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Qu’est-ce que la télémédecine ? Comment fonctionnent vos remboursements optique ? On répond aux questions que vous vous posez !
Asthme : des traitements efficaces mais trop peu suivis
L’asthme touche 4 millions de Français. En suivant régulièrement leur traitement, 9 asthmatiques sur 10 pourraient avoir une vie normale. Pourtant, près de 1 sur 2 oublie ou néglige ses médicaments. Le point avec le Pr Alain Didier, chef du service de pneumologie au CHU de Toulouse. Le souffle court, une difficulté à faire parvenir de l’air jusqu’aux poumons, l’impression d’étouffer, des sifflements dans la poitrine : c’est ce que ressentent, à des degrés variables, les personnes en proie à une crise d’asthme. Chez les asthmatiques, les bronches présentent une sensibilité excessive à certains facteurs stimulants, ce qui se traduit par une inflammation chronique. « Il s’agit de la maladie chronique la plus fréquente chez l’enfant – entre 9 et 10 % sont concernés – et de la pathologie respiratoire chronique la plus courante chez l’adulte avec une prévalence de 7 à 8 % », détaille le Pr Alain Didier, chef du service de pneumologie au CHU de Toulouse. Au total, environ 4 millions de Français doivent composer avec cette pathologie dont les symptômes varient selon les individus. Les uns ne sont incommodés que par des crises sporadiques, les autres toussent fréquemment et sont gênés au moindre effort. D’autres encore, entre 5 et 10 % des asthmatiques, présentent une forme sévère de la maladie, avec des symptômes quotidiens, des crises à répétition et une fonction respiratoire souvent altérée. Dans tous les cas, les crises peuvent être graves, conduire aux urgences, en réanimation, voire présenter une issue fatale. Environ 1 000 personnes décèdent ainsi d’asthme chaque année et 600 000 journées d’hospitalisation sont imputables aux soins d’urgence prodigués aux personnes asthmatiques. Si l’on ajoute le coût des traitements, des arrêts maladie et de l’ensemble des conséquences sociales de la maladie, l’asthme pèse pour plus de 1 milliard d’euros dans les dépenses de santé publique. Une maladie multifactorielle Difficile de savoir précisément ce qui est à l’origine de la maladie chez une personne, a priori, en bonne santé. « Il y a d’abord un terrain génétique avec des gènes prédisposants auxquels se greffent des facteurs environnementaux, explique le Pr Didier. L’exposition à des produits irritants dans le milieu professionnel (peintures, produits chimiques…), la présence d’allergènes dans la maison ou à l’extérieur (acariens, pollens, moisissures…), la pollution de l’air ou la fumée de cigarette constituent autant de facteurs de risques. » D’autres particularités prédisposent à devenir asthmatique, comme les naissances prématurées, les bronchiolites à répétition pendant la petite enfance, l’obésité, le fait d’être issu d’une famille dans laquelle les allergies ou l’asthme sont fréquents, etc. Dans tous les cas, la qualité de l’environnement est déterminante dans l’apparition de l’asthme. Ce qui explique que la prévalence de la maladie chez les enfants a presque doublé au cours des deux dernières décennies. « Les raisons tiennent essentiellement au milieu dans lequel nous évoluons, assure le Pr Didier. Nous vivons davantage à l’intérieur, nous devons composer avec un air chargé de particules irritantes, nous mangeons des aliments qui modifient la composition de notre flore intestinale et, du coup, influent sur le fonctionnement de notre système immunitaire… Bref, nous sommes de plus en plus exposés à des éléments allergènes et irritants susceptibles de donner naissance à une inflammation des bronches. » Traitement quotidien L’asthme ne se guérit pas. Tout l’enjeu de la prise en charge consiste donc à espacer et à raréfier les crises. Cela passe en premier lieu par l’élimination des facteurs déclenchants, puis par l’administration d’un traitement. Pour la grande majorité des personnes asthmatiques, il permet de contrôler efficacement la maladie. « Ceux qui font une crise de temps en temps peuvent se contenter d’un bronchodilatateur de secours. C’est le cas pour 30 à 40 % des asthmatiques, indique le pneumologue. La majorité des malades a toutefois besoin d’un traitement de fond basé sur une association de corticoïdes et de bronchodilatateurs pour diminuer l’inflammation, endiguer une gêne plus fréquente et limiter la fréquence des crises. » Les traitements sont efficaces, permettant d’avoir une vie normale et de pratiquer une activité physique à neuf asthmatiques sur dix. À condition d’être suivis régulièrement. Or, environ un patient sur deux n’y parvient pas. « Soit parce qu’ils peinent à utiliser le dispositif d’inhalation qui, du coup, rend inefficaces les molécules, soit parce qu’ils ont naturellement tendance à arrêter de prendre leur traitement en dehors des crises, quand tout va bien, regrette le Pr Didier. Il est alors essentiel pour les médecins de bien faire prendre conscience aux patients qu’ils souffrent d’une maladie qui nécessite un traitement quotidien pour éviter des crises graves et l’installation d’une gêne handicapante au quotidien. » Reste les asthmatiques sévères, ceux pour lesquels les traitements de base ne permettent pas de contrôler la pathologie. C’est en particulier sur ces patients que se concentrent les travaux de recherche sur de nouvelles molécules. Depuis une dizaine d’années, ils peuvent bénéficier des « anticorps anti-IgE » destinés à bloquer la production par l’organisme de substances responsables de l’inflammation allergique des bronches. L’année prochaine, un nouveau traitement devrait être commercialisé : il s’agit des médicaments dits « anti-IL5 », dirigés contre certaines protéines également impliquées dans un type de réaction inflammatoire qu’on retrouve fréquemment dans l’asthme. Comme pour les nouveaux traitements du cancer, ceux de l’asthme deviennent personnalisés. « Dès lors qu’il existe de nombreuses formes d’asthme, les travaux s’orientent désormais vers l’identification des particularités de chacun pour pouvoir prescrire la molécule adaptée à la situation individuelle des patients », conclut le Pr Alain. Avis d’expert Une maladie multiforme « Il existe de nombreuses formes d’asthme, aussi est-il impossible d’imaginer un unique vaccin qui protégerait de la maladie l’ensemble de la population. La recherche se tourne donc plutôt vers des thérapeutiques orientées selon les différents types d’asthme. Elles s’inscrivent dans le cadre des traitements ciblés, à l’image des nouvelles molécules telles que les anti-IgE, les anti-IL5, et même les anti- IL13 encore au stade de développement. » Pr Alain Didier, chef du service de pneumologie au CHU de Toulouse.
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Quels aliments privilégier pour doper sa mémoire ?
De nombreuses études l’attestent : manger équilibré contribue à prévenir les troubles de la mémoire. On fait le point sur les aliments aux vertus protectrices. Si le vieillissement cérébral dépend de facteurs génétiques, il peut cependant être ralenti par une bonne hygiène de vie », assure le Pr Francis Eustache, directeur de recherche à l’Inserm. Et notamment par une bonne alimentation. Différents aliments permettent ainsi d’optimiser sa mémoire. Les poissons Les poissons, gras en particulier, exercent un effet protecteur grâce aux oméga 3 EPA et DHA qu’ils fournissent quasi exclusivement. Ces graisses spécifiques s’opposent aux phénomènes inflammatoires qui, avec l’âge, augmentent et contribuent à altérer le cerveau. Ils contiennent également des vitamines B qui contribuent au bon fonctionnement des neurones. L’idéal ? Manger un poisson gras (sardines, maquereau…) et un poisson maigre (cabillaud, colin…) par semaine. (1) Les fruits et les légumes Ils sont riches en antioxydants qui protègent le cerveau du vieillissement prématuré : bêta-carotène et autres pigments de la même famille, vitamines C et E, polyphénols… Différentes études montrent d’ailleurs que les personnes qui consomment au moins 400 g de fruits et légumes par jour ont une meilleure mémoire que les autres, voire moins de risques de souffrir d’une maladie neuro-dégénérative de type Alzheimer. À savoir : les légumes verts sont très riches en vitamines B9, dont la carence peut provoquer une altération des facultés intellectuelles. Les fruits secs Rien de tel qu’une petite poignée de fruits secs le matin : les noix, noisettes et amandes sont une bonne source de vitamine B9, et même d’oméga 3 pour les noix. Une bonne habitude… à ne pas oublier !en savoir plus Rendez-vous sur le site « On mange quoi ? » de La Mutuelle Générale, où vous retrouverez un dossier complet sur ce thème. http://onmangequoi.lamutuellegenerale.fr (1) Sur le même sujet, lire p. 30. À savoir Pratiquer une activité physique régulière est essentiel pour préserver ses performances intellectuelles. L’exercice agirait en améliorant l’oxygénation du cerveau et en favorisant la migration des nouveaux neurones vers les cellules défaillantes pour les remplacer. L’idéal ? Trente minutes quotidiennes de marche rapide. Rien n’empêche néanmoins de faire du vélo, de nager ou de jardiner ! Sans compter que l’exercice contribue à avoir un sommeil de meilleure qualité, dont l’impact est bénéfique pour l’activité cérébrale.
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50 ans, l’heure des bilans
On peut se sentir en forme à 50 ans. Mais il faut savoir que certaines maladies restent longtemps silencieuses. C’est pourquoi il est recommandé, à cet âge, de procéder à différents examens de dépistage, en plus de ceux auxquels vous invite l’Assurance maladie. La marche à suivre avec le Dr Jean-Loup Dervaux, médecin généraliste.
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Vrai ou faux sur les risques en vacances
Vous avez peut-être déjà commencé à préparer votre valise et votre trousse de premiers soins. Vous avez certainement encore le temps de réviser vos connaissances en matière de prévention et de chasser certaines idées reçues qui pourraient vous faire prendre des risques inutiles.
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Intolérance au gluten : peut-on parler d'allergie ?
Les personnes qui sont sensibles au gluten peuvent présenter soit une intolérance au gluten, soit être victimes d’une véritable allergie alimentaire. Alors, qu’est-ce qui distingue l’une de l’autre ? Peut-on vraiment parler d’allergie en cas d’intolérance au gluten ?
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L’hépatite C, bientôt du passé ?
Grâce à la généralisation récente de nouveaux médicaments dans l’hépatite C, il est désormais possible d’en guérir. Le Plan national de santé publique dévoilé le 26 mars dernier, a repris les recommandations 2018 des hépatologues français. Le dépistage et le traitement universels sont les clés d’une éradication de cette maladie virale à l’horizon 2025.
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Au bureau, en vacances, chez soi en télétravail… comment prévenir le grignotage ?
Souvent une béquille en cas de stress, de problème affectif, d’inactivité, de réelle fringale… le grignotage peut coûter cher en termes de surcharge pondérale. Quelques clés pour le comprendre et s’en libérer.
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Savoir reconnaître la douleur des petits, pour mieux la soulager
Même prématuré, l’enfant naît avec un circuit de la douleur opérationnel Le nouveau-né (0-28 jours) et le bébé (29 jours à deux ans) sont équipés pour ressentir la douleur mais ils la perçoivent encore plus fortement que le petit enfant (2-6 ans) et a fortiori l’adulte. En effet, avant l’âge de 1 an, les mécanismes « inhibiteurs » qui servent à réduire le ressenti douloureux ne sont pas matures. De plus, dès la naissance, lorsqu’un message douloureux est perçu, il est aussi connecté aux régions du cerveau liées aux émotions, aux pensées, à la réflexion et surtout à la mémorisation. En conséquence, pour le même geste douloureux ou type de douleur, la douleur suivante sera supérieure à celle du premier geste. Enfin, si les émotions couplées à la douleur (peur, angoisse, tristesse) sont bien-sûr ressenties déjà par le nourrisson, l’aspect cognitif, c’est à dire le raisonnement inspiré par une douleur (causes, traitement possible, attitude à adopter etc.) fait en revanche défaut au bébé jusqu’à 2-3 ans, pour ne se développer vraiment qu’après 6 ans. Dr Elisabeth Fournier-Charrière, pédiatre au Centre d'étude et de traitement de la douleur de l'adulte et de l'enfant (CHU Bicêtre) et co-auteur du Guide « la douleur de l’enfant, l’essentiel » PEDIADOL : « Jusqu’à deux ans, l’enfant ne comprend pas ce qui lui arrive, d’où sa détresse intense avec des cris, des pleurs, des gesticulations. Passé l’âge de 2 ans, avec un début de langage et de raisonnement, il commence à comprendre les causes, mais est toujours facilement envahi de façon globale par la douleur. Ainsi, jusqu’à 6-7 ans, comme l’enfant vit encore « dans l’instant », la douleur est perçue comme dramatique et est très souvent vécue comme une punition ». A chaque âge son expression de la douleur Le nourrisson et le bébé ne font rien d’autre qu’exprimer leur ressenti selon leurs possibilités : ils sont « perdus » dans ce qui leur arrive. Contrairement au nourrisson, le petit enfant à partir de 18 mois-2 ans va acquérir des mécanismes pour se rassurer, c’est-à-dire interagir (avec le début du langage) pour chercher le réconfort d’une grande personne, s’attacher à des objets d’amour, se distraire etc. Les manifestations de la douleur dépendent de l’âge et des possibilités de communication. Avant le langage, c’est le corps qui va s’exprimer d’abord par des cris, la grimace, une agitation, et se débattre. Mais si la douleur se prolonge, tous les enfants (dès la naissance) vont se replier sur eux-mêmes pour se défendre contre cette sensation. Dr Fournier-Charrière : « C’est alors un signe d’alerte, l’enfant est prostré et n’entre plus en relation (immobilité, défaut d’expression et de communication, refus de boire, de manger, trouble du sommeil). C’est typiquement le bébé « grognon » qui a une otite. Le repère clé pour les parents est : « Pas comme d’habitude ». Il joue moins, cherche plus de réconfort, tient l’endroit douloureux, a des activités inhabituelles, pleurniche plus, gémit ou grogne plus, est plus calme, plus inquiet, a moins d’énergie, mange moins... Ces dix comportements anormaux à repérer sont colligés dans une échelle appelée PPMP (Postoperative Pain Measure for Parents) destinée aux parents* ». Chez le petit enfant, c’est presque pareil : il peut hurler au début mais, très vite, il va trouver une position antalgique et ne pleure plus que par moments, refuse qu’on le touche, proteste. Il y a chez lui une adaptation de la position mais aussi une plainte exprimée par la parole, même au début du langage. Il faut attendre 5 à 6 ans pour que l’enfant puisse indiquer l’intensité de sa douleur et la décrire (« ça tape ou ça brûle ou ça pique… »). Les échelles d’auto-évaluation de la douleur avec les visages expressifs (réglette des visages) peuvent être utilisées dès 4-5 ans. Douleur : que faire à la maison ? La douleur est une sensation mais aussi une émotion. Les moyens non médicamenteux sont puissants vis-à-vis de la douleur ; l’écoute et le réconfort (être en confiance, rassuré, écouté) permettent de minimiser le ressenti douloureux, ainsi que la distraction qui détourne l’attention de l’enfant par des stimulations visuelles, auditives, tactiles... En ce qui concerne l’utilisation des antalgiques (Paracétamol, Ibuprofène) ils doivent être utilisés strictement sur prescription du médecin traitant généraliste ou pédiatre. Quant au nouveau-né, il importe pour le soulager d’associer la tétine et le bercement, et de veiller à la façon dont il est soutenu. Une technique est de soutenir avec ses quatre membres regroupés en flexion). Pour en savoir plus : -« Votre enfant a mal. Que faire ? » Brochure de l’association SPARADRAP, une mine d’infos pratiques pour soulager la douleur de son enfant au quotidien. http://www.sparadrap.org/ -*« La douleur de l’enfant, l’essentiel » PEDIADOL (www.pediadol.org) Postoperative Pain Measure for Parents pour l'évaluation de la douleur par les parents d'enfants de 2 à 12 ans pour chaque item, score 0 (signe absent) à 1 (signe présent) total sur 15. D’après un entretien avec le Dr Elisabeth Fournier-Charrière, pédiatre au Centre d'étude et de traitement de la douleur de l'adulte et de l'enfant (CHU Bicêtre). Hélène Joubert, journaliste
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Rhinite allergique, rhume des foins : 5 questions auxquelles vous n’aviez pas pensé
On estime qu’une personne sur 4 est concernée. Malgré cette fréquence très élevée, les idées fausses qui circulent autour de la rhinite allergique sont nombreuses. Parallèlement, certains aspects sont rarement abordés alors qu’ils contribuent à une bonne connaissance de cette affection et améliorent la prise en charge. Voici une sélection de 5 questions rarement posées, aux réponses pourtant très instructives. Nez qui coule ou inversement bouché, démangeaison nasale, éternuements à répétition et perte d’odorat représentent la myriade de symptômes typiques de la rhinite. S’ils restent bénins, ils n’en sont pas moins gênants et épuisants, avec des répercussions parfois très importantes dans la vie professionnelle et sociale. Pour mettre fin à la rhinite, il faut consulter son médecin afin que celui-ci porte le diagnostic et propose un traitement adapté. La rhinite est-elle forcément allergique ? Non, les allergènes ne sont pas responsables de toutes les rhinites. À côté des rhinites dites allergiques, déclenchées le plus souvent par une exposition aux pollens ou aux poussières (moisissures, acariens, poils d’animaux), il existe des rhinites non allergiques. Elles sont alors infectieuses, liées à des virus, des bactéries, des champignons, ou irritatives, en relation avec un habitat insalubre, une exposition à des parfums, des polluants, des sulfites inhalés ou avalés, etc. Elles peuvent également être neurologiques, les symptômes de la rhinite étant déclenchés lors des contrastes de température ou de luminosité, comme poser le pied sur un sol froid, manger trop chaud ou passer de l’ombre à la lumière, et mécaniques, en relation avec une déviation de la cloison ou la présence d’un corps étranger dans les voies nasales. Enfin, il existe des rhinites à profil génétique particulier, dites NARES (rhinites non allergiques à éosinophiles), prédisposant notamment aux polypes sinusiens. Pourquoi l’arrêt du tabac aggrave la rhinite allergique ? Les personnes atteintes de rhinite allergique qui arrêtent de fumer se sentent plus allergiques qu’avant. Ce phénomène passager est dû au fait que le fumeur pollue son environnement proche et ne respire pas le même air que les non-fumeurs. Quand il arrête de fumer, il respire à nouveau un air normal, qui est plus concentré en allergènes que la fumée tenait à distance. Résultat, il est davantage sujet aux réactions allergiques. Cela dit, le tabac accentue le risque de rhinite et d’allergie, car fumer abime les muqueuses. Il est donc impératif d’entreprendre un sevrage tabagique, y compris si l’on est allergique. Il suffit d’informer son médecin et allergologue afin de bénéficier d’un traitement suffisamment antiallergique avant d’arrêter le tabac, au risque de décourager le candidat allergique au sevrage. L’opération des végétations améliore-t-elle la rhinite ? Il s’agit ici d’un exemple de rhinite non allergique, liée à un blocage mécanique, de grosses végétations faisant obstacle. Les ôter revient à éliminer la cause, tout comme on le ferait encas de polype nasal ou sinusien, de déviation de la cloison nasale ou de corps étranger (petit pois, Lego, morceau de Playmobil?). Peut-on utiliser des diffuseurs de parfums pour améliorer la rhinite ? Surtout pas ! Contre la rhinite, il faut bien respirer et respirer un air sain et pur. Or les diffuseurs de parfums propagent dans l’air toutes sortes de polluants atmosphériques qu’il faut inversement éviter. De la même façon, les mouchoirs imprégnés de menthol ou adoucis aux protéines de lait sont contre-indiqués. Moins il y a de substances ajoutées, mieux c’est ! Il faut donc privilégier des mouchoirs nature, qui n’irritent pas et qui ne peluchent pas. Peut-on utiliser des purificateurs d’air ? C’est une bonne idée. Il est recommandé de préférer ceux qui filtrent l’air et le conditionnent à ceux qui revendiquent des procédés novateurs non prouvés (ex. ionisation). Attention à ne pas ajouter d’huiles essentielles. Marion Garteiser, journaliste santé
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Le nouveau carnet de santé de l’enfant est arrivé
Le carnet de santé de l’enfant a fait peau neuve. Depuis le 1er avril 2018, le nouveau modèle du carnet de santé, les nouvelles courbes de croissance et les nouveaux certificats de santé sont entrés en vigueur. La pédagogie et la prévention avant tout. Le cru 2018 du carnet de santé est arrivé Une nouvelle fois, pas de carnet de santé dématérialisé, pas de simplification attendue en lien avec un carnet de vaccination électronique… la refonte du carnet de santé de 2006, sur les propositions du Haut Conseil de Santé Publique, touche surtout le fond et reste en « version papier ». Les modifications sont dans la droite ligne de la politique de promotion de la santé, incluant la prévention, dans tous les milieux et à tous les âges de la vie. Les messages de prévention ont donc été enrichis et actualisés pour tenir compte des évolutions scientifiques et sociétales, de la parution de nouvelles recommandations et de l’identification de nouveaux risques. A noter, l’ajout des comptes-rendus des cinq examens bucco-dentaires de l’enfant jusqu’à 18 ans, d’une page consacrée à l’adjonction de produits sanguins, une autre aux hospitalisations et aux examens radiologiques. Le carnet de santé est délivré gratuitement pour tout enfant lors de la déclaration de naissance (Article 2132-1 du Code de la santé publique). Emergence des messages de prévention Afin que le carnet joue son rôle informatif, de nombreux messages sont passés aux parents, sur la diversification alimentaire ou le bain, sur la protection contre les écrans, vis-à-vis de l’environnement, des accidents domestiques, de la mort inattendue de l’enfant, du botulisme, sur le sommeil et le couchage ou encore sur la prévention et le dépistage des troubles sensoriels. En guise d’exemples, les messages de prévention sont très larges comme celui de privilégier les biberons garantis sans bisphénol A, d’éviter de laisser l’enfant de moins de trois ans dans une pièce où la télévision est allumée (même s’il ne la regarde pas) à l’utilisation d’un lit à barreaux sans tour de lit (risque d’étouffement). Le syndrome du bébé secoué étant une réalité, des conseils sont délivrés aux parents pour réagir face aux pleurs de leur bébé (« couchez votre bébé dans son lit (sur le dos), quittez la pièce et demandez l’aide d’un proche (famille, ami, voisin…) ou d’un professionnel »). Enfin, afin de limiter l’exposition aux allergènes et produits chimiques présents dans l’environnement quotidien et potentiellement toxiques pour les bébés, des recommandations ont été ajoutées par rapport à l’édition de 2006 : aérer le domicile 10 minutes chaque jour, réduire le nombre de produits d’entretien et préférer les produits à composant unique, ne pas utiliser de parfums d’intérieur, d’encens ni de bougies, utiliser des jouets et articles de puériculture homologués CE ou NF et éviter l’utilisation de produits cosmétiques dans les premiers mois, tant pour le bébé que pour ses parents. Un chapitre « surveillance médicale » à partir de l’âge de 3 mois de l’enfant prodigue des conseils et répond à la majeure partir des questions posées par les parents en cas de vomissements, de diarrhées, de difficultés à respirer ou de fièvre. Un tableau synoptique permet aussi de visualiser des repères d’introduction des aliments lors de la diversification alimentaire. Enfin de nouvelles courbes de croissance Quant aux courbes de croissance, dites de Sempé établies en 1979 à partir d’une cohorte d’enfants parisiens nés dans les années 50, elles ont laissé la place à de nouvelles, destinées à suivre la croissance des enfants bien portants et à repérer certaines maladies. Ces courbes ont été établies par l’Inserm (unité 1153/CRESS), à partir de la surveillance de 261 000 enfants français, avec la collaboration de médecins généralistes et de pédiatres répartis sur tout le territoire métropolitain. L'édition 2018 tient compte du sexe à tous les âges, ce qui n’était pas le cas de la précédente édition qui ne distinguait pas la croissance des garçons de celle des filles avant trois ans. L’intégration des nouvelles recommandations vaccinales Le nouveau carnet de santé de l’enfant accompagne la modification du calendrier vaccinal et l’extension des obligations à 11 vaccinations pédiatriques. Celles-ci conditionnent l’entrée en collectivité pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. En effet, chez les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018, les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, le pneumocoque, le méningocoque C, la rougeole, les oreillons et la rubéole sont obligatoires. Comme pour le carnet précédent, la copie des deux doubles pages a valeur de certificat de vaccination. Un nouveau rendez-vous Jusqu’à présent, une consultation était prévue pour le bébé dans son premier mois de vie. Le carnet 2018 entérine une consultation pédiatrique entre 6 à 10 jours après la naissance (deuxième semaine de vie). Repérer précocement d’éventuelles pathologies, rassurer la mère et les parents, informer sur l’allaitement ou d’autres préoccupations… une consultation d’autant plus justifiée que le nombre de sorties précoces de la maternité est en augmentation. Une version numérique d’un carnet de santé est consultable à cette adresse : http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/carnet_de_sante-num-.pdf Hélène Joubert, journaliste
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Crème solaire enfants : 90 % des parents ne l’appliquent pas au bon moment
Quel est le bon moment pour mettre de la crème solaire à son enfant ? La plupart des parents ne connaissent pas la réponse. Et 35 % promènent leur bébé au pire moment de la journée. Attention à bébé en été. Les parents n'ont pas toujours de bonnes habitudes avec leur bambin en période estivale, d'après une enquête commandée par Newpharma. 90 % d'entre eux ne choisissent pas le bon moment pour appliquer de la crème solaire à leur enfant, sur un panel représentatif de 1 199 adultes. Ces parents étalent l'écran solaire au moment de l'exposition alors qu'il est important de laisser le produit former une barrière protectrice sur la peau. De plus, ils sont 89 % à ne pas appliquer de protection solaire assez régulièrement à leur enfant. Un parent sur trois ne sait pas choisir Après 30 minutes d'exposition, l'efficacité de ces produits diminue de 90 %. Il est donc primordial de renouveler l'opération très souvent. Autre problème, plus de la moitié des parents ne remettent pas de crème à leur bébé lorsqu'ils sortent de baignade. Or, lorsqu'il y a contact avec l'eau, la crème est "rincée" et l'eau va provoquer une réverbération qui accélère l'apparition de coups de soleil. De plus, un tiers des parents ne choisit par le bon indice de protection pour la peau de leur enfant. En effet, les peaux fragiles ou très claires sont plus vulnérables au soleil. Il est donc important de choisir un indice élevé (50) pour les protéger longtemps et efficacement. C'est en raison de ces mauvais réflexes que 40 % des enfants de moins de trois ans ont déjà eu un coup de soleil. Or, ces événements augmentent le risque de développer un cancer de la peau. Eviter le soleil entre 11h et 16h Pour éviter ces risques pour la peau de vos tout petits, quelques conseils simples peuvent être appliqués : Choisissez une crème solaire avec l'indice maximal (SPF50+) et l'appliquer 30 minutes avant l'exposition. Renouveler l'opération toutes les 2 heures voire toutes les 30 minutes pendant les heures où le soleil tape le plus (11h - 16h) ; Rincer et sécher son enfant après la baignade pour lui remettre de la protection; Préférez les heures où le soleil tape le moins fort pour sortir avec votre enfant. L'idéal étant les sorties avant 11 heures ou après 16 heures ; Mettre son enfant à l'ombre sous un parasol ou derrière un pare-soleil ; Lui mettre des lunettes de soleil ainsi qu'un chapeau ou casquette ; Lui faire porter des vêtements couvrants, voire anti-UV ; Pour éviter la déshydratation, faire boire de l'eau à son enfant régulièrement et en petite quantité ; Installer son bambin sur une serviette plutôt qu'à même le sable puisque 20 % des UV sont réverbérés par le sable. Ces conseils peuvent également s'appliquer pour les grands enfants puisque la protection solaire 100 % n'existe pas. Le cancer de la peau expliqué en vidéo https://www.dailymotion.com/video/x5k3c9l Manon Anger, journaliste santé Source : e-santé
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Maladies parodontales, lutter contre les idées reçues !
L’immense majorité des Français se considère en bonne santé générale et les deux tiers en bonne santé bucco-dentaire. Ont-ils raison d’être si optimistes, d’autant que la connaissance des signaux d’alerte en santé bucco-dentaire laisse à désirer ? Une santé bucco-dentaire plutôt bonne, selon 68% des Français Une enquête sur les Français et la santé de leurs gencives vient de paraître. Globalement, les répondants se considèrent en bonne santé générale (93%) et 68% d’entre eux en bonne santé bucco-dentaire. 59% affirment connaître le lien entre santé générale et santé bucco-dentaire et surtout les plus âgés. Ce défaut de connaissance du lien est accentué parmi les répondants qui se considèrent en mauvaise santé dentaire (32%) et qui sont pourtant 85% à se considérer en bonne santé générale. Les signaux d’alerte en santé bucco-dentaire peu connus La prise de conscience des signaux d’alerte en santé bucco-dentaire est faible : 89% des répondants qui ont les gencives rouges, enflées et/ou douloureuses se considèrent tout de même en bonne santé générale. Par ailleurs, le saignement des gencives n’est pas perçu comme un signal d’alerte bucco-dentaire puisque 64% déclarent que leurs gencives sont en bonne santé alors que 76% ont les gencives qui saignent régulièrement au brossage. 29% avouent avoir mauvaise haleine (halitose), deuxième signal d’alerte d’une maladie parodontale, et là aussi, pourtant 52% d’entre eux déclarent avoir les gencives en bonne santé. En outre, en cas de gencives douloureuses ou qui saignent, 22% déclarent ne rien faire. Même si les recommandations d’hygiène bucco-dentaire quotidienne portées par l’Union française de la santé bucco-dentaire (UFSBD) sont suivies (66% se rendent annuellement au cabinet dentaire et 74% se brossent les dents au moins 2 fois par jour), les Français ne sont que 9% à consulter en cas de gencives douloureuses ou qui saignent. L’automédication a la côte : 64% changent de dentifrice pour un « spécial Gencives » ou une brosse à dents « à poils souples », ou utilisent un bain de bouche pendant plusieurs jours. La moitié de la population souffrirait de gingivite En France, les données épidémiologiques montrent que la moitié de la population à partir de 35 ans présente un problème parodontal (gingivite), avec des formes sévères dans 10% des cas. En effet, la gingivite est le premier stade. La gencive est rouge, gonflée, douloureuse et saigne au contact. Réversible, elle est liée à la présence de certaines bactéries contenues dans la plaque dentaire. Si rien n’est fait, cette gingivite devient chronique et évolue vers une parodontite, c’est à dire une atteinte des tissus de soutien de la dent (ligaments qui maintiennent la dent dans son alvéole osseuse associée à une fonte osseuse appelée déchaussement dentaire) ; ceci pouvant conduire à la perte spontanée des dents. Si elle n’est pas réversible, son évolution peut néanmoins être stoppée. Cette méconnaissance du lien entre santé dentaire et santé générale peut avoir des conséquences importantes, notamment concernant les interactions qui sont scientifiquement prouvées avec les maladies chroniques (diabète, maladies cardio-vasculaire) mais également avec le risque d’accouchement prématuré… Par exemple, les personnes diabétiques de type 1 et 2 ont un surrisque d’apparition de ces parodontites et d’aggravation de celles-ci. A l’inverse, une étude récente a aussi regardé l’influence de l’état parodontal sur la fonction pulmonaire chez des personnes jeunes (20-44 ans) en bonne santé. Les participants dont l’indice de santé parodontale était le plus bas avaient une capacité respiratoire dégradée (2). Comment prévenir la maladie parodontale ? Pour éviter la gingivite, un détartrage annuel, un brossage rigoureux deux fois par jour avec une brosse à dent souple sont essentiels. Le soin est à compléter par le passage d’un fil dentaire ou de brossettes interdentaires le soir. En effet, stopper l’évolution de la maladie parodontale est possible, au moyen d’un détartrage simple suivi d’un détartrage sous la gencive (surfaçage). En effet, il existe un espace situé entre la gencive et la racine qui devient un réservoir à bactérie (« poche parodontale »). Dr Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et porte-parole de l’UFSBD : « A l’action mécanique du détartrage s’ajoute une action chimique par une irrigation antiseptique des poches. Lorsque la destruction osseuse est trop importante et ne permet pas de sauver la dent, les solutions comme les prothèses amovibles, les implants ou les bridges sont proposées. En sachant qu’une parodontite peut secondairement se développer autour de l’implant (péri-implantite), si l’hygiène n’est toujours pas parfaite. Suite à une parodontite, trois brossages par jours pendant deux minutes et passage des brossettes interdentaires matin et soir sont alors recommandés. En effet, ces espaces étant beaucoup plus larges à cause de la fonte osseuse, le fil dentaire ne suffit plus ». Dans l’enquête, une personne sur deux a eu un détartrage réalisé depuis moins d’un an. Cependant quatre répondants sur dix n’effectuent pas de visite annuelle chez le dentiste. Uniquement 10% des répondants effectuent un nettoyage interdentaire via l’utilisation du fil dentaire ou brossettes après le brossage. Plus d’un tiers (38%) utilise encore un type de brosse à dents à poils medium ou durs. Quant au bain de bouche, il limite l’adhésion de la plaque dentaire sur la surface des dents et des muqueuses. Il doit être gardé dans la bouche au moins trente secondes. Selon les résultats de l’enquête, les Français utilisent le bain de bouche quotidien en complément du brossage pour une hygiène plus efficace (54%) mais aussi pour 15% d’entre eux pour apaiser leurs gencives. (1) Enquête UFSBD/Pierre Fabre Oral Care sur la santé bucco-dentaire des Français menée auprès de 32 421 Français du 8 décembre 2017 au 20 janvier 2018 ; (2) Pérez Barrionuevo AM et coll. PLoS ONE. 2018; 13: e0191410 Hélène Joubert, d’après un entretien avec le Dr Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et porte-parole de l’UFSBD (Union française de la santé bucco-dentaire).
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5 conseils pour se protéger des tiques
Le retour des beaux jours est signe de promenade dans les jardins et forêts... Mais c'est aussi le retour des tiques, dont la morsure peut transmettre la maladie de Lyme. Le mois de mai est un pic de tique. Le printemps et son beau temps donnent envie de se promener en forêt ou dans des jardins... mais attention à ces bestioles. Elles peuvent être porteuses de plusieurs maladies, dont la maladie de Lyme, rappelle l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). La tique est principalement présente en forêt mais également dans les jardins. Son pic de présence se situe au printemps - à partir de mai - et en automne. Leurs morsures sont "le principal vecteur d'agent pathogène responsable de maladies infectieuses, affectant les animaux et les hommes", souligne l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire). Les chaussures fermées de rigueur Autrement dit, elles sont porteuses d'une bactérie capable de nous rendre malades. L'Anses a donc publié un communiqué en début de semaine pour appeler à la vigilance, mais également pour suggérer quelques réflexes permettant de se protéger face aux tiques. Les produits contre les tiques vont bientôt envahir les allées des pharmacies et parapharmacies, si ce n'est déjà fait. L'Anses conseille d'utiliser ces répulsifs, mais uniquement ceux disposant d'une autorisation de mise sur le marché. N'oubliez pas de lire les conditions d'utilisation et de les respecter scrupuleusement. Lors de promenades, portez des chaussures fermées ainsi que des vêtements couvrants. Cela évitera que la tique ne se faufile jusqu'à votre peau. Il est aussi important de privilégier les couleurs claires pour mieux repérer les tiques qui se poseraient sur le vêtement. Attention au chemin choisi Pendant une balade, choisissez de marcher sur les chemins balisés plutôt que de vous aventurer dans les herbes hautes, des buissons et des branches basses. Ils constituent un refus de choix pour ces bestioles. Quand vous rentrez chez vous, pensez à bien vous inspecter afin de repérer d'éventuelles tiques. Si vous en trouvez une, enlevez-la immédiatement grâce à un tire-tique. Mais n'utilisez surtout pas d'éther ou tout autre produit qui augmente le risque de transmission de maladies. Si vous trouvez une blessure, après l'avoir retiré, pensez à bien désinfecter la plaie. De plus, si vous remarquez l'apparition d'un érythème migrant (une tâche rougeâtre en forme d'anneau qui grandit lentement autour du point de la morsure) dans les jours qui suivent, rendez-vous immédiatement chez votre médecin. L'Inra et ses partenaires ont édité une application, Signalement-Tique, en juillet 2017. Elle doit permettre aux gens de signaler leurs morsures de tiques mais aussi celles de leurs animaux. Il est même possible d'envoyer les tiques dans un laboratoire à Nancy. Grâce aux signalements, une carte des régions les plus touchées avait pu être réalisée entre juillet et septembre 2017. Le Grand Est, la Bretagne et le Centre étaient les plus signalés. Mais en Bretagne, par exemple, il n'y a beaucoup de cas de maladie de Lyme ce qui laisse à penser que les tiques ne sont pas infectées ou qu'ils ne transmettent pas obligatoirement la maladie. Tiques : les Alpes déclarent le plus grand nombre de morsures en vidéo : https://www.dailymotion.com/video/x6ktgh3 Manon Anger, journaliste santé Source : e-santé
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Acupuncture, en finir avec les idées reçues
L’acupuncture est pratiquée en Chine depuis l'Antiquité. Son principe : l'énergie Qi circulerait le long de 26 méridiens dans le corps. Pour soigner certains symptômes ou maladies, l’acupuncteur régule sa circulation en disposant de fines aiguilles sur ces méridiens. Cette thérapeutique non conventionnelle a fait depuis peu son entrée à l’hôpital par la grande porte, où elle est testée dans des centres hospitaliers parisiens en particulier. L’Académie nationale de médecine a reconnu qu’elle pouvait rendre certains services, en complément des traitements médicaux. L’acupuncture, complémentaire de la médecine allopathique L’acupuncture peut être qualifiée de médecine générale, que les troubles soient organiques, psychiques ou fonctionnels (lorsque les organes vont bien mais ne fonctionnent pas correctement). Mais jusqu’à un certain point de gravité. Dr Gil Berger, médecin acupuncteur (Paris) : « L’acupuncture peut améliorer les symptômes, en complément de la médecine allopathique (au moyen des médicaments) lorsque le trouble est important (forte anxiété, chimiothérapie anticancéreuse etc.), résume. Elle peut aussi intervenir sur les maladies organiques (lorsqu’un organe est malade) en potentialisant le traitement allopathique, comme dans les maladies inflammatoires de l’intestin ou en cas de hernie discale ». Les pathologies pour lesquelles l’acupuncture est la plus souvent pratiquée sont les douleurs chroniques (lombalgie, arthrose, névralgie, fibromyalgie, mal de tête, etc.), l’anxiété, la dépression ou l’insomnie chronique, les troubles liés à la grossesse (nausées, lombalgies et sciatique, éversion fœtale, etc.) et les addictions (au tabac, à l’alcool ou aux drogues ou substances psychoactives). Cette énumération liste les indications thérapeutiques variées proposées par les acupuncteurs* et provient du rapport paru en 2014 rédigé par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur l'acupuncture, lequel souligne que « la plupart des résultats des essais publiés ne s’appuient pas sur des protocoles suffisamment rigoureux pour pouvoir conclure à l’efficacité de l’acupuncture ». Selon les experts de l’Inserm, les résultats disponibles montrent que l’acupuncture pratiquée à l’aide d’aiguilles a des effets bénéfiques pour le traitement des douleurs chroniques ou des nausées et vomissements (en période postopératoire, liés à la grossesse ou provoqués par une chimiothérapie anticancéreuse). Précédemment, l’Académie nationale de médecine, dans son rapport de mars 2013**, estimait pour sa part que l'acupuncture pouvait apporter un bénéfice aux patients souffrant de lombalgie ou cervicalgie chronique, de migraine ou céphalée de tension, d'arthrose des membres inférieurs, ou encore d'épicondylite (lésions des tendons des muscles de l'avant-bras). Les douleurs lombaires, du bassin et de l’accouchement peuvent être soulagées chez les femmes enceintes par l’acupuncture. Elle est utile pour prévenir les migraines, les nausées et vomissements induits par la chimiothérapie anticancéreuse. Dans les domaines des addictions (sevrage tabagiques, troubles du comportement alimentaire, perte de poids etc.) l’acupuncture peut participer au traitement, en complément d’une psychothérapie, d’un suivi par un nutritionniste etc. De plus, une vaste étude chinoise fin 2016 a souligné son intérêt dans la constipation chronique sévère. L’acupuncture, un soin « bien-être » ? Les acupuncteurs sont divisés et certains posent franchement la question « Pourquoi recourir à un soignant lorsque l’on est en bonne santé ? ». L’acupuncture est une thérapeutique complémentaire. Elle soigne donc un problème d’ordre médical. Son objectif n’est pas d’offrir un moment de relaxation. En revanche, si ce besoin de détente provient d’un état psychologique qui pose problème (anxiété, dépression, stress etc.), on entre alors dans le domaine du soin médical. Dr Gil Berger : « Pour la même raison, elle n’a pas d’utilité pour entretenir un effet bénéfique obtenu par le passé par l’acupuncture ». Implantation d’aiguilles, dispositifs d’acupression, application de ventouses, d’aimants, lasers… L’acupuncteur pique au niveau des méridiens, d’où son nom latin acupunctura, de acus (aiguille) et punctura (piqûre). Le système des méridiens n’est pas mature avant l’âge de six ans. Les aiguilles sont en inox, stériles et à usage unique pour prévenir tout risque d’infection. Elles sont indolores car leur diamètre est celui d’un gros cheveu (0,20 à 0,25 mm). Elles sont laissées en place pendant quelques minutes à plus de 30 minutes. Éventuellement, le praticien peut effectuer un léger mouvement de rotation pour potentialiser l’effet. En remplacement des aiguilles, il peut utiliser des Moxa (armoise en poudre) afin de chauffer les points d’acupuncture. Quant au laser ou aux infra-rouges, ils donnent juste une dimension « scientifique » à la pratique. Dr Gil Berger : « Neuf patients sur dix qui suivent des séances d’acupuncture y croient. Malheureusement, cela ne fonctionne pas à chaque fois, y compris chez les convaincus. A l’inverse, des sceptiques reconnaissent l’amélioration de leurs troubles ou symptômes grâce à l’acupuncture. En Chine et en France, elle est pratiquée sur des animaux (chevaux, chiens), dont on ne peut présumer de leur parti-pris ! L'aspect émotionnel entre en ligne de compte dans l’appréciation du soulagement car l’acupuncture ne dissocie pas l'esprit du corps. » Qui sont les acupuncteurs ? L’acte d’acupuncture est considéré par la jurisprudence comme un acte médical. En conséquence, seuls les membres des professions médicales peuvent le pratiquer : médecins, chirurgiens-dentistes pour les actes en lien avec la chirurgie dentaire et sages-femmes pour les actes en lien avec l’obstétrique. Les médecins sont formés grâce à deux formations nationales reconnues par le Conseil de l'Ordre des Médecins : le Diplôme inter-universitaire d'initiation à l'acupuncture médicale et la capacité médicale d'acupuncture. Les sages-femmes ont obligatoirement un diplôme d'acupuncture délivré par une université de médecine. L'Association Française d'Acupuncture répertorie les médecins diplômés (acupuncture-France.com). Les personnes n’appartenant pas au corps médical et pratiquant l’acupuncture peuvent être poursuivies pour exercice illégal de la médecine. Afin de garantir la sécurité du patient, il est nécessaire que le recours éventuel à l’acupuncture ne s’effectue qu’en complément de la prise en charge médicale conventionnelle et non en substitution de celle-ci, préviennent les experts de l’Inserm. Sources : * Rapport de l’Inserm de janvier 2014 sur l’acupuncture : https://www.inserm.fr/information-en-sante/rapports-thematiques et http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/fiche_acupuncture.pdf **http://www.academie-medecine.fr/Upload/4.rapport Th%C3%A9rapies compl%C3%A9mentaires1.pdf Hélène Joubert, journaliste santé d’après un entretien avec le Dr Gil Berger, médecin acupuncteur (Paris).
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Maladie cœliaque : bien comprendre l'intolérance au gluten
L’engouement pour l’alimentation « sans gluten » ne faiblit pas. Attitude souvent injustifiée, supprimer le gluten de son alimentation est néanmoins crucial pour certaines personnes qui souffrent d’une réelle maladie chronique de l’intestin : la maladie cœliaque. Testez vos connaissances à l’occasion de la Journée mondiale de la maladie cœliaque, le 18 mai. Quizz en huit questions. Le gluten, protéine présente dans les farines, peut provoquer une maladie potentiellement grave. VRAI. Lors de la maladie cœliaque, les « villosités » intestinales disparaissent. Ces replis de la muqueuse de l’intestin permettent l’absorption des nutriments (glucides, lipides, minéraux, vitamines etc.). Cette destruction est provoquée par une réaction anormale du système immunitaire déclenchée par l’ingestion de gluten. Cette protéine est présente dans les farines (blé, orge, seigle). Les formes graves représentent moins de 10% des maladies cœliaque. Toutes les maladies cœliaques se ressemblent. FAUX. Trop peu de personnes souffrant de maladie cœliaque sont dépistées. En cause, la grande variété des formes qu’elle peut prendre chez l’adulte, avec le plus souvent des symptômes modérés et peu spécifiques (ballonnements, fatigue, anémie, troubles gastro-intestinaux chroniques et de l’humeur, amaigrissement, douleurs articulaires etc.). Selon l’importance de la destruction des villosités intestinales, et de ce fait, en fonction de la gravité et de l’extension de la maladie, l’absorption des nutriments est plus ou moins réduite. Avec à la clé un retard de croissance chez l’enfant, un risque d’ostéoporose (malabsorption du calcium et de la vitamine D) et des maladies auto-immunes (diabète, problèmes thyroïdiens) chez les adultes jeunes, voire un risque accru de cancer. S’autoriser un peu de gluten est possible pour les malades cœliaques. FAUX. Le traitement consiste en l’exclusion totale du gluten de l’alimentation. C’est absolument démontré pour les maladies cœliaques. L’impact de cette éviction est probable chez les patients atteints d’hypersensibilité au gluten non cœliaque. La maladie cœliaque est réversible. VRAI. On peut guérir de la maladie cœliaque. L’éviction stricte du gluten permet de guérir la maladie dans l’immense majorité des cas. La repousse villositaire est obtenue en un an, en moyenne. On peut parler d’intolérance comme d’allergie au gluten. FAUX. La maladie cœliaque aussi appelée intolérance au gluten, est une réaction immunologique d’où une inflammation à l’origine de la destruction de la muqueuse intestinale. Cela n’a rien à voir avec un mécanisme allergique. Consommer de l’avoine est possible pour les malades cœliaques. VRAI. La consommation d’avoine a été discutée par le passé, du fait d’un risque de contamination des filières de production. Néanmoins, l’avoine n’est pas toxique en cas de maladie cœliaque. Si je vais mieux en supprimant les aliments contenant du gluten, c’est que j’ai une maladie cœliaque. VRAI et FAUX. Beaucoup de personnes voient leurs troubles digestifs s’estomper lorsqu’elles évitent le gluten. Elles ne sont cependant pas intolérantes au gluten. En réalité, leurs symptômes sont améliorés par la réduction dans l'alimentation de certains sucres peu digestibles responsables de fermentation (les "FODMAPs") et qui sont également présents dans les aliments contenant du gluten (comme les farines). De plus, le régime abusif « antigluten » peut empêcher de diagnostiquer une maladie cœliaque, les tests étant négatifs si le régime est strict. Lire la moindre étiquette doit devenir un réflexe. VRAI. La première cause d’échec du traitement est la mauvaise observance du régime d’éviction, qu’elle soit volontaire ou non. Une diététicienne et les associations de malades peuvent être d’un grand secours. Les composés interdits car contenant du gluten à repérer sur les étiquettes sont les suivants : amidon de blé, amidon issu des céréales interdites, acides aminés végétaux, assaisonnement (sans autre précision), avoine, blé ou froment, épeautre (blé ancestral), fécule de blé, fécule (sans autre précision), gélifiants non précisés, blé de Khorasan ou kamut® (blé ancestral), malt, matières amylacées, orge, pain azyme (farine de blé non levée), polypeptides, protéines végétales, seigle, triticale (hybride de blé et de seigle), gruau, liant protéinique. Merci au Pr Frank Zerbib (hépato-gastroentérologie, CHU de Bordeaux). Pour en savoir plus : L’Association Française Des Intolérants Au Gluten : http://www.afdiag.fr/ Hélène Joubert, journaliste
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Equilibre alimentaire : comment déchiffrer le nouvel étiquetage nutritionnel
Cinq couleurs pour mieux comprendre ce qu'on mange. C'est l'objectif du Nutri-Score, étiquetage nutritionnel officiel. Alors que la France lance une première campagne de promotion,on vous explique comment le déchiffrer. Pas assez de fruits et légumes, trop de sodas… En France, manger équilibré n'est plus la norme. Pour s'aider dans cette lourde tâche, il est parfois difficile de s'appuyer sur les tableaux au dos des emballages. Un nouveau dispositif pourrait faciliter la tâche des volontaires : le Nutri-Score. Fruit d'un long processus de concertation, ce logo est officiellement recommandé par les autorités sanitaires. Utilisé de manière volontaire par l'industrie agro-alimentaire, il est censé synthétiser la qualité nutritionnelle d'un aliment préparé (plats cuisinés, céréales, barres chocolatées, etc). Qu'est-ce que c'est ? Pour cela, une échelle de 5 couleurs est utilisée – complétée d'une lettre. Le "A", en vert, est décerné aux aliments les plus sains. Le "E", en rouge, est attribué aux produits les moins intéressants. Une manière de simplifier l'interprétation de ce qui était déjà affiché au dos des emballages. Avec le Nutri-Score, le consommateur "peut ainsi comparer les aliments entre eux entre différentes familles de produits, au sein d’une même famille ou pour un même aliment entre différentes marques", résume le Pr Serge Hercberg, directeur de l'Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN) et créateur du Nutri-Score, dans un communiqué de presse. Face à plusieurs paquets de céréales, il sera ainsi possible de faire la différence entre les choix "sains" et ceux qui risquent d'apporter trop de sucres ou de matières grasses. Avec le Nutriscore, c'est plus facile de manger mieux - en vidéo Quel impact pour le consommateur ? Le Nutri-Score a, avant tout, un objectif informatif. La "note" obtenue par le Nutella, par exemple, n'aura donc aucun impact imposé sur vos habitudes d'achat. "Si le consommateur est attaché à un produit, il peut tout à fait l’acheter", souligne le Pr Serge Hercberg. La seule différence, c'est que la consommation se fait en toute connaissance de cause. Ce qui peut être faussé par les allégations sur certains emballages, promettant à tort minceur et équilibre alimentaire. Cela ne dispense pas, toutefois, de déchiffrer le tableau complet. Cela vous permettra de connaître la proportion exacte de sucres, sel, matières grasses ou encore de fibres. Ce que le Nutri-Score ne permet pas. A quels aliments s'applique-t-il ? L'intérêt du Nutri-Score, c'est qu'il peut être utilisé pour une large variété d'aliments disponibles en supermarché. Boissons sucrées, desserts lactés, barres chocolatées, plats cuisinés, soupes instantanées… le spectre est large. Une seule condition : que les produits aient été transformés. Les fruits et légumes frais, les viandes et poissons frais mais aussi les cafés, levures et herbes aromatiques ne pourront donc pas afficher le Nutri-Score. Il faut dire que leur composition est assez transparente. Peu de risques de trouver du sel dans une courgette fraîche, et la présence de sucre dans un fruit est évidente. Comment obtient-on un logo vert ? Le logo Nutri-Score s'appuie sur un score élaboré au Royaume-Uni. C'est à partir de la "note" obtenue que la couleur est choisie. Ce système de calcul s'appuie sur deux éléments principaux. D'un côté, les composants "négatifs" de l'aliment sont pris en compte : densité calorique, acides gras saturés, sel, sucres simples. Une note de 0 à 40 est issue de cette première évaluation. D'un autre côté, les composants "positifs" du produit sont calculés : présence de fruits, légumes, légumineuses, fruits à coques, vitamines, part de fibres et de protéines. Tout cela permet d'obtenir une note de 0 à 15. La note "P" est ensuite soustraite de la note "N". En fonction du résultat, le logo sera vert, jaune, orange ou rouge. Dans une même catégorie, une pizza pourra donc obtenir une meilleure note car le fabricant a eu la main moins lourde sur le sel ou les matières grasses Source : Dossier de presse Santé publique France Audrey Vaugrente, journaliste santé - souce : e-santé
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Cancer de la peau : 10 conseils pour s’en protéger
La semaine de sensibilisation au cancer de la peau est l'occasion de rappeler les précautions afin de limiter les risques d'avoir un mélanome. Cette semaine est également le moment d'effectuer un dépistage gratuit. C'est la bonne semaine pour prendre soin de sa peau. Du 14 au 18 mai, la sensibilisation au cancer de la peau est à l'honneur. A cette occasion, 300 dermatologues proposent de faire des consultations en cabinet ou par télé-dépistage afin de sensibiliser les Français. Chaque année, 80 000 cancers de la peau sont diagnostiqués. "Près de 70 % de ces cancers sont liés à des expositions excessives au soleil, principalement des expositions intermittentes et intenses pendant l'enfance", souligne la Direction générale de la santé. Certains gestes semblent tout bêtes mais peuvent réellement changer la vie. Comment prendre soin de sa peau et éviter un cancer ? Attention même en ville Il est important de rappeler que le soleil tape le plus fort à certaines heures. Il vaut donc mieux éviter l'ensoleillement entre 12 heures et 17 heures. Restez à l'ombre pendant ce temps-là. Ce conseil ne vaut pas que pour les vacances à la plage mais également pour la vie de tous les jours. Même si le temps est nuageux, les UV arrivent quand même jusqu'à votre peau. Il ne faut donc pas se fier au temps extérieur. Ne pas voir de soleil ne signifie pas qu'il n'existe pas de risque pour votre peau. D'ailleurs, en Bretagne, trois fois plus de mélanomes sont diagnostiqués par rapport à la moyenne nationale. Et ce malgré les nuages. Protégez-vous donc tous les jours quelques soit le degré d'ensoleillement. Les Français ne savent pas choisir leur crème solaire. La plupart prennent des produits indice 20 en pensant que cela fera l'affaire. Mais pour être vraiment bien protégé du soleil, il faut choisir une crème solaire indice 50 +.De plus, il est nécessaire de se remettre de la crème toutes les deux heures pour que le produit continue d'agir. On a tous tendance à mettre sa crème solaire quand on arrive sur la plage, mais il vaut mieux l'appliquer avant de sortir car il faut 15 minutes pour que son efficacité soit optimale. De plus, pensez à en remettre dès que vous sortez de l'eau même si celle-ci annonce résister à l'eau. Pour les enfants et les personnes pratiquant un sport aquatique en extérieur, ne mettez pas simplement votre maillot de bain mais prenez un vêtement spécialement conçu pour cette activité, et qui est anti-UV. La réverbération de l'eau augmente les risques d'attraper un coup de soleil. Ne pas exposer les enfants En cas de chaleur et soleil, ne vous baignez pas en plein soleil, mais choisissez de vous rafraichir à l'ombre. En effet, la réverbération augmente les risques d'attraper un coup de soleil. Même s'il fait chaud, il ne faut pas trop se découvrir, en particulier pendant les heures où le soleil tape le plus fort. Gardez toujours votre T-Shirt, des lunettes de soleil et un chapeau qui vous protègeront des rayons UV. En ce qui concerne les jeunes enfants, leur peau n'est pas encore suffisamment protégée pour faire face aux rayons du soleil. Il ne faut pas laisser votre enfant aller trop souvent au soleil et couvrez-le suffisamment. Si vous partez en vacances en montagne ou sous les tropiques, pensez à augmenter votre protection solaire. En effet, le soleil ne tape pas de la même façon selon les endroits de la planète. Tout au long de l'année, surveillez vos grains de beauté. Un grain de beauté peut changer d'aspect rapidement et il faut rester attentif. En cas de doute concernant un grain de beauté, rendez-vous chez un dermatologue pour un dépistage. Le cancer de la peau expliqué en vidéo https://www.dailymotion.com/video/x5k3c9l Source : Semaine de sensibilisation au cancer de la peau : "on note une augmentation de 10 % des cancers cutanés par an". 20 minutes. 14 mai 2018 Préserver sa peau face au soleil. Syndicat National des dermatologues - vénéréologues. Prévention solaire : en ville aussi, la vigilance est indispensable. Syndicat National des dermatologues - vénéréologues. Le soleil et les 10 commandements de protection - la charte du dermatologue. Syndicat National des dermatologues - vénéréologues. Manon Anger, journaliste santé - source : e-santé
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Le nouveau calendrier vaccinal 2018 apporte son lot de nouveautés
Comme promis, depuis le 1er janvier, onze vaccinations pédiatriques sont obligatoires. Elles conditionnent l’entrée en collectivité pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. C’est la nouveauté phare de cette dernière édition élaborée par le ministère chargé de la santé. Cela entérine une décision qui a fait couler beaucoup d’encre tout au long de l’année 2017. 11 vaccinations obligatoires Désormais, 11 vaccinations sont obligatoires chez le nouveau-né et conditionnent l’entrée en collectivité (crèches, centres aérés etc.) pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Il s’agit des vaccinations contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite (déjà obligatoires), la coqueluche, les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, les infections à pneumocoque, les infections invasives à méningocoque de sérogroupe C, la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR). Sauf contre-indication médicale reconnue et rare (en particulier allergie grave à l’un des composants du vaccin, réaction allergique grave suite à l’injection d’un précédent vaccin, immunodépression pour les vaccins vivants atténués comme le ROR), ces vaccinations doivent être pratiquées dans les 18 mois révolus de l’enfant et seront exigibles dès le 1er juin 2018 à l’entrée en collectivité et pour le maintien des enfants dans ces structures. Le Code de la santé publique prévoit l’admission temporaire des enfants n’ayant pas satisfait à l’obligation, en laissant un délai de trois mois pour se mettre en conformité avec la Loi. De nouveaux vaccins font leur entrée L’année 2018 marque l’arrivée dans le calendrier vaccinal de nouveaux vaccins dont les antigrippaux tétravalents, c’est-à-dire contenant non plus trois souches mais quatre contre la grippe saisonnière, pour mieux couvrir les souches grippales circulantes. Trois vaccins tétravalents contre la grippe disposent d’une autorisation de mise sur le marché. Ces vaccins existaient mais n’étaient pas remboursés jusqu’alors. Un nouveau vaccin à six souches vaccinales, contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, l’Haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B est désormais inscrit au catalogue des vaccins hexavalents. Mêmes souches, même indication que les autres déjà disponibles. Néanmoins, les experts conseillent de poursuivre tout schéma vaccinal entamé avec le même vaccin hexavalent. Des entrées… et des sorties ! Pour sa part, le Rouvax®, un vaccin monovalent (une seule souche) anti-rougeoleux sera définitivement indisponible dès le mois d’avril 2018. Il était utilisé chez les nourrissons âgés de 6 à 11 mois devant être vaccinés contre la rougeole dans un contexte de post-exposition ou de voyage en zone d'endémie. Lien sur le calendrier vaccinal : http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2018.pdf Les calendriers, détaillés en fonction des typologies de populations : https://www.mesvaccins.net/web/immunization_schedules Hélène Joubert, journaliste
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Les Français négligent leur audition
Deux Français sur trois n’ont jamais fait contrôler leur audition. Ils seraient pourtant entre 12 et 14 millions à souffrir d’acouphènes, irréguliers ou permanents, selon l’enquête Ifop-JNA « Acouphènes et hyperacousie : fléaux du 21e siècle » réalisée à l’occasion de la 21e édition de la Journée Nationale de l’Audition. Que devient l’audition des Français ? Préserver son audition pour « bien vieillir » Récemment, les études ont mis en lumière l’impact de la surdité sur la démence et la dépression du sujet âgé, indiquant que le fonctionnement du cerveau est bel et bien lié en partie à la déficience auditive. Prendre soin de son audition, c’est donc se donner les moyens de vieillir en bonne santé. Or voilà, les Français sont encore trop peu sensibilisés à cet enjeu, comme l’a constaté l’enquête Ifop-JNA sur les acouphènes et l’hyperacousie* à l’occasion de la Journée Nationale de l’Audition 2018, et font très rarement contrôler leur audition. En dehors du cadre de la réglementation du travail qui considère les acouphènes comme des symptômes aggravants en cas de surdités professionnelles, ceux-ci ne sont pas reconnus parmi les handicaps invisibles invalidants. Pourtant, avec l’hyperacousie, ils perturbent l’état de santé et l’équilibre de vie. Un individu sur trois souffrant d’acouphènes a consulté Le phénomène des acouphènes n’a rien d’anecdotique : 28% de la population serait concernée, soit 14 à 17 millions de Français. Entre 2 et 4 millions en souffriraient de manière permanente. Dixit le sondage Ifop-JNA 2018, « les traumatismes sonores aigus ou chroniques liés aux loisirs et à la vie quotidienne sont cités comme première cause des acouphènes, devant le bruit au travail ». Les conséquences de l’écoute de musique amplifiée sont sans appel. Dr Jean-Luc Puel, président de l’association JNA* : « Associés à des hallucinations auditives, ces acouphènes sont restés longtemps dans le domaine de la psychiatrie. Ils relèvent en réalité autant de l’ORL dans la mesure où ils témoignent d’une souffrance de l’oreille interne, que de la neurologie, de la psychologie (l’intolérance est plus ou moins exacerbée en fonction de l’état psychologique ou de l’état physiologique du cerveau des patients Alzheimer ou déments), voire de la médecine interne (hypertension artérielle non traitée, par exemple) ». La moitié des personnes souffrant d’acouphènes ne consulte pas (60% des 15-17 ans et 67% des 18-24 ans). Lorsqu’elles consultent, elles ressortent pour la moitié sans solution (67% des 15-54 ans). En effet, la physiopathologie de ce symptôme est mal connue. D’où un nomadisme médical flagrant, exposant à une dégradation de l’état de santé, à une détresse psychologique, à l’absence de détection de maladies graves signalées par la présence d’acouphènes (neurinome de l’acoustique, maladie de Menière, etc...) et à une surconsommation de médicaments de type anxiolytiques. Des solutions existent pourtant, comme tenir à distance les acouphènes en appliquant les techniques d’habituation en vue de mieux gérer ces phases, enseignées par des psychologues, des praticiens de Thérapies Cognitivo-comportementales, des sophrologues. Porter des aides auditives peut aider lorsqu’une perte de l’audition est associée aux acouphènes. Celles-ci permettent de mieux comprendre la parole. Des programmes "acouphènes" sont intégrables aux aides auditives ; ils masquent l’acouphène ou le recouvrent. L’hyperacousie concerne 8% de la population Si quatre personnes sur dix souffrant d’acouphènes déclarent une perte auditive associée, le problème est encore différent chez les personnes dites hyperacousiques, c’est-à-dire dont le dysfonctionnement de l'audition occasionne une hyperfragilité de l'ouïe : certains sons normalement perçus comme désagréables sont alors vécus comme pénibles et même douloureux. Autre donnée de cette enquête Ifop-JNA 2018, l’hyperacousie concernerait 8% de la population. La gêne liée à ce symptôme serait même supérieure à celle due aux acouphènes. La moitié des individus en souffrance n’a pas consulté pour autant… Les 24-35 ans hypothèquent leur avenir auditif Plus spécifiquement, 56% des 15-17 ans souffriraient d’acouphènes (49% des 18-24 ans). En dépit de ce taux considérable, le contrôle de l’audition ne fait pas partie de leur priorité : près de 80% des moins de 35 ans n’ont jamais fait contrôler leur audition. Quant à la perte auditive associée aux acouphènes, elle toucherait un jeune sur cinq de moins de 35 ans (27% des 25-34 ans). Prévenir la survenue d’acouphènes est en grande partie une question de comportement en limitant les expositions sonores toxiques, tant de loisir (musique via les écouteurs ou en concert, bricolage …) que professionnelles, en portant des protections auditives et en accordant à son système auditif des plages de récupération. Journée Nationale de l’Audition, exemple d’une initiative locale A l’occasion de cette 21ème Journée Nationale de l’Audition, les Centres de Santé de La Mutuelle Générale Jack Senet et Broca (Paris) ont proposé des tests de dépistage auditifs gratuits en présence d’un médecin ORL. Le bilan de cette journée est édifiant puisque 45,50% des participants ont présenté une déficience auditive significative et 28% des acouphènes. En cas de pathologie auditive avérée, un rendez-vous complémentaire était proposé au patient dans des délais raccourcis." Pour plus d’informations : www.journee-audition.org et ligne « Audio Info Service » (0 810 200 219) France Acouphènes : www.france-acouphenes.org et au 0 820 222 213 * Dossier de Presse JNA 2018 Hélène Joubert, journaliste
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Balance : comment bien se peser ?
Vous la connaissez : c’est votre meilleure amie ou ennemie, le compagnon de route de toute une vie pour la plupart d’entre vous ! Vous avez deviné ? Eh oui, c’est votre balance. Mais à quelle fréquence faut-il envisager un tête à tête ? Quotidiennement, plusieurs fois par jour ou toutes les semaines ? Quelles sont les erreurs à ne pas faire quand on monte dessus ? Réponses. Bien choisir sa balance Pourquoi se peser ? Se peser permet de savoir où on en est au niveau de son poids. C’est un indicateur pour bon nombre de pathologies. Sans pour autant en faire une fixation, il est utile de se peser. Au rayon des balances, le choix est de plus en plus vaste. De la simple balance à l’affichage imprécis, à la balance connectée en passant par la balance numérique à l’affichage plus fiable, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. Vous pouvez choisir entre avoir simplement un affichage de poids ou tout un panel d’indications intéressantes comme l’IMC (indice de masse corporelle), le pourcentage de masse grasse, de masse musculaire, le métabolisme de base…spécifique de l’impédancemètre. Il vous suffit pour cela d’y entrer votre âge, votre sexe, votre taille et le tour est joué. Deux précautions s’imposent pour obtenir un résultat fiable : ne posez pas votre balance sur une surface irrégulière comme un tapis mais plutôt sur du parquet ou du carrelage et toujours vous peser sur la même balance ! Quand faut-il se peser ? Voici les conditions idéales : le matin à jeûn, sans chaussure ni vêtements lourds ; idéalement en sous-vêtements et toujours dans les mêmes conditions ; ensuite remisez la balance dans votre placard. Ne la ressortez pas avant la semaine suivante. Pour prendre de la distance avec votre poids, pourquoi ne pas se baser sur un chiffre rond et oublier les décimales. On évitera la pesée après repas car les quantités ingérées vont avoir un impact sur votre pesée. Aussi, on évitera de se peser après le sport car vous avez perdu de l’eau donc poids erroné. Sauf certains qui se pèsent avant et après le sport pour avoir une idée des quantités d’eau perdues pour pouvoir s’hydrater correctement pendant sport. Pourquoi ne pas se peser tous les jours ? Tout simplement parce que le poids varie à plusieurs moments de la journée. En effet, selon votre consommation alimentaire, votre état de stress, de l’activité physique effectuée, de la température extérieure (chaleur ou froid), les variations d’eau dans l’organisme, selon votre période de menstruations pour les femmes (gratification de quelques kilos supplémentaires au compteur, jusqu’à 2 ou 3)…autant de facteurs qui peuvent influer sur votre poids. Donc vous comprendrez aisément qu’il est inutile de se peser plusieurs fois par jour au risque de voir la balance s’affoler et de devenir dépendant(e) de votre balance. La bonne fréquence : une fois par semaine. Mais surtout : Déculpabilisez si le poids affiché n’est pas celui escompté. Cela ne doit pas gâcher votre journée, ne doit pas miner votre moral. Relativisez et ne relâchez pas les efforts fournis. Dites-vous que ce sera mieux la semaine suivante. Hélène Joubert, journaliste
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Sommeil : la mélatonine n’est pas recommandée à tout le monde
Prendre un complément alimentaire pour dormir, c'est un réflexe chez de nombreuses personnes. Mais ceux à base de mélatonine ne sont pas conseillés à toutes et à tous, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail. C'est une hormone à qui on prête des vertus miraculeuses sur le sommeil. Mais elle n'est pas sans risque. 90 personnes ont souffert d'effets indésirables après avoir pris de la mélatonine, sous forme de compléments alimentaires. Selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (Anses), qui centralise les déclarations, ce produit ne devrait pas être placé entre toutes les mains. Sur le papier, la mélatonine est librement accessible en pharmacie et parapharmacie. Chaque année, plus d'un million de boîtes s'écoulent. Mais mal prise, elle peut provoquer vertiges, irritabilité ou encore douleurs abdominales. Et pour cause. Certaines maladies à haut risque La mélatonine est surnommée l'hormone du sommeil, mais elle ne se limite pas à favoriser l'endormissement. Elle participe aussi à la régulation de l'humeur, du système immunitaire, de la température interne, de la motricité intestinale. En plus de cela, elle joue un rôle dans la dilatation des vaisseaux sanguins et l'inflammation. Pour cette raison, le recours à la mélatonine est réglementé en France. Ne peuvent être commercialisés que les compléments alimentaires qui apportent moins de 2 mg par jour. Mais dans son avis, l'Anses souligne "l'absence de données suffisantes sur l'innocuité de la consommation quotidienne" d'une telle dose. L'Agence veut donc aller plus loin dans ses recommandations. Un avis médical est particulièrement nécessaire pour les personnes souffrant de certaines maladies : l'épilepsie, l'asthme, les troubles de l'humeur, du comportement ou de la personnalité, mais aussi les individus sous médicaments. Car la prise de mélatonine peut déséquilibrer la pathologie ou limiter l'efficacité du traitement. Toujours prendre un avis médical Trois autres populations sont jugées à risque :les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants et les adolescents. La prise de mélatonine doit être limitée autant que possible. Dernier conseil, avisé, de l'Anses : ne pas prendre de tels compléments alimentaires avant une activité nécessitant une vigilance maintenue. Conduire un véhicule, par exemple. Même sans facteur de risque particulier, il est conseillé de prendre conseil auprès d'un.e professionnel.le de santé.De manière générale, la prise de mélatonine "doit être évitée ou soumise à l'avis d'un médecin", tranche l'Anses. En ce qui concerne les risques sur la santé, l'Agence demande une harmonisation des réglementations en Europe. Et que des études de sécurité plus solides soient menées. Car certains effets ressentis n'ont pas pu être attribués directement à la mélatonine, bien que le doute subsiste. Source : Avis de l'Anses relatif aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la mélatonine, Anses, 11 avril 2018 Audrey Vaugrente, journaliste santé - Source : e-santé
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Les traitements anti puces de vos animaux de compagnie peuvent être dangereux pour vos enfants
Plusieurs produits antipuces pour chiens et chats ont été retirés des rayons de magasins de jardinerie, révèlent nos confrères de Libération. Ces produits contenant notamment des pesticides dangereux pour le développement cérébral des enfants. Les parents ne pensaient pas qu'en soignant leur chien ou leur chat, ils pourraient mettre en danger leurs enfants. Et pourtant. Mettre de l'antipuces à son animal est loin d'être anodin pour la santé de la famille. Le quotidien Libération révèle le retrait de nombreux produits vendus dans des enseignes comme Botanic. Parmi eux : Frontline, Fiprokil, Effitix, Effipro. Contenant des insecticides neurotoxiques comme la tétraméthrine, ils peuvent être à l’origine de troubles cognitifs et de cancers. Ces antipuces contiennent aussi du fipronil qui est interdit d'utilisation par les agriculteurs français car trop nocifs pour les abeilles. Un produit trop nocif pour être utilisé en agriculture mais qui se retrouve chez vous comme l'avait révélée l'association Génération Futures en 2014. De plus, ce produit a été classé cancérigène possible par l'Environmental protection agency (EPA) américaine. Mais ce n'est pas tout. Une étude datant de mars et publiée dans le Journal of Alzheimer's Diseases souligne que le fipronil et son dérivé, le fipronil-sulfone, provoque chez le rat des changements dans le cerveau, souvent associés à la maladie d'Alzheimer. Les fabricants continuent d'utiliser ce produit alors qu'il n'est même plus efficace puisque puces et tiques ont développé une résistance. C'est pour cela que "les produits vétérinaires y mélangent de la perméthrine (Effitix) ou le non moins controversé pyriproxifène (Effipro) ou le méthoprène (Frontline)" souligne Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS et vice-président du groupe de travail sur les pesticides systématiques (TFSP), aux journalistes de Libération. Il explique ensuite que "cette nouvelle découverte doit absolument et urgemment conduire les autorités à se demander s'il ne serait pas temps de réévaluer l'autorisation du fipronil dans les produits pour animaux domestiques". "D'autant que plus on est exposé jeune à cette molécule, plus cela peut avoir des conséquences sur le neuro-développement, car c'est pendant la grossesse et les premières années que se construisent le système nerveux et le cerveau. Et je ne parle même pas de la santé des animaux domestiques", conclut-il. Les pesticides perturbent le développement cognitif de l'enfant La cohorte PELAGIE (perturbateurs endocriniens : étude longitudinale sur les anomalies de la grossesse, l'infertilité et l'enfance) a suivi 300 couples (mère et enfant) afin d'évaluer la neurotoxicité des pyréthrinoïdes de la grossesse jusqu'aux six ans. L'étude servait de base pour une autre étude réalisée par l'Inserm sur le développement cognitif des enfants se retrouvant en contact avec ces produits. La seconde cohorte PELAGIE concerne 287 des mères et leur enfant au sixième anniversaire de celui-ci. Deux psychologues sont venus au domicile de la mère afin d'évaluer les performances neurocognitives de l'enfant mais également constater l'environnement familial qui peut jouer un rôle sur le développement. Grâce aux urines de la mère, les chercheurs ont pu établir un lien entre les performances cognitives et les pesticides. Ils ont analysé l'urine de la mère durant sa grossesse puis l'urine de l'enfant à son sixième anniversaire. Ils ont constaté "qu'une quantité importante de deux métabolites chez l'enfant est associée à une baisse significative des performances cognitives", conclut l'Inserm. Mais le lien entre l'exposition de la mère pendant sa grossesse et le développement de l'enfant ensuite n'a pas pu être établi. Cécile Chevrier, chargée de recherche à l'Inserm et principale auteure de ces études indique que "bien que ces observations doivent être reproduites par d'autres études afin de pouvoir conclure définitivement, elles pointent sur la responsabilité potentielle à faibles doses des insecticides pyréthrinoïdes sur le développement cognitif". Source : Alerte sur les anti puces bourrés d'insecticides neurtoxiques. Libération. 7 avril 2018 Fipronil and other Pyrazole insecticides induce amyloid-B42 production. STM publishing house/ Impacting the wolrd of science. 7 mars 2018 Enquête expert 3 : exposition aux pesticides pertubateurs endocriniens. Générations Futures. avril 2014 Impact de l'exposition environnementale aux insecticides sur le développement cognitif de l'enfant de 6 ans. Inserm. 9 juin 2015 Pyrethroid insecticide exposure and cognitive developmental disabilities in children : the PELAGIE mother-child cohort. ScienceDirect. Septembre 2015 Manon Anger, journaliste santé Source : e-santé
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Allergies alimentaires chez l’enfant : vers la fin du régime strict d’éviction ?
Les régimes d’éviction stricte, contraignants, sont encore très fréquemment prescrits chez les enfants allergiques alimentaires. Or, les études s’accumulent et confirment que le faible pourcentage d’enfants hyper-réactifs à l’arachide, à l’œuf etc. ne justifie pas que l’on mette toute une population d’enfants allergiques sous régime d’éviction strict. La grande majorité d’entre eux peut bénéficier d’un régime assoupli. Explications. Au nom du principe de précaution… Aujourd’hui, chez les enfants allergiques alimentaires, les protocoles de réintroduction des aliments sont fondés sur le seuil réactogène, c’est-à-dire que leur objectif est de provoquer une réaction. La progression des doses se fait toutes les 15 à 30 minutes. Or, en plus d’être risqués, ils ne permettent pas d’imputer de façon certaine la réaction survenue à une dose précise, la réaction allergique pouvant être rapide à la dernière dose, lente à la 4ème ou à plusieurs doses cumulées. Dr Martine Drouet (Unité d’Allergologie Générale, CHU d’Angers) : « Dans le doute, de nombreux régimes d’éviction stricts sont maintenus, alors même qu’ils ne sont pas justifiés ». Un régime assoupli pour 70% des enfants allergiques à l’arachide Pour tenter de libérer certains enfants des contraintes souvent inutiles d’un régime alimentaire strict, une étude a été conduite dans plusieurs centres d’allergologie français selon des critères de fiabilité élevés (en « double aveugle contre placebo »). L’objectif de l’essai MANOE était de mettre au point un test pratique et standard de réactivité allergique – ce qui n’existe pas à l’heure actuelle – au moyen de faibles doses croissantes d’allergènes alimentaires. En pratique, quatre petites doses d’aliments (arachide, lait de vache, œuf cuit, blé) ont été réintroduites toutes les 90 minutes chez les enfants de 1 à 16 ans ayant une allergie immédiate (via les anticorps IgE). Il ne s’agit plus alors de déclencher une réaction comme dans les protocoles de réintroduction, mais de vérifier la tolérance des petites doses sans, si possible, déclencher de réaction clinique. Les médecins ont pu ainsi repérer précisément la dose d’allergènes maximale tolérée par chacun des enfants de l’étude, et assouplir une bonne partie des régimes d’éviction. Les résultats obtenus avec l’arachide révèlent que les enfants hyper-réactifs aux protéines d’arachide ne sont pas si nombreux, moins de 30%. 71,7% des enfants de l’étude sous régime d’éviction strict étaient tolérants, c’est-à-dire sans symptômes ou avec des symptômes subjectifs. Ces enfants tolérants se sont vus prescrire un régime assoupli, c’est-à-dire l’autorisation de consommer des « traces » et de l’huile d’arachide. Vers un nouveau test de réactivité allergique ? Les visites de suivi à trois mois ont été rassurantes quant à la sécurité de la prescription du régime assoupli : seuls trois enfants ont présenté une réaction après consommation de traces, et celle-ci était mineure. Par ailleurs, les résultats avec les allergies à l’œuf cuit et au lait de vache étaient similaires, avec respectivement près de 80%, et de 83% d’enfants tolérants. Ces données vont être mises à l’épreuve à plus large échelle mais suggèrent d’ores et déjà que le pourcentage d’enfants réellement hyper-réactifs est faible. Dr Martine Drouet (Unité d’Allergologie Générale, CHU d’Angers), coordonnatrice de l’étude MANOE : « De plus, nous avons remarqué que le régime d’éviction est plus ancien chez les enfants non-tolérants que chez les tolérants, illustrant le fait que le risque de non-tolérance augmente avec la rigueur du régime. Parce qu’un régime d’éviction strict conduit sur le long terme semble favoriser l’intolérance, il est impératif s’assouplir le régime alimentaire de ces enfants ; on ne leur rend pas service en les maintenant sous régime d’éviction ». D’après une interview du Dr Martine Drouet (Unité d’Allergologie Générale, CHU d’Angers), et le suivi des Journées francophones de nutrition (décembre 2017, Nantes) par Hélène Joubert, journaliste
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Diagnostic, traitements… la sclérose en plaques fait sa révolution
Traiter précocement grâce à un diagnostic plus rapide est l’une des avancées dans la sclérose en plaques en 2018. Elle s’accompagne de l’arrivée de nouveaux traitements encore plus performants. La prise en charge de la SEP amorce un tournant décisif. Diagnostiquer tôt, traiter tôt La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire qui attaque le système nerveux central, en particulier la gaine de myéline qui protège les neurones, ce qui altère progressivement la transmission des influx nerveux. Ces dernières années, les chercheurs ont compris que ça n’était pas parce qu’une personne ne cumulait pas les poussées visibles (cliniques) de la maladie que cette dernière n’était pas en train de progresser. En effet, pour une nouvelle poussée clinique, un malade atteint de la forme récurrente-rémittente (alternance de poussées et de "calme plat") fait cinq à dix poussées passant inaperçues, sauf à l’Imagerie par résonnance magnétique (IMR). Il ne faut donc plus attendre pour traiter ce patient qu’il fasse d’autres poussées cliniques. Une nouvelle attitude diagnostique et, par conséquent, thérapeutique consignée dans les toutes premières recommandations européennes parues en décembre 2017 *. On sait depuis quelques années le bénéfice d’un traitement de fond instauré le plus tôt possible, principalement dans les formes récurrentes-rémittentes (85% des malades), tant sur le plan fonctionnel que vis-à-vis de la progression de la maladie sur le plan radiologique. Pr Patrick Vermersch (chef du service de neurologie à la clinique de neurologie du CHRU de Lille : « Le pronostic à moyen et à long terme reposant sur le contrôle le plus rapide possible de la maladie, le diagnostic de SEP peut dorénavant être posé dès le premier épisode de poussée caractéristique, contre deux auparavant. A partir de maintenant, dès la première manifestation clinique ou stade de "syndrome clinique isolé", une IRM (repérant une dissémination des lésions dans l’espace) peut valider le diagnostic de SEP ». Un premier médicament dans les SEP progressives d’emblée Chez 15% des malades, la SEP progresse dès le début de façon continue, contrairement à la forme plus courante dite « récurrente-rémittente » ou les poussées cliniques alternent avec des phases de retour au calme. Cette forme de SEP dite « progressive primaire » était jusqu’alors le parent pauvre de la SEP vis-à-vis du traitement. Depuis janvier 2018, ça n’est plus le cas avec l’arrivée du premier médicament injectable (anticorps monoclonal ocrélizumab) administré chaque semestre. En ciblant les lymphocytes B, chefs d’orchestre de l’inflammation au niveau du système nerveux central, cet immunosuppresseur freine de près de 25% la progression du handicap neurologique. Un pas de géant avec cette molécule qui profite aussi aux formes récurrentes-rémittentes. Traitement : plus fort, plus vite Le mot d’ordre des premières recommandations européennes sur les thérapeutiques dans la SEP publiées en octobre 2017** est de ne plus attendre l’échec des médicaments de première ligne (moins efficaces mais mieux tolérés) pour recourir rapidement à des molécules plus puissantes de seconde ligne dans les formes récurrentes-rémittentes. Celle-ci est constituée de ce nouvel immunosuppresseur (ocrélizumab) et d’un autre arrivé sur le marché fin 2017 (alemtuzumab), venant en renfort des molécules déjà disponibles fingolimod (immunosuppresseur par voie orale) et natalizumab (première "biothérapie" par anticorps monoclonal dans la SEP datant d’une dizaine d’années). Pour être plus incisif et efficace dans l’escalade thérapeutique, le médecin ne se fonde désormais plus uniquement sur le constat de poussées cliniques mais sur des signes d’activité visibles à l’IRM. D’autres molécules sont sur le point de venir gonfler les rangs de ces thérapies ultra-puissantes, courant 2018 et 2019, telle la cladribine, anti-inflammatoire surpuissant qui réduit à néant l’activité anti-inflammatoire pendant deux ans. Pr Vermersch : « L’alemtuzumab et la cladribine "reconstruisent" le système immunitaire. La maladie auto-immune qu’est la SEP est un équilibre entre les lymphocytes autoréactifs et les lymphocytes régulateurs. Ces traitements détruisant les lymphocytes, lorsque le système immunitaire se régénère, il tend alors vers un profil plus régulateur qu’auto-réactif ; l’inflammation est calmée pour au moins deux ans ». Vitamine D pour tous C’est désormais consensuel : toutes les personnes atteintes de SEP doivent être supplémentées à raison de 100 000 UI (unités internationales) deux fois par an, en automne et hiver. Aucun dosage préalable n’est nécessaire. On s’est rendu compte que l’évolution de la maladie était moins rapide chez les patients SEP non carencés. D’après un entretien avec le Pr Patrick Vermersch (chef du service de neurologie à la clinique de neurologie du CHRU de Lille. * Lancet Neurol. Published online 21 Dec 2017. doi: 10.1016/S1474-4422(17)30470-2 ; ** ECTRIMS-EAN guidelines. 27/10/17 Hélène Joubert, journaliste
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Les femmes ne sont pas épargnées par l'insuffisance cardiaque
Dans l’insuffisance cardiaque, la "pompe cardiaque" est devenue incapable de fournir un débit sanguin satisfaisant aux besoins de l’organisme. Si les femmes sont aussi concernées que les hommes, la maladie a ses spécificités toutes féminines. Une insuffisance cardiaque un peu particulière L’insuffisance cardiaque est une maladie du cœur relativement fréquente puisqu’elle touche 1 à 2% de la population au minimum, soit un million de Français. Au long cours, elle se répercute sur l’ensemble des organes, qu’ils soient rénaux, digestifs ou musculaires. C’est la première cause de mortalité cardiovasculaire devant l'infarctus du myocarde et l'hypertension artérielle. Alors que certaines maladies cardiovasculaires se retrouvent plus souvent chez les hommes, tel le syndrome coronaire aigu (infarctus du myocarde), l’insuffisance cardiaque n’est pas sexiste. Autant de femmes que d’hommes en souffrent (voire même un peu plus de femmes, selon certaines études), probablement parce que tous partagent les facteurs de risque qui font le lit de l’insuffisance cardiaque comme un diabète, une hypertension artérielle, un excès de LDL-cholestérol, un tabagisme ou un surpoids. Dix ans d’écart L’insuffisance cardiaque au féminin se manifeste à un âge plus avancé. Les femmes sont en moyenne plus âgées d’une dizaine d’années que les hommes (70-85 ans contre 65-75 ans). Pr Damien Logeart, co-fondateur de « FRESH », l’Observatoire Français de l’Insuffisance Cardiaque (FREnch Survey on Heart failure), Hôpital Lariboisière (Paris) : « C’est d’ailleurs pour cette raison que chez elles, des symptômes atypiques s’en mêlent, comme des palpitations, des douleurs abdominales, des malaises, des syndromes confusionnels, expliquant un retard au diagnostic relativement courant. Cependant, de façon globale, aucune réelle différence sur le plan des symptômes ne ressort réellement. Ils ont été regroupés en 2017 sous l’acronyme « EPOF » pour Essoufflement (dyspnée), Prise de poids rapide, Œdèmes et Fatigue excessive. » La seconde particularité est la forme d’insuffisance cardiaque : les femmes ont davantage d’insuffisance cardiaque dite à fraction d'éjection ventriculaire gauche préservée que les hommes et un peu moins d’insuffisance cardiaque à fraction d'éjection ventriculaire gauche réduite, ce dernier type étant souvent la conséquence d’un infarctus du myocarde, qui touche moins fréquemment les femmes que les hommes. En revanche, l’insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée étant notamment liée au vieillissement, à l’hypertension artérielle, à l’obésité etc., elle concerne en toute logique plus fréquemment les femmes que les hommes. La prise en charge s’améliore C’est un constat général, des inégalités de genre en matière de soins existent, même si elles tendent à se réduire. Une étude a mis en lumière que les femmes recevraient moins de soins que les hommes en cas d’hospitalisation pour une insuffisance cardiaque aiguë. On leur proposerait aussi moins souvent des traitements médicamenteux efficaces ou des procédures interventionnelles et chirurgicales. Un âge plus avancé, une moins bonne tolérance médicamenteuse sont quelques-unes des explications avancées. Néanmoins, la prise en charge de l’insuffisance cardiaque a fait de gros progrès. Le traitement repose sur une polythérapie médicamenteuse, des mesures diététiques, l’exercice physique et parfois certaines prothèses rythmiques (défibrillateur…). De nouvelles recommandations européennes dans la prise en charge de l’IC en 2016 ont précisé la place de ces traitements et ont aussi apporté des nouveautés dont l’ajout d’une nouvelle classe de médicaments très efficaces (antagonistes mixtes des récepteurs à l’angiotensine II et de la néprilysine) qui remplace avantageusement dans certains cas les médicaments classiques (inhibiteurs de l'enzyme de conversion et antagonistes du récepteur de l'angiotensine II). Ce médicament a un double mécanisme d'action : il diminue la pression artérielle et l’effort du cœur, et ce qui est nouveau, empêche la dégradation de molécules bénéfiques pour le cœur (peptides natriurétiques). Pr Damien Logeart : « L’analyse des registres de patients révèle une utilisation plus optimale des médicaments. Par exemple, les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) et les bétabloquants prescrits chez 70% des patients il y a 15 ans, le sont aujourd’hui chez 85 à 90%. » L’insuffisance cardiaque post-accouchement L’insuffisance cardiaque du post-partum est liée à une maladie du muscle cardiaque du péri-partum avec une prévalence de moins de 1/ 1 000 accouchements en France. Chez certaines femmes, sans que l’on en connaisse précisément les raisons ni que l’on soit en mesure de repérer en amont celles à risque, l’hormone de l’allaitement (la prolactine) provoque une altération de la fonction du ventricule gauche cardiaque, d’où l’insuffisance cardiaque, pouvant se déclarer jusqu’à six mois après l’accouchement. Seule une insuffisance cardiaque du post-partum sur deux est réversible. Hélène Joubert,journaliste d’après un entretien avec le Pr Damien Logeart, co-fondateur de « FRESH », l’Observatoire Français de l’Insuffisance Cardiaque (FREnch Survey on Heart failure).
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Les antibiotiques, c’est encore automatique
Au vu des derniers chiffres sur la consommation d'antibiotiques des Français en 2016 qui viennent d’être publiés par l'Agence nationale de sécurité des médicaments, il n’y a pas de quoi se réjouir : la France reste dans le peloton de tête des consommateurs et certains niveaux d’antibiorésistance demeurent préoccupants. La France, 3ème consommateur européen d'antibiotiques L’objectif d’une baisse de la consommation de 25% d'ici à 2018 comme l'avait préconisé le « Plan national d'alerte sur les antibiotiques 2011-2016 » n’aura pas été atteint. Au contraire, la tendance repart à la hausse, comme observé depuis 2010, dix ans après la fameuse campagne dont le slogan était « Les antibiotiques, c’est pas automatique ». Selon le rapport*, « entre 2015 et 2016, la consommation en ville a ainsi augmenté de 1,3%, repassant au-dessus de 30 doses définies journalières pour 1 000 habitants et par jour (30,3 contre 29,9 en 2015) ». Ce qui place la France très au-dessus de la moyenne européenne (21,9 DDJ/1000H/J) et même au niveau international selon le panorama 2017 de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le slogan actuel, "Soyons concernés, soyons responsables" parviendra-t-il à inverser la tendance ? Antibiotiques, un bilan en demi-teinte En ville, la consommation d’antibiotiques a diminué entre 2000 et 2016. Cette baisse a été importante entre 2000 et 2005 (de 33,4 à 27,1 DDJ/1.000H/J), mais la consommation s’est stabilisée entre 2006 et 2011, puis est repartie à la hausse, avec une croissance de 5,6% entre 2011 et 2016 (de 28,7 à 30,3 DDJ/1000H/J). Toujours en ville, deux prescriptions sur trois ont été réalisées dans le cadre d’affections ORL et d’affections des voies respiratoires basses. Léger mieux pour les antibiotiques « critiques » Un peu d’espoir ? Les antibiotiques « critiques » car générateurs de résistances bactériennes (amoxicilline + acide clavulanique ; céphalosporine de 3è et 4è génération ; fluoroquinolones) a perdu un point et demi, passant de 36,5% à 35%. Notamment, la prescription de l’association amoxicilline/acide clavulanique s’est stabilisée en 2016. Les céphalosporines de 3e et de 4e génération ont, pour leur part, reculé de 30,5% et de 8,9% entre 2006 et 2016. Cet effort proviendrait des soins de ville ; la consommation d'antibiotiques l'hôpital étant restée stable en 2016. Pour autant, certains niveaux d’antibiorésistance restent préoccupants. Par exemple, en ville, la part des bactéries Escherichia coli résistantes aux céphalosporines de3e génération a triplé entre 2008 et 2016, actuellement à 4,2%. Idem à l’hôpital où la résistance d’E. Coli est passée de 2% en 2006 à 11,2%. Point encourageant, le fait que spécifiquement, chez les 16-65 ans, l’évolution des prescriptions d’antibiotiques en médecine libérale (hors Affections de Longue Durée) a régressé de 7,1% depuis 2011, soit deux millions de prescriptions évitées en 2016. Pour améliorer encore la situation, des pistes sont envisagées, comme la dispensation d’antibiotiques à l’unité et non par boites entières ou la réduction de la durée de l’antibiothérapie. Les initiatives en santé humaine pourraient s’inspirer de celles conduites en santé animale où les restrictions drastiques d’usage des antibiotiques ont produit leur effet avec une réduction de 37% de l’exposition des animaux aux antibiotiques entre 2011 et 2016. En conséquence, la résistance d’E. Coli aux céphalosporines de 3e et de 4e génération chez les animaux recule fortement. * Rapport du 18 novembre 2017/ Consommation des antibiotiques en France en 2016. http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/L-ANSM-publie-un-rapport-sur-la-consommation-des-antibiotiques-en-France-en-2016-Point-d-Information Hélène Joubert, journaliste
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Bactéries : les gels hydro-alcooliques plus suffisamment efficaces
On pensait les gels hydro-alcooliques très efficaces contre les bactéries. Mais certaines d'entre elles ont trouvé le moyen de survivre à ces gels à base d'alcool. Nous ne sommes plus à l'abri des certaines bactéries. Cela semble être le début d'un film catastrophe. C'est pourtant une réalité, d'après des chercheurs de l'université de Melbourne (Australie). Leur étude, publiée dans bioRxiv, explique qu'une bactérie aurait développé une insensibilité aux gels hydro-alcooliques Ce germe, c'est l'Enteroccus faecium (Efm), une bactérie provoquant des gastro-entérites et souvent contractée dans les hôpitaux. Or, les gels sont justement utilisés pour éviter ce genre d'infection, en particulier dans les hôpitaux. Et il a réussi à muter pour multiplier par dix sa résistance aux solutions hydro-alcooliques (SHA). Pour mettre au jour cette évolution, les chercheurs ont étudié cette bactérie entre 1997 et 2015. Sur 193 millions d'échantillons analysés, les scientifiques ont constaté que la bactérie avait au fur et à mesure développé une insensibilité aux gels hydro-alcooliques,notamment à partir de 2010. Des mutations génétiques pour se protéger Grâce à des travaux sur la souris, ils ont montré que la bactérie évoluée (celle qui résiste à l'alcool) était également résistante à la désinfection de surface, réalisée avec de l'isopropanol standard à 70 %, un alcool à 70 %. Afin d'aller plus loin, les scientifiques ont décidé de rechercher des signatures génomiques bactériennes d'adaptation. Autrement dit, les gènes qui ont changé depuis que la bactérie est résistante à l'alcool. Après étude, il semble que l'Efm désormais insensible à l'alcool ai subit une mutation génétique. En effet, celle-ci a modifié sa capacité à l'absorption mais également sa façon de métaboliser des glucides. Pour Matthew O'Sullivan, de l'université de Sydney, et cité par New Scientist, "c'était probablement naïf de penser que les super-bactéries ne seraient pas en mesure de s'adapter aux désinfectants à base d'alcool. Quand on considère tout ce que nous avons introduit pour tenter de combattre les bactéries, on voit qu'elles trouvent toujours le moyen d'évoluer pour les contourner". Cette étude aide à mieux comprendre pourquoi en moins de 20 ans, le nombre d'infections causé par cette bactérie s'est multiplié par cinq. Chaque année, en France, les bactéries résistantes tuent 12 500 personnes. Comment utiliser les gels hydro-alcooliques ? Au début, les gels hydro-alcooliques étaient principalement utilisés dans le milieu hospitalier mais aujourd'hui leur utilisation est entré dans la routine quotidienne. En effet, beaucoup de personnes possèdent aujourd'hui leur petite bouteille au fond de leur sac pour se désinfecter les mains après avoir pris le métro par exemple ou avant de manger. Pour être le plus efficace possible lorsque vous les utiliser, sachez qu'une simple goute au creux de la main suffit, pas la peine d'en mettre beaucoup. Ensuite il faut bien frotter l'intérieur, l'extérieur des mains mais aussi entre chaque doigts et le bout des doigts pour enlever toute bactérie pouvant être présente. Cependant comme l'étude le suggère, les bactéries peuvent devenir résistantes à ces gels. Il existe alors une alternative très simple : se laver les mains à l'eau et au savon.Dans ce cas, même principe, mouillez vos mains sous l'eau, prenez un "pchitt" de savon (préférez ceux en bouteille plutôt que les savon dur qui peuvent s'imprégner de bactéries) et frottez comme pour le gel entièrement les mains sans oublier si vous le pouvez la brosse à ongle. Ensuite vous n'avez plus qu'à rincer et surtout choisir une serviette à usage unique plutôt que le sèche-main ou les serviettes de toilettes. Source : Increasing tolerance of hospital Enterococcus faecium to hand-wash alcohols. Sacha J. Pidot, Wei Gao, Andrew H Buultjens, Ian R Monk, Romain Guerillot, Glen P Carter, Jean Y.H. Lee, Margaret M. C. Lam, Susan A. Ballard, M. Lindsay Grayson, Andrew A. Mahony, Elizabeth A. Grabsch, Despina Kotsanas, Tony Korman, Geoffrey W. Coombs, J. Owen Robinson, Anders Goncalves da Silva, Torsten Seemann, Benjamin P. Howden, Paul D. R. Johnson, View ORCID ProfileTimothy P. Stinear. bioRxiv. 29 janvier 2018 Les gels antibactériens seraient de moins en moins efficaces pour lutter contre les infections. 20 minutes. 22 février 2018 Manon Anger, journaliste santé source:e-santé
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Autisme : un enfant qui ne réagit pas à son prénom, ce n’est pas normal
Le diagnostic des enfants autistes doit survenir plus tôt dans leur existence. Ils sont environ 100 000 en France à souffrir d'un tel retard. De nouvelles recommandations ont été émises pour améliorer leur parcours. Un enfant qui ne babille pas, ne reconnaît pas son prénom, ne pointe pas du doigt… Ces signes – et bien d'autres – peuvent évoquer un trouble du spectre autistique (TSA). Et il serait temps d'écouter les parents qui s'en inquiètent. Car cette pathologie n'est pas rare : 91 000 à 106 000 jeunes de moins de 20 ans en souffriraient. C'est la conclusion de la Haute Autorité de Santé (HAS), qui s'est retroussée les manches pour dépoussiérer la prise en charge de l'autisme en France. Car celle-ci accuse un sérieux retard, au détriment des patients. Dans ses nouvelles recommandations, l'agence sanitaire souligne que le diagnostic de ce trouble neuro-développemental est encore trop tardif. Les premiers signes de l'autisme se manifestent entre 1 et 2 ans. La maladie se traduit par un retard du langage, mais aussi par des relations sociales anormales. L'enfant touché ne fera, par exemple, par de gestes pour "faire coucou" ou dire "au revoir". Pourtant, le nom de la pathologie n'est généralement prononcé que lorsque les jeunes patients ont 3 à 5 ans. Les conflits minent le diagnostic La HAS identifie plusieurs mécanismes qui pourraient expliquer ce retard dans le repérage de l'autisme. Les parents expriment des inquiétudes qui ne sont pas toujours entendues du corps médical. Il est d'autant plus facile de passer à côté de cette pathologie que les symptômes peuvent être communs à d'autres troubles du développement. Dans les formes légères, l'enfant touché peut aussi "compenser" ses retards, jusqu'à sa scolarisation. Même une fois les soupçons confirmés, "le parcours des enfants et de leur famille est encore souvent chaotique, fait d'errances et de ruptures pour nombre d'entre eux", déplore le Pr Dominique Le Guludec, présidente de la HAS. Ce parcours semé d'embûches s'explique par de nombreux facteurs qui, accumulés, limitent considérablement les chances d'accéder aux soins appropriés. Pour commencer, 6 mois à 1 an d'attente sont nécessaires avant de bénéficier d'une consultation dans un centre spécialisé dans l'autisme. Par ailleurs, un réel conflit agite la prise en charge de l'autisme en France, historiquement attribuée aux psychanalystes. A tel point qu'en 2017, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) évoquait des "rivalités disciplinaires, concurrence entre les théories et les approches, désaccords concernant les choix et les modalités d'interventions". Plusieurs soignants doivent s'impliquer Face à ces luttes intestines, la présidente de la HAS adopte une position claire. Elle invite à "dépasser les querelles pour concentrer les énergies à renforcer l'accès à un diagnostic précoce et à déployer rapidement des interventions personnalisés, adaptées et réévaluées tout au long de la vie." Selon le Pr Le Guludec, les autorités sanitaires ont "la responsabilité de faire connaître les recommandations aux professionnels" et "inciter à leur mise en œuvre effective". Car plus tôt les troubles autistiques sont pris en charge, meilleures sont les chances du patient. Or, le diagnostic de l'autisme est possible dès 18 mois "si les signaux sont identifiées et pris en compte", souligne le Pr Dominique Le Guludec. Alors comment améliorer le diagnostic ? L'ensemble des personnes intervenant dans le suivi et l'éducation de l'enfant doivent être attentives aux signes évocateurs. Le médecin traitant, notamment, réalise les examens de santé obligatoires jusqu'à 6 ans. C'est l'occasion de mettre en place quelques tests évaluant le développement. Agir vite et bien Mais diagnostiquer un trouble autistique, c'est l'affaire de plusieurs professionnels. La HAS recommande donc de confirmer et croiser les observations en faisant appel à des pédopsychiatres, des psychologues et des spécialistes de la rééducation. En attendant un rendez-vous – souvent tardif – en centre spécialisé, le médecin traitant peut proposer des examens ORL, ophtalmologiques ou encore des séances d'orthophonie ou de rééducation. Ces approches personnalisées permettent d'aider l'enfant à se développer et à limiter l'ampleur des troubles de la sociabilité ou du comportement. Car les techniques comportementales ont prouvé leur efficacité. Encore faut-il les mettre en place à temps. Source :Trouble du spectre de l’autisme - Signes d’alerte, repérage, diagnostic et évaluation chez l’enfant et l’adolescent, Haute Autorité de Santé, 19 février 2018 - Autisme : poursuivons nos efforts, Tribune du Pr Dominique Le Guludec, présidente de la HAS, 18 février 2018 - Evaluation du 3ème plan autisme dans la perspective de l’élaboration d’un 4ème plan, Igas, mai 2017 Prises en charge de l'autisme, Vaincre l'autisme, consulté le 19 février 2018 Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé - source : e-santé
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Hypertension artérielle, ne pas relâcher la pression !
Chaque année, le Comité Français de Lutte Contre l’hypertension artérielle réalise une enquête « Flash », sorte de polaroïd de la prise en charge de l’hypertension artérielle en France. L’édition 2017 dévoilée en décembre dernier est édifiante car elle confirme malheureusement le recul de la prise en charge, une tendance amorcée il y a quelques années. Or, l’hypertension n’est pas qu’un facteur de risque de maladies cardiovasculaires, c’est une vraie maladie. La maladie « hypertension », une inexorable banalisation Le constat est là. Années après années, l’hypertension artérielle en France s’est banalisée. L’hypertension artérielle est victime de son caractère insidieux et silencieux car, sans symptômes, la plupart des patients ne se sent pas malade. Pour autant, cette maladie favorise la survenue d’autres pathologies du cerveau, du cœur, des reins ou des artères, avec à la clé un risque d’infarctus du myocarde ou de défaillance cardiaque, d’insuffisance rénale, d’accident vasculaire cérébral/AVC etc. Par exemple, l’hypertension est le premier facteur de risque d’AVC et parmi les principaux d’insuffisance cardiaque dite à fraction d’éjection préservée. Les conséquences de cette banalisation de la maladie « hypertension », par le grand public mais aussi les soignants, sont visibles sur tous les fronts comme en atteste l’étude FLASH effectuée chaque année par le Comité Français de Lutte Contre l’HTA (1). L’édition 2017 parue en décembre 2017 à l’occasion du congrès annuel de la Société Française d’Hypertension artérielle inquiète : de moins en moins de personnes hypertendues sont dépistées et traitées, de moins en moins d’hypertendus ont leur hypertension correctement contrôlée, de moins en moins d’hypertendus pratiquent l’automesure tensionnelle alors qu’elle est recommandée en cas de contrôle non optimal de l’hypertension artérielle.(2) Pr Xavier Girerd Unité de Prévention Cardio-Vasculaire Institut E3M Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, directeur scientifique des études FLASH : « En 2017 en France métropolitaine, le nombre estimé de personnes hypertendues traitées par au moins un antihypertenseur était de 10,8 millions. Cela peut paraître beaucoup mais si l’on regarde les chiffres avec du recul, une tendance préoccupante semble se confirmer : en 2010, il y avait 11,2 millions d’hypertendus traités, 11,6 millions en 2014 et désormais 10,8 millions ! De plus, le pourcentage d’hypertendus traités dans la population des 35 ans et plus en France métropolitaine est sur la même pente glissante : 31,5% en 2007 puis 27,9% en 2017 ». Beaucoup d’hypertendus en France ne sont pas contrôlés correctement Malgré quelques bouleversements fin 2017 dans les recommandations américaines à propos des objectifs tensionnels - vis-à-vis desquelles la Société Française d’Hypertension artérielle a depuis pris ses distances - les consignes françaises de la Haute Autorité en Santé (HAS) datant de 2016 sur la prise en charge de l'HTA restent la référence dans l’Hexagone, à savoir as plus de 140 mm Hg pour la pression systolique et 90 mm Hg pour la pression diastolique. Là aussi, dans FLASH 2017, l’évolution du contrôle tensionnel chez les hypertendus traités entre 2004 et 2017 en France laisse dubitatif. Et seul un hypertendu sur deux est à la cible tensionnelle de 140/90 mmHg. Quant à l’utilisation de l’automesure tensionnelle chez les hypertendus traités, afin de vérifier à son domicile que l’on est bien dans les objectifs, la recommandation des hypertensiologues ne prend pas : les personnes hypertendues étaient 36% à s’en servir en 2007, 44% en 2015 et désormais 40% en 2017. Pourtant, la réalisation d’un relevé d’automesure par le patient lui-même est aujourd’hui considérée comme une technique utile, d’une part pour affirmer le diagnostic d’une hypertension artérielle et d’autre part pour aider à définir le meilleur traitement et ajuster les doses pour atteindre les cibles tensionnelles. De plus, contrairement à ce que recommandent les bonnes pratiques médicales, la prescription d’une monothérapie (un seul médicament antihypertenseur) reste prépondérante, retrouvée chez 51% des hypertendus. Pour améliorer la situation, la Société Française d’Hypertension Artérielle vient de publier un livre blanc pour améliorer la prise en charge de l’hypertension artérielle (3). Mieux suivre les traitements de l’hypertension : testez votre observance Suivre le traitement de façon régulière est nécessaire pour se protéger contre les complications de l'hypertension. Deux outils sont désormais proposés par le CFLTHA au sein du programme "Agir pour l'observance" : évaluez votre observance avec EvalObs et recherchez les causes de la mauvaise observance avec QueObs (Questionnaire de Girerd).(4) Pour tester leur fiabilité, ils ont été confrontés aux données de l’enquête FLASH 2017. Avec succès. Pour en savoir plus : Comité Français de Lutte Contre l’HTA (www.comitehta.org) (1) http://www.comitehta.org/wp-content/uploads/2018/01/FLAHS2017_Diapo.pdf Interrogation par voie postale de 6000 individus de 35 ans et plus (juillet 2017) (2) http://www.comitehta.org/wp-content/uploads/2018/01/Brochure2006_AutomesureHTA.pdf (3) www.sfhta.eu/?cat=67 (4) http://www.comitehta.org/flahs-observance-hta/ Hélène Joubert, à l’occasion du congrès annuel de la Société Française d’Hypertension artérielle (décembre 2017, Paris).
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Cancer colorectal : trop peu de Français se font dépister
Ce 18 février, l'Institut national du cancer lance une campagne de sensibilisation au dépistage du cancer colorectal, encore trop peu pratiqué. Le dépistage du cancer colorectal Le cancer colorectal est le 2e cancer le plus meurtrier en France. On recense 45 000 nouveaux cas par an. Et il provoque 18 000 décès chaque année. Pourtant, s'il est détecté rapidement, le taux de survie est de 90 %, contre 13 % une fois qu'il se trouve au stade métastatique. Pour inciter les gens à aller se faire dépister, une campagne télévisée a été lancée ainsi qu'une mobilisation sur les réseaux sociaux.Le message : "Le cancer colorectal, le dépister à temps peut vous sauver la vie". De son côté l'Institut national du Cancer (INCa) propose une liste de médecins généralistes qui sauront orienter les patients, et un dépliant d'information. Car malgré ces chiffres convaincants, le dépistage a très peu de succès en France. A faire tous les deux ans après 50 ans, il cible 16.5 millions de personnes. Mais seulement 33.5% d'entre eux l'ont fait en 2016-2017. Toujours trop insuffisant, ce taux de participation déçoit l'Institut national du cancer (INCa). Il reste en effet bien en dessous du seuil de 45 % recommandé par l'Europe. Mais il est à noter que, par rapport à 2015-2016, il a augmenté. En effet, il était de 29% à ce moment-là. Pour effectuer ce fameux dépistage, il faut se rendre chez son médecin traitant qui évaluera si le patient est éligible ou non. A la suite de quoi il lui remet le kit de dépistage. Un nouveau test plus efficace La communication de l'INCa met notamment l'accent sur le nouveau test immunologique (OC-sensor), adopté en avril 2015 et d'une grande efficacité. En effet, il a permis de détecter 39 % de personnes souffrant de lésions néoplasiques avancées (adénomes avancés et cancers)... contre 23% avec l'ancien test Gaïac (Hémoccult). Ainsi, ce nouveau test a réussi à détecter 2.4 fois plus de cancers et 3.7 d'adénomes avancés (lésions précancéreuses) que son prédécesseur. Entre le 14 avril et le 31 décembre 2015, il a donc détecté 4 300 cancers et 17 000 adénomes avancés. Grâce au nouveau test, les cancers sont détectés également plus tôt puisqu'il a détecté 46.5 % de cancers au stade 1 contre 38 % pour l'ancien test. Pour réaliser le test immunologique, c'est très simple. Il faut commencer par se rendre chez son médecin traitant qui définira avec vous si vous êtes éligible. Il vous remettra alors le kit prévu pour le prélèvement. Le test consiste à prélever ses selles à l'aide d'un bâtonnet, qu'on replacera dans un tube fermé hermétiquement. Le patient devra alors redonner le tube ainsi qu'une fiche d'information au laboratoire d'analyse indiqué sur l'enveloppe. Il faut savoir qu'il n'est pas rare de développer un cancer colorectal sans pour autant en ressentir les symptômes (douleurs abdominales, sang dans les selles). Ce qui rend le dépistage d'autant plus important. Le cancer du côlon en vidéo https://www.dailymotion.com/video/x5k3c9k Source : Cancer colorectal : l'INCa compte sur les médecins traitants pour inciter leurs patients à se faire dépister. Le quotidien du medecin. 19 février 2018 Cancer colorectal : nouvelle campagne sur l'importance de "dépister à temps". Sciences et Avenir. 27 février 2017 Dépistage du cancer colorectal : comment faire le test ? Institut national du cancer. Manon Anger, journaliste santé source : e-santé
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Kyste aux ovaires : quelles solutions ?
Pas toujours douloureux, mais souvent présent, le kyste aux ovaires peut inquiéter. Le point avec les Drs Patrice Lopes, gynécologue-obstétricien à la polyclinique de l'Atlantique de Saint-Herblain (Loire-Atlantique), et Sylvain Mimoun, gynécologue à Paris. Attendre qu'il disparaisse La forme la plus courante de kyste ovarien, c'est le kyste fonctionnel. Il se forme à partir des follicules ou du corps jaune au cours du cycle menstruel. "L'ovaire se met à grossir et à faire mal", résume le Dr Sylvain Mimoun. La règle est donc simple face à cette affection sans gravité : ne pas intervenir. "On essaie d'attendre qu'il diminue", explique le gynécologue parisien. La plupart du temps, trois cycles menstruels suffisent à voir ce type de kyste disparaître. Une surveillance régulière est toutefois nécessaire, à l'aide d'échographies. Ces images permettent de constater si l'induration évolue. "Le seul risque, c'est que le kyste grossisse au point de rompre la poche qui contient le liquide ou qu'il se torde", souligne le spécialiste. Les femmes prenant une pilule contraceptive ou portant un stérilet n'ont pas besoin de changer de méthode. De même, les femmes sous tamoxifène – un agent antihormonal indiqué contre le cancer du sein – ne subissent aucune modification de traitement. Soulager les symptômes La plupart du temps, le kyste aux ovaires ne provoque aucun symptôme. Mais ceux-ci peuvent se manifester, le plus souvent sous forme d'une douleur locale ou de règles perturbées. Un traitement symptomatique est alors prescrit. "On essaie de soulager les douleurs de la patiente, précise le Pr Patrice Lopes. On utilise pour cela des antalgiques, qu'on adapte en fonction de l'intensité de la souffrance." Les troubles du cycle menstruel peuvent aussi être atténués. "Il existe un traitement qui a pour but de réduire les saignements chez les femmes qui sont vraiment gênées", souligne le gynécologue-obstétricien. Prendre la pilule contraceptive D'origine hormonale, les kystes fonctionnels peuvent être prévenus. "La contraception orale peut éviter leur formation, reconnait le Pr Lopes. Or, plus d'un millier de femmes sont hospitalisées chaque année à cause de complications." C'est particulièrement utile quand le kyste est causé par une endométriose, car la pilule évite alors de nouveaux saignements. Au-delà de cet effet préventif, la pilule est parfois prescrite à de fortes doses pour bloquer l'ovulation. "C'est l'un des traitements des kystes quand elle met réellement l'ovaire au repos", souligne Sylvain Mimoun. Mais cette stratégie est de moins en moins utilisée, car n'a pas fait la preuve de son efficacité. "Quand on découvre un kyste fonctionnel, il n'est pas utile de mettre la patiente sous pilule, indique le Pr Patrice Lopes. L'évolution ne sera pas modifiée." Retirer le kyste par chirurgie Les kystes organiques nécessitent une prise en charge légèrement différente. Il s'agit, en effet, de déterminer si des complications peuvent survenir. Une règle domine : ne pas opérer tant que ce n'est pas nécessaire. "Avant d'intervenir, on s'assurer qu'il s'agit bien d'un kyste, souligne le Pr Lopes. Et on n'estime que la chirurgie n'est pas forcément utile face à une masse de moins de 7 cm qui est bénigne." L'ablation du kyste n'est donc accomplie que sur décision du professionnel de santé. Elle peut aussi être pratiquée en urgence si une complication se présente – comme une torsion de l'ovaire ou une hémorragie. L'intervention est alors réalisée de la manière la moins invasive possible. Chez les femmes en âge de procréer, les médecins privilégient une chirurgie conservatrice – c'est-à-dire qu'ils retirent le kyste en conservant le tissu de l'ovaire. Une stratégie qui permet de préserver la fertilité de la patiente. Face à un kyste provoqué par une endométriose, un traitement est prescrit après l'opération, afin de limiter les récidives. Dans le même esprit, les chirurgiens ont tendance à retirer l'ovaire des femmes ménopausées. Audrey Vaugrente, journaliste santé Source : e-santé
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Endométriose : comment améliorer la prise en charge des patientes
Entre les premiers signes d'une endométriose et le diagnostic, plus de 6 ans s'écoulent. Ces douleurs pelviennes doivent être repérées plus tôt, selon les autorités sanitaires. Tous les mois, le calvaire revient. Au moment des règles, les douleurs reviennent, intolérables. Aucun traitement ne permet d'en venir à bout. Cet enfer, c'est l'endométriose, une maladie gynécologique qui toucherait une femme sur dix. Et pourtant, 6 à 10 ans sont nécessaires avant que le mot ne soit prononcé par un médecin. Cette errance diagnostique, les autorités sanitaires françaises veulent la réduire. Ce 17 janvier, la Haute Autorité de Santé (HAS) publie – pour la première fois – ses recommandations sur la prise en charge de la maladie. Un document très attendu par les patientes. La HAS le reconnaît elle-même, l'endométriose est "une maladie mal repérée, avec une prise en charge insuffisamment coordonnée, entraînant un retard diagnostique et une erreur des femmes". Pour des centres spécialisés Les symptômes sont pourtant sans équivoque : des douleurs pelviennes chroniques ou aiguës, souvent aggravées au moment des règles, parfois à l'origine de rapports sexuels douloureux et des troubles lors de la miction ou de la défécation. Face à ces symptômes, l'attitude des médecins généralistes doit évoluer. Ils sont, en effet, les premiers à recevoir une patiente qui en souffre. Ces praticiens jouent un rôle clé, à tel point que la HAS a édité un guide à leur intention. Il résume la conduite à adopter face à des symptômes évocateurs d'une endométriose, les questions à poser et les examens à réaliser. Si la prise en charge en médecine générale doit s'améliorer, le parcours de soins doit lui aussi évoluer. L'autorité sanitaire préconise ainsi la mise en place de "centres spécialisés de dépistage précoce et de prise en charge pluridisciplinaire de l'endométriose" dans les hôpitaux. Trop peu disposent de telles structures. Ces centres experts pourraient pourtant rassembler les différents intervenants au sein d'un même lieu : gynécologues, chirurgiens digestifs, psychologues… Bref, assurer la prise en charge pluridisciplinaire que la HAS veut voir apparaître. Et, dans le meilleur des cas, accélérer la pose du diagnostic. Pilule contraceptive et stérilet Le dialogue est aussi au cœur de ces recommandations officielles. "Les professionnels doivent délivrer une information adaptée" sur les traitements disponibles, leurs risques et leurs bénéfices, estiment les experts de la HAS et du Collège national des gynécologues obstétriciens (CNGOF). Aux yeux des auteurs du rapport, une prise en charge est justifiée dès que les symptômes ont des conséquences sur le fonctionnement quotidien ou sur les organes touchés par les lésions. Plusieurs approches peuvent alors être adoptées, mais toujours dans l'idée de soulager les douleurs de la patiente. La base du traitement de l'endométriose s'appuie sur la contraception hormonale – soit par la pilule soit par un stérilet imprégné. En stoppant les règles, le médecin stoppe l'évolution de la maladie. Si ce traitement ne suffit pas, d'autres molécules peuvent être prescrites en complément, afin de saturer l'hypophyse – cette glande impliquée dans la sécrétion des hormones sexuelles. La chirurgie, elle, doit être réservée aux cas les plus sévères. L'endométriose expliquée en vidéo https://www.dailymotion.com/video/x5k3c7u Source : Prise en charge de l'endométriose, Haute Autorité de Santé, 17 janvier 2018 ; Association Endo France ; Association Info Endométriose Audrey Vaugrente, journaliste santé e-santé
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Prévenir le tabagisme, avant la toute première cigarette
La première cigarette est fumée très tôt, dès le collège. C’est l’un des enseignements de la première enquête nationale sur les jeunes et le tabac qui identifie les facteurs favorisant la consommation de tabac, dresse un portrait-robot du jeune fumeur et sa réceptivité aux campagnes de prévention. Qui est le jeune fumeur français ? Organisées par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) depuis 2000, les enquêtes ESCAPAD permettent d’appréhender le tabagisme chez les adolescents (1). La dernière parue, en 2014, révélait que près de sept adolescents sur 10 avaient déjà fumé une cigarette. Le tabagisme quotidien, qui avait fortement diminué entre 2000 et 2008 (de 41,1% à 28,9 %) est reparti à la hausse entre 2011 et 2014 (de 31,5 % à 32, 4 %) porté principalement par le tabagisme croissant chez les filles (de 30,2 % à 31,9 %), alors qu'il est resté stable chez les garçons (33 %). Ces chiffres ne compromettent pas pour l’instant la baisse globale observée depuis le début des années 2000. Néanmoins, ces données ne pointent pas les facteurs favorisant la consommation de tabac chez les jeunes. Afin d’y voir plus clair, l'Association BPCO, unique association française contre la Bronchopneumopathie chronique obstructive, a commandité une enquête auprès d'un échantillon représentatif des 15-25 ans (avril à mai 2017). Son objectif était d’évaluer le tabagisme des jeunes et leurs connaissances, mais aussi de comprendre les motifs émotionnels, comportementaux qui les poussent à commencer à fumer et… à ne pas arrêter. (2). Elle était présentée lors des 10èmes rencontres de l’Association BPCO au Palais du Luxembourg (9 novembre 2017, Paris). 15 ans, l’âge de la première cigarette Premier constat, le tabac est la première drogue consommée par les jeunes Français : 40% des jeunes de 15 à 25 ans sont fumeurs. 27% fument régulièrement. 15 ans est l’âge moyen de la première cigarette. Les premiers pas d’un jeune fumeur se font dès le collège. 31% de collégiens ayant fumé leur première cigarette au collège (moins de 15 ans) l’ont fait soit par curiosité (31%), soit sous l’influence d’un proche (32%). Le « collectif » occupe la première place des éléments déclencheurs pour 83% des fumeurs et surtout chez les plus jeunes, devant d’autres facteurs comme les situations de stress, les situations répétitives ou l’inactivité. Sans trop de surprise, un environnement non-fumeur semble favorable à l’éviction du tabac par le jeune. « Griller une cigarette à l’occasion ne fait pas de moi un fumeur » Un tiers des jeunes fumeurs est dans le déni. Pour les jeunes fumeurs et en majorité les fumeurs occasionnels, « griller » une cigarette de temps en temps n’est pas « fumer ». Cécile Grosset, directrice de l’institut de sondage NXA : « Dès lors qu’ils ne fument pas quotidiennement mais seulement occasionnellement, de nombreux jeunes refusent de se considérer comme des fumeurs. Au total, 38% fument mais ne se considèrent pas fumeur pour autant ! ». Bien informés mais peu sensibles aux campagnes de prévention 94 % des 15-25 ans disent très bien connaître les dangers du tabac, mais ça n'empêche pas les fumeurs réguliers de se déclarer insensibles aux campagnes de prévention. Pour la plupart, les jeunes sont assez réalistes : 74% déclarent que l’information reçue sur les risques liés au tabac leur a fait prendre conscience du danger. Ces chiffres illustrent tout le paradoxe entre la conscience du danger et le vécu. Ça n’est pas pour autant qu’ils s’arrêtent de fumer : un peu moins d’un jeune sur deux fume entre 15 et 25 ans. Un gros noyau dur de fumeurs réguliers (62%) déclare être insensible aux campagnes de prévention. L’enquête montre que si la prévention produit un réel impact, cela ne touche pas ceux qui fument déjà. Tout l’enjeu de la prévention du tabagisme est donc d’atteindre les plus jeunes. La nature des actions de prévention compte pour beaucoup. Seuls 39% des fumeurs réguliers se disent réceptifs aux campagnes anti-tabac fondées sur des images et des slogans chocs. Si les jeunes plébiscitent les outils numériques comme supports de communication (réseaux sociaux, serious games, vidéos, etc.), ils accordent aussi un rôle central à l'école : ils souhaitent des informations dès le collège, diversifiées, avec des débats, des témoignages de malades, des conférences, etc. Cécile Grosset : « Les jeunes interrogés souhaiteraient des campagnes d’information et de sensibilisation qui les touchent émotionnellement, dans lesquelles ils se reconnaissent. Ils aspirent à être confronté au réel ». Politique de santé : les espoirs du « virage préventif » Comme l’alcool et l’alimentation, le tabac est l’un des facteurs de risque majeurs de mortalité évitable dans la ligne de mire d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qui entend amorcer un « virage préventif ». Présente lors du colloque de l’Association BPCO, elle y réitérait sa volonté d’« intégrer pleinement la prévention et l’éducation thérapeutique dans la stratégie nationale de santé ». Deux décès par insuffisance respiratoire chronique sur trois étant attribuables à la cigarette, elle veut « agir sur le tabac en amont de la maladie ». Pour ce faire, l’un des quatre axes prioritaires annoncés par la ministre en novembre 2017 sur la base d'un rapport du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) (4) est la prévention et la promotion de la santé au cours de la vie et dans tous les milieux. En effet, l’espérance de vie élevée en France (85,4 ans pour les femmes, 79,3 ans pour les hommes en 2016) cohabite avec une mortalité prématurée et une mortalité évitable encore trop importantes, ainsi qu’une augmentation constante des maladies chroniques dont la BPCO, due à 80% au tabagisme. Pour cela, la prévention doit englober l’éducation à la santé et notamment vis-à-vis des méfaits du tabagisme. Et ceci dès l’école, avant même la première cigarette. Sources : (1) Stanislas Spilka et al. Les drogues à 17 ans : analyse de l'enquête ESCAPAD 2014. OFDT. Tendances 100, mai 2015 ; (2) NXA. Cabinet d'études et conseil. Association BPCO. « Les jeunes de 15 à 25 ans face au tabac ». nov 2017 ; (3) Baromètre Santé 2010. INPES, 2013. p59 ; (4) https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=627 D’après un entretien avec Cécile Grosset, directrice de l’institut de sondage NXA et le suivi du colloque BPCO (Palais du Luxembourg, 9 novembre 2017). Hélène Joubert, journaliste
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Les papillomavirus humains en 10 questions
Le papillomavirus humain (HPV) est un virus fréquent chez l’homme et la femme. La majorité des HPV est responsable de simples verrues vulgaires ou génitales (condylomes). Néanmoins, certaines souches de papillomavirus sont à l’origine de différents types de lésion pouvant évoluer vers un cancer. Tout savoir sur cet as du camouflage en dix questions/réponses, à l’occasion de la 12ème semaine européenne de prévention du cancer du col de l’utérus, du 28 janvier au 3 février 2018. Combien existe-t-il de souches d’HPV ? 180 variétés – des génotypes, numérotés afin de les identifier - de papillomavirus humains ont été répertoriées. La plupart des hommes et des femmes ayant une activité sexuelle sera infectée par le HPV au cours de sa vie. Certains le seront même à plusieurs reprises, par des génotypes viraux différents. 32% des femmes de 18 à 25 ans sont porteuses d’un HPV au sein de leurs voies génitales. 13 HPV sont considérés comme les plus cancérogènes. Les plus redoutables sont les HPV 18 et surtout 16. Les HPV 6 et 11 sont eux aussi à l’origine de cancers mais le risque est bien plus faible. 5 700 nouveaux cas de cancer par an en France sont liés à des papillomavirus humains. Ceux-ci sont impliqués dans la presque totalité des cancers de la marge anale (pourtours de l’anus), du col de l’utérus (4500 nouveaux cas et 1500 décès par an) et de la vulve, dans près de la moitié des cancers de la gorge et dans près d’un tiers des cancers du pénis. Les lésions induites par le HPV passent souvent inaperçues, sans aucun symptôme. D’où le risque de les découvrir au stade précancéreux ou de cancer. Où siègent les HPV dans le corps humain ? Une quarantaine de génotypes d’HPV sur les 180 connus a une prédilection pour les zones génitales (muqueuses, organes sexuels externes et leur périphérie). Quel est le risque de cancer de la gorge et des voies oropharyngées avec le HPV ? Le cancer de la gorge est parfois dû à la pratique du cunnilingus. Présent dans les voies génitales, le HPV peut alors contaminer la muqueuse oropharyngée au cours du sexe oral. 40 à 46% des cancers de l’oropharynx sont d’ailleurs provoqués par l’infection au HPV. La souche HPV 16 est pointé du doigt. Particulièrement cancérigène, elle est retrouvée dans 60 à 90% des cancers de l’utérus et dans presque tous les cancers de l’oropharynx dus au HPV. Quel est le risque de cancer dû au HPV chez l’homme ? Chez l’homme, 96% des cancers de la marge anale et 33% des cancers du pénis sont dus à un HPV. La présence de verrues génitales (condylomes ou « crêtes de coq »), bénignes, est néanmoins instructive. En effet, le risque d’avoir été infecté aussi par un HPV oncogène c’est-à-dire à l’origine de cancer, est alors plus élevé. Cela multiple par 21 le risque de développer un cancer anal, par 8 un cancer du pénis et par 3 un cancer de la gorge. Si l’on découvre des lésions précancéreuses chez une femme au niveau du col de l’utérus, quel est le risque de lésions sur la verge de son partenaire ? Lorsque l’on repère des lésions dysplasiques (altération de l'architecture et de la fonction d'un tissu cellulaire, première étape vers un cancer potentiel) chez une femme au niveau du col de l’utérus, il existe dans 40% des cas chez l’homme des lésions dues au HPV au niveau de la verge. Celles-ci peuvent passer totalement inaperçues. D’où l’intérêt d’un bilan « infections sexuellement transmissibles » (IST) classique (VIH, VHB, VHC, syphilis, chlamydia …) chez les deux partenaires, complété par un examen approfondi des zones génitales. Le préservatif arrête-t-il le HPV à coup sûr ? Les infections à HPV sont les seules infections sexuellement transmissibles qui peuvent être transmises lors d’un rapport sexuel protégé. Furtif, ce virus très petit (55 nanomètres de diamètre) passe partout, même au travers du latex ou du polyuréthane du préservatif. Comme le virus est aussi présent sur l’ensemble de la zone génitale, la pénétration n’est d’ailleurs pas forcément nécessaire ; des attouchements suffisent bien souvent à transmettre ce virus. C’est pour cette raison que les contaminations se font tôt dans la vie, déjà lors des caresses intimes chez les adolescents. Dans plus de 60% des cas, l’infection initiale (primo-infection) par un virus HPV a lieu dans les mois ou les toutes premières années suivant le premier rapport sexuel. Quel laps de temps entre la contamination et la manifestation des lésions ? Le HPV est un as du camouflage. Les antigènes du virus sont présents en permanence mais à des taux faibles. C’est pourquoi le virus peut passer inaperçu et être toléré par le système immunitaire de l’homme. Un test sanguin ne sert à rien puisque le HPV se dissimule. Un prélèvement local est plus adapté. Sans virémie (présence de virus ou de particules virales dans le sang), les cellules protectrices ne flairent pas le danger et ne le détruisent pas. Ce qui lui permet en toute impunité de s’introduire dans l’ADN des cellules de l’homme, lesquelles évolueront potentiellement vers des lésions précancéreuses. Le laps de temps entre la contamination et le déclenchement des lésions se compte en semaines et surtout en années. Un cancer du col de l’utérus met 15 à 20 ans avant de se développer. A savoir. La disparition spontanée du virus après contamination ("clearance") est de l’ordre de 90% à un an ! En revanche, si l’infection persiste plus de deux ans, le risque de lésions précancéreuses de haut grade (celles qui ont une plus forte probabilité d'évolution vers un cancer invasif) est de l’ordre de 40 à 50%. Quel est l’impact du frottis chez la femme ? Il est recommandé tous les 3 ans chez toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans (après 2 frottis normaux à 1 an d’intervalle), que les femmes soient vaccinées ou non. l est recommandé tous les 3 ans chez toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans (après 2 frottis normaux à 1 an d’intervalle), que les femmes soient vaccinées ou non. l est recommandé tous les 3 ans chez toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans (après 2 frottis normaux à 1 an d’intervalle), que les femmes soient vaccinées ou non. Le frottis cervico-utérin est recommandé tous les trois ans chez toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans (après 2 frottis normaux à 1 an d’intervalle), que les femmes soient vaccinées ou non. Or, 48 % des femmes entre 50 à 65 ans ne réalisent pas de frottis (contre 33 à 35 % dans les classes d’âges précédentes). Dans le cadre du 3ème plan cancer 2014-2019, le dépistage organisé va être généralisé en 2018, afin de permettre à l’ensemble des femmes de 25 à 65 ans un accès à un dépistage régulier du cancer du col de l’utérus. En 20 ans, grâce au prélèvement, le nombre de cancers du col de l’utérus a été divisé par deux, ainsi que le nombre de décès. Attention, un cancer du col de l’utérus sur quatre fait suite à un frottis anormal dont le suivi a été incomplet. C’est l’un des seuls cancers pour lesquels le pronostic se dégrade en France, avec un taux de survie à 5 ans, en diminution. 24 000 lésions précancéreuses et 50 000 verrues génitales sont prises en charge chaque année en France. La vaccination des jeunes filles est-elle efficace ? Déjà, plusieurs études de grande ampleur ont établi l’absence de lien entre vaccination anti-HPV et maladies auto-immunes ou neurologiques graves. Le bénéfice de la protection par le vaccin contre le HPV semble bien réel. En Australie, où la couverture vaccinale est de 70% chez les jeunes filles, la prévalence du HPV a chuté de 77% chez elles, les verrues génitales de 93% et les anomalies de haut grade du col de l’utérus de 46%. Les garçons ont tiré parti de la vaccination des filles puisque l’"immunité de groupe" a réduit de 12% le nombre de condylomes chez eux. D’où l’idée qui suit son chemin en France de recommander la vaccination chez les garçons. L’étude française P020 a montré que le vaccin chez les garçons réduit la survenue de condylome (-89%) et le risque de cancer anal (-77%). Mais on n’en est pas encore là, la couverture vaccinale française des filles atteignant à peine les 20% ! A noter, depuis 2016, le Haut Conseil de la Santé publique recommande la vaccination chez les hommes ayant des rapports avec les hommes. Où en sont les vaccins « thérapeutiques » ? La recherche avance et des pistes sont prometteuses, en particulier celle d’une équipe américaine dévoilée en 2015. Un vaccin chez des femmes présentant une « néoplasie cervicale intra-épithéliale » (longue période de la maladie avant l’invasion de l’épithélium par les cellules cancéreuses) a permis de faire régresser les lésions voire même un retour à la normale chez 48,2% d’entre-elles contre 30% chez celles du groupe placebo. Merci au Dr Charlotte Methrost, chirurgien urologue et membre du comité d’andrologie et de médecine sexuelle de l’Association Française d’Urologie (AFU). Hélène Joubert, journaliste
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Mars bleu. Dépister le cancer colorectal, et après ?
Le dépistage généralisé du cancer colorectal dès l’âge de 50 ans est réalisé à l’aide d’un test immunologique, à répéter tous les deux ans chez les personnes sans risque particulier, dites à « risque moyen ». 4% de ces tests reviennent positifs. Parmi ces 4% de tests positifs, 10% révèlent des cancers, 40% des polypes dont certains peuvent dégénérer en cancer, et 50% sont des faux positifs (coloscopie normale). Quelle est alors la marche à suivre ? Mars bleu, mois du cancer colorectal Chaque année, en mars, les autorités de santé marquent le coup avec Mars bleu, rappelant à cette occasion qu’à partir de 50 ans, le dépistage du cancer colorectal nous concerne tous. Le Conseil national professionnel d’hépato-gastroentérologie (CNP HGE) renchérit et depuis 10 ans, s’investit lui-aussi dans une campagne annuelle, gratuite, de prévention à destination du grand public sur le dépistage du cancer colorectal, baptisée « Colondays ». Tout au long du mois de mars, plus de cent établissements (hôpitaux, cliniques et cabinets de gastroentérologie) et plus de mille praticiens et acteurs de la santé accueilleront et informeront le grand public par le biais d’animations. La nouveauté de cette 10ème édition est sa durée (un mois) et le « road tour » de son espace mobile d’information. Du 13 au 31 mars, il fera étape dans douze capitales régionales. Le public pourra y rencontrer un hépato-gastroentérologue, s’informer gratuitement sur la prévention contre le cancer colorectal et évaluer son risque afin d’opter pour la meilleure méthode de prévention/dépistage. (https://www.colon-days.fr/les-gastroenterologues-participant-a-la-journee-portes-ouvertes). 43 000 nouveaux cas et 18 000 décès sont dénombrés annuellement en France. Encore aujourd’hui, 50% des cancers diagnostiqués sont métastatiques, c’est à dire qu’ils ont déjà essaimé dans le reste du corps. Simplement parce que plus de la moitié de la population persiste à ne pas se considérer comme « à risque »*. Le dépistage permet de découvrir des cancers à un stade précoce (curable) dans 90% des cas, alors que le pourcentage de guérison des cancers métastatiques, diagnostiqués trop tardivement, tombe à 20%. Le dépistage généralisé est préconisé tous les deux ans à partir de l’âge de 50 ans. Chaque intéressé reçoit par courrier une invitation au dépistage, pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie sans avance de frais. Sans symptôme ni antécédent personnel ou familial de cancer ou d’adénome colique, le risque est qualifié de « moyen », c’est-à-dire un risque de 3% de développer ce type de cancer. Le "test immunologique" (FIT pour Fecal Immuno Chemical Test) vise à déceler la présence de saignement occulte dans les selles. La personne prélève à son domicile un échantillon de selles au moyen d’un kit et l’envoie dans les cinq jours au laboratoire de biologie médicale indiqué, pour un résultat obtenu dans les quinze jours. Un test positif (environ 4 % des cas) ne dénote pas forcément la présence d’un cancer mais la coloscopie s’impose pour le confirmer ou l’infirmer. Dans certains cas, le test immunologique est inutile et la coloscopie s’impose d’emblée. C’est lorsque la personne compte un apparenté du premier degré avec un cancer colorectal ou un polype avant l’âge de 65 ans (ou si la personne a deux apparentés du 1er degré touchés, quel que soit leur âge). Environ 20% des cancers colorectaux surviennent chez des personnes à risque « élevé » et 5 à 10% chez celles dont le risque est « très élevé ». Les personnes à « haut risque » ont environ une chance sur dix de développer un cancer colorectal. La réalisation d’une coloscopie permet de déceler la présence éventuelle de polypes et de les retirer avant qu'ils ne se transforment en cancer. La vidéocapsule replacera-t-elle la coloscopie ? Alors que nombreuses sont les personnes qui ne se font pas dépister par crainte qu’on leur propose ensuite, au vu du résultat positif du test, l’examen toujours autant redouté qui est la coloscopie, la donne pourrait changer avec un accès plus fréquent à la vidéocapsule. Il s’agit d’une mini-caméra que l’on ingère et qui retransmet un film composé de milliers d’images prises lors de son parcours dans le côlon et le rectum. Aujourd’hui la vidéocapsule est utilisée pour l’examen de l’intestin grêle qui n’est pas accessible par coloscopie. Pr Frank Zerbib, gastro-entérologue au CHU de Bordeaux : « Le décret pour l’utilisation de la vidéocapsule en pratique courante va paraître au Journal officiel courant premier semestre 2018 (tarif de l’acte). Elle peut être utilisée en cas de coloscopie incomplète ou lorsque la personne est trop fragile (récusée pour l’anesthésie générale) ou lorsqu’elle refuse l’examen. Mais ses utilisations pourraient se multiplier et une étude nationale (FAMCAP) vient de débuter en ce début 2018. Cette étude comparera l’intérêt de la coloscopie, du test immunologique et de la capsule chez les patients à haut risque ». En effet, la coloscopie a démontré son efficacité dans le dépistage des cancers du côlon. Il faut que la technique de vidéocapsule apporte progressivement les preuves de son efficacité préventive. Polypes, la chirurgie perd du terrain La technologie progresse à grands pas et le traitement des lésions précancéreuses que sont les polypes adénomateux est en pleine mutation. On a de moins en moins recours à la chirurgie (Colectomie qui consiste à enlever la partie du côlon où se trouve le polype ou le cancer) et de plus en plus aux techniques mini-invasives dont l’endoscopie. L’intervention est réalisée aujourd’hui en routine à l’aide d’un endoscope, tube souple introduit par les voies naturelles et qui retransmet des images en direct à l’opérateur. En plus d’explorer les parois du côlon et du rectum, elle permet d’exciser le polype ou le cancer. Cette exérèse (polypectomie) permet de réduire le risque de cancer de 70 à 90 % à 5 ans. La coloscopie est donc à la fois un examen de dépistage et de traitement des lésions. Pr Frank Zerbib : « Les techniques d’endoscopie sont de plus en plus performantes, au point qu’il est souvent possible d’éviter la chirurgie même en cas de polype volumineux. La chirurgie reste cependant nécessaire pour les polypes trop volumineux ou dont l’aspect fait craindre la dégénérescence en cancer invasif, c’est-à-dire un cancer ayant infiltré en profondeur la paroi du colon ». Hélène Joubert, journaliste. D’après une interview du Pr Frank Zerbib, gastro-entérologue au CHU de Bordeaux, président du Conseil national professionnel d’hépato-gastroentérologie. * Sondage 2016 Opinion Way pour le Conseil National Professionnel d'Hépato-gastroentérologie
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Les femmes, victimes de choix de certaines maladies
Parfois, la maladie est sexiste. Les femmes ont tendance à souffrir de certains maux plus souvent que les hommes. Une femme avertie en vaut deux. Tour d’horizon. Les femmes, trois fois plus touchées par le Syndrome de l’Intestin Irritable En France, le Syndrome de l’Intestin Irritable (SII) touche trois femmes pour un homme (1). D’ailleurs, quel que soit le type de trouble fonctionnel intestinal (constipation, globus/boule dans la gorge, dysphagies/problème de déglutition, ballonnements, douleurs abdominales fonctionnelles), les femmes souffrent systématiquement plus souvent que les hommes en Europe et en Amérique du Nord. Ce n’est pas le cas en Afrique, Asie du Sud et Amérique du Sud. Aucune explication sur cette particularité occidentale n’est réellement satisfaisante. Dr Pauline Jouët, gastro-entérologue, service d’hépato-gastro-entérologie Hôpital Ambroise Paré (Boulogne-Billancourt) : « Temps de transit colique plus lent chez la femme, hypersensibilité viscérale plus importante, femmes plus sujettes à conserver des symptômes séquellaires de gastro-entérite ou « syndrome de l’intestin irritable post-infectieux »… sont parmi les explications avancées pour expliquer la prédominance féminine. Il faut aussi savoir que les femmes ont par ailleurs une tendance à plus facilement consulter pour leurs symptômes que les hommes. La femme pourrait être aussi plus vulnérable aux troubles fonctionnels intestinaux du fait de son statut hormonal, mais rien n’est bien démontré. La piste génétique est en cours d’exploration ». La constipation, une affaire de femmes La constipation chronique concerne plus d’un tiers de la population française mais surtout trois femmes pour un homme. Un quart des hommes et un tiers des femmes après 65 ans sont constipés. Dr Jean-Paul Vove, gastro-entérologue, proctologue et sexologue (Bordeaux) : « Les femmes se retiennent peut-être plus d’aller à la selle, leur ceinture abdominale est moins puissante, le pelvis a été affaibli par les grossesses… les hypothèses sont variées. Néanmoins, à ce jour, les essais ont échoué à démontrer de façon formelle le rôle des variations hormonales dans la constipation chez la femme (2) ». Un fibromyalgique sur dix est une femme La fibromyalgie est un syndrome douloureux chronique assez fréquent (1,6% de la population) et féminin. Il associe, entre autres, fatigue chronique, troubles du sommeil, céphalées de tension, troubles fonctionnels digestifs etc. La fibromyalgie est jusqu’à dix fois plus fréquente chez la femme. Dr Julien Guérin, co-coordinateur de l’enquête « La fibromyalgie dans la vraie vie » (3), Centre d’évaluation et de traitement de la douleur (Hôpitaux Saint Antoine et Cochin, Paris) : « Nous avons tenté de dresser le portrait robot de la personne fibromylagique (3). Sans surprise, les femmes sont majoritairement atteintes (92%), âgées en moyenne de 48 ans, avec une légère tendance au surpoids. Les fibromyalgiques ont en général des maladies associées (comorbidités). L’enquête le confirme avec en tête l’arthrose, loin devant l’endométriose ou l’hypothyroïdie. Sur le plan psychologique, des troubles cognitifs, une anxiété ou une dépression sont retrouvés dans un cas sur deux ». Les femmes ont plus souvent la migraine La migraine est trois fois plus fréquente chez la femme : 15 à 18% des femmes contre 6% des hommes. Les hormones sont impliquées ; les changements hormonaux (grossesse, ménopause) jouant sur le développement de la crise de migraine. Les menstruations (règles) sont parmi les facteurs déclencheurs les plus fréquents, du fait de la chute du niveau d'estrogènes prémenstruel. Plus cet effondrement oestrogénique est rapide, plus le risque de souffrir de migraine serait important (4). Les femmes, plus durement touchées par les complications du diabète Les femmes, si elles sont moins souvent diabétiques de type 2, sont néanmoins plus touchées par ses complications. Le sur-risque masculin de diabète de type 2 est non négligeable puisqu’il est, en métropole du moins, de 44,5% après 40 ans (5). En revanche, les complications vasculaires et rénales du diabète de type 2 (DT2) sont plus fréquentes chez les femmes. Pr Patrick Ritz, service d’Endocrinologie, maladies métaboliques et nutrition de l’Hôpital Larrey (Toulouse) : « Le risque relatif de maladie cardiovasculaire chez les femmes diabétiques de type 2 est de 3,5 comparé aux femmes non diabétiques alors qu’il est de 2,1 chez l’homme. De plus, la prévalence de l’hypertension artérielle est plus forte chez les femmes diabétiques (6-7) ». Comment l’expliquer ? Tout d’abord, leurs facteurs de risque sont moins bien contrôlés : leur indice de masse corporelle est plus élevé, leur control tensionnel moins efficace, et elles pratiquent moins souvent une activité physique. Le traitement est aussi moins optimal, tout comme la surveillance sur le plan rénal et cardiovasculaire. Les femmes, plus touchées par la BPCO Les femmes et les jeunes sont de plus en plus affectés par la bronchopneumopathie chronique obstructive. BPCO, ces quatre lettres désignent une maladie grave des bronches due à 80% au tabagisme et qui peut conduire à l’insuffisance respiratoire. On sait maintenant depuis 2013, année de la publication d’une vaste étude américaine regroupant près de 500 000 personnes (Nurse Health Study), non seulement que la BPCO continue de progresser, mais que les femmes sont de plus en plus concernées et les malades de plus en plus jeunes. La dépression, deux fois plus fréquente chez la femme La dépression est deux fois plus fréquente chez la femme avec un homme sur dix concernés contre une femme sur cinq. Les hormones expliqueraient cette plus forte prévalence lors de certains évènements de vie de la femme (ménopause, accouchement etc.). Les hormones les plus psychoactives sont les estrogènes et la progestérone mais un neurotransmetteur – la sérotonine – pourrait aussi expliquer le phénomène. Un déficit sérotoninergique est retrouvé dans les états dépressifs. Or, la synthèse de sérotonine est plus élevée dans le cerveau masculin. Les dépressions féminines sont aussi peut être mieux dépistées, car elles consultent un médecin en général plus facilement, ce constat étant retrouvé dans de nombreuses pathologies. Les femmes, plus de deux fois plus de calculs biliaires La lithiase biliaire, ou calcul de la vésicule, affecte de deux à trois fois plus de femmes que d’hommes. La formation de calculs à l’intérieur de la vésicule biliaire touche 10 % à 15 % des hommes et 25 % à 30 % des femmes. Cette différence, cependant, s’atténue après 70 ans. Les calculs dits « cholestéroliques » sont favorisés par les facteurs qui vont entraîner une augmentation de la concentration biliaire en cholestérol. Il ressort que le sexe féminin est plus susceptible de fabriquer ce type de calcul. MICI et maladies auto-immunes, désavantage aux femmes Selon les chiffres récents en France, 56 % de femmes et 44% d'hommes souffrent de maladies chroniques inflammatoires de l’intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique). Globalement, les femmes sont plus susceptibles que les hommes d'être atteintes de maladies auto-immunes telles que la sclérose en plaques, l’arthrite rhumatoïde, la thyroïdite, le lupus, ou la myasthénie (maladie neuromusculaire). Ces maladies résultent du dysfonctionnement du système immunitaire qui s'attaque à l'organisme lui-même. Une équipe française a probablement touché du doigt l’une des causes. Le thymus est l’organe où les lymphocytes T, les cellules du système immunitaire qui détruisent les intrus, apprennent à reconnaître le soi pour ne pas l'attaquer. A cause de taux élevés des estrogènes chez la femme à partir de la puberté, une protéine (AIRE) présente dans les cellules de ce thymus serait synthétisée en quantité moindre, augmentant la susceptibilité aux maladies auto-immune. (1) Aliment Pharmacol Ther. 2010 Sep;32(6):738-55 ; (2) Drugs. 2013 Nov;73(17):1935-50 ; (3) Enquête auto-déclarative développée par l’Association française de lutte antirhumatismale et Fibromyalgie SOS ; (4) Dr Jelena Pavlovic et al. Neurology 87 July 5, 2016 ; (5) chiffres 2007 de l’InVS (BEH 42-43) ; (6) Endocrine, Metabolic & Immune Disorders-Drug Targets Vol12, N 2, June 2012, pp. 179-196 (18) ; (7) Gend Med 2006 Jun;3(2):131-58; (8) Sonia Berrih-Aknin et al. J Clin Invest. 2016;126(4):1525-1537
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Alimentation et prévention cancer : vérités et idées fausses
En janvier 2001, a été créé le Programme National Nutrition-Santé (PNNS), avec pour ambition d'améliorer l'état de santé de la population en agissant sur le déterminant nutrition.Parallèlement, avec l'évolution des connaissances, les scientifiques estiment aujourd'hui que le facteur alimentaire pourrait contribuer pour une large part au développement des cancers. C'est ainsi que la thématique « Alimentation, nutrition et cancer » a vu le jour.En matière de prévention du cancer, l'alimentation peut en effet jouer un rôle très important.« Vérités, hypothèses et idées fausses », ce qu'il faut savoir au sujet des liens entre cancer et alimentation. Prévention des cancers : vérités et recommandations Fruits et légumesL'apport de fruits et de légumes devrait représenter au minimum 7% de l'apport énergétique total journalier, soit entre 400 et 800 grammes de fruits et légumes par jour, en jouant sur la variété.Pour atteindre le minimum, le PNNS recommande au moins 5 fruits et légumes chaque jour, quelle qu'en soit la forme : crus, cuits, frais, en conserve ou surgelés. Surpoids et obésitéLe risque de cancer est minimal lorsque l'indice de masse corporelle est maintenu entre 18,5 et 25 kg/m².Les recommandations internationales (code européen contre le cancer) conseillent de ne pas dépasser un gain de poids supérieur à 5 kilos durant la vie d'adulte.Il est donc conseillé de surveiller régulièrement son poids et en cas de gain rapide ou important de celui-ci, de mettre en place un contrôle de l'alimentation doublé d'une augmentation de l'activité physique. Activité physique Il est recommandé de maintenir un mode de vie actif.A titre d'exemple, si l'activité physique professionnelle est faible ou modérée, pratiquez au moins une demi-heure (et si possible une heure) de marche rapide, ou d'une activité similaire, par jour, et une activité physique vigoureuse d'au moins une heure par semaine. AlcoolLa consommation d'alcool est déconseillée sur le plan du risque de cancer, car elle augmente la morbidité et la mortalité.Les recommandations du PNNS proposent, chez ceux qui consomment des boissons alcoolisées, de ne pas dépasser l'équivalent de 20 g d'alcool pur par jour (soit deux verres de vin de 10 cl ou deux bières de 25 cl ou 6 cl d'alcool fort).Mais selon les toutes dernières données scientifiques, il serait préférable de ne pas dépasser 6 verres par semaine. Tabac Le tabagisme constitue un facteur de risque majeur de cancer (et notamment du poumon et de la vessie), et sa réduction est un objectif prioritaire en termes de santé publique pour diminuer le risque de multiples localisations de cancer. Hypothèses fortes menant à des recommandations Viandes et charcuteries La consommation de viande doit se faire dans le cadre d'une alimentation équilibrée et variée, riche en fruits et légumes. Privilégiez les viandes les plus maigres. Un seul plat de viande par jour est suffisant. Limitez les charcuteries, pour réduire notamment les apports en graisses saturées et en sel. Par ailleurs, limitez les procédés de cuisson utilisant des températures très élevées (grillade, barbecue, friture) ; le cas échéant, il est recommandé de ne pas consommer les parties carbonisées des viandes grillées. Sel Ne pas dépasser 8 grammes de sel par jour, via les aliments eux-mêmes, l'ajout à table et lors de la préparation. Les principaux aliments salés à contrôler sont les charcuteries et les fromages à forte teneur en sel, les produits salés pour l'apéritif, et certaines eaux minérales riches en sodium. Apports en graisses La réduction des apports en graisses pourrait avoir un impact bénéfique sur le risque d'obésité et sur les maladies cardiovasculaires. En matière de cancer, ce sont surtout les acides gras trans (graisses hydrogénées issues d'un procédé industriel) qui sont à éviter. Evitez les aliments contenant des graisses « cachées » (viennoiseries, crèmes desserts, produits apéritifs, produits laitiers gras, viandes et charcuteries grasses, sauces... ). De plus, remplacez le plus souvent possible les graisses animales par des graisses d'origine végétale, notamment celles riches en acides gras mono-insaturés et polyinsaturés (huiles d'olive, de colza). Fibres alimentaires L'alimentation quotidienne devrait intégrer des céréales complètes (blé, orge, avoine, maïs, son), du pain complet, des légumes ou légumineuses (lentilles, haricots, fèves...) ou du riz complet, et des fruits (plutôt que leur jus). Il est préférable de consommer des produits à grains entiers, ou enrichis en fibres. Café A consommer avec modération, soit moins de 5 tasses par jour. Les données existantes ne permettent pas d'incriminer la consommation de café dans le déterminisme des cancers, excepté pour celui de la vessie. Stéréotypes et idées fausses autour de l'alimentation et du cancer Le four à micro-ondes donne le cancerFaux : aucun élément actuellement disponible n'indique un risque lié à l'utilisation du four à micro-ondes.Les fruits et légumes donnent le cancer à cause des pesticidesFaux : il existe suffisamment de preuves concluant que les fruits et légumes protègent du cancer dans des proportions importantes. Et les effets bénéfiques des fruits et légumes sont tellement importants, qu'ils annulent les effets délétères de quantités faibles de pesticides.Le vin rouge protège du cancer Faux : aucune boisson alcoolisée (même le vin) n'a d'effet protecteur vis-à-vis du cancer. Toutes sont des facteurs de risque importants. Dans le domaine du cancer, la consommation d'alcool n'est jamais recommandée. Alimentation et cancer : résumé des recommandations Alimentation variée et quantitativement adaptée aux besoins nutritionnels, préférentiellement basée sur des aliments d'origine végétale. Poids stable sans surcharge pondérale, tout en limitant le gain maximal de poids à moins de 5 kg durant la vie adulte. Mode de vie actif avec une demi-heure de marche rapide (ou une activité similaire) par jour et une activité physique vigoureuse d'au moins une heure par semaine. Cinq fruits et légumes par jour. Aliments riches en fibres (fruits, légumes, pain, riz et pâtes complets) à privilégier par rapport aux aliments raffinés (pain et riz blancs). Alcool déconseillé. Pour les consommateurs, limiter à 6 verres par semaine. Charcuteries à limiter au profit du poisson ou des volailles. Limiter le sel et les aliments salés. Isabelle Eustache
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Quelles sont les causes de fatigue pendant la grossesse ?
Si vous vous sentez fatiguée pendant votre grossesse, il faut en identifier l’origine. Prenez le temps d’y réfléchir car plusieurs causes de fatigue pendant la grossesse peuvent se combiner. Mais au-delà de ces causes communes, la fatigue pendant la grossesse peut aussi révéler une affection. C’est pourquoi il faut absolument en parler au médecin qui vous suit. La fatigue en début de grossesse, c’est normal, c’est hormonal ! En début de grossesse, il est normal d’être fatiguée et d’avoir envie de dormir, parfois à n’importe quelle heure de la journée. Cet état est lié à la progestérone, hormone indispensable pour soutenir la grossesse, et qui possède un effet sédatif. Bonne nouvelle, cet état de fatigue diminue beaucoup au 2e trimestre. Les troubles du sommeil, très fréquents chez les femmes enceintes Les petits maux de la grossesse, les maux du dos, les mouvements du bébé, les positions difficiles, les questionnements, les impératifs professionnels, sont autant de facteurs susceptibles de troubler votre sommeil. Adoptez des rituels favorables à l’endormissement, couchez-vous plus tôt, améliorez votre confort, et n’hésitez pas à compenser le week-end par exemple. L’activité professionnelle Certaines conditions de travail sont fatigantes physiquement et psychologiquement. Les personnels de service, les employés de commerce, les ouvrières sont particulièrement exposées, mais ce ne sont pas les seules, tous les postes stressants sont aussi fatigants ! Certains postes sont également plus à risques comme le travail sur machine, les tâches répétitives, etc. A cette source de fatigue pendant la grossesse, il faut ajouter les transports, longs et difficiles qui génèrent à la fois fatigue et stress…Il importe donc de réfléchir à l’aménagement des conditions de travail, des horaires et du moyen de transport dès le début de la grossesse. Les angoisses du 3e trimestre de grossesse Plus particulièrement au 3e trimestre de la grossesse, nombre de femmes enceintes sont prises d’angoisses et peuvent faire des cauchemars : comment se déroulera l’accouchement ? Le bébé sera-t-il beau ? Vais-je l’aimer ? Est-ce que je serai une bonne mère ?...Le mieux est de parler de ses angoisses avec les autres pour les désamorcer. Il ne faut pas hésiter à s’en ouvrir au futur papa, à ses amis, ses parents et aussi aux professionnels de santé qui vous suivent. Le dernier mois de grossesse Avec la prise de poids, il est normal de fatiguer en fin de grossesse. Vous vous essoufflez aussi plus facilement, le volume de votre ventre vous empêche de trouver la position idéale pour dormir, sans parler des mouvements du bébé qui vous réveillent ou de votre vessie comprimée qui vous oblige à vous lever régulièrement la nuit…Ménagez-vous, faites de nombreuses pauses, de la relaxation et des siestes autant que vous voulez et où vous voulez ! Faites-vous aider pendant votre grossesse (conjoint, amis, famille, aide-ménagère, achats de courses sur Internet …) car de toute façon votre état ne vous autorise pas à faire les courses, du bricolage ni le ménage en grand.La grossesse impose un travail physiologique supplémentaire. Il faut donc se ménager : se coucher tôt, faire des siestes le week-end, se relaxer, répartir les taches familiales, aménager son poste et son temps de travail, s’octroyer des moments à soi…Bien entendu, l’alimentation joue un rôle important, certaines carences pouvant se traduire par de la fatigue. Une alimentation saine et équilibrée est essentielle. Quant à l’activité physique régulière et adaptée à son état, elle éloigne très efficacement la fatigue pendant la grossesse. Enfin, au moindre doute, il faut en parler avec son médecin. Isabelle Eustache
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Allaiter, un plaisir quotidien
Notre mode de vie moderne laisse peu de place à l’allaitement maternel. Pour une femme, le choix de l’allaitement est ainsi souvent une entreprise difficile. Encore faut-il être soit motivée, sinon soutenue et informée, au risque d’abandonner rapidement. Pour ne pas en arriver là et oser vivre l’aventure de l’allaitement, soyez à l’affût des conseils pratiques. En voici déjà une douzaine… 1- L’allaitement est très pratique : pas besoin de biberon à laver et à stériliser, pas de lait en poudre à acheter, à doser et mélanger, pas besoin de chauffer ! Le lait maternel est toujours disponible et à température idéale. 2 - Le lait prend le goût de ce que vous mangez. Ce n’est pas une raison pour vous priver, au contraire, vous développez le goût de votre bébé. 3 - Vous devez continuer à respecter une bonne hygiène de vie, notamment alimentaire. Tout ce que vous absorbez est censé passer dans votre lait : donc pas de tabac, d’alcool et très peu de café ! 4 - Pas de médicaments sans l’avis du médecin car ils passent aussi en petite quantité dans le lait. Et si vous avez l’autorisation du médecin, prenez votre médicament après une tétée afin de l’avoir éliminé pour la tétée suivante. 5 - Faites le plein d’oméga-3 en mangeant du poisson 2 fois par semaine et en privilégiant les petits poissons (bonite, maquereau, sardines, anchois, truite) car ils contiennent moins de mercure que les gros prédateurs. Ces acides gras polyinsaturés entrent dans la composition de la membrane des neurones et contribuent au développement du cerveau. 6 - La première mise au sein doit être immédiate et doit donc avoir lieu dans la salle d’accouchement, dans l’heure qui suit la naissance. C’est primordial pour la réussite de l’allaitement. Informez au préalable les sages-femmes de votre décision d’allaiter. 7 - 2 à 4 jours après l’accouchement, il est normal de ressentir une douleur lors de la montée de lait, il ne s’agit pas d’un engorgement. Cette phase fait suite à la sécrétion du colostrum et annonce la mise en place du lait proprement dit. 8 - Les tétées seront rythmées par la faim du bébé et les consignes ont changé : on ne réveille plus un bébé qui dort pour le mettre au sein s’il ne réclame pas. De même, on ne lui refuse pas une tétée, même si la précédente n’est terminée que depuis une heure. Un bébé tète pour se nourrir, mais aussi pour se rassurer et se calmer. 9 - Quand mettre en route l’allaitement mixte ? 4 à 6 semaines après la naissance, mais pas avant, au risque de compromettre l’allaitement au sein. 10 - En l’absence d’un congé pour allaitement, les salariées disposent d’une heure par jour de travail pour allaiter durant un an après la naissance. En votre absence, faites donner à votre bébé votre propre lait recueilli à l’aide d’un tire-lait et conservé au réfrigérateur ou au congélateur. 11 - Crevasses, engorgements et douleurs du mamelon sont des aléas éventuels de l’allaitement. Sachez qu’il existe des solutions et autres astuces pour y remédier et pour prévenir de tels soucis. Il faudra vous renseigner et demander conseil. 12 - Justement, avant même l’accouchement et durant tout l’allaitement, n’hésitez pas à poser vos questions et à exposer vos problèmes auprès des animatrices de La Leche League (www.lllfrance.org), spécialement formées pour aider les femmes à réussir leur allaitement. Bref rappel des avantages de l’allaitement maternel : Le lait maternel est parfaitement adapté aux besoins du bébé. Le colostrum des premiers jours est riche et facile à digérer, puis le lait apparaît quand l’appétit du bébé se développe. Le colostrum apporte en plus des anticorps au bébé lui permettant de se défendre contre les infections. L’allaitement diminue le risque d’allergie alimentaire. Pour la mère, allaiter diminue les risques de cancer du sein et favorise la perte de poids après l’accouchement, etc. Enfin, allaiter renforce le lien maternel... Isabelle Eustache
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Audition : il n'y a pas que les oreilles qui souffrent de la pollution sonore
15% des Français seraient affectés par les troubles de l'audition mais aussi, pour 60% d'entre eux, le bruit impacte leur humeur et génère de la fatigue et de la lassitude. Avec ce sondage, la 19e édition de la Journée Nationale de l'Audition 2016, exhorte à une prise de conscience des effets des nuisances sonores sur la santé. Quels sont-ils ? L'audition, première victime du bruit ambiantA l'époque de la chasse et de la cueillette, l'homme évoluait dans un environnement calme, ne dépassant pas les 80 décibels (dB). Peu à peu, des sources sonores de plus en plus puissantes ont pollué notre environnement et l'audition humaine en souffre. On ne lui laisse plus le temps de récupérer. Soumis à des pressions constantes, l'appareil auditif subit un état permanent de stress accélérant sa dégradation.L'enquête menée à l'occasion de la Journée Nationale de l'Audition 2016 met cet état de fait en évidence : la moitié des personnes interrogées se disent agressées par le bruit au travail, dans les transports et à l'école et les deux tiers se sentent plus exposées au bruit qu'auparavant.Or, à partir de 80-85 dB, le risque de dégradation des cellules ciliées (sensorielles) de l'oreille interne existe et à 110 dB, on s'expose à un traumatisme sonore aigu potentiel. Si la circulation automobile (tondeuse, aspirateur) vrombit autour de 80 dB, les motos rugissent dans les 90 dB, les MP3 diffusent à 100 dB, les concerts et discothèques à 110 dB et les avions au décollage ou les marteaux piqueurs nous agressent à 130-120 dB. Problème : l'oreille répond de façon étonnante au bruit : à chaque fois que le niveau sonore s'élève de "seulement"10 dB, on entend deux fois plus fort ! Ainsi, un son de 100 dB est perçu quatre fois plus fort qu'un son de 80 dB.Dr Didier Bouccara, médecin ORL, Groupe Hospitalier Pitié Salpêtrière (Paris) : « Pour endommager à vie notre ouïe, il n'y a pas que les sons intenses mais aussi l'accumulation d'expositions sonores d'intensité élevée. La susceptibilité au bruit et à ses dégâts potentiels varie considérablement d'une personne à l'autre. La pression acoustique constante génère un stress auditif entraînant a minima une fatigue et, au fur et à mesure, une usure des cellules sensorielles de l'oreille. Par exemple, pour un niveau sonore de 80 dB pendant une journée de 8h, l'audition est en danger. Des niveaux acoustiques de120-130 dB provoquent une douleur au niveau de l'oreille, par des mécanismes sensitifs liés à la pression acoustique élevée. Le risque d'atteinte auditive partielle mais parfois irréversible, peut apparaître à partir de110 dB (concerts...) mais aussi déjà avec l'utilisation au long cours d'un baladeur poussé à 100 dB ».Les jeunes font la sourde oreilleVers une génération de malentendants ? Les jeunes détruisent de façon irréversible leur capital audition, souvent en toute connaissance de cause. Environ 50% des jeunes de 12 à 35 ans des pays à hauts et moyens revenus sont exposés à des niveaux sonores trop élevés (de l'ordre de 85 décibels pendant 8 heures d'affilée et de 100 décibels pendant 15 minutes) avertissait l'Organisation Mondiale de la Santé en 2015. Confirmation : la part des jeunes de 18 à 35 ans ayant un usage fréquent et intensif d'écoute de musique "amplifiée" avec un casque ou des écouteurs a triplé depuis 2007, passant de 4 à 13%, et atteint 25% des 15-19 ans, selon le Baromètre Santé INPES/InVS (janvier 2016).Selon l'enquête JNA 2016, 38% des 15-17 ans avouent que le bruit les rend euphoriques. S'ils sont presque tous conscients des dégâts potentiels sur leur audition, il ne se sentent pas en danger et seuls 21% des 15-30 ans déclarent s'éloigner des enceintes et 3% utiliser des bouchons d'oreilles à usage unique*. Un paradoxe qui explique que la situation, pourtant critique, évolue peu. Déjà, près de 10% des moins de 25 ans présentent une perte auditive pathologique, avertit l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES).Fatigue, troubles du sommeil... le bruit et sa kyrielle d'effets nocifsLes conséquences "extra-auditives" psycho-sociales du bruit ambiant sont multiples. Pour 89% des personnes*, les difficultés d'audition impactent la vie sociale. Un Français sur deux est gêné par le bruit la journée et une personne sur cinq pendant la nuit*. Neuf personnes sur dix se disent exposées tous les jours à un bruit excessif **. Entre 70 et 100dB, les répercussions sur l'être humain existent aussi, le bruit devient fatiguant (70-80dB) puis franchement pénible (90-100dB). Dans l'enquête JNA 2016, 53% des personnes estiment que le bruit crée des maux de tête, 49% qu'il génère souvent de l'anxiété.Lorsque le son devient bruit, la santé globale de l'individu est en danger (1) : Fatigue. Nervosité et irritabilité. Stress et anxiété. Troubles du sommeil (sommeil fractionné donc moins récupérateur). Troubles de la concentration et de la mémoire ; perte de vigilance et difficultés scolaires chez l'enfant. Troubles cardiovasculaires (augmentation d'une hypertension artérielle existante ; risque de maladie coronarienne). Les conséquences sur la sphère digestive, les dérèglements endocriniens (obésité) et du système immunitaire sont difficiles à mettre en évidence.10 commandements contre l'omniprésence sonoreL'omniprésence sonore est ancrée dans les habitudes de vie de l'Homme moderne, au point que les jeunes indiquent même que le bruit est un élément rassurant et que son absence les inquiète ! *Dr Bouccara : « Il existe peu de possibilités de limiter le bruit lié aux avions, aux transports etc. en dehors de la protection individuelle. Celle- ci peut être améliorée par le port de protections sonores. Préserver l'audition est un problème s'intègre tout à fait dans le cadre des préoccupations des pouvoirs publics vis à vis des effets de l'environnement sur la santé. L'exposition sonore est devenue ces dernières années une préoccupation des urbanistes (murs anti-bruit) et des architectes (agencement des bâtiments et pièces, structures et circulation de l'air, qualité phonique des parois séparatives etc. autre) ».10 conseils pour préserver son audition au quotidien * : Il existe un grand nombre de bouchons d'oreilles (en mousse, à usage unique, réutilisables, sur-mesure, en silicone munis de filtres divers). A porter en cas de volume sonore élevé et pendant le sommeil si l'environnement sonore dépasse les 30 dB. Un tiers des moins de 35 ans pense à porter des protecteurs contre le bruit (enquête JNA 2016). Veiller au volume et à la durée d'écoute des MP3. La durée d'écoute à ne pas dépasser est de 1h par jour à moitié du volume maximum. Prévoir des pauses auditives comme changer de style musical à faible volume, marcher dans un parc en se concentrant sur les chants des oiseaux, le bruit de l'eau qui coule. A noter, ces pauses auditives, hors du bruit sont citées par 62% des personnes interrogées dans l'enquête JNA 2016. Eviter de pousser le son de l'autoradio pour "décompresser", votre audition vous remerciera. La prise de conscience est bien là : 85% des sondés estiment que stopper l'agression du bruit consiste à limiter le volume d'écoute de la musique**. En concert, porter des protections auditives en mousse ou des silicones à filtre. Fuir la proximité des baffles. Attention, la consommation d'alcool et d'autres substances nocives modifient les perceptions dont celles liées à la pression acoustique. Ne pas hésiter à quitter les lieux publics qui imposent une exposition sonore trop élevée (cinémas, magasins, bars). Pour attirer le chaland, certaines poussent le volume avec une ambiance sonore élevée et composée de basses. La législation a mis le holà : pas plus de 80 dB sur 8 heures. Certains y échappent (ceux diffusant régulièrement de la musique amplifiée) et obtiennent des dérogations pour monter le son à 94 dB. Neuf personnes sur dix ont des difficultés pour suivre les conversations dans les restaurants, cafés et bars et dans les Transports Publics**. Intégrer le bilan régulier de son audition dans son suivi santé, à partir de 50 ans, ce d'autant que l'on a présenté des affections de l'oreille où qu'il existe des atteintes auditives familiales. Télécharger une application sonomètre pour se rendre compte du volume sonore du lieu. Attention, cela reste des valeurs indicatives. Protéger l'audition des bébés et des jeunes enfants en les équipant de protections ou en les faisant garder. Ils n'ont rien à faire dans un environnement bruyant ! Prendre en compte tout symptôme auditif persistant : bourdonnements d'oreille, sifflements, oreilles bouchées...car ils peuvent déjà signifier une perte de l'audition. Pour en savoir plus : www.journee-audition.org Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
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Comment se préparer aux examens ?
Quand les examens approchent, le stress monte. Tant que cette tension est stimulante et vous encourage à travailler, elle est très bénéfique. Mais quand le stress devient angoissant, voire paralysant, il est préférable de faire son possible pour l'atténuer. Alors, quelles sont les mesures à prendre pour augmenter ses chances de réussite ?Les mesures pratiques pour réussir ses examens.
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