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Prévoyance à la retraite : pourquoi faut-il la poursuivre ?
À la retraite, votre contrat de prévoyance d’entreprise prend fin, mais certains besoins de protection demeurent. Décès, obsèques, perte d’autonomie : découvrez les garanties à envisager pour vous protéger et préserver vos proches.
1. Que devient ma prévoyance d’entreprise quand je pars à la retraite ?
Elle s’arrête. Le contrat collectif de prévoyance couvre les salariés en activité. Le mécanisme de portabilité prévu par l’article L. 911-8 du Code de la Sécurité sociale suppose de bénéficier de l’assurance chômage au titre de la rupture du contrat de travail : un départ à la retraite n’y ouvre pas droit. Une exception importante : les prestations déjà acquises ou en cours au moment du départ continuent d’être servies, en application de l’article 7 de la loi Evin du 31 décembre 1989.
Pour mieux comprendre dans quelles conditions la portabilité des garanties de prévoyance s’applique, consultez notre article dédié.
2. Quels risques reste-t-il à couvrir une fois à la retraite ?
Pas tous ceux de la vie active. Les garanties incapacité et invalidité ont pour objet de compenser une perte de revenus professionnels en cas d’arrêt de travail. Une fois retraité, votre pension ne dépend plus de votre capacité à travailler : ces garanties perdent leur raison d’être.
Trois risques, en revanche, demeurent et prennent même de l’importance avec l’âge :
- le décès, et ses conséquences financières pour votre conjoint et vos proches ;
- les frais d’obsèques ;
- la perte d’autonomie.
C’est sur ces trois volets que se construit la prévoyance à la retraite.
A retenir
Hors prestations déjà en cours, la prévoyance d’entreprise ne se prolonge pas d’elle-même après le départ. Les garanties décès, obsèques et perte d’autonomie se souscrivent alors à titre individuel, idéalement sans attendre, car les conditions d’adhésion se resserrent avec l’âge.
3. Une assurance obsèques ou une garantie dépendance, est-ce de la prévoyance ?
Oui. La prévoyance regroupe les garanties qui interviennent sur les aléas de la vie : décès, incapacité, invalidité, perte d’autonomie et frais d’obsèques. À la retraite, les deux derniers volets deviennent, avec la garantie décès, le cœur de la protection. Un contrat obsèques peut être souscrit en capital, versé aux proches, ou en prestations, avec organisation des funérailles définie à l’avance. L’enjeu est concret : selon une étude Silver Alliance–Simplifia, le coût moyen des obsèques atteignait 4 789 € en 2024(1) .
4. Comment protéger mon conjoint si je disparais ?
Trois leviers se combinent :
- Le capital décès d’un contrat de prévoyance individuelle, versé aux personnes désignées.
- La rente de conjoint, qui produit un revenu régulier plutôt qu’une somme unique.
- Et la pension de réversion des régimes de retraite, dont les conditions d’âge et de ressources diffèrent entre le régime de base et l’Agirc-Arrco.
Le point à ne pas négliger
La clause bénéficiaire. Une clause rédigée il y a vingt ans, avant un divorce, un remariage ou une naissance, peut conduire à verser le capital à une personne qui n’est plus celle que vous auriez désignée aujourd’hui. Elle se modifie à tout moment.
5. Puis-je encore souscrire à 69 ans, et à quelles conditions ?
Oui, mais les règles se resserrent. Chaque contrat fixe son propre âge limite d’adhésion, et les formalités médicales sont plus fréquentes qu’à 40 ans. Trois points à lire avant de signer :
- les délais de carence, souvent appliqués au décès par maladie sur les contrats obsèques ;
- les exclusions de garantie ;
- et le rapport entre les cotisations versées et le capital garanti sur la durée. Certains contrats obsèques prévoient une revalorisation du capital, d’autres non.
6. Que couvre une garantie perte d’autonomie ?
Elle verse une rente mensuelle lorsque la perte d’autonomie est reconnue selon les critères du contrat, le plus souvent l’impossibilité d’accomplir seul certains actes de la vie quotidienne ou un niveau de GIR (Groupe Iso-Ressources) . Les contrats distinguent généralement dépendance totale et dépendance partielle : c’est la définition retenue, plus que le montant affiché, qui détermine la protection réelle.
Le sujet n’a rien de théorique. En 2021, plus de 2 millions des 18 millions de personnes de 60 ans ou plus vivant en France étaient en perte d’autonomie, dont un tiers en perte d’autonomie sévère, et ce nombre approcherait 2,8 millions dans les années 2050 (Insee–Drees). L’allocation personnalisée d’autonomie, versée par les départements, bénéficiait fin 2023 à 1,36 million de personnes : elle finance une partie du besoin, jamais la totalité.
Vous souhaitez faire le point sur ce qui vous couvre aujourd’hui et sur ce qui protège vos proches ?
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(1) "Obsèques : combien ça coûte de mourir en France ?", SilverEco
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