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Tous nos articles Santé - Page 4

Qu’est-ce que la télémédecine ? Comment fonctionnent vos remboursements optique ? On répond aux questions que vous vous posez !

Santé buccodentaire : de l'intérêt d'un suivi régulier

Nombreux sont ceux qui rechignent à aller chez le dentiste. De fait, le dentiste n’est pas forcément le praticien le plus populaire. Pourtant, il y a davantage de bénéfices à le fréquenter qu’à l’ignorer. Le Dr Nicole Carrion de Mingo, chirurgien-dentiste au centre Jack Senet, à Paris, nous explique pourquoi. Diriez-vous qu’il ne faut pas attendre d’avoir mal pour consulter, notamment chez l’enfant ? Nicole Carrion de Mingo : Absolument. Les premières caries, qui peuvent apparaître tôt, ne sont pas forcément douloureuses tout de suite. Le risque, c’est donc de consulter trop tard, avec les problèmes de prise en charge que cela pose : dent abîmée, crainte de la douleur, etc. L’idéal, c’est de prendre un premier rendez-vous dès que l’enfant entre en maternelle. Ce premier contact permet d’échanger avec lui et même de simuler un soin. L’objectif est de lever l’appréhension, souvent transmise par les parents. Venir régulièrement chez le dentiste est donc un bon investissement pour l’avenir... On gagne sur tous les plans. Le praticien intervient sur des pathologies, notamment carieuses, moins développées. Le geste est donc moins invasif. Et le patient, de son côté, est dans de bonnes dispositions. Personnellement, je préconise deux visites par an. Les contrôles de routine sont, de toute façon, l’occasion de faire un rappel sur l’hygiène bucco-dentaire et de donner quelques conseils alimentaires. Quelles sont les grandes pathologies dentaires ? Les pathologies principales restent les caries et les problèmes parodontaux qui peuvent entraîner la perte de dents. Les antécédents familiaux ne sont pas à négliger : il existe des prédispositions aux maladies parodontales ou aux caries, liées à un émail plus fragile... Nous ne sommes pas égaux ! Quels sont les principaux ennemis des dents ? Ce sont les produits sucrés ainsi que les comportements alimentaires du type snacking. Le grignotage fait que les dents sont quasi en permanence dans un bain acide, ce qui ne leur laisse pas le temps de se reminéraliser. D’où les caries. Le tabagisme impacte surtout le parodonte, c’est-à-dire l’environnement de la dent : l’os et la gencive. C’est le cas également de certaines maladies comme le diabète qu’il convient, à ce titre, de suivre, en coordination avec le médecin généraliste ou le diabétologue. Un examen bucco-dentaire peut-il révéler des problèmes autres que dentaires, voire des pathologies ? L’examen bucco-dentaire permet, par exemple, de repérer des troubles alimentaires comme l’anorexie : la personne présente généralement des polycaries du collet, à la jonction de la dent avec la gencive. Cette observation peut aussi révéler des cancers de la muqueuse, comme le sarcome de Kaposi chez les patients immunodéprimés. Si l’examen montre une usure des prémolaires accompagnée d’une sensibilité exacerbée, le dentiste suspectera un problème de bruxisme qui se caractérise par un grincement des dents, le plus souvent pendant le sommeil. Dans ce cas, il préconisera la pose de gouttière de relaxation musculaire pour empêcher le contact entre les dents du haut et du bas. Un examen dentaire ne permet-il pas non plus de diagnostiquer une apnée du sommeil ? Dans ce cas précis, c’est le contexte qui doit nous interpeller. Si le patient est hypertendu et diabétique, se plaint de fatigue, de maux de tête et de ronflements, nous pouvons être amenés à lui demander d’effectuer un test de dépistage. Au centre Jack Senet, il y a deux dentistes spécialisés qui sont habilités à prescrire des orthèses d’avancée mandibulaire pour libérer les voies aériennes. La dentisterie a évolué, elle est désormais pluridisciplinaire. L'implantologie est-elle plus abordable ? Depuis une quinzaine d’années, l’implantologie s’est démocratisée même si le reste à charge demeure élevé, l’Assurance maladie ne prenant pas en charge les implants. La population vieillit. Aujourd’hui, les patients souhaitent davantage conserver leur confort masticatoire et ne s’interdisent plus les implants. L’implantologie a beaucoup évolué : les contraintes anatomiques qui étaient rédhibitoires auparavant ne le sont plus, grâce notamment à l’usage de l’os synthétique pour le maxillaire supérieur ou d’implants plus courts. Pour finir, les dents, c'est deux brossages par jour ? Oui, deux fois, mais bien. De façon plus rigoureuse le soir, en passant dans les espaces inter-dentaires, car le débit salivaire diminue la nuit. Or la salive nous protège contre les caries et les infections de la bouche. Les personnes qui ont des traitements de type psychotropes – qui font baisser le débit salivaire – ont également besoin d’un brossage très méticuleux. Enfin, la brosse à dent ne doit pas être dure et le brossage trop fort pour prévenir tout risque d’usure de la dent au niveau des collets (mylolyse) et donc d’hypersensibilité. Le saviez-vous ? L’Assurance maladie permet aux enfants et adolescents de 6, 9, 12, 15, 18, 21 et 24 ans de bénéficier d'un rendez-vous gratuit chez le chirurgien-dentiste et de soins, si nécessaire. Ce dispositif a été étendu aux femmes enceintes.

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Dépistage néonatal comprendra une maladie supplémentaire en 2020

Au premier trimestre 2020, le dépistage néonatal détectera le déficit en MCAD, c’est-à-dire le déficit en acyl-CoA déshydrogénase des acides gras à chaîne moyenne. Ainsi, cet examen comprendra au total six maladies.La détection d’une nouvelle maladie sera au programme du dépistage néonatal à partir du premier trimestre 2020, a indiqué la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, en novembre dernier. La pathologie visée est le déficit en MCAD, aussi appelée le déficit en acyl-CoA déshydrogénase des acides gras à chaîne moyenne. Il s’agit d’une maladie rare et héréditaire qui se manifeste quelques mois après la naissance. Celle-ci rend l’organisme incapable d’utiliser certaines graisses comme source d’énergie.Quand ces patients sont à jeun ou ont un besoin d’énergie supplémentaire lié à l’effort ou à la maladie, ils sont en hypoglycémie. Cet état peut être très dangereux car, sans prise en charge, les jeunes patients risquent de tomber dans le coma et/ou de mourir. Une fois dépistée, les parents informés de la maladie de leur nourrisson pourront veiller à une alimentation plus adéquate pour éviter ces risques. En France, le dépistage néonatal est proposé aux jeunes parents pour tous les nouveaux-nés. Actuellement, il concerne cinq maladies rares, graves et dont les symptômes ne sont pas apparents durant les premiers mois de la vie. Le but est de détecter et prévenir le plus tôt possible ces pathologies : la phénylcétonurie, l’hypothyroïdie congénitale, l’hyperplasie congénitale des surrénales, la drépanocytose et la mucoviscidose. Un test simple - quelques gouttes de sang prélevées au nourrisson - permet une meilleure prise en charge. En parallèle de ce dispositif, un test de dépistage de la surdité permanente néonatale est aussi proposé aux familles dans toutes les maternités françaises. Trois millions d’euros pour financer les appareils nécessaires au dépistage Pour qu’une nouvelle maladie soit comprise dans ce dépistage néonatal des maladies rares, il faut que la Haute Autorité de Santé (HAS) émette un avis en ce sens. Ce qui avait été le cas, dès 2011, pour le déficit en MCAD. L’institution estimait qu’une détection dès la naissance pourrait prévenir des décès facilement évitables car la prise en charge est très efficace et simple. Mais, le dépistage de cette maladie n’est possible qu’avec une méthode de biochimie qui requiert un appareillage appelé spectromètre de masse. Or, cet outil - assez coûteux - n’était pas disponible dans tous les laboratoires qui faisaient les dépistages néonataux en France. Il a donc fallu réduire et restructurer le nombre de laboratoires en France. Selon la ministre de la Santé, trois millions d’euros doivent servir à financer les appareils nécessaires pour ce nouveau dépistage.La HAS a été saisie pour étendre les indications du dépistage à la naissance. D’ici la fin de l’année, l’instance doit rendre des avis sur d’autres maladies : le déficit immunitaire combiné sévère (DICS) et d’autres erreurs innées du métabolisme (EIM) ainsi que la drépanocytose. Cette dernière est actuellement dépistée dans les départements d’Outre-mer mais en métropole, il n’est proposé qu’aux parents originaires de régions à risques comme le Moyen-Orient et l’Afrique. Léa Casian

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La qualité de vie dans le psoriasis : encore un effort

  L’arrivée des biothérapies depuis les années 2000, avec désormais plusieurs options thérapeutiques efficaces dans les formes de psoriasis sévères et récidivantes, laisse de côté de nombreux malades. En cause, un sous-diagnostic et un sous-traitement persistants, ainsi qu’une stigmatisation des malades. En 2019, la maladie est sous contrôle. Et la qualité de vie ? Un sous-traitement persistant L’explosion des possibilités thérapeutiques ces deux dernières décennies, avec les biothérapies (les anti-TNF alpha, puis les anti-IL12/23 et très récemment les anti-IL17), a modifié la prise en charge de nombreuses maladies inflammatoires, dont fait partie le psoriasis. Celui-ci peut désormais être contrôlé chez de nombreux malades atteints par les formes les plus sévères. « La prise en charge de la maladie s’en est trouvée bouleversée, salue Roberte Aubert, présidente de l’association France Psoriasis : du goudron malodorant aux crèmes grasses et salissantes (et aux effets incertains), stigmatisantes, on est passé à des traitements systémiques aux prises très espacées. En plus d’améliorer l’image du malade et de sa maladie, elles en ont fait une maladie chronique "comme les autres". » Cependant, si du point de vue médical, les progrès ont été considérables, le sous-traitement perdure, pointé dans l’enquête allemande DERMLINE détaillée au 28e congrès de l’Académie européenne de dermatologie et vénérologie (The European Academy of Dermatology and Venereology, EADV, 9-13 Octobre 2019, Madrid). Une forte proportion de patients reste sous-traitée, avec un délai diagnostique moyen de cinq ans : plus de la moitié des patients (56 %) dont plus de 20 % de la surface corporelle était couverte par le psoriasis ont déclaré qu'ils ne consultaient pas actuellement un médecin pour les aider à traiter leur maladie. Pire, « la moitié des médicaments prescrits ne contribuaient pas au traitement de leur maladie (49 %) ou produisaient trop d'effets secondaires (29 %) », soulignait le Pr Maximilian Schielein, investigateur principal de cette étude. « Il faut prendre plus de temps et trouver un traitement approprié pour les patients insatisfaits pour répondre à leurs besoins. De plus, nous ne devons pas négliger les patients qui sont mécontents de leur traitement actuel et qui ont cessé de chercher de l'aide professionnelle. » Une enquête conduite en 2019 par France Psoriasis confirme ces résultats : 15,2 % des psoriasiques se sont auto-diagnostiqués en réalisant des recherches sur internet et 40 % ne sont pas suivis par un professionnel de santé. Les biomédicaments, une révolution dont tous ne bénéficient pas ! Pour Roberte Aubert, « de nombreux freins limitent l’accès à l’innovation thérapeutique, en particulier un déficit d’information persistant, y compris chez les patients pour qui le préjugé que le « psoriasis ne se soigne pas » reste bien ancré. Cette résignation les empêche de consulter le spécialiste. » De plus, il demeure une inégalité d’accès à ces traitements en fonction des lieux géographiques ainsi qu’une mauvaise compréhension du parcours de soin, alors même que le suivi de ces traitements complexes dont l’efficacité est rarement « à vie » exige d’être de qualité. Lutter contre la stigmatisation et la discrimination L’enquête DERMLINE fait également ressortir que le psoriasis influence la vie quotidienne des personnes atteintes. En effet, pour une majorité d’entre eux, leur psoriasis empire à cause de externe des facteurs comme le stress. Au point que 47 % évitent les situations stressantes de peur qu’elles ne déclenchent des symptômes et que 40 % portent des vêtements couvrants, peu importe la météo. De plus, 38 % modifient leur alimentation, 34 % évitent la proximité physique avec des amis ou encore 33 % évitent la pratique d’un sport. Cette stigmatisation qui perdure, était dans le viseur de l’association de patients France Psoriasis lors de la 16e Journée mondiale du psoriasis, le 29 octobre dernier, en s’appuyant sur un sondage Opinion Way où 83 % des 15-30 ans (83 %) reconnaissaient que les symptômes psoriasiques sont difficiles à assumer et qu’ils seraient eux-mêmes gênés de s’exposer s’ils en étaient atteints. La discrimination persiste : dans une seconde enquête menée par France Psoriasis auprès des patients de 15-30 ans sur le ressenti de la maladie, le psoriasis est un frein au suivi des études pour un tiers et 20 % ralentissent leur activité sportive à cause de la maladie. 67 % souffrent du regard des autres. Une autre étude, présentée elle-aussi lors du 28e Congrès EADV, révélait que plus des trois quarts des patients atteints de psoriasis au stade aigu présentaient des troubles anxieux, contre 19 % de la population en général. « D’où la nécessité de programmes interdisciplinaires pour le diagnostic et le traitement du psoriasis, insistait l’auteur principal, le Dr Vladimir Matiushenko, ainsi que l'inclusion d'interventions psychosociales spécifiques dans le schéma thérapeutique global pour aider à améliorer l'évolution de la maladie et le pronostic à long terme ». Hélène Joubert, d’après un entretien avec Mme Roberte Aubert, présidente de l’association France Psoriasis, à l’occasion du 28e congrès de l’Académie européenne de dermatologie et vénérologie (The European Academy of Dermatology and Venereology, EADV, 9-13 Octobre 2019, Madrid)

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Grippe saisonnière, tout comprendre sur le vaccin en 12 points

  Comme chaque année, le 15 octobre a marqué le top départ de la campagne nationale de vaccination antigrippale. "Cette année encore, la grippe va faire très mal" ; un message de Santé publique France qui se veut tout aussi offensif que la grippe et vise surtout à sensibiliser les personnes vulnérables à l’importance de la vaccination, à peine une sur deux étant vaccinée. 2,5 millions de personnes grippées l’hiver dernier L’épidémie de grippe 2018-2019 a été caractérisée par une importante sévérité, malgré sa courte durée, liée à la co-circulation des virus A(H3N2) et A(H1N1)pdm09  dans un contexte de couverture vaccinale insuffisante et d’efficacité vaccinale variable selon les virus*. Son impact important sur les hospitalisations et la mortalité rappelle la gravité de la maladie et l’intérêt de la prévention, à savoir la vaccination chez les personnes à risque, complétée de mesures barrières afin de limiter la diffusion du virus dans l’entourage des cas.A force de messages de prévention, pour la première fois depuis une dizaine d’années, le taux de vaccination contre la grippe a progressé en France lors de l’hiver dernier. Cependant, moins d’une personne fragile sur deux est vaccinée, estime Santé publique France : 46,8 % des personnes vulnérables ciblées par la vaccination antigrippale l’étaient, ce qui a contribué en partie à la sévérité de l’épidémie 2018-2019. Qui a intérêt à être vacciné contre la grippe ? Les personnes devant être impérativement vaccinées ne sont pas toutes en affection de longue durée (ALD) donc pas toutes concernés par la campagne de vaccination gratuite de l’Assurance maladie. La mortalité due à la grippe saisonnière concerne essentiellement les sujets vulnérables : les personnes âgées de plus de 65 ans et les personnes ayant des facteurs de risques, obèses ou atteintes de certaines maladies chroniques (maladies coronaires, antécédents d’accident vasculaire cérébral, pathologies respiratoires et hépatiques), les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes et les nourrissons de moins de six mois à risque (prématurés, etc.). Ces personnes en particulier ont un risque accru d’infections pulmonaires bactériennes graves (pneumonie), d’aggravation d’une maladie chronique existante (diabète, bronchopneumopathie chronique obstructive- BPCO, insuffisance cardiaque, etc.), d’hospitalisation et de décès. Les professionnels de santé doivent aussi se faire vacciner, surtout pour ne pas contaminer leurs patients fragiles. Quelle est l’efficacité du vaccin ? Chez l’adulte jeune, le vaccin permet d’éviter une grippe sur deux. Et ceux qui sont infectés n’ont qu’une grippe atténuée. Cependant, chez les seniors, le phénomène de vieillissement du système immunitaire (« immunosénescence ») limite l’efficacité vaccinale, notamment vis-à-vis de la mortalité liée au virus grippal. « Au-delà de 65 ans, l’efficacité du vaccin antigrippal est de 20 à 25 % inférieure à celle observée chez les moins de 65 ans, précise le Pr Bruno Lina, virologue et directeur du Laboratoire de Virologie Pathologie Humaine de Lyon. Chez les seniors, elle oscille donc autour de 35-40 %, chutant progressivement avec l’âge. D’où l’intérêt de vacciner contre la grippe les personnes au contact de ces seniors fragiles et en premier lieu les soignants et l’entourage, pour créer une sorte de cocon de protection. »   Quelle est la composition du vaccin ? Chaque année, la composition du vaccin varie en fonction des souches virales susceptibles de circuler pendant l’hiver. Les quatre souches vaccinales de cette années (A/Brisbane/02/2018 (H1N1)pdm09-like virus; A/Kansas/14/2017 (H3N2)-like virus ; B/Colorado/06/2017-like virus ; et B/Phuket/3073/2013-like virus), dont deux souches (A/Brisbane/02/2018 (H1N1)pdm09 et A/Kansas/14/2017 (H3N2) varient par rapport à celles du vaccin de l’an passé. Les virus H3N2 étant faiblement immunogènes avec la dose incluse dans le vaccin, c’est-à-dire qu’ils n’induisent pas une protection très forte laquelle peut être rattrapée par le vaccin dit « à haute dose », non disponible encore en France (probablement l’hiver prochain) mais déjà aux Etats-Unis. Il booste de 25 à 30 % l’efficacité du vaccin chez les seniors. Combien de décès sont évités grâce au vaccin antigrippal ? Au total, selon les autorités de santé, l’hiver dernier, 8 117 décès ont été imputés à la grippe au cours de l’épidémie 2018-2019, dont 84 % sont survenus chez des personnes âgées de 75 ans et plus.Beaucoup auraient pu être évités, toujours selon les autorités officielles en santé, (2 000 à 4 000 décès) si toutes les personnes à risque avaient été vaccinées. Quel est l’intérêt de se faire vacciner tous les ans si la composition du vaccin varie peu ? Une question à laquelle on n’a pas encore de réponse. L’une des hypothèses est la suivante : lorsque les souches varient peu ou pas d’une année sur l’autre, on reste protégé malgré tout. Ceci même si on constate l’absence d’anticorps détectables 18 mois après l’administration du vaccin. Cependant, des études font ressortir au contraire une baisse de la protection en revaccinant, ce qui est incompréhensible. En réalité, cela dépendrait des hivers. En attendant une réponse formelle, mieux vaut se faire vacciner chaque année. Quand se faire vacciner ? Le système immunitaire réagit en quinze jours, il faut donc compter deux semaines pour être protégé. Quel professionnel de santé peut vacciner ? Le médecin traitant, le médecin du travail, les infirmiers, les sages-femmes, les centres de Protection maternelle et infantile pour les enfants et, depuis cet automne 2019, les pharmaciens. Cela concerne pour l’instant les personnes à risque mais l’extension à l’ensemble de la population serait la prochaine étape. Quand faut-il éviter de se faire vacciner ? La vaccination doit être impérativement réalisée en milieu hospitalier en cas d’antécédents de réaction allergique sévère à l’ovalbumine (1 personne sur 1 million) ou à une vaccination antérieure, ce qui expose à un risque de choc anaphylactique. De plus, toute personne doit éviter ce vaccin si elle est allergique à certains antibiotiques (aminosides) et au latex, car le vaccin en contient généralement. Quels sont les effets indésirables du vaccin antigrippal ? Avec les années, la bonne tolérance du vaccin est établie. Une douleur au point d’injection, des symptômes d’allure grippale (fièvre, nausée, douleurs musculaires) peuvent apparaître (un risque sur deux chez les enfants d’avoir un fébricule, ou petite fièvre) et durer jusqu’à deux jours. Au-delà, il faut consulter. « Le syndrome de Guillain-Barré (SGB) ou polyradiculonévrite aiguë inflammatoire, est une maladie auto-immune qui provoque une atteinte des nerfs périphériques et une paralysie, explique le Pr Bruno Lina. Le vaccin peut le provoquer, mais la grippe elle-même peut être à l’origine d’un SGB. Il y a beaucoup plus de cas de SGB liés à la grippe que liés au vaccin. » Si je n’entre pas dans la catégorie des personnes à risque, mon vaccin peut-il être remboursé ? Si vous faites partie des personnes à risque, votre caisse d'Assurance maladie vous envoie une invitation et un bon de prise en charge gratuite. Si vous avez été oublié, parlez-en à votre médecin, à votre sage-femme (pour les femmes enceintes et l’entourage du nourrisson) ou à votre pharmacien, qui vous délivreront un bon de prise en charge.En revanche, les personnes ne faisant pas partie des populations à risque ne seront pas remboursées par l’Assurance maladie (coût de 10,80 euros), mais éventuellement par leur mutuelle. Faut-il débuter dès 65 ans ? L’âge de la première vaccination a toute son importance : l’idée est de vacciner tôt, avant que le système immunitaire ne soit trop peu réactif et que l’efficacité du vaccin s’en trouve encore plus amoindrie. « Le fait de restimuler chaque année à partir d’une réponse vaccinale correcte induirait la production d’anticorps à haute affinité et à haute capacité en mesure de mieux protéger des complications infectieuses », ajoute le Pr Lina. Cette hypothèse immunologique élaborée à partir d’études chez l’animal soutient l’actuelle stratégie de revaccination. Bientôt la vaccination chez tous les enfants ? Les pays qui ont lancé des programmes de vaccination chez les enfants (Finlande, Grande-Bretagne, pays d’Amérique du Nord, etc.) ont diminué de façon considérable le nombres de cas de grippe chez les plus de 65 ans et la mortalité qui lui est liée ainsi que la taille des épidémies. Les épidémies de grippe débutent toutes avec les cas pédiatriques avant de se diffuser à l’ensemble de la population. Car les enfants sont un réservoir du virus parmi les plus importants et ils sont encore plus contagieux que les adultes. Les vacciner, c’est en quelque sorte prendre le mal à la racine. Une délicate décision de santé publique pour une vaccination altruiste. A noter : Les mesures de prévention primaire (toilette des mains, port d’un masque), sont aussi importantes que la vaccination notamment pour les personnes en contact avec des sujets à risque.* 21 octobre 2019 | BEH 28Hélène Joubert, journaliste, avec le Pr Bruno Lina, virologue et directeur du Laboratoire de Virologie Pathologie Humaine de Lyon.

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Tout ce qu’il faut savoir sur le don du vivant

  Le don d’organes de son vivant concerne essentiellement le rein. Il est en effet possible de vivre bien avec un seul rein. La pratique du don de rein de son vivant, peu connue, est très encadrée. Toute personne majeure vivante, volontaire et en bonne santé peut donner un rein, dans les conditions définies par la loi de bioéthique. Explications. La greffe de rein, le traitement de choix de l’insuffisance rénale chronique Les personnes souffrant d’une insuffisance rénale terminale n’ont pas d’autre solution que la dialyse, un traitement lourd. Les techniques d’épuration extra-rénales, plus communément appelées dialyse, pallient le mauvais fonctionnement des reins en éliminant de l’organisme les déchets (urée, créatinine, acide urique, toxines liées à une protéine...) et l’excès d’eau.Elles permettent d’épurer le sang en cas d’insuffisance rénale chronique terminale (de stade 5), c’est-à-dire lorsque le rein fonctionne à moins de 15 % de ses capacités. Le nombre de greffes rénales augmente, année après année En 2017, 3 615 greffes rénales ont été réalisées en France, dont 17 %, soit 611, à partir d’un donneur vivant. Ce taux reste encore très inférieur à ceux d’autres pays : la greffe de donneurs vivants représente 24% de l’ensemble des transplantations rénales en Autriche, 31 % au Royaume-Uni, 32% en Suède, ou encore 57 % aux Pays-Bas.Mais il ne faut pas idéaliser la transplantation rénale. Si elle permet le retour à la vie sociale età une condition physique normale ou quasi normale, c’est au prix d’un traitement médicamenteux lourd, à vie. Quoi qu’il en soit, la greffe de rein est le seul traitement qui permet de guérir définitivement l’insuffisance rénale. Or, il faut souvent attendre plusieurs années avant de pouvoir être greffé d’un rein provenant d’un donneur décédé. Le recours à un donneur vivant permet de raccourcir cette période de dialyse, voire de l’éviter. Les bons résultats de la greffe rénale à partir de donneur vivant Les risques pris par le donneur sont très faibles, tandis que pour le receveur, les avantages du don du vivant sont considérables, puisque ce sont les greffes qui fonctionnent le mieux et le plus longtemps : environ 75 % des greffons prélevés sur donneur vivant sont encore fonctionnels dix ans après la greffe. Lorsque le donneur est un frère ou une sœur parfaitement compatible (une chance sur quatre), cette excellente compatibilité permet d’alléger le traitement anti-rejet et d’améliorer encore plus les résultats à très long terme. Une quinzaine de greffes de lobe de foie par an Les transplantations à partir d'un donneur vivant sont presque exclusivement des transplantations rénales. Avec seulement une quinzaine de transplantations par an en France, le don d'un lobe de foie (hépatique) est néanmoins une possibilité. La greffe est préconisée en cas de cancer du foie, localisé à cet organe. Le foie étant un organe capable de régénération rapide, la masse hépatique totale du donneur se reconstitue en l’espace de deux mois.Les chirurgiens prélèvent un bout de foie du donneur le plus petit possible, qui représente environ un tiers de l'organe, afin de réduire le risque de complications. Dans le cas du cancer du foie, la greffe change totalement le pronostic vital des patients. Avant opération, l'espérance de vie est d'environ deux ans alors qu'avec la greffe, le taux de survie est de 80 % à cinq voire dix ans. Qui peut donner un rein ? La loi de bioéthique du 7 juillet 2011 a élargi le cercle des donneurs vivants d’organes qui peuvent être : le père ou la mère et, par dérogation, un fils ou une fille, un frère ou une sœur de la personne en attente de greffe (le receveur), mais aussi son conjoint, ses grands-parents, oncles ou tantes, cousins germains et cousines germaines ainsi que le conjoint du père et de la mère. De plus, toute personne étant en mesure de prouver une vie commune ou un lien affectif et stable de deux ans au minimum avec le receveur peut lui donner un rein. Quelles sont les conditions pour donner un rein ? Le candidat au don fait l’objet d’un bilan médical complet comportant des examens cliniques, radiologiques et biologiques. Les médecins s’assurent qu’il n’est pas porteur de certaines maladies transmissibles et qu’il est apte à subir une intervention chirurgicale. La règle fondamentale de la sélection des donneurs vivants potentiels est la recherche de la meilleure compatibilité possible entre un donneur et un receveur de rein. A cette fin, l'équipe médicale va s'assurer de la compatibilité des groupes sanguins ABO entre les deux personnes. Le risque pour un couple donneur-receveur non apparentés (époux, amis) d’être incompatible au niveau du groupe sanguin est estimé autour de 36 %. La compatibilité HLA va également être examinée au moyen de tests immunologiques. Le système HLA (« human leukocyte antigen » en anglais) correspond à la carte d'identité génétique de chaque individu. Les antigènes des leucocytes (globules blancs) humains sont des molécules à la surface des cellules qui permettent l'identification par le système immunitaire.En effet, le receveur ne doit pas produire d'anticorps dirigé contre le rein du candidat au don. Si l’existence d’une bonne compatibilité, voire d’une « identité » HLA, comme elle peut exister entre frère et sœur, est un avantage incontestable, la réaction de rejet contre le rein greffé est de mieux en mieux maîtrisée par les traitements médicamenteux dits anti-rejets ou immunosuppresseurs. Qu’est-ce que le don croisé ? Une solution est prévue par la loi lorsque le proche qui souhaite donner n’est pas compatible avec le patient : le don croisé. Le receveur (receveur 1) bénéficie du don d’une autre personne (donneur 2) également en situation d’incompatibilité avec son receveur (receveur 2) qui, lui, bénéficie du don du premier donneur (donneur 1). Les deux opérations chirurgicales sont alors engagées simultanément, tout en respectant l’anonymat entre les deux paires. Grâce au don croisé, le nombre de donneurs potentiel augmente. L’enjeu est de taille : en 2018, 5 269 malades étaient nouvellement inscrits sur une liste d’attente d’une greffe de rein et seuls 3 567 ont été greffés. Le don en pratique Trois étapes incontournables attendent le donneur, à commencer par son information par l'équipe médico-chirurgicale à propos des risques et des conséquences éventuelles du prélèvement de rein. Ensuite, il devra exprimer son consentement devant le président du tribunal de grande instance ou le magistrat désigné par celui-ci pour s'assurer que le consentement est libre et éclairé. Enfin, il sera convoqué par le « Comité donneur vivant », lequel autorisera ou non le prélèvement après s’être assuré que le donneur a pris la mesure des enjeux et des risques potentiels de son don. A noter : à tout moment le donneur peut revenir sur sa décision. Toute forme de pression psychologique ou financière est interdite par la loi. Pour en savoir plus : -Agence de la biomédecine : https://www.agence-biomedecine.fr-Réseau RENALOO : http://www.renaloo.com/infos-sante2/la-greffe-a-partir-d-un-donneur-vivantHélène Joubert

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Les nouvelles règles du congé maternité des indépendantes

Le congé maternité des travailleuses indépendantes a évolué en 2019. Premières concernées, les femmes travaillant sous le régime de l’auto-entreprise, les artisanes, les commerçantes, les travailleuses libérales. Certaines catégories de travailleuses indépendantes (professions médicales, avocates libérales collaboratrices en cabinet, etc.) bénéficiaient déjà de cette durée alignée sur celle des salariées. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019 avait instauré l’allongement du congé maternité pour les travailleuses indépendantes. Attendu, le décret d’application l’a enfin rendu effectif le 29 mai 2019. Désormais, la durée maximum indemnisée est fixée à 112 jours (soit 16 semaines) au lieu de 74 jours, soit 38 jours supplémentaires. Il s’agit d’une mise en conformité avec les préconisations de l’Organisation internationale du Travail (OIT) d’un congé maternité de 18 semaines, avec un minimum de 14 semaines. En ce qui concerne la durée minimale du congé maternité, le décret stipule que celle-ci est de huit semaines, soit deux semaines avant la naissance et six semaines après, ce qui a été considéré comme une réelle liberté pour les travailleuses indépendantes de reprendre le travail après ce délai. Cas particulier, en cas de naissances multiples, le congé maternité nouvelle version commence 12 semaines avant la date présumée de l'accouchement et se termine 22 semaines après la date de l'accouchement. Mieux s’adapter à la réalité de l’activité indépendante L’allocation forfaitaire est versée à condition de cesser toute activité professionnelle au moins 15 jours avant la naissance et 42 jours après l’accouchement. Néanmoins, dans le but de s’adapter aux réalités de la vie des entrepreneuses, il est prévu de les autoriser, sous réserve des résultats d’une expérimentation, à cumuler congé et emploi, de manière réduite, afin de faciliter une reprise progressive. Il est en effet difficilement envisageable pour ces travailleuses indépendantes de stopper toute activité pendant 16 semaines, au risque de perdre tout ou partie de leur clientèle et, de ce fait, d'accuser une baisse de revenus. Une expérimentation de reprise d’activité à temps partiel sera menée à partir du 1er janvier 2020 pour une durée de 3 ans (un jour par semaine pendant les 4 semaines suivant la période d’interruption minimale d’activité de 8 semaines, puis 2 jours par semaine pendant les 4 semaines suivantes). Quelles indemnités ? Enfin, le texte fixe les modalités de calcul des indemnités journalières (IJ), indemnités qui compensent l’arrêt de l’activité au long du congé maternité. D’une part, il n’est plus nécessaire d’être à jour de ses cotisations annuelles pour les percevoir. D’autre part, leur calcul prend en compte la moyenne des revenus sur les trois dernières années (ceci devrait être modifié dès le 1er janvier 2020). Mais leur mode de calcul est différent de celui des salariées. Les travailleuses non salariées peuvent percevoir une indemnité journalière forfaitaire d'interruption d'activité ainsi qu’une allocation forfaitaire de repos maternel. La travailleuse indépendante doit seulement justifier d'une affiliation minimum de dix mois à la Sécurité sociale des indépendants à la date présumée de l'accouchement. Celles dont le montant moyen annuel des revenus d’activité des trois dernières années est supérieur à 3 919,20 €, reçoivent de leur régime de Sécurité sociale une indemnité journalière de 55,51 € par jour en 2019. Les indemnités journalières en cas de congé maternité seront versées pour un minimum de 56 jours et un maximum de 16 semaines soit 112 jours (142 jours seulement en cas grossesse ou d’état pathologique et 238 jours en cas de jumeaux.) En plus de l’indemnité journalière, une travailleuse non salariée prenant un congé maternité peut percevoir l’allocation forfaitaire de repos maternel pour compenser la diminution d'activité. La première moitié de l’allocation forfaitaire de repos maternel est versée à la fin du 7e mois de grossesse, la deuxième moitié après l'accouchement (3 377 € en 2019, en deux fois). Hélène Joubert Référence : Décret n° 2019-529 du 27 mai 2019 relatif à l'amélioration de la protection sociale au titre de la maladie et de la maternité des travailleurs indépendants/JORF n°0124 du 29 mai 2019 texte n° 8 https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=D8395D666641D1B3297025CF19687F36.tplgfr37s_2?cidTexte=JORFTEXT000038514527&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038514414

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Cancer du col de l’utérus : la prévention passe la vitesse supérieure

 La prévention du cancer du col cervico-utérin change de braquet. Alors que depuis le début de l’année 2019, le dépistage organisé se met en place en France, la Haute Autorité de santé (HAS) vient de rendre son avis en faveur de l’utilisation d’un nouveau test plus efficace que le classique frottis cervico-utérin. Ces mesures sont complémentaires d'une stratégie de prévention au moyen de la vaccination contre les virus HPV, proposée aux jeunes filles dès 11 ans.Repérer toute lésion suspecte avant qu’elle ne se transforme en cancerLe cancer du col de l’utérus est une maladie évitable dans 9 cas sur 10. On sait le dépister et pourtant, on dénombre encore 3 000 nouveaux cancers et 1 100 décès par an en France. En cause, l'infection génitale à certains virus, les papillomavirus humains (HPV), dont les plus redoutables sont les HPV 18 et 16. Dans 90% des cas, le virus disparaît spontanément en un an. Mais comme c’est un as du camouflage, il peut aussi rester endormi dans les cellules de l’organisme. Lors d’une contamination ou lorsqu’il se réactive, il provoque tout d’abord des lésions précancéreuses, passant souvent inaperçues alors même qu’elles risquent de dégénérer en cancer. D’où l’intérêt d’un dépistage précoce, grâce à un frottis "cervico-utérin" qui consiste à prélever des cellules au niveau du col de l’utérus afin de repérer celles en voie de cancérisation.Grâce à l’emploi de ce test, le nombre de cancers a été divisé par deux. « Le dépistage permet de repérer le plus tôt possible d’éventuelles lésions précancéreuses (35 000 par an), explique Stéphanie Barré, responsable du programme de dépistage du cancer de l’utérus à l’Institut national du cancer (INCa), de les surveiller ou de les soigner selon les cas et ainsi, de prévenir l’apparition d’un cancer. Si un cancer est détecté, les soins seront souvent moins lourds et préserveront davantage le devenir obstétrical de la femme. Le pronostic sera aussi meilleur en cas de tumeur traitée à un stade le plus précoce possible ». En pratique, le frottis est recommandé tous les 3 ans chez toutes les femmes âgées de 25 ans à 65 ans (après 2 frottis normaux à 1 an d’intervalle). 30 à 50% des femmes ne se font pas dépister Et pourtant, le cancer du col utérin est l’un des seuls cancers dont le taux de survie diminue ! En effet, trop de femmes boudent le dépistage : 48 % des 50-65 ans ne réalisent pas de frottis et 33 à 35 % des plus jeunes. Les femmes après 50 ans sont celles qui se font le moins dépister. Ce sont pourtant celles dont le risque de cancer est le plus élevé (âge moyen du diagnostic : 51 ans, âge de décès moyen : 64 ans). En effet, le suivi contraceptif et donc gynécologique n’est plus aussi régulier et d’autres maladies chroniques ont tendance à capter l’attention des médecins. Pour y remédier, le 3e plan cancer 2014-2019 a imposé le dépistage organisé. Celui-ci est en train d’être en place progressivement depuis le début de l’année 2019, afin d’offrir aux femmes un accès à un dépistage régulier. Celles qui n’ont pas réalisé de frottis depuis plus de trois ans recevront une invitation par courrier à leur domicile, qui leur permettra de bénéficier d’une prise en charge de l’examen à 100%. Celui-ci pourra être pratiqué par les médecins généralistes, les gynécologues, les sages-femmes et d'autres professionnels de santé (laboratoires de biologie médicale, infirmières). L’enjeu est important : si 80% des femmes se font dépister, la survenue et la mortalité par cancer du col baisseront de 30 % en dix ans. Le test HPV chez les femmes de plus de 30 ansSi le frottis est efficace, un autre test l’est encore plus et pourrait bientôt le détrôner comme aux Pays-Bas ou en Italie : le test HPV vaginal. Celui-ci détecte l’ADN du virus HPV. La HAS vient de proposer aux pouvoirs publics que ce test HPV se substitue en 1ère intention à l'examen cytologique chez les femmes de plus de 30 ans*. Si le test HPV revient positif, un frottis cervico-utérin sera réalisé en triage et, si celui-ci s’avère également positif, une colposcopie sera réalisée. Si le frottis revient négatif, la femme devra se soumettre à un contrôle HPV, un an après. En revanche, pour les moins de 30 ans, le frottis demeure l'examen de référence en dépistage primaire, les infections HPV transitoires étant très fréquentes à cet âge.L’autre intérêt de ce nouveau test HPV est qu’il pourrait être utilisé en auto-prélèvement à domicile, pour les femmes qui refusent d’être examinées ou qui sont éloignées du système de soins. Hélène Joubert, journaliste. Merci à Stéphanie Barré, responsable du programme de dépistage du cancer de l’utérus à l’Institut national du cancer (INCa).*https://www.has-sante.fr/jcms/c_2806160/fr/evaluation-de-la-recherche-des-papillomavirus-humains-hpv-en-depistage-primaire-des-lesions-precancereuses-et-cancereuses-du-col-de-l-uterus-et-de-la-place-du-double-immuno-marquage-p16/ki67

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Chûtes chez les personnes âgées, les conseils fondamentaux

  Gros plan sur cet incident domestique que sont les chutes, première cause de décès accidentel chez les plus de 65 ans. On l’ignore bien souvent mais elles sont à l’origine de 12 000 décès par an. Comment les prévenir et les détecter en amont ? Populations vulnérables et sensibles Dans la population des seniors, le tiers tomberait au moins une fois dans l’année et même la moitié des plus de 85 ans. Une chute sur deux a lieu à domicile, lors d’activités quotidiennes.Et, dans un cas sur douze, la chute engendre une fracture, au pronostic défavorable. En effet, la fracture supérieure du fémur par exemple (une fracture sur trois suite à une chute) est responsable d’une mortalité élevée dans les mois qui suivent. Vigilance avec les médicaments psychotropes On parle de chute quand la hauteur du corps passe d’une position initiale à une position inférieure, même si ça n’est « que » tomber sur un fauteuil, par exemple. Trois facteurs souvent intriqués y contribuent : l’état de santé de la personne chuteuse, l’action impliquée dans la chute et l’environnement. Si les seniors sont plus sujets aux chutes, c’est notamment parce que leurs capacités posturo-locomotrices s’altèrent avec l’avancée en âge (marche ralentie, souplesse et équilibre perturbés). Mais l’âge n’est pas le seul responsable et la dénutrition y contribue souvent. Elle est retrouvée chez 4 à 10 % des personnes âgées vivant à domicile et 15 à 38 % des personnes institutionnalisées *. Les maladies chroniques jouent aussi un rôle prépondérant, comme les maladies neurologiques (maladies d’Alzheimer ou de Parkinson, etc.), la sarcopénie ou fonte musculaire, celles altérant la mémoire (cognitives) et la vue (cataracte, presbytie, dégénérescence maculaire liée à l’âge, baisse de l’acuité visuelle), ainsi que l’arthrose du genou ou encore la dépression.Les médicaments sont les facteurs précipitant les chutes, au premier rang desquels les psychotropes (hypnotiques, anxiolytiques, antidépresseurs, neuroleptiques...) suivis des médicaments diurétiques, antihypertenseurs, ceux prescrits pour réguler les troubles du rythme et ceux donnés en cas de diabète (hypoglycémiants).Enfin, certaines pathologies aiguës (grippe, déshydratation lors des grosses chaleurs…) ou même les addictions, telle la prise d’alcool y compris à faible dose, peuvent favoriser les chutes.Il ne faut pas négliger non plus la prise de risque inconsidérée (comme le fait de monter sur un escabeau…) ou un environnement inadapté (éclairage, chaussage). La chute, facteur de perte d’autonomie Aucune chute n’est à prendre à la légère. 40% des personnes hospitalisées après une chute ne peuvent plus retourner vivre chez elles. De plus, suite à une chute, la personne âgée ressent une appréhension bien légitime. Si l’on n’y prend pas garde, elle aura alors tendance à s’isoler, et de ce fait, à moins marcher et à réduire ses activités, ce qui accélère la perte musculaire et réduit progressivement son espace de vie, sa vie sociale et sa qualité de vie. C’est un cercle vicieux car cela augmente son risque de chute, sa perte d’autonomie et son risque d’entrée en institution. Ce syndrome « post chute » et le risque de dépression sont au premier plan. D’où la nécessité de redonner à la personne chuteuse confiance en elle. Dépister le risque de chute Chez les seniors, après une chute, le risque de tomber à nouveau dans la même année est multiplié par vingt.C’est pourquoi, repérer les chuteurs à risque est essentiel. Or, seules 10 % des chutes seraient signalées à un médecin**. En pratique, celui-ci peut poser une simple question (« Etes-vous tombé cette année et si oui, combien de fois ? »), et proposer un test chez toute personne de plus de 60 ans. Le tout ne prend pas plus d’une minute. Le « Timed Up & Go test » est un test chronométré qui consiste à se lever d’une chaise, parcourir trois mètres et revenir s’asseoir. Il existe un déficit de mobilité au-delà de 20 secondes. Les 4 conseils clé pour éviter les chutes   Adapter son logement à son degré de perte d’autonomie favorise le maintien à domicile : limiter les tapis, éclairer suffisamment les pièces, désencombrer les lieux de passage, installer une douche au lieu d’une baignoire et poser un revêtement antidérapant, installer un rehausseur de toilette de 10 à 15 cm, porter des chaussures avec un maintien du pied et du talon avec un talon de 3 cm et une semelle fine (ferme et antidérapante), placer les objets du quotidien à portée de main, fixer des rampes de maintien, s’aider d’une canne ou d’un déambulateur… Il existe de nombreuses aides permettant d'aménager l'habitat (Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat, mutuelles, assurances, Fédération SOLIHA - Solidaires pour l'habitat, Fédération nationale d'Habitat et développement, Aide personnalisée à l'autonomie des conseils généraux, Caisse nationale d'assurance vieillesse, etc.) Pratiquer une activité physique quotidienne (faire ses courses à pied, instaurer un rituel de promenade…) permet d’entretenir les muscles, des jambes notamment, et ainsi de diminuer le risque d’une chute. Chez les seniors fragiles qui sont déjà tombés, renforcer les muscles et travailler l'équilibre diminue le risque de chutes de 36%***. Bien s’alimenter pour ne pas perdre de muscle : maintenir des apports alimentaires suffisants (1 800 kcal pour une femme et 2 000 kcal pour un homme). Les apports en protéines chez les seniors doivent être bien supérieurs à ceux des adultes plus jeunes, souligne le Pr Yves Boirie, responsable de l’équipe de recherche « Alimentation et santé musculo-squelettique » (UMR 1019 INRA/Université Clermont Auvergne). A l’exception des malades rénaux sévères, les seniors ont besoin de plus de protéines, d’où un apport moyen compris entre 1 et 1,2 g/kg par jour et même 1,5 g/kg par jour en cas de maladie chronique et 2 g/kg par jour en cas de dénutrition. Etre vigilant avec ses ordonnances et particulièrement avec les psychotropes. Hélène Joubert, journaliste. D’après une interview du Pr Yves Boirie (UMR 1019 INRA/Université Clermont Auvergne).Source : Société française de gériatrie et de gérontologie : www.sfgg.org* https://www.has-sante.fr/jcms/c_546549/fr/strategie-de-prise-en-charge-en-cas-de-denutrition-proteino-energetique-chez-la-personne-agee**https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2013-04/referentiel_concernant_levaluation_du_risque_de_chutes_chez_le_sujet_age_autonome_et_sa_prevention.pdf*** JAMA. 2019;321(21):2092-2100. doi:10.1001/jama.2019.5795https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2735075

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Pics de pollution : comment se protéger ?

  À tout moment de l’année, des pics de pollution atmosphérique surviennent en France. Cette mauvaise qualité de l’air peut avoir des conséquences néfastes sur la santé des habitants. Pour les éviter au maximum, quelques méthodes existent. Les particules de taille inférieure à 10 micromètres (PM10), l’ozone (O3), le dioxyde de carbone (NO2) et le dioxyde de souffre (SO2) sont les quatre polluants atmosphériques en cause lors des pics de pollution. En fonction de leurs concentrations dans l’air, les spécialistes parlent de deux situations : le seuil d’information et de recommandation – où une exposition de courte durée présente un risque pour la santé des personnes particulièrement sensibles – et le seuil d’alerte définis par la réglementation nationale, où une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de l'ensemble de la population et/ou menace de dégrader l'environnement. Dans ces deux cas, quand ces seuils sont dépassés ou en passe d’être dépassés, on parle de pics de pollution. Les causes sont multiples : émissions polluantes accrues, formation de polluants secondaires, conditions météorologiques qui favorisent l’accumulation de polluants. Populations vulnérables et sensibles Les habitants ne sont pas égaux face à ces épisodes de pics de pollution de l’air. Les femmes enceintes, les nourrissons, les enfants, les personnes de plus de 65 ans, les citadins souffrant de pathologies cardiovasculaires, ceux atteints d’insuffisance cardiaque ou respiratoire ainsi que les asthmatiques sont dans la catégorie des populations vulnérables. Un deuxième groupe désigne les personnes sensibles. Il s’agit des habitants se reconnaissant sensibles pendant ces pics de pollution et ceux dont les symptômes apparaissent ou sont amplifiés pendant ces périodes. Pour les personnes vulnérables et sensibles, le ministère en charge de la Santé préconise de privilégier les sorties courtes - sollicitant le moins d’efforts possibles - aux périodes les moins polluées de la journée (soir ou matin), d’éviter les activités physiques en extérieur et en intérieur. Evidemment, en cas de gêne respiratoire inhabituelle, ces personnes doivent immédiatement consulter un médecin. Le reste de la population souffre moins durant ces pics de pollution mais, ces conseils restent applicables et d’autres habitudes permettent de limiter l’impact de la mauvaise qualité de l’air sur la santé à long terme. Pas de climatisation ni de chauffage en voiture En cas de pics de pollution, il est recommandé d’aérer son appartement ou sa maison, de préférence aux heures de la journée les moins polluées. Cela permet de réduire la pollution intérieure et de renouveler l’air ambiant. Pour les déplacements en ville, il faut éviter au maximum les grands axes routiers et préférer le vélo ou les déplacements à pied aux transports en commun et à la voiture. Dans ces deux derniers moyens de transport, les chercheurs ont observé une forte concentration de polluants atmosphériques en cas de pics de pollution. Si vous êtes obligés de prendre la voiture, adoptez une conduite apaisée, en coupant le moteur à l’arrêt, ouvrez les fenêtres et n’utilisez pas le chauffage ni la climatisation… Bien souvent les prises d’air des systèmes d’aération sont aux mêmes niveaux que les pots d’échappement. Léa Casian

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Nutrition infantile : Les générations se suivent et ne se ressemblent pas…

  Les décennies passant, les enfants consomment moins de lait, de produits carnés, de fruits et de légumes. Dans le même temps, le végétalisme fait une percée. Les habitudes alimentaires des enfants, adolescents et même des nourrissons évoluent. Pour le meilleur ou pour le pire ? Les nouvelles tendances en nutrition infantile « En dix ans, la consommation alimentaire des 0-18 ans a perdu en diversité* », résume Pascale Hébel, qui dirige les études trisannuelles du CREDOC sur les Comportements et Consommations Alimentaires en France. « Ils consomment notamment moins de viandes de boucherie, de produits laitiers et semblent bouder les légumes ». Selon une autre enquête du CREDOC parue en 2016, on n'a jamais eu aussi peu de grands consommateurs de fruits et légumes, que ce soit chez les enfants (3 -17 ans) ou les adultes. Chez les plus jeunes, seulement 6 % consomment plus de cinq portions de fruits et légumes par jour. Dans le même temps, la part des très petits consommateurs (moins de deux portions par jour) est passée de 32 % en 2010 à 45 % en 2016. Les nouvelles générations délaissent la viande et le lait Une tendance à la diminution de la consommation de produits carnés chez l’adolescent ressort également (-19% chez les 6-10 ans entre 2007 et 2016, dans une étude parue en avril 2019)* alors que dans le même temps, la part des quiches et pizzas grimpe en flèche (+38%). Or, les publications scientifiques sont nombreuses, soulignant le caractère délétère d’une consommation trop faible de produits carnés chez l’adolescent, principalement du fait d’un risque d’apports insuffisants en fer, ce qui est d’ailleurs constaté chez la moitié des enfants tous âges confondus, en particulier chez les plus jeunes. C’est un réel souci qui avait motivé les dernières recommandations sur les apports en fer par la Société française de pédiatrie (SFP) en 2017. En Europe, 7 à 18% des jeunes enfants après 1 an et 24 à 36% des adolescents sont en carence martiale, raison pour laquelle tous les enfants en allaitement maternel exclusif ou mixte après l’âge de 6 mois doivent être supplémentés en fer. Dès l’arrêt du lait de croissance et jusqu’à l’âge de 18 ans, la consommation d’un produit carné lors d’au moins deux repas quotidiens est nécessaire pour assurer les besoins en fer **.  La consommation de lait a aussi diminué de 21% en 13 ans, à cause notamment du recul de la prise quotidienne du petit déjeuner chez l’enfant et l’adolescent. De fait, alors que les apports en calcium des 0-3 ans restent satisfaisants, chez les plus âgés le nombre d’enfants en dessous du besoin nutritionnel moyen (BNM) en calcium est, lui, en augmentation. Celui-ci s’est envolé, sur 6 ans, de 4% à 20% chez les 3 à 5 ans et de 20% à 37% chez les 6-8 ans. Des apports croissants en sucre Cette année, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS) a édicté de nouveaux repères alimentaires en particulier chez l’enfant où progresse, selon l’institution, un comportement inquiétant. Il s’agit pour les 4-17 ans de la consommation croissante de sucre, sous toutes ses formes. 75 % des 4-7 ans, 60 % des 8-12 ans et 25 % des 13-17 ans consomment du sucre en excès (sucres totaux hors galactose et lactose). En conséquence, l’institution préconise de limiter les boissons sucrées (sodas, jus de fruits compris), et les pâtisseries, biscuits et gâteaux, céréales, bonbons, « trop fréquents en particulier au goûter ». Le Pr Patrick Tounian, chef du service de nutrition et gastro-entérologie pédiatriques de l’hôpital Trousseau (Paris) relativise : « On ne s’habitue pas à manger sucré mais on s’habitue à consommer un type d’aliment sucré. Attention, je n’ai pas dit qu’il fallait donner du sucre sans limites aux enfants quel que soit l’âge, mais de manière raisonnable. Le sucre en soi n’est pas délétère, ce qui l’est en revanche est que si l’on consomme trop de plats sucrés, on risque de le faire au détriment d’autres aliments importants (végétaux, produits laitiers et carnés). ». De nouveaux risques de déficits nutritionnels Le nombre de végétaliens a progressé de 350% dans le monde au cours de la dernière décennie***. Néanmoins, ce chiffre ne dépasse pas 3% en France, l’enjeu reste donc modeste. Pour autant, en 2017, l’Association européenne de pédiatrie a confirmé les risques de carences liées à une alimentation végétalienne chez l’enfant, en vitamine A, B2, B12, D, fer, zinc, calcium, DHA, et spécifiquement en protéines chez le nourrisson. Une étude de 2018 sur le végétalisme chez le nourrisson, conduite par le Dr Julie Lemale et le Pr Tounian, a mis en lumière les conséquences dramatiques d’une alimentation végétalienne : fractures, convulsions, séquelles neurologiques, anémies sévères, régression psychomotrice, alcalose avec troubles respiratoires et déficit calcique osseux difficilement rattrapable. Ce risque de carences nutritionnelles a conduit les experts français à recommander une supplémentation systématique de 2-3 mg/kg/j de fer métal (après dosage de la ferritininémie), un apport en calcium compris entre 500 et 1000 mg/j (selon l’âge et les autres apports), 250 g tous les 10 jours de vitamine B12, 100 000 UI de vitamine D tous les 3 mois et de l’acide docosahexaénoïque (DHA-acide gras semi-essentiel utile au fonctionnement cérébral) à raison d’1g/j (500 mg EPH et DHA). En revanche, précise Patrick Tounian, « il n’y a pas de carence protéique, contrairement à ce que l’on peut lire et entendre un peu partout, sauf chez les nourrissons nourris exclusivement aux jus végétaux ».Hélène Joubert, journaliste. Merci au Pr Patrick Tounian, chef du service de nutrition et gastro-entérologie pédiatriques de l’hôpital Trousseau (Paris).Références : * CREDOC N° 304 • ISSN 0295-9976 • avril 2019**Archives de Pédiatrie 2017;24:5S23-5S31 mai 2017*** Pietro Ferrara et al, Caring for Infants and Children Following Alternative Dietary Patterns. http://dx.doi.org10.1016/j.jpeds.2017.04.053

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Sommeil : adoptez les bonnes habitudes !

L’automne est là. Les vacances sont déjà loin et la baisse de luminosité, le passage à l’heure d’hiver et la chute des températures n’arrangent rien. Pour affronter cette période, être en forme est indispensable. Or, qui dit "forme", dit "sommeil réparateur". Il est temps de resynchroniser son horloge interne et donc son sommeil. Tirer les enseignements de son sommeil de vacances Loin du stress et du quotidien, les vacances estivales permettent de récupérer la carence de sommeil accumulée pendant l’année. Mais toutes vacances comme, par exemple, une coupure à la Toussaint, permettent de récupérer du point de vue du stress, ce qui est important pour le sommeil. Par ailleurs, connaître son sommeil est un prérequis pour mieux dormir. A cette fin, il faut être attentif à son rythme biologique personnel, notamment à l’occasion de vacances prolongées. « On est alors plus proche de son rythme biologique personnel, révèle le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre et neurobiologiste (Paris). C’est l’opportunité de découvrir la durée de sommeil dont on a réellement besoin, ainsi que sa typologie de sommeil, qui peut être soit "du matin", soit "du soir". En effet, en conditions de vacances, l’absence de stress fait que l’on dort généralement plus longtemps, aux alentours d’une heure et demie. Par exemple, 10h30 de sommeil en moyenne en vacances équivalent à au moins 9h de sommeil nécessaire en conditions de travail ». En ce qui concerne la typologie de sommeil, il faut observer le rythme que l’on adopte après deux semaines de vacances, une fois reposé et relaxé. Si l’on continue de se lever à 8 heures, c’est la démonstration qu’on est bien "du matin". En revanche, si on décale ses horaires de sommeil en se levant tard et se couchant tard, on sera plutôt "du soir". Dans ce dernier cas de figure, le rythme circadien (rythme veille/sommeil) est contrarié par les horaires de travail classiques. D’où l’intérêt d’envisager -si possible- des aménagements horaires. Bien souvent, décaler de 30 minutes seulement son arrivée au travail suffit. Être "du soir" signifie que malgré l’heure tardive du coucher, le sommeil sera meilleur car plus profond et donc plus réparateur. « C’est pourquoi un "couche-tard" ne devra pas chercher à se coucher avant 11h30-minuit, au risque de problème d’endormissement ou de sommeil trop léger », avertit la spécialiste des troubles du sommeil. Une resynchronisation sans plus tarder L’important est de se lever à heures fixes, y compris le week-end. Le respect d’horaires réguliers de coucher et de lever est la clé d’une resynchronisation optimale. Idéalement, ce devait être anticipé huit jours avant la fin de vacances prolongées (ou deux-trois jours lors de petites vacances), en programmant le réveil plus tôt de façon progressive. Pour ne pas céder à la tentation des grasses matinées le week-end, s’aménager de courtes siestes l’après-midi de 20 à 30 minutes peut aider. Le Dr Royant-Parola est formelle : « lorsque l’on est en déphasage de rythme circadien comme au retour des vacances, en cas de carence de sommeil ou de jet lag (syndrome du décalage horaire ou « arythmie circadienne »), etc. il vaut mieux récupérer le temps de sommeil sur un temps de sieste qu’en se levant tard ». S’il est possible de se ménager un quart d’heure de sieste même au travail, c’est l’idéal. On craint souvent de ne trouver le sommeil que plus tardivement le soir à cause d’une sieste en milieu de journée. En réalité, ceci est uniquement vrai pour de longues siestes. S’exposer à la lumière le matin Le matin, se rendre à son travail en vélo, à pied ou parcourir l’équivalent de deux stations de métro à pied est une astuce pour recadrer son sommeil ; l’important étant de pratiquer une activité en extérieur le matin car l’exposition à la lumière au réveil facilite le recadrage du rythme circadien. La lumière, le jour, est le facteur essentiel de synchronisation de l’horloge interne. Celle-ci est un petit noyau consitué de neurones, de la taille d’une tête d’épingle situé dans une région cérébrale appelée hypothalamus. Elle régule le rythme veille/sommeil. Lorsque l’horloge reçoit le message transmis par la lumière en journée, l’organisme est synchronisé. L’exposition à une lampe de photothérapie (luminothérapie) lors du petit déjeuner fait aussi l’affaire.De plus, l’activité physique - qui favorise le sommeil via la dépense énergétique qu’elle induit – est tout bénéfice pour bien dormir. De type cardio-training (jogging, marche rapide, vélo d’appartement) et régulière (au minimum quatre séances hebdomadaires), elle devrait être programmée le matin ou à la pause méridienne plutôt que le soir, lorsque les activités professionnelles et familiales le permettent, bien évidemment. Préparer son sommeil Déconnecter une heure environ avant le coucher est une autre bonne habitude à prendre, en se réservant un sas de détente avec une activité calme (lecture), loin de tout écran. En effet, la lumière, même de faible intensité comme celle apportée par les LED bleues des tablettes ou des téléphones portables, inhibe la sécrétion de mélatonine qui est l’hormone de l’obscurité, facilitatrice du sommeil.  Une douche tiède 30 minutes avant le coucher est utile mais uniquement lorsque les journées sont encore chaudes, en cas d’été indien. Quant aux tisanes (tilleul, fleur d'aubépine, verveine et bien d’autres), elles peuvent faciliter l’endormissement du fait d’un rituel apaisant. C’est quoi le jet lag social ? Dans toutes les situations où le cycle lumière-obscurité est modifié, l’horloge est en situation de désynchronisation. Son importance dépend de la durée de désynchronisation. Le Pr Yvan Touitou (Unité de Chronobiologie, Fondation A. de Rothschild, Paris), membre de l’Académie nationale de médecine, explique : « la désynchronisation est un état dans lequel le temps biologique (l’horloge) et le temps astronomique (la montre) sont dissociés. Les causes de cette désynchronisation sont nombreuses et peuvent être liées à des synchroniseurs qui se trouvent en conflit avec l’horloge interne (travail posté, travail de nuit, vol transméridien), des synchroniseurs inefficaces (vieillissement, certaines maladies psychiatriques…), des synchroniseurs mal ou non perçus (cécité), un défaut d’entraînement de l’horloge (désordres circadiens du sommeil comme les "syndromes de retard ou d’avance de phase", utilisation abusive des diverses consoles par les adolescents y compris tard le soir...), ou enfin la prise de certains médicaments ou drogues (lithium, propofol, alcool…) ». Dans ces diverses situations, l’horloge interne ne fonctionne plus en harmonie avec le milieu extérieur, ce qui s’apparente à un jet lag chronique appelé "jet lag social" : horloge et vie sociale sont totalement dissociées. Les situations de désynchronisation, surtout si celle-ci est chronique, peuvent entraîner de sérieux troubles de l’organisme.L’un des moyens de ne pas tomber dans le "jet lag social" est de veiller à la régularité des horaires de sommeil, du coucher et du lever. « Croire qu’il est possible de récupérer le sommeil "perdu" pendant la semaine à l’occasion du week-end est un leurre », confirme le spécialiste, « en se levant encore plus tard, on se place justement en situation jet lag social ».Hélène Joubert, journaliste. Merci au Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre et neurobiologiste (Paris) et au Pr Yvan Touitou (Unité de Chronobiologie, Fondation A. de Rothschild, Paris)

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Mon enfant est malade. Quels sont mes droits ?

  La Loi permet aux salariés de prendre certains congés liés à des événements familiaux, comme un mariage, mais également dans des cas plus difficiles comme la maladie ou l’apparition d’un handicap chez un enfant.Le congé pour enfant maladeUn salarié peut s’absenter de son travail pour s’occuper de son enfant malade ou accidenté. Le "congé pour enfant malade" permet de bénéficier de jours de congés pour s'occuper d'un enfant malade ou accidenté de moins de 16 ans, dont le salarié assume la charge. La charge de l’enfant s’apprécie au sens du droit de la Sécurité sociale, c’est-à-dire que le salarié a la charge de l’enfant plutôt que des liens de parenté. Ainsi, on considère que le salarié qui assume de manière permanente les obligations alimentaires, la garde, la surveillance et l’éducation de l’enfant, en assume la charge. C’est pourquoi, par exemple, les beaux-parents peuvent aussi bénéficier du congé pour enfant malade dans ces conditions.En pratique, un certificat médical doit constater la maladie ou l'accident de l’enfant. Le Code du Travail n’oblige le salarié à aucun préavis. Ce dernier transmet au plus vite le certificat (ou une copie) à son employeur. Par mesure de preuve, il est conseillé d’envoyer ce certificat en lettre recommandée avec accusé de réception ou de le remettre en main propre contre récépissé. Ce congé est ouvert à tout salarié, sans condition d'ancienneté. Le salarié n'est pas rémunéré durant ce congé, sauf dispositions conventionnelles plus favorables. Cas spécifique, dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, le salarié peut être rémunéré sous certaines conditions.Concernant la durée du congé, elle est fixée à 3 jours par an. Si l’enfant est âgé de moins de un an, elle est de 5 jours. Si le salarié a au moins 3 enfants à charge de moins de 16 ans, elle est fixée à 5 jours par an.De nombreuses conventions collectives prévoient des conditions plus généreuses, notamment le maintien de la rémunération durant le congé, ainsi qu’un nombre de jours plus important. Le congé de présence parentale Si le salarié est parent d’un enfant atteint d’une maladie grave, d’un handicap ou victime d’un accident rendant une présence à ses côtés indispensable, il peut émettre une demande de "congé de présence parentale", pour une durée maximale de 14 mois, sur 3 ans, selon ce qui est nécessaire pour l’enfant. Dès le début, la durée prévisible de l’absence doit être précisée. Au delà d’une durée de 6 mois, le congé sera réévalué chaque semestre et cette réévaluation retransmise à l’employeur. La demande doit être remise à l’employeur contre décharge ou envoyée par recommandé au moins 15 jours avant le début du congé. La pièce justificative est un certificat médical de l’enfant.Le congé de présence parentale n’ouvre pas droit à rémunération. Néanmoins, une demande d’allocation journalière de présence parentale peut être soumise à la Caisse d’allocations familiales. A son retour, la loi garantit au salarié sa réintégration au même poste ou à un poste équivalent, le contrat de travail n’étant pas rompu.Dans la fonction publique, le congé de présence parentale existe également. Sa durée est fixée à 310 jours ouvrés maximum par période de 36 mois pour un même enfant. Il n'est pas rémunéré non plus, mais il est possible de percevoir l'allocation journalière de présence parentale (AJPP). Fonctions publiques d’état, territoriale ou hospitalière, les particularités de chaque statut sont consultables ici : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F565.Le don de jours de repos entre salariésPar solidarité, des salariés peuvent faire don de leurs jours de repos au bénéfice d’un collègue prenant en charge un enfant malade dans la limite de 24 jours ouvrables du congé annuel. Ce système est mis en place pour les salariés souhaitant renoncer à leurs jours de repos, au bénéfice d’un autre salarié de l’entreprise assumant la charge d’un enfant âgé de moins de 20 ans, ne pouvant se passer de la présence soutenue d’un adulte. Le salarié bénéficiaire a alors droit au maintien de son entière rémunération pendant l’absence.A ne pas confondre…Le congé enfant malade ne doit pas être confondu avec le "congé de solidarité pour famille" qui permet au salarié de s’absenter de son travail pour accompagner une personne en fin de vie, ni le "congé de proche aidant". Celui-ci permet au salarié de s’occuper d’un de ses proches qui présente un handicap ou une perte d’autonomie d’une particulière gravité.Pour en savoir plus : Des informateurs appartenant au ministère du travail sont joignables par téléphone, du lundi au vendredi de 8h30 à 18h15, via un code d'accès (https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F151).- Textes de loi : https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idSectionTA=LEGISCTA000006198528&cidTexte=LEGITEXT000006072050- Caisse d’allocations familiales : www.caf.fr Hélène Joubert, journaliste.

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Lutter contre les perturbateurs endocriniens

 Les perturbateurs endocriniens sont présents dans de nombreux produits de la vie quotidienne. Ceux-ci sont pourtant très mauvais pour la santé. Quelques conseils pour s’en protéger.En juin dernier, l’UFC-Que Choisir a publié un guide pour aider les consommateurs à choisir leurs produits cosmétiques en évitant ceux qui contiennent des composants toxiques, allergisants ou irritants. En ligne de mire, les perturbateurs endocriniens qui sont présents dans près d’un produit cosmétique sur trois selon l’association de consommateurs. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) les définit comme des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme. Elles peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien – glandes qui produisent des hormones et les libèrent ensuite dans le sang - et induire des effets néfastes sur l’organisme d’un individu ou sur ses descendants. Des travaux scientifiques les accusent en effet de diminuer la qualité du sperme, d’accroitre la fréquence de certaines anomalies du développement de l’appareil génital, d’augmenter l’incidence de certaines pathologies hormono-dépendantes, etc. Pourtant, ces substances dangereuses restent présentes dans beaucoup de produits de la vie quotidienne : eau, alimentation, produits phytosanitaires, etc. Choisir des fruits et des légumes issus de l’agriculture biologique Pour éviter de consommer de mauvais produits, des applications référencent les cosmétiques bons pour la santé et ceux comprenant, entre autres, des perturbateurs endocriniens. En ce qui concerne l’alimentation, le consommateur devrait privilégier au maximum les produits issus de l’agriculture biologique, qui n’utilisent pas d’engrais ni de pesticides. Laver et éplucher les fruits et les légumes permet d’enlever les éventuelles traces de produits chimiques. Autre astuce pour réduire au maximum le contact avec ces substances nocives : choisir des contenants et des instruments de cuisine en verre, en bois, en acier inoxydable plutôt que ceux en plastique. Enfin, beaucoup de produits ménagers contiennent des perturbateurs endocriniens. Il est donc préférable d’utiliser les articles labellisés ou de les faire soi-même. A titre d’exemple, le vinaigre blanc se transforme en produit nettoyant multi-surfaces très efficace.   L’action des pouvoirs publics Ces petits gestes quotidiens évitent le contact avec les perturbateurs endocriniens, mais à l’échelle globale, les pouvoirs publics doivent œuvrer pour interdire la vente de produits contenant ces substances. Ce fut le cas en 2012. Le Parlement a adopté une loi pour suspendre la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A. Le gouvernement a aussi mis en place une Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens visant à protéger la population et l’environnement de ces substances. D’ici 2022, ce projet devrait permettre de créer un site d’information pour les citoyens, de sensibiliser et de former les professionnels de santé afin qu’ils puissent faire de la prévention, de coordonner les politiques européennes sur ce sujet, etc. Mais le chemin reste long avant l’élimination totale des perturbateurs endocriniens. La dangerosité de chacun n’est pas encore avérée. En juillet dernier, des chercheurs de l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, en collaboration avec le laboratoire Toxalim et les universités de Montréal et de Londres, ont publié une étude sur le bisphénol S. Selon eux, cette molécule notamment utilisée pour produire du plastique pourrait être aussi toxique que le bisphénol A.Léa Casian

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Les nouvelles technologies au service des médecins

Bio-impression, robots médicaux, intelligence artificielle… Grâce aux avancées technologiques, les professionnels de santé ont plus d’outils à leur disposition. Des atouts pour la médecine de demain. Un nouvel algorithme réussi à détecter les lésions rénales aigües des patients hospitalisés en soins intensifs avant qu’elles ne se déclarent…Cette intelligence artificielle, mise au point par des chercheurs de la Northwestern University et du Health Science Center de l’Université du Texas, analyse les données de santé de ces patients et prédit ceux susceptibles de développer une lésion rénale aigüe… Une prédiction qui peut s’avérer salvatrice. Pour arriver à ce résultat, les scientifiques ont programmé l’algorithme afin qu’il puisse apprendre seul. Ils lui ont soumis les données de santé de plus de 40 000 patients ainsi que leur taux de créatinine – un indicateur de la fonction rénale – durant leur 72 premières heures d’hospitalisation. Fort de ces informations, l’intelligence artificielle a diagnostiqué la moitié des cas à risque de présenter une lésion rénale dans les prochaines heures. A terme, ce type de technologie pourrait aider les professionnels de santé à diagnostiquer et détecter automatiquement les patients à risques pour les prendre en charge de façon plus préventive. Depuis plusieurs années, les chercheurs mettent au point des algorithmes dans beaucoup de spécialités. Par exemple, une équipe de chercheurs américains a récemment mis au point un algorithme qui analyse les images numériques du col de l’utérus afin de détecter celles qui présentent des risques de cancer. D’après les expériences menées en laboratoire, l’algorithme diagnostique les cellules précancéreuses dans 91% des cas, alors que les médecins de ce même essai avaient un taux de dépistage de 69%. Une aide précieuse pour les médecins et un gage de sécurité supplémentaire pour les patients. Des organes en 3D pour se former L’impression d’organes en 3D pourrait aussi révolutionner la médecine. Pour les personnes en attentes de greffe, ces organes pourraient être, à terme, une solution plus rapide pour remplacer un organe défaillant. En 2018 par exemple, un Américain a bénéficié d’une greffe du visage mêlant don d’un patient décédé et un masque conçu grâce à une imprimante 3D. Les membres bioniques qui ne sont pas vitaux, comme la main ou le bras, sont bien développés et déjà greffés sur les patients. En revanche, certains membres ne garantissent pas encore un succès total sur les humains. Cinq patients sont décédés après avoir été implanté d’un cœur Carmat. Néanmoins, l’impression en 3D reste aussi utile pour la formation des médecins qui peuvent désormais s’entraîner sur ces organes artificiels. Autre avancée majeure : les robots médicaux. Plus particulièrement ceux présents dans certains blocs opératoires comme Da Vinci, un robot développé par Intuitive Surgical. L’un de ses bras manipulateur tient une caméra endoscopique pour que le chirurgien puisse voir l’image en trois dimensions, tandis que les autres portent les outils nécessaires à l’opération. Le chirurgien pilote et le robot reproduit ses gestes, parfois de façon plus précise. En cas de petits  mouvements par exemple, le praticien peut trembler mais pas la machine. Ces technologies révolutionnent l’acte chirurgical : le chirurgien peut même opérer à distance via ce type de robots. Des technologies qui aident les professionnels de santé dans divers domaines : diagnostic, opération, apprentissage, etc… Et sont gages de sécurité pour les patients. Léa Casian

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Quels accessoires santé utiles pour la maison ?

Préserver sa santé au quotidien nécessite un minimum de technologie, que l’on soit en pleine forme ou atteint d’une maladie chronique. Tour d’horizon des objets utiles à avoir chez soi. Un thermomètre. Le réflexe de prendre sa température n’est pas si courant que cela, chez les adultes comme chez les enfants. Or, pas de diagnostic fiable sans avoir évalué la fièvre. Le thermomètre d’aujourd’hui se fait beau, d’une technologie ultra-précise et même connecté à son Smartphone pour un suivi de l’évolution de la température. Certains appareils prennent la température de l'artère temporale. Celle-ci est obtenue au moyen d’un « scan », sans contact, à un centimètre du front, ce qui serait considéré comme le meilleur moyen de mesurer les variations de température, l'influx de sang venant directement du cœur. Les valeurs sont identiques à la prise rectale. Un auto-tensiomètre. L’automesure tensionnelle est primordiale pour les personnes hypertendues, pour gérer leur maladie mais également pour tout un chacun afin de repérer une hypertension passée inaperçue. En effet, « l’hypertension artérielle est victime de son caractère insidieux et silencieux, rappelle le Pr Xavier Girerd, hypertensiologue, Unité de Prévention Cardio-Vasculaire Institut E3M (Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris) car, sans symptômes, la plupart des patients ne se sentent pas malade. Pour autant, cette maladie favorise la survenue d’autres pathologies du cerveau, du cœur, des reins ou des artères avec, à la clé, un risque d’infarctus du myocarde ou de défaillance cardiaque, d’insuffisance rénale, d’accident vasculaire cérébral (AVC) ». Or, le constat est alarmant : de moins en moins de personnes hypertendues sont dépistées et traitées (enquêtes FLASH en France). De moins en moins d’hypertendus ont leur hypertension correctement contrôlée, et de moins en moins d’hypertendus pratiquent l’automesure tensionnelle alors qu’elle est recommandée en cas de contrôle non optimal de l’hypertension artérielle… Aujourd’hui, l’automesure tensionnelle est recommandée chez les hypertendus traités, afin de vérifier à leur domicile qu’ils sont bien dans les objectifs de tension artérielle et, le cas échéant, d’ajuster les posologies et les traitements. Mais le conseil ne prend pas : les personnes hypertendues étaient 36% à s’en servir en 2007, 44% en 2015, et seulement 40% en 2017. Un-podomètre. Marcher, c’est la santé. Le nombre de pas permet d’avoir une idée concrète de son activité physique. Outre les effets sur la qualité du sommeil, le fait de s’astreindre à une activité physique régulière et soutenue est en quelque sorte une assurance vis-à-vis de risques majeurs comme le cancer du sein, du côlon…, l’hypertension, les maladies cardiaques, l’accident vasculaire cérébral, le diabète et la dépression. Par exemple, l’activité physique régulière agit à titre préventif en divisant par deux le risque de développer un diabète de type 2 chez les personnes à risque (ayant un parent diabétique). L’activité agit de plus comme un traitement : elle diminue de 45% le risque de récidive dans le cancer du sein, améliore des symptômes dans la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Elle soulage aussi les symptômes tels que la fatigue due au traitement par chimiothérapie ou la douleur dans l’arthrose, les rhumatismes inflammatoires, etc. Du côté de la bonne santé physiologique de l’organisme, l’activité physique améliore la densité osseuse, les capacités respiratoires et l’équilibre. Elle limite le processus de la fonte musculaire, inéluctable après 50 ans. Une balance connectée. Les pèse-personnes sont désormais des objets high-tech. Ils mesurent la composition corporelle (masse grasse, etc.), la fréquence cardiaque et bien d’autres paramètres, directement envoyés sur un Smartphone. Un appareil basique mais indispensable pour surveiller toute variation pondérale, en particulier à la hausse suite à un traitement ou à la baisse grâce à un régime. Il émet des alertes en cas de déficit pondéral (indice de masse corporelle ou IMC inférieur ou égal à 18,5 kg/m²), fréquent chez les seniors. Un cardiofréquencemètre. Le cardiofréquencemètre est un appareil permettant de déterminer la fréquence cardiaque instantanée. S’en munir est très utile lorsque l’on veut pratiquer un exercice physique tout en préservant son cœur après un accident cardiaque, mais également pour optimiser son effort. Un capteur de sommeil. Un objet technologique moins essentiel que ceux cités jusqu’ici, mais qui peut s’avérer intéressant chez certains individus, pour de meilleures nuits et dans le but de repérer un éventuel problème de sommeil. Glissé sous le matelas ou en bandeau souple sur le front, il permettrait d’améliorer la qualité du sommeil en analysant en détail ses cycles (profond, léger, paradoxal), en mesurant la fréquence cardiaque et en détectant les ronflements. Il mesurerait ces paramètres avec la précision d'une polysomnographie (enregistrement des phases et de la qualité du sommeil fait en laboratoire et en centre du sommeil), mais depuis son lit. Les données sont transmises à une application, pour analyse. Une brosse à dents électrique. En usage quotidien ou en alternance avec la brosse manuelle, la brosse à dents électrique permet d’éliminer la plaque bactérienne logée dans les espaces interdentaires. Les études, reprises dans une revue scientifique indépendante (Cochrane), estiment qu’elle est plus efficace que la brosse manuelle pour éliminer la plaque dentaire et prévenir certaines affections (carie, gingivite, parodontite). Un capteur de gluten. Cet appareil connecté, de la taille d’un paquet de cigarettes, est doté d’un capteur qui détecte une protéine du blé, le gluten, dans l’alimentation. Le Gluten est contre-indiqué chez les personnes diagnostiquées « Maladie coeliaque » .  Il s’agit d’un test immunologique qui repère des anticorps spécifiques. Il suffit de placer un extrait du plat dans une capsule puis de patienter trois minutes. Le « Nima Gluten Sensor» est approuvé par l’agence américaine du médicament (FDA). Un lecteur de glycémie. Dernier venu dans le monde des lecteurs de glycémie (taux de sucre dans le sang), le FreeStyle Libre a conquis les diabétiques de type 1. Un scan avec son Smartphone (ou un petit lecteur) d’un capteur placé sur la peau de l’avant-bras indique le taux de glucose dans le liquide interstitiel. Il peut être porté pendant quatorze jours. Utile pour surveiller son taux de sucre sans avoir à se piquer plusieurs fois par jour au bout du doigt. Un débitmètre de pointe. Le débitmètre de pointe (peak flow meter) est un appareil destiné à mesurer la vitesse maximale du souffle (débit expiratoire de pointe ou DEP) d'une personne asthmatique lors d'une expiration forcée. Il est utile pour savoir si tout va bien du côté du souffle, en cas d’insuffisance respiratoire (BPCO - bronchopneumopathie chronique obstructive, etc.) et chez les asthmatiques. Hélène Joubert, avec le Pr Xavier Girerd, hypertensiologue, Unité de Prévention Cardio-Vasculaire, Institut E3M (Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris).

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Antibiorésistance : quoi de neuf ?

On le savait, les germes font de la résistance. Les campagnes de sensibilisation lancées en 2002, intitulées « Les antibiotiques, c’est pas automatique » avaient marqué les esprits et fait reculer la consommation d’antibiotiques. Mais depuis, celle-ci est repartie à la hausse. Bonne nouvelle : modifier les prescriptions d’antibiotiques permet de faire reculer les résistances qui se sont développées dans le cadre d’une utilisation anarchique de ces médicaments. Par ailleurs, de nouveaux antibiotiques arrivent sur le marché. Il est indispensable d’apprendre à les utiliser convenablement, afin d’en tirer le meilleur parti. Une situation intenable Les antibiotiques ont sauvé des millions de vies mais ces traitements voient aujourd’hui leur efficacité remise en cause du fait de l’émergence de bactéries multirésistantes. Dans toute l’Europe, les résistances aux antibiotiques ont flambé cette dernière décennie. Un exemple : entre 2002 et 2015, les « entérobactéries productrices de bêtalactamases à spectre élargi » (BLSE) comme Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae ont été multipliées par 6. Pour précision, les bêtalactamases à spectre étendu (BLSE) sont des enzymes produites par des microbes ou bactéries qui peuvent les rendre résistants à certains antibiotiques. En France, leur incidence est passée de 1,62 à 2,44 pour 1 000 patients/jours en France entre 2009 et 2013 seulement. Ces résistances sont entre autres liées à une mauvaise prescription de ces molécules antibiotiques : trop d’antibiotiques (notamment dans les infections virales respiratoires, la majorité des rhumes, angines et otites, etc.) mal choisis et sur une durée inadéquate. Malgré les campagnes des pouvoirs publics qui se sont succédé, ciblant les médecins, les vétérinaires et le grand public, la France reste le premier consommateur d’antibiotiques en Europe. Antibiotiques : « shorter is better » Sur fond de consommation d’antibiotiques repartie à la hausse depuis 2008, pour lutter contre la progression des résistances, la tendance est de raccourcir les durées d’antibiothérapies afin de limiter la sélection de bactéries mutantes résistantes. « La littérature a battu en brèche un dogme qui a longtemps prévalu, souligne le Pr Franck Bruyère, responsable du comité d’infectiologie de l’Association française d’urologie (CIAFU) : ça n’est pas parce que l’infection est plus grave que la durée d’antibiothérapie doit être plus longue. Il n’y a pas plus de complications si l’on réduit la durée de l’antibiothérapie ». Plusieurs exemples illustrent cette stratégie : depuis la dernière révision en 2018 des recommandations de la Société de pathologie infectieuse de langue française et de l’Association française d’urologie (SPILF-AFU), dans l’infection urinaire (cystite aiguë) non à risque de complication, le traitement monodose (en une seule fois) par fosfomycine a prouvé une efficacité comparable à ce même traitement sur 3 jours. Dans la cystite à risque de complication, si le traitement par pivmecillinam se maintient entre 5 à 7 jours selon les études, le comité d’infectiologie de l’AFU privilégie désormais la prescription sur 5 jours. Pour leur part, les pyélonéphrites graves seront plutôt soignées par céphalosporines 3e génération (souvent associées à l’amikacine). Dans l’optique de réduire les durées de traitement, les recommandations les préconisent sur 7 jours, contre 10 jours dans la majorité des pays européens. Cette « décroissance thérapeutique » s’observe également dans le cas des infections urinaires masculines (prostatites, cystites, infections post-opératoires…). « De quatre semaines de traitement antibiotique avec les quinolones, illustre Franck Bruyère, on est passé à deux semaines (trois semaines étant la durée réservée aux patients avec comorbidités). L’étude française PROSTASHORT est même en train de comparer le traitement de 7 jours versus 14 jours dans les prostatites aiguës (traitées par ofloxacine) ». Néanmoins une question demeure sans réponse : un traitement trop court ne favoriserait-il pas la récidive des infections ? Limiter la pression de sélection Par ailleurs, la seconde considération en matière d’antibiothérapie est de privilégier des molécules dont la pression de sélection est la plus faible possible. La pression de sélection est un phénomène qui se traduit par une évolution des espèces vivantes (ici les bactéries) soumises à certaines contraintes environnementales (ici l’abondance d’antibiotiques). La pression de sélection sur les populations bactériennes entraîne l'apparition de souches résistantes. C’est le cas de l’antibiotique fosfomycine qui affiche un taux de résistance d’à peine 5% en 30 ans, contrairement à un autre, le pivmecillinam, qui favorise fortement les mutations, raison pour laquelle il avait été délaissé ces dernières décennies. « D’où la nécessité d’une réévaluation à 24-48h devant toute antibiothérapie, insiste le Pr Bruyère, et de ne pas hésiter à "désescalader" selon le résultat de l’antibiogramme, si le germe y est sensible et que la situation clinique s’y prête (le patient se porte-t-il mieux, supporte-t-il bien le traitement ?). Les prescriptions d’antibiotiques sont probabilistes. Lorsqu’on choisit un traitement, on estime avoir 90 ou 95 % de chances d’avoir opté pour le meilleur mais l’antibiogramme peut montrer qu’un autre médicament, dont la pression de sélection est inférieure, serait plus adapté ». Le médecin sera alors amené à modifier sa prescription (changement d’antibiotique, de dose, de durée...). Cette réévaluation systématique à 48 h est un véritable changement de paradigme. Pendant longtemps il était inconcevable – sauf cas particulier – de modifier un traitement antibiotique en cours de route. Enfin, la troisième considération en matière d’antibiothérapie est la capacité d’abstention. « Bien prescrire un antibiotique c’est également savoir ne pas en prescrire dans certaines situations, car il existe des circonstances où prescrire à tort des antibiotiques augmente le risque infectieux », rappelle le Pr Bruyère. Ainsi, parmi d’autres, un essai clinique mené sur des femmes souffrant de bactériurie (présence de germes dans les urines, mais sans symptôme) a comparé un groupe traité par antibioprophylaxie (prévention médicamenteuse par antibiotique) et un groupe non traité*. Le groupe traité a manifesté plus d’infections symptomatiques que l’autre. Où en est la recherche ? La résistance aux antibiotiques concerne particulièrement certaines souches tels le célèbre staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) ou l’Acinetobacter baumannii... Mais des espèces courantes comme l’Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae ont également développé des mécanismes de résistance aux antibiotiques appelés céphalosporines de 3e génération. Il faut alors recourir à d’autres molécules, les carbapénèmes. Or, cette nouvelle classe d’antibiotiques n’est pas efficace à 100 % car certaines bactéries (entérobactéries) produisent des enzymes (carbapénémases) qui détruisent le médicament. C’est pourquoi, de nouvelles molécules sont apparues ou sont en cours de développement (ceftolozan/tazobactam).Par ailleurs, l’association de plusieurs médicaments permet de limiter l’apparition de résistances notamment en inhibant l’action des bêtalactamases, ces enzymes qui aident les bactéries à développer des mécanismes de résistance. Parmi les autres pistes de recherche en cours figurent les phages (virus n'infectant que des bactéries) ou encore des molécules qui agissent non pas en tuant la bactérie mais en bloquant les systèmes qui la rendent pathogène. * Clinical Infectious Diseases, Volume 55, Issue 6, 15 September 2012, Pages 771–777, Hélène Joubert, journaliste, d’après un entretien avec le Pr Bruyère, responsable du Comité d’infectiologie de l’AFU (CIAFU) et le congrès 2018 de l’Association française d’urologie.

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Calculs rénaux : le rôle clé de la diététique

L’alimentation joue un rôle essentiel dans la formation de calculs rénaux - lithiases rénales - et l’on peut aujourd’hui affirmer que la « maladie lithiasique » est un problème d’ordre diététique dans 80% des cas. Quelles sont les règles ? L’avis des spécialistes réunis au congrès européen d’urologie (EAU, 15-19 mars 2019, Barcelone). L’obésité, le diabète et la maladie lithiasique Si l’alimentation joue un rôle clé dans la constitution des calculs rénaux, les liens entre l’obésité, le diabète et la maladie lithiasique sont, pour leur part, également de mieux en mieux démontrés : « l’hyperinsulinisme (lorsque les taux sanguins d'insuline dépassent la norme) mais également la résistance des tissus notamment musculaires à l’insuline, rendent les urines trop acides, explique le Pr Jean-Philippe Haymann, chef du service Explorations fonctionnelles multidisciplinaires (Hôpital Tenon, APHP). Le nombre de lithiases est alors multiplié par trois, en particulier celles composées d’acide urique chez le diabétique mais également en cas de syndrome métabolique*». En règle générale, les calculs sont composés de 3 voire 4 minéraux dans la majorité des cas. Seul 7% des calculs sont purs. L’analyse du calcul est absolument indispensable. En effet, « il n’y a pas une, mais des maladies lithiasiques », insiste le spécialiste. Au moins deux litres de boisson chaque jour Dans 75 à 85% des cas, les calculs se forment à partir de sel ou d'oxalate de calcium et l’impact de l’alimentation est alors majeur. Une intervention diététique adaptée à la composition des cristaux et aux facteurs de risque urinaires (faible volume urinaire, excrétion urinaire trop importante de calcium, d’oxalate ou de citrate) a montré un bénéfice sur la réduction du nombre de calculs rénaux comparé à des conseils alimentaires d’ordre général. Parmi les messages essentiels figure celui de boire un volume de boisson supérieur à 2 litres. « Ceci est d’ailleurs vrai quelle que soit la cause du calcul, assure Jean-Philippe Haymann, toutes les études montrant que le risque de calcul est lié à un défaut d’excrétion urinaire (diurèse). Comme le calcul est récidivant (50% des calculs récidivent à 5 ans, 80% à 10 ans), si le conseil de boire plus de 2 litres n’est pas suivi, un bilan urinaire (au moyen des urines recueillies sur 24h) permet de vérifier la quantité de boisson réellement prise. Si l’on se rend compte que les pertes d’eau sont particulièrement importantes (sport, transpiration), on peut alors conseiller de boire au moins 3 litres de boisson ». Plus de protéines, plus de boissons Un autre conseil, résumé par l’aphorisme « gros mangeur, gros buveur », a été confirmé par une étude parue en 2016 : plus la quantité d’aliments est élevée (et donc la quantité de protéines), plus il faut boire ; l’idéal étant tout de même de limiter les apports protéiques. Enfin, l’apport journalier en fruits est conseillé mais sans excès. La quantité de sel doit être limitée à 5g/j. Cristaux de cystine et d’acide urique, des calculs plus rares Concernant les conseils alimentaires en cas de cristaux de cystine d’origine génétique* (1%), l’objectif est de solubiliser au maximum la cystine en obtenant un pH très alcalin entre 7 et 8, d’où la nécessité d’apporter beaucoup d’eau (environ 3 litres quotidiens), et de tendre vers un régime presque végétalien : un apport de fruits accru, des légumes en grande quantité et une limitation en sel (<5g/j) et en protéines animales (œuf à proscrire, peu de viande et de fromages à pâte dure). En cas de cristaux d’acide urique (9% des cristaux), liés à des urines trop acides en rapport avec des diarrhées, un diabète ou un syndrome métabolique, il faudra ajouter des eaux gazeuses riches en bicarbonates (voire des compléments alimentaires sous forme de gélules de bicarbonates ou de citrate de potassium). Les infusions, la solution ? Bien que prisée par les personnes souffrant de calculs rénaux, aucune plante n’a réellement démontré sa capacité à réduire la survenue de calculs ou de ralentir leur constitution. « L’avantage des infusions de plantes est de majorer l’excrétion urinaire, indique le Pr Haymann. Le problème viendrait des plantes qui contiennent de grandes quantités d’oxalate, comme le thé. Des études récentes ont cependant montré que le thé, vert ou noir, consommé avec parcimonie ne semblait pas être un facteur délétère. D’autres essais suggèrent que boire du thé pourrait même être utile pour limiter la survenir de calculs calciques. Un effet pharmacologique qui reste à démontrer. » Par ailleurs, pour lutter contre la composante inflammatoire de la maladie lithiasique, les plantes comme le thé vert pourraient s’avérer intéressantes par leur apport en substances antioxydantes.   Hélène Joubert, journaliste. D’après le suivi du congrès européen d’urologie (EAU, 15-19 mars 2019, Barcelone) et l’interview du Pr Jean-Philippe Haymann, chef du service Explorations fonctionnelles multidisciplinaires (Hôpital Tenon, APHP) *Ce dernier comprend l’association de plusieurs facteurs concourant à l'augmentation du risque cardio-vasculaire dont la résistance à l’insuline, et son corollaire, l'hyperglycémie (taux sanguin de sucre trop important), le surpoids, l'hypertriglycéridémie, la baisse du HDL-cholestérol et l'hypertension.

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