raison de 100 000 UI (unités internationales) deux fois par an, en automne et hiver. Aucun dosage préalable n’est nécessaire. On s’est rendu compte que l’évolution de la maladie était moins rapide chez les patients SEP non carencés. D’après un entretien avec le Pr Patrick Vermersch (chef du service de neurologie à la clinique de neurologie du CHRU de Lille. * Lancet Neurol. Published online 21 Dec 2017. doi: 10.1016/S1474-4422(17)30470-2 ; ** ECTRIMS-EAN guidelines. 27/10/17 Hélène Joubert, journaliste
3 min
Travail à domicile, coworking, télétravail… les nouveaux modes de travail
Travailler seul, éviter le travail en équipe, gagner en concentration en fuyant les open-spaces imposés, s’épargner les trajets maison-boulot… certains travailleurs ont trouvé la parade : négocier un ou plusieurs jours de télétravail hebdomadaires ou se mettre à leur compte et piloter seul leur petite entreprise. Mais voilà, cela exige une rigueur de travail pour ne pas se laisser déborder, ne pas procrastiner et ne pas déprimer.
4 min
Les femmes ne sont pas épargnées par l'insuffisance cardiaque
Dans l’insuffisance cardiaque, la "pompe cardiaque" est devenue incapable de fournir un débit sanguin satisfaisant aux besoins de l’organisme. Si les femmes sont aussi concernées que les hommes, la maladie a ses spécificités toutes féminines. Une insuffisance cardiaque un peu particulière L’insuffisance cardiaque est une maladie du cœur relativement fréquente puisqu’elle touche 1 à 2% de la population au minimum, soit un million de Français. Au long cours, elle se répercute sur l’ensemble des organes, qu’ils soient rénaux, digestifs ou musculaires. C’est la première cause de mortalité cardiovasculaire devant l'infarctus du myocarde et l'hypertension artérielle. Alors que certaines maladies cardiovasculaires se retrouvent plus souvent chez les hommes, tel le syndrome coronaire aigu (infarctus du myocarde), l’insuffisance cardiaque n’est pas sexiste. Autant de femmes que d’hommes en souffrent (voire même un peu plus de femmes, selon certaines études), probablement parce que tous partagent les facteurs de risque qui font le lit de l’insuffisance cardiaque comme un diabète, une hypertension artérielle, un excès de LDL-cholestérol, un tabagisme ou un surpoids. Dix ans d’écart L’insuffisance cardiaque au féminin se manifeste à un âge plus avancé. Les femmes sont en moyenne plus âgées d’une dizaine d’années que les hommes (70-85 ans contre 65-75 ans). Pr Damien Logeart, co-fondateur de « FRESH », l’Observatoire Français de l’Insuffisance Cardiaque (FREnch Survey on Heart failure), Hôpital Lariboisière (Paris) : « C’est d’ailleurs pour cette raison que chez elles, des symptômes atypiques s’en mêlent, comme des palpitations, des douleurs abdominales, des malaises, des syndromes confusionnels, expliquant un retard au diagnostic relativement courant. Cependant, de façon globale, aucune réelle différence sur le plan des symptômes ne ressort réellement. Ils ont été regroupés en 2017 sous l’acronyme « EPOF » pour Essoufflement (dyspnée), Prise de poids rapide, Œdèmes et Fatigue excessive. » La seconde particularité est la forme d’insuffisance cardiaque : les femmes ont davantage d’insuffisance cardiaque dite à fraction d'éjection ventriculaire gauche préservée que les hommes et un peu moins d’insuffisance cardiaque à fraction d'éjection ventriculaire gauche réduite, ce dernier type étant souvent la conséquence d’un infarctus du myocarde, qui touche moins fréquemment les femmes que les hommes. En revanche, l’insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée étant notamment liée au vieillissement, à l’hypertension artérielle, à l’obésité etc., elle concerne en toute logique plus fréquemment les femmes que les hommes. La prise en charge s’améliore C’est un constat général, des inégalités de genre en matière de soins existent, même si elles tendent à se réduire. Une étude a mis en lumière que les femmes recevraient moins de soins que les hommes en cas d’hospitalisation pour une insuffisance cardiaque aiguë. On leur proposerait aussi moins souvent des traitements médicamenteux efficaces ou des procédures interventionnelles et chirurgicales. Un âge plus avancé, une moins bonne tolérance médicamenteuse sont quelques-unes des explications avancées. Néanmoins, la prise en charge de l’insuffisance cardiaque a fait de gros progrès. Le traitement repose sur une polythérapie médicamenteuse, des mesures diététiques, l’exercice physique et parfois certaines prothèses rythmiques (défibrillateur…). De nouvelles recommandations européennes dans la prise en charge de l’IC en 2016 ont précisé la place de ces traitements et ont aussi apporté des nouveautés dont l’ajout d’une nouvelle classe de médicaments très efficaces (antagonistes mixtes des récepteurs à l’angiotensine II et de la néprilysine) qui remplace avantageusement dans certains cas les médicaments classiques (inhibiteurs de l'enzyme de conversion et antagonistes du récepteur de l'angiotensine II). Ce médicament a un double mécanisme d'action : il diminue la pression artérielle et l’effort du cœur, et ce qui est nouveau, empêche la dégradation de molécules bénéfiques pour le cœur (peptides natriurétiques). Pr Damien Logeart : « L’analyse des registres de patients révèle une utilisation plus optimale des médicaments. Par exemple, les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) et les bétabloquants prescrits chez 70% des patients il y a 15 ans, le sont aujourd’hui chez 85 à 90%. » L’insuffisance cardiaque post-accouchement L’insuffisance cardiaque du post-partum est liée à une maladie du muscle cardiaque du péri-partum avec une prévalence de moins de 1/ 1 000 accouchements en France. Chez certaines femmes, sans que l’on en connaisse précisément les raisons ni que l’on soit en mesure de repérer en amont celles à risque, l’hormone de l’allaitement (la prolactine) provoque une altération de la fonction du ventricule gauche cardiaque, d’où l’insuffisance cardiaque, pouvant se déclarer jusqu’à six mois après l’accouchement. Seule une insuffisance cardiaque du post-partum sur deux est réversible. Hélène Joubert,journaliste d’après un entretien avec le Pr Damien Logeart, co-fondateur de « FRESH », l’Observatoire Français de l’Insuffisance Cardiaque (FREnch Survey on Heart failure).
3 min
La pause déjeuner : so frenchy !
La pause déjeuner est une particularité bien française, tant par sa durée que par sa ponctualité : 77% des Français s’arrêtent à midi pour déjeuner. Pourquoi un tel succès ? Que fait-on pendant cette coupure du milieu de journée ? Avec qui et que mange-t-on ? Quant aux bénéfices, ils commencent à être bien appréhendés : nutritionnels, sociaux, bien-être, détente? À tel point que le modèle français commence à s’imposer dans les autres pays? À l’instar du mois d’août où la France tourne au ralenti, inutile de chercher à joindre un collègue, un parent ou un ami entre midi et 14 heures : c’est la pause déjeuner ! Et elle est sacrée : selon une étude réalisée dans 14 pays par le groupe Edenred-Ticket Restaurant en avril 2016 auprès de 2.600 personnes, 77% des Français font une « vraie » pause déjeuner, de plus de 30 minutes, contre 27% des Britanniques, 36% des Américains, 54% des Belges et 57% des Allemands. Les Italiens se situent juste derrière (68%), suivis par les Japonais (62%) et les Brésiliens (59%). Que font les Français pendant leur pause méridienne ? Cette coupure en milieu de journée est de plus en employée pour faire du sport ou des courses en avalant un sandwich, mais elle reste avant tout consacrée à un repas traditionnel, pris à table, et qui selon un rapport du Ministère du travail dure 1h20. Cette pause méridienne est également étonnante de par sa ponctualité : 53% des actifs s’arrêtent entre 12h et 13h30 (c’est aussi le cas à la maison). La pause déjeuner : avec qui ? La pause déjeuner est avant tout un moment de détente (pour 56% des personnes interrogées) et de convivialité. Les actifs mangent rarement seuls. Ils se sustentent tranquillement, assis, et partagent leur repas avec d’autres : avec des collègues au restaurant ou à la cantine, prolongeant ainsi la vie professionnelle, ou à la maison en famille ou avec des amis, valorisant ainsi vie privée et sociale. Outre le plaisir de manger, l’alimentation fait partie des sujets clés à part entière qui nourrissent les conversations et les échanges (qu’as-tu choisi ? Je vais prendre la même chose. Tu me feras gouter?), au même titre que le boulot, les actualités, le sport, les enfants? Que mangent-ils ? C’est le repas le plus long de la journée, mais aussi le plus complet : 37% des déjeuners sont structurés autour de 3-4 composantes, contre 26% des diners. On mange de la viande, des légumes, de la baguette croquante, du fromage, du dessert et on diversifie. Les gouts et les textures sont importants dans la mesure où ils contribuent au plaisir. Malgré tout, la formule entrée-plat-dessert ne représente que 13% des choix. Au restaurant, c’est le plat-dessert qui prédomine, loin devant l’entrée + plat. Autrement dit, le dessert tient une place particulière. Les Français terminent leur repas sur une note sucrée (chocolatée dans 80% des cas), d’où le succès croissant du café gourmand. Est-ce bon pour leur santé ? Plaisir, détente, convivialité : oui, la pause déjeuner contribue certainement au bien-être et à la bonne santé des Français ! Encore faut-il qu’elle soit nutritionnellement équilibrée. Et elle l’est le plus souvent puisque comme on l’a vu les déjeuners sont variés, diversifiés et complets, d’autant plus que l’offre s’est fortement développée dans ce sens, cantines et restaurants proposant des formules de bonne qualité nutritionnelle. Le « fait maison » se développe également, avec notamment la mise à disposition des actifs de « coin cuisine » dans les entreprises. À ce jour, il n’existe par d’argument négatif qui tienne pour dissuader les Français de s’adonner à leur pause déjeuner. Excepté peut-être les entreprises qui pourraient lui reprocher sa durée et son extrême ponctualité ? Qu’en pense l’entreprise ? Eh bien non, l’entreprise y trouve elle aussi son compte ! En effet, une longue pause en milieu de journée et un repas structuré dans une ambiance agréable contribuent aux performances des salariés. Se retrouver à partager un repas contribue à échanger et à nouer des liens entre collègues, voire à poursuivre des conversations professionnelles dans un climat de détente et de convivialité. Ainsi, loin d’être un frein à la productivité française, la pause déjeuner joue plutôt un rôle de booster de l’efficacité professionnelle. Concernant le contenu de l’assiette, il contribue à recharge les batteries. C’est pourquoi l’entreprise veille à ce que le repas soit nutritionnellement le plus équilibré possible, sachant qu’un régime alimentaire trop riche ou inversement trop pauvre augmente le risque d’accident, d’absentéisme et de maladies. Marion Garteiser, journaliste santé
4 min
La pause-déjeuner, c’est sacré
Leur pause déjeuner, les Français y sont très attachés même si, avec les années, celle-ci s’est raccourcie et a pris différentes formes. Repas traditionnel, consommation sur le pouce de produits issus de la vente à emporter ou de "lunch box" faites maison, la coupure du déjeuner a lieu majoritairement à l’extérieur, sur le lieu de travail ou au restaurant. Mais finalement, peu importe la manière, l’important est de conserver une pause-repas équilibrée. Outre le plaisir de manger, elle entretient aussi un lien social précieux. Hélène Joubert, journaliste Pause déjeuner, l’exception française résiste Trois Français sur quatre mangent toujours trois repas par jour. Un quart se contente de deux repas, le plus souvent en sautant le petit-déjeuner. La pause déjeuner est donc sauve ! Elle a lieu majoritairement à l’extérieur (35% des Français), sur le lieu de travail ou au restaurant entre collègues ou amis. Un quart prend ses trois repas à la maison en famille. Ceux qui sont seuls au domicile déjeunent devant la télévision ou en écoutant la radio. Quoi qu’il en soit, impossible de concevoir une journée de travail sans un repas à midi pour 58% des salariés français. Mais la réalité est là : le temps accordé à la pause déjeuner est passé de 1h30 avant les années 2000 à 22 minutes en moyenne aujourd’hui. En revanche, comme il y a vingt ans, les Français se mettent à table aux mêmes heures : à 12h30, 57% d’entre eux sont en train de déjeuner. La vague du "home made" ne se dément pas Le repas se passe à 48% à table ; les autres préférant à part égale « une balade et un petit en-cas » ou « un sandwich au bureau ». Mais avec les décennies, la vente à emporter a séduit les cadres au point qu’elle devance la restauration traditionnelle avec près de 54 % de parts de marché (chiffres 2012). De plus, 53% des salariés apportent leur propre repas, en majorité des femmes, pour des raisons d’ordre économique et de maîtrise nutritionnelle. En effet, la vague du "home made" est devenue une tendance de fond. Livres, blogs etc. guident la composition de la « lunch box » ou boîte à repas afin qu’elle soit un vrai repas élaboré et équilibré. Le tout préservé dans des boîtes ergonomiques, compartimentées et isothermes. Que dit la Loi ? Le Code du travail impose un temps de pause minimum de vingt minutes pour tout temps de travail journalier d'au moins six heures. Mais les conventions collectives peuvent être plus généreuses. Par ailleurs, une convention ou un accord d’entreprise ou d'établissement ou, à défaut, une convention ou un accord de branche, peut prévoir une rémunération des temps de restauration et de pause (article L3121-6 du Code du Travail). Petite information pouvant s’avérer utile, un accident survenu pendant la pause déjeuner est déclaré comme accident du travail uniquement s'il a lieu dans le restaurant d'entreprise ou inter-entreprises. Indispensable à notre corps, à notre esprit… et à notre tour de taille Il faut bien comprendre que la nécessité de la pause déjeuner est en relation avec notre organisation sociétale et du travail. Du point de vue physiologique, elle est indispensable afin de fournir des apports nutritionnels ainsi que pour réduire le stress et relancer la concentration ; le cerveau pouvant rester concentré de manière continue tout au plus 45 minutes. Enfin, déjeuner chaque jour semble prémunir de la prise de poids. Privé de cet apport, le corps se trouve alors en restriction calorique et aura tendance à stocker les graisses. Les règles d’une pause déjeuner équilibrée Pas question de distribuer les bons et les mauvais points. Que l’on déjeune au restaurant, d’une salade au bureau ou à la cantine d’entreprise, il suffit de respecter quelques règles diététiques basiques : Un adulte doit ingérer 2 000 kilocalories quotidiennes en moyenne, dont 800 kcals apportées par le déjeuner. La qualité compte, la quantité aussi. Le déjeuner doit fournir 800g de matière. D’où le risque de rester sur sa faim si l’on se nourrit d’une simple salade, de légumes en excluant les féculents. Les chercheurs ont d’ailleurs constaté un piège : moins le volume est important, plus la concentration énergétique a tendance à être élevée. L’apport en nutriments est aussi important. Il est rarement suffisant dans le cas d’un simple menu « plat-café ». La composition idéale est la suivante : une entrée (crudités, soupe), un plat constitué d’une source de protéines (viande/poisson/œuf) - le nutriment connu comme le plus satiétogène au long cours - accompagné de légumes/féculents. Ces derniers sont une source de glucides (sucres) à libération lente. Un yaourt et un fruit (fibres) terminent le repas. Ne pas avoir la main lourde sur les sucres et les graisses (lipides). Les sucres (pâtes, fruits) sont indispensables au fonctionnement cérébral. En trop grand quantité, ils favorisent la somnolence après repas (post-prandiale). Risque identique avec les lipides : outre le fait de déséquilibrer la ration alimentaire, en ingérer en trop grande quantité ralentit la digestion. Eviter de boire de l’eau gazeuse pendant le repas pour ne pas perturber la digestion et dans l’idéal boire avant le déjeuner sont deux idées fausses. Il est en effet possible d’étancher sa soif à n’importe quel moment du repas. Le gaz ne constitue pas une gêne en soi car il est éructé. Dr Patrick Serog, médecin nutritionniste (Paris) : « Il faudrait consacrer 30 minutes au déjeuner, au minimum 20 à 25 minutes. La satiété se faisant sentir une quinzaine de minutes après la première bouchée, manger plus vite c’est prendre le risque de manger plus. Manger devant son écran est aussi un écueil à éviter. Se nourrir en pleine conscience permet au cerveau de mieux intégrer les aliments consommés et d’adapter les quantités ingurgitées ». D’après un entretien avec Dr Patrick Serog, médecin nutritionniste (Paris), co-auteur avec le chef multi-étoilé, Yannick Alléno « Bien déjeuner dans ma boîte ». Références : Enquête Inserm-CNRS 2015/Riou et coll. PLoS One, édition en ligne du 3 mars 2015/Étude Malakoff Médéric « Les habitudes des salariés au déjeuner et leur perception des maladies cardio-vasculaires. Mai 2012/CREDOC Consommation et modes de vie N° 232 • ISSN 0295-9976 • Septembre 2010/Enquête Monster Europe 2012 http://www.monster.fr/conseil-carriere/article/pause-dejeuner-des-salaries-europeens.
4 min
Les antibiotiques, c’est encore automatique
Au vu des derniers chiffres sur la consommation d'antibiotiques des Français en 2016 qui viennent d’être publiés par l'Agence nationale de sécurité des médicaments, il n’y a pas de quoi se réjouir : la France reste dans le peloton de tête des consommateurs et certains niveaux d’antibiorésistance demeurent préoccupants. La France, 3ème consommateur européen d'antibiotiques L’objectif d’une baisse de la consommation de 25% d'ici à 2018 comme l'avait préconisé le « Plan national d'alerte sur les antibiotiques 2011-2016 » n’aura pas été atteint. Au contraire, la tendance repart à la hausse, comme observé depuis 2010, dix ans après la fameuse campagne dont le slogan était « Les antibiotiques, c’est pas automatique ». Selon le rapport*, « entre 2015 et 2016, la consommation en ville a ainsi augmenté de 1,3%, repassant au-dessus de 30 doses définies journalières pour 1 000 habitants et par jour (30,3 contre 29,9 en 2015) ». Ce qui place la France très au-dessus de la moyenne européenne (21,9 DDJ/1000H/J) et même au niveau international selon le panorama 2017 de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le slogan actuel, "Soyons concernés, soyons responsables" parviendra-t-il à inverser la tendance ? Antibiotiques, un bilan en demi-teinte En ville, la consommation d’antibiotiques a diminué entre 2000 et 2016. Cette baisse a été importante entre 2000 et 2005 (de 33,4 à 27,1 DDJ/1.000H/J), mais la consommation s’est stabilisée entre 2006 et 2011, puis est repartie à la hausse, avec une croissance de 5,6% entre 2011 et 2016 (de 28,7 à 30,3 DDJ/1000H/J). Toujours en ville, deux prescriptions sur trois ont été réalisées dans le cadre d’affections ORL et d’affections des voies respiratoires basses. Léger mieux pour les antibiotiques « critiques » Un peu d’espoir ? Les antibiotiques « critiques » car générateurs de résistances bactériennes (amoxicilline + acide clavulanique ; céphalosporine de 3è et 4è génération ; fluoroquinolones) a perdu un point et demi, passant de 36,5% à 35%. Notamment, la prescription de l’association amoxicilline/acide clavulanique s’est stabilisée en 2016. Les céphalosporines de 3e et de 4e génération ont, pour leur part, reculé de 30,5% et de 8,9% entre 2006 et 2016. Cet effort proviendrait des soins de ville ; la consommation d'antibiotiques l'hôpital étant restée stable en 2016. Pour autant, certains niveaux d’antibiorésistance restent préoccupants. Par exemple, en ville, la part des bactéries Escherichia coli résistantes aux céphalosporines de3e génération a triplé entre 2008 et 2016, actuellement à 4,2%. Idem à l’hôpital où la résistance d’E. Coli est passée de 2% en 2006 à 11,2%. Point encourageant, le fait que spécifiquement, chez les 16-65 ans, l’évolution des prescriptions d’antibiotiques en médecine libérale (hors Affections de Longue Durée) a régressé de 7,1% depuis 2011, soit deux millions de prescriptions évitées en 2016. Pour améliorer encore la situation, des pistes sont envisagées, comme la dispensation d’antibiotiques à l’unité et non par boites entières ou la réduction de la durée de l’antibiothérapie. Les initiatives en santé humaine pourraient s’inspirer de celles conduites en santé animale où les restrictions drastiques d’usage des antibiotiques ont produit leur effet avec une réduction de 37% de l’exposition des animaux aux antibiotiques entre 2011 et 2016. En conséquence, la résistance d’E. Coli aux céphalosporines de 3e et de 4e génération chez les animaux recule fortement. * Rapport du 18 novembre 2017/ Consommation des antibiotiques en France en 2016. http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/L-ANSM-publie-un-rapport-sur-la-consommation-des-antibiotiques-en-France-en-2016-Point-d-Information Hélène Joubert, journaliste
2 min
Faire du sport après 65 ans, c’est tout bénéfice !
En matière de bien-être général et de santé, l’activité physique a fait ses preuves. A tout âge. Les données scientifiques se sont accumulées en faveur d’une activité physique régulière modérée à intense dans l’optique de retarder l’apparition de maladies chroniques liées à l’âge - maladies cardiovasculaires, diabète, cancer - mais aussi de repousser l’espérance de vie. L’activité physique, aux bienfaits innombrables Outre ses effets sur la qualité du sommeil, s’astreindre à une activité physique régulière et soutenue est en quelque sorte prendre une assurance vis-à-vis de risques majeurs comme le cancer et les maladies cardiovasculaires. Il a été démontré qu’elle réduisait les risques de cancer (sein, colon), d’hypertension, de maladies cardiaques, d’accident vasculaire cérébral, de diabète et de dépression. En guise d’exemple, cette pratique assidue baisse d’un tiers la mortalité cardiovasculaire. L’activité physique régulière agit à titre préventif en divisant par deux le risque de développer un diabète de type 2 chez les personnes à risque (ayant un parent diabétique). L’activité agit de plus comme un traitement : elle diminue de 45% le risque de récidive dans le cancer du sein, améliore des symptômes dans la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) avec une efficacité comparable voire supérieure aux traitements médicaux. Elle soulage aussi les symptômes tels que la fatigue due au traitement par chimiothérapie ou la douleur dans l’arthrose, les rhumatismes inflammatoires etc. Du côté de la bonne santé physiologique de l’organisme, l’activité physique améliore la densité osseuse, les capacités respiratoires et l’équilibre. Elle limite le processus de la fonte musculaire (ostéopénie) inéluctable après 50 ans. Or tout est lié : plus l’on perd du muscle, plus l’on perd aussi de l’os. Pr Véronique Coxam, INRA, responsable de l’Equipe Alimentation Squelette et Métabolisme, au sein de l’UMR 1019 (Clermont-Ferrand) : « La baisse de la quantité de masse musculaire est parfaitement corrélée à celle de la densité minérale de l’os. C’est la qualité même du muscle (de la cuisse) qui permet de prédire le risque de fracture, quel que soit le niveau de densitométrie osseuse. La perte progressive et élevée de la masse, de la force et de la fonction musculaires au cours du vieillissement (sarcopénie) est un facteur de risque désormais reconnu d’ostéoporose. Ne pas « se bouger » expose donc à un surrisque de chutes mais aussi de fractures et à un état de fragilité général ». L’activité physique après 70 ans, pour repousser l’espérance de vie Une étude australienne*, première du genre tant par ses résultats que par les caractéristiques des personnes inclues (1705 hommes d’âge moyen 77 ans) est parue en octobre 2017. La plupart des études ne tiennent pas compte de l’évolution de la pratique de l’activité physique dans le temps et très peu recrutent des participants âgés de 80 ans et plus. Au final, après cinq ans de suivi, il semblerait que les seniors pratiquant une activité physique intense, ainsi que ceux augmentant leur vitesse de marche au cours du temps – un critère déterminant – auraient une meilleure espérance de vie, du fait de la réduction des mortalités toutes causes confondues, par cancer et cardiovasculaire. Le sport n'est pas réservé aux jeunes ! Avec l’âge, le risque est de s’essouffler, de prendre du poids et de se raidir. En conséquence, travailler son endurance et sa souplesse devient nécessaire. Certaines activités physiques jouent plus sur le versant cardiovasculaire (nage, vélo, course à pied, zumba). En pratique, pour prendre soin de son cœur, il est conseillé de miser sur la durée plutôt que la puissance (au moins 20 minutes deux fois par semaine d’une activité continue). Certaines activités physiques renforcent les os (marche active ou nordique), d’autres les muscles, la souplesse et l’équilibre (aquagym, tai-chi, yoga, gymnastique adaptée avec barre au sol, marche énergique dans l’eau ou « longe-côte »/) ou l’adresse et la coordination (golf, tennis, tir-à-l ’arc etc.). Pour toutes ces pratiques physiques, la fréquence et la durée doivent rester raisonnables. Il n'est question ni de réaliser des performances ni de s'épuiser. Vérifier son aptitude à la pratique sportive Avant toute remise au sport et même à intervalles réguliers chez les habitués, des bilans d’aptitude et de surveillance s’imposent chez les seniors. L’appareil locomoteur doit être examiné, en vue de repérer d'éventuelles douleurs articulaires, déviations de la colonne vertébrale etc. qui pourraient gêner la pratique sportive, voire aggraver l’état existant. Un check-up est recommandé d’autant plus que la personne souhaite se remettre au sport après une période d’inactivité. Au niveau cardiaque, dès 50 ans et a fortiori après 65 ans chez l’homme, il faut envisager un bilan systématique avec son médecin. Chez la femme, le tout premier bilan peut être retardé vers l’âge de 55-60 ans si elle n’est ni diabétique ni fumeuse car ses hormones la protègent jusqu’à dix ans après la ménopause. Par la suite, l’examen est à répéter tous les 5 ans. Le contexte est primordial : si l’on a des problèmes familiaux cardiaques (infarctus du myocarde avant l’âge de 50 ans), des bilans réguliers reviennent tous les 2 à 3 ans. Le bilan classique comprend une numération formule sanguine (analyse quantitative et qualitative du sang : globules rouges et blancs, plaquettes), un dosage de la créatinine pour vérifier l’état de la fonction du rein, une glycémie à jeun (taux de sucre dans le sang) ainsi que les explorations lipidiques comprenant le mauvais cholestérol (LDL-cholestérol), le bon cholestérol (HDL-cholestérol) et les triglycérides. Une attention tout particulière doit être portée chez le senior vis-à-vis du choix du matériel et des consignes techniques de réalisation de la pratique, par un coach sportif ou un éducateur en Activité physique adaptée (APA). Exemple parmi d’autres, nombreux sont les problèmes musculo-tendineux liés à un choix inadapté de chaussures de sport. Dr Krzentowki, médecin du sport, de médecine physique et de réadaptation (Paris) : « Dans le cas des personnes souffrant d’une maladie chronique (bronchopneumopathie chronique obstructive, diabète, insuffisance cardiaque etc.), le médicament « activité physique » mérite la sécurité au moyen d’un bilan préalable, une évaluation précise des capacités de la personne afin de définir la posologie d’exercice la plus efficace : habitudes de vie, profil de santé et pathologie, capacité physique (composition corporelle, examen cardiologique avec électrocardiogramme et épreuve d’effort cardio-respiratoire, évaluation des capacités musculaires…). ». Pour en savoir plus : Fédération française de la retraite sportive https://www.ffrs-retraite-sportive.org/ Source : *Hsu B et al. JAMDA first online october 6, 2017. D’après un entretien avec le Pr Véronique Coxam, (INRA, Clermont-Ferrand) et le Dr Krzentowki, médecin du sport, de médecine physique et de réadaptation (Paris), président de Mon Stade, structure dédiée à la mise en œuvre de l’activité physique dans la prise en charge des maladies chroniques (Paris). Merci au Pr Patrick Henry, cardiologue à l’hôpital Lariboisière (Paris), pour ses conseils sur le bilan cardiovasculaire du sportif après 50 ans. Hélène Joubert, journaliste
Bactéries : les gels hydro-alcooliques plus suffisamment efficaces
On pensait les gels hydro-alcooliques très efficaces contre les bactéries. Mais certaines d'entre elles ont trouvé le moyen de survivre à ces gels à base d'alcool. Nous ne sommes plus à l'abri des certaines bactéries. Cela semble être le début d'un film catastrophe. C'est pourtant une réalité, d'après des chercheurs de l'université de Melbourne (Australie). Leur étude, publiée dans bioRxiv, explique qu'une bactérie aurait développé une insensibilité aux gels hydro-alcooliques Ce germe, c'est l'Enteroccus faecium (Efm), une bactérie provoquant des gastro-entérites et souvent contractée dans les hôpitaux. Or, les gels sont justement utilisés pour éviter ce genre d'infection, en particulier dans les hôpitaux. Et il a réussi à muter pour multiplier par dix sa résistance aux solutions hydro-alcooliques (SHA). Pour mettre au jour cette évolution, les chercheurs ont étudié cette bactérie entre 1997 et 2015. Sur 193 millions d'échantillons analysés, les scientifiques ont constaté que la bactérie avait au fur et à mesure développé une insensibilité aux gels hydro-alcooliques,notamment à partir de 2010. Des mutations génétiques pour se protéger Grâce à des travaux sur la souris, ils ont montré que la bactérie évoluée (celle qui résiste à l'alcool) était également résistante à la désinfection de surface, réalisée avec de l'isopropanol standard à 70 %, un alcool à 70 %. Afin d'aller plus loin, les scientifiques ont décidé de rechercher des signatures génomiques bactériennes d'adaptation. Autrement dit, les gènes qui ont changé depuis que la bactérie est résistante à l'alcool. Après étude, il semble que l'Efm désormais insensible à l'alcool ai subit une mutation génétique. En effet, celle-ci a modifié sa capacité à l'absorption mais également sa façon de métaboliser des glucides. Pour Matthew O'Sullivan, de l'université de Sydney, et cité par New Scientist, "c'était probablement naïf de penser que les super-bactéries ne seraient pas en mesure de s'adapter aux désinfectants à base d'alcool. Quand on considère tout ce que nous avons introduit pour tenter de combattre les bactéries, on voit qu'elles trouvent toujours le moyen d'évoluer pour les contourner". Cette étude aide à mieux comprendre pourquoi en moins de 20 ans, le nombre d'infections causé par cette bactérie s'est multiplié par cinq. Chaque année, en France, les bactéries résistantes tuent 12 500 personnes. Comment utiliser les gels hydro-alcooliques ? Au début, les gels hydro-alcooliques étaient principalement utilisés dans le milieu hospitalier mais aujourd'hui leur utilisation est entré dans la routine quotidienne. En effet, beaucoup de personnes possèdent aujourd'hui leur petite bouteille au fond de leur sac pour se désinfecter les mains après avoir pris le métro par exemple ou avant de manger. Pour être le plus efficace possible lorsque vous les utiliser, sachez qu'une simple goute au creux de la main suffit, pas la peine d'en mettre beaucoup. Ensuite il faut bien frotter l'intérieur, l'extérieur des mains mais aussi entre chaque doigts et le bout des doigts pour enlever toute bactérie pouvant être présente. Cependant comme l'étude le suggère, les bactéries peuvent devenir résistantes à ces gels. Il existe alors une alternative très simple : se laver les mains à l'eau et au savon.Dans ce cas, même principe, mouillez vos mains sous l'eau, prenez un "pchitt" de savon (préférez ceux en bouteille plutôt que les savon dur qui peuvent s'imprégner de bactéries) et frottez comme pour le gel entièrement les mains sans oublier si vous le pouvez la brosse à ongle. Ensuite vous n'avez plus qu'à rincer et surtout choisir une serviette à usage unique plutôt que le sèche-main ou les serviettes de toilettes. Source : Increasing tolerance of hospital Enterococcus faecium to hand-wash alcohols. Sacha J. Pidot, Wei Gao, Andrew H Buultjens, Ian R Monk, Romain Guerillot, Glen P Carter, Jean Y.H. Lee, Margaret M. C. Lam, Susan A. Ballard, M. Lindsay Grayson, Andrew A. Mahony, Elizabeth A. Grabsch, Despina Kotsanas, Tony Korman, Geoffrey W. Coombs, J. Owen Robinson, Anders Goncalves da Silva, Torsten Seemann, Benjamin P. Howden, Paul D. R. Johnson, View ORCID ProfileTimothy P. Stinear. bioRxiv. 29 janvier 2018 Les gels antibactériens seraient de moins en moins efficaces pour lutter contre les infections. 20 minutes. 22 février 2018 Manon Anger, journaliste santé source:e-santé
3 min
Entrepreneurs, agissez contre les risques psychosociaux
Plus qu’un phénomène de mode, l’épuisement professionnel ou burn-out est bien une réalité, en rapport avec la mondialisation et les contraintes économiques de notre société. Il n’est que l’une des composantes des « risques psychosociaux ». En effet, stress, harcèlement, agression, burnout… les risques psychosociaux – souvent imbriqués - prennent diverses formes. Ne pas s’en préoccuper rejaillit à la fois sur la santé des salariés mais aussi le bon fonctionnement de l’entreprise. Entrepreneurs, comment agir au quotidien ? La progression du burnout en milieu de travail De façon générale, le nombre de maladies professionnelles psychiques reconnues en France a été multiplié par sept entre 2012 et 2016, passant de 82 à 563. Ces chiffres proviennent du rapport 2017 de l’Académie nationale de médecine (1). Les risques psychosociaux correspondent à des situations de travail où sont présents, combinés ou non, du stress, des violences internes (harcèlement moral ou sexuel, conflits exacerbés) et des violences externes commises sur des salariés (insultes, menaces, agressions…). Pr Alain Chamoux, chef du service de médecine du travail au CHU de Clermont-Ferrand et rapporteur du rapport de l’Académie nationale de médecine (2017) : « L’identification des risques psychosociaux n’est pas simple. Malgré les difficultés liées à l’absence de cadre nosologique, le réseau national de vigilance et de prévention des maladies professionnelles parvient à identifier sous le classement « surmenage » les cas apparentés à cette description. Dans notre expérience, ils représenteraient 23% des consultants pour un motif psychologique. Ils répondent à certaines expositions telles que les changements d’organisation, la surcharge de travail ressentie, les modalités particulières de management, l’inadéquation des moyens et des objectifs et les activités demandant une attention soutenue ». Prévenir le stress chronique L’intensification du travail, l’individualisation des objectifs, les nouvelles formes de management concourent à la perte du collectif de travail. La rapidité de ces changements n’offre pas toujours le temps d’adaptation nécessaire aux opérateurs. C’est pourquoi ces mutations nécessitent préparation, concertation et accompagnement. Outre la prévention primaire, l’information, le repérage et la prise en charge de ces patients relèvent de la santé au travail mais également de l’ensemble des acteurs. Pr Alain Chamoux : « Les formes d’expression des risques psychosociaux sont généralement des états anxieux ou dépressifs faisant suite à une période de stress chronique de trois à six mois. Le mécanisme est donc celui du stress chronique avec dépassement du seuil de fatigue pour une raison légitime aux yeux de la victime. Le stress résulte du déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes de son environnement de travail et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ». Entrepreneurs, 9 conseils pour agir contre les risques psychosociaux Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en France, 47 % des actifs occupés déclarent devoir toujours ou souvent se dépêcher (2). 27 % disent ne pas pouvoir régler par eux-mêmes les incidents. Indépendamment de leurs effets sur la santé des individus (maladies cardio-vasculaires, troubles musculosquelettiques, troubles anxiodépressifs, épuisement professionnel, suicide), les risques psychosociaux ont un impact sur le fonctionnement des entreprises (absentéisme, turnover, ambiance de travail…). L’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) a identifié plusieurs leviers sur lesquels les entrepreneurs peuvent agir contre les risques psychosociaux, ceux-ci pouvant être induits par l’activité elle-même ou générés par l’organisation et les relations de travail : - Evaluez la charge de travail. C’est une démarche fondamentale pour endiguer le stress généré par l’inadéquation entre la tâche demandée et les moyens notamment en termes de temps mis à disposition du salarié. -Donnez de l’autonomie à vos salariés. Il s’agit de la possibilité d’être acteur dans son travail. Elle rejoint la notion de « latitude décisionnelle » et inclut non seulement les marges de manœuvre c’est-à-dire la possibilité pour le travailleur de s’auto-organiser dans son travail, mais également la participation aux décisions qui concernent directement son activité ainsi que l’utilisation et le développement de ses compétences. -Soutenez vos collaborateurs. L’aide et la reconnaissance du travail fournis par la hiérarchie – mais aussi les collègues - est un élément clé du bien-être des salariés. -Témoignez de la reconnaissance. Pour information, 33 % des salariés disent ne pas éprouver la fierté du travail bien fait (2). -Donnez du sens au travail. L’existence d’objectifs irréalistes ou flous, l’exigence d’une polyvalence non maîtrisée ou encore les instructions contradictoires sont très souvent pointés. Il ne faut pas non plus sous-estimer les conflits de valeurs. Par exemple : faire un travail que l’on juge inutile, vendre un crédit à des personnes à très faibles revenus, faire la promotion d’une méthode que l’on sait inefficace, etc. -Agissez face aux agressions externes. Dans l’exercice de leur travail, les salariés sont parfois soumis à des insultes, menaces voire même des agressions. Le chef d’entreprise doit s’en soucier et établir des mesures pour les éviter et protéger le salarié. -Communiquez sur les changements. -Facilitez la conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Les longues journées de travail, le travail en horaires atypiques, l’imprévisibilité des horaires de travail… sont des facteurs majeurs de risque psychosociaux. Le dialogue permet souvent d’aboutir à un compromis (télétravail partiel, horaires aménagés etc.). -Bannissez toute forme de violence. Par exemple, les conflits exacerbés sont fréquemment retrouvés. 36 % des salariés signalent avoir subi au moins un comportement hostile dans le cadre de leur travail au cours des 12 derniers mois. Sources : (1) Alain CHAMOUX, Audrey VILMANT. Considérations sur le burnout en milieu de travail. Rapport de l’Académie nationale de médecine (2017) ; (2) Enquête Conditions de travail 2013 par l’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles Hélène Joubert, journaliste
6 min
Les clés pour résoudre les blocages relationnels au travail
La vie professionnelle est parfois une suite d’affrontements et de difficultés relationnelles. Pour ne pas laisser la situation s’enkyster, il faut agir. Patrice Girard, ancien dirigeant d’entreprises et fondateur d’un cabinet de coaching pour accompagner des dirigeants et leurs équipes, livre ses secrets pour dire adieu aux problèmes au travail.
2 min
Autisme : un enfant qui ne réagit pas à son prénom, ce n’est pas normal
Le diagnostic des enfants autistes doit survenir plus tôt dans leur existence. Ils sont environ 100 000 en France à souffrir d'un tel retard. De nouvelles recommandations ont été émises pour améliorer leur parcours. Un enfant qui ne babille pas, ne reconnaît pas son prénom, ne pointe pas du doigt… Ces signes – et bien d'autres – peuvent évoquer un trouble du spectre autistique (TSA). Et il serait temps d'écouter les parents qui s'en inquiètent. Car cette pathologie n'est pas rare : 91 000 à 106 000 jeunes de moins de 20 ans en souffriraient. C'est la conclusion de la Haute Autorité de Santé (HAS), qui s'est retroussée les manches pour dépoussiérer la prise en charge de l'autisme en France. Car celle-ci accuse un sérieux retard, au détriment des patients. Dans ses nouvelles recommandations, l'agence sanitaire souligne que le diagnostic de ce trouble neuro-développemental est encore trop tardif. Les premiers signes de l'autisme se manifestent entre 1 et 2 ans. La maladie se traduit par un retard du langage, mais aussi par des relations sociales anormales. L'enfant touché ne fera, par exemple, par de gestes pour "faire coucou" ou dire "au revoir". Pourtant, le nom de la pathologie n'est généralement prononcé que lorsque les jeunes patients ont 3 à 5 ans. Les conflits minent le diagnostic La HAS identifie plusieurs mécanismes qui pourraient expliquer ce retard dans le repérage de l'autisme. Les parents expriment des inquiétudes qui ne sont pas toujours entendues du corps médical. Il est d'autant plus facile de passer à côté de cette pathologie que les symptômes peuvent être communs à d'autres troubles du développement. Dans les formes légères, l'enfant touché peut aussi "compenser" ses retards, jusqu'à sa scolarisation. Même une fois les soupçons confirmés, "le parcours des enfants et de leur famille est encore souvent chaotique, fait d'errances et de ruptures pour nombre d'entre eux", déplore le Pr Dominique Le Guludec, présidente de la HAS. Ce parcours semé d'embûches s'explique par de nombreux facteurs qui, accumulés, limitent considérablement les chances d'accéder aux soins appropriés. Pour commencer, 6 mois à 1 an d'attente sont nécessaires avant de bénéficier d'une consultation dans un centre spécialisé dans l'autisme. Par ailleurs, un réel conflit agite la prise en charge de l'autisme en France, historiquement attribuée aux psychanalystes. A tel point qu'en 2017, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) évoquait des "rivalités disciplinaires, concurrence entre les théories et les approches, désaccords concernant les choix et les modalités d'interventions". Plusieurs soignants doivent s'impliquer Face à ces luttes intestines, la présidente de la HAS adopte une position claire. Elle invite à "dépasser les querelles pour concentrer les énergies à renforcer l'accès à un diagnostic précoce et à déployer rapidement des interventions personnalisés, adaptées et réévaluées tout au long de la vie." Selon le Pr Le Guludec, les autorités sanitaires ont "la responsabilité de faire connaître les recommandations aux professionnels" et "inciter à leur mise en œuvre effective". Car plus tôt les troubles autistiques sont pris en charge, meilleures sont les chances du patient. Or, le diagnostic de l'autisme est possible dès 18 mois "si les signaux sont identifiées et pris en compte", souligne le Pr Dominique Le Guludec. Alors comment améliorer le diagnostic ? L'ensemble des personnes intervenant dans le suivi et l'éducation de l'enfant doivent être attentives aux signes évocateurs. Le médecin traitant, notamment, réalise les examens de santé obligatoires jusqu'à 6 ans. C'est l'occasion de mettre en place quelques tests évaluant le développement. Agir vite et bien Mais diagnostiquer un trouble autistique, c'est l'affaire de plusieurs professionnels. La HAS recommande donc de confirmer et croiser les observations en faisant appel à des pédopsychiatres, des psychologues et des spécialistes de la rééducation. En attendant un rendez-vous – souvent tardif – en centre spécialisé, le médecin traitant peut proposer des examens ORL, ophtalmologiques ou encore des séances d'orthophonie ou de rééducation. Ces approches personnalisées permettent d'aider l'enfant à se développer et à limiter l'ampleur des troubles de la sociabilité ou du comportement. Car les techniques comportementales ont prouvé leur efficacité. Encore faut-il les mettre en place à temps. Source :Trouble du spectre de l’autisme - Signes d’alerte, repérage, diagnostic et évaluation chez l’enfant et l’adolescent, Haute Autorité de Santé, 19 février 2018 - Autisme : poursuivons nos efforts, Tribune du Pr Dominique Le Guludec, présidente de la HAS, 18 février 2018 - Evaluation du 3ème plan autisme dans la perspective de l’élaboration d’un 4ème plan, Igas, mai 2017 Prises en charge de l'autisme, Vaincre l'autisme, consulté le 19 février 2018 Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé - source : e-santé
3 min
Hypertension artérielle, ne pas relâcher la pression !
Chaque année, le Comité Français de Lutte Contre l’hypertension artérielle réalise une enquête « Flash », sorte de polaroïd de la prise en charge de l’hypertension artérielle en France. L’édition 2017 dévoilée en décembre dernier est édifiante car elle confirme malheureusement le recul de la prise en charge, une tendance amorcée il y a quelques années. Or, l’hypertension n’est pas qu’un facteur de risque de maladies cardiovasculaires, c’est une vraie maladie. La maladie « hypertension », une inexorable banalisation Le constat est là. Années après années, l’hypertension artérielle en France s’est banalisée. L’hypertension artérielle est victime de son caractère insidieux et silencieux car, sans symptômes, la plupart des patients ne se sent pas malade. Pour autant, cette maladie favorise la survenue d’autres pathologies du cerveau, du cœur, des reins ou des artères, avec à la clé un risque d’infarctus du myocarde ou de défaillance cardiaque, d’insuffisance rénale, d’accident vasculaire cérébral/AVC etc. Par exemple, l’hypertension est le premier facteur de risque d’AVC et parmi les principaux d’insuffisance cardiaque dite à fraction d’éjection préservée. Les conséquences de cette banalisation de la maladie « hypertension », par le grand public mais aussi les soignants, sont visibles sur tous les fronts comme en atteste l’étude FLASH effectuée chaque année par le Comité Français de Lutte Contre l’HTA (1). L’édition 2017 parue en décembre 2017 à l’occasion du congrès annuel de la Société Française d’Hypertension artérielle inquiète : de moins en moins de personnes hypertendues sont dépistées et traitées, de moins en moins d’hypertendus ont leur hypertension correctement contrôlée, de moins en moins d’hypertendus pratiquent l’automesure tensionnelle alors qu’elle est recommandée en cas de contrôle non optimal de l’hypertension artérielle.(2) Pr Xavier Girerd Unité de Prévention Cardio-Vasculaire Institut E3M Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, directeur scientifique des études FLASH : « En 2017 en France métropolitaine, le nombre estimé de personnes hypertendues traitées par au moins un antihypertenseur était de 10,8 millions. Cela peut paraître beaucoup mais si l’on regarde les chiffres avec du recul, une tendance préoccupante semble se confirmer : en 2010, il y avait 11,2 millions d’hypertendus traités, 11,6 millions en 2014 et désormais 10,8 millions ! De plus, le pourcentage d’hypertendus traités dans la population des 35 ans et plus en France métropolitaine est sur la même pente glissante : 31,5% en 2007 puis 27,9% en 2017 ». Beaucoup d’hypertendus en France ne sont pas contrôlés correctement Malgré quelques bouleversements fin 2017 dans les recommandations américaines à propos des objectifs tensionnels - vis-à-vis desquelles la Société Française d’Hypertension artérielle a depuis pris ses distances - les consignes françaises de la Haute Autorité en Santé (HAS) datant de 2016 sur la prise en charge de l'HTA restent la référence dans l’Hexagone, à savoir as plus de 140 mm Hg pour la pression systolique et 90 mm Hg pour la pression diastolique. Là aussi, dans FLASH 2017, l’évolution du contrôle tensionnel chez les hypertendus traités entre 2004 et 2017 en France laisse dubitatif. Et seul un hypertendu sur deux est à la cible tensionnelle de 140/90 mmHg. Quant à l’utilisation de l’automesure tensionnelle chez les hypertendus traités, afin de vérifier à son domicile que l’on est bien dans les objectifs, la recommandation des hypertensiologues ne prend pas : les personnes hypertendues étaient 36% à s’en servir en 2007, 44% en 2015 et désormais 40% en 2017. Pourtant, la réalisation d’un relevé d’automesure par le patient lui-même est aujourd’hui considérée comme une technique utile, d’une part pour affirmer le diagnostic d’une hypertension artérielle et d’autre part pour aider à définir le meilleur traitement et ajuster les doses pour atteindre les cibles tensionnelles. De plus, contrairement à ce que recommandent les bonnes pratiques médicales, la prescription d’une monothérapie (un seul médicament antihypertenseur) reste prépondérante, retrouvée chez 51% des hypertendus. Pour améliorer la situation, la Société Française d’Hypertension Artérielle vient de publier un livre blanc pour améliorer la prise en charge de l’hypertension artérielle (3). Mieux suivre les traitements de l’hypertension : testez votre observance Suivre le traitement de façon régulière est nécessaire pour se protéger contre les complications de l'hypertension. Deux outils sont désormais proposés par le CFLTHA au sein du programme "Agir pour l'observance" : évaluez votre observance avec EvalObs et recherchez les causes de la mauvaise observance avec QueObs (Questionnaire de Girerd).(4) Pour tester leur fiabilité, ils ont été confrontés aux données de l’enquête FLASH 2017. Avec succès. Pour en savoir plus : Comité Français de Lutte Contre l’HTA (www.comitehta.org) (1) http://www.comitehta.org/wp-content/uploads/2018/01/FLAHS2017_Diapo.pdf Interrogation par voie postale de 6000 individus de 35 ans et plus (juillet 2017) (2) http://www.comitehta.org/wp-content/uploads/2018/01/Brochure2006_AutomesureHTA.pdf (3) www.sfhta.eu/?cat=67 (4) http://www.comitehta.org/flahs-observance-hta/ Hélène Joubert, à l’occasion du congrès annuel de la Société Française d’Hypertension artérielle (décembre 2017, Paris).
3 min
Cancer colorectal : trop peu de Français se font dépister
Ce 18 février, l'Institut national du cancer lance une campagne de sensibilisation au dépistage du cancer colorectal, encore trop peu pratiqué. Le dépistage du cancer colorectal Le cancer colorectal est le 2e cancer le plus meurtrier en France. On recense 45 000 nouveaux cas par an. Et il provoque 18 000 décès chaque année. Pourtant, s'il est détecté rapidement, le taux de survie est de 90 %, contre 13 % une fois qu'il se trouve au stade métastatique. Pour inciter les gens à aller se faire dépister, une campagne télévisée a été lancée ainsi qu'une mobilisation sur les réseaux sociaux.Le message : "Le cancer colorectal, le dépister à temps peut vous sauver la vie". De son côté l'Institut national du Cancer (INCa) propose une liste de médecins généralistes qui sauront orienter les patients, et un dépliant d'information. Car malgré ces chiffres convaincants, le dépistage a très peu de succès en France. A faire tous les deux ans après 50 ans, il cible 16.5 millions de personnes. Mais seulement 33.5% d'entre eux l'ont fait en 2016-2017. Toujours trop insuffisant, ce taux de participation déçoit l'Institut national du cancer (INCa). Il reste en effet bien en dessous du seuil de 45 % recommandé par l'Europe. Mais il est à noter que, par rapport à 2015-2016, il a augmenté. En effet, il était de 29% à ce moment-là. Pour effectuer ce fameux dépistage, il faut se rendre chez son médecin traitant qui évaluera si le patient est éligible ou non. A la suite de quoi il lui remet le kit de dépistage. Un nouveau test plus efficace La communication de l'INCa met notamment l'accent sur le nouveau test immunologique (OC-sensor), adopté en avril 2015 et d'une grande efficacité. En effet, il a permis de détecter 39 % de personnes souffrant de lésions néoplasiques avancées (adénomes avancés et cancers)... contre 23% avec l'ancien test Gaïac (Hémoccult). Ainsi, ce nouveau test a réussi à détecter 2.4 fois plus de cancers et 3.7 d'adénomes avancés (lésions précancéreuses) que son prédécesseur. Entre le 14 avril et le 31 décembre 2015, il a donc détecté 4 300 cancers et 17 000 adénomes avancés. Grâce au nouveau test, les cancers sont détectés également plus tôt puisqu'il a détecté 46.5 % de cancers au stade 1 contre 38 % pour l'ancien test. Pour réaliser le test immunologique, c'est très simple. Il faut commencer par se rendre chez son médecin traitant qui définira avec vous si vous êtes éligible. Il vous remettra alors le kit prévu pour le prélèvement. Le test consiste à prélever ses selles à l'aide d'un bâtonnet, qu'on replacera dans un tube fermé hermétiquement. Le patient devra alors redonner le tube ainsi qu'une fiche d'information au laboratoire d'analyse indiqué sur l'enveloppe. Il faut savoir qu'il n'est pas rare de développer un cancer colorectal sans pour autant en ressentir les symptômes (douleurs abdominales, sang dans les selles). Ce qui rend le dépistage d'autant plus important. Le cancer du côlon en vidéo https://www.dailymotion.com/video/x5k3c9k Source : Cancer colorectal : l'INCa compte sur les médecins traitants pour inciter leurs patients à se faire dépister. Le quotidien du medecin. 19 février 2018 Cancer colorectal : nouvelle campagne sur l'importance de "dépister à temps". Sciences et Avenir. 27 février 2017 Dépistage du cancer colorectal : comment faire le test ? Institut national du cancer. Manon Anger, journaliste santé source : e-santé
3 min
Le froid tue-t-il vraiment les microbes ?
Le froid tue les microbes, à en croire la sagesse populaire. En fait, celle-ci se trompe : seules de fortes températures peuvent y parvenir. L'adage veut que le froid tue la vermine. Une croyance qui s'élargit souvent aux bactéries et virus qui empoisonnent notre quotidien.
3 min
Le handicap en entreprise, un faux problème
Au cours de sa vie, une personne sur deux connaîtra une situation de handicap, ponctuelle ou définitive. Ce que l’on sait encore moins est que 80 % des travailleurs handicapés n’ont besoin d’aucun aménagement de poste. Pourtant, l’emploi des personnes handicapées reste insuffisant, un sujet où les stéréotypes sont encore bien enracinés. Entrepreneur : « osez le handicap ! ». Salariés : « osez déclarer votre handicap ». Qu’est-ce que le handicap ? La définition du handicap au regard de la loi du 11 février 2005 fait référence : « constitue un handicap toute limitation d’activité ou restrictions de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne, en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive, d’une ou de plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ». Il existe cinq familles de handicap : 46% des handicaps ont trait à une déficience motrice, c’est-à-dire une atteinte de la mobilité des membres supérieurs et/ou inférieurs, quelle qu'en soit la cause. 25% des handicaps sont liés à une maladie invalidante, respiratoire, digestive, parasitaire, infectieuse (diabète, hémophilie, sida, cancer, hyperthyroïdie etc.). 8% résultent d’une déficience sensorielle, auditive et/ou visuelle (surdité partielle ou sévère, malvoyance, cécité…). 12% sont des troubles psychiques (troubles dépressifs graves, burn out, état psychotique ou névrotique). 9% sont des handicaps variés (déficience intellectuelle, trouble cognitif/trouble mental qui affecte la mémoire). Loin des 6% de travailleurs handicapés fixés par la Loi Trente ans après la loi (1987) * qui, pour la première fois, a fixé l’obligation d’emploi pour les travailleurs handicapés, le constat est mitigé. 2,7 millions de personnes ont une reconnaissance administrative de leur handicap (« Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé » ou RQTH), soit 7% de la population active. Or, le nombre de travailleurs handicapés en emploi atteint un million en 2017 et le taux de chômage des personnes reconnues handicapées n’a cessé de croître, jusqu’à 19 % en 2017, deux fois supérieur à celui de l'ensemble des actifs (10%). 48 % des chômeurs handicapées ont 50 ans ou plus, contre 25 % pour l’ensemble de la population active. Par ailleurs, la représentation sociale du handicap reste négative**. Les stéréotypes et les préjugés concernent encore aujourd’hui tous les aspects du handicap : les personnes handicapées sont perçues comme motivées, déterminées et sympathiques mais fragiles et lentes voire tristes et perturbées. Dans l’esprit du grand public, le handicap se résume au fauteuil roulant. Il est cependant loin d’être la norme : le fauteuil roulant est indispensable chez seulement 2% des personnes handicapées qui travaillent. 85 % des handicaps sont invisibles. Handicap au travail, les espoirs sont permis Il y a cependant de quoi être confiant. La vision change dans le grand public : 80 % des salariés ayant un collègue handicapé n’ont pas constaté de surcharge de travail. 82 % d’entre eux le perçoivent comme aussi performant (source Louis Harris). Par ailleurs, de moins en moins d’entreprises choisissent de subir la sanction pour éviter d’avoir à employer des personnes handicapées. Selon la Loi, les entreprises privées de 20 salariés et plus devraient compter 6 % de personnes en situation de handicap dans leurs effectifs, sauf à payer une « contribution » à l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph) ou le Fonds pour l'Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction publique (Fiphfp). En dix ans, le nombre d’établissements ayant dû verser une « contribution » a baissé de 28 %. De plus, la part des groupes qui ne mettent aucune action en place (plan, accord, emploi) était de 8 % en 2014, soit trois fois moins qu’en 2006. Sonia Mouihi, Chargée Mission Diversité Handicap pour le Groupe Synergie : « J’exerce mon métier depuis fin 2004 et la loi du 11 février 2005 a été celle qui a réellement impulsé une dynamique pour l’emploi des travailleurs handicapés, en durcissant les pénalités financières. Cet intérêt nouveau s’est, en premier lieu, fait ressentir auprès des grands groupes qui ont rapidement élaboré de nouvelles solutions afin d’employer des collaborateurs handicapés. Le recrutement direct n’était pas simple, des professionnels du recrutement dédiés au handicap, parfois en interne, ont vu le jour. Les chargés de mission ont été plus nombreux, notamment pour le maintien dans l’emploi des personnes handicapées car ce problème est le plus prégnant (aménagement du poste, formation des collaborateurs en situation de handicap, sensibilisation des collectifs de travail). Aujourd’hui, l’enjeu se concentre au niveau des PME (Petites et Moyennes Entreprises) qui n’ont pas toujours les moyens de se doter d’outils spécifiques ». Déclarer son handicap, pas si facile Les entreprises ont, en interne, de nombreuses personnes en situation de handicap qui n’osent pas le révéler. La crainte de perdre son emploi ou de freiner son évolution professionnelle joue probablement pour beaucoup. Il n’y a aucune obligation légale pour un salarié titulaire de déclarer son handicap à son employeur. Mais, selon l’Agefiph, depuis plusieurs années, de plus en plus de salariés sautent le pas. Sonia Mouihi : « J’organise régulièrement des actions de sensibilisation auprès des collaborateurs des entreprises que j’accompagne (collectifs de travail, managers, etc…) ce qui me donne l’opportunité de rencontrer des salariés handicapés qui hésitent parfois à se déclarer. Le message que je souhaite transmettre est très simple : ce n’est pas le handicap qui définit une personne mais ses compétences. Déclarer sa situation de handicap, c’est devenir acteur de sa vie professionnelle en se donnant les moyens d’exercer efficacement et sereinement son activité sans devoir compenser - seul - sa situation de handicap ce qui, à terme, pourrait aboutir à une inaptitude professionnelle. Evoquer sa situation de handicap est la voie la plus efficace pour sécuriser son emploi et son avenir professionnel. Cela permet en effet à l’employeur de mettre en œuvre les aménagements de postes nécessaires, d’élaborer un parcours de formation personnalisé, etc… » Créer les compétences pour mieux intégrer le handicap La question de la formation est centrale. Seuls 27 % des personnes handicapées qui travaillent ont un niveau d’études supérieur ou égal au bac, contre 45 % pour l’ensemble des publics. Cela s’explique notamment par le fait qu’une grande partie des accidents du travail ou des problèmes de santé conduisant à la reconnaissance d’un handicap surviennent pour des postes peu qualifiés et extrêmement physiques. C’est bien souvent la double peine pour ces personnes, qui ont un faible niveau d’étude et déjà un certain âge. Sonia Mouihi : « Le déficit de formation des chercheurs d’emploi handicapés est le principal frein d’accès à l’emploi. Dans le même temps, de nombreuses entreprises souhaitent recruter des travailleurs handicapés et n’y parviennent pas, faute de profils qualifiés. Face à ce constat, je pense que les entreprises doivent s’adapter aux spécificités de ce marché (travailleurs handicapés) et modifier leurs approches. Nous ne parvenons pas à trouver les profils, alors créons-les ! Recrutons autrement, non plus en fonction d’un niveau d’études ou d’une qualification mais à partir du « savoir-être » attendu. Identifions et valorisons les compétences transverses et formons les candidats à nos métiers. J’accompagne quotidiennement les entreprises dans le déploiement de leurs politiques d’Emploi & Handicap et, au cours de ces deux dernières années, nous avons été amenés à monter plusieurs dispositifs de formation tels que des Classes de Professionnalisation sur des métiers très divers tels que : chargé de Recrutement, vendeur en prêt-à-porter et même chauffeur routier et cela fonctionne. Bien plus qu’une démarche citoyenne et engagée de la part de l’entreprise, la formation professionnelle est pour l’employeur et le travailleur handicapé un partenariat gagnant-gagnant ». Merci à Sonia Mouihi, Chargée Mission Diversité Handicap pour le Groupe Synergie. Synergie, 1er groupe français indépendant de services RH (intérim, recrutement, formation, conseil) est un acteur connu en matière d’emploi et d’insertion professionnelle des personnes handicapées. Sources : *article L5212-1 à 5 du code du travail) ; ** Guide pratique « Les stéréotypes sur les personnes handicapées en entreprise. Comprendre et agir dans l'entreprise ». Agefiph, IMS-Entreprendre pour la cité ; Chiffres 2017 Insee, Agefiph et Fiphfp Hélène Joubert, journaliste
7 min
Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, ça bouge enfin !
Après plus de 15 ans sans nouveauté thérapeutique, deux médicaments sont depuis quelques mois disponibles en France pour soulager les malades souffrant de maladies chroniques inflammatoires de l’intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) en échec de traitement. D’autres molécules sont à l’étude, pour des promesses thérapeutiques dans les 5 à 10 ans. Les raisons de l’enthousiasme.
3 min
5 aliments que vous devez mettre au réfrigérateur
Si vous ne voulez pas qu'ils vous rendent malades, vous devez absolument conserver certains aliments au frais. Les détails avec Ysabelle Levasseur, diététicienne-nutritionniste à Paris et Cannes. La viande crue, toujours au frais ! Il y a des aliments impératifs à stocker dans le réfrigérateur. Ysabelle Levasseur nous explique que "la viande crue mais pas seulement le poisson cru et les fruits de mer, les denrées cuisinées maison, les produits laitiers, les mayonnaises maison" doivent se conserver au frais puisque "tout ce qui est cru représente un risque bactériologique important" s'il est conservé en dehors du réfrigérateur. Bouteille de lait ouverte : pas plus de 24 heures En ce qui concerne les produits laitiers, les règles à appliquer ne sont pas toujours les mêmes. - Les yaourts, les desserts lactés doivent être conservés au frais. Même chose pour le lait frais ouvert, sans dépasser 24 heures. Par contre le lait UHT (technique de stérilisation bien particulière) peut se conserver ouvert durant 3 jours au frais. La crème fraiche de son côté se garde pendant 4 jours au réfrigérateur. - Dans le cas des fromages, bien qu’il soit conseillé de les "conserver au frais entre 8 et 20 jours pour éviter le développement de moisissures, pour des raisons gustatives ou d’affinage on peut le laisser dehors à l’abri des insectes et dans une pièce bien ventilée" explique Ysabelle Levasseur. Cette fois la règle est discutable selon les goûts de chacun mais il faut rester prudent tout de même. - Dans le cas du lait, s'il n’est pas ouvert, il se conserve dans un endroit propre et sec. Cela vaut pour les briques de lait, le lait en poudre ou encore le lait concentré. Oeufs : on les sort à la dernière minute Plusieurs idées s’opposent quant à la façon de conserver ses oeufs. Pour certains il ne faut pas les conserver au frais et pour d’autres il est impératif de les mettre au réfrigérateur. Pour Ysabelle Levasseur il faut surtout "éviter de les sortir et rentrer sans cesse dans le frigo ce qui crée une micro-condensation sur la coquille et la rend poreuse à tous les micro-organismes". De plus "s’ils sont conservés au frais, il faut les sortir à la dernière minute". Pour nous aider, Ysabelle Levasseur nous indique qu’un oeuf dur peut se conserver une semaine au frais s’il est non écalé, sinon il se conserve que 2 jours. La salade : au frais pour éviter les bactéries Au frais ou pas ? Les avis s’opposent sur le meilleur moyen de conserver les légumes. D’après Ysabelle Levasseur, "tous les légumes sauf ceux dont le stockage au frais va altérer les qualités gustatives comme les tomates" peuvent être conservés au réfrigérateur. La salade doit elle aussi se garder au frais "pour éviter le développement de certaines bactéries" prévient la spécialiste. Confiture allégée : plutôt au frais Selon le taux de sucre, une confiture se conservera plus ou moins longtemps au frais puisque "le sucre a un pouvoir conservateur ce qui augmente la durée de conservation d’une confiture « normale » et réduit donc celle d’une confiture allégée". Il faut donc bien regarder sur votre pot. Si celui-ci porte la mention "allégée en sucre", veillez à la conserver au frais et si ce n’est pas le cas alors la conservation reste à votre convenance mais le frais reste le mieux. Ysabelle Levasseur, diététicienne-nutritionniste à Paris et Cannes, auteur de Allégez votre assiette aux Editions Alpen. Source : e-santé
Kyste aux ovaires : quelles solutions ?
Pas toujours douloureux, mais souvent présent, le kyste aux ovaires peut inquiéter. Le point avec les Drs Patrice Lopes, gynécologue-obstétricien à la polyclinique de l'Atlantique de Saint-Herblain (Loire-Atlantique), et Sylvain Mimoun, gynécologue à Paris. Attendre qu'il disparaisse La forme la plus courante de kyste ovarien, c'est le kyste fonctionnel. Il se forme à partir des follicules ou du corps jaune au cours du cycle menstruel. "L'ovaire se met à grossir et à faire mal", résume le Dr Sylvain Mimoun. La règle est donc simple face à cette affection sans gravité : ne pas intervenir. "On essaie d'attendre qu'il diminue", explique le gynécologue parisien. La plupart du temps, trois cycles menstruels suffisent à voir ce type de kyste disparaître. Une surveillance régulière est toutefois nécessaire, à l'aide d'échographies. Ces images permettent de constater si l'induration évolue. "Le seul risque, c'est que le kyste grossisse au point de rompre la poche qui contient le liquide ou qu'il se torde", souligne le spécialiste. Les femmes prenant une pilule contraceptive ou portant un stérilet n'ont pas besoin de changer de méthode. De même, les femmes sous tamoxifène – un agent antihormonal indiqué contre le cancer du sein – ne subissent aucune modification de traitement. Soulager les symptômes La plupart du temps, le kyste aux ovaires ne provoque aucun symptôme. Mais ceux-ci peuvent se manifester, le plus souvent sous forme d'une douleur locale ou de règles perturbées. Un traitement symptomatique est alors prescrit. "On essaie de soulager les douleurs de la patiente, précise le Pr Patrice Lopes. On utilise pour cela des antalgiques, qu'on adapte en fonction de l'intensité de la souffrance." Les troubles du cycle menstruel peuvent aussi être atténués. "Il existe un traitement qui a pour but de réduire les saignements chez les femmes qui sont vraiment gênées", souligne le gynécologue-obstétricien. Prendre la pilule contraceptive D'origine hormonale, les kystes fonctionnels peuvent être prévenus. "La contraception orale peut éviter leur formation, reconnait le Pr Lopes. Or, plus d'un millier de femmes sont hospitalisées chaque année à cause de complications." C'est particulièrement utile quand le kyste est causé par une endométriose, car la pilule évite alors de nouveaux saignements. Au-delà de cet effet préventif, la pilule est parfois prescrite à de fortes doses pour bloquer l'ovulation. "C'est l'un des traitements des kystes quand elle met réellement l'ovaire au repos", souligne Sylvain Mimoun. Mais cette stratégie est de moins en moins utilisée, car n'a pas fait la preuve de son efficacité. "Quand on découvre un kyste fonctionnel, il n'est pas utile de mettre la patiente sous pilule, indique le Pr Patrice Lopes. L'évolution ne sera pas modifiée." Retirer le kyste par chirurgie Les kystes organiques nécessitent une prise en charge légèrement différente. Il s'agit, en effet, de déterminer si des complications peuvent survenir. Une règle domine : ne pas opérer tant que ce n'est pas nécessaire. "Avant d'intervenir, on s'assurer qu'il s'agit bien d'un kyste, souligne le Pr Lopes. Et on n'estime que la chirurgie n'est pas forcément utile face à une masse de moins de 7 cm qui est bénigne." L'ablation du kyste n'est donc accomplie que sur décision du professionnel de santé. Elle peut aussi être pratiquée en urgence si une complication se présente – comme une torsion de l'ovaire ou une hémorragie. L'intervention est alors réalisée de la manière la moins invasive possible. Chez les femmes en âge de procréer, les médecins privilégient une chirurgie conservatrice – c'est-à-dire qu'ils retirent le kyste en conservant le tissu de l'ovaire. Une stratégie qui permet de préserver la fertilité de la patiente. Face à un kyste provoqué par une endométriose, un traitement est prescrit après l'opération, afin de limiter les récidives. Dans le même esprit, les chirurgiens ont tendance à retirer l'ovaire des femmes ménopausées. Audrey Vaugrente, journaliste santé Source : e-santé
3 min
Endométriose : comment améliorer la prise en charge des patientes
Entre les premiers signes d'une endométriose et le diagnostic, plus de 6 ans s'écoulent. Ces douleurs pelviennes doivent être repérées plus tôt, selon les autorités sanitaires. Tous les mois, le calvaire revient. Au moment des règles, les douleurs reviennent, intolérables. Aucun traitement ne permet d'en venir à bout. Cet enfer, c'est l'endométriose, une maladie gynécologique qui toucherait une femme sur dix. Et pourtant, 6 à 10 ans sont nécessaires avant que le mot ne soit prononcé par un médecin. Cette errance diagnostique, les autorités sanitaires françaises veulent la réduire. Ce 17 janvier, la Haute Autorité de Santé (HAS) publie – pour la première fois – ses recommandations sur la prise en charge de la maladie. Un document très attendu par les patientes. La HAS le reconnaît elle-même, l'endométriose est "une maladie mal repérée, avec une prise en charge insuffisamment coordonnée, entraînant un retard diagnostique et une erreur des femmes". Pour des centres spécialisés Les symptômes sont pourtant sans équivoque : des douleurs pelviennes chroniques ou aiguës, souvent aggravées au moment des règles, parfois à l'origine de rapports sexuels douloureux et des troubles lors de la miction ou de la défécation. Face à ces symptômes, l'attitude des médecins généralistes doit évoluer. Ils sont, en effet, les premiers à recevoir une patiente qui en souffre. Ces praticiens jouent un rôle clé, à tel point que la HAS a édité un guide à leur intention. Il résume la conduite à adopter face à des symptômes évocateurs d'une endométriose, les questions à poser et les examens à réaliser. Si la prise en charge en médecine générale doit s'améliorer, le parcours de soins doit lui aussi évoluer. L'autorité sanitaire préconise ainsi la mise en place de "centres spécialisés de dépistage précoce et de prise en charge pluridisciplinaire de l'endométriose" dans les hôpitaux. Trop peu disposent de telles structures. Ces centres experts pourraient pourtant rassembler les différents intervenants au sein d'un même lieu : gynécologues, chirurgiens digestifs, psychologues… Bref, assurer la prise en charge pluridisciplinaire que la HAS veut voir apparaître. Et, dans le meilleur des cas, accélérer la pose du diagnostic. Pilule contraceptive et stérilet Le dialogue est aussi au cœur de ces recommandations officielles. "Les professionnels doivent délivrer une information adaptée" sur les traitements disponibles, leurs risques et leurs bénéfices, estiment les experts de la HAS et du Collège national des gynécologues obstétriciens (CNGOF). Aux yeux des auteurs du rapport, une prise en charge est justifiée dès que les symptômes ont des conséquences sur le fonctionnement quotidien ou sur les organes touchés par les lésions. Plusieurs approches peuvent alors être adoptées, mais toujours dans l'idée de soulager les douleurs de la patiente. La base du traitement de l'endométriose s'appuie sur la contraception hormonale – soit par la pilule soit par un stérilet imprégné. En stoppant les règles, le médecin stoppe l'évolution de la maladie. Si ce traitement ne suffit pas, d'autres molécules peuvent être prescrites en complément, afin de saturer l'hypophyse – cette glande impliquée dans la sécrétion des hormones sexuelles. La chirurgie, elle, doit être réservée aux cas les plus sévères. L'endométriose expliquée en vidéo https://www.dailymotion.com/video/x5k3c7u Source : Prise en charge de l'endométriose, Haute Autorité de Santé, 17 janvier 2018 ; Association Endo France ; Association Info Endométriose Audrey Vaugrente, journaliste santé e-santé
2 min
Quels aliments consommer pour booster notre cerveau ?
A la rentrée, c'est sûr, nos neurones vont se remettre à carburer à cent à l'heure. Pour les préserver du stress, de surmenage ou de la déprime, une solution : chouchoutez votre assiette car certains aliments sont particulièrement bons pour le cerveau. Alors pourquoi s'en priver ?
3 min
Prévenir le tabagisme, avant la toute première cigarette
La première cigarette est fumée très tôt, dès le collège. C’est l’un des enseignements de la première enquête nationale sur les jeunes et le tabac qui identifie les facteurs favorisant la consommation de tabac, dresse un portrait-robot du jeune fumeur et sa réceptivité aux campagnes de prévention. Qui est le jeune fumeur français ? Organisées par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) depuis 2000, les enquêtes ESCAPAD permettent d’appréhender le tabagisme chez les adolescents (1). La dernière parue, en 2014, révélait que près de sept adolescents sur 10 avaient déjà fumé une cigarette. Le tabagisme quotidien, qui avait fortement diminué entre 2000 et 2008 (de 41,1% à 28,9 %) est reparti à la hausse entre 2011 et 2014 (de 31,5 % à 32, 4 %) porté principalement par le tabagisme croissant chez les filles (de 30,2 % à 31,9 %), alors qu'il est resté stable chez les garçons (33 %). Ces chiffres ne compromettent pas pour l’instant la baisse globale observée depuis le début des années 2000. Néanmoins, ces données ne pointent pas les facteurs favorisant la consommation de tabac chez les jeunes. Afin d’y voir plus clair, l'Association BPCO, unique association française contre la Bronchopneumopathie chronique obstructive, a commandité une enquête auprès d'un échantillon représentatif des 15-25 ans (avril à mai 2017). Son objectif était d’évaluer le tabagisme des jeunes et leurs connaissances, mais aussi de comprendre les motifs émotionnels, comportementaux qui les poussent à commencer à fumer et… à ne pas arrêter. (2). Elle était présentée lors des 10èmes rencontres de l’Association BPCO au Palais du Luxembourg (9 novembre 2017, Paris). 15 ans, l’âge de la première cigarette Premier constat, le tabac est la première drogue consommée par les jeunes Français : 40% des jeunes de 15 à 25 ans sont fumeurs. 27% fument régulièrement. 15 ans est l’âge moyen de la première cigarette. Les premiers pas d’un jeune fumeur se font dès le collège. 31% de collégiens ayant fumé leur première cigarette au collège (moins de 15 ans) l’ont fait soit par curiosité (31%), soit sous l’influence d’un proche (32%). Le « collectif » occupe la première place des éléments déclencheurs pour 83% des fumeurs et surtout chez les plus jeunes, devant d’autres facteurs comme les situations de stress, les situations répétitives ou l’inactivité. Sans trop de surprise, un environnement non-fumeur semble favorable à l’éviction du tabac par le jeune. « Griller une cigarette à l’occasion ne fait pas de moi un fumeur » Un tiers des jeunes fumeurs est dans le déni. Pour les jeunes fumeurs et en majorité les fumeurs occasionnels, « griller » une cigarette de temps en temps n’est pas « fumer ». Cécile Grosset, directrice de l’institut de sondage NXA : « Dès lors qu’ils ne fument pas quotidiennement mais seulement occasionnellement, de nombreux jeunes refusent de se considérer comme des fumeurs. Au total, 38% fument mais ne se considèrent pas fumeur pour autant ! ». Bien informés mais peu sensibles aux campagnes de prévention 94 % des 15-25 ans disent très bien connaître les dangers du tabac, mais ça n'empêche pas les fumeurs réguliers de se déclarer insensibles aux campagnes de prévention. Pour la plupart, les jeunes sont assez réalistes : 74% déclarent que l’information reçue sur les risques liés au tabac leur a fait prendre conscience du danger. Ces chiffres illustrent tout le paradoxe entre la conscience du danger et le vécu. Ça n’est pas pour autant qu’ils s’arrêtent de fumer : un peu moins d’un jeune sur deux fume entre 15 et 25 ans. Un gros noyau dur de fumeurs réguliers (62%) déclare être insensible aux campagnes de prévention. L’enquête montre que si la prévention produit un réel impact, cela ne touche pas ceux qui fument déjà. Tout l’enjeu de la prévention du tabagisme est donc d’atteindre les plus jeunes. La nature des actions de prévention compte pour beaucoup. Seuls 39% des fumeurs réguliers se disent réceptifs aux campagnes anti-tabac fondées sur des images et des slogans chocs. Si les jeunes plébiscitent les outils numériques comme supports de communication (réseaux sociaux, serious games, vidéos, etc.), ils accordent aussi un rôle central à l'école : ils souhaitent des informations dès le collège, diversifiées, avec des débats, des témoignages de malades, des conférences, etc. Cécile Grosset : « Les jeunes interrogés souhaiteraient des campagnes d’information et de sensibilisation qui les touchent émotionnellement, dans lesquelles ils se reconnaissent. Ils aspirent à être confronté au réel ». Politique de santé : les espoirs du « virage préventif » Comme l’alcool et l’alimentation, le tabac est l’un des facteurs de risque majeurs de mortalité évitable dans la ligne de mire d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qui entend amorcer un « virage préventif ». Présente lors du colloque de l’Association BPCO, elle y réitérait sa volonté d’« intégrer pleinement la prévention et l’éducation thérapeutique dans la stratégie nationale de santé ». Deux décès par insuffisance respiratoire chronique sur trois étant attribuables à la cigarette, elle veut « agir sur le tabac en amont de la maladie ». Pour ce faire, l’un des quatre axes prioritaires annoncés par la ministre en novembre 2017 sur la base d'un rapport du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) (4) est la prévention et la promotion de la santé au cours de la vie et dans tous les milieux. En effet, l’espérance de vie élevée en France (85,4 ans pour les femmes, 79,3 ans pour les hommes en 2016) cohabite avec une mortalité prématurée et une mortalité évitable encore trop importantes, ainsi qu’une augmentation constante des maladies chroniques dont la BPCO, due à 80% au tabagisme. Pour cela, la prévention doit englober l’éducation à la santé et notamment vis-à-vis des méfaits du tabagisme. Et ceci dès l’école, avant même la première cigarette. Sources : (1) Stanislas Spilka et al. Les drogues à 17 ans : analyse de l'enquête ESCAPAD 2014. OFDT. Tendances 100, mai 2015 ; (2) NXA. Cabinet d'études et conseil. Association BPCO. « Les jeunes de 15 à 25 ans face au tabac ». nov 2017 ; (3) Baromètre Santé 2010. INPES, 2013. p59 ; (4) https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=627 D’après un entretien avec Cécile Grosset, directrice de l’institut de sondage NXA et le suivi du colloque BPCO (Palais du Luxembourg, 9 novembre 2017). Hélène Joubert, journaliste
3 min
Les papillomavirus humains en 10 questions
Le papillomavirus humain (HPV) est un virus fréquent chez l’homme et la femme. La majorité des HPV est responsable de simples verrues vulgaires ou génitales (condylomes). Néanmoins, certaines souches de papillomavirus sont à l’origine de différents types de lésion pouvant évoluer vers un cancer. Tout savoir sur cet as du camouflage en dix questions/réponses, à l’occasion de la 12ème semaine européenne de prévention du cancer du col de l’utérus, du 28 janvier au 3 février 2018. Combien existe-t-il de souches d’HPV ? 180 variétés – des génotypes, numérotés afin de les identifier - de papillomavirus humains ont été répertoriées. La plupart des hommes et des femmes ayant une activité sexuelle sera infectée par le HPV au cours de sa vie. Certains le seront même à plusieurs reprises, par des génotypes viraux différents. 32% des femmes de 18 à 25 ans sont porteuses d’un HPV au sein de leurs voies génitales. 13 HPV sont considérés comme les plus cancérogènes. Les plus redoutables sont les HPV 18 et surtout 16. Les HPV 6 et 11 sont eux aussi à l’origine de cancers mais le risque est bien plus faible. 5 700 nouveaux cas de cancer par an en France sont liés à des papillomavirus humains. Ceux-ci sont impliqués dans la presque totalité des cancers de la marge anale (pourtours de l’anus), du col de l’utérus (4500 nouveaux cas et 1500 décès par an) et de la vulve, dans près de la moitié des cancers de la gorge et dans près d’un tiers des cancers du pénis. Les lésions induites par le HPV passent souvent inaperçues, sans aucun symptôme. D’où le risque de les découvrir au stade précancéreux ou de cancer. Où siègent les HPV dans le corps humain ? Une quarantaine de génotypes d’HPV sur les 180 connus a une prédilection pour les zones génitales (muqueuses, organes sexuels externes et leur périphérie). Quel est le risque de cancer de la gorge et des voies oropharyngées avec le HPV ? Le cancer de la gorge est parfois dû à la pratique du cunnilingus. Présent dans les voies génitales, le HPV peut alors contaminer la muqueuse oropharyngée au cours du sexe oral. 40 à 46% des cancers de l’oropharynx sont d’ailleurs provoqués par l’infection au HPV. La souche HPV 16 est pointé du doigt. Particulièrement cancérigène, elle est retrouvée dans 60 à 90% des cancers de l’utérus et dans presque tous les cancers de l’oropharynx dus au HPV. Quel est le risque de cancer dû au HPV chez l’homme ? Chez l’homme, 96% des cancers de la marge anale et 33% des cancers du pénis sont dus à un HPV. La présence de verrues génitales (condylomes ou « crêtes de coq »), bénignes, est néanmoins instructive. En effet, le risque d’avoir été infecté aussi par un HPV oncogène c’est-à-dire à l’origine de cancer, est alors plus élevé. Cela multiple par 21 le risque de développer un cancer anal, par 8 un cancer du pénis et par 3 un cancer de la gorge. Si l’on découvre des lésions précancéreuses chez une femme au niveau du col de l’utérus, quel est le risque de lésions sur la verge de son partenaire ? Lorsque l’on repère des lésions dysplasiques (altération de l'architecture et de la fonction d'un tissu cellulaire, première étape vers un cancer potentiel) chez une femme au niveau du col de l’utérus, il existe dans 40% des cas chez l’homme des lésions dues au HPV au niveau de la verge. Celles-ci peuvent passer totalement inaperçues. D’où l’intérêt d’un bilan « infections sexuellement transmissibles » (IST) classique (VIH, VHB, VHC, syphilis, chlamydia …) chez les deux partenaires, complété par un examen approfondi des zones génitales. Le préservatif arrête-t-il le HPV à coup sûr ? Les infections à HPV sont les seules infections sexuellement transmissibles qui peuvent être transmises lors d’un rapport sexuel protégé. Furtif, ce virus très petit (55 nanomètres de diamètre) passe partout, même au travers du latex ou du polyuréthane du préservatif. Comme le virus est aussi présent sur l’ensemble de la zone génitale, la pénétration n’est d’ailleurs pas forcément nécessaire ; des attouchements suffisent bien souvent à transmettre ce virus. C’est pour cette raison que les contaminations se font tôt dans la vie, déjà lors des caresses intimes chez les adolescents. Dans plus de 60% des cas, l’infection initiale (primo-infection) par un virus HPV a lieu dans les mois ou les toutes premières années suivant le premier rapport sexuel. Quel laps de temps entre la contamination et la manifestation des lésions ? Le HPV est un as du camouflage. Les antigènes du virus sont présents en permanence mais à des taux faibles. C’est pourquoi le virus peut passer inaperçu et être toléré par le système immunitaire de l’homme. Un test sanguin ne sert à rien puisque le HPV se dissimule. Un prélèvement local est plus adapté. Sans virémie (présence de virus ou de particules virales dans le sang), les cellules protectrices ne flairent pas le danger et ne le détruisent pas. Ce qui lui permet en toute impunité de s’introduire dans l’ADN des cellules de l’homme, lesquelles évolueront potentiellement vers des lésions précancéreuses. Le laps de temps entre la contamination et le déclenchement des lésions se compte en semaines et surtout en années. Un cancer du col de l’utérus met 15 à 20 ans avant de se développer. A savoir. La disparition spontanée du virus après contamination ("clearance") est de l’ordre de 90% à un an ! En revanche, si l’infection persiste plus de deux ans, le risque de lésions précancéreuses de haut grade (celles qui ont une plus forte probabilité d'évolution vers un cancer invasif) est de l’ordre de 40 à 50%. Quel est l’impact du frottis chez la femme ? Il est recommandé tous les 3 ans chez toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans (après 2 frottis normaux à 1 an d’intervalle), que les femmes soient vaccinées ou non. l est recommandé tous les 3 ans chez toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans (après 2 frottis normaux à 1 an d’intervalle), que les femmes soient vaccinées ou non. l est recommandé tous les 3 ans chez toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans (après 2 frottis normaux à 1 an d’intervalle), que les femmes soient vaccinées ou non. Le frottis cervico-utérin est recommandé tous les trois ans chez toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans (après 2 frottis normaux à 1 an d’intervalle), que les femmes soient vaccinées ou non. Or, 48 % des femmes entre 50 à 65 ans ne réalisent pas de frottis (contre 33 à 35 % dans les classes d’âges précédentes). Dans le cadre du 3ème plan cancer 2014-2019, le dépistage organisé va être généralisé en 2018, afin de permettre à l’ensemble des femmes de 25 à 65 ans un accès à un dépistage régulier du cancer du col de l’utérus. En 20 ans, grâce au prélèvement, le nombre de cancers du col de l’utérus a été divisé par deux, ainsi que le nombre de décès. Attention, un cancer du col de l’utérus sur quatre fait suite à un frottis anormal dont le suivi a été incomplet. C’est l’un des seuls cancers pour lesquels le pronostic se dégrade en France, avec un taux de survie à 5 ans, en diminution. 24 000 lésions précancéreuses et 50 000 verrues génitales sont prises en charge chaque année en France. La vaccination des jeunes filles est-elle efficace ? Déjà, plusieurs études de grande ampleur ont établi l’absence de lien entre vaccination anti-HPV et maladies auto-immunes ou neurologiques graves. Le bénéfice de la protection par le vaccin contre le HPV semble bien réel. En Australie, où la couverture vaccinale est de 70% chez les jeunes filles, la prévalence du HPV a chuté de 77% chez elles, les verrues génitales de 93% et les anomalies de haut grade du col de l’utérus de 46%. Les garçons ont tiré parti de la vaccination des filles puisque l’"immunité de groupe" a réduit de 12% le nombre de condylomes chez eux. D’où l’idée qui suit son chemin en France de recommander la vaccination chez les garçons. L’étude française P020 a montré que le vaccin chez les garçons réduit la survenue de condylome (-89%) et le risque de cancer anal (-77%). Mais on n’en est pas encore là, la couverture vaccinale française des filles atteignant à peine les 20% ! A noter, depuis 2016, le Haut Conseil de la Santé publique recommande la vaccination chez les hommes ayant des rapports avec les hommes. Où en sont les vaccins « thérapeutiques » ? La recherche avance et des pistes sont prometteuses, en particulier celle d’une équipe américaine dévoilée en 2015. Un vaccin chez des femmes présentant une « néoplasie cervicale intra-épithéliale » (longue période de la maladie avant l’invasion de l’épithélium par les cellules cancéreuses) a permis de faire régresser les lésions voire même un retour à la normale chez 48,2% d’entre-elles contre 30% chez celles du groupe placebo. Merci au Dr Charlotte Methrost, chirurgien urologue et membre du comité d’andrologie et de médecine sexuelle de l’Association Française d’Urologie (AFU). Hélène Joubert, journaliste
4 min
Mars bleu. Dépister le cancer colorectal, et après ?
Le dépistage généralisé du cancer colorectal dès l’âge de 50 ans est réalisé à l’aide d’un test immunologique, à répéter tous les deux ans chez les personnes sans risque particulier, dites à « risque moyen ». 4% de ces tests reviennent positifs. Parmi ces 4% de tests positifs, 10% révèlent des cancers, 40% des polypes dont certains peuvent dégénérer en cancer, et 50% sont des faux positifs (coloscopie normale). Quelle est alors la marche à suivre ? Mars bleu, mois du cancer colorectal Chaque année, en mars, les autorités de santé marquent le coup avec Mars bleu, rappelant à cette occasion qu’à partir de 50 ans, le dépistage du cancer colorectal nous concerne tous. Le Conseil national professionnel d’hépato-gastroentérologie (CNP HGE) renchérit et depuis 10 ans, s’investit lui-aussi dans une campagne annuelle, gratuite, de prévention à destination du grand public sur le dépistage du cancer colorectal, baptisée « Colondays ». Tout au long du mois de mars, plus de cent établissements (hôpitaux, cliniques et cabinets de gastroentérologie) et plus de mille praticiens et acteurs de la santé accueilleront et informeront le grand public par le biais d’animations. La nouveauté de cette 10ème édition est sa durée (un mois) et le « road tour » de son espace mobile d’information. Du 13 au 31 mars, il fera étape dans douze capitales régionales. Le public pourra y rencontrer un hépato-gastroentérologue, s’informer gratuitement sur la prévention contre le cancer colorectal et évaluer son risque afin d’opter pour la meilleure méthode de prévention/dépistage. (https://www.colon-days.fr/les-gastroenterologues-participant-a-la-journee-portes-ouvertes). 43 000 nouveaux cas et 18 000 décès sont dénombrés annuellement en France. Encore aujourd’hui, 50% des cancers diagnostiqués sont métastatiques, c’est à dire qu’ils ont déjà essaimé dans le reste du corps. Simplement parce que plus de la moitié de la population persiste à ne pas se considérer comme « à risque »*. Le dépistage permet de découvrir des cancers à un stade précoce (curable) dans 90% des cas, alors que le pourcentage de guérison des cancers métastatiques, diagnostiqués trop tardivement, tombe à 20%. Le dépistage généralisé est préconisé tous les deux ans à partir de l’âge de 50 ans. Chaque intéressé reçoit par courrier une invitation au dépistage, pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie sans avance de frais. Sans symptôme ni antécédent personnel ou familial de cancer ou d’adénome colique, le risque est qualifié de « moyen », c’est-à-dire un risque de 3% de développer ce type de cancer. Le "test immunologique" (FIT pour Fecal Immuno Chemical Test) vise à déceler la présence de saignement occulte dans les selles. La personne prélève à son domicile un échantillon de selles au moyen d’un kit et l’envoie dans les cinq jours au laboratoire de biologie médicale indiqué, pour un résultat obtenu dans les quinze jours. Un test positif (environ 4 % des cas) ne dénote pas forcément la présence d’un cancer mais la coloscopie s’impose pour le confirmer ou l’infirmer. Dans certains cas, le test immunologique est inutile et la coloscopie s’impose d’emblée. C’est lorsque la personne compte un apparenté du premier degré avec un cancer colorectal ou un polype avant l’âge de 65 ans (ou si la personne a deux apparentés du 1er degré touchés, quel que soit leur âge). Environ 20% des cancers colorectaux surviennent chez des personnes à risque « élevé » et 5 à 10% chez celles dont le risque est « très élevé ». Les personnes à « haut risque » ont environ une chance sur dix de développer un cancer colorectal. La réalisation d’une coloscopie permet de déceler la présence éventuelle de polypes et de les retirer avant qu'ils ne se transforment en cancer. La vidéocapsule replacera-t-elle la coloscopie ? Alors que nombreuses sont les personnes qui ne se font pas dépister par crainte qu’on leur propose ensuite, au vu du résultat positif du test, l’examen toujours autant redouté qui est la coloscopie, la donne pourrait changer avec un accès plus fréquent à la vidéocapsule. Il s’agit d’une mini-caméra que l’on ingère et qui retransmet un film composé de milliers d’images prises lors de son parcours dans le côlon et le rectum. Aujourd’hui la vidéocapsule est utilisée pour l’examen de l’intestin grêle qui n’est pas accessible par coloscopie. Pr Frank Zerbib, gastro-entérologue au CHU de Bordeaux : « Le décret pour l’utilisation de la vidéocapsule en pratique courante va paraître au Journal officiel courant premier semestre 2018 (tarif de l’acte). Elle peut être utilisée en cas de coloscopie incomplète ou lorsque la personne est trop fragile (récusée pour l’anesthésie générale) ou lorsqu’elle refuse l’examen. Mais ses utilisations pourraient se multiplier et une étude nationale (FAMCAP) vient de débuter en ce début 2018. Cette étude comparera l’intérêt de la coloscopie, du test immunologique et de la capsule chez les patients à haut risque ». En effet, la coloscopie a démontré son efficacité dans le dépistage des cancers du côlon. Il faut que la technique de vidéocapsule apporte progressivement les preuves de son efficacité préventive. Polypes, la chirurgie perd du terrain La technologie progresse à grands pas et le traitement des lésions précancéreuses que sont les polypes adénomateux est en pleine mutation. On a de moins en moins recours à la chirurgie (Colectomie qui consiste à enlever la partie du côlon où se trouve le polype ou le cancer) et de plus en plus aux techniques mini-invasives dont l’endoscopie. L’intervention est réalisée aujourd’hui en routine à l’aide d’un endoscope, tube souple introduit par les voies naturelles et qui retransmet des images en direct à l’opérateur. En plus d’explorer les parois du côlon et du rectum, elle permet d’exciser le polype ou le cancer. Cette exérèse (polypectomie) permet de réduire le risque de cancer de 70 à 90 % à 5 ans. La coloscopie est donc à la fois un examen de dépistage et de traitement des lésions. Pr Frank Zerbib : « Les techniques d’endoscopie sont de plus en plus performantes, au point qu’il est souvent possible d’éviter la chirurgie même en cas de polype volumineux. La chirurgie reste cependant nécessaire pour les polypes trop volumineux ou dont l’aspect fait craindre la dégénérescence en cancer invasif, c’est-à-dire un cancer ayant infiltré en profondeur la paroi du colon ». Hélène Joubert, journaliste. D’après une interview du Pr Frank Zerbib, gastro-entérologue au CHU de Bordeaux, président du Conseil national professionnel d’hépato-gastroentérologie. * Sondage 2016 Opinion Way pour le Conseil National Professionnel d'Hépato-gastroentérologie
3 min
Les femmes, victimes de choix de certaines maladies
Parfois, la maladie est sexiste. Les femmes ont tendance à souffrir de certains maux plus souvent que les hommes. Une femme avertie en vaut deux. Tour d’horizon. Les femmes, trois fois plus touchées par le Syndrome de l’Intestin Irritable En France, le Syndrome de l’Intestin Irritable (SII) touche trois femmes pour un homme (1). D’ailleurs, quel que soit le type de trouble fonctionnel intestinal (constipation, globus/boule dans la gorge, dysphagies/problème de déglutition, ballonnements, douleurs abdominales fonctionnelles), les femmes souffrent systématiquement plus souvent que les hommes en Europe et en Amérique du Nord. Ce n’est pas le cas en Afrique, Asie du Sud et Amérique du Sud. Aucune explication sur cette particularité occidentale n’est réellement satisfaisante. Dr Pauline Jouët, gastro-entérologue, service d’hépato-gastro-entérologie Hôpital Ambroise Paré (Boulogne-Billancourt) : « Temps de transit colique plus lent chez la femme, hypersensibilité viscérale plus importante, femmes plus sujettes à conserver des symptômes séquellaires de gastro-entérite ou « syndrome de l’intestin irritable post-infectieux »… sont parmi les explications avancées pour expliquer la prédominance féminine. Il faut aussi savoir que les femmes ont par ailleurs une tendance à plus facilement consulter pour leurs symptômes que les hommes. La femme pourrait être aussi plus vulnérable aux troubles fonctionnels intestinaux du fait de son statut hormonal, mais rien n’est bien démontré. La piste génétique est en cours d’exploration ». La constipation, une affaire de femmes La constipation chronique concerne plus d’un tiers de la population française mais surtout trois femmes pour un homme. Un quart des hommes et un tiers des femmes après 65 ans sont constipés. Dr Jean-Paul Vove, gastro-entérologue, proctologue et sexologue (Bordeaux) : « Les femmes se retiennent peut-être plus d’aller à la selle, leur ceinture abdominale est moins puissante, le pelvis a été affaibli par les grossesses… les hypothèses sont variées. Néanmoins, à ce jour, les essais ont échoué à démontrer de façon formelle le rôle des variations hormonales dans la constipation chez la femme (2) ». Un fibromyalgique sur dix est une femme La fibromyalgie est un syndrome douloureux chronique assez fréquent (1,6% de la population) et féminin. Il associe, entre autres, fatigue chronique, troubles du sommeil, céphalées de tension, troubles fonctionnels digestifs etc. La fibromyalgie est jusqu’à dix fois plus fréquente chez la femme. Dr Julien Guérin, co-coordinateur de l’enquête « La fibromyalgie dans la vraie vie » (3), Centre d’évaluation et de traitement de la douleur (Hôpitaux Saint Antoine et Cochin, Paris) : « Nous avons tenté de dresser le portrait robot de la personne fibromylagique (3). Sans surprise, les femmes sont majoritairement atteintes (92%), âgées en moyenne de 48 ans, avec une légère tendance au surpoids. Les fibromyalgiques ont en général des maladies associées (comorbidités). L’enquête le confirme avec en tête l’arthrose, loin devant l’endométriose ou l’hypothyroïdie. Sur le plan psychologique, des troubles cognitifs, une anxiété ou une dépression sont retrouvés dans un cas sur deux ». Les femmes ont plus souvent la migraine La migraine est trois fois plus fréquente chez la femme : 15 à 18% des femmes contre 6% des hommes. Les hormones sont impliquées ; les changements hormonaux (grossesse, ménopause) jouant sur le développement de la crise de migraine. Les menstruations (règles) sont parmi les facteurs déclencheurs les plus fréquents, du fait de la chute du niveau d'estrogènes prémenstruel. Plus cet effondrement oestrogénique est rapide, plus le risque de souffrir de migraine serait important (4). Les femmes, plus durement touchées par les complications du diabète Les femmes, si elles sont moins souvent diabétiques de type 2, sont néanmoins plus touchées par ses complications. Le sur-risque masculin de diabète de type 2 est non négligeable puisqu’il est, en métropole du moins, de 44,5% après 40 ans (5). En revanche, les complications vasculaires et rénales du diabète de type 2 (DT2) sont plus fréquentes chez les femmes. Pr Patrick Ritz, service d’Endocrinologie, maladies métaboliques et nutrition de l’Hôpital Larrey (Toulouse) : « Le risque relatif de maladie cardiovasculaire chez les femmes diabétiques de type 2 est de 3,5 comparé aux femmes non diabétiques alors qu’il est de 2,1 chez l’homme. De plus, la prévalence de l’hypertension artérielle est plus forte chez les femmes diabétiques (6-7) ». Comment l’expliquer ? Tout d’abord, leurs facteurs de risque sont moins bien contrôlés : leur indice de masse corporelle est plus élevé, leur control tensionnel moins efficace, et elles pratiquent moins souvent une activité physique. Le traitement est aussi moins optimal, tout comme la surveillance sur le plan rénal et cardiovasculaire. Les femmes, plus touchées par la BPCO Les femmes et les jeunes sont de plus en plus affectés par la bronchopneumopathie chronique obstructive. BPCO, ces quatre lettres désignent une maladie grave des bronches due à 80% au tabagisme et qui peut conduire à l’insuffisance respiratoire. On sait maintenant depuis 2013, année de la publication d’une vaste étude américaine regroupant près de 500 000 personnes (Nurse Health Study), non seulement que la BPCO continue de progresser, mais que les femmes sont de plus en plus concernées et les malades de plus en plus jeunes. La dépression, deux fois plus fréquente chez la femme La dépression est deux fois plus fréquente chez la femme avec un homme sur dix concernés contre une femme sur cinq. Les hormones expliqueraient cette plus forte prévalence lors de certains évènements de vie de la femme (ménopause, accouchement etc.). Les hormones les plus psychoactives sont les estrogènes et la progestérone mais un neurotransmetteur – la sérotonine – pourrait aussi expliquer le phénomène. Un déficit sérotoninergique est retrouvé dans les états dépressifs. Or, la synthèse de sérotonine est plus élevée dans le cerveau masculin. Les dépressions féminines sont aussi peut être mieux dépistées, car elles consultent un médecin en général plus facilement, ce constat étant retrouvé dans de nombreuses pathologies. Les femmes, plus de deux fois plus de calculs biliaires La lithiase biliaire, ou calcul de la vésicule, affecte de deux à trois fois plus de femmes que d’hommes. La formation de calculs à l’intérieur de la vésicule biliaire touche 10 % à 15 % des hommes et 25 % à 30 % des femmes. Cette différence, cependant, s’atténue après 70 ans. Les calculs dits « cholestéroliques » sont favorisés par les facteurs qui vont entraîner une augmentation de la concentration biliaire en cholestérol. Il ressort que le sexe féminin est plus susceptible de fabriquer ce type de calcul. MICI et maladies auto-immunes, désavantage aux femmes Selon les chiffres récents en France, 56 % de femmes et 44% d'hommes souffrent de maladies chroniques inflammatoires de l’intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique). Globalement, les femmes sont plus susceptibles que les hommes d'être atteintes de maladies auto-immunes telles que la sclérose en plaques, l’arthrite rhumatoïde, la thyroïdite, le lupus, ou la myasthénie (maladie neuromusculaire). Ces maladies résultent du dysfonctionnement du système immunitaire qui s'attaque à l'organisme lui-même. Une équipe française a probablement touché du doigt l’une des causes. Le thymus est l’organe où les lymphocytes T, les cellules du système immunitaire qui détruisent les intrus, apprennent à reconnaître le soi pour ne pas l'attaquer. A cause de taux élevés des estrogènes chez la femme à partir de la puberté, une protéine (AIRE) présente dans les cellules de ce thymus serait synthétisée en quantité moindre, augmentant la susceptibilité aux maladies auto-immune. (1) Aliment Pharmacol Ther. 2010 Sep;32(6):738-55 ; (2) Drugs. 2013 Nov;73(17):1935-50 ; (3) Enquête auto-déclarative développée par l’Association française de lutte antirhumatismale et Fibromyalgie SOS ; (4) Dr Jelena Pavlovic et al. Neurology 87 July 5, 2016 ; (5) chiffres 2007 de l’InVS (BEH 42-43) ; (6) Endocrine, Metabolic & Immune Disorders-Drug Targets Vol12, N 2, June 2012, pp. 179-196 (18) ; (7) Gend Med 2006 Jun;3(2):131-58; (8) Sonia Berrih-Aknin et al. J Clin Invest. 2016;126(4):1525-1537
4 min
Santé au travail : assis ou debout ?
Travailler devant un écran d'ordinateur est devenu la règle pour une grande partie des travailleurs. Or, rester assis à son bureau tout au long de la journée est particulièrement néfaste pour la santé. La solution, se lever souvent et pourquoi pas, travailler avec un plan de travail en hauteur. Plus facile à dire qu’à faire ? Position assise prolongée : quel est le risque ? Globalement, les études scientifiques convergent et les chiffres implacables. Rester assis huit heures par jour augmenterait les chances de décès prématuré de 15% et de 40% au-delà de 11 heures. Le calcul est vite fait selon les chercheurs : après une décennie à travailler à un bureau, ce sont sept années en moins d’espérance de vie. Cette sédentarité au travail accroît le risque de diabète, d'obésité, de cancer, de mal au dos et de fatigue chronique. Selon une publication scientifique de 2015 rassemblant les études parues sur le sujet, ceux qui passent le plus de temps assis ont un risque de développer un diabète de 90% plus élevé que ceux qui sont assis le moins longtemps, une probabilité de mourir de maladie cardiaque ou de cancer de 18% plus élevée et 24% plus de chances de décéder (1). De plus, une autre étude conduite chez des femmes souligne que celles restées assises plus de sept heures par jour présentent 47% de risques en plus de développer des symptômes dépressifs comparées à celles qui ont passé quatre heures ou moins assises.Une autre étude a même évalué la combinaison de la position assise des heures durant et le fait de ne pas pratiquer d’activité physique. Bilan, c’est la plus mauvaise des attitudes. Comparativement aux personnes qui passent quotidiennement moins de quatre heures quotidiennes en position assise et pratiquent une activité physique intensive (> 35,5 MET-heure/semaine), ceux qui sont assis plus de 8 h/jour et réalisent une activité physique très limitée (< 2,5 Met-heure/semaine, sédentarité) ont, à terme, un risque de mortalité augmenté de 60%. Quels moyens simples pour ne pas rester assis trop longtemps au bureau Outre-Atlantique, le National Insitutes of Health (3) a quantifié le nombre d’heures passé assis en moyenne par un adulte américain : 7,7 heures. Ce qui a fait dire à l’American Medical Association qu’il fallait revoir notre manière de s’assoir, en exploitant les sièges « ballons » et les postes de travail en hauteur (4). Pour contrer la position assise, les idées ne manquent pas. Des chercheurs se sont posé la question « Comment réduire le temps passé assis ? ». Pour cela ils ont pris une par une les stratégies de changement de comportement utilisées dans les interventions de réduction de la sédentarité chez les adultes et publiées dans des revues médicales internationales (5). 23 interventions leur ont semblé prometteuses, fondées sur la restructuration de l’environnement de travail, la persuasion ou l'éducation. Ils ont relevé par exemple, des postes de travail où l’on peut rester debout, le fait de programmer une alerte lorsqu’un certain laps temps passé assis est dépassé ou encore l’installation de bureaux à pédales pour réduire l’inactivité.D’ores et déjà voici quelques pistes : S’obliger à réaliser des pauses toutes les 45 minutes. Passer ce temps de pause en position debout. Organiser des réunions debout. Réfléchir sur un sujet en restant debout et encore mieux, en marchant. Varier les positions assises. S’étirer régulièrement au long de la journée. Choisir un bureau ajustable, permettant à la fois de travailler assis ou debout. Pour une ergonomie correcte de travail sur un bureau en hauteur, l’écran doit être à la bonne hauteur en maintenant la tête droite et les bras perpendiculaires au corps. A quand les Français fans du travail en position debout ? Il est grand temps de tomber de sa chaise. Les recommandations médicales britanniques préconisent aux salariés de rester au moins deux heures de leur temps de travail debout. Aux Etats-Unis, le commerce de bureaux surélevés est en plein essor. Mais ce sont les pays nordiques les premiers à avoir franchi le pas. Les postes de travail modulables, c’est à dire qui permettent les deux positions, assises et debout, s’implantent réellement dans les entreprises. Au point qu’au Danemark, la législation du travail impose aux entreprises de fournir ce type de mobilier à leurs employés. En France, certaines banques et assurances seraient apparemment parmi les premières entreprises à se pencher sur le problème et à utiliser ce type de mobilier modulable. (1)Ann Intern Med. 2015;162(2):123-132. ; (2) AJPM September 2013Volume 45, Issue 3, Pages 276–281 ; (3) https://www.nih.gov/; (4) https://www.ama-assn.org/; (5) Health Psychology Review Volume 10, 2016 - Issue 1 / http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17437199.2015.1082146
4 min
Alimentation et prévention cancer : vérités et idées fausses
En janvier 2001, a été créé le Programme National Nutrition-Santé (PNNS), avec pour ambition d'améliorer l'état de santé de la population en agissant sur le déterminant nutrition.Parallèlement, avec l'évolution des connaissances, les scientifiques estiment aujourd'hui que le facteur alimentaire pourrait contribuer pour une large part au développement des cancers. C'est ainsi que la thématique « Alimentation, nutrition et cancer » a vu le jour.En matière de prévention du cancer, l'alimentation peut en effet jouer un rôle très important.« Vérités, hypothèses et idées fausses », ce qu'il faut savoir au sujet des liens entre cancer et alimentation. Prévention des cancers : vérités et recommandations Fruits et légumesL'apport de fruits et de légumes devrait représenter au minimum 7% de l'apport énergétique total journalier, soit entre 400 et 800 grammes de fruits et légumes par jour, en jouant sur la variété.Pour atteindre le minimum, le PNNS recommande au moins 5 fruits et légumes chaque jour, quelle qu'en soit la forme : crus, cuits, frais, en conserve ou surgelés. Surpoids et obésitéLe risque de cancer est minimal lorsque l'indice de masse corporelle est maintenu entre 18,5 et 25 kg/m².Les recommandations internationales (code européen contre le cancer) conseillent de ne pas dépasser un gain de poids supérieur à 5 kilos durant la vie d'adulte.Il est donc conseillé de surveiller régulièrement son poids et en cas de gain rapide ou important de celui-ci, de mettre en place un contrôle de l'alimentation doublé d'une augmentation de l'activité physique. Activité physique Il est recommandé de maintenir un mode de vie actif.A titre d'exemple, si l'activité physique professionnelle est faible ou modérée, pratiquez au moins une demi-heure (et si possible une heure) de marche rapide, ou d'une activité similaire, par jour, et une activité physique vigoureuse d'au moins une heure par semaine. AlcoolLa consommation d'alcool est déconseillée sur le plan du risque de cancer, car elle augmente la morbidité et la mortalité.Les recommandations du PNNS proposent, chez ceux qui consomment des boissons alcoolisées, de ne pas dépasser l'équivalent de 20 g d'alcool pur par jour (soit deux verres de vin de 10 cl ou deux bières de 25 cl ou 6 cl d'alcool fort).Mais selon les toutes dernières données scientifiques, il serait préférable de ne pas dépasser 6 verres par semaine. Tabac Le tabagisme constitue un facteur de risque majeur de cancer (et notamment du poumon et de la vessie), et sa réduction est un objectif prioritaire en termes de santé publique pour diminuer le risque de multiples localisations de cancer. Hypothèses fortes menant à des recommandations Viandes et charcuteries La consommation de viande doit se faire dans le cadre d'une alimentation équilibrée et variée, riche en fruits et légumes. Privilégiez les viandes les plus maigres. Un seul plat de viande par jour est suffisant. Limitez les charcuteries, pour réduire notamment les apports en graisses saturées et en sel. Par ailleurs, limitez les procédés de cuisson utilisant des températures très élevées (grillade, barbecue, friture) ; le cas échéant, il est recommandé de ne pas consommer les parties carbonisées des viandes grillées. Sel Ne pas dépasser 8 grammes de sel par jour, via les aliments eux-mêmes, l'ajout à table et lors de la préparation. Les principaux aliments salés à contrôler sont les charcuteries et les fromages à forte teneur en sel, les produits salés pour l'apéritif, et certaines eaux minérales riches en sodium. Apports en graisses La réduction des apports en graisses pourrait avoir un impact bénéfique sur le risque d'obésité et sur les maladies cardiovasculaires. En matière de cancer, ce sont surtout les acides gras trans (graisses hydrogénées issues d'un procédé industriel) qui sont à éviter. Evitez les aliments contenant des graisses « cachées » (viennoiseries, crèmes desserts, produits apéritifs, produits laitiers gras, viandes et charcuteries grasses, sauces... ). De plus, remplacez le plus souvent possible les graisses animales par des graisses d'origine végétale, notamment celles riches en acides gras mono-insaturés et polyinsaturés (huiles d'olive, de colza). Fibres alimentaires L'alimentation quotidienne devrait intégrer des céréales complètes (blé, orge, avoine, maïs, son), du pain complet, des légumes ou légumineuses (lentilles, haricots, fèves...) ou du riz complet, et des fruits (plutôt que leur jus). Il est préférable de consommer des produits à grains entiers, ou enrichis en fibres. Café A consommer avec modération, soit moins de 5 tasses par jour. Les données existantes ne permettent pas d'incriminer la consommation de café dans le déterminisme des cancers, excepté pour celui de la vessie. Stéréotypes et idées fausses autour de l'alimentation et du cancer Le four à micro-ondes donne le cancerFaux : aucun élément actuellement disponible n'indique un risque lié à l'utilisation du four à micro-ondes.Les fruits et légumes donnent le cancer à cause des pesticidesFaux : il existe suffisamment de preuves concluant que les fruits et légumes protègent du cancer dans des proportions importantes. Et les effets bénéfiques des fruits et légumes sont tellement importants, qu'ils annulent les effets délétères de quantités faibles de pesticides.Le vin rouge protège du cancer Faux : aucune boisson alcoolisée (même le vin) n'a d'effet protecteur vis-à-vis du cancer. Toutes sont des facteurs de risque importants. Dans le domaine du cancer, la consommation d'alcool n'est jamais recommandée. Alimentation et cancer : résumé des recommandations Alimentation variée et quantitativement adaptée aux besoins nutritionnels, préférentiellement basée sur des aliments d'origine végétale. Poids stable sans surcharge pondérale, tout en limitant le gain maximal de poids à moins de 5 kg durant la vie adulte. Mode de vie actif avec une demi-heure de marche rapide (ou une activité similaire) par jour et une activité physique vigoureuse d'au moins une heure par semaine. Cinq fruits et légumes par jour. Aliments riches en fibres (fruits, légumes, pain, riz et pâtes complets) à privilégier par rapport aux aliments raffinés (pain et riz blancs). Alcool déconseillé. Pour les consommateurs, limiter à 6 verres par semaine. Charcuteries à limiter au profit du poisson ou des volailles. Limiter le sel et les aliments salés. Isabelle Eustache
4 min
Après 40 ans, la presbytie au rendez-vous !
Plus de 22 millions de Français sont concernés par la presbytie.Par comparaison, 7 millions sont myopes et 9 millions hypermétropes.Liée au vieillissement normal de l'oeil, ou plus précisément à une baisse du pouvoir d'accommodation, la presbytie reste méconnue par la moitié des personnes concernées. Presbytie : un défaut d'accommodation qui s'installe progressivement La presbytie est un phénomène normal, lié au vieillissement de l'oeil. Elle apparaît en général après 40 ans et se manifeste au début par une gêne à la vision de près (lecture, écriture ).En effet, la presbytie correspond à une diminution du pouvoir d'accommodation de l'oeil. Or l'accommodation permet de faire la « mise au point » sur les objets regardés de près. La presbytie empêche donc de bien voir de près, mais ne retentit pas directement sur la vision de loin.Elle se corrige à l'aide d'un verre convergent. Cette correction n'est utile qu'en vision de près, c'est-à-dire à environ 33 centimètres. Les verres progressifs sont donc ici bien adaptés. La presbytie est méconnue et peu traitée Ces quelques données de bases portant sur la presbytie sont méconnues de la moitié des personnes concernées, comme le révèle une enquête menée auprès de 1.600 personnes âgées de 40 à 64 ans. Les deux tiers d'entre elles sont presbytes, parmi lesquelles 84% déclarent corriger leur vision de près. 66% d'entre elles portent des verres progressifs, tandis que les autres recourent à des verres unis ou bifocaux, voire des lunettes achetées sans ordonnance.Autre fait révélé par cette enquête, à peine 50% des sujets interrogés sont capables de donner une brève définition de la presbytie. Le presbyte consulte tardivement Mais surtout, les délais avant la prise en charge sont généralement trop longs : 35% ont attendu que le problème de vision ne soit plus supportable avant de consulter un ophtalmologiste. Un quart des personnes souffrant de presbitie ont mis plus d'un an avant d'aller consulter et 38% attendent encore plus d'un an entre le moment de la consultation et celui de l'équipement.Pourquoi un tel dédain de la part des Français ? Ce qui est sûr, c'est que pour beaucoup de personnes, la presbytie s'accompagne d'un sentiment de passage à la vieillesse qui n'est pas forcément facile à vivre.Mais la réalité est là : c'est entre 40 et 50 ans qu'apparaissent les premiers signes d'une presbytie.Chez les sujets myopes, elle se manifeste plus tardivement (44-46 ans) et plus précocement chez les hypermétropes. Il faut consulter dès les premiers signes de gêne pour la vision de près.L'adaptation aux verres correcteurs, et particulièrement aux verres progressifs, sera d'autant plus facile si l'équipement se fait dès les premiers troubles de la vision... Source : e-santé Dr Philippe Presles
2 min
Seniors : savoir reconnaître une alerte cardiaque
La mortalité par maladie coronarienne est plus élevée chez les personnes âgées.Hélas, les signes d'alerte avant un infarctus ne sont pas systématiques. Ainsi lorsqu'ils surviennent, il faut savoir les reconnaître rapidement car l'avenir de la fonction cardiaque en dépend. Alerte cardiaque : pour comprendre Les artères coronaires sont celles qui nourrissent le muscle cardiaque. Quand elles s'obstruent partiellement et que le muscle souffre du manque d'oxygène lors d'efforts (parfois minimes), c'est l'angine de poitrine. Quand elles se bouchent, c'est l'infarctus, le coeur ne résistant pas au manque d'oxygène. C'est en urgence qu'il faut alors déboucher l'artère fermée, car la zone en souffrance peut définitivement mourir. La fonction contractile du muscle cardiaque diminue, avec toutes les complications que cela implique.C'est pourquoi devant une douleur thoracique, il est fondamental de savoir si elle est d'origine coronarienne ou non. Portrait robot de l'alerte cardiaque Le terrain de prédilectionLa maladie coronarienne touche plutôt l'homme au-delà de 50 ans ou la femme ménopausée, présentant plusieurs facteurs de risques d'athérosclérose, comme le tabac, l'hypercholestérolémie, le diabète, l'hypertension artérielle, le stress, l'hérédité. Le facteur déclenchantElle peut survenir sans raison, même au cours de la nuit, ou après un effort. Elle est aussi nettement influencée par le froid ou la digestion. Pour ceux qui souffrent d'une angine de poitrine connue, l'alerte doit être donnée quand les crises augmentent progressivement en intensité et en durée, et/ou surviennent pour des efforts moins importants. Le siège de la douleurEn arrière du sternum, au milieu du thorax, sa surface dépassant largement la paume de la main. Elle peut irradier dans la mâchoire inférieure, les dents, le dos, les bras jusqu'aux poignets. Ses caractéristiques Le plus souvent, elle provoque une sensation de serrement ou de barre dans la poitrine. Mais parfois, elle ressemble à une brûlure, un écrasement, un blocage thoracique. La réponse à la trinitrine chez quelqu'un dont l'angine de poitrine est connueQuand elle a déjà été diagnostiquée l'angine de poitrine (ou angor) disparaît dans les minutes qui suivent la prise de trinitrine (en spray sublingual ou comprimés à sucer). C'est d'ailleurs aussi une façon de la reconnaître.En cas de résistance à ce médicament, toute douleur thoracique persistante malgré la trinitrine doit conduire à une hospitalisation en urgence : un infarctus est alors possible.Rappelons à ceux d'entre vous qui ont ce médicament chez eux, qu'il faut toujours s'asseoir, voire s'allonger avant de le prendre. Il fait parfois baisser la tension et peut provoquer un malaise entraînant une chute.Les signes éventuellement accompagnateursÀ la douleur thoracique, peuvent s'ajouter des difficultés respiratoires, un épisode de palpitation, toux, hoquet, troubles digestifs ou un malaise. Reconnaître tôt les signes de souffrance cardiaque, c'est minimiser les risques Si la crise dure ou si elle résiste à la trinitrine (pour ceux qui en utilisent déjà), c'est dans le quart d'heure qu'il faut composer immédiatement le 15 (Samu).A savoir : ne sont pas les signes d'un infarctus : Une sensation de piqûre, une douleur localisée comme une pointe d'aiguille, pouvant être montrée avec la pulpe d'un doigt. Une douleur que l'on peut reproduire en palpant la zone douloureuse. Un point de côté, sensible aux changements de position. Une douleur qui suit le trajet d'une côte, en "demi ceinture". Source : e-santé Dr Stéphanie Lehmann
3 min
Seniors : buvez, c'est l'été !
La déshydratation du sujet âgé est fréquente et responsable d'un taux non négligeable de mortalité chez les plus fragiles.Ce constat est démesuré quand on sait que quelques précautions suffisent le plus souvent à éviter cet accident.La règle d'or contre la déshydratation est d'apprendre à boire sans soif de l'eau bien sûr ! Une personne âgée, même en parfaite santé, risque la déshydratation L'eau, principal constituant de l'organisme, représente 50 à 70% du poids corporel. Ce pourcentage varie en fonction du sexe, de l'âge et de la masse grasse. Par exemple, il passe de 76% chez le nourrisson à 53% chez le sujet de 70 ans.Le bon équilibre hydrique (équilibre en eau) est indispensable au bon fonctionnement cellulaire, et par conséquent, il a une action directe sur la performance physique, la thermorégulation et l'amélioration de la fonction cardiovasculaire.L'âge venant, y compris quand on est en parfaite santé, les mécanismes de régulation sont moins performants, rendant les risques de déshydratation réels.Finalement, les réserves d'eau diminuent, la sensation de soif s'amoindrit, et la régulation eau/sel se perturbe. Le rein perd sa capacité à retenir l'eau et à concentrer les urines, la sudation diminue, faisant courir un risque d'hyperthermie. Bien connaître les facteurs de risques de la déshydratation Les facteurs de risque de la déshydratation sont les suivants : L'âge supérieur à 80 ans, le sexe féminin, le faible poids corporel, la température ambiante trop élevée, une activité physique inhabituelle, la crainte de l'incontinence urinaire, la baisse de prise de liquide (moins de 1,5 litre/jour), De même, certaines maladies favorisent la deshydratation : diarrhées, fièvre, vomissements, anorexie (diminution de l'apport liquidien), syndrome dépressif, état confusionnel, maladie d'Alzheimer. Enfin, quelques médicaments peuvent être déclencheurs d'une deshydratation : laxatifs, diurétiques, sédatifs. Quels sont les signes de la déshydratation ? Il existe plusieurs types de déshydratation (extra-cellulaire, intra-cellulaire, globale), dont les signes spécifiques sont parfois difficiles à évaluer, surtout quand la personne est amaigrie ou fragilisée.Néanmoins, il faut toujours y penser lorsqu'apparaissent : une diminution de la sudation, des cernes, une hypotension (parfois malaise au lever), une sécheresse buccale, une accélération du pouls, une augmentation de la soif (mais cette sensation est souvent altérée chez le sujet âgé), parfois même, une fièvre. La torpeur, l'obnubilation, les étourdissements et parfois les phlébites se rencontrent aussi, de même que la constipation, les infections urinaires et les lithiases. Prévenir la déshydratation, c'est guérir Eviter l'installation de la déshydratation doit être une véritable obsession. L'important est de boire souvent, en petites quantités.L'apport quotidien est à adapter pour chaque personne, mais il faut toujours l'augmenter si la température extérieure est élevée ou en cas de fièvre, de 0,5 litres de liquide par jour par degré au dessus de 38°.Pour avoir une idée, le besoin en liquide d'un sujet âgé est plutôt au-dessus de celui d'un adulte. A priori, il s'agit d'une quantité avoisinant 1,5 à 2 litres de liquide comprenant l'eau et les autres boissons, auxquelles s'ajoute l'eau apportée par les aliments (qui avoisine le litre). Quand il fait chaud, se rappeler quelques règles anti-déshydratation Les réserves d'eau sont moins grandes chez les personnes âgées que chez les plus jeunes et les besoins en eau ne diminuent absolument pas avec l'âge. Buvez souvent, régulièrement, en petites quantités et même sans avoir soif. Choisissez les boissons qui vous conviennent le mieux (eau du robinet, de source, eau minérale plate ou gazeuse, aromatisées ou non, thé, café, tisane, jus de fruits, lait, etc.). Si vos urines sont concentrées (sombres), c'est que vous ne buvez pas suffisamment ! Si vous rendez visite à une personne dépendante en institution, proposez-lui à boire. Dr Stéphanie Lehmann
3 min
Fibromyalgie : le bénéfice de l'activité physique en groupe
Les douleurs chroniques empêchent souvent les patients atteints de fibromyalgie de faire du sport. Pourtant, le maintien d'une activité physique est recommandé pour améliorer leur qualité de vie. Un bénéfice tangible, encore amplifié lorsque ces exercices se pratiquent en groupe.La fibromyalgie : une maladie méconnueEn France, environ 3% de la population est atteinte de fibromyalgie. Une maladie qui se traduit par des douleurs musculaires, articulaires et tendineuses diffuses et qui s'accompagne souvent d'une fatigue persistante, de troubles du sommeil et d'un syndrome anxio-dépressif. La fibromyalgie touche majoritairement des femmes (80%) et apparaît en moyenne vers 40-45 ans. Son origine reste encore inexpliquée, elle est probablement multiple : altération du circuit nerveux de la douleur, facteurs hormonaux, causes génétiques, environnementales... Il arrive aussi qu'elle se déclenche après un choc émotionnel violent.Pas de médicament spécifique contre la fibromyalgieReconnue comme une maladie à part entière par l'Organisation Mondiale de la Santé depuis 2006, la fibromyalgie est encore souvent considérée comme une maladie « psy » par certains médecins en raison de la diversité des symptômes. Le diagnostic se fait par élimination, quand toutes les autres causes (rhumatismes, etc.) ont été supprimées et que le patient souffre de douleurs chroniques depuis au moins trois mois.Il n'existe pas de médicament spécifique mais les antalgiques et/ou les antidépresseurs, par exemple, peuvent soulager les troubles.Des thérapeutiques alternatives contre la douleurPour autant, ces médicaments ne guérissent pas les malades. Alors, en parallèle, beaucoup d'entre eux ont recours à une prise en charge non médicamenteuse (relaxation, hypnose, rééducation physique, thérapie cognitive comportementale, acupuncture...) pour essayer de mieux gérer la douleur et conserver une vie quotidienne à peu près normale.C'est loin d'être toujours le cas : 17% des patients sont contraints d'arrêter de travailler, 33% de changer de profession, 8% se retrouvent en invalidité.La moitié d'entre eux ne pratique plus d'activité physique. Pourtant, bouger est essentiel pour garder son autonomie.Combattre la fibromyalgie par le mouvement : vers une meilleure qualité de vieRéapprendre à bougerA Bordeaux, le Centre Les Grands Chênes (Korian) accueille des groupes de 4 à 5 patients souffrant de la fibromyalgie en hôpital de jour, principalement envoyés par le centre anti-douleur de la région.La méthode est la suivante : durant deux mois, et ceci trois jours par semaine, une équipe composée d'un kinésithérapeute, un ergothérapeute, un éducateur sportif, un psychomotricien, un psychologue et une diététicienne, va encadrer ces groupes de patients pour des exercices et des activités spécifiques.Dr Patrick Middleton, médecin-rééducateur : « l'idée est de les reconditionner progressivement à l'activité physique afin d'améliorer leur qualité de vie ».1er mois : au programme, étirement, gymnastique, qi-gong, balnéothérapie, relaxation...2ème mois : des exercices plus intenses sont proposés. Les patients peuvent aussi recevoir un soutien psychologique et des conseils diététiques. La confiance retrouvée Globalement, le résultat est positif : « Les patients se rendent compte que, malgré la douleur, ils peuvent faire des choses. Ça leur redonne confiance et, du coup, ils ont moins peur du mouvement. Ils retrouvent des capacités qu'ils croyaient avoir perdues et notamment de la souplesse, ils sont moins raides quand ils se lèvent le matin. On les remet en route, en quelque sorte », constate le Dr Middleton.Sur 21 patients interrogés à long terme, 16 ont repris une activité physique et 8 ne sont plus en arrêt maladie ! L'impact de l'activité physique sur la douleur, la fatigue ou l'état dépressif est fluctuant mais « plus les patients sont pris en charge tôt, plus c'est efficace », note le médecin.Sortir de l'isolement Virginie, 41 ans, a participé au protocole il y a trois ans. Depuis, elle se sent mieux, physiquement et psychiquement : « Pendant des années, je ne savais pas ce que j'avais. Ici, j'ai enfin été prise en charge, on a mis un mot sur ma maladie et on m'a appris à vivre avec. Aujourd'hui, je sais anticiper les signaux et je refais de la natation, ce que je n'osais plus faire. J'ai beaucoup moins mal partout qu'avant. En revanche, j'ai toujours des gros moments de fatigue mais je les gère ». Virginie est surtout sortie de son isolement social : « J'étais la fille qui avait toujours un pet de travers, je n‘osais plus voir mes amis. Depuis que ma maladie a été prise en charge, l'attitude de mes proches a changé. C'est important la reconnaissance ». Source : e-santéBrigitte Bègue journaliste santé
3 min
Quel est le rôle de la flore intestinale dans la maladie de Crohn ?
La flore intestinale, également dénommée microbiote, se compose de millions de microorganismes, dont des bactéries, qui, quand tout va bien, vivent en parfaite harmonie. Quant à la maladie de Crohn, elle implique une inflammation de la muqueuse intestinale. Peut-on faire le lien entre maladie de Crohn et microbiote, et imaginer des traitements ? Réponses à ces questions avec le Dr Harry Sokol, gastro-entérologue à l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Maladie de Crohn et flore intestinale : quels liens ? La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l'intestin (au même titre que la rectocolite hémorragique), qui peut toucher n'importe quelles parties du tube digestif, de la bouche à l'anus. Cette inflammation chronique de la muqueuse intestinale, qui se déclare le plus souvent chez des sujets jeunes, évolue par poussées entraînant des symptômes handicapants, notamment une diarrhée, des douleurs abdominales, de la fièvre, etc.« Cette maladie est multifactorielle, faisant intervenir des facteurs génétiques et environnementaux, mais aussi le microbiote intestinal, lui-même sous influence génétique et environnementale », précise le Dr Harry Sokol. Par ailleurs, on pense que la maladie de Crohn est liée à une réponse anormale du système immunitaire intestinal. D'où les nombreuses études pour comprendre le rôle exact du microbiote et son implication dans cette maladie intestinale, avec pour espoir de trouver des traitements permettant de guérir ou de prévenir les symptômes de cette maladie afin d'améliorer la qualité de vie des patients. Qu'est-ce que le microbiote et à quoi sert-il ? Dr Harry Sokol : « Le microbiote désigne l'ensemble des microorganismes qui sont présents dans notre tube digestif et qui joue un rôle essentiel pour notre propre physiologie. Ces microorganismes sont essentiellement représentés par des bactéries, des champignons et des virus. On estime qu'il y a dix fois plus de bactéries dans l'intestin que de cellules dans notre corps. On estime également que les capacités génétiques de notre microbiote sont 150 fois plus grandes que celles du génome humain. »Ce microbiote joue un rôle dans de nombreux processus biologiques : régulation énergétique, production de vitamines, de certains acides gras particuliers, mais aussi dans le développement du système immunitaire, même en dehors de l'intestin, ou encore dans les défenses contre les infections intestinales. « Le microbiote joue même un rôle dans le fonctionnement cérébral, via différentes voies, indique le Dr Sokol. C'est par exemple le cas avec les métabolites produits par les bactéries qui passent dans le sang et atteignent ainsi le cerveau. Il existe également une connexion directe entre l'intestin et le cerveau impliquant des nerfs stimulés par des récepteurs présents dans l'intestin. » Peut-on agir sur le microbiote pour améliorer la maladie de Crohn ? Dr Harry Sokol : « Ce domaine est encore principalement au stade de la recherche. Mais au vu des éléments dont on dispose aujourd'hui, et sachant que le microbiote joue un rôle important pour notre physiologie en général, il n'est pas étonnant que son altération ait un retentissement en terme de maladies, et notamment de maladies intestinales.On a notamment observé dans les maladies inflammatoires comme la maladie de Crohn, que le microbiote est anormal dans sa composition bactérienne, certaines bactéries étant en quantité plus importante au détriment d'autres. Or ces bactéries surnuméraires ont plutôt une activité pro-inflammatoire, tandis que celles en diminution sont plutôt anti-inflammatoires. »C'est ainsi que des stratégies thérapeutiques ont été imaginées pour essayer de corriger ce type de déséquilibre bactérien dans l'intestin. Par exemple, certaines suggèrent d'amener dans l'intestin le type de bactéries manquantes, d'autres de recourir à la transplantation de flore (de selles provenant d'un donneur). Des expérimentations sont actuellement en cours. Une autre stratégie à l'étude vise à identifier les molécules produites par les bactéries de l'intestin ayant des propriétés anti-inflammatoires, afin de les utiliser ensuite comme des médicaments. Quels sont les résultats et les recommandations alimentaires actuelles ? Il n'existe pas à ce jour de recommandation alimentaire spécifique dans la maladie de Crohn. Concernant les probiotiques, beaucoup d'études sont menées, car il existe potentiellement un marché important. Mais aucun des probiotiques classiques (ferments lactiques) n'a montré d'efficacité claire dans les études humaines. Seuls deux probiotiques se sont accompagnés d'un petit effet dans la forme minime de la rectocolite hémorragique. Mais à ce jour, les preuves sont insuffisantes pour qu'ils soient utilisés à la place des traitements classiques dans les maladies chroniques inflammatoires de l'intestin (MICI).Cela dit, il n'est pas exclu que dans les années à venir, on arrive à mieux comprendre l'effet de l'alimentation sur le microbiote et les conséquences en santé. On pourrait imaginer des probiotiques de nouvelles générations qui proviendraient de l'intestin (et non plus du lait comme actuellement) et sélectionnés pour leurs propriétés anti-inflammatoires. Source : e-santé Isabelle Eustache
3 min
Prothèses de hanche : l'avenir en 3D !
L'apparition des imprimantes 3D marque une révolution sur le plan technologique : si l'aérospatiale ou l'industrie automobile s'en sont déjà emparé avec succès, le domaine de la médecine n'est pas en reste. L'impression d'organes reste encore pour le moment du domaine de la science-fiction, mais la construction de prothèses est bien réelle. La chirurgie orthopédique, et notamment pour l'arthroplastie ou prothèse de hanche, s'approprie peu à peu cette technologie. Prothèse de hanche : une chirurgie orthopédique très aboutie Depuis leur apparition en chirurgie orthopédique il y a plus d'un siècle, l'histoire des prothèses de hanche est étroitement liée aux matériaux utilisés : actuellement, une prothèse totale de hanche se compose d'une tige en titane ou en acier inoxydable qui se fixe dans le fémur, et d'un ensemble formé par une cupule et une tête fémorale en métal ou en céramique. L'ensemble reproduit l'articulation de la hanche défectueuse. La qualité de ces prothèses a une durée de vie à 20 ans.La manière de fixer ces prothèses sur le plan chirurgical est également très importante et a évolué : on pose actuellement en France environ 150 000 prothèses totales de hanche par an. Un orthopédiste réalise cet acte en une à deux heures environ. On a même vu arriver les premières poses de prothèses de hanche pratiquées en chirurgie ambulatoire durant l'été 2015 : le patient est rentré à son domicile le jour même du geste opératoire, signant ainsi une maîtrise de plus en plus importante de cet acte chirurgical.La prothèse totale de hanche permet à un patient très douloureux et très limité dans ses mouvements (le plus fréquemment à cause de l'arthrose) de retrouver une articulation et un mode de vie satisfaisants. Et elle a surtout révolutionné le taux de survie des patients âgés souffrant d'une fracture du col du fémur suite à une chute, leur rendant leur mobilité, leur évitant ainsi escarres et autres complications d'un alitement prolongé. Prothèse de hanche : l'apport de l'imprimante 3D Si les premières prothèses externes ont déjà vues le jour (le petit Maxence, 6 ans, a été équipé d'une prothèse de main fabriquée par une imprimante 3D en août 2015, une première en France), on commence à se tourner vers l'imprimante 3D pour les implants (prothèses internes). Les progrès de l'imagerie médicale (scanner, IRM) ont permis d'obtenir des images de l'organisme précises dans les trois dimensions de l'espace. Ces informations peuvent être stockées sous la forme de données numériques, puis utilisées pour programmer une imprimante 3D afin de fabriquer une prothèse. L'encre classique est remplacée par une poudre métallique ou autre, et tout objet peut alors être créé par la « fabrication additive », variante médicale de l'impression 3D.Le gros avantage de l'impression 3D est qu'elle permet la fabrication de prothèses personnalisées.Les implants sont actuellement standardisés, il en existe un nombre limité de tailles et de formes différentes. Les chirurgiens optent pour la prothèse de hanche (ou autre) la plus proche de l'anatomie du patient, en faisant des compromis. Etant complètement adaptée au patient, la prothèse est plus facile à poser, permettant de diminuer la durée opératoire, les saignements post-opératoires, et les complications (notamment infectieuses). Il est important de noter également que le prix final pourrait être 5 à 8 fois moins onéreux que les implants traditionnels.Les freins actuels au développement à grande échelle des prothèses 3D sont principalement le coût de l'imprimante et le temps nécessaire pour produire une prothèse. Il existe aussi un frein réglementaire en France concernant le matériel biomédical : les hôpitaux n'ont pas le droit d'implanter du matériel qu'ils auraient eux-mêmes produit.On imagine bien qu'une fois ces obstacles contournés, l'impression 3D va s'inviter dans la chirurgie du futur, permettant d'adapter parfaitement l'implant au patient et non plus le contraire ! Source : e-santé Dr Christelle PIERROT médecin généraliste
3 min
Le surmenage, responsable de maladies cardiovasculaires
Notre vie quotidienne consiste, pour beaucoup d'entre nous, en de longues journées de travail qui peuvent constituer à long terme un vrai risque pour la santé lorsqu'elles confinent au surmenage. La limite entre une charge de travail raisonnable et une charge de travail excessive est franchie lorsque le corps nous envoie des signaux de détresse comme l'accident vasculaire cérébral et autres maladies cardiovasculaires, souvent difficiles à anticiper.
3 min
Surconsommation d'antibiotiques : ce qu'on ne vous dit pas !
Il existe un double effet négatif de la surconsommation d'antibiotiques : non seulement les infections par des bactéries devenues multirésistantes à cause de l'abus d'antibiotiques sont devenues difficiles voire impossibles à traiter pour certaines, mais cette multirésistance rend aussi les infections plus fréquentes !Usage immodéré des antibiotiques : la double peine !Près de 160 000 personnes développent chaque année en France des infections dues à des bactéries multirésistantes aux antibiotiques et près de 13 000 en meurent*. Or il existe un autre effet, pervers et peu connu, de la multirésistance des bactéries, c'est à dire des bactéries résistantes à plusieurs familles d'antibiotiques (tuberculose multirésistante etc.) : les infections qu'elles causent sont fréquentes, elles aussi !Comme pour les staphylocoques dorés (Staphylococcus aureus) (1), cela vient d'être démontré aussi pour les entérobactéries multirésistantes (2). Cette famille inclut les colibacilles, c'est à dire l'espèce Escherichia coli, principale bactérie responsable des infections urinaires (cystites) et parfois de septicémies. En Europe, le nombre de septicémies à Escherichia coli multirésistants a augmenté entre 2002 et 2008 de 30% par an alors que le nombre de septicémies à Escherichia coli multisensibles (contre lesquelles plusieurs antibiotiques sont efficaces) n'a augmenté que de 6% par an (1).Pr Vincent Jarlier, du Service de Bactériologie et d'Hygiène Hospitalière (GH Pitié-Salpêtrière - Charles Foix, Paris) : « Il s'agit de l'effet « Boyce » du nom du chercheur qui l'a mis en évidence en 1983 (1). Responsable d'infections localisées cutanées, des os et des articulations et, dans certains cas extrêmes, de septicémies, le staphylocoque doré est à l'origine d'infections plus difficiles à traiter lorsque les souches sont multirésistantes. De plus, de manière surprenante, les infections à staphylocoques dorés multirésistantes ne remplacent pas mais se surajoutent aux infections à souches sensibles ».Lutter contre les bactéries multirésistantes permet donc de réduire le nombre d'infections tout court. L'envolée des infections multirésistantes aux antibiotiquesLe fait que le nombre d'infections bactériennes graves (septicémies) augmente en Europe est inquiétant (1). Du fait de l'effet Boyce, parmi cette augmentation générale des infections, ce sont celles à bactéries multirésistantes aux antibiotiques qui augmentent le plus !On comptabilise plus de 100 000 infections à bactéries multirésistantes en France chaque année, ce qui entraîne des nombreuses difficultés thérapeutiques et allonge les durées d'hospitalisation.Comment limiter la résistance aux antibiotiques ?Tout d'abord, réduire de manière drastique sa propre consommation d'antibiotiques et l'antibiothérapie à tout va. Le renforcement de la lutte contre ce fléau lié à la surconsommation d'antibiotiques a été annoncé en septembre 2015*. A noter, la consommation d'antibiotiques chez l'animal est phénoménale, loin devant celle de l'Homme.Il faut aussi diminuer la transmission de bactéries au sein de la population, humaine, entre les animaux, et entre les animaux et l'homme (parmi les éleveurs), par une amélioration de l'hygiène. Cette « transmission croisée » se produit au sein des familles, à l'école, dans les crèches, à l'hôpital, mais aussi dans les troupeaux, à partir des innombrables bactéries du tube digestif (flore fécale), de la bouche et du nez (flore rhino-pharyngée), de la peau (flore cutanée).Pr Vincent Jarlier : « Des mesures simples du quotidien sont importantes pour limiter la transmission croisée des bactéries (et des virus !) : se laver les mains après un passage aux toilettes, après avoir éternué ou s'être mouché, avant de préparer de la nourriture. Utiliser des solutions hydroalcooliques dans les établissements de santé et aussi à la maison est un moyen commode et rapide de limiter cette transmission. »L'autre mode de transmission croisée est plus sournois et tout aussi essentiel à contrer. Il s'agit du passage des bactéries des flores fécales de chacun d'entre nous dans les eaux usées, puis dans les stations d'épuration, puis de leur « recyclage » au sortir de ces stations (épandage agricole des résidus des stations, rejet des eaux des stations...).Cette « pollution bactérienne » de l'environnement -d'origine humaine et animale- dissémine des bactéries résistantes aux antibiotiques qui reviennent alors jusqu'à l'Homme par le biais de l'alimentation et des eaux. Mieux traiter les eaux usées et les rejets humains et d'élevages est du ressort des pouvoirs publics, en France et au niveau mondial. Source : e-santéHélène Joubert journaliste scientifique
Chute de cheveux, quand s'inquiéter ?
Nous perdons au quotidien des dizaines de cheveux. Et à certaines périodes de l'année nous en perdons d'avantage. Quand la chute de cheveux devient plus importante et qu'elle s'installe dans le temps, il peut être bon de consulter un spécialiste. Le Dr Durosier, médécin généraliste, nous aide à faire le point entre chute de cheveux chronique et chute de cheveux passagère.Différence entre chute de cheveux passagère et chute de cheveux chroniqueEn matière de chute de cheveux on parle d'effluvium télogène aiguë (chute passagère), d'effluvium télogène chronique (lorsque la chute passagère s'installe dans le temps), et d'alopécie androgénétique (perte progressive de cheveux sous l'influence des hormones mâles).Dans le premier cas, la chute peut être saisonnière. "On constate des chutes de cheveux en mars/avril et à l'automne en septembre/octobre/novembre", explique le Dr Durosier. Un changement brutal de températures, un ensoleillement, les agressions que subissent les cheveux pendant les vacances... autant d'éléments qui peuvent accélérer la chute de cheveux à certaines périodes de l'année. Toutefois, la chute saisonnière ne dure rarement plus de trois mois.Les chutes de cheveux passagères peuvent également être de nature réactionnelle : "en post-grossesse, en cas de stress important, de fatigue, de grippe, de prise de certains médicaments, de régime et de perte de poids, de ménopause, de déséquilibre hormonal ou de dépression on peut constater une chute de cheveux passagère" continue le professionnel.Si au-delà de 6 mois vous continuez de retrouver plus de cheveux qu'habituellement au réveil sur l'oreiller ou si vous continuez à en perdre plus que de raison lors du brossage, vous souffrez peut-être d'effluvium télogène chronique. Il est conseillé de consulter au plus tôt pour déterminer si la chute n'est pas une conséquence d'un problème de thyroïde ou de carence. "L'effluvium télogène chronique s'il apparait vers 40 ans peut aussi être le premier signe d'une alopécie plus sévère, d'où l'intérêt de consulter un professionnel pour faire le point." L'effluvium télogène chronique touche d'avantage les femmes que les hommes. Lorsque la chute s'accompagne d'une baisse de la densité capillaire et que la chute est plus localisée sur le dessus du crâne et au niveau de la raie, il peut s'agir d'une alopécie androgénétique débutante.Les remèdes à la chute de cheveux passagèreLa chute réactionnelle et saisonnière est souvent réversible. Elle peut être enrayée avec un traitement acheté sur les conseils de son pharmacien en pharmacie, un traitement qui agira pour stopper la chute et relancer la pousse du cheveu. Pour le Dr Durosier, la solution est généralement d'ordre "cosmétique, idéalement associée à des compléments alimentaires enrichis en fer, vitamine B, zinc et acides aminés soufrés qui vont favoriser la repousse."Les soins cosmétiques les plus classiques sont des solutions (lotions, shampoings) à appliquer localement à la racine des cheveux.Les cosmétiques antichute de cheveux ont deux actions : "Ils ont un effet vasculaire qui va augmenter l'oxygénation du bulbe pilaire et la vascularisation avec pour conséquence la stimulation de la croissance dans le bulbe et limiter la chute. Ils envoient également un signal de relance du cheveu." En combinant soins antichute et compléments alimentaires, la chute est généralement stoppée au bout d'un à deux mois.En parallèle, il est bon d'éviter tout ce qui peut se révéler être agressif et fragiliserait la repousse du cheveu comme le tabac, les colorations capillaires, les expositions au soleil.Chute de cheveux chronique, l'avis du dermato indispensablePour le Dr Durosier si la chute de cheveux est essentiellement localisée au-dessus du crâne et qu'elle dure depuis plus de 6 mois, il faut consulter. "Le dermatologue va rechercher les causes médicales de la chute de cheveux. Il sera en mesure de diagnostiquer le type de chute afin de prescrire le bon traitement. De manière générale, il prescrit un traitement sur 2 à 3 mois et dès 2 mois de traitement, on voit déjà une vraie différence." En cas d'alopécie androgénétique un traitement médicamenteux la plupart du temps à base de minoxidil pourra être prescrit pour un traitement quotidien et à long terme. "Ce traitement est parfois nécessaire à vie en cas d'alopécie androgénétique car il permet de ralentir la chute et de redensifier la chevelure." En cas d'alopécie androgénétique certains cheveux connaissent un phénomène de miniaturisation, ils deviennent plus fins. "Le minoxidil permet de réduire ce phénomène en faisant pousser à la place un cheveu "normal" d'où une redensification de la chevelure, éclaire le professionnel." Si ces traitements permettent de gagner du temps, la chute, quant à elle, reste inéluctable. C'est pourquoi il est récommandé de prendre le traitement sur le long terme et de consulter le plus tôt possible afin de "traiter le bulbe avant que les cycles ne soient complètement épuisés," prévient le Dr Durosier. Il faut en général trois mois pour voir les premiers effets sur le ralentissement de la chute. Il est donc vivement conseillé de poursuivre son traitement le temps recommandé et de ne pas arrêter avant sous prétexte que les résultats tarderaient trop à se faire ressentir. Enfin, si la chute est vraiment importante et que la personne en est affectée, il faudra alors peut-être penser à la chirurgie et à la micro-greffe car pour l'heure les professionnels ne sont pas en mesure de faire véritablement pousser de nouveaux cheveux avec des traitements médicamenteux ou cosmétiques. Source : e-santéJessica Xavier journaliste
Comment savoir si c'est un syndrome de l'intestin irritable ?
Certaines autres maladies partagent les symptômes typiques du syndrome de l'intestin irritable. En effet, les manifestations abdominales telles que les douleurs et les ballonnements peuvent aussi évoquer une maladie inflammatoire, une maladie coeliaque, voire un cancer colique. Alors, comment porter le diagnostic de syndrome de l'intestin irritable ? Le point avec le Pr Philippe Ducrotté, gastroentérologue au CHU Rouen.Syndrome de l'intestin irritable ou maladie inflammatoire (MICI) ? Les symptômes dont souffrent les personnes qui consultent pour troubles abdominaux sont les suivants : douleurs abdominales, ballonnements, troubles du transit, diarrhée ou constipation, ou alternance des deux. « Face à de telles plaintes, plusieurs diagnostics peuvent être discutés, dont celui de syndrome de l'intestin irritable, le plus fréquent puisqu'il touche jusqu'à 5% de la population française et plutôt des femmes, indique le Pr Philippe Ducrotté. Mais il peut s'agir aussi d'une pathologie organique, c'est-à-dire avec des lésions objectives du tube digestif. »Cette possibilité est envisagée si à l'interrogatoire le patient rapporte des symptômes d'alerte de type amaigrissement et émissions de sang dans les selles. Ce sera également le cas en présence d'antécédent familial particulier de maladies inflammatoires, comme la maladie de Crohn. De la même façon, un antécédent familial de cancer du côlon fera évoquer une forme familiale de cancer digestif plutôt qu'un syndrome de l'intestin irritable. Enfin, la présence de diarrhées et de ballonnements peut également évoquer une maladie coeliaque, allergie au gluten.Au final, on se retrouve avec 4 possibilités diagnostic : outre le syndrome de l'intestin irritable, cancer colique, maladies inflammatoires ou une maladie coeliaque. Quand procéder à des explorations complémentaires ? Selon le Pr Ducrotté, d'autres critères sont à considérer, comme l'âge du patient notamment. « Par exemple, en deçà de 50 ans, la probabilité d'un cancer du côlon est beaucoup plus faible, tandis qu'il existe un premier pic de fréquence pour les maladies inflammatoires, entre 20 et 30 ans. L'examen clinique a aussi sa place, des signes locaux à la palpation de l'abdomen par exemple, évoquant une maladie inflammatoire chronique de l'intestin. »En cas de doute, on peut recourir à des explorations complémentaires : une endoscopie du tube digestif ou une prise de sang de « débrouillage » pour savoir si l'on est présence d'un syndrome inflammatoire, d'une anémie, etc. Le syndrome de l'intestin irritable : un diagnostic d'exclusionFace à un sujet jeune qui présente des douleurs abdominales et des troubles du transit, dont les symptômes chroniques évoluent depuis 4-5 mois, sans amaigrissement, sans émission anormale dans les selles et sans antécédent particulier inquiétant notamment de maladie inflammatoire, on porte le diagnostic de syndrome de l'intestin irritable. « Il s'agit donc d'un diagnostic d'exclusion, c'est-à-dire après élimination des autres maladies possibles », nous précise le Philippe Ducrotté.Dans tous les autres cas, on procède à des explorations complémentaires : coloscopie avec biopsie colique, recherche d'anticorps spécifiques de la maladie coeliaque, gastroscopie avec biopsie intestinale, etc.« Le problème avec le syndrome de l'intestin irritable est de porter rapidement le diagnostic en faisant les examens à bon escient. On procède trop souvent à des examens redondants inutiles ».En pratique, des douleurs abdominales constantes avec diarrhées et constipations, doivent amener à consulter son médecin traitant : « suite à sa première impression, il décidera des éventuels examens complémentaires et d'en référer à un gastroentérologue si besoin ».On retiendra que le syndrome de l'intestin irritable se diagnostique chez une personne jeune atteinte de douleurs abdominales qui durent, avec diarrhées ou constipations ou alternance des deux et qui ne présente pas d'autres signes d'alerte ni d'antécédents particuliers de maladie intestinale. Source : e-santéIsabelle Eustache
Consommons-nous trop d'antibiotiques ?
« Les antibiotiques, c'est pas automatique ! » Ce slogan de santé publique a marqué les esprits. Pourtant, en 2015, les Français restent de très gros consommateurs d'antibiotiques, dont au moins la moitié est totalement inutile. L'analyse d'un pédiatre infectiologue, le Pr Robert Cohen, du Centre Hospitalier intercommunal de Créteil (Val-de-Marne).La consommation d'antibiotiques en France repart à la hausse !En Europe, la France figure parmi les leaders d'un triste classement : la surconsommation d'antibiotiques chez l'Homme. Comme en Belgique, au Luxembourg, en Grèce ou en Roumanie, lorsque ce mauvais pli a été pris, difficile de s'en défaire ! Au dernier bilan disponible, fin 2014 (1), la consommation en Europe pouvait être schématiquement divisée en trois zones : les pays du Nord, faibles consommateurs d'antibiotiques, les pays de l'Est, consommateurs modérés et les pays du bassin méditerranéen, forts consommateurs.Parmi les bons élèves, l'Allemagne et les pays d'Europe du nord font preuve d'une rigueur d'utilisation qui ne se dément pas au fil des années. Mais à l'inverse, dans l'Hexagone, entre 2000 et 2013, la consommation d'antibiotiques en médecine de ville n'a pas sensiblement fléchi, passant de 35,17 à 31,15 ddd/1000/jour (dose définie journalière d'antibiotiques c'est à dire le nombre moyen de jours sous antibiotiques) (2).On y a pourtant cru : sur le plan quantitatif, la consommation a diminué de 10,7% entre 2000 et 2013, mais une tendance à la reprise se confirme chaque année depuis 2010 avec une hausse annuelle de 5,9% (1) ! Optimiste envers et contre tout, le Plan national d'alerte sur les antibiotiques a fixé un objectif chiffré en matière de réduction des consommations de -25% entre 2011 et 2016 !Les antibiotiques ne sont plus automatiques chez les enfants !Les années passent et toujours aucune baisse flagrante de la consommation d'antibiotiques chez l'adulte en vue. A noter, les prescriptions sont majoritaires chez les femmes : elles représentent 59,3% des consommateurs d'antibiotiques et les hommes 40,7%. Ce déséquilibre s'explique en grande partie par les infections urinaires, et notamment la plus courante d'entre elles, la cystite, dont la prévalence est beaucoup plus forte.Mais bonne nouvelle ! Du coté des enfants, la chute des prescriptions d'antibiotiques est impressionnante ces 15 dernières années. Deux explications à cela : « les pédiatres prescrivent relativement peu d'antibiotiques, précise Robert Cohen, moins que l'ensemble des spécialistes et les généralistes. De plus, le nombre de consultations pédiatriques a été divisé par deux voire 2,5 selon le type d'infections, malgré l'augmentation de la fréquentation des crèches, pourtant de formidables foyers de maladies infectieuses ». En chiffres, la prescription d'antibiotiques a été réduite de moitié en 2014 chez les moins de 14 ans (de 2111 px/1000/jours en 2000 à 1000 px/1000/jours) (1). Attention, la cible n'est pas « zéro prescription » car les antibiotiques sont souvent nécessaires, mais parvenir à diviser par deux la consommation de départ, un objectif désormais à porté de main chez les enfants.Antibiotiques, quand se surprotéger se retourne contre nous !Non seulement « plus de 50% des prescriptions d'antibiotiques chez l'homme sont inutiles mais elles sont dangereuses », affirme le Dr Robert Cohen : l'impact écologique de cette surconsommation d'antibiotiques est majeur : les bactéries deviennent de plus en plus résistantes, rendant ces antibiotiques de moins en moins efficaces. Il est d'ores et déjà très difficile de soigner certaines infections potentiellement graves comme les infections urinaires et les infections digestives du fait de l'émergence d'entérobactéries, très résistantes (comme Escherichia. coli) productrices de ß-lactamases à spectre étendu-) et pour quelques cas, il est devenu impossible de les traiter (infections survenant chez des malades sévères à l'hôpital, en réanimation ou en hématologie ou pour les patients atteint de mucoviscidose). Au point que l'Organisation Mondiale de la Santé, experts internationaux, responsables politiques notament en Grande Bretagne, placent ce péril pour l'humanité au même rang que le terrorisme ou le réchauffement climatique.Mais la résistance aux antibiotiques n'est pas le seul effet délétère à long terme des antibiotiques. On sait aujourd'hui que les antibiotiques peuvent modifier de façon durable les microbiomes, c'est à dire la génétique d'un microbiote qui désigne la flore bactérienne hébergée par les êtres vivants. Or ces modifications de flores peuvent favoriser la survenue de maladie comme les allergies, les maladies auto-immunes, l'obésité... Source : e-santéjournaliste scientifique,Hélène Joubert
Le point sur les affections intestinales et les brûlures d'estomac
Les problèmes gastro-intestinaux comptent parmi les maladies les plus courantes. Et sans conteste, les plus fréquents sont les brûlures d'estomac et les inflammations de la muqueuse gastro-intestinale (gastrites). Viennent ensuite les ulcères, les dyspepsies et le syndrome du côlon irritable, mais les constipations et les diarrhées font aussi partie des affections de l'intestin les plus souvent rencontrées. Quels sont les symptômes, les causes, les traitements ? Est-ce grave ? Quand consulter ? Comment les éviter ? Faisons le point sur les deux premières. Les brûlures d'estomac : l'affection gastro-intestinale numéro 1 Les brûlures d'estomac (reflux gastro-oesophagien) sont dues à des remontées acides liées à un dysfonctionnement du sphincter gastro-oesophagien (régurgitations contenant des sucs gastriques). Ce reflux provoque des sensations de brûlure, parfois jusque dans l'oesophage, voire la gorge et la cavité buccale.Parmi les autres symptômes : Outre des régurgitations et des brûlures gastro-oesophagiennes, douleurs épigastriques, sensations de lourdeur après les repas, enrouement, voix rauque. Symptômes non spécifiques : toux chronique, nausées, troubles du sommeil, exacerbation des crises d'asthme, bronchites chroniques. C'est grave ? Quand consulter ?Un reflux ponctuel est sans gravité. En revanche, si les symptômes sont intenses ou si les reflux deviennent fréquents, il faut consulter son médecin afin d'en identifier l'origine et mettre en place une prise en charge adaptée (alimentation, médicaments qui neutralisent les sucs gastriques ou inhibent leur sécrétion). À défaut, le reflux peut devenir chronique et dans certains cas favoriser le développement d'un cancer. Pour prévenir et atténuer les brûlures d'estomac Alimentation riche en protéines, en fibres et pauvre en graisses ; moins de sucre, de café et pas d'alcool, facteurs favorisant la production d'acides ; éviter les plats acides et pimentés ; éviter le chocolat, la menthe, les oignons, l'ail, le thé ; réduire le sel ; fragmenter les repas ; ne pas se coucher et éviter les positions voûtées après les repas ; effectuer des promenades digestives ; boire un grand verre d'eau en cas de douleurs aiguës. Éviter les compressions de l'abdomen (vêtement serré, ceinture) ; lutter contre le surpoids. Arrêt du tabac, facteur qui fragilise les muscles et favorise le reflux. Pratiquer une activité physique. Gestion du stress. Dormir en position torse surélevé. Traiter toute infection de la muqueuse gastrique due à Helicobacter pylori. L'inflammation de la muqueuse gastro-intestinale (gastrite) Très courante sous sa forme chronique, surtout après 50 ans, la gastrite est le plus souvent liée à une infection bactérienne de l'estomac due à Helicobacter pylori. Il peut aussi s'agir d'une inflammation auto-immune (réaction de l'organisme contre ses propres constituants) ou à une agression chimique : médicaments, alcool, tabac... Le stress semble aussi jouer un rôle.Les symptômes sont peu spécifiques : sensation d'oppression gastrique et douleurs abdominales accompagnées d'une perte d'appétit, de nausées, vomissements, ballonnements, brûlures d'estomac.C'est grave ? Quand consulter ?La gastrite induite par Helicobacter pylori peut se compliquer en ulcère gastro-duodénal, plus rarement en carcinome dans l'estomac ou, encore plus rarement, de saignements gastro-intestinaux pouvant entraîner anémie et fatigue intense. Le traitement de la gastrite chronique dépend de son origine et repose sur les antibiotiques en cas de gastrite bactérienne. En complément, des médicaments peuvent être prescrits pour neutraliser les sucs gastriques ou inhiber leur sécrétion. Parallèlement, tout médicament irritant la muqueuse gastrique est à proscrire, comme certains analgésiques.La prévention : lutter contre le stress, réduire la consommation d'éléments favorisant la sécrétion de suc gastrique (alcool, tabac, agrumes, café...).Enfin, en cas de prise d'analgésiques au long cours, en discuter avec son médecin. Source : e-santé Isabelle Eustache
3 min
Diabète de type 2 : l'équilibre glycémique, c'est bon pour le coeur !
Apéritifs, tentations gourmandes.... pendant l'été, l'important est de se faire plaisir, sans pour autant laisser sa glycémie s'emballer ! Surveiller son diabète comme le lait sur le feu, c'est même crucial pour prévenir au mieux les conséquences cardiovasculaires liées à cette maladie chronique. Une étude décisive vient enfin d'en apporter la preuve.Surveiller son taux de glycémieLimiter le risque de faire un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral, c'est possible chez la personne souffrant d'un diabète de type 2. Car lorsqu'on est diabétique, le risque de maladie cardiovasculaire est trois fois plus élevé que pour le reste de la population. Et si votre médecin vous a fixé un objectif glycémique personnalisé, matérialisé par un pourcentage d'Hba1c (ou hémoglobine glyquée), c'est justement pour tenter de reculer l'apparition de ces complications diabétiques. On connaissait depuis longtemps l'intérêt de coller à cet objectif glycémique -le plus strict possible, en visant dans l'idéal la valeur de 6,5% d'Hba1c - pour limiter les dégâts qu'occasionne un taux de sucre trop élevé dans le sang vis-à-vis des complications dites microangiopathiques du diabète c'est-à-dire au niveau du rein (néphropathie), des yeux (rétinopathie) et des nerfs (neuropathie). Mais la preuve formelle vis-à-vis des complications qualifiées de macroangiopathiques (concernant le système cardiovasculaire), se faisait attendre.Equilibrer son diabète pour protéger sa santé cardiovasculaire !C'est chose faite avec la parution d'une étude très attendue et qui a fait le buzz au congrès américain de diabétologie (ADA, Boston, 5-9 juin 2015). L'étude VADT (Veterans Affairs Diabetes Trial)* démontre qu'un équilibre strict du diabète au long cours permet de réduire le risque d'infarctus du myocarde, de maladies du coeur, d'accident vasculaire cérébral et d'insuffisance cardiaque. Cette étude a suivi, pendant près de 10 ans, des hommes qui souffraient au préalable de maladies cardiovasculaires. Ceux qui étaient parvenus à contrôler leur glycémie le plus proche de 6,5% s'en sortaient le mieux, avec un meilleur avenir cardiovasculaire. Leur risque d'infarctus du myocarde, d'accident vasculaire cérébral, d'aggravation d'une insuffisance cardiaque etc. était de près de 20% inférieur comparé à ceux qui laissaient grimper leur taux d'HbA1c.Quel taux de sucre sanguin optimal ?Tirant les leçons de VADT, le Dr Jean-Pierre Riveline, du Centre Universitaire du Diabète et de ses Complications à Hôpital Lariboisière (Paris) estime que « l'idéal est de viser un taux de sucre dans le sang (un objectif glycémique) de 6,5% d'Hba1c. C'est grâce à un taux bas comme celui-ci que l'on est protégé sur le plan cardiovasculaire, au moins à une échéance de dix ans (la durée de l'étude VADT). Une preuve d'autant plus solide que les hommes inclus dans l'étude étaient particulièrement fragiles car ils avaient déjà eu des ennuis cardiovasculaires ». Si maintenir un taux de sucre bas les protège, alors ce ne peut être qu'encore plus bénéfique chez ceux qui sont en bonne santé cardiovasculaire ! « Bien entendu, poursuit le diabétologue, la valeur optimale de la glycémie doit être adaptée à chacun et à certains critères de fragilité (âge, ancienneté du diabète, certaines complications cardiaques etc.), mais l'étude VADT rappelle qu'il ne faut pas être laxiste pour autant ! » En pratique, lorsqu'on a fait un infarctus du myocarde récent ou que l'on est insuffisant cardiaque, opter pour un objectif glycémique de 8% d'Hba1c est plutôt raisonnable. Mais pour l'ensemble des diabétiques de type 2, il ne faut pas hésiter à viser bien plus bas, car un taux de sucre dans le sang de 6,5% d'Hba1c s'avère largement protecteur sur le long terme. Y compris pour les personnes diabétiques qui ont déjà eu des alertes cardiovasculaires (infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral ancien), voire une maladie rénale légère à modérée.En pratique, comment surveiller sa glycémie ?Pour les personnes qui ont du mal à équilibrer leur glycémie au quotidien ou ceux traités par des injections d'insuline, le médecin peut prescrire un appareil d'auto-surveillance glycémique, afin qu'elles prennent conscience de l'évolution de leur taux de sucre selon les repas, l'heure de la journée, leur activité physique... Pour les autres, le dosage sanguin trimestriel de l'HbA1c suffit, à condition de suivre au jour le jour les conseils du médecin et du nutritionniste.Alors cet été, quelques écarts sont permis mais garder le cap vis-à-vis de la glycémie est l'une des garanties pour une bonne prévention des maladies cardiovasculaires. « Néanmoins, cela ne suffit pas, ajoute le Dr Riveline, et il faut aussi contrôler la tension artérielle et les lipides comme le cholestérol ou les triglycérides et bien sûr... arrêter de fumer ». Source : e-santéHélène Joubert
Sexualité : quand les médicaments s'en mêlent
L'apparition de troubles sexuels avec un nouveau traitement prescrit n'est pas si rare. Car, parmi les médicaments courants pouvant interférer avec la sexualité se trouvent les antidépresseurs et certains antihypertenseurs... Pas d'inquiétude pour autant, ces troubles ne sont pas systématiques et sont réversibles ! Il suffit d'en parler à son médecin.Sexualité perturbée... et si c'était mon médicament ?Libido affaiblie, érection et éjaculation perturbées, lubrification vaginale insuffisante... chez l'homme comme chez la femme, les effets indésirables de certains médicaments sur la sexualité - appelés " iatrogénie médicamenteuse", en l'occurrence sexuelle ici - sont loin d'être anecdotiques. « Le problème est considérable puisque cela concerne des molécules dont la prescription est massive, telle que les antidépresseurs ou certains antihypertenseurs, avertit le Pr François Giuliano, urologue du Département de Médecine Physique et de Réadaptation à l'hôpital Raymond Poincaré (Garches) et co-auteur du chapitre sur la « iatrogénie sexuelle » du rapport de l'Association Française d'Urologie (1). Mais pas question cependant de stopper net son traitement. C'est pourtant parfois le cas -observé notamment avec les antihypertenseurs- car entre sexualité et respect de l'ordonnance, certains ont déjà choisi, au détriment de thérapeutiques pourtant indispensables. Ils s'exposent alors à de graves conséquences en psychiatrie ou dans le contexte de maladies cardio-vasculaires ». Seul le médecin pourra distinguer si les troubles sont dus à la maladie elle-même ou à la molécule prescrite. Dans ce dernier cas, il pourra la plupart du temps substituer un médicament par un autre, tout aussi efficace mais qui n'affectera pas la sexualité. Troubles sexuels: le top 5 des médicaments impliquésLes antidépresseurs sont les premiers pourvoyeurs de troubles sexuels. Ceux appelés "inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine" (citalopram, fluoxétine, fluvoxamine, paroxétine, sertraline...) ou "inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline" (venlafaxine...) peuvent causer une dysfonction érectile (jusqu'à 25% des hommes selon certaines études), des troubles de l'éjaculation et, dans les deux sexes des troubles de l'orgasme et du désir. Une étude espagnole chez 1022 participants traités par ces deux types d'antidépresseurs a retrouvé des troubles sexuels chez 59,1% d'entre eux (2).Les antihypertenseurs sont des fauteurs de troubles de l'érection, mais pas tous. Seuls les diurétiques thiazidiques (dihydrochlorothiazide, bendrofluméthiazide, hydrofluméthiazide, indapamide) doublent le risque de dysfonction érectile (17% au lieu de 8% sous placebo). « L'hypertension artérielle (HTA) est un facteur de risque en soi de dysfonction érectile, souligne le Pr Giuliano. Si on ajoute en plus un médicament qui produit cet effet secondaire, on s'expose alors à accroître le trouble sexuel. La dysfonction érectile concernerait entre 0 et 25% des hommes traités par antihypertenseurs ». Les antihypertenseurs bêtabloquants augmenteraient le risque de troubles du désir chez la femme. Difficile néanmoins d'imputer le trouble sexuel à la seule molécule ou à l'hypertension artérielle... Les neuroleptiques, utilisés en psychiatrie (schizophrénie, troubles bipolaires, insomnie, anxiété etc), ne sont pas en reste : dysfonction érectile chez l'homme, troubles du désir ou de la lubrification chez la femme sont signalés. Les neuroleptiques qui élèvent le taux de prolactine (olanzapine, risperidone, haloperidol, clozapine, thioridazine) entraînent plus d'effets secondaires sexuels (dans 40-60% des cas). A noter, là aussi le piège est d'attribuer ces symptômes à la maladie psychotique traitée, qui peut elle aussi perturber la sexualité. Les antalgiques de niveau 3 - analgésiques opiacés ou opioïdes comme la morphine- sont également potentiellement délétères à des degrés divers sur les fonctions sexuelles, à l'origine principalement d'une libido en baisse dans les deux sexes. Antalgique de niveau 2, le tramadol, présent dans de nombreuses spécialités antalgiques, retarde l'éjaculation.Les traitements de l'hypertrophie bénigne de la prostate contrarient fortement la sexualité. Parmi les alphabloquants, la tamsulosine (le plus prescrit en France dans cette indication) et la silodosine peuvent être responsables d'une absence d'éjaculation (jusqu'à 28 % pour la silodosine) et altèrent la qualité de vie sexuelle. Les inhibiteurs de 5alpha-réductase (finastéride, dutastéride) peuvent, quant à eux, être responsables de dysfonction érectile, de troubles de l'éjaculation et du désir.La sexualité perturbée par un effet anti-hormonalDans la pharmacopée anticancéreuse, le désir sexuel est considérablement affaibli par l'hormonothérapie. Il s'agit des agonistes de la LH-RH (chez la femme non ménopausée ils stoppent la fabrication des oestrogènes par les ovaires) et les antiandrogènes chez l'homme ayant un cancer de la prostate. « La diminution du désir est importante chez ces hommes, c'est une castration pharmacologique, précise l'urologue, l'un de ces traitements est d'ailleurs indiqué dans le traitement des délinquants sexuels. De plus, leur risque de dysfonction érectile est élevé ». Effet similaire pour le tamoxifène utilisé dans le cancer du sein. Il diminue souvent le désir (dans 44% des cas) et provoque dans près de 50% des cas des douleurs lors de la pénétration (dyspareunies) associées ou non à une sécheresse vaginale (45% des cas).Cet effet anti-hormonal négatif sur la fonction érectile et le désir se retrouve aussi avec d'autres molécules comme la spironolactone prescrite dans l'hypertension artérielle, avec l'antifongique kétoconazole, avec les oestrogènes ainsi que la progestérone et les corticostéroïdes (dans les maladies pulmonaires et rhumatologiques)[.A l'inverse, certaines croyances ont la vie dure ! Les bétabloquants, utilisés dans les affections cardiaques, ont mauvaise presse. A tort car leurs effets sur la fonction sexuelle sont minimes. Source : e-santéHélène Joubert
Comment éviter le rebond de l'acné en rentrant des vacances ?
Sous le soleil, la personne acnéique vit une accalmie. La peau asséchée, bronzée... on finirait presque par croire à la disparition prochaine de cette dermatose. Mais la lune de miel estivale se paie au prix fort. Conseils pour limiter la recrudescence des boutons d'acné à l'automne.Acné, le triple effet du soleilLe risque de poussée acnéique au retour des vacances est une préoccupation légitime pour les 15 millions de français concernés, des adolescents pour la plupart, mais aussi 20% des femmes adultes. S'il n'existe pas de chiffres sur la réalité de cette acné "post-exposition" au soleil, les dermatologues le constatent à chaque rentrée.En soi, le soleil ne provoque pas l'acné. Globalement, il l'améliore même, grâce à trois processus. D'une part, il assèche l'hyper-séborrhée, soit l'écoulement trop important de sébum. D'autre part, il freine la prolifération de la bactérie responsable de l'acné (propionibacterium acnes), présente naturellement dans les glandes de la peau. A noter, si les formes rétentionnelles d'acné (comédons et points blancs, appelés microkystes) dépendent de la nature de la peau et des hormones, le passage vers les formes inflammatoires de la maladie (boutons rouges, appelés papules) est dû à la pullulation de ce microbe. Troisième phénomène estival, les ultraviolets (UV) tout particulièrement de type A induisent un épaississement de l'épiderme. A la fin de l'été, cette couche superficielle de la peau épaissie contribue mécaniquement à la formation de nouveaux comédons : le soleil disparu, les glandes sébacées s'ouvrent à nouveau, et c'est en général vers septembre-octobre que l'on constate des poussées acnéiques. Ce rebond frappe indistinctement les personnes acnéiques ou à tendance acnéique, qu'elles souffrent d'acné rétentionnelle ou inflammatoire (la plupart a une acné mixte). C'est plutôt la vulnérabilité de chacun qui entre en ligne de compte. « C'est pourquoi en octobre je revois systématiquement les patients qui ont terminé leur traitement anti-acnéique à la fin du printemps, explique le Pr Brigitte Dréno, chef de service de dermatologie et directeur de l'Unité Thérapie Cellulaire et Génique (CHU de Nantes), membre du Groupe Expert Acné (GEA). Car s'ils doivent refaire une poussée acnéique, ce sera à ce moment là. »Ne pas confondre avec l'acné de MajorqueSi ce rebond des boutons survient sur des peaux déjà acnéiques ou qui l'étaient encore il y a peu, une autre forme, bien plus rare, peut surgir sans crier gare. C'est « l'acné de Majorque », du nom de l'île des Baléares. Une sudation accrue par les glandes sudoripares eccrines, sur des peaux hyperséborrhéiques même légèrement, crée alors une réaction inflammatoire brutale. Cette pseudo-acné n'a rien à voir avec une allergie au soleil, « ce sont des folliculites, c'est-à-dire l'inflammation de follicules pileux, détaille le Pr Dréno. Elles sont souvent localisées sur le visage, le décolleté et les épaules. Femmes, hommes, adolescents... n'importe qui peut être touché ». Contrairement à la véritable acné, les lésions cutanées de cette acné « solaire » ou « estivale » régressent spontanément en quelques semaines.Comment prévenir le rebond de l'acné ?L'idéal, lorsque l'on termine un traitement de l'acné avant l'été, est de poursuivre des soins d'entretien pendant la période juillet-août-septembre. Tout dépend de la fragilité de la peau, mais la dermatologue préconise deux approches : « l'application d'un rétinoïde topique est parfait pour éviter la formation à l'automne de ces nouveaux comédons liés à l'épaississement de la peau. En revanche, lorsque la peau est trop fragile, je conseille plutôt une crème hydratante le matin en privilégiant les cosmétiques contenant de l'acide salicylique ou des acides de fruits. Ces produits peuvent être suffisants pour lutter contre les micro-comédons et seront parfois mieux tolérés que les rétinoïdes en crème ». Mais se protéger du soleil est bien entendu la première des garanties, comme s'enduire de couches épaisses de crème au minimum SPF30+ non comédogène, se couvrir au moyen de chapeau et vêtements, fuir le soleil estival entre 12h et 16h etc. Quant à ceux qui poursuivent leur traitement pendant l'été, attention au risque de photosensibilisation, principalement sous doxycycline et isotrétinoïne orale.Sites utiles :http://dermato-info.fr/article/Acne/Les_traitements Source : e-santéHélène Joubert
Jambes lourdes : comment soulager ?
En cas d'insuffisance veineuse, les veines tendent à se dilater et le sang à stagner dans les membres inférieurs. Ce problème de circulation retour est responsable des jambes lourdes : pesanteur dans les jambes, fourmillements, tension, gonflement des chevilles et des pieds, etc.Connaître les facteurs aggravants et inversement est un atout non négligeable. Ensuite, l'application de mesures préventives au quotidien peut apporter un certain soulagement aux personnes souffrant de jambes lourdes. $$Jambes lourdes : les facteurs aggravants$$ Les lourdeurs dans les jambes sont exacerbées par la station debout prolongée, la chaleur, la fatigue et la sédentarité.L'hérédité et l'excès de poids sont des facteurs prédisposants.La contraception orale, mais aussi le tabac et l'abus d'alcool amplifient le phénomène. Les conseils qui soulagent et préviennent les jambes lourdes A éviter : Les stations debout prolongées et les piétinements sur place.Les talons hauts.Les chaussettes et les pantalons trop serrés et les bottes hautes serrant le mollet.La contraception hormonale (il faut en discuter avec son médecin ou son gynécologue).La chaleur : bannir l'épilation à la cire trop chaude, se méfier des douches et des bains trop chauds, éviter les saunas, les expositions au soleil et jamais de bouillotte sur les jambes. Pour soulager les jambes lourdes : Position allongée les jambes surélevées.Pour dormir, pieds du lit surélevés (10 cm environ).Massages doux dans le sens du retour veineux, soit en partant des pieds, car ils aident le retour veineux. En revanche, éviter tout massage agressif.Appliquer un jet d'eau fraiche sur les jambes en partant des pieds pour ensuite remonter.Exercer une activité physique régulière bénéfique au retour veineux : la marche, mais aussi la natation, le vélo, la gymnastique au sol. Exercices bénéfiques à domicile : allongé sur le dos, mouvements de pédalage ou de cercles jambes tendues. Inversement, éviter tous les sports accentuant la pesanteur au niveau des jambes, c'est-à-dire ceux où dominent les sauts répétés, les départs et les arrêts brusques : tennis, ping-pong, jogging, squash, escrime, volley-ball, etc. A chaque occasion, prendre les escaliers, en posant initialement le talon sur la marche et non la pointe des pieds.En cas de position prolongée assise ou debout, faire des pauses pour marcher et réaliser des mouvements de flexion du pied.Perte de poids en cas d'excès pondéral.Lutter contre la constipation, laquelle est préjudiciable au bon fonctionnement de la circulation veineuse. Côté alimentation et boissons : Sont déconseillés : les épices, le café, le thé, le vin blanc et le champagne.Diminuer la consommation de sel afin de limiter les phénomènes de rétention d'eau.Boire régulièrement de l'eau de manière fractionnée dans la journée.Si ces conseils n'améliorent pas la situation, il faut consulter son médecin pour bénéficier de conseils personnalisés et d'une prise en charge adaptée. Source : e-santé Dr Philippe Presles
4 min
Le tabac multiplie par 4 le risque de faire une grippe !
Etre fumeur en période d'épidémie grippale, fait prendre de grands risques : la probabilité d'attraper la grippe quand on est fumeur est multipliée par 4.Le tabagisme double le risque de contracter une infection respiratoire et favorise les complications. Les fumeurs n'échappent pas à la grippe Inhalée, la fumée de cigarette diminue les capacités de défense des voies respiratoires contre les agressions extérieures, particulièrement lorsqu'elles sont virales ou bactériennes. La fonction d'épuration microbienne de l'appareil broncho-pulmonaire devenant moins performante, le fumeur présente un plus grand risque d'être touché par la grippe.Globalement, il a été démontré que fumer double le risque d'infections respiratoires, dont la grippe, particulièrement en période d'épidémie. Et parmi les personnes non vaccinées le tabagisme multiplie par 4 la probabilité de développer une grippe.Or on sait que le nombre de sujets vaccinés est proportionnellement plus faible parmi les fumeurs : 16% des fumeurs se sont déjà fait vacciner, contre 30% des anciens fumeurs, et 54% des non-fumeurs... Les complications de la grippe sont aussi plus fréquentes chez les fumeurs... En altérant la fonction d'épuration, le tabac accentue également la colonisation bactérienne par certains microbes (Haemophilus influenzae, pneumocoque). Les surinfections par les bactéries faisant généralement partie de la gravité d'une grippe, le tabagisme tend à faire évoluer l'infection grippale vers des complications.Par ailleurs, soigner une grippe, compliquée ou non, est incompatible avec la poursuite d'un tabagisme pendant 3 à 5 jours. Autant arrêter de fumer dès maintenant et éviter ainsi, d'une part la grippe, et d'autre part ses complications ! Source : e-santé Isabelle Eustache
1 min
Hémorroïdes, les solutions existent
Les hémorroïdes correspondent à des sortes de varices au niveau de l'anus à l'origine de douleurs mal placées, voire de saignements.Avant d'en arriver aux solutions plus chirurgicales, certaines mesures peuvent contribuer à espacer les crises d'hémorroïdes, notamment la lutte contre la constipation. Les hémorroïdes : douleurs et saignements Les douleurs induites par les hémorroïdes sont dues à une augmentation de l'afflux sanguin dans les veines du rectum et de l'anus. Ce phénomène peut s'observer lors de la grossesse, mais également lors de la constipation en raison des efforts répétés pour expulser les selles, ou encore à la suite du port de charges lourdes, voire lors de sports demandant des efforts violents.Il existe d'autres facteurs de risque des hémorroïdes : les positions debout prolongées, le surpoids, certains aliments et certaines boissons (épices, alcool, café ...), etc. Contre les hémorroïdes, commencez par traiter la constipation ! La prévention des crises d'hémorroïdes repose sur la correction autant que possible de ces facteurs de risque. Il est donc recommandé d'éviter les aliments irritants (piment, moutarde, café, alcool ...), de porter de lourdes charges, etc. Mais surtout, la prévention et le traitement des hémorroïdes consistent essentiellement à lutter contre la constipation.Voici les quatre principaux grands conseils que l'on peut donner aux personnes qui souffrent de ces varices spéciales : augmenter les fibres alimentaires (fruits frais, légumes cuits, céréales complètes), pratiquer une activité physique régulière, boire beaucoup d'eau, prendre ponctuellement un laxatif doux si nécessaire. Les autres solutions anti-hémorroïdes Si résoudre le problème de constipation ne permet pas d'obtenir un soulagement suffisant, d'autres solutions doivent être tentées comme les antalgiques et les veinotoniques. C'est seulement en dernier recours qu'une opération chirurgicale s'imposera.On dispose de plusieurs techniques opératoires, selon les cas et notamment en fonction de la localisation de l'hémorroïde (interne ou externe) : la ligature de l'hémorroïde (ainsi coupée de circulation sanguine, elle rétrécit puis tombe en quelques jours), l'injection sclérosante (sclérothérapie avec injection d'un produit durcissant l'hémorroïde puis provoquant sa rétraction), la coagulation par laser, rayons infrarouges ou électrocoagulation (l'hémorroïde se rétracte sous l'effet de la chaleur), l'hémorroïdectomie en dernier recours (ablation chirurgicale de l'hémorroïde). Source : e-santé Dr Philippe Presles
2 min
Orthodontie : quel type d'appareil invisible pour les ados et le jeune adulte ?
L'orthodontie est une discipline qui a considérablement progressé. Avec les dernières innovations technologiques, les appareils sont de plus en confortables et toujours plus discrets. Il existe même aujourd'hui deux types d'appareils invisibles destinés à l'adulte, mais de plus en plus demandés par les ados pour lesquels l'apparence est primordiale.Orthodontie : à l'adolescence, l'apparence avant toutArborées avec fierté par les enfants, les attaches fixées sur la face externe des dents qui composent l'appareil d'orthodontie rebutent les adultes. C'est pour eux que les appareils invisibles ont été développés car associés à une moindre altération de l'image.Aujourd'hui les ados aussi sont demandeurs d'appareils invisibles. En effet, « l'adolescence est une période parfois psychologiquement difficile à passer, durant laquelle l'apparence est importante ».Que faut-il savoir sur l'orthodontie invisible ? Quels sont les avantages et les inconvénients à considérer ?Deux techniques d'orthodontie invisibleDeux techniques invisibles peuvent aujourd'hui être proposées :La technique linguale qui consiste à fixer les attaches non pas sur la face externe des dents mais derrière les dents.La gouttière transparente également appelée « aligneur ».Selon chaque cas et en accord avec le patient, c'est l'orthodontiste qui choisit le traitement le plus adapté. En moyenne, chez l'adulte, la durée du traitement varie de 12 à 36 mois selon la complexité.En effet, « il ne s'agit pas uniquement de redresser les dents mais également d'améliorer certaines fonctions et de corriger des décalages entre les mâchoires », précise la Fédération Française d'Orthodontie, d'où l'utilisation fréquente complémentaire « d'auxiliaires », comme des élastiques ou des « minivis », sortes d'implants transitoires permettant des déplacements dentaires complexes.La technique lingualeLes attaches ne se voient pas puisqu'elles sont positionnées derrière les dents.Cette technique est plus coûteuse que l'orthodontie classique avec attaches sur le devant.L'inconfort est un peu plus important car la langue peut être plus facilement blessée.Le brossage est moins aisé alors qu'il doit être encore plus minutieux.Les contraintes alimentaires sont les mêmes, visant à ne pas décoller les attaches.À savoir enfin : les attaches linguales ne sont proposées qu'aux ados dont les dents définitives sont déjà bien en place hormis les dents de sagesse.Les gouttièresCe sont des gouttières transparentes en résine fabriquées sur mesure par un laboratoire extérieur. Posées sur les dents, elles les déplacent progressivement. Elles se changent tous les 15 jours.Elles sont quasiment invisibles.Cette technique est plus coûteuse que l'orthodontie avec attaches traditionnelles visibles, d'autant plus que les gouttières doivent être renouvelées souvent.Cette méthode est très confortable comparée à l'orthodontie avec attaches. Elle s'adresse à des enfants de plus de 12-13 ans car il faut qu'un certain nombre de dents définitives soient présentes.Les gouttières doivent être portées jour et nuit, pendant au moins 20 heures par jour, parfois avec des élastiques en plus.Le brossage des dents est facile puisqu'il se fait après avoir ôté la gouttière.L'alimentation également puisque l'on enlève sa gouttière pour manger.Il faut impérativement remettre sa gouttière après s'être lavé les dents afin d'éliminer tous les débris alimentaires.Pas de risque de décoller les attaches.En raison de l'aspect amovible des gouttières, le patient doit être sérieux et impliqué. Pour cela il doit être bien informé des avantages et des contraintes. En effet, il doit les porter comme l'indiqué l'orthodontiste, sans les oublier au risque de faire échouer le traitement, ne pas les perdre ou les casser.Quelle prise en charge chez l'ado et l'adulte ?L'Assurance maladie ne prend en charge les soins d'orthodontie que jusqu'à l'âge de 16 ans.Chez l'adulte, ils ne sont pris en charge que s'ils comprennent une phase chirurgicale et seulement le premier semestre de soins.En moyenne, l'orthodontie est plus chère chez l'adulte que chez l'enfant. Il faut demander un devis et un plan de traitement.Certaines complémentaires santé prennent en charge la part non remboursée par l'Assurance maladie.Pour en savoir plus Fédération française d'orthodontie : www.orthodontie-et-vous.fr Source : e-santéIsabelle Eustache
Une mauvaise respiration peut déclencher une phobie
Nos émotions ont une action sur notre respiration. Détendus, nous respirons lentement et tranquillement. Stressés, notre respiration s'accélère et se fait plus superficielle. En sens inverse, notre manière de respirer influence nos émotions. Nous pouvons donc apprendre à respirer de manière à nous détendre ou bien, mal respirer et augmenter nos angoisses et la phobie. Alors, comment faire pour bien respirer ? Bien respirer ou mal respirer, à quoi ça correspond ? La bonne respiration est une respiration abdominale. Elle consiste à contracter le diaphragme, gros muscle situé au bas de notre cage thoracique. En se contractant, le diaphragme augmente le volume des poumons afin d'aspirer l'air. Et comme ce diaphragme descend, il masse les organes du ventre en les repoussant vers le bas. On parle donc parfois de respiration ventrale car le ventre se gonfle au moment de l'inspiration. Cette respiration nous détend, nous relaxe et nous fait du bien. Mal respirer, c'est respirer avec le haut du thorax. Cette respiration haute devrait normalement être pratiquée en complément de la respiration abdominale, quand nous avons besoin de davantage d'air. Or, chez certains, par moments, elle devient la respiration principale. Comment la respiration peut créer des angoisses La respiration haute est moins facile, moins aisée, car l'air a plus de mal à ressortir qu'en respiration ventrale où l'expiration est aidée par les muscles abdominaux. Si vous respirez uniquement avec le haut du thorax, il en résulte une sensation d'oppression, de blocage, voire d'étouffement. Cette sensation désagréable peut entraîner une angoisse. Et cette angoisse accentue la respiration haute qui accentue l'oppression. Un cercle vicieux s'installe. Vous pouvez en arriver à la crise d'angoisse ou crise de panique. La crise de panique et la phobie Une crise d'angoisse, par définition, c'est angoissant. Une personne atteinte peut éprouver une sensation de mort imminente, un malaise très profond. Et quand la crise est finie, elle a peur qu'elle revienne. Or, la peur d'être mal, l'anticipation négative, est typique des phobies. La phobie est aussi liée à l'environnement. Nathalie, naturellement angoissée, respire mal. Et dès qu'elle voit un chat, animal qu'elle n'aime pas, sa respiration se fait encore plus haute, déclenchant davantage d'angoisse. Ainsi, face à un chat, survient une crise d'angoisse. La phobie est enclenchée : chaque fois que Nathalie verra un chat, elle respirera mal, et déclenchera une nouvelle crise. Et même lorsqu'elle a seulement peur de croiser un chat, une crise d'angoisse peut survenir. Que faire en cas de phobie ? Apprendre à bien respirer, respirer de manière ventrale, est donc une arme contre l'anxiété et les phobies. Ce n'est bien sûr pas la seule arme que la psychothérapie peut nous proposer, mais c'en est une puissante. Des méthodes intègrent l'apprentissage de la respiration et contribuent à calmer les angoisses : la cohérence cardiaque, la relaxation, le training autogène, le yoga, la sophrologie, le mindfullness ou méditation de pleine conscience... Autant dire que cet apprentissage de la bonne respiration peut être bénéfique à chacun d'entre nous. Car même sans phobie, nous avons tous des moments de stress ou d'anxiété et une méthode simple peut être d'une aide intéressante. Source : e-santé Dr Catherine Solano
3 min
Quand la gastro nous tient
Appelée autrefois " grippe intestinale ", la gastro-entérite apparaît généralement en hiver sous forme d'épidémie. Elle touche souvent les collectivités, dont les écoles, et plusieurs membres d'une même famille.Maladie très contagieuse, il est nécessaire de respecter quelques règles d'hygiène très simples, dont la chasse aux mains sales.Comment se transmettent les gastro-entérites ?D'origine virale ou bactérienne, les symptômes de la gastro-entérite sont bien connus : diarrhées aiguës et crampes abdominales d'apparition brutale, parfois accompagnées de nausées, de vomissements, de fièvre et de courbatures.Le respect de quelques règles d'hygiène élémentaires permet de prévenir cette affection qui peut être d'origine virale ou bactérienne.Gastro-entérite d'origine virale : les mains salesLes microbes étant véhiculés par les matières fécales, l'infection se transmet par les mains sales. Ainsi, on peut être contaminé en touchant une poignée de porte, particulièrement dans les lieux publics, ou en touchant un objet manipulé par d'autres, comme de l'argent ou de la nourriture. Les épidémies sont donc fréquentes dans les écoles car les enfants ne se lavent pas systématiquement les mains, notamment avant de passer à table. La pause sandwich est également en cause : les sandwichs du commerce ne sont pas avariés, mais ils sont dévorés les mains sales.Gastro-entérite d'origine bactérienne : les alimentsMoins fréquente mais plus sévère, le germe le plus souvent incriminé est la salmonelle présente dans les aliments (viandes, oeufs, produits laitiers...). En sont également responsables les shigelles, ou Campylobacter, transmis par le lait cru et les animaux domestiques, ainsi que les colibacilles présents dans la viande et le lait. Souvent spectaculaires, les gastro-entérites d'origine virale guérissent aussi généralement en quelques jours.Quel traitement contre la gastro-entérite ?Sans excès, un antispasmodique et un antidiarrhéique peuvent calmer les douleurs.Un régime anti-résidus (sans fibres) est conseillé : pas de légumes ni de fruits crus, pas de laitages ni de féculents excepté le riz. Il faut boire beaucoup, la déshydratation étant le principal danger de cette affection chez les jeunes enfants et les personnes âgées.Si malgré ce traitement les symptômes persistent avec notamment de la fièvre, il est nécessaire de consulter son médecin afin qu'il en recherche la cause, notamment alimentaire. Un bilan sanguin et une coproculture (examen des selles) vous seront prescrits afin d'y déceler l'éventuelle présence de salmonelles ou autres bactéries responsables d'intoxications alimentaires. Un antibiogramme sera alors établi pour définir le traitement antibiotique adéquat.Un antispasmodique, mais également un probiotique, pourront vous être prescrits.Un probiotique (produit à base de ferments lactiques : Lactobacillus casei, Lactobacillus acidophilus) peut également être préventif en période d'épidémie car il s'oppose à la pénétration des microbes tout en reconstituant la flore intestinale. Il aide donc l'organisme à se défendre tout en régulant le transit intestinal.Conseils de baseDès l'enfance, se laver soigneusement les mains en sortant des toilettes, avant de faire la cuisine et de passer à table.Ne jamais réutiliser sans les nettoyer des ustensiles ayant été mis en contact avec de la viande, du poisson ou des oeufs crus.Avant préparation ou consommation, lavez systématiquement les fruits et les légumes.Déjà atteint d'une gastro-entérite, couvrez votre nez à l'aide d'un masque avant de prendre un bébé dans vos bras. De plus, évitez les bisous durant quelques jours. Source : e-santéIsabelle Eustache
La langue aussi a ses maladies...
Notre langue aussi peut être l'objet de certaines affections particulières.Ulcérations, coloration particulière, excroissances, plaque blanchâtre... Que révèlent ces symptômes qui s'affichent sur notre langue ? Ulcérations et petites plaies sur la langueSe présentant sous la forme de petites plaies plus ou moins profondes, blanchâtres avec un pourtour rouge, sur la langue, mais aussi à l'intérieur des joues et sur les gencives, les aphtes sont très fréquents et douloureux.De nombreuses maladies virales peuvent aussi se manifester par de petites lésions sur la langue parfois très discrètes : rougeole, rubéole, mononucléose infectieuse, oreillons, herpès, varicelle, zona, voire plus grave, syphilis ou tuberculose.Les chimiothérapies peuvent aussi entraîner des ulcérations de la langue.En cas de persistance, il faut consulter.À savoir :Des prothèses dentaires mal adaptées peuvent créer des irritations, voire des ulcères. Que révèle une langue blanchâtre ?Candidose de la langueCette infection de la langue est liée à des champignons (mycose) comme le candida albicans, dont la prolifération se traduit par un enduit blanchâtre.La candidose survient plus souvent chez des personnes fragilisées (sida, diabète, personnes âgées, jeunes enfants...) mais aussi chez les asthmatiques utilisant des sprays de corticoïdes, les personnes souffrant d'asialie (absence de sécrétion de salive), portant un appareil dentaire, etc.Une bonne hygiène buccodentaire et dans certains cas un traitement antifongique permettent de guérir la candidose de la langue.Langue chargée ou langue saburraleLa langue saburrale est recouverte d'un enduit blanchâtre (la saburre) plus ou moins épais constitué de cellules mortes, de débris alimentaires et de bactéries.Elle apparaît lors de certains dérèglements digestifs associés à une infection avec de la fièvre, à la prise d'antibiotiques ou lors d'un traitement par neuroleptiques.La langue saburrale disparaît lors de la guérison de la maladie infectieuse ou à l'arrêt du traitement.Le lichen plan, des lignes blanches sur la langueSe manifestant par l'apparition de nombreuses petites lignes blanches sur la langue, les lèvres et à l'intérieur des joues, le lichen plan peut parfois aussi entraîner des petites ulcérations situées entre les lignes.Rarement, cela peut donner lieu à des lésions précancéreuses. Mieux vaut consulter pour établir un diagnostic (éventuellement effectué par biopsie).Le lichen plan se traite le plus souvent avec des corticoïdes. La langue noireCette couleur noire est associée à une mauvaise haleine en raison d'un développement bactérien.La langue noire est souvent liée à la prise de certains médicaments (notamment des antibiotiques), à une mauvaise hygiène buccodentaire, au tabac, à un usage abusif des bains de bouche à base d'eau oxygénée, à un dentifrice oxydant ou encore à une mycose.Il faut consulter afin d'identifier la cause et définir le traitement adéquat. La langue sèchePar manque de salive, la langue n'est plus assez humide.La langue sèche s'observe dans le syndrome de Gougerot-Sjögren et la sarcoïdose, mais certains médicaments peuvent aussi en être à l'origine (antidépresseurs, neuroleptiques), tout comme la radiothérapie du visage et du cou.La langue sèche est aussi un des symptômes de la ménopause.En cas de persistance, il faut consulter. La glossite, une inflammation de la langueUne glossite désigne une inflammation de la muqueuse de la langue associée à une douleur de la langue, un changement de couleur (rouge, blanc, noir) et à un gonflement. La glossite est généralement consécutive à l'ingestion de substances irritantes : tabac, alcool, épices, aliments trop chauds...La macroglossie, une augmentation du volume de la langueEn cas d'augmentation brutale du volume de la langue avec gêne respiratoire, il faut penser à une allergie (oedème de Quincke), qui nécessite un traitement en urgence avec injection de corticoïde.Si l'augmentation est progressive, le médecin recherchera diverses causes : glossite, morsure surinfectée, aphte, tumeur de la langue, hypothyroïdie, acromégalie, etc.Une langue rouge, lisse et brillante : glossite atrophique de Hunter ou anémie pernicieuseRare, une langue rouge et lisse peut être associée à un type d'anémie spécifique (anémie pernicieuse), ou encore à des carences en vitamine B1 ou en fer.Une langue lisse et brillante peut aussi révéler une glossite atrophique de Hunter caractérisée par la disparition des papilles filiformes, petites excroissances situées à la surface de la langue.Des douleurs, des picotements et des fourmillements : glossodynieTypiques des sujets déprimés ou anxieux, les glossodynies se manifestent par des douleurs et des paresthésies de la langue : picotements, fourmillements.Les tumeurs bénignes de la langue : kyste, lipome, papillomeLes tumeurs bénignes de la langue sont rares. Il peut s'agir :De kystes situés sous la langue, sortes de boules de taille très variable que l'on peut enlever en cas de gêne.De papillomes qui sont des verrues ou excroissances cutanées, causées par un papillomavirus humain, localisées ou disséminées dans la bouche. Attention, le papillomavirus peut se transmettre durant des rapports sexuels non protégés. Ces verrues ne nécessitent pas de traitement, mais le médecin peut choisir de les enlever.De lipomes qui sont également des tumeurs bénignes, sortes de masses sphériques, molles et indolores qui siègent sur le bord de la langue. Et si c'était un cancer de la langue ?$$ Fréquent, le cancer de la langue est susceptible d'entraîner les symptômes suivants :Lésions sur la langue qui ne guérissent pas.Plaque blanchâtre sur la langue qui tend à devenir dure.Gêne à la mastication, lors des mouvements de la langue ou lors de la toux.Petits ganglions à la base du cou.Saignements.Haleine fétide.Douleurs de l'oreille. On retiendra que toute lésion de la langue qui perdure au-delà de 3 semaines doit amener à consulter.Isabelle Eustache
Anévrisme de l'aorte, faut-il opérer ?
L'anévrisme de l'aorte est une dilatation d'un segment de cette artère.La rupture de la paroi trop distendue du vaisseau peut conduire à une hémorragie massive.Que faire pour lever cette épée de Damoclès ? Anévrisme de l'aorte, qu'est-ce que c'est ? L'anévrisme artériel est une dilatation de la paroi d'une artère qui peut aller jusqu'à constituer une poche de sang.Il n'entraîne aucun symptôme particulier, pourtant, lorsque celui-ci se dilate trop, la paroi du vaisseau peut venir à se rompre et provoquer un épanchement de sang.Lorsque l'anévrisme touche une artère principale telle que l'aorte, sa rupture peut provoquer une hémorragie majeure et entraîner une mort rapide. Anévrisme de l'aorte : qui est concerné ? Que risque t-on ? L'anévrisme de l'aorte abdominale, rarement diagnostiquée à temps, est la troisième cause de mortalité d'origine cardiovasculaire.Cette maladie est assez fréquente chez les personnes de plus de 60 ans (surtout les hommes) et chez les fumeurs et anciens fumeurs, et plus globalement, les personnes présentant des risques cardiovasculaires. Après 60 ans, ce sont 4 à 8% des hommes qui sont concernés par l'anévrisme de l'aorte et 1 à 3% des femmes.Si vous avez des antécédents familiaux d'anévrisme de l'aorte ou si vous fumez depuis longtemps et que vous avez plus de 50 ans, voyez avec votre médecin l'intérêt d'une prescription pour une échographie abdominale. Que faire lorsqu'on a décelé un anévrisme de l'aorte ? Du fait de l'absence de symptômes, les anévrismes de l'aorte sont découverts le plus souvent de manière fortuite lors d'un examen comme une échographie abdominale ou un scanner. La conduite à tenir va ensuite dépendre de la taille de l'anévrisme.Face à de grands anévrismes, la chirurgie s'impose sans attendre du fait du risque important de rupture et d'hémorragie interne.Face à de petits anévrismes (moins de 55 mm), il n'y a pas d'urgence opératoire.Deux stratégies peuvent alors être adoptées : Une thérapie chirurgicale immédiate. Une surveillance régulière par échographie ou scanner (tous les 6 mois). Cette surveillance peut être suivie d'un acte chirurgical en cas d'augmentation de taille de l'anévrisme ou d'apparition de symptômes. Un léger avantage pour la chirurgie Des études ont comparé ces deux méthodes en observant des patients de 50 à 79 ans souffrant de petits anévrismes de l'aorte abdominale.Toutes deux s'accordent à reconnaître un avantage à la chirurgie.En effet, après 8 ans de suivi, le taux de décès est diminué de 7,2 % chez les personnes opérées, malgré une mortalité un peu plus élevée au cours du mois suivant l'opération.A noter que l'arrêt du tabagisme, plus fréquent chez les personnes opérées, peut sans doute expliquer ce léger avantage... En quoi consiste l'intervention chirurgicale ? L'intervention chirurgicale consiste à remplacer la zone artérielle malade par une prothèse fixée sur les parties saines en amont et en aval.Il existe une autre alternative, l'intervention endovasculaire, moins invasive que la chirurgie ouverte, qui permet de renforcer la paroi de l'aorte pour éviter la rupture, en plaçant une endoprothèse vasculaire à l'intérieur de l'aorte. Dr Agnès Lara
3 min