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Qu’est-ce que la télémédecine ? Comment fonctionnent vos remboursements optique ? On répond aux questions que vous vous posez !

Les personnes handicapées obtiennent des “Droits à vie”

Depuis le premier janvier 2019, des « droits à vie » sont possibles pour les personnes dont le handicap n’est pas susceptible d’évoluer, c’est-à-dire handicapées d’au moins 80%. Ceux-ci, et leurs aidants, n’auront plus à justifier leur état de santé pour renouveler leurs droits. Explications. “Pendant très longtemps, il nous aura fallu constituer des dossiers séparés pour les différents droits de Lucy, ce qui me donnait l’impression d’être sans cesse accaparée par toutes ces démarches chronophages et moralement usantes,” soupire Amarantha, maman de Lucy. Je devais sans cesse justifier de son polyhandicap en dressant une liste de toutes ses déficiences et ses fragilités, ce qui n’aide pas à garder le cap et le moral dans ce quotidien parfois très éprouvant.” Lucy a 20 ans et est polyhandicapée. Son autonomie et ses possibilités de perception et d'expression sont réduites à l’extrême. Depuis janvier 2019, toutes les personnes handicapées à hauteur de 80% et plus, comme Lucy, pourront obtenir des “Droits à vie”. Les actuels droits de Lucy ne seront plus alloués pour une période déterminée mais à vie. Amarantha, sa mère, n’aura donc plus à faire certaines démarches administratives. “Réclamer des comptes-rendus médicaux, des attestations, des bilans éducatifs alors que la situation même de Lucy n’évoluait jamais favorablement, m’a parfois donné l’impression d’être complètement abandonnée par la société et incomprise par l’administration,” avoue Amarantha. Trois “Droits à vie” pour les adultes Selon le décret du 24 décembre 2018, trois droits seront alloués sans limitation de durée : l’Allocation aux adultes handicapés (AAH), la Carte mobilité inclusion (CMI) avec la mention « invalidité » la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Quant à l'Allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH), elle sera attribuée jusqu’à l’âge de 20 ans. Le complément à l’AEEH, optionnel, sera délivré pour une durée de trois ans, au lieu d’une année auparavant. Amarantha a renouvelé le dossier de sa fille deux mois avant la mise en place de ces droits à vie. Dans dix ans, elle devra donc refaire son dossier d’AAH. Mais, même si ces mesures ne la concernent pas avant une décennie, Amarantha salue l’évolution. “C’est un réel progrès qui vise un changement de paradigme attendu par les familles et les personnes concernées,” développe-t-elle. Autre avantage, ces dispositions pourraient alléger les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), en charge des demandes. Ainsi, le nombre de dossiers à traiter serait réduit, ainsi que les délais d'attentes des réponses pour les familles. “La communication autour de cette mesure a été très maladroite” Mais les démarches administratives ne s’arrêtent pas à ces trois “Droits à vie”. Lucy vit chez sa mère les week-ends et pendant les vacances scolaires. Le reste du temps, elle est prise en charge dans un institut médico-éducatif, car elle a besoin de l’aide d’une tierce personne pour tous les actes de la vie quotidienne. Une surveillance et des soins particuliers de chaque instant. Grâce à l'amendement Creton, Lucy reste dans un établissement pour enfants et adolescents en attendant une place dans une structure pour adulte, ce qui est très rare. Tous les deux ans, Amarantha devra, par exemple, renouveler ce dossier. “La communication autour de cette mesure a été très maladroite, conclue Amarantha. En annonçant « des droits à vie pour les personnes en situation de handicap », le gouvernement a créé un mécontentement certain lorsque les gens ont compris que ça ne s’appliquait pas à tous les handicaps et à toutes les situations.” Léa Casian

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Télémédecine, les Français sont mûrs !

Depuis septembre 2018, la consultation de télémédecine est remboursée par l’Assurance Maladie, au même titre qu’une consultation classique. Le 11e Congrès Européen de Télémédecine organisé fin 2018 * a fait le point sur ces modes d’exercice innovants mais encore peu connus. Pourtant, les expériences concluantes se multiplient dans le domaine du soin. Télémédecine, qu’en pensent les Français ? Avec la création de deux catégories d’actes, la téléconsultation en septembre 2018 et la télé-expertise en février 2019, la France entre de plain-pied dans la télémédecine. En résumé, les consultations de télémédecine sont des téléconsultations médicales « à part entière » (à ne pas confondre avec les plateformes de "téléconseil personnalisé") mais sans déplacement physique du patient, utilisant pour ce faire des moyens numériques ou téléphoniques. La prescription de médicaments est possible. Quant à la télé-expertise, elle permet à un médecin de consulter un confrère afin d’échanger sur le cas d’un patient. L’usage des SMS est une pratique sauvage de la télé-expertise, cette dernière exigeant d’être réalisée dans un environnement sécurisé de transfert de données. La télé-expertise est, dans un premier temps, réservée notamment aux patients en affection longue durée (ALD), atteints de maladies rares (mucoviscidose, hémophilie etc.) ou résidant en zones dites sous denses (article 1434-4 du Code de la Santé Publique). Même si la télémédecine n’est pas encore entrée dans les mœurs, une courte majorité des Français (51,9 %) se dit déjà prête pour la télémédecine, selon un sondage conduit auprès de 8 050 personnes à l’occasion du congrès Européen de Télémédecine organisé par la Société française de Télémédecine **. Pour autant, si 55 % des sondés estiment savoir globalement ce qu’est la télémédecine, seul un sur cinq serait en mesure de la décrire de façon précise. Par exemple, le grand public pense souvent que téléphoner au médecin pour adapter la prescription est de la télémédecine, alors qu’il s’agit uniquement d’un acte médical de suivi et de conseil.Autre enseignement du sondage, la diffusion de l’information sur la télémédecine provient essentiellement des médias, estiment les répondants. Concernant son utilisation, en octobre 2018, seuls 0,3 % des interrogés avait déjà eu recours à la téléconsultation. Ils estiment cependant qu’ils pourraient en bénéficier plus souvent avec leur médecin généraliste, afin de recevoir un conseil médical plus rapidement (89,6 %) ou obtenir/renouveler une ordonnance (86,8 %). Ces chiffres chutent à 82,2 % et 73,3 % respectivement lorsqu’il s’agit d’un médecin spécialiste. Mais les craintes existent avec, en premier lieu, la perte de contact humain (61,1 % des sondés) et celle d’un diagnostic médical partiel (57,6 %). A noter, chacun a le droit de refuser l’acte de téléconsultation. Selon les prévisions gouvernementales, 500 00 actes de télémédecine seront réalisés en 2019, avec un triplement prévu en 2021. Télémédecine dans Alzheimer : pour de meilleurs soins En 2019, les expériences de télémédecine sont déjà nombreuses sur le territoire français. L’optimisation des traitements est l’une de ses finalités. Un exemple provient d’une étude chez des résidents en EPHAD où 82 % souffrent de troubles psycho-comportementaux***. Le bilan de 368 téléconsultations sur trois ans, portant sur les troubles psycho-comportementaux en lien avec la maladie d’Alzheimer, est plutôt positif avec une optimisation de la prescription des médicaments psychotropes chez plus de la moitié des patients. Par ailleurs, 20% ont pu débuter un traitement contre la douleur grâce à la télémédecine. Téléconsultation dans le soin des plaies chroniques : tout bénéfice ! Une autre expérience positive de télémédecine est celle menée dans le traitement des plaies chroniques (escarres, ulcères) des personnes âgées. L’objectif était de permettre aux patients de ne pas avoir à se déplacer. Cette fois-ci, la réponse est apportée avec un recul de quatre ans, sur près de 750 actes de télémédecine réalisés au Pôle Saint-Hélier (Centre de médecine physique et de réadaptation de Rennes). 55 % des actes étaient des téléconsultations et 20 % de la télé-expertise. Ainsi, la télémédecine a épargné des déplacements considérables (10 000 km par an en moyenne par patient). Ces soins à distance remportent la satisfaction des patients (90% de satisfaction) et des soignants (97% pour les infirmières). Les soignants à domicile se sentent aussi moins seuls. Cette expérience illustre bien l’une des vocations de la télémédecine qui est d’être un véritable trait d’union entre la médecine de ville et l’hôpital. Hélène Joubert Pour en savoir plus sur la téléconsultation et la télé-expertise : https://www.ameli.fr/assure/actualites/generalisation-de-la-telemedecine-en-france Références * 6-7 décembre 2018, Paris ** Enquête réalisée sur internet entre juillet et octobre 2018 par Carte Blanche Partenaires- Société Française de Télémédecine (SFT)-Université de Montpellier et son laboratoire MRM, en partenariat avec France Assos Santé et Formatic Santé. Communiqué de presse 6 décembre 2018. *** Pr Salles et Dr Lafargue : Télémédecine & troubles psycho-comportementaux liés à la maladie d’Alzheimer et apparentées.

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Conservation d’ovocytes : le combat des jeunes femmes d’aujourd’hui

Valérie a 39 ans, elle est célibataire. Comme beaucoup de femmes, la question de l’horloge biologique trotte dans son esprit depuis quelques années. Pour qu’elle ne devienne pas un problème, Valérie a décidé de faire congeler ses ovocytes. “J’avais peur de vouloir un enfant une fois passé quarante ans mais de ne plus pouvoir, concède-t-elle. Je suis maintenant libre, j’ai gagné des années pour trouver un papa potentiel, décider d’avoir un enfant seule ou de ne pas en avoir.” En décembre 2016, elle s’envole donc pour l’Espagne car cette pratique est interdite en France, sauf pour trois situations : en cas de procréation médicalement assistée (PMA), en cas de traitement médical et/ou de pathologies ayant des conséquences sur la fertilité et, depuis 2015, en cas de dons d’ovocytes. Les donneuses ont le droit d’en faire congeler une partie pour elles, qu’elles pourront utiliser jusqu’à 43 ans. Valérie ne répondait à aucune de ces conditions et a donc opté pour l’étranger. Valérie a commencé par un traitement hormonal, entre 12 et 14 jours, pour que les ovaires produisent plus d’ovocytes. “La méthode n’est pas douloureuse mais fatigante, développe-t-elle. J’étais un peu dérangée car l’abdomen grossi, le ventre est gonflé.” Durant cette phase, des échographies pelviennes et des bilans hormonaux permettent à l’équipe médicale de savoir quand les ovocytes sont assez nombreux. Dès lors, la patiente est opérée, sous anesthésie générale en quelques heures, afin de les prélever. “Les ovocytes sont ensuite vitrifiés, c’est-à-dire congelés ultra rapidement, ce qui permet un taux de survie entre 90 et 95%, explique Maria Jésus Lopez, gynécologue spécialiste en PMA dans la clinique Eugine où Valérie s’est faite opérer. Une fois vitrifiés, ils sont gardés dans différents réservoirs jusqu’au moment où la femme décide de les utiliser.” À la clinique Eugine, la limite est fixée à 50 ans. 65% des patientes sont Françaises “Selon les derniers articles, si la femme a moins de 39 ans il faut au moins 9 ovocytes vitrifiés pour avoir une probabilité de 62% d’avoir un enfant, poursuit Coralie Samara, responsable du programme Timefreeze, programme de préservation de la fertilité de la clinique Eugine. Chaque prélèvement offre une probabilité d’être enceinte, qui dépend du nombre et de l’âge des ovocytes recueillis à la ponction folliculaire. Ainsi, il est recommandé d’entreprendre la démarche entre 34 et 35 ans, avant que la qualité de l’ovule ne diminue. Quand la femme désire un enfant, une fécondation in vitro est réalisée pour créer un embryon. Il sera inséré dans l’utérus de la patiente, par une PMA. A chaque transfert embryonnaire il y a une probabilité d’être enceinte, mais pas de certitude. Dans la clinique Eugine, 1113 traitements ont été pratiqués entre 2011 et 2017. Les Françaises en représentaient 65%. Mais seulement 57 femmes sont revenues pour utiliser leurs ovocytes. Pour l’instant, Valérie n’en ressent pas le besoin. Elle a le temps. D’ailleurs, son rapport aux hommes et aux rencontres a beaucoup évolué. “Je ne suis plus à la recherche du partenaire avec qui je pourrais avoir un enfant, explique-t-elle. Je suis plus détendue dans ma vie de célibataire.” Une tranquillité d’esprit qui lui a coûté 2 350 euros pour quatre ans. Et 250 euros par année supplémentaire. Léa Casian

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Médicaments génériques et princeps : définitions

Entre médicaments princeps et médicaments génériques, vous ne vous y retrouvez plus ? C’est simple, les médicaments génériques possèdent les mêmes propriétés que les princeps. Mais alors quelle est la différence ? Génériques/princeps : faut-il les opposer ? La réponse est non. Les médicaments génériques contiennent les mêmes principes actifs, le même mode d’administration ainsi que la même biodisponibilité que les médicaments princeps qu’ils reproduisent. La seule différence notable est le coût moindre des génériques par rapport aux médicaments originaux. Pourquoi ? Parce que les médicaments princeps ont nécessité de longues études et expérimentations pour être mis au point. Mais leur exploitation par le laboratoire qui les a conçus ne dure que 10 à 15 ans. Au-delà, le brevet tombe dans le domaine public. Génériques : pourquoi sont-ils décriés ? Il faut savoir que les médicaments génériques ne sont pas des copies conformes puisqu’ils ne possèdent pas toujours les mêmes excipients que les princeps initiaux. Ils peuvent également se dissoudre de manière différente ou présenter un autre goût. Les différences de concentration, en revanche, restent très rares. Lorsqu’elles existent, elles sont infimes et n’ont donc aucun impact sur l’efficience du traitement. Néanmoins, certains médicaments requièrent un dosage extrêmement précis. C’est le cas notamment des substituts d'hormones thyroïdiennes ou des antiépileptiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que les médecins peuvent demander la non-substitution de certains médicaments princeps.

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Fin de l’anonymat pour les donneurs de sperme et d’ovocytes ?

La révision de la loi de bioéthique lèvera-t-elle l’anonymat des donneurs de gamètes ? Le Parlement doit examiner cette question durant l’année 2019. En France, quand on donne son sperme ou ses ovocytes, l’anonymat est garanti. C’est la loi. Un enfant, même devenu adulte, n’a pas le droit de retrouver son donneur. Arthur Kermalvezen, né d’une insémination artificielle, déroge à la règle. Il a réussi, grâce à un test génétique réalisé à l’étranger. Le 25 décembre 2017, son “père biologique” lui passe un coup de fil “J’ai reçu ta lettre, j’ai bien été donneur à cette époque, bravo !”. Une nouvelle vérification ADN des deux hommes atteste l’enquête d’Arthur. “Je ne cherchais pas une seconde famille, j’ai un père et une mère, affirme Arthur. Je voulais savoir d’où je venais aussi et avoir accès au dossier médical complet de mon donneur”. Actuellement, le don de sperme se fait dans les Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humain (CECOS) qui sélectionnent les donneurs qui ont un bon dossier médical. Néanmoins, celui-ci n’est pas actualisé. “A 65 ans, mon donneur a découvert être porteur d’une mutation génétique pouvant engendrer des embolies pulmonaires, développe Arthur. Sans cette information mes enfants et moi-même n’aurions jamais fait de tests préventifs.” Aucun lien de filiation ne peut être établi En France, le don de sperme est volontaire, gratuit et anonyme. C’est ce dernier point que l’association “Procréation Médicalement Anonyme” voudrait changer dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique. “Nous militons pour la reconnaissance du droit d'accéder aux origines après 18 ans, mais nous ne voulons pas une levée automatique de l’anonymat, insiste Arthur, aussi membre de l’association. Cela doit être un droit, une démarche possible.” Cette question était déjà sur la table des négociations de la loi bioéthique votée en 2011, soutenue par la Commission des Affaires sociales du Sénat et la ministre de la Santé de l’époque, Roselyne Bachelot. Mais, elle avait finalement été rejetée par le Parlement. Pour les opposants, la levée de l’anonymat soulève plusieurs craintes. Tout d’abord, ils estiment que cette traçabilité pourrait décourager les volontaires et diminuer le nombre de dons. Plusieurs pays, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou encore la Norvège ont levé l’anonymat depuis plusieurs années. Aucun n’a connu de pénurie de sperme ou d’ovules. Les détracteurs redoutent aussi que la volonté de retrouver son parent biologique divise les familles. “J’ai fait la demande avec le soutien de toute ma famille, leur répond Arthur. Mais tous les enfants n’en ressentent pas le besoin.” Enfin, un autre argument contre la levée de l’anonymat est qu’elle pourrait engendrer des dérives au sujet de l’héritage. Aucune crainte pour cela, l’article 311-19 du code civil protège les donneurs. Il stipule qu’aucun lien de filiation ne peut être établi entre l’auteur du don et l’enfant issu de la procréation. Et donc aucune action en responsabilité. Cette année, le Parlement doit se prononcer sur la révision de la loi de bioéthique. La question de la levée de l’anonymat des donneurs sera examinée. En cas d’autorisation, reste à savoir si celle-ci serait rétroactive.

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Le cancer, un combat toujours d’actualité

Le cancer reste l’une des maladies les plus meurtrières en France. La journée mondiale contre le cancer, le 4 février, est l’occasion de revenir sur l’étendue de cette pathologie en France. 385 000 nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués en France métropolitaine sur l’année 2015 selon l’Institut de veille sanitaire (InVS). Un chiffre important et relativement constant depuis quelques années. Aujourd’hui, cette maladie représente la première cause de mortalité prématurée avant 65 ans, aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Une question de santé publique, au cœur de la journée mondiale contre le cancer qui aura lieu le 4 février prochain. 22% des décès par cancer dûs au tabac En fonction du sexe, les cancers les plus fréquents ne sont pas les mêmes. Celui du sein reste le plus meurtrier chez la femme, avec 11 500 décès en 2011, selon une étude réalisée par les Hospices civils de Lyon, l’InVs, l’Institut national du cancer (INCa), France Cancer Incidence et Mortalité (Francim) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Suivent le cancer colorectal, du poumon et des ovaires. Selon ce même rapport, les hommes sont plus victimes du cancer du poumon, avec 21 000 décès pour la même année. Le cancer colorectal arrive en seconde position, talonné par ceux de la prostate et de la vessie. Si le nombre de cas augmente en valeur absolue par rapport aux années précédentes, c’est surtout dû à l’augmentation et au vieillissement de la population ainsi qu’au mode de vie. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un tiers au moins de l’ensemble des cas de cancer seraient évitables. Le facteur de risque le plus important de la mortalité par cancer dans le monde reste le tabagisme, responsable de 22% des décès par cancer par an. La sédentarité, l'obésité ou le surpoids, la consommation d’alcool ainsi que la pollution environnementale représentent aussi d’importants facteurs de risques dans les pays développés. Le dépistage précoce multiplie les chances de survie Mais, de manière globale, le cancer tue moins qu’avant. L’OMS le classe même parmi les maladies chroniques, c’est-à-dire les affections de longue durée qui, en règle générale, évoluent lentement. Plusieurs facteurs justifient ce changement. Tout d’abord, le dépistage de certains cancers - col de l’utérus, côlon, prostate, etc. - semble plus pratiqué par la population. Le patient est donc pris en charge à un stade moins avancé de la pathologie, ce qui multiplie ses chances de survie. De plus, les chercheurs améliorent les différents traitements, comme la chimiothérapie, la radiothérapie, la thérapie systémique, etc… désormais bien plus efficaces. Mais, ces avancées ne concernent pas tous les cancers. Celui du pancréas reste l’un des plus foudroyants car difficile à diagnostiquer au début de la maladie. Dès lors, le patient est généralement pris en charge trop tard pour être guéri. Le taux de survie de ces patients à cinq ans est l’un des plus faibles en cancérologie. Comme chaque année, la journée mondiale du cancer permet de sensibiliser les citoyens à cette maladie : l’importance de la prévention ainsi que les avancées des traitements et de la prise en charge. Le temps aussi, pour les malades et leurs familles, de s’exprimer et partager leur combat. Léa Casian

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5 Conseils pour protéger le cœur des femmes

1 Arrêter de fumer Contrairement à une idée reçue, les femmes ne sont pas épargnées par l’infarctus du myocarde. Sur les 120 000 cas annuels en France, un tiers des victimes sont des femmes et 11 % d’entre elles ont moins de 50 ans. En cause notamment, l’augmentation du tabagisme féminin. Depuis les années 60, la proportion de fumeuses régulières est passé de 10 à 26 %. Une statistique d’autant plus inquiétante que l’alliance du tabac et de la pilule multiplie par trente le risque d’infarctus ! 2 Lutter contre la sédentarité La sédentarité favorise le surpoids et le mauvais cholestérol, deux facteurs de risque avérés. Or comme le statut hormonal des femmes ne semble pas suffire à les protéger contre le risque d'infarctus, il leur est conseillé de marcher au moins trente minutes par jour. Pour les femmes de 45 ans et plus qui voudraient reprendre une activité physique, mieux vaut effectuer un bilan cardiovasculaire au préalable. 3 Connaitre les signes qui doivent alerter La sédentarité Parmi les signes provoqués par l’infarctus, on relève une douleur dans la poitrine pouvant irradier dans la mâchoire et les bras une sensation d’oppression thoracique ou une grande angoisse. Mais chez les femmes, la douleur dans la poitrine n’est pas systématique et d’autres symptômes, dits atypiques, peuvent apparaître : nausées, palpitations, grosse fatigue, essoufflement ou gêne gastrique (estomac). 4 Ne pas attendre pour réagir On croit encore trop souvent, à tort, que les femmes ne peuvent pas avoir d’infarctus. Résultat, le retard dans leur prise en charge oscille entre une demi-heure et une heure par rapport aux hommes. Au moindre signe anormal, appelez le Samu-15 et allongez la victime : chaque minute compte ! Pour être efficace, l’intervention au niveau de l’artère coronaire (angioplastie) doit être effectuée dans les douze heures 5 Suivre la rééducation Après un infarctus, nombre de femmes renoncent à suivre le programme de rééducation (activité physique adaptée et alimentation), faute de temps. Entre emploi et famille, leur disponibilité est souvent réduite. Or 90 % des facteurs de risque de cette maladie sont modifiables1. Pourtant, l’infarctus du myocarde tue aujourd’hui quatre fois plus de femmes que le cancer du sein.   Pour en savoir plus Société française de cardiologie : www.sfcardio.fr

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5 Conseils pour être aux petits soins avec son foie

Le professeur Christophe Bureau, hépato-gastroentérologue au CHU de Toulouse et secrétaire général de la Société française d’hépatologie. 1. Limiter l'alcool et les sodas L’alcool est l’ennemi numéro un du foie. Vin, bière, apéritif… finissent, lorsqu’ils sont consommés en excès, par détruire les cellules du foie (risque de cirrhose). Les sodas, quant à eux, sont très riches en sucres. Consommés en trop grandes quantités, ces sucres se transforment en graisses (triglycérides) qui s’accumulent dans le foie et peuvent entraîner une stéatose hépatique, plus connue sous le nom de « maladie du foie gras ». Le sucre est aujourd’hui la deuxième cause de cirrhose après l’alcool. 2. Attention aux excès de gras et de sucre ! Le mot-clé avec le foie, c’est l’équilibre. Une alimentation saine, riche en fruits et légumes, bien répartie entre les glucides (sucres) et les lipides (graisses), reste le meilleur moyen d’en prendre soin, plus encore quand on avance en âge. Du fromage, des œufs ou de la viande rouge, oui, mais pas tous les jours ! 3 Oublier les cures « détox » Le foie est l’organe en charge de la détoxification. C’est lui qui filtre et élimine les impuretés du sang. Or pour mener à bien cette fonction naturelle, il a au contraire besoin d’apports réguliers en glucides, lipides et protéines Trois repas par jour sont donc essentiels. 4 Ne pas abuser de l 'automédication Tout médicament est potentiellement toxique pour le foie. Il convient donc de respecter les doses et les durées prescrites par le médecin. Attention aussi aux médicaments vendus sans ordonnance, comme le paracétamol : la prise régulière de ce médicament contre la douleur peut avoir des conséquences graves si vous faites partie des patients fragiles (dénutrition, alcoolisme, maladie chronique du foie...). 5 Trente minutes d'exercice physique Une activité physique régulière permet de brûler les graisses et les sucres en excès, ce qui a pour effet de limiter leur accumulation au niveau du foie. L’idéal ? Au moins trente minutes de marche rapide par jour. Et, plus généralement, une bonne hygiène de vie globale (sommeil, alimentation...). LE SAVIEZ-VOUS Association française pour l’étude du foie : monfoie.org Besoin de conseils ou d’informations complémentaires ? Rendez-vous sur la page Facebook « On mange quoi ? » Avec La Mutuelle Générale. Une diététicienne répondra à toutes vos questions : facebook.com/onmangequoi

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Une urgence : qui appeler ?

En France, il existe de nombreux numéros d’urgence, bien souvent méconnus des usagers. Pourtant, chacun correspond à un type de besoins. Les numéros d’urgence sont accessibles à toute heure de la nuit et du jour, gratuitement. Lorsque qu’une personne les appelle, l’un des membres du centre d’appel concerné estime le degré d’urgence. Si cela est nécessaire, une équipe adaptée se déplace dans les plus brefs délais. Mais quel numéro appeler en fonction du problème ? Pas toujours simple de savoir car il existe plus d’une dizaine de numéros. Pour chacun d’entre eux, une règle s’applique : celui qui téléphone doit toujours indiquer clairement son identité, le numéro où il est joignable, la localisation de l’urgence ainsi que le motif de l’appel. Tout d’abord, pour les urgences vitales un seul centre d’appel à contacter : le Service d’aide médicale urgente (SAMU), au 15. Par exemple, en cas de malaise, coma, douleurs thoraciques, quand une personne ne respire plus, etc. Si besoin, le SAMU redirige l’appelant vers l’organisme de permanence de soins adapté. Attention à ne pas confondre ce service avec celui des sapeurs-pompiers, disponible au 18. Ces derniers peuvent gérer un incendie, une situation de péril ou un accident grave. Au-delà des premiers secours qu’ils peuvent assurer, les sapeurs-pompiers délèguent la partie médicale au SAMU. Enfin, un dernier numéro pour les problèmes médicaux moins graves : le 116 117. C’est la permanence des soins ambulatoires (PDSA). Ce service permet de joindre le médecin de garde, quand les cabinets médicaux sont fermés. Un numéro pour les urgences à l’étranger Pour les urgences qui relèvent de la sécurité physique des personnes, d’autres numéros existent. Disponible au 17, police secours doit être appelé en cas de danger liée à une infraction : violence, agression, vol à l’arraché, cambriolage, etc. Les agents adaptés - police ou gendarmerie nationale - viendront pour mettre la ou les victimes en sécurité, constater l’infraction et, si possible, arrêter le ou les auteurs présumés de cette situation de danger. Dans le cas où votre demande n’est pas urgente, il faut contacter le commissariat de police ou la brigade de gendarmerie le plus proche.En ce qui concerne les urgences sur l’eau, le centre opérationnel de surveillance et de sauvetage en mer (CROSS) est le seul organisme capable de mettre en place les services d’intervention maritimes. C’est également le 196 qu’il faudra composer si l’on est sans nouvelles d’une personne en mer. Pour les urgences aéronautiques, les usagers doivent contacter le 191. En cas d’attentat ou d'enlèvement, c’est le 197. Enfin, les urgences sociales liées aux enfants sont gérées par deux numéros : le 116 000 pour les disparitions et le 119 pour les maltraitances. Pour l’ensemble de ces services, les personnes sourdes ou malentendantes doivent contacter le 114, uniquement par SMS ou fax. Les agents du centre de traitement de ces requêtes les traduisent aux autres numéros cités ci-dessus. Dernier cas de figure, les appels passés depuis l’étranger. C’est le 112, numéro d’appel d’urgence européen, qui traitera votre appel en cas d’accident, de cambriolage ou même d’incendie. Il permet le déclenchement d’équipes de police, de services d’incendie et d’ambulance dans le pays où vous êtes. Il est valable dans l’ensemble des pays de l’Union Européenne et dans le reste du monde, via les réseaux mobiles et GSM.

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Les jumeaux numériques, une opportunité dans la santé

Intelligence artificielle, big data… ces mots qui trustent les titres de journaux recouvrent un champ de recherche et des innovations bien précises. Parmi elles, le jumeau numérique, qui consiste en une représentation virtuelle exacte d’un objet ou, dans le cas de la santé, d’un membre ou d’une partie du corps1. Un peu d’histoire Le concept de jumeau numérique a été forgé au début des années 2000 par le Docteur Michael Grieves2, alors enseignant à l’Université du Michigan. Il s’agit de considérer qu’une représentation entièrement numérisée d’un objet physique peut être utilisée comme un objet à part entière. Cette expression numérique de toutes les données remontées par l’objet matériel constitue une sorte de miroir virtuel qui peut ensuite être soumis aux mêmes contraintes, au même suivi, voire être utilisé pour effectuer des tests qu’il serait trop complexe de réaliser irl (in real life - dans le monde réel). Ce type de modélisation en miroir permet une optimisation de l’utilisation des équipements ou de l’organisation du travail et des échanges, mais aussi une vraie sécurisation dans les contextes dangereux ou complexes. C’est la raison pour laquelle on l’utilise déjà dans l’aérospatial, le nucléaire, ou plus largement pour augmenter les performances dans l’industrie3. Applications dans la santé Adapté à l’être humain, ce concept de jumeau numérique permet plusieurs applications : Des simulations d’opérations4, pour entraîner le médecin dans les cas de chirurgies complexes et/ou s’adapter au maximum à la situation précise du patient. Des solutions personnalisées, en couplant cette technologie à celle de l’impression 3D, pour des prothèses par exemple. A terme, ces doubles numérisés pourraient aussi aider la recherche5, et tester, par exemple, l’effet de molécules sur le corps de patients de façon beaucoup plus rapide que ce que les tests cliniques permettent pour le moment. Le cas Anatoscope Basée à Montpellier, l’entreprise Anatoscope utilise justement ce concept de jumeau numérique pour aider les prothésistes. Quand ces derniers travaillent de façon traditionnelle, « ils réalisent un moulage du pied du patient, par exemple, puis fabriquent la prothèse en essayant d’imaginer l’angle idéal pour que le pied guérisse, explique François Faure, CEO d’Anatoscope. Nous, avec nos jumeaux numériques, nous sommes capables de réaliser une simulation bio-mécanique du mouvement du pied, quelque chose qui prenne en compte l’anatomie sous-jacente, comme la tension ou le relâchement des muscles sous la peau. » Cette technologie transforme donc l’imagerie habituelle du corps du patient en visualisation en 3D de son anatomie, « dans laquelle elle représente les os, les tissus mous, les muscles et la forme qu’ils peuvent prendre » détaille son directeur. En prenant en compte les éléments de biomécanique qui permettent le mouvement d’une jambe ou d’un pied, elle permet de proposer des dispositifs médicaux adaptés bien plus précisément au corps du patient qu’auparavant. Dans le cas des prothèses dentaires, ces visualisations permettent aussi de simuler l’occlusion, la fermeture entre les dents et la prothèse, afin d’assurer que cette dernière ait une forme parfaitement adaptée. « L’avantage des jumeaux numériques, conclut François Faure, c’est leur capacité à recréer une anatomie virtuellement vivante, sur laquelle il devient donc possible de simuler le traitement pour en vérifier les effets. » Un pas de plus vers une médecine ultraspécialisée. Louisah Tamaldi Sources : 1 « Qu’est-ce que le jumeau numérique ? », Aras Open PLM Community, 02.05.20172 « Origins of the digital twins concept », Michael Grieves, 08.20163 « 5 cas d’utilisation du jumeau numérique en lien avec l’IOT », objetconnecté.com, 20.02.20184 Optimeyes – replaces guessing with knowing, youtube, 18.04.2018 5 « Votre jumeau numérique peut déjà être opéré. Et il prendra un jour des médicaments. », L’Obs, 30.09.2018

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Alimentation et santé : les différents omégas

Indispensables à la circulation sanguine et au fonctionnement du cœur, les omégas sont aussi bénéfiques que certaines vitamines. Omégas 3 et omégas 6 se trouvent pourtant dans les aliments gras que beaucoup essayent d'éviter. Qu'apportent les omégas 3 et omégas 6 ? Les omégas 3 (ou acide a-linolénique) et omégas 6 (ou acide linoléique) sont des acides gras nécessaires au fonctionnement de notre corps. Ils permettent la constitution des membranes cellulaires et participent aux réactions biologiques immunitaires et hormonales. Les omégas 3 et les omégas 6 se différencient par la localisation des liaisons chimiques doubles au sein de leur chaîne moléculaire. L'apport de ces acides gras polyinsaturés est d'autant plus important que l'organisme ne les fabrique pas lui-même. Pour une alimentation saine et une bonne santé, on conseille un taux de 3 % des calories quotidiennes ingérées en omégas 6 et 0,5 % pour les omégas 3. Les vertus des omégas 3 et des omégas 6 dans l'alimentation Selon des études, les omégas 3 stimuleraient la production de la protéine LR11 et freineraient ainsi le développement de la maladie d'Alzheimer. Permettant de mieux éliminer l'eau de notre organisme, ils pourraient diminuer les risques de cancer, notamment du rein. Entretenant le système cardiovasculaire, ils font baisser la tension. Enfin, les omégas 3 ont un intérêt esthétique : ils faciliteraient les régimes et retarderaient le vieillissement de la peau. Ils sont également utiles en cas d'eczéma et de peau sèche. Les omégas 6, eux, favorisent la reproduction et les défenses immunitaires. Ils développent l'élasticité de la peau. Ce sont également des précurseurs de différentes molécules pro-inflammatoires qui agissent sur les caillots sanguins. Il ne faut cependant pas en abuser, car une inflammation persistante peut entraîner des maladies chroniques. Où trouver des omégas 3 et des omégas 6 dans notre alimentation ? Les poissons gras, comme le maquereau, le hareng, les sardines ou le saumon, sont réputés pour être riches en omégas 3. C'est également le cas pour les fruits de mer, les graines de lin, la mâche, les amandes, les noix ou encore l'huile de colza. Les omégas 6, eux, sont présents dans les huiles de tournesol, de pépins de raisin, les graines de sésame et de citrouille, la margarine ou la viande. Nos enzymes, qui assimilent les omégas, favorisent les omégas 6 au détriment des omégas 3. En Occident, nous avons tendance à beaucoup plus consommer d'omégas 6, notamment dans les aliments gras transformés, alors que nous manquons d'omégas 3. Dans le cadre d'une alimentation saine, il faut veiller à équilibrer ces apports. Les omégas 3 et omégas 6 en compléments alimentaires Sauf cas particulier, il est déconseillé de prendre des omégas 6 en complément alimentaire, déjà consommés de façon conséquente. Concernant les omégas 3, les professionnels de santé conseillent généralement un régime alimentaire adapté à un plus grand apport d'omégas 3. Les compléments alimentaires en omégas 3 sont prescrits dans un cadre précis. Ils peuvent, par exemple, lutter contre les bouffées de chaleur et représentent une alternative naturelle aux troubles de l'humeur en période de préménopause et de ménopause.      

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Qui sont les prestataires de santé à domicile ?

La première journée de la santé à domicile va avoir lieu le 28 novembre. En France, 2 millions de patients sont pris en charge à domicile chaque année par les 20 000 prestataires de santé à domicile. Une profession appelée à se développer. En France, deux millions de patients sont pris en charge chez eux. Et ce, grâce aux 20 000 prestataires de santé à domicile qui veillent au bon déroulement de leurs traitements. Leurs missions sont principalement associées à la délivrance d’un dispositif ou d’un service médical. “Chaque jour les aides-soignantes donnent les médicaments à ma mère, chez elle, explique Fabienne, fille d’une personne âgée atteinte de la maladie d’Alzheimer. C’est une sécurité et un contact quotidien qui participent au maintien à domicile le plus longtemps possible.” Tous les prestataires de santé à domicile, ainsi que les patients et leurs proches, seront mis en lumière le 28 novembre prochain, à l’occasion de la première journée de la santé à domicile. Une formation aussi psychologique “Les prestataires de santé à domicile sont peu connus du grand public, assure Alexandra Duvauchelle, délégué générale de la Fédération des prestataires de santé à domicile à l’origine de la journée nationale de la santé à domicile. Ce rendez-vous vise à informer sur ces professions et démontrer que la prise en charge au domicile est une solution qualitative et efficiente pour les patients et leurs accompagnants.” Tous seront invités à s’exprimer dans le cadre de cette journée nationale, pour expliquer ce suivi médical quotidien. Et l’enjeu est important. En effet, l’augmentation des maladies chroniques et de longue durée, le vieillissement de la population ainsi que le développement de l’ambulatoire devraient développer ce secteur dans les années à venir. Selon une enquête Viavoice, réalisée en novembre 2017, 81% des Français se disent favorables au fait d’être pris en charge à domicile. Parmi les 20 000 prestataires de santé en France, 4000 sont des professionnels de santé, à l’instar des infirmières, des pharmaciens, des kinésithérapeutes, etc… Les autres sont des professionnels formés spécifiquement à la prise en charge à domicile. Les techniciens respiratoires en font partie. Ils interviennent au domicile des patients pour s’assurer du bon fonctionnement du dispositif médical leur servant à respirer ou pour leur livrer l’oxygène. Pour prendre en charge des patients à domicile, les prestataires qui ne sont pas des professionnels de santé ont une formation générale et des formations complémentaires pour certaines spécialités. Dans la formation générale, il y a un aussi un volet psychologique pour les préparer aux situations difficiles. “Les prestataires de santé ont une relation privilégiée avec les patients, poursuit Alexandra Duvauchelle. Pendant leurs formations on leurs enseigne, par exemple, la mise à distance nécessaire à adopter dans leur travail ou encore la façon de se préparer à la perte d’un patient.” “Ensemble, on trouve des solutions” Karima est infirmière à domicile depuis 12 ans, spécialisée en gériatrie. Elle mesure parfaitement l’aspect psychologique de son métier. “Parfois il faut gérer des situations compliquées, comme l’agressivité des patients, de leur famille, ou encore la fin de vie, développe-t-elle. Nous n’avons pas forcément, seules, les épaules pour.” Pour faire face et assurer le meilleur suivi possible, Karima et les autres prestataires de santé de son organisme font des “transmissions” quotidiennes. “Ce sont des débriefings où l’on aborde nos difficultés, poursuit-elle. Par exemple, des protocoles de soins sur lesquels on bute. Ensemble, on trouve des solutions.” Léa Casian Pour en savoir plus : https://www.fedepsad.fr/index.php      

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Les 7 vérités sur la grippe (ce qu'on ne vous a pas dit)

Êtes-vous bien informé sur la grippe ? De nombreuses idées fausses circulent autour de cette maladie et de son vaccin. Les réfuter permet de se protéger plus efficacement contre le virus de la grippe, que ce soit via la vaccination ou les gestes du quotidien. La grippe n’est pas une maladie comme les autres Extrêmement contagieux, le virus de la grippe se propage rapidement et entraîne des épidémies. Chaque année, la grippe saisonnière touche en France entre 2.5 millions de personnes. Or cette maladie est potentiellement mortelle : on enregistre tous les ans dans notre pays des milliers de décès liés à la grippe, notamment des personnes âgées de plus de 65 ans (entre 4 000 et 6 000 décès chaque année, source Santé Publique France) Le danger de la grippe est lié à ses complications La grippe est le plus souvent bénigne, mais elle peut aussi entraîner des complications graves. Ces complications surviennent chez les personnes dites « à risques » ou « fragiles » : les très jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes souffrant de certaines maladies chroniques, les sujets immunodéprimés et les femmes enceintes. Mais attention, il arrive aussi parfois que les complications de la grippe se manifestent chez des personnes ne présentant aucun de ces facteurs de risque.dailymotion.com/video/x5kht8j Il existe plusieurs vaccins contre la grippe Le vaccin contre la grippe est fabriqué chaque année en fonction des dernières  souches virales qui ont circulé durant l’hiver dans l’hémisphère opposé. Cette année en France, quatre vaccins fabriqués à partir de virus inactivés sont commercialisés : Influvactetra, Fluarixtetra, Vaxigriptetra et Influvac en quantité limitée pour ce dernier. Ils peuvent être utilisés pour vacciner les enfants dès l’âge de 6 mois et les femmes enceintes à tout stade de leur grossesse. La grippe est plus dangereuse que le vaccin On vaccine contre la grippe depuis plus d’une cinquante ans, ce qui nous offre un recul suffisant pour affirmer que si le vaccin peut parfois s’accompagner d’effets secondaires, ceux-ci sont mineurs, rares et transitoires : douleurs et rougeurs au niveau du site d’injection, douleurs musculaires, malaises, céphalées et/ou fièvre légère. Des réactions allergiques ont été décrites, mais elles restent très rares. Enfin, des soupçons sont évoqués depuis 1976 sur une association entre le vaccin et le syndrome de Guillain-Barré (une affection auto-immune neurologique). Si ce risque existe bien, il reste minime et inférieur à celui associé à une infection grippale. Au final, le virus est bien plus dangereux que la vaccination. La seule contre-indication de la vaccination contre la grippe est une hypersensibilité avérée aux substances actives, à l’un des excipients ou aux protéines de l’œuf. Le vaccin protège 6 à 9 mois L’efficacité du vaccin contre la grippe est limitée dans le temps. La persistance des anticorps est de 6 à 9 mois chez les personnes âgées de 65 ans et plus. C’est pourquoi il est impératif de se faire vacciner chaque année. On ne traite pas la grippe avec des antibiotiques Cette idée fausse est à combattre impérativement : les antibiotiques ne sont efficaces que contre les bactéries. Or la grippe est due à un virus et non à une bactérie. Si certains médecins prescrivent malgré tout des antibiotiques en cas de grippe, c’est qu’ils craignent une complication bactérienne. Le traitement de la grippe repose sur un antiviral, mais à condition de le prendre dès le tout début des symptômes. Comment reconnaître une grippe ? C’est l’intensité et la brutalité de survenue des symptômes qu’il faut repérer. Si en quelques heures, vous vous sentez littéralement épuisé, que vous ressentez soudainement un malaise intense général, avec une fièvre élevée et des courbatures, il est fort probable que ce soit une grippe (à replacer dans un contexte d’épidémie). Consultez alors très rapidement votre médecin, vous pourrez peut-être bénéficier d’un traitement antiviral qui écourtera la durée et l’intensité des symptômes. À défaut, vous risquez de rester cloué au lit pendant 5 jours !

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Les médicaments génériques, encore un effort !

Plus d'une boîte de médicaments vendue sur trois est une boîte de génériques en France. Cependant, la part des génériques dans le marché total des médicaments ne décolle pas, très inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE et particulier de nos voisins européens. Point positif, la confiance des médecins comme l’acceptation des patients s’est récemment améliorée, même en cas de maladie chronique. Génériques & biosimilaires Lorsque le brevet protégeant un médicament original (princeps) arrive à son terme, des génériques peuvent être développés et vendus à un prix moindre, d’où des économies pour le système de santé. Un médicament générique a la même composition qualitative et quantitative en principes actifs (substances à l’origine de l’efficacité du traitement) que le médicament princeps. Seuls les excipients peuvent différer : ces éléments sans activité pharmacologique favorisent l’absorption et la stabilité du médicament et déterminent son aspect, sa couleur et son goût. Les génériques répondent aux critères d’obtention d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) quant à leur qualité, efficacité et sécurité d’emploi. Pour cela, ils doivent passer sous les fourches caudines des tests dits de « bioéquivalence », prouvant ainsi qu’ils sont absorbés, distribués et éliminés de manière statistiquement similaire par l’organisme. L’on parle de biosimilaires pour des génériques de médicaments biologiques (composés de protéines telles que des hormones, des enzymes, des anticorps monoclonaux, des produits sanguins, des produits médicaux immunologiques comme des sérums et des vaccins, des allergènes etc.). 2016 a vu l’arrivée du premier biosimilaire de l’insuline. Un anti-cancéreux, des hormones de croissance etc. sont également disponibles. La France, mauvais élève pour les génériques Dans l’Hexagone, le « taux de pénétration » des génériques atteint à peine 36 % des volumes du marché pharmaceutique remboursable. Par comparaison, ce taux est de 50 % en moyenne dans les pays de l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques (36 pays dans le monde). Il culmine à 80 % en Allemagne. Selon les derniers chiffres, La croissance observée en 2016 est insuffisante et ne permet pas à la France de rejoindre les niveaux d’utilisation du générique observés dans d’autres pays d’Europe. Il en résulte une nouvelle perte de 1,5 milliard d’euros pour le système de santé français*. Pour autant, les efforts sont là : les pharmaciens remplacent les médicaments princeps sur les ordonnances par des génériques avec un taux de substitution de 80,7 % en 2017 contre 79,7% en 2016. De plus, de nouvelles molécules génériquables sont venues enrichir la liste officielle des médicaments génériques appelé le « Répertoire » des génériques. Néanmoins, celui-ci reste étroit ; par exemple ni le paracétamol ni l’aspirine ne sont génériqués en France, contrairement aux autres pays. Le grand public, plus ouvert à l’utilisation des génériques Malgré des médicaments génériques disponibles depuis une vingtaine d’années, la confiance n’est pas un acquis, y compris du côté des médecins. Mais certaines données officielles parues en 2017** sont encourageantes : les patients se disent à 73 % prêts à y recourir en cas de maladie ; même pour traiter une maladie chronique (58 % en 2017 contre 52 % en 2016). La part des personnes réticentes à se soigner avec un générique est en recul : 28 % cette année contre 38 % en 2016. La part des médecins réticents à prescrire des médicaments génériques régresse également : 26 % de réticents contre 39 % en 2016. Sources : *Gemme (Association Générique Même Médicament) http://www.medicamentsgeneriques.info** http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dp_cnamts_medicaments_generiques_vfinale_210917.pdf Plus d’informations : Ministère des Solidarités et de la Santé. http://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/medicaments/medicaments-generiques/article/medicaments-generiques-questions-reponses#cnamiframetop L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) : https://ansm.sante.fr/Activites/Medicaments-biosimilaires/Les-medicaments-biosimilaires/(offset)/0#paragraph_113825 Par Hélène Joubert, journaliste.

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Infarctus du myocarde, les jeunes femmes ne sont pas à l’abri

Les femmes appellent le SAMU 15 minutes plus tard que les hommes A l’hôpital, les femmes décèdent deux fois plus que les hommes suite à un infarctus du myocarde. Partout est constaté un délai de prise en charge de l’infarctus plus tardif chez les femmes car elles appellent le SAMU en moyenne au moins 15 minutes plus tard. Néanmoins, ce retard d’alerte n’y est pour rien, comme l’a vérifié en 2018 une vaste étude nationale française *. Pour y voir plus clair, le service de cardiologie de l’hôpital parisien Lariboisière participe à une vaste étude nationale jusqu’en 2019 : l’étude WAMIF**. Selon le Dr Manzo-Silberman, investigatrice principale de cette étude, « des hypothèses sont envisagées pour expliquer ce surrisque féminin, comme par exemple une prédisposition particulière à la formation de caillots sanguins (thrombose) ». Mais d’autres causes pourraient intervenir, comme la prise de contraceptifs, de nombreux paramètres biologiques ou encore le stress socio-économique. C’est que qu’explorera WAMIF, précisément chez les femmes jeunes de moins de 50 ans. L’infarctus au féminin et ses mystères Les jeunes femmes (moins de 50 ans) sont de plus en plus nombreuses à faire des infarctus du myocarde sans que l’on sache réellement pourquoi, d’où l’intérêt de WAMIF. En effet, dans 20% des infarctus chez la femme, aucune obstruction des artères du cœur, la cause la plus classique, n’est retrouvée. Chez elles, il peut être aussi dû à la constriction soudaine d'une artère alimentant le cœur, à une déchirure spontanée ce ces artères ou encore à la prise de toxiques (cocaïne, cannabis). Des signes d’infarctus pas si différents des hommes Même si ces questions restent en suspens, pour l’instant en tous cas, il existe la possibilité d’agir encore plus vite en cas de suspicion d’infarctus chez une femme, comme appeler les secours plus rapidement, au moindre signe suspect. C’est l’occasion de tordre le cou à une idée reçue entendue trop souvent. Non, les signes d’un infarctus chez les femmes ne sont pas atypiques. En réalité, « dans plus de 70% des cas, fait remarquer le Dr Stéphane Manzo-Silberman, hommes et femmes présentent les mêmes signes classiques, à savoir la sensation que l’on serre le cœur dans un étau, décrite par les médecins comme une « douleur constrictive derrière le sternum. Mais il est vrai que parfois chez les femmes, le diagnostic n’est pas évident. Cela est dû au fait que souvent chez les femmes, tout un éventail de signes se mêle à cette douleur classique, comme une fatigue, un essoufflement et/ou des palpitations ».Source * Manzo-Silberman S. et al. July 1, 2018Volume 262, Pages 1–8.** Women Acute Myocardial Infarction in FranceHélène Joubert, d’après un entretien avec le Dr Stéphane Manzo-Silberman, cardiologue dans le service de cardiologie de l’hôpital Lariboisière (APHP, Paris).Hélène Joubert, journaliste.

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Opioïdes : les Français de plus en plus dépendants

En France, la consommation d'opioïdes ne cesse d'augmenter. Des produits qui exposent à un fort risque de dépendance et à de nombreux effets secondaires. Vers une crise des opioïdes en France ? Pas impossible selon les professionnels de santé. Depuis plusieurs années, la consommation d'opioïdes médicamenteux ne cesse d'augmenter dans l'Hexagone. Ces produits, indiqués dans le traitement de la douleur, exposent à un risque de dépendance et à de nombreux effets secondaires. Les traitements contre la douleur sont classés en trois catégories. Les antalgiques de palier I : le paracétamol, l’acide acétylsalicylique (aspirine) et les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène par exemple); ils sont indiqués dans le traitement des douleurs d'intensité légère à modérée. Les antalgiques de palier II ou opioïdes "faibles" : codéine, tramadol; ils sont indiqués dans le traitement des douleurs d'intensité modérée à intense. Les antalgiques de palier III ou opioïdes "forts" : morphine, fentanyl, oxycodone; ils sont indiqués dans le traitement des douleurs d'intensité intenses et/ou rebelles aux antalgiques de niveau plus faible. Bien que le paracétamol reste prédominant dans le traitement des douleurs en France, une augmentation de la consommation des antalgiques de niveau supérieur s'observe depuis plusieurs années. C'est le constat d'une étude publiée dans le British Journal of Clinical Pharmacology, en 2018. Une consommation en hausse La consommation de tramadol et de codéine ont respectivement augmenté de 62 % et 42 %, entre 2006 et 2015. Ces opioïdes "faibles" exposent à des nausées, des constipations ou encore à des convulsions. La codéine a fait la une de l'actualité l'année dernière après plusieurs décès d'adolescents, survenus à la suite de surdosages. Ceux-ci avaient consommé du purple drank, un cocktail à base de soda et de sirop codéiné, vanté pour ses propriétés euphorisantes. Depuis ces drames, les préparations à base de codéine sont délivrées uniquement sur ordonnances. L'étude pointe également la forte hausse de la consommation d'opioïdes "forts", qui exposent à un fort risque de dépendance. En l'espace de neuf ans, l'usage de l'oxycodone a bondi de 613 %. Quant au fentanyl, par voie orale ou intraveineuse, il a vu sa consommation augmenter de 263 %. En obtenir par tous les moyens En Europe, la France reste toutefois le pays avec la consommation d'opioïdes "forts" la plus faible. Aux Etats-Unis, ces médicaments sont au contraire au centre d'une véritable crise sanitaire. Les personnes en manque sont même de plus en plus nombreuses à obtenir ces opioïdes auprès de vétérinaires, selon une étude à paraître en septembre 2018 dans l'American Journal of Public Health. Parmi les 189 vétérinaires américains interrogés, 13% savaient qu'un client avait intentionnellement blessé ou rendu malade un animal afin d'obtenir des médicaments opioïdes. https://www.e-sante.fr/opioides-les-francais-de-plus-en-plus-dependants/breve/615602

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Fatigue oculaire : les principaux symptômes

La fatigue visuelle peut devenir chronique. La fatigue oculaire provoque différents symptômes. Pour la santé des yeux, découvrez les principaux symptômes de la fatigue oculaire. Douleurs oculaires : un symptôme de fatigue des yeux Les douleurs oculaires peuvent être un symptôme de fatigue des yeux. Ainsi, peuvent apparaître des maux de tête, mais les douleurs peuvent aussi se manifester derrière les yeux. Cette sensation disparaît généralement lors des périodes de repos des yeux. Les yeux rouges : un autre symptôme de fatigue oculaire Si la personne sollicite trop ses yeux et qu'elle souffre de fatigue oculaire, ses yeux peuvent alors devenir rouges. Ils sont douloureux et créent une sensation de brûlure. Par ailleurs, ils peuvent être injectés de sang. Ce symptôme apparaît bien souvent lors d'une exposition prolongée à un écran : tablette, ordinateur et smartphone. Il est alors essentiel de faire des pauses afin de limiter les symptômes de fatigue oculaire. De plus, le collyre peut être utile pour apaiser les douleurs et calmer la sécheresse oculaire. Vision brouillée : un signe de fatigue oculaire Pour la santé des yeux, il est recommandé de ne pas passer trop de temps derrière des écrans. L'un des signes de fatigue oculaire est une vision brouillée et floue. Ces troubles de la vision seront d'autant plus importants si la personne souffre de défauts de la vision comme de myopie, d'astigmatisme ou d'hypermétropie. Ce symptôme de vision brouillée peut être associé à une fatigue. https://www.e-sante.fr/fatigue-oculaire-les-principaux-symptomes/actualite/615822

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Diabète, la prévention tous azimuts

Comment ne pas entrer dans la maladie diabétique ? Les règles d’hygiène de vie sont la solution la moins onéreuse et la plus efficace pour réduire son risque de diabète de type 2 et d’ailleurs celle préconisée par l’Organisation Mondiale de la Santé. Mais peut-on faire encore mieux ? Des chercheurs en sont persuadés. L’impact du mode de vie sur la survenue d’un diabète A l'horizon 2025, on attend 4,4 millions de personnes diabétiques dans le monde et 4,8 millions de prédiabétiques, c’est-à-dire à un stade où le taux de sucre dans le sang est à la limite de la normale*. D’où l’idée de traiter le prédiabète, en vue de freiner l'évolution vers le diabète. En effet, en l’absence d’intervention, les personnes prédiabétiques progressent vers le diabète de type 2 à raison de 5 à 10 % par année.Or, tous les spécialistes s’accordent sur le fait que le risque de diabète de type 2 peut être approximativement divisé par deux chez les personnes à haut risque de diabète ayant modifié leur mode de vie, en observant des règles strictes d’activité physique et de diététique visant principalement à réduire la surcharge pondérale : 150 minutes d’activité d’intensité modérée par semaine ou 30 minutes de marche rapide par jour, perte d’un éventuel surpoids et alimentation variée et équilibrée. Des médicaments pour freiner l’entrée dans le diabète Les chercheurs testent certains médicaments dans le prédiabète. Parmi d’autres, un antidiabétique (metformine) réduit de 30% à 3ans le risque de passer du prédiabète au diabète. Ce risque est réduit de 28% au moyen d’une insuline (glargine) et de 60% avec un autre antidiabétique (liraglutide) mais testé seulement sur 56 semaines. Mais il n’est pas encore question de prescrire des antidiabétiques à cette fin, la prévention de l’installation du diabète ne repose donc pas sur la prise médicamenteuse, d’autant que les effets protecteurs s’amenuisent sur le long terme. Contrer les mauvaises influences de l’environnement L’épigénétique, un mot barbare pour signifier la manière dont l’environnement, qu’il soit extérieur ou dans le ventre maternel, peut influer sur le risque de développer une maladie, via non pas la modification des gènes mais de leur expression. Par exemple, « nous avons montré que l’exposition fœtale au taux de sucre élevé dans le sang de la mère (hyperglycémie maternelle) est associée à une diminution de la sécrétion de l’insuline à l’âge adulte et donc probablement à un risque accru de diabète de type 2 », illustre le Pr Jean-François Gautier, chef du service de Diabétologie, Endocrinologie, Nutrition (Hôpital Lariboisière, Paris). Les expériences en cours tentent d’intervenir sur les mécanismes qui modifient l’expression des gènes. Un vaccin thérapeutique dans le diabète de type 2 La piste d’un vaccin thérapeutique développée par l’équipe du Pr Rémy Burcelin (Toulouse), pionnière dans ce domaine, est de stimuler le système immunitaire afin de renforcer l’immunité intestinale en empêchant le passage d’antigènes bactériens dans les tissus. En effet, ces antigènes bactériens déclenchent une réaction immunitaire anormale à l’origine d’un blocage des fonctions des tissus. A la clé, une résistance à l’insuline mais également un défaut de sécrétion d’insuline. À cette intention, les chercheurs vaccinent en injectant une « soupe de probiotiques » (micro-organismes de la flore intestinale). Chez des souris saines vaccinées, soumises 45 jours plus tard à un régime fortement diabétogène, cette approche a permis d’éviter le développement d’une hyperglycémie ou d’en réduire fortement l’intensité. Les espoirs sont permis. Un « contre-vaccin » par voie orale dans le diabète de type 1 A l’opposé d’une vaccination classique, qui induit une réponse immunitaire contre un antigène, dans le diabète de type 1 les chercheurs souhaitent induire une réponse neutralisante vis-à-vis des antigènes de la cellule beta du pancréas dans l’objectif d’apprendre au système immunitaire à tolérer ces cellules bêta qui sécrètent l’insuline. En effet, dans le diabète de type 1, il y a une autodestruction des cellules du pancréas. L’équipe du Pr Roberto Mallone, Service de Diabétologie (Hôpital Cochin, Paris, INSERM U1016) est bien avancée : « nous avons obtenu une protection vis-à-vis de l’apparition du diabète, avec des signes montrant que les lymphocytes auto-réactifs sont mieux éliminés. On espère, si les résultats sont confirmés, lancer des essais de vaccination dans le type 1 dans 5 à 10 ans ».*hyperglycémie modérée à jeun entre 1,10g-1,25gHélène Joubert, d’après des entretiens avec les Prs Jean-François Gautier, chef du service de Diabétologie, Endocrinologie, Nutrition (Centre Universitaire du Diabète et de ses Complications, Hôpital Lariboisière, Paris), Rémy Burcelin, directeur de recherche, Institut des Maladies Métaboliques et Cardiovasculaire – 12MC ; INSERM UMR 1048 (Toulouse) Roberto Mallone, Service de Diabétologie (Hôpital Cochin, Paris, INSERM U1016). Hélène Joubert, journaliste

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Du nouveau dans l’hypertension artérielle

L’hypertension artérielle (HTA) est la pathologie chronique la plus fréquente en France, touchant près d’un adulte sur trois. Alors que c’est un facteur de risque majeur de pathologies cardio-neuro-vasculaires, seul un hypertendu sur deux est « sous contrôle ». D’où de nouvelles recommandations européennes plus incisives quant au traitement. L’hypertension artérielle, une tueuse silencieuse Une pression artérielle élevée est responsable d’une mortalité prématurée estimée à 10 millions de morts dans le monde, dont 4,9 millions par pathologies cardiaques ischémiques et 3,5 millions par accident vasculaire cérébral.L’objectif du traitement est de prévenir le risque d’accident cardio-vasculaire et, pour cela, de descendre sous la barre de 140 mm Hg pour la pression systolique (au moment où le cœur se contracte) et 90 mm Hg pour la diastolique (lorsqu’il se relâche), des valeurs qui définissent la maladie « hypertension ».Par conséquent, la Société française d’hypertension artérielle (SFHTA) préconise de viser les valeurs tensionnelles de 130-139 pour la pression systolique et 90 mm Hg pour la diastolique. Or, baisser la pression artérielle en deçà de 140 mm Hg n’est obtenu ces dernières années que chez la moitié des hypertendus, en France comme dans le monde ! Des progrès sont à réaliser du côté des patients comme des médecins : alors que les premiers sont 50% à prendre correctement leur traitement, les seconds ne sont sûrement pas assez incisifs dans leurs prescriptions pour atteindre ces cibles de tension. Une prise en charge qui laisse encore à désirer La dernière étude nationale Esteban parue en avril 2018* n’est pas très encourageante.  Depuis 2006, aucune diminution de la prévalence de l’HTA n’a été observée en France (un adulte sur trois, 30,6% précisément). De plus, aucune amélioration du dépistage et de la prise en charge de l’HTA n’a pu être mise en évidence. Seule une personne sur deux avait connaissance de son hypertension.Chez les femmes, la prise en charge thérapeutique s’est même dégradée sur la période, avec encore moins de femmes traitées. Parmi les hypertendus, seuls 47,3% étaient traités par un médicament a action antihypertensive et seulement 55% d’entre eux avaient une pression artérielle contrôlée (44,9% chez les hommes et 66,5% chez les femmes). Comment mieux soigner votre hypertension ? Face à cette insuffisance de prise en charge thérapeutique, les nouvelles recommandations européennes dévoilées au congrès de l’European Society of Hypertension le 11 juin 2018 (Barcelone) ont revu à la baisse les cibles tensionnelles : il est désormais recommandé de ne plus se contenter de traiter en vue de descendre sous les 140/90 mm Hg mais de viser les valeurs de 130/80 mm Hg voire moins (mais pas en deçà de 120/70 mm Hg) chez la plupart des patients hypertendus, en particulier les moins de 65 ans. Ceci au moyen le plus souvent d’une bithérapie d’emblée (association fixe de deux médicaments aux mécanismes distincts), en une prise unique pour favoriser l’observance. Selon les précédentes recommandations européennes-et ce qui reste préconisé en France à l’heure actuelle ; les nouvelles recommandations françaises devant paraître en décembre 2018- la monothérapie était la règle, avant d’opter pour une bithérapie en cas d’échec. « Plus ambitieux, le mot d’ordre est de traiter plus fort, résume le Pr Bernard Vaisse (Marseille), président du Comité Français de Lutte Contre l'Hypertension Artérielle, pour un meilleur contrôle de la tension, et ceci à l’aide d’associations de deux voire de trois médicaments et le plus possible dans un comprimé unique ». *L’HYPERTENSION ARTÉRIELLE EN FRANCE : PRÉVALENCE, TRAITEMENT ET CONTRÔLE EN 2015 ET ÉVOLUTIONS DEPUIS 2006. 170 | 24 avril 2018 | BEH 10Hélène Joubert, d’après le suivi du congrès de l’European Society of Hypertension le 11 juin 2018 (Barcelone) et un entretien avec le Pr Bernard Vaisse (Marseille), président du Comité Français de Lutte Contre l'Hypertension Artérielle (CFLHTA) Hélène Joubert, journaliste.

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Placement en institution : comment faire face ?

Choisi ou subi, le placement en institution reste douloureux. Entre sentiment de culpabilité et difficultés financières, les familles ont du mal à prendre cette décision pour leurs parents âgés. Pourtant, sur le plan psychologique comme financier, des freins peuvent être levés. Michèle Guimelchain-Bonnet, psychologue et cofondatrice du Café des aidants, en dit plus. Seulement 2 Français sur 10 souhaiteraient placer un proche dans un établissement spécialisé s’il devenait dépendant. Selon l’étude réalisée en 2014 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), 29 % préféreraient accueillir leur proche chez eux, 30 % souhaiteraient s’en occuper à leur domicile et 22 % seraient prêts à consacrer une partie de leurs revenus pour lui payer des aides. Alors pourquoi tant de réticence à recourir aux maisons de retraite ? « Déjà parce que la personne elle-même n’a pas envie d’y aller : elle ne veut pas quitter sa vie et tous ses points de repère, explique Michèle Guimelchain-Bonnet, psychologue. Mais la décision est surtout difficile à prendre pour la famille, qui a souvent l’impression d’abandonner son proche dans un mouroir et éprouve un grand sentiment de culpabilité. » S’en remettre à une institution (maison de retraite, foyer de vie) serait en effet perçu comme une « privation de liberté », ainsi qu’un échec du maintien à domicile. Et ce n’est pas le seul frein. Le coût élevé des établissements (entre 2 000 et 2 500 euros par mois en province ; de 3 000 à 6 000 euros à Paris) explique aussi ce rejet, auquel s’ajoute la crainte de la maltraitance ou de l’isolement. Sans oublier le temps d’attente – allant de quatre mois à deux ans selon les régions – pour obtenir une place dans un établissement, et qui peut paraître très long pour les familles. Le placement en institution est donc plus souvent envisagé par les personnes les plus aisées (23 % contre 14 %). Une décision collégiale Le choix n’est cependant pas toujours possible. Dans beaucoup de cas, c’est la décision médicale qui s’impose : quand l’état de la personne se dégrade et qu’elle perd son autonomie physique ou mentale ; quand son environnement ne correspond plus à ses besoins (logement inadapté ou isolé, aides à domicile manquantes…) ; quand la sécurité de l’aidant et de l’aidé est en jeu… « Le changement est plus facile à accepter s’il intervient sur ordre médical, note la psychologue. Les familles se rendent compte qu’elles ne peuvent pas tout assumer et se rallient à l’avis du médecin. » L’idéal est évidemment de ne pas attendre une situation d’urgence (décès d’un des conjoints, chute…) pour prendre cette décision, afin d’éviter tout choix précipité et déchirements familiaux. Pour Michèle Guimelchain-Bonnet, l’aide de professionnels est indispensable pour aider à passer ce cap. « Les médecins généralistes et les infirmières libérales ont un véritable rôle à jouer pour convaincre la personne de cette nécessité, mais aussi pour orienter la famille vers les bons interlocuteurs et, notamment, les assistantes sociales qui œuvrent dans les mairies. Il existe en effet des aides spécifiques quand les familles ne peuvent pas assumer ces frais, mais trop peu de gens y ont recours. » D’où l’importance d’en parler tôt pour pouvoir anticiper ces démarches, se rassurer quant à la prise en charge et choisir l’établissement le plus adapté possible aux souhaits de son proche. Franchir le pas En d’autres termes, il faut évaluer la situation de manière juste afin de pouvoir évoquer avec son parent les raisons pour lesquelles cette option est préférable. Même si le personnel n’est pas toujours assez nombreux, l’image dégradante de l’hospice d’antan n’est plus d’actualité aujourd’hui. Entrer dans une maison de retraite ou un foyer, c’est intégrer un cadre a priori rassurant, rencontrer d’autres personnes et pratiquer des activités sans obligatoirement sortir de chez soi. Dans de nombreux cas, l’institutionnalisation apporte un confort par rapport au maintien à domicile et rompt l’isolement qui s’installait progressivement. L’étape suivante est de prendre rendez-vous avec les structures qui vous intéressent. « Visiter l’institution est indispensable : on peut ainsi se rendre compte de l’état du logement, des repas, des activités proposées, du bien-être des résidents… C’est une étape cruciale pour rassurer son parent », souligne la psychologue. Comparer est aussi vivement conseillé. Certains établissements laissent en effet une certaine liberté aux résidents dont l’état le permet, pour vaquer à leurs occupations dans des jardins privatifs, se rendre au café voisin, recevoir leurs familles à déjeuner, etc. Autre possibilité, peu connue mais pourtant pratiquée dans presque tous les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) : celle de l’accueil temporaire, soit une semaine ou deux. Un bon moyen de bousculer les idées reçues et de faire son choix en toute sérénité.Marie-Thérèse, 50 ans : « Je suis soulagée » « Ma mère Marie a 79 ans. Elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis 2014. Il y a un an, j’ai été obligée de la placer dans une unité spécialisée car je n’arrivais plus à m’occuper d’elle. Cela a été très dur à accepter. J’avais très peur qu’elle m’en veuille et m’oublie complètement. Aujourd’hui, je suis soulagée de la savoir entre de bonnes mains, mais aussi de ne plus porter seule la responsabilité de sa sécurité. Je ne partage plus que le meilleur avec elle. Quand je vais la voir, on se promène dans le jardin thérapeutique : c’est là qu’elle retrouve toute sa lucidité et que l’on peut encore évoquer des souvenirs. » À savoir Comparez les tarifs !Pas facile de comparer les tarifs des maisons de retraite, d’autant plus que ceux-ci varient d’une région à l’autre ! Pour simplifier les démarches, le ministère de la Santé et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) ont mis en place un comparateur en ligne. Plus de 7 000 établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ont joué le jeu. Il est ainsi possible de se faire une idée des tarifs pratiqués, mais aussi d’obtenir une estimation des sommes mensuelles restant à la charge de l’usager en fonction des ressources et des aides allouées. www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr

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Automédication : prudence, le maître mot

Avec des centaines de médicaments vendus sans ordonnances, il est facile et rapide de s’improviser médecin. L’automédication présente pourtant des dangers et doit faire l’objet de la plus stricte vigilance. Huit Français sur dix ont recours à l’automédication. Elle a pour avantage de limiter les consultations inutiles pour des problèmes bénins et tend à responsabiliser les patients qui doivent payer leur traitement. Mais elle n’est pas sans risque si elle ne fait pas l’objet d’un maximum de prudence. « L’un de ses principaux dangers est le mauvais diagnostic, avertit le Pr Patrice Queneau, membre de l’Académie nationale de médecine et professeur de thérapeutique. Ainsi des douleurs vertébrales étiquetées arthrosiques et qui, en réalité, sont les symptômes d’un cancer. En médecine, une maladie peut en cacher une autre, parfois plus grave. » Une seule molécule Deux consignes : il n’est pas question de poursuivre un traitement s’il n’y a pas d’amélioration après trois ou quatre jours. Ni de se soigner seul face à des symptômes inhabituels. Dans ces cas-là, il faut absolument consulter. Autre risque majeur : les interactions médicamenteuses. « Typiquement, c’est le patient sous anticoagulant qui, en voulant soulager un mal de tête avec un anti-inflammatoire, s’expose à un risque d’accident hémorragique. » Pour éviter ce genre de drame, limitez vos auto-prescriptions à une seule molécule et, si vous suivez un traitement, redoublez de vigilance. Surtout, n’hésitez pas à solliciter les conseils de votre pharmacien. Jamais anodins Contrairement à une idée reçue, les médicaments en accès libre ne sont pas anodins. Près de la moitié d’entre eux seraient même à proscrire, selon le magazine 60 Millions de consommateurs. Soit en raison de leur inefficacité, soit pour les risques qu’ils font courir, quand ils ne conjuguent pas les deux écueils ! En mars 2017, les autorités de santé ont mis en place un portail en ligne pour permettre aux patients ou simples usagers de déclarer les effets indésirables rencontrés après la prise d’un médicament (signalement-sante.gouv.fr). Pensez-y ! Avis d’expert « L’automédication ne doit jamais être envisagée chez les personnes vulnérables. En clair, une consultation médicale est toujours nécessaire pour les personnes âgées ou qui suivent un traitement lourd, les femmes enceintes ou allaitantes, et les bébés. Certaines pathologies (allergies, insuffisance rénale…) sont même incompatibles avec toute forme d’automédication ! » Pr Patrice Queneau

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