Aller au contenu principal

En ce moment sur le Blog - Page 14

Santé, prévention, complémentaire santé, qualité de vie au travail, nutrition : ces sujets vous intéressent ?
On vous accompagne pour y voir plus clair à travers nos articles et dossiers spéciaux.

Placement en institution : comment faire face ?

Choisi ou subi, le placement en institution reste douloureux. Entre sentiment de culpabilité et difficultés financières, les familles ont du mal à prendre cette décision pour leurs parents âgés. Pourtant, sur le plan psychologique comme financier, des freins peuvent être levés. Michèle Guimelchain-Bonnet, psychologue et cofondatrice du Café des aidants, en dit plus. Seulement 2 Français sur 10 souhaiteraient placer un proche dans un établissement spécialisé s’il devenait dépendant. Selon l’étude réalisée en 2014 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), 29 % préféreraient accueillir leur proche chez eux, 30 % souhaiteraient s’en occuper à leur domicile et 22 % seraient prêts à consacrer une partie de leurs revenus pour lui payer des aides. Alors pourquoi tant de réticence à recourir aux maisons de retraite ? « Déjà parce que la personne elle-même n’a pas envie d’y aller : elle ne veut pas quitter sa vie et tous ses points de repère, explique Michèle Guimelchain-Bonnet, psychologue. Mais la décision est surtout difficile à prendre pour la famille, qui a souvent l’impression d’abandonner son proche dans un mouroir et éprouve un grand sentiment de culpabilité. » S’en remettre à une institution (maison de retraite, foyer de vie) serait en effet perçu comme une « privation de liberté », ainsi qu’un échec du maintien à domicile. Et ce n’est pas le seul frein. Le coût élevé des établissements (entre 2 000 et 2 500 euros par mois en province ; de 3 000 à 6 000 euros à Paris) explique aussi ce rejet, auquel s’ajoute la crainte de la maltraitance ou de l’isolement. Sans oublier le temps d’attente – allant de quatre mois à deux ans selon les régions – pour obtenir une place dans un établissement, et qui peut paraître très long pour les familles. Le placement en institution est donc plus souvent envisagé par les personnes les plus aisées (23 % contre 14 %). Une décision collégiale Le choix n’est cependant pas toujours possible. Dans beaucoup de cas, c’est la décision médicale qui s’impose : quand l’état de la personne se dégrade et qu’elle perd son autonomie physique ou mentale ; quand son environnement ne correspond plus à ses besoins (logement inadapté ou isolé, aides à domicile manquantes…) ; quand la sécurité de l’aidant et de l’aidé est en jeu… « Le changement est plus facile à accepter s’il intervient sur ordre médical, note la psychologue. Les familles se rendent compte qu’elles ne peuvent pas tout assumer et se rallient à l’avis du médecin. » L’idéal est évidemment de ne pas attendre une situation d’urgence (décès d’un des conjoints, chute…) pour prendre cette décision, afin d’éviter tout choix précipité et déchirements familiaux. Pour Michèle Guimelchain-Bonnet, l’aide de professionnels est indispensable pour aider à passer ce cap. « Les médecins généralistes et les infirmières libérales ont un véritable rôle à jouer pour convaincre la personne de cette nécessité, mais aussi pour orienter la famille vers les bons interlocuteurs et, notamment, les assistantes sociales qui œuvrent dans les mairies. Il existe en effet des aides spécifiques quand les familles ne peuvent pas assumer ces frais, mais trop peu de gens y ont recours. » D’où l’importance d’en parler tôt pour pouvoir anticiper ces démarches, se rassurer quant à la prise en charge et choisir l’établissement le plus adapté possible aux souhaits de son proche. Franchir le pas En d’autres termes, il faut évaluer la situation de manière juste afin de pouvoir évoquer avec son parent les raisons pour lesquelles cette option est préférable. Même si le personnel n’est pas toujours assez nombreux, l’image dégradante de l’hospice d’antan n’est plus d’actualité aujourd’hui. Entrer dans une maison de retraite ou un foyer, c’est intégrer un cadre a priori rassurant, rencontrer d’autres personnes et pratiquer des activités sans obligatoirement sortir de chez soi. Dans de nombreux cas, l’institutionnalisation apporte un confort par rapport au maintien à domicile et rompt l’isolement qui s’installait progressivement. L’étape suivante est de prendre rendez-vous avec les structures qui vous intéressent. « Visiter l’institution est indispensable : on peut ainsi se rendre compte de l’état du logement, des repas, des activités proposées, du bien-être des résidents… C’est une étape cruciale pour rassurer son parent », souligne la psychologue. Comparer est aussi vivement conseillé. Certains établissements laissent en effet une certaine liberté aux résidents dont l’état le permet, pour vaquer à leurs occupations dans des jardins privatifs, se rendre au café voisin, recevoir leurs familles à déjeuner, etc. Autre possibilité, peu connue mais pourtant pratiquée dans presque tous les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) : celle de l’accueil temporaire, soit une semaine ou deux. Un bon moyen de bousculer les idées reçues et de faire son choix en toute sérénité.Marie-Thérèse, 50 ans : « Je suis soulagée » « Ma mère Marie a 79 ans. Elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis 2014. Il y a un an, j’ai été obligée de la placer dans une unité spécialisée car je n’arrivais plus à m’occuper d’elle. Cela a été très dur à accepter. J’avais très peur qu’elle m’en veuille et m’oublie complètement. Aujourd’hui, je suis soulagée de la savoir entre de bonnes mains, mais aussi de ne plus porter seule la responsabilité de sa sécurité. Je ne partage plus que le meilleur avec elle. Quand je vais la voir, on se promène dans le jardin thérapeutique : c’est là qu’elle retrouve toute sa lucidité et que l’on peut encore évoquer des souvenirs. » À savoir Comparez les tarifs !Pas facile de comparer les tarifs des maisons de retraite, d’autant plus que ceux-ci varient d’une région à l’autre ! Pour simplifier les démarches, le ministère de la Santé et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) ont mis en place un comparateur en ligne. Plus de 7 000 établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ont joué le jeu. Il est ainsi possible de se faire une idée des tarifs pratiqués, mais aussi d’obtenir une estimation des sommes mensuelles restant à la charge de l’usager en fonction des ressources et des aides allouées. www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr

5 min

Lire l’article
Ma santé

Automédication : prudence, le maître mot

Avec des centaines de médicaments vendus sans ordonnances, il est facile et rapide de s’improviser médecin. L’automédication présente pourtant des dangers et doit faire l’objet de la plus stricte vigilance. Huit Français sur dix ont recours à l’automédication. Elle a pour avantage de limiter les consultations inutiles pour des problèmes bénins et tend à responsabiliser les patients qui doivent payer leur traitement. Mais elle n’est pas sans risque si elle ne fait pas l’objet d’un maximum de prudence. « L’un de ses principaux dangers est le mauvais diagnostic, avertit le Pr Patrice Queneau, membre de l’Académie nationale de médecine et professeur de thérapeutique. Ainsi des douleurs vertébrales étiquetées arthrosiques et qui, en réalité, sont les symptômes d’un cancer. En médecine, une maladie peut en cacher une autre, parfois plus grave. » Une seule molécule Deux consignes : il n’est pas question de poursuivre un traitement s’il n’y a pas d’amélioration après trois ou quatre jours. Ni de se soigner seul face à des symptômes inhabituels. Dans ces cas-là, il faut absolument consulter. Autre risque majeur : les interactions médicamenteuses. « Typiquement, c’est le patient sous anticoagulant qui, en voulant soulager un mal de tête avec un anti-inflammatoire, s’expose à un risque d’accident hémorragique. » Pour éviter ce genre de drame, limitez vos auto-prescriptions à une seule molécule et, si vous suivez un traitement, redoublez de vigilance. Surtout, n’hésitez pas à solliciter les conseils de votre pharmacien. Jamais anodins Contrairement à une idée reçue, les médicaments en accès libre ne sont pas anodins. Près de la moitié d’entre eux seraient même à proscrire, selon le magazine 60 Millions de consommateurs. Soit en raison de leur inefficacité, soit pour les risques qu’ils font courir, quand ils ne conjuguent pas les deux écueils ! En mars 2017, les autorités de santé ont mis en place un portail en ligne pour permettre aux patients ou simples usagers de déclarer les effets indésirables rencontrés après la prise d’un médicament (signalement-sante.gouv.fr). Pensez-y ! Avis d’expert « L’automédication ne doit jamais être envisagée chez les personnes vulnérables. En clair, une consultation médicale est toujours nécessaire pour les personnes âgées ou qui suivent un traitement lourd, les femmes enceintes ou allaitantes, et les bébés. Certaines pathologies (allergies, insuffisance rénale…) sont même incompatibles avec toute forme d’automédication ! » Pr Patrice Queneau

2 min

Lire l’article
Ma santé

Asthme : des traitements efficaces mais trop peu suivis

L’asthme touche 4 millions de Français. En suivant régulièrement leur traitement, 9 asthmatiques sur 10 pourraient avoir une vie normale. Pourtant, près de 1 sur 2 oublie ou néglige ses médicaments. Le point avec le Pr Alain Didier, chef du service de pneumologie au CHU de Toulouse. Le souffle court, une difficulté à faire parvenir de l’air jusqu’aux poumons, l’impression d’étouffer, des sifflements dans la poitrine : c’est ce que ressentent, à des degrés variables, les personnes en proie à une crise d’asthme. Chez les asthmatiques, les bronches présentent une sensibilité excessive à certains facteurs stimulants, ce qui se traduit par une inflammation chronique. « Il s’agit de la maladie chronique la plus fréquente chez l’enfant – entre 9 et 10 % sont concernés – et de la pathologie respiratoire chronique la plus courante chez l’adulte avec une prévalence de 7 à 8 % », détaille le Pr Alain Didier, chef du service de pneumologie au CHU de Toulouse. Au total, environ 4 millions de Français doivent composer avec cette pathologie dont les symptômes varient selon les individus. Les uns ne sont incommodés que par des crises sporadiques, les autres toussent fréquemment et sont gênés au moindre effort. D’autres encore, entre 5 et 10 % des asthmatiques, présentent une forme sévère de la maladie, avec des symptômes quotidiens, des crises à répétition et une fonction respiratoire souvent altérée. Dans tous les cas, les crises peuvent être graves, conduire aux urgences, en réanimation, voire présenter une issue fatale. Environ 1 000 personnes décèdent ainsi d’asthme chaque année et 600 000 journées d’hospitalisation sont imputables aux soins d’urgence prodigués aux personnes asthmatiques. Si l’on ajoute le coût des traitements, des arrêts maladie et de l’ensemble des conséquences sociales de la maladie, l’asthme pèse pour plus de 1 milliard d’euros dans les dépenses de santé publique. Une maladie multifactorielle Difficile de savoir précisément ce qui est à l’origine de la maladie chez une personne, a priori, en bonne santé. « Il y a d’abord un terrain génétique avec des gènes prédisposants auxquels se greffent des facteurs environnementaux, explique le Pr Didier. L’exposition à des produits irritants dans le milieu professionnel (peintures, produits chimiques…), la présence d’allergènes dans la maison ou à l’extérieur (acariens, pollens, moisissures…), la pollution de l’air ou la fumée de cigarette constituent autant de facteurs de risques. » D’autres particularités prédisposent à devenir asthmatique, comme les naissances prématurées, les bronchiolites à répétition pendant la petite enfance, l’obésité, le fait d’être issu d’une famille dans laquelle les allergies ou l’asthme sont fréquents, etc. Dans tous les cas, la qualité de l’environnement est déterminante dans l’apparition de l’asthme. Ce qui explique que la prévalence de la maladie chez les enfants a presque doublé au cours des deux dernières décennies. « Les raisons tiennent essentiellement au milieu dans lequel nous évoluons, assure le Pr Didier. Nous vivons davantage à l’intérieur, nous devons composer avec un air chargé de particules irritantes, nous mangeons des aliments qui modifient la composition de notre flore intestinale et, du coup, influent sur le fonctionnement de notre système immunitaire… Bref, nous sommes de plus en plus exposés à des éléments allergènes et irritants susceptibles de donner naissance à une inflammation des bronches. » Traitement quotidien L’asthme ne se guérit pas. Tout l’enjeu de la prise en charge consiste donc à espacer et à raréfier les crises. Cela passe en premier lieu par l’élimination des facteurs déclenchants, puis par l’administration d’un traitement. Pour la grande majorité des personnes asthmatiques, il permet de contrôler efficacement la maladie. « Ceux qui font une crise de temps en temps peuvent se contenter d’un bronchodilatateur de secours. C’est le cas pour 30 à 40 % des asthmatiques, indique le pneumologue. La majorité des malades a toutefois besoin d’un traitement de fond basé sur une association de corticoïdes et de bronchodilatateurs pour diminuer l’inflammation, endiguer une gêne plus fréquente et limiter la fréquence des crises. » Les traitements sont efficaces, permettant d’avoir une vie normale et de pratiquer une activité physique à neuf asthmatiques sur dix. À condition d’être suivis régulièrement. Or, environ un patient sur deux n’y parvient pas. « Soit parce qu’ils peinent à utiliser le dispositif d’inhalation qui, du coup, rend inefficaces les molécules, soit parce qu’ils ont naturellement tendance à arrêter de prendre leur traitement en dehors des crises, quand tout va bien, regrette le Pr Didier. Il est alors essentiel pour les médecins de bien faire prendre conscience aux patients qu’ils souffrent d’une maladie qui nécessite un traitement quotidien pour éviter des crises graves et l’installation d’une gêne handicapante au quotidien. » Reste les asthmatiques sévères, ceux pour lesquels les traitements de base ne permettent pas de contrôler la pathologie. C’est en particulier sur ces patients que se concentrent les travaux de recherche sur de nouvelles molécules. Depuis une dizaine d’années, ils peuvent bénéficier des « anticorps anti-IgE » destinés à bloquer la production par l’organisme de substances responsables de l’inflammation allergique des bronches. L’année prochaine, un nouveau traitement devrait être commercialisé : il s’agit des médicaments dits « anti-IL5 », dirigés contre certaines protéines également impliquées dans un type de réaction inflammatoire qu’on retrouve fréquemment dans l’asthme. Comme pour les nouveaux traitements du cancer, ceux de l’asthme deviennent personnalisés. « Dès lors qu’il existe de nombreuses formes d’asthme, les travaux s’orientent désormais vers l’identification des particularités de chacun pour pouvoir prescrire la molécule adaptée à la situation individuelle des patients », conclut le Pr Alain. Avis d’expert Une maladie multiforme « Il existe de nombreuses formes d’asthme, aussi est-il impossible d’imaginer un unique vaccin qui protégerait de la maladie l’ensemble de la population. La recherche se tourne donc plutôt vers des thérapeutiques orientées selon les différents types d’asthme. Elles s’inscrivent dans le cadre des traitements ciblés, à l’image des nouvelles molécules telles que les anti-IgE, les anti-IL5, et même les anti- IL13 encore au stade de développement. » Pr Alain Didier, chef du service de pneumologie au CHU de Toulouse.

6 min

Lire l’article
Ma santé

Quels aliments privilégier pour doper sa mémoire ?

De nombreuses études l’attestent : manger équilibré contribue à prévenir les troubles de la mémoire. On fait le point sur les aliments aux vertus protectrices. Si le vieillissement cérébral dépend de facteurs génétiques, il peut cependant être ralenti par une bonne hygiène de vie », assure le Pr Francis Eustache, directeur de recherche à l’Inserm. Et notamment par une bonne alimentation. Différents aliments permettent ainsi d’optimiser sa mémoire. Les poissons Les poissons, gras en particulier, exercent un effet protecteur grâce aux oméga 3 EPA et DHA qu’ils fournissent quasi exclusivement. Ces graisses spécifiques s’opposent aux phénomènes inflammatoires qui, avec l’âge, augmentent et contribuent à altérer le cerveau. Ils contiennent également des vitamines B qui contribuent au bon fonctionnement des neurones. L’idéal ? Manger un poisson gras (sardines, maquereau…) et un poisson maigre (cabillaud, colin…) par semaine. (1) Les fruits et les légumes Ils sont riches en antioxydants qui protègent le cerveau du vieillissement prématuré : bêta-carotène et autres pigments de la même famille, vitamines C et E, polyphénols… Différentes études montrent d’ailleurs que les personnes qui consomment au moins 400 g de fruits et légumes par jour ont une meilleure mémoire que les autres, voire moins de risques de souffrir d’une maladie neuro-dégénérative de type Alzheimer. À savoir : les légumes verts sont très riches en vitamines B9, dont la carence peut provoquer une altération des facultés intellectuelles. Les fruits secs Rien de tel qu’une petite poignée de fruits secs le matin : les noix, noisettes et amandes sont une bonne source de vitamine B9, et même d’oméga 3 pour les noix. Une bonne habitude… à ne pas oublier !en savoir plus Rendez-vous sur le site « On mange quoi ? » de La Mutuelle Générale, où vous retrouverez un dossier complet sur ce thème. http://onmangequoi.lamutuellegenerale.fr (1) Sur le même sujet, lire p. 30. À savoir Pratiquer une activité physique régulière est essentiel pour préserver ses performances intellectuelles. L’exercice agirait en améliorant l’oxygénation du cerveau et en favorisant la migration des nouveaux neurones vers les cellules défaillantes pour les remplacer. L’idéal ? Trente minutes quotidiennes de marche rapide. Rien n’empêche néanmoins de faire du vélo, de nager ou de jardiner ! Sans compter que l’exercice contribue à avoir un sommeil de meilleure qualité, dont l’impact est bénéfique pour l’activité cérébrale.

2 min

Lire l’article
Ma santé

Savoir reconnaître la douleur des petits, pour mieux la soulager

Même prématuré, l’enfant naît avec un circuit de la douleur opérationnel Le nouveau-né (0-28 jours) et le bébé (29 jours à deux ans) sont équipés pour ressentir la douleur mais ils la perçoivent encore plus fortement que le petit enfant (2-6 ans) et a fortiori l’adulte. En effet, avant l’âge de 1 an, les mécanismes « inhibiteurs » qui servent à réduire le ressenti douloureux ne sont pas matures. De plus, dès la naissance, lorsqu’un message douloureux est perçu, il est aussi connecté aux régions du cerveau liées aux émotions, aux pensées, à la réflexion et surtout à la mémorisation. En conséquence, pour le même geste douloureux ou type de douleur, la douleur suivante sera supérieure à celle du premier geste. Enfin, si les émotions couplées à la douleur (peur, angoisse, tristesse) sont bien-sûr ressenties déjà par le nourrisson, l’aspect cognitif, c’est à dire le raisonnement inspiré par une douleur (causes, traitement possible, attitude à adopter etc.) fait en revanche défaut au bébé jusqu’à 2-3 ans, pour ne se développer vraiment qu’après 6 ans. Dr Elisabeth Fournier-Charrière, pédiatre au Centre d'étude et de traitement de la douleur de l'adulte et de l'enfant (CHU Bicêtre) et co-auteur du Guide « la douleur de l’enfant, l’essentiel » PEDIADOL : « Jusqu’à deux ans, l’enfant ne comprend pas ce qui lui arrive, d’où sa détresse intense avec des cris, des pleurs, des gesticulations. Passé l’âge de 2 ans, avec un début de langage et de raisonnement, il commence à comprendre les causes, mais est toujours facilement envahi de façon globale par la douleur. Ainsi, jusqu’à 6-7 ans, comme l’enfant vit encore « dans l’instant », la douleur est perçue comme dramatique et est très souvent vécue comme une punition ». A chaque âge son expression de la douleur Le nourrisson et le bébé ne font rien d’autre qu’exprimer leur ressenti selon leurs possibilités : ils sont « perdus » dans ce qui leur arrive. Contrairement au nourrisson, le petit enfant à partir de 18 mois-2 ans va acquérir des mécanismes pour se rassurer, c’est-à-dire interagir (avec le début du langage) pour chercher le réconfort d’une grande personne, s’attacher à des objets d’amour, se distraire etc. Les manifestations de la douleur dépendent de l’âge et des possibilités de communication. Avant le langage, c’est le corps qui va s’exprimer d’abord par des cris, la grimace, une agitation, et se débattre. Mais si la douleur se prolonge, tous les enfants (dès la naissance) vont se replier sur eux-mêmes pour se défendre contre cette sensation. Dr Fournier-Charrière : « C’est alors un signe d’alerte, l’enfant est prostré et n’entre plus en relation (immobilité, défaut d’expression et de communication, refus de boire, de manger, trouble du sommeil). C’est typiquement le bébé « grognon » qui a une otite. Le repère clé pour les parents est : « Pas comme d’habitude ». Il joue moins, cherche plus de réconfort, tient l’endroit douloureux, a des activités inhabituelles, pleurniche plus, gémit ou grogne plus, est plus calme, plus inquiet, a moins d’énergie, mange moins... Ces dix comportements anormaux à repérer sont colligés dans une échelle appelée PPMP (Postoperative Pain Measure for Parents) destinée aux parents* ». Chez le petit enfant, c’est presque pareil : il peut hurler au début mais, très vite, il va trouver une position antalgique et ne pleure plus que par moments, refuse qu’on le touche, proteste. Il y a chez lui une adaptation de la position mais aussi une plainte exprimée par la parole, même au début du langage. Il faut attendre 5 à 6 ans pour que l’enfant puisse indiquer l’intensité de sa douleur et la décrire (« ça tape ou ça brûle ou ça pique… »). Les échelles d’auto-évaluation de la douleur avec les visages expressifs (réglette des visages) peuvent être utilisées dès 4-5 ans. Douleur : que faire à la maison ? La douleur est une sensation mais aussi une émotion. Les moyens non médicamenteux sont puissants vis-à-vis de la douleur ; l’écoute et le réconfort (être en confiance, rassuré, écouté) permettent de minimiser le ressenti douloureux, ainsi que la distraction qui détourne l’attention de l’enfant par des stimulations visuelles, auditives, tactiles... En ce qui concerne l’utilisation des antalgiques (Paracétamol, Ibuprofène) ils doivent être utilisés strictement sur prescription du médecin traitant généraliste ou pédiatre. Quant au nouveau-né, il importe pour le soulager d’associer la tétine et le bercement, et de veiller à la façon dont il est soutenu. Une technique est de soutenir avec ses quatre membres regroupés en flexion). Pour en savoir plus : -« Votre enfant a mal. Que faire ? » Brochure de l’association SPARADRAP, une mine d’infos pratiques pour soulager la douleur de son enfant au quotidien. http://www.sparadrap.org/ -*« La douleur de l’enfant, l’essentiel » PEDIADOL (www.pediadol.org) Postoperative Pain Measure for Parents pour l'évaluation de la douleur par les parents d'enfants de 2 à 12 ans pour chaque item, score 0 (signe absent) à 1 (signe présent) total sur 15. D’après un entretien avec le Dr Elisabeth Fournier-Charrière, pédiatre au Centre d'étude et de traitement de la douleur de l'adulte et de l'enfant (CHU Bicêtre). Hélène Joubert, journaliste

3 min

Lire l’article
Ma santé

Rhinite allergique, rhume des foins : 5 questions auxquelles vous n’aviez pas pensé

On estime qu’une personne sur 4 est concernée. Malgré cette fréquence très élevée, les idées fausses qui circulent autour de la rhinite allergique sont nombreuses. Parallèlement, certains aspects sont rarement abordés alors qu’ils contribuent à une bonne connaissance de cette affection et améliorent la prise en charge. Voici une sélection de 5 questions rarement posées, aux réponses pourtant très instructives. Nez qui coule ou inversement bouché, démangeaison nasale, éternuements à répétition et perte d’odorat représentent la myriade de symptômes typiques de la rhinite. S’ils restent bénins, ils n’en sont pas moins gênants et épuisants, avec des répercussions parfois très importantes dans la vie professionnelle et sociale. Pour mettre fin à la rhinite, il faut consulter son médecin afin que celui-ci porte le diagnostic et propose un traitement adapté. La rhinite est-elle forcément allergique ? Non, les allergènes ne sont pas responsables de toutes les rhinites. À côté des rhinites dites allergiques, déclenchées le plus souvent par une exposition aux pollens ou aux poussières (moisissures, acariens, poils d’animaux), il existe des rhinites non allergiques. Elles sont alors infectieuses, liées à des virus, des bactéries, des champignons, ou irritatives, en relation avec un habitat insalubre, une exposition à des parfums, des polluants, des sulfites inhalés ou avalés, etc. Elles peuvent également être neurologiques, les symptômes de la rhinite étant déclenchés lors des contrastes de température ou de luminosité, comme poser le pied sur un sol froid, manger trop chaud ou passer de l’ombre à la lumière, et mécaniques, en relation avec une déviation de la cloison ou la présence d’un corps étranger dans les voies nasales. Enfin, il existe des rhinites à profil génétique particulier, dites NARES (rhinites non allergiques à éosinophiles), prédisposant notamment aux polypes sinusiens. Pourquoi l’arrêt du tabac aggrave la rhinite allergique ? Les personnes atteintes de rhinite allergique qui arrêtent de fumer se sentent plus allergiques qu’avant. Ce phénomène passager est dû au fait que le fumeur pollue son environnement proche et ne respire pas le même air que les non-fumeurs. Quand il arrête de fumer, il respire à nouveau un air normal, qui est plus concentré en allergènes que la fumée tenait à distance.  Résultat, il est davantage sujet aux réactions allergiques. Cela dit, le tabac accentue le risque de rhinite et d’allergie, car fumer abime les muqueuses. Il est donc impératif d’entreprendre un sevrage tabagique, y compris si l’on est allergique. Il suffit d’informer son médecin et allergologue afin de bénéficier d’un traitement suffisamment antiallergique avant d’arrêter le tabac, au risque de décourager le candidat allergique au sevrage. L’opération des végétations améliore-t-elle la rhinite ? Il s’agit ici d’un exemple de rhinite non allergique, liée à un blocage mécanique, de grosses végétations faisant obstacle. Les ôter revient à éliminer la cause, tout comme on le ferait encas de polype nasal ou sinusien, de déviation de la cloison nasale ou de corps étranger (petit pois, Lego, morceau de Playmobil?). Peut-on utiliser des diffuseurs de parfums pour améliorer la rhinite ? Surtout pas ! Contre la rhinite, il faut bien respirer et respirer un air sain et pur. Or les diffuseurs de parfums propagent dans l’air toutes sortes de polluants atmosphériques qu’il faut inversement éviter. De la même façon, les mouchoirs imprégnés de menthol ou adoucis aux protéines de lait sont contre-indiqués. Moins il y a de substances ajoutées, mieux c’est ! Il faut donc privilégier des mouchoirs nature, qui n’irritent pas et qui ne peluchent pas. Peut-on utiliser des purificateurs d’air ? C’est une bonne idée. Il est recommandé de préférer ceux qui filtrent l’air et le conditionnent à ceux qui revendiquent des procédés novateurs non prouvés (ex. ionisation). Attention à ne pas ajouter d’huiles essentielles. Marion Garteiser, journaliste santé

3 min

Lire l’article
Ma santé

L’intelligence artificielle au service de la santé

Le monde de la santé entre de plain-pied dans l’ère de l’intelligence artificielle ou « IA » comme elle est de plus en plus couramment appelée. Voici cinq usages de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé. Lorsque les machines imitent une forme d'intelligence réelle L’intelligence artificielle a vu le jour dès 1950. Elle cherche à reproduire le fonctionnement du cerveau humain, ou du moins sa logique (facultés cognitives), lorsqu’il s’agit de prendre des décisions. Si sa définition n’est toujours pas consensuelle, ses perspectives dans le domaine de la santé sont immenses. Dans le domaine de la santé, le transport, la défense et l’environnement, les géants de l’informatique -Google à Microsoft Apple, IBM ou Facebook et Amazon- sont déjà bien avancés dans les potentialités et les problématiques de l’intelligence artificielle, en créant notamment des réseaux de neurones artificiels constitués de serveurs, pouvant réaliser des calculs astronomiques au sein de gigantesques bases de données. Avec l’explosion de la puissance de calcul des machines, l’IA est devenue un enjeu scientifique crucial depuis une dizaine d’années à peine. L'Etat français vient d’ailleurs d'accorder une aide de 1,5 milliard d'euros pour développer l'intelligence artificielle. Le gros potentiel de l’IA en santé D'ici à 2024, l'IA pourrait investir le secteur médical dans son ensemble et « son développement en santé sera d'autant plus rapide que, dans ce domaine, la production de données nouvelles est particulièrement abondante », écrit le rapporteur Luc Pierron dans une étude remise à la mission du député Cédric Villani auprès du président Emmanuel Macron en mars dernier*. Alors, incontournable l’IA ? En effet, en santé, les fantastiques volumes de données en tous genres (bilans biologiques et génomiques, imageries, antécédents familiaux et personnels etc.)** requiert désormais des programmes et des algorithmes de traitement de plus en plus complexes. Les 5 applications de l’IA en santé : Améliorer le diagnostic. A partir des masses de données amassées au fil des ans sur de très larges cohortes d’individus, l’IA en extrait des facteurs de risques vis-à-vis de certaines maladies (diabète, cancer, démences etc.). Un outil essentiel aussi pour affiner le diagnostic et le pronostic d’une maladie en prenant en compte de multiples paramètres individuels mais pas uniquement. L’IA est en train de devenir une aide essentielle au diagnostic. Certains programmes d’IA permettent déjà de repérer des anomalies sur des électrocardiogrammes, traitent des imageries (radiographies, IRM etc.) ou encore se convertissent en médecins virtuels qui analysent les centaines de données d’un même patient à la fois pour porter ou orienter le médecin vers un diagnostic. L’IA n’est pas censée remplacer le médecin, qui réalise l’examen clinique, mais se veut un outil supplémentaire. Exemple : un article paru dans une grande revue de cancérologie * vient de montrer qu’un programme de IA (un réseau neuronal convolutif, entraîné grâce à l’assimilation de 100 000 images de lésions de la peau et grains de beauté, et qui apprend par lui-même : « deep learning ») a obtenu 95% de bonnes réponses contre 89% pour les médecins (58 spécialistes de 17 pays) en observant 100 photos de taches suspectes de mélanome. De plus, l’ordinateur a moins souvent confondu des grains de beauté bénins avec un mélanome, d’où moins de chirurgies inutiles. Mais prédire la survenue de maladies et leur évolution reste le grand espoir de l’IA. Des systèmes prédictifs sont élaborés et perfectionnés, qui ne peuvent être conçus sans la constitution des banques de données de santé des individus à large échelle : on entre dans l’ère du « Big Data ». Le traitement au plus juste. L’exploitation des Big Data à l’aide des algorithmes surpuissants peut être une aide à la décision thérapeutique, utile pour sélectionner le traitement adéquat (médicaments, greffe, chirurgie bariatrique etc.) en fonction des propres paramètres de santé du malade mais aussi, par exemple, de l’étude du génome de ses cellules cancéreuses ou de ses chances de survie en fonction du type de traitement etc. Accélérer la recherche sur de nouveaux traitements en affinant la sélection de patients pouvant être inclus dans les cohortes des essais cliniques etc. Suivre les patients en temps réel et améliorer la prise en charge. L’étape ultime sera d’exploiter des agents d’intelligence artificielle pour aider le professionnel de santé à intégrer plus rapidement les informations de dossiers de patients volumineux et complexes en lien avec les recommandations des sociétés savantes, lesquelles deviennent de plus en plus difficiles à appréhender sur des pathologies multiples, comme c’est le cas chez des patients qui souffrent de plusieurs pathologies. L’IA pourra favoriser la prise en charge du patient en favorisant les connexions entre les acteurs de santé en particulier mais aussi les modes de prise en charge tel que l’ambulatoire par exemple. Ceci est en train de se développer actuellement à l’aide de chatbots ou "robots conversationnels" faisant appel à l’intelligence artificielle afin de dialoguer avec les patients en pré et postopératoire par le biais d’un service de conversations automatisées, effectuées en langage naturel. Il engage une conversation par SMS sur téléphone mobile, individualise ses conseils et détecte les patients qui nécessitent une intervention de l’équipe médicale. Contribuer à la pharmacovigilance (repérage des effets indésirables). C’est toujours grâce à l’analyse d’un nombre considérable de données provenant des cohortes de patients mais aussi des bases médico-économiques (Assurance maladie, délivrances en officine ou pharmacies hospitalières etc.) qu’il sera possible de faire émerger des liens potentiels entre une prescription et un évènement indésirable. Ce qui ne dispense pas les médecins de déclarer tout événement suspect. A une échelle encore plus vaste car incluant d’autres registres de données (publications officielles, données émanant des transports aériens, des ventes de médicaments, des notifications sur internet etc.), l’IA sera en mesure de repérer une épidémie de façon précoce et de la suivre en temps réel. Un risque pour les libertés individuelles ? La sécurité des big data en santé est l’élément majeur lié au développement de l’intelligence artificielle, gage de protection vis-à-vis du secret médical, mais aussi du risque d’intrusion dans la vie privée, du fait d’une surveillance parfois même justifiée avec le but louable de protéger la santé de la personne à son domicile. Selon Cédric Villani, contrairement aux États-Unis, la France et l’Europe sont plus protectrices des data de santé et plus conscientes des risques. La réglementation française est même l'une des plus rigoureuses au monde. Néanmoins, les spécialistes ne sont pas tous convaincus par les techniques actuelles pour anonymiser les données de santé. Des solutions sont en cours de développement qui ne capturent pas les data comme le font les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) dans l’objectif de réduire le risque de hacking (piratage). La réflexion doit aussi inclure la question éthique suivante : que faut-il déléguer à l’IA parmi les diagnostics médicaux et les options thérapeutiques ? De plus, le rapport Villani met le doigt sur un autre problème complexe : avant d'envisager le déploiement massif des programmes d’IA dans un contexte médical, il sera nécessaire de clarifier le régime de responsabilité médicale en cas d'erreur. * https://academic.oup.com/annonc/advance-article/doi/10.1093/annonc/mdy166/5004443 ** Déjà 260 bases de données publiques en santé recensées par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) Hélène Joubert, journaliste

4 min

Lire l’article
Mon entreprise

Conditions de travail : on se détend !

La dernière édition de la série des enquêtes nationales « Conditions de travail » menées depuis 1978 en France révèle une bonne et une mauvaise nouvelle : l’ambiance de travail est moins tendue et la charge mentale a régressé entre 2013 et 2016 chez les salariés français, mais en parallèle, leur autonomie accuse un certain recul. Une ambiance de travail moins tendue L’agence Santé Publique France vient de publier le 22 mai 2018 une étude qu’elle réitère régulièrement : « Enquête Conditions de travail et risques psychosociaux 2016 » (1). Celle-ci est le produit d’entretiens en face à face entre octobre 2015 et juin 2016 de 21 000 salariés, représentatifs de 22,8 millions de salariés français. Selon l’enquête, le nombre de salariés signalant des comportements hostiles dans leur milieu de travail est en recul (en 2016, 30% des salariés contre 37% en 2013)*, tout comme l’exposition à un manque de reconnaissance ou à des conflits éthiques. La baisse des changements organisationnels observée entre 2013 et 2016 (fin du cycle de la diffusion de l’informatisation en particulier) peut expliquer, au moins en partie, la relative stabilisation de l’intensification du travail et le recul des violences morales au travail. Il est possible que le recul global de ces risques résulte d’une plus grande attention des managers et des salariés aux conflits interpersonnels au travail, dans le cadre d’une sensibilisation médiatique et politique au harcèlement moral et aux risques psychosociaux. Le Plan santé travail n°3 (2015-2019) et l’accord national interprofessionnel sur la Qualité de vie au travail (2013) y seraient donc pour beaucoup. Toutefois, une autre explication potentielle existe : cela pourrait être lié au fait que les salariés s’habituent à une certaine dégradation des conditions objectives de travail ; une « soutenabilité forcée » qui permettrait d’« accepter » ces nouvelles conditions de travail dégradées. Déjà situées à un niveau élevé, les possibilités d’entraide et de coopération demeurent stables. Après une hausse de leur fréquence entre 2005 et 2013, les tensions dans les rapports avec les collègues ou le supérieur hiérarchique se sont stabilisées entre 2013 et 2016. Le sentiment de reconnaissance s’est amélioré : les salariés étaient moins nombreux en 2016 (24%) qu’en 2013 (29%) à estimer que leur travail n’est pas reconnu à sa juste valeur. Une charge mentale en baisse Après l’augmentation observée entre 2005 et 2013, l’exposition aux contraintes de rythme de travail s’est stabilisée à un niveau élevé : en 2016 comme en 2013, 35% des salariés subissaient au moins trois contraintes de rythme de travail parmi sept énoncées (rester longtemps debout, porter des charges, subir des secousses etc.) Les contraintes de vigilance continuent pour leur part de s’accroître : en 2016, 43% des salariés déclaraient ne pas pouvoir quitter leur travail des yeux. Corolaire à la stabilisation de l’intensité du travail, la charge mentale régresse. En 2016, 44% des salariés déclaraient « devoir penser à trop de choses à la fois » contre 49% en 2013. Enfin, 31% des salariés déclaraient travailler sous pression, alors qu’ils étaient 36% en 2013. Des marges de manœuvre en recul Parallèlement à la montée des normes et standards, l’autonomie et les marges de manœuvre des salariés (« choisir eux-mêmes la façon d’atteindre les objectifs fixés », « ne pas avoir de délais ou à pouvoir faire varier les délais fixés ») ont poursuivi le déclin entamé depuis 1998, chez toutes les catégories socioprofessionnelles et surtout chez les femmes. Détendre l’ambiance au travail grâce au management bienveillant Entre 2013 et 2014, le pourcentage de collaborateurs démotivés a augmenté de 12%, passant de 40% à 52%. Et seuls 20% des Français considèrent que le travail est un plaisir, quand 62% estiment qu’il est une contrainte, une routine ou, au mieux, une « sécurité ». (2) Pour améliorer leur manière de gérer leurs collaborateurs, de plus en plus de managers s’intéressent au « management bienveillant », qui n’a rien de naïf ou de paternaliste, mais est un management de proximité beaucoup plus impliquant pour l’organisation et l’humain. Il suppose à la fois vision à long terme et culture d’entreprise. Le principe de ce que les anglophones nomment pour leur part le « care » (prendre soin littéralement) est de porter considération et d’assurer le respect et leur dignité aux salariés. Loin de signifier une gestion des ressources humaines a minima, son objectif est de bannir toute forme de mépris, de pratiques discriminatoires. Le management bienveillant conduit à prévenir les risques psycho-sociaux, la perte de sens, le blocage des horizons professionnels mais aussi la routine. Cela passe par l’écoute des collaborateurs, la possibilité qu’ils s’expriment, la facilitation de la coopération mais aussi l’accès à l’information et leur inclusion dans la prise des décisions. Pour exemple, certains groupes éditent des chartes, rappelant aux managers les « bons » comportements à adopter (respect, amabilité etc.), d’autres instaurent des consultations gratuites et anonymes dédiées aux risques psycho-sociaux. Mais c’est aussi faire de la politesse un réflexe, programmer des réunions à des horaires décents, proposer des cours de méditation, créer un gymnase ou une salle de repos aménagée, une crèche, une conciergerie etc. Entrer dans une démarche de management bienveillant est un signal fort envoyé aux salariés. Des labels sont même nés de cette mouvance managériale comme « Happy at Work » ou « Great places to work », décernés en fonction du vote des salariés. In fine, le bien-être des salariés et leur santé est gage d’efficacité, de créativité, de productivité et de ce fait de rentabilité pour l’entreprise, essentiel pour limiter l’absentéisme, les arrêts maladie, les dépressions, les départs des salariés etc. et pour soigner l’image de l’entreprise à l’extérieur. Hélène Schetting, Coach certifiée HEC Paris et professeur de management dans l’Enseignement Supérieur (3) : « Les six bonnes pratiques à l’usage du manager bienveillant sont l’écoute active et l’empathie, avoir confiance et se remettre en question, responsabiliser ses équipes et les autonomiser, valoriser, féliciter et célébrer, avoir le droit à l’erreur pour soi et ses collaborateurs et l’élégance du discours. Cela signifie qu’il n’y a aucune obligation de tacler ou d’allumer pour être respecté. La qualité de la communication doit être parfaite et soignée ( y compris la gestuelle) en parlant à un tiers, sans jugement et sans reproche ». * Etre la cible de propos blessants, être ridiculisé en public ou ignoré, voir son travail injustement critiqué ou saboté, devoir effectuer des tâches inutiles ou dégradantes, subir des propositions à caractère sexuel, etc. Références : (1) Les résultats de l’enquête CT-RPS 2016 sont disponibles à cette adresse : http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2018/12-13/2018_12-13_2.html ; (2) Le management bienveillant, par le Docteur Philippe Rodet et Yves Desjacques aux Editions Eyrolles ; (3) https://www.forbes.fr/management/comment-devenir-un-manager-bienveillant/ Hélène Joubert, journaliste

5 min

Lire l’article
Mon entreprise

Seniors : comment éviter la dépendance après une hospitalisation ?

Suite à une hospitalisation, les personnes âgées ont jusqu’à soixante fois plus de risque de développer des incapacités fonctionnelles. Une sur six augmente son niveau de dépendance de façon importante. Les chiffres sont implacables et inquiétants. Quelles sont les mesures à adopter pour prévenir ce que l’on appelle la « dépendance iatrogène » ? Dossier réalisé à l’occasion de la parution des recommandations conjointes de la Haute Autorité en Santé et du Conseil National Professionnel de Gériatrie. La « dépendance iatrogène » évitable dans 80% des cas En France, près de trois millions de personnes âgées de 70 ans et plus sont hospitalisées une ou plusieurs fois en services de soins aigus chaque année. Ces personnes âgées représentent 29% des séjours hospitaliers en service de soins aigus. Dr Sandrine Sourdet, gériatre au CHU de Toulouse et membre de la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG)* : « la « dépendance iatrogène » ou « dépendance liée à l’hospitalisation » est la perte de capacité fonctionnelle que vont présenter les personnes âgées hospitalisées à la suite de cette hospitalisation. Elle est due en partie au terrain du patient (statut fonctionnel, cognitif, thymique et nutritionnel, fragilité, sédentarité, maladies associées et traitements), à la pathologie qui le mène à l’hospitalisation et surtout aux soins qui lui sont prodigués au cours de cette hospitalisation. Les soins apportés aux personnes âgées pendant leur séjour peuvent être plus délétères que bénéfiques ». La dépendance iatrogène liée à l’hospitalisation est dite évitable lorsqu’elle est la conséquence d’une mesure de soins inappropriée ou omise, ou d’un environnement inadapté. Selon une étude réalisée au centre hospitalier de Toulouse, la dépendance iatrogène des personnes âgées serait de l’ordre de 10 % et serait évitable dans 80 % des cas. Les six causes de dépendance « iatrogène » Les facteurs de risque de dépendance iatrogène liée à l’hospitalisation des seniors sont nombreux : Le « syndrome d’immobilisation » est à l’origine de la survenue de problèmes de santé qui étaient potentiellement latents, à savoir une perte rapide de la masse musculaire et de l’autonomie et une augmentation du taux de ré-hospitalisations. 70 à 83 % du temps passé à l’hôpital est passé allongé au lit, alors que la restriction d’activité est rarement justifiée médicalement. La confusion aiguë touche 29 à 64 % des personnes âgées pendant leur hospitalisation. D’où un risque augmenté de déclin fonctionnel, de chutes, de syndrome démentiel, d’hospitalisation prolongée et d’entrée en institution. La dénutrition lors de l’hospitalisation est liée à un apport alimentaire insuffisant et/ou à un accroissement des besoins liés à la maladie. 35 % des seniors sont dénutris à l’admission, et 50 % à la sortie ! Or la dénutrition accroît la mortalité, les complications (confusion, infection, perte de masse musculaire, retard de cicatrisation, escarres, etc.), le risque d’entrée en institution, une diminution de l’autonomie et de la qualité de vie. Les chutes sont fréquentes chez les personnes âgées hospitalisées, sources de blessures dans 30 à 40 % des cas, de traumatismes (sévères dans 5 % des cas), de peur de tomber, de syndrome post-chute (symptômes susceptibles d'entraîner une perturbation de la marche, le maintien dans l'espace, perturbations psychologiques), de perte d’autonomie et d’une augmentation de la durée de séjour à l’hôpital. L’incontinence urinaire touche 20 % des personnes âgées et sa fréquence augmente avec l’hospitalisation (14 % à l’admission et 33,5 % à la sortie). Elle est multifactorielle, liée au vieillissement de l’appareil vésico-sphinctérien, aux comorbidités (maladies associées) et aux troubles cognitifs. Lors de l’hospitalisation, elle est favorisée par certaines médications, des conseils diététiques ou prises en charge inadaptés, en particulier le port de protection urinaire non justifié. La rétention vésicale et le sondage vésical (introduction d'une sonde stérile par l'urètre pour drainer la vessie) sont aussi des facteurs de risque d’incontinence urinaire, de confusion, de syndrome d’immobilisation et d’infection urinaire. Les effets indésirables des médicaments sont courants (psychotropes et anticholinergiques en particulier). Ils sont soit dus aux effets pharmacologiques, aux interactions médicamenteuses, au caractère inapproprié ou inutile du traitement, à des prescriptions manquantes, à une non-observance ou à des erreurs. Leur prévalence augmente avec la polymédication, pour atteindre 58 % avec 5 médicaments et 82 % avec 7 médicaments et plus. Ils sont associés à une augmentation des risques de chute, de confusion, de déclin fonctionnel et de décès, ainsi qu’à une augmentation de la durée de séjour hospitalier. La dépendance suite à une hospitalisation, un fléau que l’on peut prévenir Les protocoles de soins pour la population adulte sont finalement inadaptés aux personnes âgées. Chez elles, une prise en charge gériatrique globale s’impose, et non pas se contenter de traiter uniquement la maladie aiguë. En pratique, la bonne attitude fait appel au bon sens. Dr Sandrine Sourdet : « Par exemple, une personne âgée ne doit pas rester alitée systématiquement. Elle doit être mise au fauteuil et il faut lui proposer de marcher lorsque l’évaluation du risque de chute l’y autorise. Il faut la laisser aller aux toilettes seule si elle était capable de le faire avant l’hospitalisation plutôt qu’imposer une protection urinaire. La sonde urinaire et les protections urinaires ne doivent pas être systématiques ! Les médicaments potentiellement sédatifs doivent être évités. Vu le risque de dénutrition, il faut être particulièrement vigilant vis-à-vis des apports alimentaires, le poids, etc. ». Lorsque la personne âgée est particulièrement à risque (plus de 80 ans, déjà hospitalisée auparavant, troubles cognitifs, isolée, dépressive, dénutrie…), des mesures supplémentaires sont indispensables. C’est le rôle des équipes mobiles de gériatrie qui existent dans les centres hospitaliers. Un triste constat : seulement 50% des personnes âgées qui ont perdu leurs capacités fonctionnelles vont les récupérer… *www.has-sante.fr Novembre 2017. Document disponible à cette adresse : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2017-0/prevenir_la_dependance_iatrogene_liee_a_lhospitalisation_chez_les_personnes_agees_-_fiche_points_cles.pdf *Pour en savoir plus : https://sfgg.org/ Hélène Joubert, journaliste

Lire l’article
Ma retraite

Le nouveau carnet de santé de l’enfant est arrivé

Le carnet de santé de l’enfant a fait peau neuve. Depuis le 1er avril 2018, le nouveau modèle du carnet de santé, les nouvelles courbes de croissance et les nouveaux certificats de santé sont entrés en vigueur. La pédagogie et la prévention avant tout. Le cru 2018 du carnet de santé est arrivé Une nouvelle fois, pas de carnet de santé dématérialisé, pas de simplification attendue en lien avec un carnet de vaccination électronique… la refonte du carnet de santé de 2006, sur les propositions du Haut Conseil de Santé Publique, touche surtout le fond et reste en « version papier ». Les modifications sont dans la droite ligne de la politique de promotion de la santé, incluant la prévention, dans tous les milieux et à tous les âges de la vie. Les messages de prévention ont donc été enrichis et actualisés pour tenir compte des évolutions scientifiques et sociétales, de la parution de nouvelles recommandations et de l’identification de nouveaux risques. A noter, l’ajout des comptes-rendus des cinq examens bucco-dentaires de l’enfant jusqu’à 18 ans, d’une page consacrée à l’adjonction de produits sanguins, une autre aux hospitalisations et aux examens radiologiques. Le carnet de santé est délivré gratuitement pour tout enfant lors de la déclaration de naissance (Article 2132-1 du Code de la santé publique). Emergence des messages de prévention Afin que le carnet joue son rôle informatif, de nombreux messages sont passés aux parents, sur la diversification alimentaire ou le bain, sur la protection contre les écrans, vis-à-vis de l’environnement, des accidents domestiques, de la mort inattendue de l’enfant, du botulisme, sur le sommeil et le couchage ou encore sur la prévention et le dépistage des troubles sensoriels. En guise d’exemples, les messages de prévention sont très larges comme celui de privilégier les biberons garantis sans bisphénol A, d’éviter de laisser l’enfant de moins de trois ans dans une pièce où la télévision est allumée (même s’il ne la regarde pas) à l’utilisation d’un lit à barreaux sans tour de lit (risque d’étouffement). Le syndrome du bébé secoué étant une réalité, des conseils sont délivrés aux parents pour réagir face aux pleurs de leur bébé (« couchez votre bébé dans son lit (sur le dos), quittez la pièce et demandez l’aide d’un proche (famille, ami, voisin…) ou d’un professionnel »). Enfin, afin de limiter l’exposition aux allergènes et produits chimiques présents dans l’environnement quotidien et potentiellement toxiques pour les bébés, des recommandations ont été ajoutées par rapport à l’édition de 2006 : aérer le domicile 10 minutes chaque jour, réduire le nombre de produits d’entretien et préférer les produits à composant unique, ne pas utiliser de parfums d’intérieur, d’encens ni de bougies, utiliser des jouets et articles de puériculture homologués CE ou NF et éviter l’utilisation de produits cosmétiques dans les premiers mois, tant pour le bébé que pour ses parents. Un chapitre « surveillance médicale » à partir de l’âge de 3 mois de l’enfant prodigue des conseils et répond à la majeure partir des questions posées par les parents en cas de vomissements, de diarrhées, de difficultés à respirer ou de fièvre. Un tableau synoptique permet aussi de visualiser des repères d’introduction des aliments lors de la diversification alimentaire. Enfin de nouvelles courbes de croissance Quant aux courbes de croissance, dites de Sempé établies en 1979 à partir d’une cohorte d’enfants parisiens nés dans les années 50, elles ont laissé la place à de nouvelles, destinées à suivre la croissance des enfants bien portants et à repérer certaines maladies. Ces courbes ont été établies par l’Inserm (unité 1153/CRESS), à partir de la surveillance de 261 000 enfants français, avec la collaboration de médecins généralistes et de pédiatres répartis sur tout le territoire métropolitain. L'édition 2018 tient compte du sexe à tous les âges, ce qui n’était pas le cas de la précédente édition qui ne distinguait pas la croissance des garçons de celle des filles avant trois ans. L’intégration des nouvelles recommandations vaccinales Le nouveau carnet de santé de l’enfant accompagne la modification du calendrier vaccinal et l’extension des obligations à 11 vaccinations pédiatriques. Celles-ci conditionnent l’entrée en collectivité pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. En effet, chez les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018, les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, le pneumocoque, le méningocoque C, la rougeole, les oreillons et la rubéole sont obligatoires. Comme pour le carnet précédent, la copie des deux doubles pages a valeur de certificat de vaccination. Un nouveau rendez-vous Jusqu’à présent, une consultation était prévue pour le bébé dans son premier mois de vie. Le carnet 2018 entérine une consultation pédiatrique entre 6 à 10 jours après la naissance (deuxième semaine de vie). Repérer précocement d’éventuelles pathologies, rassurer la mère et les parents, informer sur l’allaitement ou d’autres préoccupations… une consultation d’autant plus justifiée que le nombre de sorties précoces de la maternité est en augmentation. Une version numérique d’un carnet de santé est consultable à cette adresse : http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/carnet_de_sante-num-.pdf Hélène Joubert, journaliste

3 min

Lire l’article
Ma santé

Crème solaire enfants : 90 % des parents ne l’appliquent pas au bon moment

Quel est le bon moment pour mettre de la crème solaire à son enfant ? La plupart des parents ne connaissent pas la réponse. Et 35 % promènent leur bébé au pire moment de la journée. Attention à bébé en été. Les parents n'ont pas toujours de bonnes habitudes avec leur bambin en période estivale, d'après une enquête commandée par Newpharma. 90 % d'entre eux ne choisissent pas le bon moment pour appliquer de la crème solaire à leur enfant, sur un panel représentatif de 1 199 adultes. Ces parents étalent l'écran solaire au moment de l'exposition alors qu'il est important de laisser le produit former une barrière protectrice sur la peau. De plus, ils sont 89 % à ne pas appliquer de protection solaire assez régulièrement à leur enfant. Un parent sur trois ne sait pas choisir Après 30 minutes d'exposition, l'efficacité de ces produits diminue de 90 %. Il est donc primordial de renouveler l'opération très souvent. Autre problème, plus de la moitié des parents ne remettent pas de crème à leur bébé lorsqu'ils sortent de baignade. Or, lorsqu'il y a contact avec l'eau, la crème est "rincée" et l'eau va provoquer une réverbération qui accélère l'apparition de coups de soleil. De plus, un tiers des parents ne choisit par le bon indice de protection pour la peau de leur enfant. En effet, les peaux fragiles ou très claires sont plus vulnérables au soleil. Il est donc important de choisir un indice élevé (50) pour les protéger longtemps et efficacement. C'est en raison de ces mauvais réflexes que 40 % des enfants de moins de trois ans ont déjà eu un coup de soleil. Or, ces événements augmentent le risque de développer un cancer de la peau. Eviter le soleil entre 11h et 16h Pour éviter ces risques pour la peau de vos tout petits, quelques conseils simples peuvent être appliqués : Choisissez une crème solaire avec l'indice maximal (SPF50+) et l'appliquer 30 minutes avant l'exposition. Renouveler l'opération toutes les 2 heures voire toutes les 30 minutes pendant les heures où le soleil tape le plus (11h - 16h) ; Rincer et sécher son enfant après la baignade pour lui remettre de la protection; Préférez les heures où le soleil tape le moins fort pour sortir avec votre enfant. L'idéal étant les sorties avant 11 heures ou après 16 heures ; Mettre son enfant à l'ombre sous un parasol ou derrière un pare-soleil ; Lui mettre des lunettes de soleil ainsi qu'un chapeau ou casquette ; Lui faire porter des vêtements couvrants, voire anti-UV ; Pour éviter la déshydratation, faire boire de l'eau à son enfant régulièrement et en petite quantité ; Installer son bambin sur une serviette plutôt qu'à même le sable puisque 20 % des UV sont réverbérés par le sable. Ces conseils peuvent également s'appliquer pour les grands enfants puisque la protection solaire 100 % n'existe pas. Le cancer de la peau expliqué en vidéo https://www.dailymotion.com/video/x5k3c9l Manon Anger, journaliste santé Source : e-santé

3 min

Lire l’article
Ma santé

Maladies parodontales, lutter contre les idées reçues !

L’immense majorité des Français se considère en bonne santé générale et les deux tiers en bonne santé bucco-dentaire. Ont-ils raison d’être si optimistes, d’autant que la connaissance des signaux d’alerte en santé bucco-dentaire laisse à désirer ? Une santé bucco-dentaire plutôt bonne, selon 68% des Français Une enquête sur les Français et la santé de leurs gencives vient de paraître. Globalement, les répondants se considèrent en bonne santé générale (93%) et 68% d’entre eux en bonne santé bucco-dentaire. 59% affirment connaître le lien entre santé générale et santé bucco-dentaire et surtout les plus âgés. Ce défaut de connaissance du lien est accentué parmi les répondants qui se considèrent en mauvaise santé dentaire (32%) et qui sont pourtant 85% à se considérer en bonne santé générale. Les signaux d’alerte en santé bucco-dentaire peu connus La prise de conscience des signaux d’alerte en santé bucco-dentaire est faible : 89% des répondants qui ont les gencives rouges, enflées et/ou douloureuses se considèrent tout de même en bonne santé générale. Par ailleurs, le saignement des gencives n’est pas perçu comme un signal d’alerte bucco-dentaire puisque 64% déclarent que leurs gencives sont en bonne santé alors que 76% ont les gencives qui saignent régulièrement au brossage. 29% avouent avoir mauvaise haleine (halitose), deuxième signal d’alerte d’une maladie parodontale, et là aussi, pourtant 52% d’entre eux déclarent avoir les gencives en bonne santé. En outre, en cas de gencives douloureuses ou qui saignent, 22% déclarent ne rien faire. Même si les recommandations d’hygiène bucco-dentaire quotidienne portées par l’Union française de la santé bucco-dentaire (UFSBD) sont suivies (66% se rendent annuellement au cabinet dentaire et 74% se brossent les dents au moins 2 fois par jour), les Français ne sont que 9% à consulter en cas de gencives douloureuses ou qui saignent. L’automédication a la côte : 64% changent de dentifrice pour un « spécial Gencives » ou une brosse à dents « à poils souples », ou utilisent un bain de bouche pendant plusieurs jours. La moitié de la population souffrirait de gingivite En France, les données épidémiologiques montrent que la moitié de la population à partir de 35 ans présente un problème parodontal (gingivite), avec des formes sévères dans 10% des cas. En effet, la gingivite est le premier stade. La gencive est rouge, gonflée, douloureuse et saigne au contact. Réversible, elle est liée à la présence de certaines bactéries contenues dans la plaque dentaire. Si rien n’est fait, cette gingivite devient chronique et évolue vers une parodontite, c’est à dire une atteinte des tissus de soutien de la dent (ligaments qui maintiennent la dent dans son alvéole osseuse associée à une fonte osseuse appelée déchaussement dentaire) ; ceci pouvant conduire à la perte spontanée des dents. Si elle n’est pas réversible, son évolution peut néanmoins être stoppée. Cette méconnaissance du lien entre santé dentaire et santé générale peut avoir des conséquences importantes, notamment concernant les interactions qui sont scientifiquement prouvées avec les maladies chroniques (diabète, maladies cardio-vasculaire) mais également avec le risque d’accouchement prématuré… Par exemple, les personnes diabétiques de type 1 et 2 ont un surrisque d’apparition de ces parodontites et d’aggravation de celles-ci. A l’inverse, une étude récente a aussi regardé l’influence de l’état parodontal sur la fonction pulmonaire chez des personnes jeunes (20-44 ans) en bonne santé. Les participants dont l’indice de santé parodontale était le plus bas avaient une capacité respiratoire dégradée (2). Comment prévenir la maladie parodontale ? Pour éviter la gingivite, un détartrage annuel, un brossage rigoureux deux fois par jour avec une brosse à dent souple sont essentiels. Le soin est à compléter par le passage d’un fil dentaire ou de brossettes interdentaires le soir. En effet, stopper l’évolution de la maladie parodontale est possible, au moyen d’un détartrage simple suivi d’un détartrage sous la gencive (surfaçage). En effet, il existe un espace situé entre la gencive et la racine qui devient un réservoir à bactérie (« poche parodontale »). Dr Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et porte-parole de l’UFSBD : « A l’action mécanique du détartrage s’ajoute une action chimique par une irrigation antiseptique des poches. Lorsque la destruction osseuse est trop importante et ne permet pas de sauver la dent, les solutions comme les prothèses amovibles, les implants ou les bridges sont proposées. En sachant qu’une parodontite peut secondairement se développer autour de l’implant (péri-implantite), si l’hygiène n’est toujours pas parfaite. Suite à une parodontite, trois brossages par jours pendant deux minutes et passage des brossettes interdentaires matin et soir sont alors recommandés. En effet, ces espaces étant beaucoup plus larges à cause de la fonte osseuse, le fil dentaire ne suffit plus ». Dans l’enquête, une personne sur deux a eu un détartrage réalisé depuis moins d’un an. Cependant quatre répondants sur dix n’effectuent pas de visite annuelle chez le dentiste. Uniquement 10% des répondants effectuent un nettoyage interdentaire via l’utilisation du fil dentaire ou brossettes après le brossage. Plus d’un tiers (38%) utilise encore un type de brosse à dents à poils medium ou durs. Quant au bain de bouche, il limite l’adhésion de la plaque dentaire sur la surface des dents et des muqueuses. Il doit être gardé dans la bouche au moins trente secondes. Selon les résultats de l’enquête, les Français utilisent le bain de bouche quotidien en complément du brossage pour une hygiène plus efficace (54%) mais aussi pour 15% d’entre eux pour apaiser leurs gencives. (1) Enquête UFSBD/Pierre Fabre Oral Care sur la santé bucco-dentaire des Français menée auprès de 32 421 Français du 8 décembre 2017 au 20 janvier 2018 ; (2) Pérez Barrionuevo AM et coll. PLoS ONE. 2018; 13: e0191410 Hélène Joubert, d’après un entretien avec le Dr Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et porte-parole de l’UFSBD (Union française de la santé bucco-dentaire).

3 min

Lire l’article
Ma santé

5 conseils pour se protéger des tiques

Le retour des beaux jours est signe de promenade dans les jardins et forêts... Mais c'est aussi le retour des tiques, dont la morsure peut transmettre la maladie de Lyme. Le mois de mai est un pic de tique. Le printemps et son beau temps donnent envie de se promener en forêt ou dans des jardins... mais attention à ces bestioles. Elles peuvent être porteuses de plusieurs maladies, dont la maladie de Lyme, rappelle l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). La tique est principalement présente en forêt mais également dans les jardins. Son pic de présence se situe au printemps - à partir de mai - et en automne. Leurs morsures sont "le principal vecteur d'agent pathogène responsable de maladies infectieuses, affectant les animaux et les hommes", souligne l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire). Les chaussures fermées de rigueur Autrement dit, elles sont porteuses d'une bactérie capable de nous rendre malades. L'Anses a donc publié un communiqué en début de semaine pour appeler à la vigilance, mais également pour suggérer quelques réflexes permettant de se protéger face aux tiques. Les produits contre les tiques vont bientôt envahir les allées des pharmacies et parapharmacies, si ce n'est déjà fait. L'Anses conseille d'utiliser ces répulsifs, mais uniquement ceux disposant d'une autorisation de mise sur le marché. N'oubliez pas de lire les conditions d'utilisation et de les respecter scrupuleusement. Lors de promenades, portez des chaussures fermées ainsi que des vêtements couvrants. Cela évitera que la tique ne se faufile jusqu'à votre peau. Il est aussi important de privilégier les couleurs claires pour mieux repérer les tiques qui se poseraient sur le vêtement. Attention au chemin choisi Pendant une balade, choisissez de marcher sur les chemins balisés plutôt que de vous aventurer dans les herbes hautes, des buissons et des branches basses. Ils constituent un refus de choix pour ces bestioles. Quand vous rentrez chez vous, pensez à bien vous inspecter afin de repérer d'éventuelles tiques. Si vous en trouvez une, enlevez-la immédiatement grâce à un tire-tique. Mais n'utilisez surtout pas d'éther ou tout autre produit qui augmente le risque de transmission de maladies. Si vous trouvez une blessure, après l'avoir retiré, pensez à bien désinfecter la plaie. De plus, si vous remarquez l'apparition d'un érythème migrant (une tâche rougeâtre en forme d'anneau qui grandit lentement autour du point de la morsure) dans les jours qui suivent, rendez-vous immédiatement chez votre médecin. L'Inra et ses partenaires ont édité une application, Signalement-Tique, en juillet 2017. Elle doit permettre aux gens de signaler leurs morsures de tiques mais aussi celles de leurs animaux. Il est même possible d'envoyer les tiques dans un laboratoire à Nancy. Grâce aux signalements, une carte des régions les plus touchées avait pu être réalisée entre juillet et septembre 2017. Le Grand Est, la Bretagne et le Centre étaient les plus signalés. Mais en Bretagne, par exemple, il n'y a beaucoup de cas de maladie de Lyme ce qui laisse à penser que les tiques ne sont pas infectées ou qu'ils ne transmettent pas obligatoirement la maladie. Tiques : les Alpes déclarent le plus grand nombre de morsures en vidéo : https://www.dailymotion.com/video/x6ktgh3 Manon Anger, journaliste santé Source : e-santé

2 min

Lire l’article
Ma santé

La grasse matinée pourrait finalement combler notre dette de sommeil

Profiter du week-end pour recharger les batteries pourrait être plus bénéfique qu'on ne le pensait. D’après une étude menée par le Karolinska Institutet (Suède), le manque de sommeil est associé à un risque accru de décès prématuré. Mais ça n'est pas le cas lorsque la grasse matinée est pratiquée le week-end, concluent les scientifiques dans le Journal of Sleep Research. Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe suédoise a suivi 38 000 personnes pendant une période d'environ 13 ans. L’objectif était de comprendre en quoi les habitudes de sommeil influencent la probabilité de mourir trop tôt. Leurs observations confirment au moins une chose : dormir moins de 5 heures, de manière régulière, est associé à un risque de décès prématuré de 65 % - par rapport aux personnes qui sommeillent 6 à 7 heures. Il en va de même lorsque les nuits trop longues (plus de 8 heures) : la probabilité est alors augmentée de 25 %. Diabète, hypertension… Ce qui est nouveau, c'est que la dette de sommeil semble rattrapable. Lorsque les petits dormeurs rallongent leurs nuits en fin de semaine, le risque de mortalité disparaît. "Il est possible que les grasses matinées du week-end compensent les nuits plus courtes en semaine", avancent les auteurs et autrices de l'étude. Autre constat intéressant : les jeunes adultes ont plus tendance à alterner les nuits courtes en semaine et plus longues le week-end. Un phénomène qui s'estompe avec l'âge. Or, un déficit trop prononcé, qui s'accumule, favorise de nombreux problèmes de santé. Outre le manque de vigilance en journée, et le risque d'endormissement au volant, ne pas dormir assez est considéré comme un facteur favorisant des maladies chroniques : diabète, maladies cardiovasculaires, hypertension, etc. Cela peut aussi affecter la santé mentale et le bien-être. Il est donc recommandé de dormir 7 à 8 heures par nuit, à l’âge adulte. En cas de somnolence diurne, une courte sieste peut également s'avérer utile. Sommeil : dormir la porte ouverte ou fermée ? En vidéo : https://www.dailymotion.com/video/x6fgmbh   Audrey Vaugrente, journaliste santé source : e-santé  

2 min

Lire l’article
Mon bien-être

Le jeûne thérapeutique, bénéfique ou risqué ?

Au-delà d’être un moyen de se « purifier », le jeûne, qu’il soit strict ou intermittent, s’impose dans le grand public peu à peu comme un moyen de se soigner. Mais que dit la Science ? Le jeûne, quels bénéfices ? Il existe différents types de jeûne. L’on peut se priver de nourriture de façon complète lorsque seule l’eau est autorisée, partiellement (certains aliments, nutriments ou boissons sont permis) ou de façon intermittente. Dans ce cas, une alimentation normale est entrecoupée de périodes de jeûne. Les motivations pour jeûner sont diverses. Certains recherchent la sensation de maîtrise de leur corps, de bien-être et d’euphorie. Via la production accrue de corps cétoniques, le jeûne entraîne une stimulation intellectuelle, une impression de dynamisme. C’est une régulation physiologique habituelle d’adaptation à la famine, qui ne dure que quelques jours. Le jeûne agirait aussi comme un anti-inflammatoire en produisant un surplus de BHB (β-hydroxybutyrate), un corps cétogène. D’où son intérêt –encore à démontrer- pour bloquer une partie du système immunitaire impliqué dans plusieurs désordres inflammatoires. Quant au jeûne pour perdre du poids, après un excès alimentaire, il doit être ponctuel et court. Sinon, en réduisant drastiquement les apports énergétiques par rapport au métabolisme de base du fait de la fonte musculaire favorise en premier lieu un stockage adipeux (de lipides) lors de la reprise de l’alimentation. Dr Bruno Raynard, responsable de l’Unité transversale de diététique et de nutrition de l’Institut Gustave Roussy (Villejuif) et coordinateur du rapport d’expertise collective « Jeûne, régimes restrictifs et cancer » du réseau NACRe (Inserm) fin 2017 : « Supprimer tout apport alimentaire va, de façon logique et transitoire par la perte de poids, améliorer une hypertension artérielle, un diabète. Dans des maladies inflammatoires intestinales (MICI), la mise au repos du tractus digestif peut être utile en réduisant les troubles digestifs à type de diarrhée ou de douleurs abdominales. Certains patients rapportent leur ressenti telle une amélioration de leurs rhumatismes, de leurs problèmes cutanés, de leurs migraines etc. A titre individuel, la thérapeutique « jeûne » pourrait bénéficier à certains patients, dans le cadre de maladies rhumatismales, de diabète ou d’autres problèmes infectieux etc. c’est-à-dire avec une amélioration plus importante ou plus rapide de certains paramètres, ou encore le fait de diminuer les doses voire de se passer d’un médicament. Néanmoins, le jeûne n’est pas une méthode thérapeutique car soutenue par aucune étude scientifique valable ». Faut-il jeûner contre le cancer ? L’engouement pour le jeûne est grandissant dans le cancer. 8% des patients avant ou pendant le traitement du cancer suivent un régime de restriction ou un jeûne. En mettant les points sur les i, la conclusion du rapport d’expertise collective « Jeûne, régimes restrictifs et cancer » du réseau NACRe (Inserm) fin 2017 est sans appel : aucune preuve n’existe quant à l’effet -bénéfique ou délétère- du jeûne et des régimes restrictifs pendant la maladie cancéreuse, qu’il s’agisse d’un effet sur l’efficacité des anticancéreux ou sur le pronostic du cancer. A ce jour, aucune donnée expérimentale n’a été confirmée chez l’Homme. Chez la souris dans des études expérimentales, la restriction calorique freine la croissance des tumeurs, mais pas pour tous les types de cancers. Pr Christophe Moinard (Université de Grenoble et laboratoire de Bioénergétique Fondamentale et Appliquée, INSERM U 1055) : « A ce jour, il est impossible de relier la croissance des cellules cancéreuses avec le niveau d’apport en nutriments : jeuner n’affame pas les tumeurs ! Le concept est intéressant mais il reste à valider ». Attention car à l’inverse, la malnutrition et la perte de poids sont reconnues comme des facteurs majeurs de dégradation du pronostic des personnes cancéreuses. Il est prouvé que plus on perd de masse musculaire, moins on a de chance d’avoir un traitement efficace et non toxique. On entend aussi souvent que le jeûne permettrait d’atténuer les effets de la chimiothérapie. Là aussi, aucune étude scientifique ne permet de l’affirmer. Celles menées sur des cellules tumorales en milieu de culture privé de nutriments sont mitigées : ce qui vaut pour certains types de tumeur (mélanome) ne vaut pas pour d’autres (cancer du sein). Et chez la souris, à l’inverse, le jeûne juste avant une chimiothérapie réduit drastiquement l’espérance de vie (le type de cancer étudié est le neuroblastome, un cancer de l’enfant). Chez l’humain, les essais cliniques se comptent sur les doigts d’une main et sont, pour la plupart, contestables sur le plan de la méthodologie. L’un d’entre eux ne coupe pas à ces critiques mais reste instructif : chez des femmes ayant un cancer du sein ayant jeuné 24 h auparavant, la toxicité de la chimiothérapie semble moindre (évaluée au moyen du taux de globules rouges), mais les effets indésirables sont doublés. J’ai décidé de jeûner, que dois-je surveiller pour ne pas nuire à ma santé ? Nos cellules immunitaires (lymphocytes, macrophages etc.) nécessitent un apport régulier en nutriments. C’est pourquoi, l’efficacité de notre système immunitaire à nous défendre, par exemple contre les tumeurs, est largement dépendante de l’apport alimentaire. Or jeûner l’affaiblit. L’autre paramètre à prendre en compte lorsqu’on envisage le jeûne en cas de cancer est que ce dernier touche principalement la personne âgée (40% chez les plus de 75 ans), dont le système immunitaire met plus de temps - lorsqu’il y arrive- à se reconstituer. Le danger concerne les seniors mais aussi les personnes diabétiques sous traitement ; le risque de l’hypoglycémie d’une personne diabétique par défaut d’apport glucidique étant bien réel. Si une personne malade souhaite jeûner ou pratiquer une réduction glucido-calorique, elle doit avant tout ne pas écarter les thérapeutiques conventionnelles et en parler à son médecin généraliste ou à son oncologue en cas de cancer. Celui-ci devrait l’accompagner et mettre en place une surveillance adaptée et régulière, un contrat avec des limites fixées et discutées avec le patient comme par exemple des seuils en dessous desquels il ne faut pas descendre vis-à-vis de la force musculaire, du poids, de la masse musculaire etc. Certains marqueurs biologiques peuvent être utilisés à cette intention. Hélène Joubert, journaliste, depuis les Journées francophones de nutrition (JFN, Nantes, 13-15 décembre 2017) et d’après des entretiens avec le Dr Bruno Raynard, responsable de l’Unité transversale de diététique et de nutrition de l’Institut Gustave Roussy (Villejuif) et le Pr Christophe Moinard (Université de Grenoble et laboratoire de Bioénergétique Fondamentale et Appliquée, INSERM U 1055).

Lire l’article
Ma Nutrition

Acupuncture, en finir avec les idées reçues

L’acupuncture est pratiquée en Chine depuis l'Antiquité. Son principe : l'énergie Qi circulerait le long de 26 méridiens dans le corps. Pour soigner certains symptômes ou maladies, l’acupuncteur régule sa circulation en disposant de fines aiguilles sur ces méridiens. Cette thérapeutique non conventionnelle a fait depuis peu son entrée à l’hôpital par la grande porte, où elle est testée dans des centres hospitaliers parisiens en particulier. L’Académie nationale de médecine a reconnu qu’elle pouvait rendre certains services, en complément des traitements médicaux. L’acupuncture, complémentaire de la médecine allopathique L’acupuncture peut être qualifiée de médecine générale, que les troubles soient organiques, psychiques ou fonctionnels (lorsque les organes vont bien mais ne fonctionnent pas correctement). Mais jusqu’à un certain point de gravité. Dr Gil Berger, médecin acupuncteur (Paris) : « L’acupuncture peut améliorer les symptômes, en complément de la médecine allopathique (au moyen des médicaments) lorsque le trouble est important (forte anxiété, chimiothérapie anticancéreuse etc.), résume. Elle peut aussi intervenir sur les maladies organiques (lorsqu’un organe est malade) en potentialisant le traitement allopathique, comme dans les maladies inflammatoires de l’intestin ou en cas de hernie discale ». Les pathologies pour lesquelles l’acupuncture est la plus souvent pratiquée sont les douleurs chroniques (lombalgie, arthrose, névralgie, fibromyalgie, mal de tête, etc.), l’anxiété, la dépression ou l’insomnie chronique, les troubles liés à la grossesse (nausées, lombalgies et sciatique, éversion fœtale, etc.) et les addictions (au tabac, à l’alcool ou aux drogues ou substances psychoactives). Cette énumération liste les indications thérapeutiques variées proposées par les acupuncteurs* et provient du rapport paru en 2014 rédigé par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur l'acupuncture, lequel souligne que « la plupart des résultats des essais publiés ne s’appuient pas sur des protocoles suffisamment rigoureux pour pouvoir conclure à l’efficacité de l’acupuncture ». Selon les experts de l’Inserm, les résultats disponibles montrent que l’acupuncture pratiquée à l’aide d’aiguilles a des effets bénéfiques pour le traitement des douleurs chroniques ou des nausées et vomissements (en période postopératoire, liés à la grossesse ou provoqués par une chimiothérapie anticancéreuse). Précédemment, l’Académie nationale de médecine, dans son rapport de mars 2013**, estimait pour sa part que l'acupuncture pouvait apporter un bénéfice aux patients souffrant de lombalgie ou cervicalgie chronique, de migraine ou céphalée de tension, d'arthrose des membres inférieurs, ou encore d'épicondylite (lésions des tendons des muscles de l'avant-bras). Les douleurs lombaires, du bassin et de l’accouchement peuvent être soulagées chez les femmes enceintes par l’acupuncture. Elle est utile pour prévenir les migraines, les nausées et vomissements induits par la chimiothérapie anticancéreuse. Dans les domaines des addictions (sevrage tabagiques, troubles du comportement alimentaire, perte de poids etc.) l’acupuncture peut participer au traitement, en complément d’une psychothérapie, d’un suivi par un nutritionniste etc. De plus, une vaste étude chinoise fin 2016 a souligné son intérêt dans la constipation chronique sévère. L’acupuncture, un soin « bien-être » ? Les acupuncteurs sont divisés et certains posent franchement la question « Pourquoi recourir à un soignant lorsque l’on est en bonne santé ? ». L’acupuncture est une thérapeutique complémentaire. Elle soigne donc un problème d’ordre médical. Son objectif n’est pas d’offrir un moment de relaxation. En revanche, si ce besoin de détente provient d’un état psychologique qui pose problème (anxiété, dépression, stress etc.), on entre alors dans le domaine du soin médical. Dr Gil Berger : « Pour la même raison, elle n’a pas d’utilité pour entretenir un effet bénéfique obtenu par le passé par l’acupuncture ». Implantation d’aiguilles, dispositifs d’acupression, application de ventouses, d’aimants, lasers… L’acupuncteur pique au niveau des méridiens, d’où son nom latin acupunctura, de acus (aiguille) et punctura (piqûre). Le système des méridiens n’est pas mature avant l’âge de six ans. Les aiguilles sont en inox, stériles et à usage unique pour prévenir tout risque d’infection. Elles sont indolores car leur diamètre est celui d’un gros cheveu (0,20 à 0,25 mm). Elles sont laissées en place pendant quelques minutes à plus de 30 minutes. Éventuellement, le praticien peut effectuer un léger mouvement de rotation pour potentialiser l’effet. En remplacement des aiguilles, il peut utiliser des Moxa (armoise en poudre) afin de chauffer les points d’acupuncture. Quant au laser ou aux infra-rouges, ils donnent juste une dimension « scientifique » à la pratique. Dr Gil Berger : « Neuf patients sur dix qui suivent des séances d’acupuncture y croient. Malheureusement, cela ne fonctionne pas à chaque fois, y compris chez les convaincus. A l’inverse, des sceptiques reconnaissent l’amélioration de leurs troubles ou symptômes grâce à l’acupuncture. En Chine et en France, elle est pratiquée sur des animaux (chevaux, chiens), dont on ne peut présumer de leur parti-pris ! L'aspect émotionnel entre en ligne de compte dans l’appréciation du soulagement car l’acupuncture ne dissocie pas l'esprit du corps. » Qui sont les acupuncteurs ? L’acte d’acupuncture est considéré par la jurisprudence comme un acte médical. En conséquence, seuls les membres des professions médicales peuvent le pratiquer : médecins, chirurgiens-dentistes pour les actes en lien avec la chirurgie dentaire et sages-femmes pour les actes en lien avec l’obstétrique. Les médecins sont formés grâce à deux formations nationales reconnues par le Conseil de l'Ordre des Médecins : le Diplôme inter-universitaire d'initiation à l'acupuncture médicale et la capacité médicale d'acupuncture. Les sages-femmes ont obligatoirement un diplôme d'acupuncture délivré par une université de médecine. L'Association Française d'Acupuncture répertorie les médecins diplômés (acupuncture-France.com). Les personnes n’appartenant pas au corps médical et pratiquant l’acupuncture peuvent être poursuivies pour exercice illégal de la médecine. Afin de garantir la sécurité du patient, il est nécessaire que le recours éventuel à l’acupuncture ne s’effectue qu’en complément de la prise en charge médicale conventionnelle et non en substitution de celle-ci, préviennent les experts de l’Inserm. Sources : * Rapport de l’Inserm de janvier 2014 sur l’acupuncture : https://www.inserm.fr/information-en-sante/rapports-thematiques et http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/fiche_acupuncture.pdf **http://www.academie-medecine.fr/Upload/4.rapport Th%C3%A9rapies compl%C3%A9mentaires1.pdf Hélène Joubert, journaliste santé d’après un entretien avec le Dr Gil Berger, médecin acupuncteur (Paris).

6 min

Lire l’article
Ma santé

Les Millennials, un rapport particulier au travail

Les Millennials, c’est-à-dire les 20-30 ans ont un rapport différent au travail et au monde de l’entreprise que leurs aînés, confiants en l’avenir et ayant intégré le terme de « flexi-sécurité ». Mais ils sont aussi demandeurs de plus de retour sur leur travail. Regard de cette génération « Y » sur le monde de l’emploi. La vie de famille d’abord ! Une enquête conduite auprès des actifs entre 20 et 30 ans* nous éclaire sur les aspirations de vie, professionnelles ou non, des Millennials. Pour eux, plus conscients de leur propre équilibre travail-vie privée, le temps passé en famille constitue le principal ressort de la vie, loin devant le travail et les amis ou encore l’argent. Néanmoins, pour 93 % des 20-30 ans actifs, la raison de travailler est avant tout de percevoir un revenu. Ensuite, ex aequo, sont avancés l’épanouissement personnel, la réalisation de soi et le développement des compétences. Une carrière non linéaire, un paramètre bien intégré par la génération Y Une approche naturelle pour cette génération est qu’il faut apprendre à apprendre. La clé d’adaptation permanente sera de développer ses compétences pour améliorer son employabilité, à défaut d’avoir un emploi garanti. Pour eux, l’évolution permanente, l’impossibilité de prévoir un plan de carrière, les changements de postes et d’orientation professionnelle inévitables… sont des données de départ, non perçues comme des problèmes. Ils adhérent à 68% au concept de flexisécurité, qui traduit le fait de concilier la flexibilité du travail recherchée par les entreprises et la sécurité professionnelle attendue par les salariés. Oui aux managers « animateurs » L’expertise « métier » du manager est reléguée au second plan derrière des capacités d’empathie, d’écoute, de leadership, d’humanité... des qualités humaines et relationnelles essentielles aux yeux des Milleniums. Par ailleurs, ils sont surtout réceptifs aux discours d’entreprise sincères, pragmatiques, tenant à distance les discours policés et la communication d’entreprise trop travaillée. Vis-à-vis des exigences de compétitivité actuels, la génération Y tend à être plus promotrice que détractrice de son entreprise. Loyal plutôt que fidèle Les salariés de la génération Y ont globalement une appréciation positive de leur job (58 %). Ce qui n’empêche pas près d’un sur deux d’être prêt à quitter son entreprise d’ici trois ans. Ils ne sont pas forcements des « zappeurs » proactifs comme on peut l’entendre, mais simplement prêts à saisir toutes les occasions. Au-delà d’une belle opportunité de carrière, s’ils sont disposés à quitter leur entreprise, c’est avant tout à la recherche d’un meilleur management (17 %), d’une meilleure ambiance de travail (16 %) et pourquoi pas afin de créer leur propre activité (14 %). Enfin, cette génération ne boude pas la promotion managériale, une idée reçue : 42 % des 20-30 ans actifs aspirent à endosser des responsabilités d’encadrement dans les trois ans et 30 % à évoluer dans leur métier. Une demande de feedbacks réguliers A l’instar d’autres travaux, de cette enquête ressort aussi la demande plus soutenue et régulière de retour sur leur travail, bousculant l’entretien annuel. Les Millenials veulent une communication simplifiée, franche, sans attendre l’évaluation annuelle, dépassée. De nombreuses entreprises l’ont bien compris et incitent leurs managers, qui appartiennent le plus souvent à la génération X , à des feedbacks en temps réel. Un point positif aussi vis-à-vis de l’entreprise, évitant l’autosatisfaction et privilégiant le mérite plutôt que la hiérarchie. *Enquête 2017 « les Millennials et le travail : l’entreprise au défi » pour CEGOS. Avril 2017. Hélène Joubert, journaliste

4 min

Lire l’article
Mon entreprise

Maladie cœliaque : bien comprendre l'intolérance au gluten

L’engouement pour l’alimentation « sans gluten » ne faiblit pas. Attitude souvent injustifiée, supprimer le gluten de son alimentation est néanmoins crucial pour certaines personnes qui souffrent d’une réelle maladie chronique de l’intestin : la maladie cœliaque. Testez vos connaissances à l’occasion de la Journée mondiale de la maladie cœliaque, le 18 mai. Quizz en huit questions. Le gluten, protéine présente dans les farines, peut provoquer une maladie potentiellement grave. VRAI. Lors de la maladie cœliaque, les « villosités » intestinales disparaissent. Ces replis de la muqueuse de l’intestin permettent l’absorption des nutriments (glucides, lipides, minéraux, vitamines etc.). Cette destruction est provoquée par une réaction anormale du système immunitaire déclenchée par l’ingestion de gluten. Cette protéine est présente dans les farines (blé, orge, seigle). Les formes graves représentent moins de 10% des maladies cœliaque. Toutes les maladies cœliaques se ressemblent. FAUX. Trop peu de personnes souffrant de maladie cœliaque sont dépistées. En cause, la grande variété des formes qu’elle peut prendre chez l’adulte, avec le plus souvent des symptômes modérés et peu spécifiques (ballonnements, fatigue, anémie, troubles gastro-intestinaux chroniques et de l’humeur, amaigrissement, douleurs articulaires etc.). Selon l’importance de la destruction des villosités intestinales, et de ce fait, en fonction de la gravité et de l’extension de la maladie, l’absorption des nutriments est plus ou moins réduite. Avec à la clé un retard de croissance chez l’enfant, un risque d’ostéoporose (malabsorption du calcium et de la vitamine D) et des maladies auto-immunes (diabète, problèmes thyroïdiens) chez les adultes jeunes, voire un risque accru de cancer. S’autoriser un peu de gluten est possible pour les malades cœliaques. FAUX. Le traitement consiste en l’exclusion totale du gluten de l’alimentation. C’est absolument démontré pour les maladies cœliaques. L’impact de cette éviction est probable chez les patients atteints d’hypersensibilité au gluten non cœliaque. La maladie cœliaque est réversible. VRAI. On peut guérir de la maladie cœliaque. L’éviction stricte du gluten permet de guérir la maladie dans l’immense majorité des cas. La repousse villositaire est obtenue en un an, en moyenne. On peut parler d’intolérance comme d’allergie au gluten. FAUX. La maladie cœliaque aussi appelée intolérance au gluten, est une réaction immunologique d’où une inflammation à l’origine de la destruction de la muqueuse intestinale. Cela n’a rien à voir avec un mécanisme allergique. Consommer de l’avoine est possible pour les malades cœliaques. VRAI. La consommation d’avoine a été discutée par le passé, du fait d’un risque de contamination des filières de production. Néanmoins, l’avoine n’est pas toxique en cas de maladie cœliaque. Si je vais mieux en supprimant les aliments contenant du gluten, c’est que j’ai une maladie cœliaque. VRAI et FAUX. Beaucoup de personnes voient leurs troubles digestifs s’estomper lorsqu’elles évitent le gluten. Elles ne sont cependant pas intolérantes au gluten. En réalité, leurs symptômes sont améliorés par la réduction dans l'alimentation de certains sucres peu digestibles responsables de fermentation (les "FODMAPs") et qui sont également présents dans les aliments contenant du gluten (comme les farines). De plus, le régime abusif « antigluten » peut empêcher de diagnostiquer une maladie cœliaque, les tests étant négatifs si le régime est strict. Lire la moindre étiquette doit devenir un réflexe. VRAI. La première cause d’échec du traitement est la mauvaise observance du régime d’éviction, qu’elle soit volontaire ou non. Une diététicienne et les associations de malades peuvent être d’un grand secours. Les composés interdits car contenant du gluten à repérer sur les étiquettes sont les suivants : amidon de blé, amidon issu des céréales interdites, acides aminés végétaux, assaisonnement (sans autre précision), avoine, blé ou froment, épeautre (blé ancestral), fécule de blé, fécule (sans autre précision), gélifiants non précisés, blé de Khorasan ou kamut® (blé ancestral), malt, matières amylacées, orge, pain azyme (farine de blé non levée), polypeptides, protéines végétales, seigle, triticale (hybride de blé et de seigle), gruau, liant protéinique. Merci au Pr Frank Zerbib (hépato-gastroentérologie, CHU de Bordeaux). Pour en savoir plus : L’Association Française Des Intolérants Au Gluten : http://www.afdiag.fr/ Hélène Joubert, journaliste

3 min

Lire l’article
Ma santé

Equilibre alimentaire : comment déchiffrer le nouvel étiquetage nutritionnel

Cinq couleurs pour mieux comprendre ce qu'on mange. C'est l'objectif du Nutri-Score, étiquetage nutritionnel officiel. Alors que la France lance une première campagne de promotion,on vous explique comment le déchiffrer. Pas assez de fruits et légumes, trop de sodas… En France, manger équilibré n'est plus la norme. Pour s'aider dans cette lourde tâche, il est parfois difficile de s'appuyer sur les tableaux au dos des emballages. Un nouveau dispositif pourrait faciliter la tâche des volontaires : le Nutri-Score. Fruit d'un long processus de concertation, ce logo est officiellement recommandé par les autorités sanitaires. Utilisé de manière volontaire par l'industrie agro-alimentaire, il est censé synthétiser la qualité nutritionnelle d'un aliment préparé (plats cuisinés, céréales, barres chocolatées, etc). Qu'est-ce que c'est ? Pour cela, une échelle de 5 couleurs est utilisée – complétée d'une lettre. Le "A", en vert, est décerné aux aliments les plus sains. Le "E", en rouge, est attribué aux produits les moins intéressants. Une manière de simplifier l'interprétation de ce qui était déjà affiché au dos des emballages. Avec le Nutri-Score, le consommateur "peut ainsi comparer les aliments entre eux entre différentes familles de produits, au sein d’une même famille ou pour un même aliment entre différentes marques", résume le Pr Serge Hercberg, directeur de l'Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN) et créateur du Nutri-Score, dans un communiqué de presse. Face à plusieurs paquets de céréales, il sera ainsi possible de faire la différence entre les choix "sains" et ceux qui risquent d'apporter trop de sucres ou de matières grasses. Avec le Nutriscore, c'est plus facile de manger mieux - en vidéo Quel impact pour le consommateur ? Le Nutri-Score a, avant tout, un objectif informatif. La "note" obtenue par le Nutella, par exemple, n'aura donc aucun impact imposé sur vos habitudes d'achat. "Si le consommateur est attaché à un produit, il peut tout à fait l’acheter", souligne le Pr Serge Hercberg. La seule différence, c'est que la consommation se fait en toute connaissance de cause. Ce qui peut être faussé par les allégations sur certains emballages, promettant à tort minceur et équilibre alimentaire. Cela ne dispense pas, toutefois, de déchiffrer le tableau complet. Cela vous permettra de connaître la proportion exacte de sucres, sel, matières grasses ou encore de fibres. Ce que le Nutri-Score ne permet pas. A quels aliments s'applique-t-il ? L'intérêt du Nutri-Score, c'est qu'il peut être utilisé pour une large variété d'aliments disponibles en supermarché. Boissons sucrées, desserts lactés, barres chocolatées, plats cuisinés, soupes instantanées… le spectre est large. Une seule condition : que les produits aient été transformés. Les fruits et légumes frais, les viandes et poissons frais mais aussi les cafés, levures et herbes aromatiques ne pourront donc pas afficher le Nutri-Score. Il faut dire que leur composition est assez transparente. Peu de risques de trouver du sel dans une courgette fraîche, et la présence de sucre dans un fruit est évidente. Comment obtient-on un logo vert ? Le logo Nutri-Score s'appuie sur un score élaboré au Royaume-Uni. C'est à partir de la "note" obtenue que la couleur est choisie. Ce système de calcul s'appuie sur deux éléments principaux. D'un côté, les composants "négatifs" de l'aliment sont pris en compte : densité calorique, acides gras saturés, sel, sucres simples. Une note de 0 à 40 est issue de cette première évaluation. D'un autre côté, les composants "positifs" du produit sont calculés : présence de fruits, légumes, légumineuses, fruits à coques, vitamines, part de fibres et de protéines. Tout cela permet d'obtenir une note de 0 à 15. La note "P" est ensuite soustraite de la note "N". En fonction du résultat, le logo sera vert, jaune, orange ou rouge. Dans une même catégorie, une pizza pourra donc obtenir une meilleure note car le fabricant a eu la main moins lourde sur le sel ou les matières grasses           Source : Dossier de presse Santé publique France Audrey Vaugrente, journaliste santé - souce : e-santé

2 min

Lire l’article
Ma santé

Cancer de la peau : 10 conseils pour s’en protéger

La semaine de sensibilisation au cancer de la peau est l'occasion de rappeler les précautions afin de limiter les risques d'avoir un mélanome. Cette semaine est également le moment d'effectuer un dépistage gratuit. C'est la bonne semaine pour prendre soin de sa peau. Du 14 au 18 mai, la sensibilisation au cancer de la peau est à l'honneur. A cette occasion, 300 dermatologues proposent de faire des consultations en cabinet ou par télé-dépistage afin de sensibiliser les Français. Chaque année, 80 000 cancers de la peau sont diagnostiqués. "Près de 70 % de ces cancers sont liés à des expositions excessives au soleil, principalement des expositions intermittentes et intenses pendant l'enfance", souligne la Direction générale de la santé. Certains gestes semblent tout bêtes mais peuvent réellement changer la vie. Comment prendre soin de sa peau et éviter un cancer ? Attention même en ville Il est important de rappeler que le soleil tape le plus fort à certaines heures. Il vaut donc mieux éviter l'ensoleillement entre 12 heures et 17 heures. Restez à l'ombre pendant ce temps-là. Ce conseil ne vaut pas que pour les vacances à la plage mais également pour la vie de tous les jours. Même si le temps est nuageux, les UV arrivent quand même jusqu'à votre peau. Il ne faut donc pas se fier au temps extérieur. Ne pas voir de soleil ne signifie pas qu'il n'existe pas de risque pour votre peau. D'ailleurs, en Bretagne, trois fois plus de mélanomes sont diagnostiqués par rapport à la moyenne nationale. Et ce malgré les nuages. Protégez-vous donc tous les jours quelques soit le degré d'ensoleillement. Les Français ne savent pas choisir leur crème solaire. La plupart prennent des produits indice 20 en pensant que cela fera l'affaire. Mais pour être vraiment bien protégé du soleil, il faut choisir une crème solaire indice 50 +.De plus, il est nécessaire de se remettre de la crème toutes les deux heures pour que le produit continue d'agir. On a tous tendance à mettre sa crème solaire quand on arrive sur la plage, mais il vaut mieux l'appliquer avant de sortir car il faut 15 minutes pour que son efficacité soit optimale. De plus, pensez à en remettre dès que vous sortez de l'eau même si celle-ci annonce résister à l'eau. Pour les enfants et les personnes pratiquant un sport aquatique en extérieur, ne mettez pas simplement votre maillot de bain mais prenez un vêtement spécialement conçu pour cette activité, et qui est anti-UV. La réverbération de l'eau augmente les risques d'attraper un coup de soleil. Ne pas exposer les enfants En cas de chaleur et soleil, ne vous baignez pas en plein soleil, mais choisissez de vous rafraichir à l'ombre. En effet, la réverbération augmente les risques d'attraper un coup de soleil. Même s'il fait chaud, il ne faut pas trop se découvrir, en particulier pendant les heures où le soleil tape le plus fort. Gardez toujours votre T-Shirt, des lunettes de soleil et un chapeau qui vous protègeront des rayons UV. En ce qui concerne les jeunes enfants, leur peau n'est pas encore suffisamment protégée pour faire face aux rayons du soleil. Il ne faut pas laisser votre enfant aller trop souvent au soleil et couvrez-le suffisamment. Si vous partez en vacances en montagne ou sous les tropiques, pensez à augmenter votre protection solaire. En effet, le soleil ne tape pas de la même façon selon les endroits de la planète. Tout au long de l'année, surveillez vos grains de beauté. Un grain de beauté peut changer d'aspect rapidement et il faut rester attentif. En cas de doute concernant un grain de beauté, rendez-vous chez un dermatologue pour un dépistage. Le cancer de la peau expliqué en vidéo https://www.dailymotion.com/video/x5k3c9l Source : Semaine de sensibilisation au cancer de la peau : "on note une augmentation de 10 % des cancers cutanés par an". 20 minutes. 14 mai 2018 Préserver sa peau face au soleil. Syndicat National des dermatologues - vénéréologues. Prévention solaire : en ville aussi, la vigilance est indispensable. Syndicat National des dermatologues - vénéréologues. Le soleil et les 10 commandements de protection - la charte du dermatologue. Syndicat National des dermatologues - vénéréologues. Manon Anger, journaliste santé - source : e-santé

3 min

Lire l’article
Ma santé

Le nouveau calendrier vaccinal 2018 apporte son lot de nouveautés

Comme promis, depuis le 1er janvier, onze vaccinations pédiatriques sont obligatoires. Elles conditionnent l’entrée en collectivité pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. C’est la nouveauté phare de cette dernière édition élaborée par le ministère chargé de la santé. Cela entérine une décision qui a fait couler beaucoup d’encre tout au long de l’année 2017. 11 vaccinations obligatoires Désormais, 11 vaccinations sont obligatoires chez le nouveau-né et conditionnent l’entrée en collectivité (crèches, centres aérés etc.) pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Il s’agit des vaccinations contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite (déjà obligatoires), la coqueluche, les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, les infections à pneumocoque, les infections invasives à méningocoque de sérogroupe C, la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR). Sauf contre-indication médicale reconnue et rare (en particulier allergie grave à l’un des composants du vaccin, réaction allergique grave suite à l’injection d’un précédent vaccin, immunodépression pour les vaccins vivants atténués comme le ROR), ces vaccinations doivent être pratiquées dans les 18 mois révolus de l’enfant et seront exigibles dès le 1er juin 2018 à l’entrée en collectivité et pour le maintien des enfants dans ces structures. Le Code de la santé publique prévoit l’admission temporaire des enfants n’ayant pas satisfait à l’obligation, en laissant un délai de trois mois pour se mettre en conformité avec la Loi. De nouveaux vaccins font leur entrée L’année 2018 marque l’arrivée dans le calendrier vaccinal de nouveaux vaccins dont les antigrippaux tétravalents, c’est-à-dire contenant non plus trois souches mais quatre contre la grippe saisonnière, pour mieux couvrir les souches grippales circulantes. Trois vaccins tétravalents contre la grippe disposent d’une autorisation de mise sur le marché. Ces vaccins existaient mais n’étaient pas remboursés jusqu’alors. Un nouveau vaccin à six souches vaccinales, contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, l’Haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B est désormais inscrit au catalogue des vaccins hexavalents. Mêmes souches, même indication que les autres déjà disponibles. Néanmoins, les experts conseillent de poursuivre tout schéma vaccinal entamé avec le même vaccin hexavalent. Des entrées… et des sorties ! Pour sa part, le Rouvax®, un vaccin monovalent (une seule souche) anti-rougeoleux sera définitivement indisponible dès le mois d’avril 2018. Il était utilisé chez les nourrissons âgés de 6 à 11 mois devant être vaccinés contre la rougeole dans un contexte de post-exposition ou de voyage en zone d'endémie. Lien sur le calendrier vaccinal : http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2018.pdf Les calendriers, détaillés en fonction des typologies de populations : https://www.mesvaccins.net/web/immunization_schedules Hélène Joubert, journaliste

3 min

Lire l’article
Ma santé

Les Français négligent leur audition

Deux Français sur trois n’ont jamais fait contrôler leur audition. Ils seraient pourtant entre 12 et 14 millions à souffrir d’acouphènes, irréguliers ou permanents, selon l’enquête Ifop-JNA « Acouphènes et hyperacousie : fléaux du 21e siècle » réalisée à l’occasion de la 21e édition de la Journée Nationale de l’Audition. Que devient l’audition des Français ? Préserver son audition pour « bien vieillir » Récemment, les études ont mis en lumière l’impact de la surdité sur la démence et la dépression du sujet âgé, indiquant que le fonctionnement du cerveau est bel et bien lié en partie à la déficience auditive. Prendre soin de son audition, c’est donc se donner les moyens de vieillir en bonne santé. Or voilà, les Français sont encore trop peu sensibilisés à cet enjeu, comme l’a constaté l’enquête Ifop-JNA sur les acouphènes et l’hyperacousie* à l’occasion de la Journée Nationale de l’Audition 2018, et font très rarement contrôler leur audition. En dehors du cadre de la réglementation du travail qui considère les acouphènes comme des symptômes aggravants en cas de surdités professionnelles, ceux-ci ne sont pas reconnus parmi les handicaps invisibles invalidants. Pourtant, avec l’hyperacousie, ils perturbent l’état de santé et l’équilibre de vie. Un individu sur trois souffrant d’acouphènes a consulté Le phénomène des acouphènes n’a rien d’anecdotique : 28% de la population serait concernée, soit 14 à 17 millions de Français. Entre 2 et 4 millions en souffriraient de manière permanente. Dixit le sondage Ifop-JNA 2018, « les traumatismes sonores aigus ou chroniques liés aux loisirs et à la vie quotidienne sont cités comme première cause des acouphènes, devant le bruit au travail ». Les conséquences de l’écoute de musique amplifiée sont sans appel. Dr Jean-Luc Puel, président de l’association JNA* : « Associés à des hallucinations auditives, ces acouphènes sont restés longtemps dans le domaine de la psychiatrie. Ils relèvent en réalité autant de l’ORL dans la mesure où ils témoignent d’une souffrance de l’oreille interne, que de la neurologie, de la psychologie (l’intolérance est plus ou moins exacerbée en fonction de l’état psychologique ou de l’état physiologique du cerveau des patients Alzheimer ou déments), voire de la médecine interne (hypertension artérielle non traitée, par exemple) ». La moitié des personnes souffrant d’acouphènes ne consulte pas (60% des 15-17 ans et 67% des 18-24 ans). Lorsqu’elles consultent, elles ressortent pour la moitié sans solution (67% des 15-54 ans). En effet, la physiopathologie de ce symptôme est mal connue. D’où un nomadisme médical flagrant, exposant à une dégradation de l’état de santé, à une détresse psychologique, à l’absence de détection de maladies graves signalées par la présence d’acouphènes (neurinome de l’acoustique, maladie de Menière, etc...) et à une surconsommation de médicaments de type anxiolytiques. Des solutions existent pourtant, comme tenir à distance les acouphènes en appliquant les techniques d’habituation en vue de mieux gérer ces phases, enseignées par des psychologues, des praticiens de Thérapies Cognitivo-comportementales, des sophrologues. Porter des aides auditives peut aider lorsqu’une perte de l’audition est associée aux acouphènes. Celles-ci permettent de mieux comprendre la parole. Des programmes "acouphènes" sont intégrables aux aides auditives ; ils masquent l’acouphène ou le recouvrent. L’hyperacousie concerne 8% de la population Si quatre personnes sur dix souffrant d’acouphènes déclarent une perte auditive associée, le problème est encore différent chez les personnes dites hyperacousiques, c’est-à-dire dont le dysfonctionnement de l'audition occasionne une hyperfragilité de l'ouïe : certains sons normalement perçus comme désagréables sont alors vécus comme pénibles et même douloureux. Autre donnée de cette enquête Ifop-JNA 2018, l’hyperacousie concernerait 8% de la population. La gêne liée à ce symptôme serait même supérieure à celle due aux acouphènes. La moitié des individus en souffrance n’a pas consulté pour autant… Les 24-35 ans hypothèquent leur avenir auditif Plus spécifiquement, 56% des 15-17 ans souffriraient d’acouphènes (49% des 18-24 ans). En dépit de ce taux considérable, le contrôle de l’audition ne fait pas partie de leur priorité : près de 80% des moins de 35 ans n’ont jamais fait contrôler leur audition. Quant à la perte auditive associée aux acouphènes, elle toucherait un jeune sur cinq de moins de 35 ans (27% des 25-34 ans). Prévenir la survenue d’acouphènes est en grande partie une question de comportement en limitant les expositions sonores toxiques, tant de loisir (musique via les écouteurs ou en concert, bricolage …) que professionnelles, en portant des protections auditives et en accordant à son système auditif des plages de récupération. Journée Nationale de l’Audition, exemple d’une initiative locale A l’occasion de cette 21ème Journée Nationale de l’Audition, les Centres de Santé de La Mutuelle Générale Jack Senet et Broca (Paris) ont proposé des tests de dépistage auditifs gratuits en présence d’un médecin ORL. Le bilan de cette journée est édifiant puisque 45,50% des participants ont présenté une déficience auditive significative et 28% des acouphènes. En cas de pathologie auditive avérée, un rendez-vous complémentaire était proposé au patient dans des délais raccourcis." Pour plus d’informations : www.journee-audition.org et ligne « Audio Info Service » (0 810 200 219) France Acouphènes : www.france-acouphenes.org et au 0 820 222 213 * Dossier de Presse JNA 2018 Hélène Joubert, journaliste

5 min

Lire l’article
Ma santé

Balance : comment bien se peser ?

Vous la connaissez : c’est votre meilleure amie ou ennemie, le compagnon de route de toute une vie pour la plupart d’entre vous ! Vous avez deviné ? Eh oui, c’est votre balance. Mais à quelle fréquence faut-il envisager un tête à tête ? Quotidiennement, plusieurs fois par jour ou toutes les semaines ? Quelles sont les erreurs à ne pas faire quand on monte dessus ? Réponses. Bien choisir sa balance Pourquoi se peser ? Se peser permet de savoir où on en est au niveau de son poids. C’est un indicateur pour bon nombre de pathologies. Sans pour autant en faire une fixation, il est utile de se peser. Au rayon des balances, le choix est de plus en plus vaste. De la simple balance à l’affichage imprécis, à la balance connectée en passant par la balance numérique à l’affichage plus fiable, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. Vous pouvez choisir entre avoir simplement un affichage de poids ou tout un panel d’indications intéressantes comme l’IMC (indice de masse corporelle), le pourcentage de masse grasse, de masse musculaire, le métabolisme de base…spécifique de l’impédancemètre. Il vous suffit pour cela d’y entrer votre âge, votre sexe, votre taille et le tour est joué. Deux précautions s’imposent pour obtenir un résultat fiable : ne posez pas votre balance sur une surface irrégulière comme un tapis mais plutôt sur du parquet ou du carrelage et toujours vous peser sur la même balance ! Quand faut-il se peser ? Voici les conditions idéales : le matin à jeûn, sans chaussure ni vêtements lourds ; idéalement en sous-vêtements et toujours dans les mêmes conditions ; ensuite remisez la balance dans votre placard. Ne la ressortez pas avant la semaine suivante. Pour prendre de la distance avec votre poids, pourquoi ne pas se baser sur un chiffre rond et oublier les décimales. On évitera la pesée après repas car les quantités ingérées vont avoir un impact sur votre pesée. Aussi, on évitera de se peser après le sport car vous avez perdu de l’eau donc poids erroné. Sauf certains qui se pèsent avant et après le sport pour avoir une idée des quantités d’eau perdues pour pouvoir s’hydrater correctement pendant sport. Pourquoi ne pas se peser tous les jours ? Tout simplement parce que le poids varie à plusieurs moments de la journée. En effet, selon votre consommation alimentaire, votre état de stress, de l’activité physique effectuée, de la température extérieure (chaleur ou froid), les variations d’eau dans l’organisme, selon votre période de menstruations pour les femmes (gratification de quelques kilos supplémentaires au compteur, jusqu’à 2 ou 3)…autant de facteurs qui peuvent influer sur votre poids. Donc vous comprendrez aisément qu’il est inutile de se peser plusieurs fois par jour au risque de voir la balance s’affoler et de devenir dépendant(e) de votre balance. La bonne fréquence : une fois par semaine. Mais surtout : Déculpabilisez si le poids affiché n’est pas celui escompté. Cela ne doit pas gâcher votre journée, ne doit pas miner votre moral. Relativisez et ne relâchez pas les efforts fournis. Dites-vous que ce sera mieux la semaine suivante. Hélène Joubert, journaliste

2 min

Lire l’article
Ma santé

Sommeil : la mélatonine n’est pas recommandée à tout le monde

Prendre un complément alimentaire pour dormir, c'est un réflexe chez de nombreuses personnes. Mais ceux à base de mélatonine ne sont pas conseillés à toutes et à tous, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail‬. C'est une hormone à qui on prête des vertus miraculeuses sur le sommeil. Mais elle n'est pas sans risque. 90 personnes ont souffert d'effets indésirables après avoir pris de la mélatonine, sous forme de compléments alimentaires. Selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (Anses), qui centralise les déclarations, ce produit ne devrait pas être placé entre toutes les mains. Sur le papier, la mélatonine est librement accessible en pharmacie et parapharmacie. Chaque année, plus d'un million de boîtes s'écoulent. Mais mal prise, elle peut provoquer vertiges, irritabilité ou encore douleurs abdominales. Et pour cause. Certaines maladies à haut risque La mélatonine est surnommée l'hormone du sommeil, mais elle ne se limite pas à favoriser l'endormissement. Elle participe aussi à la régulation de l'humeur, du système immunitaire, de la température interne, de la motricité intestinale. En plus de cela, elle joue un rôle dans la dilatation des vaisseaux sanguins et l'inflammation. Pour cette raison, le recours à la mélatonine est réglementé en France. Ne peuvent être commercialisés que les compléments alimentaires qui apportent moins de 2 mg par jour. Mais dans son avis, l'Anses souligne "l'absence de données suffisantes sur l'innocuité de la consommation quotidienne" d'une telle dose. L'Agence veut donc aller plus loin dans ses recommandations. Un avis médical est particulièrement nécessaire pour les personnes souffrant de certaines maladies : l'épilepsie, l'asthme, les troubles de l'humeur, du comportement ou de la personnalité, mais aussi les individus sous médicaments. Car la prise de mélatonine peut déséquilibrer la pathologie ou limiter l'efficacité du traitement. Toujours prendre un avis médical Trois autres populations sont jugées à risque :les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants et les adolescents. La prise de mélatonine doit être limitée autant que possible. Dernier conseil, avisé, de l'Anses : ne pas prendre de tels compléments alimentaires avant une activité nécessitant une vigilance maintenue. Conduire un véhicule, par exemple. Même sans facteur de risque particulier, il est conseillé de prendre conseil auprès d'un.e professionnel.le de santé.De manière générale, la prise de mélatonine "doit être évitée ou soumise à l'avis d'un médecin", tranche l'Anses. En ce qui concerne les risques sur la santé, l'Agence demande une harmonisation des réglementations en Europe. Et que des études de sécurité plus solides soient menées. Car certains effets ressentis n'ont pas pu être attribués directement à la mélatonine, bien que le doute subsiste. Source : Avis de l'Anses relatif aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la mélatonine, Anses, 11 avril 2018 Audrey Vaugrente, journaliste santé - Source : e-santé

2 min

Lire l’article
Ma santé

Les traitements anti puces de vos animaux de compagnie peuvent être dangereux pour vos enfants

Plusieurs produits antipuces pour chiens et chats ont été retirés des rayons de magasins de jardinerie, révèlent nos confrères de Libération. Ces produits contenant notamment des pesticides dangereux pour le développement cérébral des enfants. Les parents ne pensaient pas qu'en soignant leur chien ou leur chat, ils pourraient mettre en danger leurs enfants. Et pourtant. Mettre de l'antipuces à son animal est loin d'être anodin pour la santé de la famille. Le quotidien Libération révèle le retrait de nombreux produits vendus dans des enseignes comme Botanic. Parmi eux : Frontline, Fiprokil, Effitix, Effipro. Contenant des insecticides neurotoxiques comme la tétraméthrine, ils peuvent être à l’origine de troubles cognitifs et de cancers. Ces antipuces contiennent aussi du fipronil qui est interdit d'utilisation par les agriculteurs français car trop nocifs pour les abeilles. Un produit trop nocif pour être utilisé en agriculture mais qui se retrouve chez vous comme l'avait révélée l'association Génération Futures en 2014. De plus, ce produit a été classé cancérigène possible par l'Environmental protection agency (EPA) américaine. Mais ce n'est pas tout. Une étude datant de mars et publiée dans le Journal of Alzheimer's Diseases souligne que le fipronil et son dérivé, le fipronil-sulfone, provoque chez le rat des changements dans le cerveau, souvent associés à la maladie d'Alzheimer. Les fabricants continuent d'utiliser ce produit alors qu'il n'est même plus efficace puisque puces et tiques ont développé une résistance. C'est pour cela que "les produits vétérinaires y mélangent de la perméthrine (Effitix) ou le non moins controversé pyriproxifène (Effipro) ou le méthoprène (Frontline)" souligne Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS et vice-président du groupe de travail sur les pesticides systématiques (TFSP), aux journalistes de Libération. Il explique ensuite que "cette nouvelle découverte doit absolument et urgemment conduire les autorités à se demander s'il ne serait pas temps de réévaluer l'autorisation du fipronil dans les produits pour animaux domestiques". "D'autant que plus on est exposé jeune à cette molécule, plus cela peut avoir des conséquences sur le neuro-développement, car c'est pendant la grossesse et les premières années que se construisent le système nerveux et le cerveau. Et je ne parle même pas de la santé des animaux domestiques", conclut-il. Les pesticides perturbent le développement cognitif de l'enfant La cohorte PELAGIE (perturbateurs endocriniens : étude longitudinale sur les anomalies de la grossesse, l'infertilité et l'enfance) a suivi 300 couples (mère et enfant) afin d'évaluer la neurotoxicité des pyréthrinoïdes de la grossesse jusqu'aux six ans. L'étude servait de base pour une autre étude réalisée par l'Inserm sur le développement cognitif des enfants se retrouvant en contact avec ces produits. La seconde cohorte PELAGIE concerne 287 des mères et leur enfant au sixième anniversaire de celui-ci. Deux psychologues sont venus au domicile de la mère afin d'évaluer les performances neurocognitives de l'enfant mais également constater l'environnement familial qui peut jouer un rôle sur le développement. Grâce aux urines de la mère, les chercheurs ont pu établir un lien entre les performances cognitives et les pesticides. Ils ont analysé l'urine de la mère durant sa grossesse puis l'urine de l'enfant à son sixième anniversaire. Ils ont constaté "qu'une quantité importante de deux métabolites chez l'enfant est associée à une baisse significative des performances cognitives", conclut l'Inserm. Mais le lien entre l'exposition de la mère pendant sa grossesse et le développement de l'enfant ensuite n'a pas pu être établi. Cécile Chevrier, chargée de recherche à l'Inserm et principale auteure de ces études indique que "bien que ces observations doivent être reproduites par d'autres études afin de pouvoir conclure définitivement, elles pointent sur la responsabilité potentielle à faibles doses des insecticides pyréthrinoïdes sur le développement cognitif". Source : Alerte sur les anti puces bourrés d'insecticides neurtoxiques. Libération. 7 avril 2018 Fipronil and other Pyrazole insecticides induce amyloid-B42 production. STM publishing house/ Impacting the wolrd of science. 7 mars 2018 Enquête expert 3 : exposition aux pesticides pertubateurs endocriniens. Générations Futures. avril 2014 Impact de l'exposition environnementale aux insecticides sur le développement cognitif de l'enfant de 6 ans. Inserm. 9 juin 2015 Pyrethroid insecticide exposure and cognitive developmental disabilities in children : the PELAGIE mother-child cohort. ScienceDirect. Septembre 2015 Manon Anger, journaliste santé Source : e-santé

3 min

Lire l’article
Ma santé

Allergies alimentaires chez l’enfant : vers la fin du régime strict d’éviction ?

Les régimes d’éviction stricte, contraignants, sont encore très fréquemment prescrits chez les enfants allergiques alimentaires. Or, les études s’accumulent et confirment que le faible pourcentage d’enfants hyper-réactifs à l’arachide, à l’œuf etc. ne justifie pas que l’on mette toute une population d’enfants allergiques sous régime d’éviction strict. La grande majorité d’entre eux peut bénéficier d’un régime assoupli. Explications. Au nom du principe de précaution… Aujourd’hui, chez les enfants allergiques alimentaires, les protocoles de réintroduction des aliments sont fondés sur le seuil réactogène, c’est-à-dire que leur objectif est de provoquer une réaction. La progression des doses se fait toutes les 15 à 30 minutes. Or, en plus d’être risqués, ils ne permettent pas d’imputer de façon certaine la réaction survenue à une dose précise, la réaction allergique pouvant être rapide à la dernière dose, lente à la 4ème ou à plusieurs doses cumulées. Dr Martine Drouet (Unité d’Allergologie Générale, CHU d’Angers) : « Dans le doute, de nombreux régimes d’éviction stricts sont maintenus, alors même qu’ils ne sont pas justifiés ». Un régime assoupli pour 70% des enfants allergiques à l’arachide Pour tenter de libérer certains enfants des contraintes souvent inutiles d’un régime alimentaire strict, une étude a été conduite dans plusieurs centres d’allergologie français selon des critères de fiabilité élevés (en « double aveugle contre placebo »). L’objectif de l’essai MANOE était de mettre au point un test pratique et standard de réactivité allergique – ce qui n’existe pas à l’heure actuelle – au moyen de faibles doses croissantes d’allergènes alimentaires. En pratique, quatre petites doses d’aliments (arachide, lait de vache, œuf cuit, blé) ont été réintroduites toutes les 90 minutes chez les enfants de 1 à 16 ans ayant une allergie immédiate (via les anticorps IgE). Il ne s’agit plus alors de déclencher une réaction comme dans les protocoles de réintroduction, mais de vérifier la tolérance des petites doses sans, si possible, déclencher de réaction clinique. Les médecins ont pu ainsi repérer précisément la dose d’allergènes maximale tolérée par chacun des enfants de l’étude, et assouplir une bonne partie des régimes d’éviction. Les résultats obtenus avec l’arachide révèlent que les enfants hyper-réactifs aux protéines d’arachide ne sont pas si nombreux, moins de 30%. 71,7% des enfants de l’étude sous régime d’éviction strict étaient tolérants, c’est-à-dire sans symptômes ou avec des symptômes subjectifs. Ces enfants tolérants se sont vus prescrire un régime assoupli, c’est-à-dire l’autorisation de consommer des « traces » et de l’huile d’arachide. Vers un nouveau test de réactivité allergique ? Les visites de suivi à trois mois ont été rassurantes quant à la sécurité de la prescription du régime assoupli : seuls trois enfants ont présenté une réaction après consommation de traces, et celle-ci était mineure. Par ailleurs, les résultats avec les allergies à l’œuf cuit et au lait de vache étaient similaires, avec respectivement près de 80%, et de 83% d’enfants tolérants. Ces données vont être mises à l’épreuve à plus large échelle mais suggèrent d’ores et déjà que le pourcentage d’enfants réellement hyper-réactifs est faible. Dr Martine Drouet (Unité d’Allergologie Générale, CHU d’Angers), coordonnatrice de l’étude MANOE : « De plus, nous avons remarqué que le régime d’éviction est plus ancien chez les enfants non-tolérants que chez les tolérants, illustrant le fait que le risque de non-tolérance augmente avec la rigueur du régime. Parce qu’un régime d’éviction strict conduit sur le long terme semble favoriser l’intolérance, il est impératif s’assouplir le régime alimentaire de ces enfants ; on ne leur rend pas service en les maintenant sous régime d’éviction ». D’après une interview du Dr Martine Drouet (Unité d’Allergologie Générale, CHU d’Angers), et le suivi des Journées francophones de nutrition (décembre 2017, Nantes) par Hélène Joubert, journaliste

3 min

Lire l’article
Ma santé