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Recruter sur son territoire : la protection sociale, un levier RH sous-exploité

Une TPE-PME ne rivalisera pas avec un grand groupe sur la rémunération fixe. En revanche, elle finance déjà, chaque mois, une part importante de la protection sociale de ses salariés. Encore faut-il que les candidats du bassin d’emploi le sachent.

Publié le
Temps de lecture 4 min

Le recrutement local reste un exercice exigeant

Publiée le 21 avril 2026, la 25e enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail recense près de 2,3 millions de projets de recrutement pour 2026, en retrait de 6,5 % par rapport à 2025 (1). Les difficultés anticipées reculent et 43,8 % des projets sont jugés difficiles à pourvoir, contre 50,1 % en 2025, mais restent élevées dans les secteurs les plus présents en région : le BTP concentre 143 000 projets avec un taux de difficulté de 65 % (2).

Surtout, les deux tiers de ces projets de recrutement sont portés par des établissements de moins de 50 salariés. La tension sur les recrutements est d’abord un sujet de TPE-PME. Le socle légal, à lui seul, ne différencie personne.

Depuis le 1er janvier 2016, tout employeur du secteur privé doit proposer une complémentaire santé collective et en financer au moins 50 % (article L. 911-7 du Code de la Sécurité sociale). Les entreprises employant des cadres ou assimilés cadres versent en outre une cotisation de 1,50 % de la tranche 1, affectée en priorité à la garantie décès (ANI du 17 novembre 2017). Beaucoup de branches ajoutent leur propre socle conventionnel.

Ce que les salariés attendent réellement

Les salariés tiennent à ces garanties, mais pour une raison qui n’est pas d’abord financière : 

  • dans le baromètre de la prévoyance collective CTIP-Ifop, 64 % de ceux qui en disposent y voient avant tout une protection pour eux et leurs proches;
  • 88 % estiment que le contrat collectif permet de couvrir tous les salariés quels que soient leur âge et leur état de santé, et 82 % qu’il le fait au meilleur coût - un point que partagent 85 % des employeurs.

Le terrain de différenciation se situe dans le détail des garanties. Toujours selon ce baromètre, 28 % des complémentaires santé d’entreprise ne couvrent que le salarié : l’extension au conjoint et aux enfants est proposée par 67 % des entreprises de moins de 10 salariés, contre 93 % de celles de 500 salariés et plus. C’est exactement là qu’une TPE-PME peut se distinguer sur son bassin.

Bon à savoir

A poste et salaire équivalents, 49 % des salariés interrogés en avril 2026 par Mūcho et Toluna Harris Interactive préféreraient travailler dans une PME, contre 7 % dans un grand groupe. L’avantage comparatif existe déjà ; reste à le rendre visible.

L'angle mort : un avantage financé, mais invisible

Une enquête menée en avril 2026 auprès de 1 038 salariés de PME met en évidence un décalage frappant : 39 % déclarent mal connaître les avantages dont ils disposent. L’écart interne est plus parlant encore — 79 % des cadres les connaissent bien, contre 30 % des ouvriers.

Autrement dit : beaucoup d’entreprises paient pour un avantage que leurs candidats ne voient pas et qu’une partie de leurs salariés ne sait pas évaluer. Le budget est engagé ; c’est la lisibilité qui manque.

Quatre leviers pour en faire un argument de recrutement

  • Nommer le package dans l’offre d’emploi. "Mutuelle d’entreprise" ne dit rien à un candidat. La part réellement financée par l’employeur, la couverture des ayants droit et le niveau de remboursement en dentaire et en optique, si.
  • Expliquer la couverture à l’embauche. La remise de la notice d’information est une obligation de l’employeur. C’est aussi le seul moment où un nouvel entrant découvre ce dont il dispose vraiment.
  • Investir là où l’effet est visible. Couverture des ayants droit, postes à fort reste à charge, extension de la prévoyance aux non-cadres lorsque la branche ne l’impose pas : ce sont des arbitrages immédiatement lisibles par un candidat.
  • Aligner le discours sur la réalité du bassin. Sur un territoire où les candidats se connaissent et comparent, la stabilité de la couverture et la qualité de l’accompagnement en cas d’arrêt de travail pèsent autant qu’une prime ponctuelle.

Le rôle du courtier de proximité

Le courtier est le mieux placé pour :

  • chiffrer ce que l’entreprise dépense déjà ; 
  • identifier les postes où quelques euros de cotisation supplémentaire produisent un effet visible pour les salariés ; 
  • aider le dirigeant à formaliser une page "protection sociale" utilisable en entretien de recrutement. 

C’est un service de conseil RH autant qu’un acte de courtage et un motif naturel de reprendre contact avec un client dont le contrat n’a pas évolué depuis plusieurs années.

Vous souhaitez valoriser la protection sociale de vos clients comme levier d’attractivité ?

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(1) Enquête "Besoins en Main-d'Œuvre" 2026
(2) Enquête "Besoins en Main-d'Œuvre" 2026

Les informations présentées dans cet article sont basées sur les données disponibles à la date de publication. Celles-ci sont susceptibles d'évoluer avec le temps. Nous vous invitons à consulter les mises à jour ou à vérifier les sources officielles pour des informations actualisées.