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Qu’est-ce que la télémédecine ? Comment fonctionnent vos remboursements optique ? On répond aux questions que vous vous posez !

Vaccination contre le papillomavirus recommandée chez tous les garçons depuis 2021

Conformément aux recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS), la vaccination de tous les garçons âgés de 11 à 14 ans révolus contre les infections par les papillomavirus humains est désormais inscrite dans la stratégie vaccinale. Cette recommandation sera applicable au 1e janvier 2021. Elargissement de la vaccination anti-papillomavirus à tous les adolescents de 11 à 14 ans Les papillomavirus humains (HPV) sont des virus sexuellement transmissibles très fréquents, contractés généralement au début de la vie sexuelle. Ils sont responsables chez la femme comme chez l’homme de verrues anogénitales, de papillomatoses (lésions ressemblant à des verrues) respiratoires (au niveau du larynx, voire jusqu’aux poumons) récurrentes et de lésions. La majorité de ces dernières disparaissent spontanément, mais certaines peuvent persister et évoluer vers des cancers : du col de l’utérus chez la femme, anaux et oro-pharyngés dans les deux sexes. La vaccination contre les HPV est aujourd’hui recommandée chez les jeunes filles de 11 à 14 ans révolus, les immunodéprimés des deux sexes et les jeunes hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) jusqu’à 26 ans, pour prévenir l’apparition de cancers du col de l’utérus, de la vulve et du vagin et de cancers anaux. Associée au dépistage du cancer du col de l’utérus, la vaccination constitue la meilleure stratégie de lutte contre ce cancer qui provoque toujours en France près de 1 000 décès par an. Mais les HPV sont également impliqués dans la survenue de cancers qui ne touchent pas uniquement les femmes ou les HSH, tels les cancers de la sphère ORL (gorge, langue). Ainsi, près de 25 % des cancers provoqués par les HPV surviennent chez les hommes. C’est pourquoi, en plus de la vaccination de toutes les filles de 11 à 14 ans révolus par le vaccin Gardasil 9 (rattrapage possible de 15 à 19 ans révolus), les garçons seront concernés selon les mêmes critères à partir du 1e janvier 2021, comme stipulé dans le calendrier vaccinal 2020 rédigé par la Commission Technique des Vaccinations, rattachée à la HAS. Ce texte prévoit également un rattrapage possible chez les adolescents et les jeunes hommes de 15 à 19 ans révolus, soulignant néanmoins que la vaccination est d’autant plus efficace que les jeunes garçons n’ont pas encore été exposés au risque d’infection par le HPV. La vaccination en pratique Chez les filles comme chez les garçons, toute initiation de la vaccination anti-HPV doit être réalisée avec le vaccin nonavalent (9 valences) GARDASIL 9. Attention : les vaccins HPV ne sont pas interchangeables ! Les personnes ayant déjà débuté une vaccination avec un autre vaccin (GARDASIL version quadrivalente ou CERVARIX) poursuivent donc le schéma vaccinal avec ce même vaccin. Chez les garçons de 11 à 14 ans révolus, le schéma de vaccination anti-HPV avec GARDASIL 9 est un schéma à deux doses, espacées de 6 à 13 mois. Chez les garçons entre 15 et 19 ans révolus (rattrapage), le schéma de vaccination anti-HPV avec GARDASIL 9 comprend trois doses, à 0, 2 et 6 mois. Les adolescentes françaises boudent la vaccination anti-HPV En France, plus de dix ans après les premières recommandations, le constat est préoccupant : seules 24 % des jeunes filles se sont faites vacciner selon un schéma complet à 16 ans, ce qui est bien éloigné de l’objectif de 60 % qui était fixé à l’horizon 2019 dans le cadre du Plan Cancer. La France affiche le taux le plus faible d’Europe. Selon la HAS, « l’un des freins à la vaccination contre les HPV est la difficulté pour les professionnels de santé à faire accepter ce vaccin : d’abord réticents à aborder la question de la sexualité avec des adolescents qui n’ont parfois pas commencé leur vie sexuelle, ils sont aussi confrontés à la méfiance des patients et de leurs familles envers la sécurité des vaccins. Rendre la proposition vaccinale sans considération de genre pourra les aider à aborder la question. » Par ailleurs, la santé des femmes concernant également leur partenaire, l’élargissement de la vaccination contre les HPV aux jeunes garçons devrait responsabiliser l’ensemble des adolescents à la santé sexuelle face au problème de santé publique que représentent les maladies induites par les HPV. Dans un rapport, l’Académie de médecine estimait qu’une vaccination des adolescents des deux sexes serait beaucoup plus efficace pour lutter contre les cancers issus de papillomavirus. Et de rappeler que « l’efficacité des vaccins sur l'infection à HPV est prouvée. Elle entraîne une réduction des lésions précancéreuses ». Les nouveaux cas de cancer anal ont augmenté de 56 % depuis 1990, et 93 % d’entre eux sont attribuables aux HPV. L’Académie relève également une nette augmentation, depuis les années 1970, des cancers oropharyngés en dépit d’une diminution des intoxications liées à l'alcool et au tabac. Elle en conclut que les cancers oropharyngés induits par les HPV sont de plus en plus nombreux. Pour en savoir plus : Le calendrier des vaccinations : https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinal_29juin20.pdf Prise de position officielle de l’Académie nationale de médecine (18 septembre 2019) : http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2019/09/Rapport-sur-la-vaccination-contre-le-Papillomavirus-humain-HPV-voté-le-17-09-2019-ANM.pdf Hélène Joubert

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Médicaments génériques : de nouvelles règles en 2020

Près de huit Français sur dix utilisent des médicaments génériques lorsqu’ils sont malades. Depuis le 1er janvier 2020, de nouvelles règles concernant le « non substituable » sont entrées en vigueur, qui encadrent plus précisément les modalités d'exclusion à la substitution générique. Décodage De nouvelles règles pour le « non substituable » En vingt ans, les médicaments génériques se sont imposés dans la vie quotidienne des Français pour soigner les maux bénins comme les maladies les plus graves. Leur succès est indéniable : huit Français sur dix les utilisent et 93 % en sont satisfaits. Les plus convaincus sont les malades chroniques (81 %) et la tranche d’âge des 35-50 ans (85 %) *. Le droit de substitution au pharmacien a été accordé en 1999, c’est-à-dire qu’il peut remplacer un médicament prescrit par l’un de ses génériques. Afin d’augmenter le recours aux médicaments génériques, ont été adoptés l’obligation de prescription en DCI (la Dénomination Commune Internationale soit le nom de la molécule et non son appellation commerciale) et le dispositif tiers-payant contre génériques. Puis, en 2018, l’article 66 de la loi n° 2018-1203 du 22 décembre 2018 de financement de la sécurité sociale pour 2019 a introduit la notion de justification pour l’emploi de la mention "non substituable" par les prescripteurs. Selon ce texte, le recours à la mention "non substituable" doit être justifiée "sur des critères médicaux objectifs, définis en lien avec l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)". Cela signifie que le pharmacien, lors de la délivrance de la prescription en officine, et sur la consigne du médecin prescripteur, ne peut alors substituer un médicament princeps par un générique de ce médicament. Enfin, depuis le 1er janvier 2020, la Loi définit trois situations médicales dans lesquelles le prescripteur peut exclure la délivrance par substitution à la spécialité prescrite d’un domaine du même groupe générique **. Les trois situations médicales concernées sont : 1. Prescription de médicaments dits « à marge thérapeutique étroite » pour assurer la stabilité de la dispensation, lorsque les patients sont effectivement stabilisés avec un médicament, et à l’exclusion des phases d’adaptation du traitement. Le terme de « marge thérapeutique étroite » signifie que toute variation de la concentration du principe actif dans l’organisme, même légère, peut éventuellement entraîner des effets indésirables ; sa dose minimale efficace est très proche de sa dose maximale tolérable par l’organisme. L’arrêté ministériel du 12 novembre 2019 liste treize substances pour lesquelles ce motif est applicable : Antiépileptiques : lamotrigine, lévétiracétam, prégabaline, topiramate, valproate de sodium, zonisamide ; Immunosuppresseurs : azathioprine, ciclosporine, mycophénolate mofétil, mycophénolate sodique Hormones thyroïdiennes : lévothyroxine Médicaments utilisés dans la dépendance aux opioïdes : buprénorphine Médicament anticancéreux : évérolimus 2. Prescription chez l’enfant de moins de six ans, lorsqu’aucun médicament générique n’a de forme galénique adaptée et que le médicament de référence disponible permet cette administration. 3. Prescription pour un patient présentant une contre-indication formelle et démontrée à un excipient à effet notoire présent dans tous les médicaments génériques disponibles, lorsque le médicament de référence correspondant ne comporte pas cet excipient. Le risque de confusion entre les médicaments chez le sujet âgé ou lorsque la personne prend plusieurs médicaments à la fois n’a pas été retenu comme motif justifiant le « non substituable ». La mention « non substituable » précisée Désormais, la mention « non substituable » présente sur l’ordonnance cède donc la place à des mentions plus précises : « non substituable (MTE) » pour la prescription d’un médicament à marge thérapeutique étroite, « non substituable (EFG) » pour la prescription d'une forme galénique sans équivalent générique chez un enfant de moins de 6 ans et « non substituable (CIF) », en cas de contre-indication à un excipient à effet notoire. De plus, le Journal officiel du 6 février 2020 autorise le pharmacien à exclure de sa propre initiative la substitution en cas de médicament à marge thérapeutique étroite même lorsque la mention « non substituable (MTE) » n’a pas été apposée par le médecin. Références : * https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dp_medicaments_generiques.pdf Arrêté du 12 novembre 2019 précisant, en application de l’article L. 5125-23 du code de la santé publique : ** https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000039393124

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Comment accompagner une personne malvoyante ?

Qui ne s’est pas senti démuni, dans la rue ou dans des locaux particulièrement inadaptés, pour aider une personne déficiente visuelle à se repérer ? Afin de guider au mieux une personne malvoyante, sans que personne ne soit dans l’embarras, l’Union nationale des aveugles et déficients visuels (UNADEV) a publié un guide : « Savoir-être et savoir guider ». Simple et illustré, il livre toutes les clés pour se comporter, accompagner et guider une personne aveugle ou malvoyante. Malvoyance, stop aux préjugés ! Le terme de « déficience visuelle » recouvre plusieurs pathologies, de la malvoyance jusqu’à la cécité absolue. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) parle de déficience visuelle lorsque l’acuité visuelle ne dépasse pas 3/10e sur l’œil le plus performant et/ou quand le champ visuel présente une atteinte sévère. En pratique, les sujets comptent les doigts de la main à une distance de trois mètres. Il s’agit de cécité lorsque l’acuité visuelle est strictement inférieure à 1/20e. La malvoyance est comprise entre ces deux mesures. Contrairement à ce que l’on pense souvent, avec une personne aveugle ou déficiente visuelle, il ne faut pas s’embarrasser de termes soi-disant tabous. Il ne faut pas s’interdire d’employer des expressions telles que « Tu vois ce que je veux dire », « Qu’as-tu regardé à la télévision ? », que les personnes handicapées visuelles utilisent aussi. « Parlez toujours le plus naturellement possible en vous adressant à la personne aveugle : c’est la manière la plus simple, la plus utile et la plus respectueuse. Privilégiez le contact direct, recommande l’Union nationale des aveugles et déficients visuels. Pensez juste à lui toucher légèrement le bras pour attirer son attention, ou à l’appeler par son prénom ou son nom si vous la connaissez. De même, en retour, pensez à vous présenter ou à vous annoncer quand vous la croisez. Demandez à la personne si elle a besoin de prendre votre bras ou si elle préfère vous suivre en repérant votre silhouette, ou en suivant le guide à l’audition. » La règle pour accompagner une personne déficiente visuelle est de décrire précisément son environnement, en évitant les expressions floues comme « ici » ou « là-bas » et en utilisant plutôt « à votre droite » ou « à deux mètres à midi » (en utilisant le cadran horaire). Les rudiments de la technique de guide Conseils pratiques, illustrations détaillées… Grâce au nouveau livret édité par l’UNADEV, d’une vingtaine de pages, vous saurez comment accompagner et guider une personne aveugle ou malvoyante, en toute simplicité. Il suffit d’un coup d’œil pour comprendre la position à adopter afin de guider la personne handicapée visuelle. Tous les obstacles ou dangers auxquels doivent faire face les personnes aveugles sont présentés (chaise, escaliers, trottoir, obstacles en hauteur, passages étroits, à la maison, dans la rue, au travail ou en randonnée). Comme chaque personne déficiente visuelle est différente, avec des besoins différents, il revient à la personne voyante de s’adapter en termes d’accompagnement. Retrouvez les conseils tels que « Comment décrire un lieu ou un espace ? », « La position de base à adopter pour accompagner en marchant » (proposez-lui votre bras de façon à ce que la personne malvoyante puisse vous tenir juste au-dessus du coude)…, ici : https://www.unadev.com/wp-content/uploads/2019/11/plaquette-technique-de-guide-unadev.pdf Pour en savoir plus : Union Nationale des Aveugles et Déficients Visuels (UNADEV) : https://www.unadev.com Fédération française des associations de chiens guides d'aveugles (FFAC) : https://www.chiensguides.fr/comment-aider-personne-deficiente-visuelle Ministère des Solidarités et de la Santé Quelles solutions pour permettre au malvoyant de retrouver de l’autonomie ? : https://solidarites-sante.gouv.fr/systeme-de-sante-et-medico-social/parcours-de-sante-vos-droits/bonnes-pratiques-en-region/bourgogne-franche-comte/article/quelles-solutions-pour-permettre-au-malvoyant-de-retrouver-de-l-autonomie

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Faire de la trottinette électrique, ça s’apprend !

Les accidents de trottinettes électriques et autres véhicules terrestres à moteur augmentent. En cause, le manque de formation des conducteurs et l’état des chaussées. « Une trottinette, ce n’est pas très compliqué à utiliser mais la plupart des chutes sont dues au manque de maîtrise de l’engin, explique Jocelyn Loumeto, délégué général de la Fédération des Professionnels de la Micro-Mobilité (FPMM). Avant d’aller dans l’espace public, il faut d’abord apprendre et pratiquer dans des endroits protégés. » Chaque année, la FPMM publie un baromètre de la mobilité. Celui de 2018 fixait à 232 000 le nombre de trottinettes électriques en France. Un an plus tard, il y en avait 478 000. Sur ces deux mêmes années, il y a eu respectivement deux et onze morts. « Les accidents augmentent logiquement puisqu’il y a plus d’usagers de trottinettes électriques. » poursuit Jocelyn Loumeto. Casque et gilet réfléchissant sont vivement conseillés La trottinette électrique fait partie des véhicules terrestres à moteur (VTM), avec les gyropodes et les gyroroues. Ils ont l’obligation de circuler sur la chaussée et les pistes cyclables : interdiction d’aller sur le trottoir. Bien qu’il n’existe pas de statistiques, les risques liés à la pratique de VTM sont comparables à ceux du vélo : blessures à la tête pour les cas les plus graves, aux coudes, aux bras ou aux genoux. Pour se protéger au maximum, le casque est vivement recommandé par la FPMM. De préférence avec des éclairages supplémentaires à l’arrière pour être le plus visible possible. Et, une fois la nuit tombée, il faut porter un gilet réfléchissant. Il faut également porter des chaussures confortables, ce qui exclut les sandales et les talons, un pantalon et des manches longues pour être le plus couvert possible en cas de chute. Circuler dans les pistes cyclables limite les risques Depuis quelques années, des sociétés proposent des formations à la pratique des VTM. Un bon moyen de limiter les dangers. « Beaucoup d’accidents sont aussi dus au mauvais état des chaussées et au manque de pistes cyclables… insiste Jocelyn Loumeto. Plus il y en a, moins on a d’accidents avec les nouvelles mobilités. » Quand il n’y a pas de pistes cyclables, la vitesse maximum autorisée - généralement à 50 kilomètres par heure - est aussi un facteur de risque en cas de collision avec une voiture ou un deux-roues. « L’utilisation des VTM s’accroît beaucoup plus vite que la connaissance des règles de comportements, du code de la route ou de l’acte d’obligation d’assurance, souligne Jocelyn Loumeto. » Vérifier l’assurance avant de louer une trottinette Quand on achète un VTM, il faut obligatoirement l’assurer. L’usager peut choisir entre plusieurs types de contrats : ceux qui couvrent les personnes qu’il pourrait éventuellement percuter, ceux qui le protègent lui-même et ceux qui assurent le VTM. En fonction du prix, il peut y avoir plusieurs de ces options. Pour les trottinettes en libres services, les loueurs ont l’obligation de souscrire à une assurance flotte. « Normalement ils ont l’obligation de communiquer dessus mais parfois c’est écrit en tout petit dans l’application, conclut Jocelyn Loumeto. Il faut être clair : ceux qui le mettent en gros ils ont de bonnes assurances, ceux qui sont discrets là-dessus n’ont que l’assurance de base, qui ne couvre que la personne que l’on peut éventuellement blesser. » Avec ce service minimum, le conducteur n’est pas couvert en cas d’accident. Les dommages seront à sa charge, car la responsabilité civile ne le couvrira pas non plus. Léa Casian

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Comment bien conserver ses médicaments en cas de fortes chaleurs

L’été, le thermomètre grimpe. L'exposition à une température extérieure élevée, pendant une période plus ou moins longue, peut avoir une incidence sur l’utilisation et la conservation des produits de santé. Voici les préconisations de l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, pour conserver ses médicaments en cas de vague de chaleur. Tous les médicaments sont soumis à des essais de stabilité dans des conditions standardisées avant d’obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM). Ces essais déterminent pour chaque molécule la durée et les conditions de conservation. Trois catégories de températures de conservation existent et sont apposées sur l’emballage du médicament : à conserver entre +2 et +8 °C, à conserver à une température inférieure à 25 ou à 30 °C, à conserver à température ambiante (climat français ou similaire). Dans tous les cas, il faut éviter d’exposer les médicaments au soleil. Médicaments à conserver entre + 2 et + 8 ° C Ces médicaments doivent impérativement être conservés au réfrigérateur mais attention à ne pas les congeler pour autant (vaccins, antivenins…). N’oubliez pas de les sortir quelques minutes avant de les utiliser. En cas de température élevée, s’ils sont utilisés rapidement, les conséquences sur leur stabilité ou qualité sont très limitées. Une fois hors du réfrigérateur, vous devez donc les utiliser assez rapidement et éviter de les laisser trop longtemps sortis. Le transport de ces médicaments doit être effectué dans des conditions qui respectent la chaîne du froid mais sans provoquer, là aussi, de congélation du produit. Un emballage isotherme réfrigéré est l’idéal, par exemple muni d’accumulateurs de froid. Médicaments à conserver à une température inférieure à 25 ou à 30 °C Des expériences en cas d’exposition à un stress thermique ont cependant montré que le fait de dépasser ces températures, pendant quelques jours et même quelques semaines lors d’une vague de chaleur par exemple, n’avait pas de conséquence sur leur stabilité et efficacité. Les expositions trop prolongées à des températures élevées (coffres ou habitacles de voitures exposés en plein soleil, etc.) sont à éviter. Par prudence, il est préférable d’utiliser un emballage isotherme non réfrigéré. On en trouve en règle générale dans les pharmacies ou pour le transport des produits alimentaires congelés. Médicaments sans mention particulière de conservation (conservation à température ambiante) Dans les conditions habituelles de conservation (armoire à pharmacie, entrepôt ventilé), à température ambiante en France ou sous un climat similaire, même en cas de canicule, ces médicaments ne craignent pas une exposition aux températures élevées. Les expériences conduites avec des médicaments laissés à 40 °C pendant six mois ont exclu toute dégradation du produit. Quelques cas particuliers… Certaines formes pharmaceutiques sont sensibles à la chaleur, comme les suppositoires, les ovules, les crèmes et les pommades, qui sont à conserver à moins de 25 °C, comme l’insuline ou encore l’adrénaline pour les personnes allergiques… C’est l’aspect du produit à l’ouverture qui permet de juger du maintien de la qualité après exposition à la chaleur. Comme l’ANSM l’explique, « tout produit dont l'apparence extérieure est visiblement modifiée ne devrait pas être utilisé, cette altération de l'aspect extérieur pourrait indiquer une modification des propriétés de la forme pharmaceutique (indépendamment de la qualité de la substance active). » En d’autres termes, la dégradation des médicaments conduits non pas à la toxicité mais à l’inactivation de l’effet thérapeutique. Stockez-les dans un endroit frais et transportez-les dans un emballage isotherme. Attention, à vouloir trop les protéger de la chaleur le risque est de les conserver dans un lieu trop froid, ce qui pourrait modifier leur apparence et/ou leur consistance. Vigilance particulière pour les personnes diabétiques qui utilisent des lecteurs de glycémie, des appareils qui permettent de mesurer le taux de glucose dans le sang : l’exposition à des températures élevées, pour des périodes plus ou moins prolongées, peut avoir une incidence sur la conservation et l’utilisation des bandelettes (ou électrodes), des solutions de contrôle et des lecteurs de glycémie eux-mêmes. Si ces équipements sont exposés à des températures trop élevées, les résultats qu’ils produisent peuvent ne pas être fiables. Hélène Joubert Pour en savoir plus : https://ansm.sante.fr/Dossiers/Conditions-climatiques-extremes-et-produits-de-sante/Canicule-et-produits-de-sante/(offset)/0

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Malades chroniques, urgences… Consultez !

En cette période de crise sanitaire, les personnels de santé constatent une forte baisse des demandes de soins pour les pathologies hors Covid-19. Suivi allégé voire absent en cas de maladie chronique, moins d’appels d’urgence pour infarctus du myocarde… Inquiète, la Direction générale de la santé rassure : au cabinet comme à l’hôpital, toutes les précautions sont prises pour que l’accueil des patients non-porteurs du virus se fasse dans les meilleures conditions et que le risque de contamination soit limité au maximum. Il ne doit pas y avoir de renoncement aux soins indispensables La Direction générale de la santé (DGS) rappelle la nécessité du maintien de certains soins et examens (en dehors du Covid-19), tant en ville qu’à l’hôpital, pour répondre aux besoins de la population*. Si le système de santé est fortement mobilisé depuis le début de l’épidémie pour répondre aux besoins de prise en charge des patients atteints de Covid-19, cela ne doit pas faire oublier le fait que certains soins et examens doivent impérativement être maintenus, tant en ville qu’à l’hôpital, car ils sont indispensables au regard des besoins de santé de la population. Sont concernés les patients atteints d’une maladie chronique ou de troubles psychiatriques, les femmes enceintes et les jeunes enfants, les personnes nécessitant une intervention chirurgicale urgente mais également les prises en charge médicales qui ne peuvent être différées, comme la cancérologie par exemple.Au niveau national, la baisse d'activité des professionnels de santé est criante. Les derniers chiffres de la Sécurité sociale (3 avril 2020) annoncent une baisse de 44 % chez les généralistes, 76 % chez les spécialistes (pédiatres, gastro-entérologues, urologues, etc.), 78 % chez les masseurs kinésithérapeutes et 15 % chez les infirmiers.Trois raisons expliquent cette situation : les patients n'osent plus demander des rendez-vous pour laisser de la place aux malades du Covid-19 ; ils sont inquiets d'aller dans les lieux médicalisés de peur d'attraper le virus ; enfin, ils respectent à la lettre l'ordre de rester chez soi.« Il est important que le médecin traitant ou le médecin spécialiste correspondant habituel prenne contact avec les patients atteints de pathologie chronique les plus fragiles, insiste le Pr Jérôme Salomon, directeur général de la santé, pour s’assurer du suivi et détecter un risque de décompensation de la pathologie. Pour cela, le médecin pourra entrer en contact avec le patient par téléconsultation par vidéo ou par téléphone, et être rémunéré pour cet acte. » Le ministère des Solidarités et de la Santé a conçu une fiche qui détaille les mesures à prendre pour maintenir le suivi et la prise en charge des patients les plus fragiles** : chirurgie urgente ou ne pouvant être différée, maladies chroniques (poursuite des consultations médicales à distance ou si besoin en présentiel, examens biologiques, délivrance des médicaments, poursuite des soins infirmiers et des séances d'éducation thérapeutique), suivi des femmes enceintes et en post-accouchement, suivi des jeunes enfants, santé sexuelle, en poursuivant les consultations pour contraception et en garantissant la continuité de l'activité d'IVG, maladies transmissibles (VIH, tuberculose) et les troubles psychiques. Consulter en cas d’urgence ! Pour les urgences courantes autres que les urgences Covid-19, le recours au 15 reste d'actualité. En cas de signes inquiétants comme une fièvre importante, un essoufflement, des douleurs thoraciques, des troubles neurologiques, n’hésitez pas à appeler le 15.Si les soins non urgents ont été reportés pour mobiliser les lits et du personnel dédiés au patients atteints du Covid-19, l’organisation et la prise ne charge des autres urgences est toujours active, rappellent la Société française de cardiologie et la Société française neurovasculaire, qui s’alarment de la désertion des patients. Selon les données au 26 avril, les consultations aux urgences cardiaques ont baissé de 40% durant le mois de confinement. Les Prs Ariel Cohen, président de la Société française de cardiologie et Emmanuel Touzé, président de la Société française de neurologie vasculaire : « Nous avons constaté une diminution massive des admissions en urgence pour infarctus du myocarde et accident vasculaire, pour ne parler que des principaux motifs d’urgences dans nos spécialités. Bon nombre de patients ayant des symptômes, par crainte d’être contaminés ou parce qu’ils pourraient les considérer à tort comme mineurs, n’alertent pas les secours. Or, le risque de survenue d’un évènement grave, parfois fatal, est très grand dans les jours qui suivent une première alerte. » Poursuivre son traitement de fond Dans le cas des maladies chroniques, ne pas interrompre son traitement et poursuivre son autosurveillance et ses soins courants est un message martelé par les professionnels de santé, les institutions et les associations de patients. Le confinement et la distanciation sociale ne doivent être ni un prétexte, ni une mauvaise occasion d’interrompre son traitement et ses soins courants. Aucune décision ne doit être prise sans un conseil médical, si possible à distance. La téléconsultation et les télésoins sont à privilégier, et sinon le téléphone est toujours un bon moyen de communication. Liens connexes : *https://dgs-urgent.sante.gouv.fr/dgsurgent/inter/detailsMessageBuilder.do?id=30752&cmd=visualiserMessage** https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/soins-hors-covid-19.pdf

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Santé buccodentaire : de l'intérêt d'un suivi régulier

Nombreux sont ceux qui rechignent à aller chez le dentiste. De fait, le dentiste n’est pas forcément le praticien le plus populaire. Pourtant, il y a davantage de bénéfices à le fréquenter qu’à l’ignorer. Le Dr Nicole Carrion de Mingo, chirurgien-dentiste au centre Jack Senet, à Paris, nous explique pourquoi. Diriez-vous qu’il ne faut pas attendre d’avoir mal pour consulter, notamment chez l’enfant ? Nicole Carrion de Mingo : Absolument. Les premières caries, qui peuvent apparaître tôt, ne sont pas forcément douloureuses tout de suite. Le risque, c’est donc de consulter trop tard, avec les problèmes de prise en charge que cela pose : dent abîmée, crainte de la douleur, etc. L’idéal, c’est de prendre un premier rendez-vous dès que l’enfant entre en maternelle. Ce premier contact permet d’échanger avec lui et même de simuler un soin. L’objectif est de lever l’appréhension, souvent transmise par les parents. Venir régulièrement chez le dentiste est donc un bon investissement pour l’avenir... On gagne sur tous les plans. Le praticien intervient sur des pathologies, notamment carieuses, moins développées. Le geste est donc moins invasif. Et le patient, de son côté, est dans de bonnes dispositions. Personnellement, je préconise deux visites par an. Les contrôles de routine sont, de toute façon, l’occasion de faire un rappel sur l’hygiène bucco-dentaire et de donner quelques conseils alimentaires. Quelles sont les grandes pathologies dentaires ? Les pathologies principales restent les caries et les problèmes parodontaux qui peuvent entraîner la perte de dents. Les antécédents familiaux ne sont pas à négliger : il existe des prédispositions aux maladies parodontales ou aux caries, liées à un émail plus fragile... Nous ne sommes pas égaux ! Quels sont les principaux ennemis des dents ? Ce sont les produits sucrés ainsi que les comportements alimentaires du type snacking. Le grignotage fait que les dents sont quasi en permanence dans un bain acide, ce qui ne leur laisse pas le temps de se reminéraliser. D’où les caries. Le tabagisme impacte surtout le parodonte, c’est-à-dire l’environnement de la dent : l’os et la gencive. C’est le cas également de certaines maladies comme le diabète qu’il convient, à ce titre, de suivre, en coordination avec le médecin généraliste ou le diabétologue. Un examen bucco-dentaire peut-il révéler des problèmes autres que dentaires, voire des pathologies ? L’examen bucco-dentaire permet, par exemple, de repérer des troubles alimentaires comme l’anorexie : la personne présente généralement des polycaries du collet, à la jonction de la dent avec la gencive. Cette observation peut aussi révéler des cancers de la muqueuse, comme le sarcome de Kaposi chez les patients immunodéprimés. Si l’examen montre une usure des prémolaires accompagnée d’une sensibilité exacerbée, le dentiste suspectera un problème de bruxisme qui se caractérise par un grincement des dents, le plus souvent pendant le sommeil. Dans ce cas, il préconisera la pose de gouttière de relaxation musculaire pour empêcher le contact entre les dents du haut et du bas. Un examen dentaire ne permet-il pas non plus de diagnostiquer une apnée du sommeil ? Dans ce cas précis, c’est le contexte qui doit nous interpeller. Si le patient est hypertendu et diabétique, se plaint de fatigue, de maux de tête et de ronflements, nous pouvons être amenés à lui demander d’effectuer un test de dépistage. Au centre Jack Senet, il y a deux dentistes spécialisés qui sont habilités à prescrire des orthèses d’avancée mandibulaire pour libérer les voies aériennes. La dentisterie a évolué, elle est désormais pluridisciplinaire. L'implantologie est-elle plus abordable ? Depuis une quinzaine d’années, l’implantologie s’est démocratisée même si le reste à charge demeure élevé, l’Assurance maladie ne prenant pas en charge les implants. La population vieillit. Aujourd’hui, les patients souhaitent davantage conserver leur confort masticatoire et ne s’interdisent plus les implants. L’implantologie a beaucoup évolué : les contraintes anatomiques qui étaient rédhibitoires auparavant ne le sont plus, grâce notamment à l’usage de l’os synthétique pour le maxillaire supérieur ou d’implants plus courts. Pour finir, les dents, c'est deux brossages par jour ? Oui, deux fois, mais bien. De façon plus rigoureuse le soir, en passant dans les espaces inter-dentaires, car le débit salivaire diminue la nuit. Or la salive nous protège contre les caries et les infections de la bouche. Les personnes qui ont des traitements de type psychotropes – qui font baisser le débit salivaire – ont également besoin d’un brossage très méticuleux. Enfin, la brosse à dent ne doit pas être dure et le brossage trop fort pour prévenir tout risque d’usure de la dent au niveau des collets (mylolyse) et donc d’hypersensibilité. Le saviez-vous ? L’Assurance maladie permet aux enfants et adolescents de 6, 9, 12, 15, 18, 21 et 24 ans de bénéficier d'un rendez-vous gratuit chez le chirurgien-dentiste et de soins, si nécessaire. Ce dispositif a été étendu aux femmes enceintes.

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Dépistage néonatal comprendra une maladie supplémentaire en 2020

Au premier trimestre 2020, le dépistage néonatal détectera le déficit en MCAD, c’est-à-dire le déficit en acyl-CoA déshydrogénase des acides gras à chaîne moyenne. Ainsi, cet examen comprendra au total six maladies.La détection d’une nouvelle maladie sera au programme du dépistage néonatal à partir du premier trimestre 2020, a indiqué la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, en novembre dernier. La pathologie visée est le déficit en MCAD, aussi appelée le déficit en acyl-CoA déshydrogénase des acides gras à chaîne moyenne. Il s’agit d’une maladie rare et héréditaire qui se manifeste quelques mois après la naissance. Celle-ci rend l’organisme incapable d’utiliser certaines graisses comme source d’énergie.Quand ces patients sont à jeun ou ont un besoin d’énergie supplémentaire lié à l’effort ou à la maladie, ils sont en hypoglycémie. Cet état peut être très dangereux car, sans prise en charge, les jeunes patients risquent de tomber dans le coma et/ou de mourir. Une fois dépistée, les parents informés de la maladie de leur nourrisson pourront veiller à une alimentation plus adéquate pour éviter ces risques. En France, le dépistage néonatal est proposé aux jeunes parents pour tous les nouveaux-nés. Actuellement, il concerne cinq maladies rares, graves et dont les symptômes ne sont pas apparents durant les premiers mois de la vie. Le but est de détecter et prévenir le plus tôt possible ces pathologies : la phénylcétonurie, l’hypothyroïdie congénitale, l’hyperplasie congénitale des surrénales, la drépanocytose et la mucoviscidose. Un test simple - quelques gouttes de sang prélevées au nourrisson - permet une meilleure prise en charge. En parallèle de ce dispositif, un test de dépistage de la surdité permanente néonatale est aussi proposé aux familles dans toutes les maternités françaises. Trois millions d’euros pour financer les appareils nécessaires au dépistage Pour qu’une nouvelle maladie soit comprise dans ce dépistage néonatal des maladies rares, il faut que la Haute Autorité de Santé (HAS) émette un avis en ce sens. Ce qui avait été le cas, dès 2011, pour le déficit en MCAD. L’institution estimait qu’une détection dès la naissance pourrait prévenir des décès facilement évitables car la prise en charge est très efficace et simple. Mais, le dépistage de cette maladie n’est possible qu’avec une méthode de biochimie qui requiert un appareillage appelé spectromètre de masse. Or, cet outil - assez coûteux - n’était pas disponible dans tous les laboratoires qui faisaient les dépistages néonataux en France. Il a donc fallu réduire et restructurer le nombre de laboratoires en France. Selon la ministre de la Santé, trois millions d’euros doivent servir à financer les appareils nécessaires pour ce nouveau dépistage.La HAS a été saisie pour étendre les indications du dépistage à la naissance. D’ici la fin de l’année, l’instance doit rendre des avis sur d’autres maladies : le déficit immunitaire combiné sévère (DICS) et d’autres erreurs innées du métabolisme (EIM) ainsi que la drépanocytose. Cette dernière est actuellement dépistée dans les départements d’Outre-mer mais en métropole, il n’est proposé qu’aux parents originaires de régions à risques comme le Moyen-Orient et l’Afrique. Léa Casian

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La qualité de vie dans le psoriasis : encore un effort

  L’arrivée des biothérapies depuis les années 2000, avec désormais plusieurs options thérapeutiques efficaces dans les formes de psoriasis sévères et récidivantes, laisse de côté de nombreux malades. En cause, un sous-diagnostic et un sous-traitement persistants, ainsi qu’une stigmatisation des malades. En 2019, la maladie est sous contrôle. Et la qualité de vie ? Un sous-traitement persistant L’explosion des possibilités thérapeutiques ces deux dernières décennies, avec les biothérapies (les anti-TNF alpha, puis les anti-IL12/23 et très récemment les anti-IL17), a modifié la prise en charge de nombreuses maladies inflammatoires, dont fait partie le psoriasis. Celui-ci peut désormais être contrôlé chez de nombreux malades atteints par les formes les plus sévères. « La prise en charge de la maladie s’en est trouvée bouleversée, salue Roberte Aubert, présidente de l’association France Psoriasis : du goudron malodorant aux crèmes grasses et salissantes (et aux effets incertains), stigmatisantes, on est passé à des traitements systémiques aux prises très espacées. En plus d’améliorer l’image du malade et de sa maladie, elles en ont fait une maladie chronique "comme les autres". » Cependant, si du point de vue médical, les progrès ont été considérables, le sous-traitement perdure, pointé dans l’enquête allemande DERMLINE détaillée au 28e congrès de l’Académie européenne de dermatologie et vénérologie (The European Academy of Dermatology and Venereology, EADV, 9-13 Octobre 2019, Madrid). Une forte proportion de patients reste sous-traitée, avec un délai diagnostique moyen de cinq ans : plus de la moitié des patients (56 %) dont plus de 20 % de la surface corporelle était couverte par le psoriasis ont déclaré qu'ils ne consultaient pas actuellement un médecin pour les aider à traiter leur maladie. Pire, « la moitié des médicaments prescrits ne contribuaient pas au traitement de leur maladie (49 %) ou produisaient trop d'effets secondaires (29 %) », soulignait le Pr Maximilian Schielein, investigateur principal de cette étude. « Il faut prendre plus de temps et trouver un traitement approprié pour les patients insatisfaits pour répondre à leurs besoins. De plus, nous ne devons pas négliger les patients qui sont mécontents de leur traitement actuel et qui ont cessé de chercher de l'aide professionnelle. » Une enquête conduite en 2019 par France Psoriasis confirme ces résultats : 15,2 % des psoriasiques se sont auto-diagnostiqués en réalisant des recherches sur internet et 40 % ne sont pas suivis par un professionnel de santé. Les biomédicaments, une révolution dont tous ne bénéficient pas ! Pour Roberte Aubert, « de nombreux freins limitent l’accès à l’innovation thérapeutique, en particulier un déficit d’information persistant, y compris chez les patients pour qui le préjugé que le « psoriasis ne se soigne pas » reste bien ancré. Cette résignation les empêche de consulter le spécialiste. » De plus, il demeure une inégalité d’accès à ces traitements en fonction des lieux géographiques ainsi qu’une mauvaise compréhension du parcours de soin, alors même que le suivi de ces traitements complexes dont l’efficacité est rarement « à vie » exige d’être de qualité. Lutter contre la stigmatisation et la discrimination L’enquête DERMLINE fait également ressortir que le psoriasis influence la vie quotidienne des personnes atteintes. En effet, pour une majorité d’entre eux, leur psoriasis empire à cause de externe des facteurs comme le stress. Au point que 47 % évitent les situations stressantes de peur qu’elles ne déclenchent des symptômes et que 40 % portent des vêtements couvrants, peu importe la météo. De plus, 38 % modifient leur alimentation, 34 % évitent la proximité physique avec des amis ou encore 33 % évitent la pratique d’un sport. Cette stigmatisation qui perdure, était dans le viseur de l’association de patients France Psoriasis lors de la 16e Journée mondiale du psoriasis, le 29 octobre dernier, en s’appuyant sur un sondage Opinion Way où 83 % des 15-30 ans (83 %) reconnaissaient que les symptômes psoriasiques sont difficiles à assumer et qu’ils seraient eux-mêmes gênés de s’exposer s’ils en étaient atteints. La discrimination persiste : dans une seconde enquête menée par France Psoriasis auprès des patients de 15-30 ans sur le ressenti de la maladie, le psoriasis est un frein au suivi des études pour un tiers et 20 % ralentissent leur activité sportive à cause de la maladie. 67 % souffrent du regard des autres. Une autre étude, présentée elle-aussi lors du 28e Congrès EADV, révélait que plus des trois quarts des patients atteints de psoriasis au stade aigu présentaient des troubles anxieux, contre 19 % de la population en général. « D’où la nécessité de programmes interdisciplinaires pour le diagnostic et le traitement du psoriasis, insistait l’auteur principal, le Dr Vladimir Matiushenko, ainsi que l'inclusion d'interventions psychosociales spécifiques dans le schéma thérapeutique global pour aider à améliorer l'évolution de la maladie et le pronostic à long terme ». Hélène Joubert, d’après un entretien avec Mme Roberte Aubert, présidente de l’association France Psoriasis, à l’occasion du 28e congrès de l’Académie européenne de dermatologie et vénérologie (The European Academy of Dermatology and Venereology, EADV, 9-13 Octobre 2019, Madrid)

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