Tous nos articles Santé
- Page 10
Qu’est-ce que la télémédecine ? Comment fonctionnent vos remboursements optique ? On répond aux questions que vous vous posez !
Maladie de Parkinson : 25 000 nouveaux cas par an !
D’après une enquête réalisée par Esante.fr et Medisite pour l'association France Parkinson la maladie de Parkinson reste méconnue en France : 87% des Français ne savent pas que cette maladie concerne 200 000 personnes et touche 25 000 nouvelles chaque année. Maladie de Parkinson, il n’y a pas que les tremblements Vous savez certainement, comme 98% des Français, que les tremblements font partie des symptômes caractéristiques de la maladie de Parkinson. Mais connaissez-vous les autres symptômes ? A l'occasion de la Journée mondiale de Parkinson, le 11 avril 2017, les sites Medisite et Esanté.fr ont réalisé une grande enquête* pour l'association France Parkinson qui a permis de mettre en lumière la méconnaissance quasi totale des Français sur cette maladie. A la question : "Que provoque la maladie de Parkinson ?", moins d'un répondant sur deux cite les troubles du sommeil , moins de un sur trois les troubles de la vue et moins de deux sur dix les troubles de l'odorat . Ces derniers concernent cependant 80% des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Le diagnostic de la Maladie de Parkinson Parmi les autres méconnaissances soulignées par l'enquête : 35% des Français estiment que la maladie touche surtout des personnes (très) âgées alors que le diagnostic est posé en moyenne à 58 ans. 51% des Français pensent que les malades sont mieux intégrés à la société qu'il y a 30 ans ce qui va à l'encontre des remontées perçues par France Parkinson. "Les signes que nous recevons montrent que le sentiment d’isolement, de stigmatisation va croissant. C’est maintenant qu’il faut inverser les choses et c’est pourquoi nous interpellons chaque personne pour l’inciter à changer de regard sur la maladie mais d’abord et avant tout sur les personnes touchées " a commenté Florence Delamoye, directrice générale de France Parkinson. Pour Didier Robiliard, Président de l'association, "il faut aujourd’hui lutter contre les préjugés et la stigmatisation dont souffrent les personnes touchées par la maladie et ce notamment dans le monde du travail." Rédaction E-sante.fr
1 min
Maux de tête rebelles, les bonnes questions à se poser
Lorsque les maux de tête -migraines et céphalées- s’installent, entêtants, et que la prise d’antidouleurs n’y fait plus rien, il est temps d’agir. Comment retrouver une qualité de vie ? Les conseils du Pr Lanteri-Minet, chef de service du Département d’Evaluation et Traitement de la Douleur au CHU de Nice. Est-ce vraiment une simple céphalée ? Parfois, l’on croit traiter une simple céphalée dite « de tension » alors qu’en réalité il s’agit d’une authentique migraine. D’où les échecs pour les soulager. Alors que ces dernières sont contrôlées avec des moyens simples comme du paracétamol, de l’aspirine voire des anti-inflammatoires, en revanche la crise migraineuse justifie souvent des traitements spécifiques. Il en existe sept, appelés « triptans ». Si l’un n’est pas efficace, il faut tous les essayer. Les symptômes d’une crise de migraine s’opposent à ceux d’une céphalée de tension : elle est aigüe, pulsatile (pulsations en rythme), touche plus volontiers un seul côté de la tête, son intensité est modérée à sévère, est augmentée par l’effort physique, s’accompagne d’une gêne à la lumière, au bruit, aux odeurs avec des nausées voire des vomissements. Quels sont les facteurs déclenchants ? Tout est dans la régularité ! Toute perturbation dans la vie quotidienne joue sur la survenue des crises de migraine. Chacun devrait identifier ses propres facteurs déclenchants en vue de limiter les crises. Les variations émotionnelles (stress, grande joie), perturbant le rythme de vie vis-à-vis du travail ou de l’activité physique (surmenage, relâchement du week-end) ou le volume de sommeil sont à éviter au maximum. Est-ce le moment d’opter pour un traitement de fond ? Prendre des antalgiques efficaces à chaque crise de migraine est une chose. Mais non seulement le risque d’abus médicamenteux guette dès deux prises par semaine, mais cela peut entretenir la fréquence des crises. Il est temps d’envisager un traitement au long cours appelé « traitement de fond » pour espacer les épisodes migraineux. Là aussi, il faut alors essayer tous les traitements (bêtabloquants, antidépresseurs, antiépileptiques etc.) car ils agissent via des mécanismes différents. Ils sont considérés comme efficaces s’ils réduisent le nombre de crises d’au moins 50%, sans effets indésirables. Pourquoi ne pas tenter des approches alternatives ? Les techniques d’hypnose et de relaxation/sophrologie d’approche dite « ericksonienne » semblent intéressantes contre la migraine et les céphalées de tension, peu importe le degré d’anxiété du patient. Quant à l’acupuncture, elle aurait un effet antimigraineux propre, tel un traitement de fond. En revanche, les études sont négatives pour l’homéopathie et l’ostéopathie crânienne. Et si c’était le ventre. Ou le stress ? Soigner ses troubles digestifs peut améliorer les maux de tête. En effet, les maux de tête en général sont plus fréquents chez les personnes ayant des troubles gastro-intestinaux ou un syndrome de l’intestin irritable. Dans ce dernier cas par exemple, le risque de souffrir de migraines est presque doublé. Quant au stress, il n'est pas la cause directe des maux de tête. Il peut cependant favoriser la survenue de crises chez les migraineux ou ceux qui souffrent de céphalées de tension. Et si c’étaient les yeux ou de l’arthrose cervicale ? Les problèmes oculaires ne provoquent pas de migraine. Néanmoins, ils peuvent entraîner des « céphalées oculaires ». Celles-ci se caractérisent par leur survenue plus fréquente en fin de journée après des efforts de concentration visuelle. L'arthrose cervicale, contrairement aux idées reçues, ne peut être responsable de maux de tête. Ces douleurs au niveau du cou et de la nuque appelées « cervicalgies » n'ont rien à voir avec des céphalées ou les migraines. C’est pourquoi les examens radiologiques du rachis cervical sont inutiles lorsqu'on souffre de maux de tête en particulier lorsqu'il s'agit de migraines. Des solutions prometteuses à court terme La recherche avance. L’espoir pour les migraineux rebelles vient d’une biothérapie attenue pour 2019 comme une révolution : il s’agit du premier traitement de fond « spécifique » c’est à dire qui cible le mécanisme de la crise de migraine. Quatre anticorps anti-CGRP -qui bloquent l’action de la molécule CGRP dans le cerveau, responsable de la crise - sont à l’essai. Une seule injection mensuelle suffirait. Dans la céphalée de tension, la stimulation magnétique transcrânienne est à l’étude pour stimuler des régions du cerveau. Pour sa part, la toxine botulique A (Botox ®), assez efficace dans la migraine chronique, n’a toujours pas le feu vert des autorités sanitaires françaises. Attention ! De nombreuses tentatives de microchirurgie (incisions de certains muscles entre les sourcils, infiltrations de substances diverses) sont vantées un peu partout. Elles sont au mieux inutiles, au pire dangereuses. Hélène Joubert, journaliste scientifique
4 min
Reflux gastro-œsophagien : les points sur les « I »
10 % au moins de la population souffre très régulièrement de reflux gastro-?sophagien (RGO). A cause d’un dysfonctionnement de la partie inférieure de l’?sophage, le suc gastrique très acide s’échappe de l’estomac et remonte le conduit ?sophagien. Avec à la clé, brûlures d’estomac (pyrosis), douleurs thoraciques, inflammation des muqueuses (?sophagite) voire cancer de l’?sophage. Le Pr Frank Zerbib, service d’Hépato-gastro-entérologie et oncologie digestive (CHU de Bordeaux) rétablit quelques vérités sur le RGO. RGO, un régime alimentaire strict n’est pas nécessaire Beaucoup d’idées fausses circulent concernant les régimes alimentaires dans le RGO : rôle des agrumes, du vinaigre, du chocolat, du café etc. En réalité, aucun régime alimentaire ne s’est avéré efficace dans le RGO. Aucun aliment particulier n’a pu non plus être incriminé dans la survenue ou l’aggravation de symptômes de RGO. Les seuls conseils nutritionnels utiles relèvent du bon sens : Eviter les repas trop gras et trop abondants. Eviter de se coucher trop précocement après la fin d’un repas, en particulier le soir (laisser un délai d’au moins 2 heures, si possible). Perdre du poids (la prise de poids est un facteur aggravant du reflux). Supprimer les aliments qui ont été identifiés par chaque individu comme pouvant générer des troubles (vin blanc etc.). Cancer de l’?sophage, un risque exagéré Le RGO peut être à l’origine de cancers de l’?sophage (adénocarcinome). Néanmoins, ce risque est extrêmement faible. Il ne survient qu’après de longues années d’un reflux sévère responsable de lésions de la muqueuse de l’?sophage (« muqueuse de Barrett » ou « endobrachyoesophage »), présentes chez 10% des personnes avec RGO. Et même en cas de muqueuse de Barrett, le cancer ne se développe qu’après de nombreuses années. Ces lésions sont repérées lors d’une endoscopie (exploration de l'intérieur de l’organisme en y introduisant un tube souple) et nécessitent la réalisation de prélèvements par biopsies pour confirmation. Ce risque de cancer -même minime- justifie cependant la réalisation d’au moins une fibroscopie dans la vie d’un patient souffrant de reflux, plutôt après l’âge de 50 ans. En l’absence de muqueuse de Barrett, le risque étant nul, il n’est pas nécessaire de multiplier les endoscopies. Si cette muqueuse est présente, un risque -faible- existe. Des endoscopies répétées (tous les 3 à 5 ans selon les cas) sont alors nécessaires pour vérifier l’absence de dysplasie. Une dysplasie n’est pas encore un cancer mais une première étape vers ce qui pourrait le devenir. Utilisés à bon escient, les médicaments IPP sont sûrs Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont des médicaments qui réduisent fortement la production d’acide par l’estomac. Ils ont révolutionné le traitement des maladies liées à cette acidité comme l’ulcère gastroduodénal et le RGO. Ils sont très bien tolérés et utilisés depuis trente ans dans tous les pays du monde. Au cours des dernières années, plusieurs effets secondaires ont été rapportés comme étant possiblement en rapport avec les IPP et leur effet sur la sécrétion acide : ostéoporose, problèmes cardio-vasculaires, insuffisance rénale, carences vitaminiques, risques accrus d’infections gastro-intestinales et pulmonaires. Les données scientifiques sont contradictoires, à l’exception des infections intestinales où le risque est avéré, mais faible. Néanmoins, le bénéfice lié au traitement est très largement supérieur au risque éventuel, non démontré, qu’il pourrait faire courir. La prudence d’utilisation des IPP s’impose chez les personnes fragiles, âgées ou hospitalisées. Mais même dans cette situation, en cas de nécessité (ulcère par exemple), les IPP peuvent être utilisés sans arrière-pensée. Le problème est que beaucoup de patients prennent des IPP sans même savoir pourquoi? Hernie hiatale et RGO ne sont pas synonymes La hernie hiatale est une anomalie anatomique qui correspond au passage d’une partie de la portion haute de l’estomac dans le thorax, réalisant une sorte de « poche » dans laquelle l’acide produit par l’estomac est piégé. Il pourra ainsi remonter plus facilement vers l’?sophage, créant un reflux gastro-?sophagien. On peut avoir une hernie hiatale sans reflux et un reflux sans hernie hiatale. Elle ne représente qu’un facteur aggravant ou favorisant le RGO ; sa présence n’est ni nécessaire ni suffisante pour avoir un reflux. Lorsqu’une fibroscopie est effectuée, la présence d’une hernie hiatale peut être décelée. Mais sa présence varie parfois d’un examen à l’autre, ce qui intrigue beaucoup les patients. C’est normal : la hernie correspond à une mobilité anormale de la jonction entre l’estomac et l’?sophage et elle peut donc être intermittente. Elle est souvent totalement indépendante des symptômes de RGO. Le rôle du RGO est surestimé dans les manifestations ORL ou respiratoires Les symptômes ORL (oto-rhino-laryngologie) sont courants dans la population : raclement de gorge, enrouement, brûlures de gorge, sensation de corps étranger, écoulements postérieurs etc?Ils sont parfois le signe de maladies graves comme des cancers. En l’absence de lésion grave, d’exposition à des toxiques (tabac, alcool), d’infection (sinusite) ou d’allergie respiratoire, le reflux gastro-?sophagien est souvent incriminé. Ce peut être effectivement le cas, principalement en présence de brûlures d’estomac ou d’aigreurs témoignant d’un authentique RGO. Si ces signes sont absents, cette hypothèse est beaucoup plus discutable. Le traitement d’un éventuel RGO par IPP s’avère alors rarement efficace et les explorations plus sophistiquées telles que la pHmétrie (qui mesure les remontées acides à l’aide d’une petite sonde) sont le plus souvent négatives. Le rôle du reflux dans ces symptômes ORL est largement surestimé, avec comme conséquence des traitements prolongés par IPP non justifiés. Reste que l’origine de ces symptômes n’est pas claire. Une hypothèse, non encore démontrée, serait une muqueuse pharyngée trop sensible à certaines particules comme celles retrouvées dans l’air de nos grandes villes. Marion Garteiser, journaliste santé
3 min
J’ai un cancer, mais je travaille
Le cancer a des conséquences considérables dans tous les domaines, y compris professionnels. Or l’activité professionnelle a justement une importance capitale lors de l’épreuve du cancer et surtout de l’après-cancer, pour se reconstruire. Karen, atteinte d’un cancer à l’âge de 27 ans, nous relate son parcours et nous explique comment elle a réussi à surmonter cette double peine. Quelles ont été les conséquences de votre cancer sur votre activité professionnelle ? J’étais en CDI et j’occupais un poste de conseillère vendeuse en téléphonie mobile dans une boutique à Limoges, quand en mai 2009 on m’a diagnostiqué un cancer du col de l’utérus. Dès que j’ai su le nom de la maladie, j’ai téléphoné à mon responsable de boutique pour lui annoncer que je ne viendrais pas ce jour-là, ni les suivants et probablement pour une longue période. J’ai alors enchainé les rendez-vous et les arrêts maladie imposés par mon oncologue le temps de réaliser les examens et de définir le protocole de soins. J’ai ensuite été arrêtée un an, pendant toute la durée du traitement. C’était mon choix, car je voulais guérir, mais aussi parce que je n’avais reçu aucune information de la part de mon employeur sur le fait que j’aurais pu continuer à travailler tout en me faisant soigner. J’étais jeune, je n’avais que 27 ans et je ne savais pas où me renseigner ni quels étaient les dispositifs existants. Au bout d’un moment, je me suis sentie inutile, mise à l’écart, je m’ennuyais. Ma vie sociale se résumait au personnel de santé. Je pense que travailler m’aurait fait psychologiquement beaucoup de bien pendant mes traitements. Peut-on concilier le travail et le cancer ? Étant aujourd’hui bien informée sur les dispositifs mis à disposition des malades, je sais que l’on peut concilier le travail et le cancer. Dans mon cas, on aurait pu tout simplement imaginer un temps partiel thérapeutique avec un emploi du temps adapté à mes traitements et à leurs conséquences. J’aurais pu m’arrêter uniquement pendant les séances de chimiothérapie pour gérer la fatigue intense provoquée par ce type de traitement et ensuite reprendre une vie professionnelle et sociale quand je me sentais bien. En quoi l’activité professionnelle est-elle si importante pendant et après le cancer ? L’une des conséquences de la maladie étant financière, particulièrement dans le commerce où les primes représentent une grande part de rémunération, j’ai décidé au bout d’un an de reprendre mon travail à temps plein. Encore une fois, je ne savais pas à cette époque que l’on pouvait accéder à un temps partiel et j’imaginais qu’en réduisant mes heures de travail mon salaire serait diminué. Je me suis rapidement sentie fatiguée, mais je voulais retrouver ma vie d’avant, gagner de l’argent et avoir une vie sociale. Ça a duré un an, jusqu’à ce que des aléas thérapeutiques se manifestent. Mon emploi nécessitait que je sois debout en permanence, or j’avais très mal à la jambe. C’est ainsi que l’on m’a découvert une ostéonécrose de la tête fémorale, qui a nécessité la pose d’une prothèse de hanche totale. Les suites opératoires et la rééducation m’ont imposé un nouvel arrêt maladie complet d’environ un an, à la suite duquel j’ai été déclarée inapte par la médecine du travail pour poursuivre mon activité professionnelle en boutique. Comme le prévoit la loi, un reclassement professionnel m’a été proposé au sein de mon entreprise, mais le seul poste adapté pour moi, en position assise donc, se trouvait au siège à Paris. Étant donné ma fragilité, je n’ai pas voulu déménager ni quitter ma ville et mon entourage dont j’avais besoin, ce qui a conduit à un licenciement pour inaptitude médicale en 2012. Je devais retrouver rapidement du travail pour gagner de l’argent et élever seule mon fils de 10 ans, mais je savais qu’avec mon niveau d’étude (le Bac), ce ne serait pas facile. Inscrite comme demandeuse d’emploi et reconnue comme travailleur handicapé, j’ai été suivie par Cap Emploi qui m’a conseillé une formation de 3 mois de remise à niveau, puis un BTS Assistante manager en alternance avec les ressources humaines de la SNCF de Limoges. J’ai été très bien accueillie et entourée de personnes bienveillantes et très sensibles à mes difficultés, ce qui m’a considérablement aidée dans cette nouvelle aventure, pas forcément évidente et qui demandait beaucoup d’efforts et d’énergie. Durant cette période, l’entreprise s’est engagée auprès de l’Association Cancer@Work, pionnière dans la mise en place d’actions de sensibilisation, de conférences, tables rondes et ateliers de reconstruction. Je me suis greffée à ce groupe de travail pour témoigner lors d’une conférence, puis pour concrétiser des plans d’actions. C’est là que j’ai rencontré Anne-Sophie Tuszynski, fondatrice de l'Association Cancer@Work, elle même ancienne malade du cancer, qui a créé son propre cabinet de conseils en stratégie business développement responsable, dont la mission est d’intégrer la maladie dans le monde du travail et dont les projets sont portés par des malades ou de proches aidants. Elle m’a confié le lancement d’une Hotline Allo Alex à destination de tous ceux qui sont confrontés au cancer au travail. Malades, aidants ou managers peuvent poser toutes les questions qu’ils souhaitent et je m’efforce d’y répondre. Dotée de mon expérience vécue et désormais bien renseignée sur les dispositifs dont j’ignorais l’existence auparavant, j’aide les salariés et les employeurs. Les interrogations sont toujours légitimes, tant de la part des malades (dois-je informer ma société ? À qui m’adresser ? Puis-je demander un aménagement de poste ? Demander un temps partiel ? Comment trouver une rémunération si je ne peux pas reprendre le travail ?), que des DRH (comment aider sans être trop intrusif ?) ou des salariés (comment accompagner mon collègue ? Comment communiquer avec lui ?). En cas de besoin, je contacte notre équipe d’experts (avocat, DRH, médecin du travail, psychologue) pour pouvoir fournir des informations très précises. Cette Hotline est doublée d’un site internet https://www.alloalex.com qui propose un accompagnement personnalisé des malades à toutes les étapes, depuis l’annonce jusqu’à la fin des traitements et la réintégration dans l’entreprise et qui permet également aux utilisateurs confrontés à la maladie de consigner leur propre chemin, de cheminer, apporter, et noter leurs propres réponses. Si je fais le bilan de ma maladie, il n’en ressort pas que des choses négatives, au contraire, j’ai obtenu mon diplôme de BTS en 2015 et j’ai retrouvé un CDI et une stabilité grâce à la ma rencontre avec Anne-Sophie, en région parisienne (j’étais prête cette fois). La maladie m’a transformée et j’ai envie de rebondir. Après avoir souffert de la maladie et de ses conséquences, j’ai retrouvé des envies, de l’énergie et elle ne m’empêche plus de travailler, je n’ai que 35 ans j’ai encore de longues années de travail devant moi. La maladie a développé chez moi certaines qualités/compétences telles que la prise de recul, l’empathie, la gestion du stress et des priorités. Le cancer a été créateur de valeurs, bénéfiques tant sur le plan personnel que professionnel. J’ai d’autant plus la niaque que la Hotline est un projet qui m’intéressait particulièrement : il me permet d’apporter aux autres malades ce que je n’ai pas eu, de m’engager envers ceux qui se retrouvent dans ma situation. Comment se faire aider ? Je recommande d’être très transparent sur son état de santé : si l’on veut prétendre à un aménagement de poste ou à une autre organisation pour bien s’intégrer dans l’entreprise, il faut développer une relation gagnante pour les deux parties. Bien sûr, la décision d’en parler ou non reste propre à chacun et il n’y a aucune obligation légale d’en parler à son employeur. De toujours beaucoup communiquer : lorsque cela est possible et qu’on le souhaite, il faut être acteur des aménagements et s’impliquer pour s’organiser au mieux avec ses collègues, notamment lorsque l’on est en arrêt maladie (bien définir qui fait quoi, essayer de trouver des solutions ensembles). D’identifier quels sont les contacts au sein de son entreprise, les interlocuteurs privilégiés qui pourraient aider et donner les bonnes informations : le manager, les services RH, le service social, le médecin du travail, les missions handicap? et surtout avec qui on peut se sentir à l’aise. Dans mon cas, c’est ce qui m’a manqué, personne n’est venu vers moi. Mais c’est réellement possible de retravailler avec un handicap ou une maladie et c’est aussi très important pour que la maladie ne devienne pas notre nouveau monde, pour que la vie ne se résume pas à la maladie. Marion Garteiser, journaliste santé
5 min
Diabète et grossesse, l’insuline reste la règle
Aujourd’hui, lorsqu’une femme souffre de diabète lors de sa grossesse, le seul médicament autorisé pour équilibrer son taux de sucre dans le sang est l’insuline. Par simplicité d’emploi, il peut être tentant d’utiliser les nombreuses molécules par voie orale dont on dispose pour traiter le diabète. Les experts réunis lors du congrès de la Société francophone du diabète (Lille, 28-31 mars 2017) réagissent et en appellent au principe de précaution.
4 min
Cancer : 15 astuces beauté pour rester féminine
Peau, cheveux, ongles,? les thérapies et traitements anti-cancer changent tout. On le sait désormais, prendre soin de soi à travers les cosmétiques joue un rôle important pour se sentir mieux. Nos conseils et astuces pour conserver sa féminité.
3 min
BPCO : pourquoi bien inhaler son traitement bronchodilatateur est vital
Le constat est sans appel : 60 à 80% des personnes souffrant d’une maladie pulmonaire appelée broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) ne se servent pas correctement de l’appareil qui sert à inhaler leur traitement bronchodilatateur. Attention, c’est très risqué pour leur santé. La BPCO, un tueur silencieux En silence, à cause du tabagisme dans 90% des cas (à partir d’un paquet/jour pendant 15 ans), l’obstruction chronique irréversible des voies aériennes épuise le souffle, handicape et tue*. La méconnaissance de cette maladie insidieuse est stupéfiante alors que près de 8 % des adultes en France sont touchés. Selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé), la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) deviendra la 4ème cause de décès dans le monde en 2030. Les objectifs du traitement de la BPCO sont de prévenir et contrôler les symptômes (essoufflement, toux, expectorations, difficulté à respirer pendant les efforts physiques, appelée dyspnée), réduire la fréquence et la sévérité des « exacerbations » (aggravations brutales de l’état de santé du malade) et d’améliorer la tolérance à l’exercice physique, seul moyen de regagner en capacité respiratoire (volume d’air expiré par seconde). Parmi les traitements au long cours ou d’appoint figurent les bronchodilatateurs (précisément des bêta2-agonistes et anticholinergiques) lesquels, comme leur nom l’indique, permettent une dilatation des bronches. Ils s’administrent au moyen d’un inhalateur. Mauvaise manipulation, risque d’exacerbations accru Les règles de bonne utilisation des systèmes d’inhalation sont primordiales pour une délivrance efficace du traitement bronchodilatateur, au plus profond des bronches. Faire parvenir un produit dans les bronches n’a rien de naturel. Malgré tout, c’est le moyen de délivrance ayant le meilleur rapport bénéfice/risque. Il permet d’obtenir des concentrations élevées de principe actif au niveau de la bronche. Par comparaison, la voie orale (comprimé) requerrait une forte concentration de principe actif dans le sang pour espérer une concentration satisfaisante dans la bronche. Au risque d’effets secondaires généraux bien supérieurs. Une étude française, première du genre**, vient de révéler que la mauvaise manipulation -assez fréquente- des inhalateurs contenant des bronchodilatateurs est associée a? la survenue d’exacerbations sévères de BPCO. Pr Mathieu Molimard, spécialiste en pneumologie-pharmacologie, directeur du département hospitalo-universitaire de pharmacologie de Bordeaux et coordinateur de l’étude : « Nous avons constaté une grande fréquence des erreurs d’utilisation. Les erreurs graves c’est-à-dire susceptibles de limiter la dose inhalée arrivant au contact des bronches sont associées à un risque doublé d’exacerbations graves de BPCO conduisant à une hospitalisation. Une dose incomplète équivaut à un traitement partiel ou pas de traitement du tout. Une preuve en miroir que ces traitements sont utiles ! » Technique d’inhalation : le piège de l’habitude Selon les résultats, entre 60 et 80% des personnes commettent au moins une erreur, indépendante du dispositif. Ces erreurs peuvent ne pas trop porter à conséquence, comme par exemple manquer d’expiration avant l’inhalation ou se passer de quelques secondes d’apnée après l’inhalation. Autrement plus grave, d’autres erreurs peuvent affecter le dépôt pulmonaire. Il s’agit, par exemple, d’un défaut d’inspiration par la bouche à travers l’embout buccal, de souffler dans l’inhalateur de poudre sèche avant l’inhalation ou tout simplement d’inspirer par le nez. Âge, sexe? aucun profil particulier des personnes susceptibles de faire des erreurs d’inhalation ne ressort. Certaines sont plus à risque de se tromper ; par exemple celles qui n’ont pas assisté à une démonstration d’utilisation, n’ont jamais lu la notice, ne prennent pas leur traitement de manière régulière et surtout n’utilisent pas leur système depuis longtemps. Pr Mathieu Molimard : « Ça n’est pas parce qu’on a expliqué une fois à la personne comment se servir de son inhalateur qu’elle est à l’abri d’erreurs de manipulation. Vérifier régulièrement leur bon maniement est essentiel. Les personnes BPCO mais aussi asthmatiques devraient contrôler l’utilisation, inhalateur en main, avec leur médecin traitant, pneumologue, pharmacien ou kinésithérapeute au moins une fois par an ». Dernier constat de l’étude, tout type de dispositif peut entraîner des erreurs. Il n’y a pas de dispositif idéal ; quel que soit l’inhalateur, il est possible de commettre des erreurs graves qui mènent à l’hôpital. Chaque dispositif possède ses avantages et ses inconvénients. Marion Garteiser, journaliste santé
3 min
Les plantes anti-pollution : à cultiver chez soi et au travail !
Le principe est simple : épurer l'air par les plantes. Notre environnement intérieur (domicile, lieu de travail…) concentre encore plus de polluants que l'extérieur. Recourir à des plantes judicieusement choisies pour respirer un air plus sain chez soi est une idée fort intéressante.Les plantes absorbent certains polluantsNotre habitat est un véritable concentré de polluants. En effet, la plupart des matériaux dégagent des composés organiques volatils (COV) extrêmement toxiques, dont le plus courant se dénomme formaldéhyde. Les COV proviennent par exemple des peintures, colles, vernis, solvants, laques…, mais aussi des vêtements qui reviennent du pressing, de tous les meubles de cuisine et autres étagères en contreplaqué, des moquettes, produits de vitrification, désodorisants, parfums, isolants (laine de roche, de verre, linoléum…), de tous les produits de combustion (gaz, bois, tabac…) et même de l'eau de la douche (chloroforme) !Bref, tout espace confiné concentre des COV. L'aération est une des meilleures facons de diminuer les concentrations en COV, mais cultiver certaines plantes chez soi semble une solution supplémentaire très intéressante. Comme l'indique clairement l'Association Plant'Airpur, les feuilles absorbent les polluants de l'air, lesquels sont ensuite convertis dans les racines en produits organiques, nutriments de base pour la plante. Et chaque plante a ses propres particularités, ses préférences. Des études scientifiques très sérieuses sont actuellement en cours dans de nombreux pays, avec par exemple en France le programme Phytair, dont l'objectif est de mettre en évidence les propriétés épuratrices des plantes en pot vis-à-vis de très nombreuses substances polluantes.Quelles sont les plantes les plus performantes en matière d'épuration ?Plants for People (une initiative internationale visant à diffuser des informations sur les bénéfices apportés par les plantes dans l'environnement du travail) propose sur son site une liste des plantes les plus efficaces en fonction du type de polluants qu'elles sont capables d'extraire (voir ci-dessous). Une autre liste, certes plus concise, mais plus pratique, a été proposée (1) : Tabac : sansevieria, chlorophytum, pothos dracanea. Electromagnétique (ordinateur, matériel TV, hi-fi, vidéo…) : cactus.Peintures, détergents, colles provenant des moquettes, meubles en contreplaqué, mousses d'isolation, teintures : lierre, aloé vera, ficus.Solvants : chrysanthème.Dans leur livre "100 réflexes pour rajeunir en beauté", Isabelle Delaleu, Anne Dufour et Muriel Gaudin, ajoutent que les plantes aident également à lutter contre les microbes, les moisissures et autres polluants hors COV. "Les conifères, le dieffenbachia, les bégonias, les chrysanthèmes et les géraniums libèrent dans l'air des substances antibactériennes et même des antibiotiques".Et enfin, des plantes dont les feuilles jaunissent, pâlissent ou se colorent de noir, ne souffrent pas forcément du mode d'arrosage, mais signalent peut-être plutôt un excès de COV. A vous de mener l'enquête ! Reste que de nombreuses plantes peuvent se révéler toxiques pour les enfants et les animaux qui auraient l'idée de les goûter. Alors placez-les toujours hors de leur portée.(1) Isabelle Delaleu, Anne Dufour et Muriel Gaudin, "100 réflexes pour rajeunir en beauté", éditions Leduc.S.Quelles sont les plantes particulièrement appropriées à assainir l'air dans des endroits clos ? (Liste proposée par Plants for People sur son site internet : www.plants-for-people.orgLes plantes qui décomposent bien le formaldéhyde (contreplaqué, moquette, colles, tissu, enduits, peintures…)Aloe barbadensis, Chlorophytum elatum, Philodendron selloum, Dradaena fragrans 'Massangeana', Epipremnum aureus, Syngonium podophyllum, Chrysanthemum morifolium, Gerbera jamesonii, Dracaena deremensis 'Warneckii'Les plantes qui décomposent bien le benzol (peintures, solvants…)Hedera helix, Spathiphyllum, Dradaena marginata, Epipremnum aureus, Dracaena deremensis 'Warneckii', Sansevieria trifasciata, Aglaonema modestumLes plantes qui décomposent bien le trichloréthylène (diluants, retour de pressing…)Spathiphyllum, Dracaena deremensis 'Warneckii', Dracaena deremensis 'Janet Graig', Dradaena marginata, Sansevieria trifasciata, Hedera helixLes plantes qui décomposent bien le dioxyde de carbone (produits de combustion)Chlorophytum elatum, Epipremnum aureusPour en savoir plusAssociation Plant'Airpur : www.plantairpur.fr Plants for People : www.plants-for-people.orgIsabelle Eustache
3 min
Pas d’anti-inflammatoires en fin de grossesse !
A partir de 6 mois de grossesse, utiliser des AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) est strictement interdit. L’information est connue depuis des années, mais il semble que tout le monde ne soit pas au courant. Petite mise au point? Anti-inflammatoires : des médicaments interdits en fin de grossesse Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens ou AINS sont des médicaments qui diminuent l’inflammation. On les utilise pour lutter contre toutes les douleurs, des lombalgies aux maux de tête ; ils peuvent aussi lutter contre les inflammations des articulations, les rages de dents, et autres encore. Dans la vie quotidienne, vous en avez probablement déjà pris. Les plus connus sont sans doute l’acide acétylsalicylique (aspirine®) et l’ibuprofène, mais il y a aussi le kétoprofène, le diclofénac, l’acide tiaprofénique, le flurbiprofène, et d’autres encore. Toutes ces substances sont donc interdites pour les femmes à partir de la fin du cinquième mois de grossesse. En effet, elles sont toxiques pour le f?tus, et peuvent entraîner des problèmes rénaux et même la mort. Ce risque concerne même une prise unique, et à la dose correcte. Soulignons aussi que deux AINS, le célécoxib (celebrex®) et l’étoricoxib, sont interdits pendant toute la grossesse. Comment prendre ses précautions ? La première règle est bien connue : pas d’automédication pendant la grossesse ! En effet, beaucoup des anti-inflammatoires non stéroïdiens sont disponibles sans ordonnance. Il est donc possible pour une future maman qui a mal à la tête de suivre ses réflexes et de s’en procurer une boîte, quel que soit le stade de sa grossesse. Par ailleurs, attention, les AINS ne se présentent pas seulement sous forme de gélules ou de comprimés. Il y en a dans des crèmes, des collyres, des gels ou autres. Et chacune de ces formes entraîne des dangers pour l’enfant. Pour savoir si un médicament contient un anti-inflammatoire non stéroïdien, il suffit de vérifier la notice du médicament. Si vous n’avez plus cette notice, rendez-vous dans une pharmacie pour demander l’information. Quand faut-il consulter son médecin ? Pendant la grossesse, de toute façon dès que vous ressentez le besoin de prendre un traitement par médicament, il faut passer par la case médecin. Si vous avez pris un médicament pendant la grossesse et qu’il s’avère être un anti-inflammatoire non-stéroïdien, arrêtez immédiatement le traitement et consultez votre médecin. Normalement le pharmacien ou la pharmacienne attirera son attention sur les dangers de ce médicament pendant la grossesse. Enfin, signalez votre grossesse à chaque fois que vous achetez un médicament, pour bénéficier du conseil du pharmacien. Marion Garteiser, journaliste santé
3 min
L'obésité aggrave l’incontinence, l’asthme, et les maladies digestives
Maladies digestives et hépatiques, pneumologiques ou urinaires?toutes paient un lourd tribut à l’obésité. Qu’elles soient conséquences directes de l’excès de poids ou juste favorisées par le surpoids, perdre quelques kilos permet souvent d’améliorer la situation. Que sait-on aujourd’hui de l’impact de l’obésité ? Maladies digestives, conséquences graves et mal connues de l’obésité Plusieurs maladies digestives sont à mettre sur le compte de l’obésité, définie par un Indice de Masse Corporelle (IMC) égal ou supérieur à 30 kg/m2. Au premier rang figure le reflux gastro-?sophagien (RGO) où, parmi d’autres mécanismes, l’augmentation de la pression abdominale favorise les remontées acides. L’obésité est aussi incriminée dans le cancer de l’?sophage (adénocarcinome). Il résulte de la dégénérescence de lésions de la muqueuse de l’?sophage, elles-mêmes conséquences d’un RGO, favorisé par l’obésité. Ce risque de cancer de l’?sophage augmenterait de 55% pour cinq points d’IMC supplémentaires*. Mais d’autres cancers sont impactés comme celui du pancréas et du côlon avec, respectivement, +14% et +15% de risque pour cinq points d’IMC supplémentaires. Le développement de ces cancers est favorisé par l’inflammation généralisée produite par le tissu graisseux (adipeux). Le rôle de l’obésité est renforcé dans le cancer du côlon par la consommation de viande rouge, de charcuterie et de graisse et par l’effet propre des micro-organismes vivant dans l’intestin (microbiote). En revanche, de nombreuses zones d’ombre subsistent sur l’influence de l’obésité vis-à-vis des maladies inflammatoires de l’intestin dont la maladie de Crohn (MICI) ou même de l’intestin irritable. Vis-à-vis de la santé du foie, c’est au tour de taille plutôt qu’à l’obésité d’entrer en jeu dans ce que l’on appelle la stéatose hépatique, c’est-à-dire l’infiltration de graisse dans le foie (« foie gras »). Dr Juliette Foucher, service d'Hépatologie, Hôpital Haut-Lévèque Pessac (Bordeaux) : « Une personne obèse sur deux développe une stéatose, précise le. Néanmoins, l’obésité n’implique pas obligatoirement la présence de cette graisse dans le foie. De plus, les personnes avec un tour de taille supérieur à 80 cm chez la femme et 94 cm chez l’homme ont plus de risque de développer un stade encore plus préoccupant c’est à dire une stéatose associée à de l’inflammation, appelé stéatohépatite (NASH). Ce risque de NASH croit avec le tour de taille. Or une NASH peut favoriser une cirrhose et potentiellement un cancer du foie (carcinome hépatocellulaire) ». Points positifs, une perte de poids -même modeste- peut diminuer les symptômes de reflux gastro-?sophagien en réduisant la pression abdominale. Elle peut même améliorer l’état et la quantité de graisse du foie et, de ce fait réduire, le risque de cirrhose et de cancer. L’incontinence urinaire, intimement liée à l’indice de masse corporelle Les troubles urinaires ne sont pas en reste. L’obésité intervient principalement dans l’incontinence urinaire. Selon la vaste étude EPINCONT conduite auprès de 28 000 norvégiennes, tous les cinq points d’Indice de masse corporelle, le risque d’apparition de fuites urinaires quotidiennes augmente de 20 à 70 %. Le surpoids compte pour beaucoup dans l’incontinence urinaire à l’effort, plus faiblement dans l’incontinence urinaire par impériosité (envie pressante d’uriner) et par hyperactivité de la vessie. Si l’obésité est un facteur d’incontinence, à l’inverse, perdre du poids -même de 5% à 10% du poids corporel- améliore la continence, les symptômes et la qualité de vie. Pr Pierre Costa, chef de service d’Urologie-Andrologie (Hôpital Universitaire Carémeau, Nîmes) : « La prostate est elle aussi concernée. Dans l’augmentation de la taille de la prostate (hypertrophie bénigne de prostate) et dans le cancer de la prostate, l’inflammation générée par le tissu graisseux favoriserait l’agressivité et la croissance tumorale ». L’obésité, facteur de maladies respiratoires Alors que l’obésité favorise, aggrave l’asthme et même perturbe le bon contrôle de la maladie, son impact est encore peu exploré dans la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Dans l’asthme, l’affaire est entendue : le fait d’être obèse double quasiment le risque de développer un certain type d’asthme. Bien entendu, l’obésité est un facteur d’aggravation de l’asthme en général du fait de l’existence de maladies souvent associées comme le syndrome des apnées du sommeil ou le reflux gastro-?sophagien. Pr Alain Didier, chef de service, pneumo-allergologue (CHU de Toulouse) : « Néanmoins, tous les asthmes ne sont pas liés à la corpulence. L’obésité favorise plutôt l’apparition d’un asthme particulier dit « non-éosinophilique ». Le mécanisme passerait par une réaction exacerbée des bronches (« hyperréactivité bronchique ») due à une modification de la mécanique ventilatoire. En effet, chez la personne obèse, à l’obstruction classique des bronches s’ajoute une diminution des volumes expirés avec l’écrasement des bronchioles (prolongement des bronches) en fin d’expiration ». Dans tous les cas, la réduction pondérale est souhaitable. Avec l’activité physique régulière, leur rôle est bénéfique sur le contrôle de l’asthme des obèses, tout particulièrement dans le cas de ce type d’asthme particulier. Pour l’asthme classique, la perte pondérale améliore uniquement la sensation à l’effort, sans que le profil de la maladie en soit modifié. Idem pour la BPCO où, à ce jour, la relation avec l’obésité n’est pas si simple. Une chose est sûre : la perte de poids agit sur l’essoufflement. Si la perte de masse grasse s’accompagne d’un gain de masse musculaire, ces malades peuvent espérer gagner en capacité respiratoire. Marion Garteiser, journaliste santé
3 min
Apnées du sommeil : vers une approche personnalisée
6% des femmes et 13% des hommes d’âge moyen souffrent potentiellement d’un syndrome des apnées obstructives-hypopnées du sommeil (SAHOS), ces pauses respiratoires anormales pendant le sommeil. Au-delà des traitements actuels, les chercheurs cernent de mieux en mieux les différents profils d’apnéiques et entrevoient ainsi de nouvelles pistes thérapeutiques. En direct de la recherche. Les apnées du sommeil, des critères simples Le SAHOS -plus communément appelé apnées du sommeil- est caractérisé par des obstructions répétées des voies aériennes supérieures, de plus de 10 secondes, chez une personne endormie. Les recommandations sur le traitement se fondent sur quelques critères assez simples, à savoir la présence de certains symptômes (somnolence, ronflements, épisodes de suffocation nocturne, problèmes de concentration, mictions nocturnes importantes ou nycturie) mais aussi les maladies cardiovasculaires associées (comorbidités) et la sévérité des apnées. Il faut au moins cinq épisodes de pauses respiratoires par nuit pour poser le diagnostic d’apnées minimes, entre 15 et 30 pour celui d’apnées modérées, plus de 30 pour celui d’apnées sévères. Orthèses d’avancée mandibulaire et pression positive continue Ces critères pris ensemble vont guider le traitement avec, d’un côté, plutôt le port d’un appareillage appelé orthèse d’avancée mandibulaire en cas d’apnées modérées sans comorbidité cardiovasculaire sévère. Ces petits appareils amovibles dégagent le pharynx en avançant la mâchoire inférieure pour maintenir un filet d’air dans la bouche. Seuls 2% des apnéiques en sont équipés, une proportion inférieure à celle des pays voisins. Lorsque les apnées sont sévères ou associées à un risque cardiovasculaire élevé, la Pression Positive Continue (PPC) nasale permet de retrouver, pour la plupart des malades, des nuits enfin reposantes et une qualité de vie satisfaisante. La personne dort avec un masque où la pression de l’air inspiré est augmentée (d’à peine quelques millimètres de mercure) levant ainsi le barrage mécanique qui empêche l’air de passer. "Appareiller" ces personnes est indispensable, tant pour améliorer leur qualité de vie que pour corriger le risque cardiovasculaire associé aux apnées du sommeil. Tous les apnéiques ne se ressemblent pas Ces critères simples d’évaluation des apnées ne permettent cependant pas de rendre compte de la grande variété des profils d’apnéiques. Pour cela, il faut en inclure d’autres comme des facteurs physiopathologiques, le caractère positionnel ou non des troubles respiratoires nocturnes (préférentiellement lorsque la personne est à plat-dos) mais aussi des symptômes associés tels que l’insomnie, la dépression?. Ceci permet une caractérisation beaucoup plus fine de la maladie en vue de définir de grands profils (phénotypes) d’apnéiques. Pr Frédéric Gagnadoux, département de pneumologie au CHU d’Angers : « A partir de l’étude de plusieurs milliers d’apnéiques en Pays de Loire, nous avons pu dégager plusieurs profils dont un phénotype féminin. Celui-ci est un syndrome des apnées particulier, plus souvent associé à l’insomnie, à la dépression, à l’hypertension artérielle et au diabète. Autre exemple, le profil « SAHOS avec somnolence » exposerait à un risque accru de perturbations métaboliques avec, de ce fait, un devenir cardiovasculaire plus péjoratif. Un autre phénotype pourrait s’appeler « SAHOS comorbide » ; ce sont des malades qui cumulent les maladies associées sans pour autant présenter de symptômes typiques des apnées. Chez eux, traiter uniquement les apnées produit un effet très modeste sur l’avenir cardiométabolique. Dans ce cas précis, la prise en charge devra être multidisciplinaire et porter à la fois sur les apnées et les facteurs de risque (traitement de l’hypertension, modification de l’activité physique, de la diététique etc.). » Apnées du sommeil, des mécanismes mieux cernés Les mécanismes qui conduisent au mauvais fonctionnement (collapsus) du pharynx sont aussi progressivement mieux caractérisés. Jusqu’alors, seule la cause anatomique était considérée. En réalité, d’autres facteurs interviennent et constituent des cibles thérapeutiques potentielles : il d’agit du tonus et de l’activité des muscles dilatateurs du pharynx, de la stabilité du contrôle ventilatoire et du seuil d’effort respiratoire responsable d’éveils. Plusieurs voies thérapeutiques ciblant ces paramètres sont en cours d’évaluation dans la perspective d’une médecine personnalisée : Certains patients ont un seuil d’éveil trop bas et pour cette raison sont plus sensibles à l’effort respiratoire et aux apnées. Ils se réveillent souvent. Chez eux, des études évaluent l’intérêt de prescrire des médicaments hypnotiques, afin d’approfondir leur sommeil sans pour autant aggraver les apnées. La stimulation du muscle de la langue (génioglosse) par l’intermédiaire du nerf hypoglosse est une autre approche à l’essai. On sait en effet depuis peu que certains apnéiques ont une réponse insuffisance de ces muscles pendant le sommeil. La moitié des apnéiques ont des symptômes d’insomnie. Or, non seulement les apnéiques insomniaques ont plus de risque de développer une hypertension artérielle mais ils ont moins tendance à accepter la contrainte de la pression positive continue. Des programmes sont en cours afin d’évaluer chez eux une prise en charge cognitivo-comportementale de l’insomnie. Des machines de pression positive continue spécifiques pour les patients insomniaques sont en cours conception. Des facteurs biologiques pourraient conditionner l’impact des traitements des apnées du sommeil sur la pression artérielle et le risque cardiovasculaire. Marion Garteiser, journaliste santé
3 min
Les astuces pour perdre du ventre
Qui n’a jamais rêvé d’un ventre parfaitement plat ? Facile pour certains et certaines, un véritable casse-tête pour les autres. Voici quelques astuces pour dégonfler avant l’été. Luttez contre la constipation par tous les moyens ! Objectif, aller à la selle tous les jours, ou presque. Si nécessaire, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien pour obtenir des conseils personnalisés. Faites du sport très régulièrement, idéalement trois fois par semaine ou adoptez un mode de vie très actif. L’activité physique qui sollicite la cavité abdominale contribue aussi à lutter contre la constipation. Faites travailler vos abdominaux, mais attention à ne pas gonfler le ventre pendant leur réalisation, ce qui aurait l’effet inverse. Privilégiez les relevés de buste et les pédalages. Entre les séances d’abdos, idéalement quotidiennes, veillez à votre maintien, ce qui signifie qu’à chaque occasion, contractez votre ventre, que ce soit en positon assise ou debout. Revisitez le contenu de votre assiette : votre alimentation doit être équilibrée et légère. Exit les produits gras et les repas trop lourds et copieux. Misez sur les légumes cuits, les fruits et les céréales complètes. Attention cependant aux crudités, aux féculents et aux excès de fruits, qui peuvent aussi faire gonfler le ventre. Mais pas question de les éliminer, il suffit de surveiller les quantités. Et justement, pour bien gérer les quantités et diminuer les portions, pensez à toujours manger lentement en mastiquant longuement chaque bouchée, ce qui stimule l’état de satiété et favorise le transit intestinal. Buvez beaucoup d’eau, régulièrement tout au long de la journée. Vous pouvez varier avec des bouillons, des tisanes, du thé, mais pas d’alcool ni de soda. Évitez surtout la bière et les boissons gazeuses. Limitez le sel qui tend à faire gonfler via la rétention d’eau (attention aussi au café !). C’est également excellent pour éviter l’hypertension artérielle. D’ailleurs tous ces conseils spécial ventre plat sont aussi valables pour une bonne santé en général. En effet, l’activité physique et une alimentation équilibrée contribuent à prévenir la plupart des maladies chroniques : maladies cardiovasculaires, diabète, obésité, cancer, etc. Deux derniers conseils : Évitez de mâcher des chewing-gums. Massez votre ventre en effectuant des mouvements circulaires avec le plat de votre main.
2 min
Dépression : il n’y a pas que les antidépresseurs !
La dépression touche environ 3 millions de personnes chaque année en France. La prise en charge médicale repose généralement sur la prescription d’antidépresseurs. Nécessaire quand les troubles sont sévères, la phytothérapie peut être une alternative efficace dans les dépressions plus légères. L’alimentation aussi compte. Les caractéristiques de la dépression L’Organisation mondiale de la santé (Oms) estime que la dépression est l’un des troubles les plus fréquents. Toutes les tranches d’âge sont concernées selon l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), avec un pic chez les 20-34 ans. Une dépression se caractérise par plusieurs symptômes : tristesse, perte d’intérêt et de plaisir pour les activités quotidiennes, troubles du sommeil et de l’appétit, fatigue dès le réveil, ralentissement psychomoteur, culpabilité et dévalorisation, difficultés de concentration, idées noires. Un patient est considéré dépressif s’il cumule cinq de ces symptômes tous les jours depuis au moins deux semaines. L’hérédité, le stress, l’anxiété... sont des facteurs de risques. Les antidépresseurs pas toujours efficaces Les antidépresseurs sont depuis longtemps les médicaments de référence pour traiter la dépression. Il le reste dans les cas les plus graves mais pas forcément dans les autres. Ni pour prévenir les rechutes contre lesquelles la méditation pleine conscience a fait ses preuves. « Les antidépresseurs sont testés sur des dépressions sévères où leur action est incontestable, elle est plus discutable pour traiter les dépressions modérées et légères. Comme le cancer, la dépression n’est pas une entité unique mais une maladie multiple », explique le psychiatre Patrick Lemoine. Par ailleurs, les effets de ces médicaments sont plus probants lorsqu’ils sont associés à une psychothérapie. Et « la facilité qui consiste à prescrire une molécule souvent choisie au petit bonheur la chance a fait négliger d’autres approches comme la phytothérapie », précise le médecin. Des plantes pour réguler et apaiser l’humeur Le millepertuis est la plante la plus connue pour soulager les troubles de l’humeur et l’anxiété. Différentes études ont montré qu’il contient une dizaine de principes actifs aussi efficaces qu’un antidépresseur classique. L’Oms a reconnu son intérêt dans le traitement des dépressions légères. « Nous pouvons orienter vers différentes plantes parmi lesquelles le mucuna pour un déficit en dopamine, le griffonia pour un déficit en sérotonine, le safran et le curcuma pour leur action anti-inflammatoires cérébrales », indique le Dr Marc Beck, généraliste et phytothérapeute. L’action du griffonia, par exemple, passe par sa richesse en HydroxyTryptoPhane (5-HTP), un acide aminé que l’organisme transforme en sérotonine, un neurotransmetteur (substance qui permet l’influx nerveux entre les neurones) souvent déficitaire dans la dépression. Plantes contre la dépression : mieux vaut prendre l’avis d’un spécialiste Autre plante intéressante : la rhodiole dont les propriétés stimulantes sont reconnues en médecine traditionnelle chinoise et qui pourrait favoriser la résistance au stress. Des études suggèrent que le safran aurait des vertus antioxydantes, sérotoninergiques et neuroprotectrices. La valériane aux propriétés apaisantes, ou encore le magnésium qui aide au bon fonctionnement du système nerveux, peuvent être également recommandés. Mais attention : les plantes ne sont pas anodines ! Elles peuvent parfois diminuer l’effet de certains médicaments (anticoagulants, etc.). Il ne faut donc pas les prendre à la légère et consulter un phytothérapeute pour la prescription d’un traitement adapté et un suivi, fondamental pour évaluer l’amélioration ou pas de l’état de la maladie. Oméga 3, magnésium... Il faut soigner son assiette ! Certains aliments aident à contrer la dépression. A commencer par les omégas 3, des acides gras polyinsaturés essentiels au cerveau dont l’utilité dans la prévention des troubles dépressifs et de la mémoire est documentée. Les poissons gras (sardine, maquereau, hareng, truite fumée...) et les huiles de colza ou de noix en contiennent beaucoup. En cas de stress chronique, il est important de faire le plein de magnésium dont les légumes à feuilles vertes (épinards, etc.), quelques légumineuses (pois, haricots), certaines eaux minérales, le chocolat noir et les oléagineux (amandes, noix, noisettes...) recèlent. Le cerveau a besoin d’acides aminés, notamment la tyrosine et le tryptophane : le premier (à privilégier surtout le matin) est dans les ?ufs, certains fromages (emmental, gruyère, parmesan), les céréales complètes, les bananes, etc. ; le second (à privilégier plutôt le soir) est dans le poulet, les noix de cajou, le riz complet, l’avocat, etc. Les vitamines du groupe B agissent également sur le système nerveux : il y en a dans les légumes verts et secs (lentilles, etc.), le foie, les fruits de mer, les germes de blé... Sans oublier l’intestin, notre deuxième cerveau. La dépression entraine une modification du microbiote qui permet à certaines bactéries de passer à travers la muqueuse intestinale et de causer une inflammation cérébrale, ce qui a conduit à préconiser la consommation de prébiotiques (fruits, légumes...) et de probiotiques (laits fermentés, yaourts...) pour renforcer son étanchéité. Marion Garteiser, journaliste santé
3 min
La sexualité, ça sert à quoi ?
Faire l’amour, c’est peut-être l’activité de loisir la plus répandue dans le monde chez les adultes. D’autant qu’elle est gratuite et facilement disponible (à condition d’avoir un partenaire !). Mais au-delà de tous les conseils que l’on peut lire ou entendre, à quoi sert-elle finalement cette sexualité ? La sexualité a pour but de nous reproduire Le premier rôle de la sexualité est biologique. Elle sert à nous reproduire. Notre corps étant mortel, la force de la vie le pousse à se reproduire pour que notre espèce persiste sur terre. C’est pour cela que la sexualité est une force très puissante ! C’est une force de vie qui lutte contre la mort. Cela permet de comprendre pourquoi, même quand on ne souhaite pas consciemment d’enfant, cette force cherche en quelque sorte à nous piéger. Nous faire oublier la contraception ou le bon sens… A nous de savoir en tenir compte. La sexualité sert à nous attacher à notre partenaire pour former un couple solide Quand vous faites l’amour avec quelqu’un régulièrement, vous vous attachez sentimentalement à cette personne. Vous lui faites de plus en plus confiance, vous ressentez des sentiments de plus en plus forts. C’est dû au fait que l’ocytocine, hormone produite pendant l’amour, est une hormone d’attachement. Son but, ce n’est pas tellement de vous rendre amoureux, même si c’est agréable ; son but c’est d’attacher deux membres d’un couple pour les faire former une entité plus solide capable d’élever des enfants jusqu’à ce qu’ils deviennent autonomes. Dans les temps anciens, une mère ou un père seul était beaucoup plus fragile, et l’enfant courait plus de risque de ne pas pouvoir atteindre l’âge adulte. Cette fragilité persiste hélas aujourd’hui et l’on sait par exemple que les familles monoparentales sont plus souvent soumises à une grande pauvreté. Le but de la force sexuelle est encore ici de nous permettre d’amener nos descendants à l’âge adulte avec la plus grande chance de réussite possible, et celle de produire à leur tour une descendance. La sexualité a un rôle de détente Faire l’amour, cela donne envie de dormir. Et l’on dort très bien après l’acte amoureux. Dans le même ordre d’idée, la sexualité fait diminuer l’anxiété et le risque de dépression. Donc elle nous permet de nous sentir mieux dans notre peau. Ces actions positives sont dues aux hormones en jeu pendant l’acte sexuel… Et également aux bienfaits de se donner mutuellement du plaisir, de se sentir désiré, aimé, caressé, embrassé, de se sentir compter pour quelqu’un. Au total, la sexualité sert à nous rendre plus heureux… Même si son rôle biologique est avant tout de nous permettre de nous reproduire pour faire persister notre espèce au fil des siècles ...
min
Maladies cardiovasculaires : du nouveau pour le cholestérol, les anticoagulants, la pression artérielle...
Comme chaque année, le congrès de l'European Society of Cardiology a apporté son lot d'études scientifiques pour mieux comprendre les maladies cardiovasculaires comme la fibrillation auriculaire ou l'insuffisance cardiaque et leur traitement, notamment les anticoagulants. Morceaux choisis, en direct du congrès. Les nouveaux anticoagulants, désormais en première ligneDe nouvelles recommandations européennes (1) renforcent la place des anticoagulants oraux directs (AOD : dabigatran, rivaroxaban, apixaban, bientôt l'edoxaban etc.).Ces nouveaux anticoagulants par voie orale autres que les "classiques" antagonistes de la vitamine K (AVK) sont désormais recommandés comme traitement de première intention chez les personnes souffrant de fibrillation auriculaire, le trouble du rythme le plus courant.Quant à l'arythmie cardiaque complète par fibrillation auriculaire (ou atriale), elle est responsable d'embolie artérielle, en particulier cérébrale (hémiplégie). Elle expose à cinq fois plus d'accidents vasculaires cérébraux que la population générale.Avec ce message, la Société européenne de cardiologie et l'Association européenne de chirurgie cardiothoracique prennent position en faveur de ces récentes molécules qui ont fait leurs preuves en matière de sécurité : non seulement le risque de saignement est bien moindre sous ces anticoagulants oraux directs qu'avec les AVK (ils divisent par deux le risque d'hémorragies intracérébrales) mais ils sont tout aussi efficaces. Il est aussi conseillé de privilégier les AOD en cas de difficulté à gérer l'anticoagulation sous AVK en cas de fibrillation auriculaire.De récentes études dont quelques-unes présentées à l'ESC 2016 avec l'un de ces AOD (apixaban) montrent aussi que les personnes ayant une insuffisance rénale (sauf stade terminal) en tirent encore de plus de bénéfice, avec un risque de saignements majeurs notamment digestifs nettement diminué, tout en conférant une protection satisfaisante contre les accidents vasculaires cérébraux (AVC).Cholestérol : de nouvelles recommandations européennesLes nouvelles recommandations pour la prise en charge en cas d'excès de cholestérol ont été développées à ce congrès (2).Le taux de LDL cholestérol (le "mauvais" cholestérol) reste la cible thérapeutique. Pour les personnes à haut risque cardiovasculaire, l'objectif est d'être en dessous de 1g/L (ou 2,6 mmol/L) et pour celles à très haut risque en dessous de 0,7 g/L (ou 1,8 mmol/L). Sur un pied d'égalité figure la recommandation d'une baisse de 50 % du taux de cholestérol initial chez les patients à haut risque.Enfin, toujours sur le thème des lipides, des études présentées à l'ESC portent sur de récentes molécules, dont la commercialisation est très attendue en France. Il s'agit des anticorps anti-PCSK9, de puissants médicaments qui font baisser le taux de LDL cholestérol, à l'instar des fameuses statines.Les anti-PCSK9 sont très utiles chez un certain type de malades, ceux dont le taux de LDL-cholestérol est très élevé (hypercholestérolémie familiale) pour des raisons génétiques. Ces patients sont souvent jeunes avec un très haut risque d'évènements cardiovasculaires.Sous anti-PCSK9, la baisse du taux de LDL cholestérol est si importante qu'il est possible d'espacer chez plus de 20% et de stopper chez près de 50% d'entre-eux la contrainte de la "LDL-aphérèse": cette technique d'épuration sanguine consiste à nettoyer le sang de l'excès de cholestérol qui peut se déposer sur les artères, grâce à une technique simple, similaire au principe de la dialyse rénale. L'impact de cette étude est considérable sur la qualité de vie de ces personnes.L'insuffisance cardiaque, deux fois plus fréquente d'ici à 2040L'insuffisance cardiaque peut découler d'une maladie des artères du coeur (coronaires), d'une hypertension, d'une obésité ou d'un diabète... Ce sont toutes des maladies inhérentes au vieillissement de la population et au mode de vie (sédentarité et déséquilibre alimentaire) et dont la prévalence ne cesse d'augmenter. Le coeur ne joue plus son rôle de pompe et les organes ne sont plus suffisamment alimentés en oxygène et en éléments nutritifs.Un million de Français en souffrent. L'insuffisance cardiaque fait de plus en plus de victimes dans le monde, surtout les hommes, et une étude islandaise prédit qu'elle serait deux fois plus fréquente chez les personnes âgées en 2040 et trois fois plus fréquente en 2060 (3). Ces données, bien qu'islandaises, donnent le ton pour l'ensemble des pays. Le Pr Ragnar Danielsen qui a dirigé l'enquête "Age" invite à redoubler d'effort, à savoir adopter un mode de vie plus sain et une meilleure adhésion aux traitements préventifs.Traiter les apnées du sommeil, oui mais...Les apnées du sommeil -syndrome des apnées obstructives du sommeil (SAOS)- sont des pauses respiratoires prolongées, de plus de 10 secondes, chez une personne endormie, privant temporairement le cerveau d'oxygène.Le principal traitement est la Pression Positive Continue (PPC). Le malade dort avec un masque où la pression de l'air inspiré est augmentée, levant ainsi le barrage mécanique qui empêche l'air de passer. "Appareiller" ces personnes est indispensable, tant pour améliorer leur qualité de vie que pour corriger le risque cardiovasculaire associé aux apnées du sommeil. Il a été montré que la Pression Positive Continue (PPC) pendant trois mois réduit plusieurs composants du syndrome métabolique (résistance à l'insuline, taux anormaux de lipides) et améliore la pression artérielle. Néanmoins, l'étude SAVE présentée à l'ESC 2016 (4), conduite chez des personnes présentant une pathologie coronaire ou cérébrovasculaire, ne retrouve pas le bénéfice attendu en théorie sur les évènements cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, mortalité, syndrome coronaire aigu etc.), en dehors d'un effet positif sur la qualité de vie.Aussi vaste soit cette étude, près de 3 000 patients, il semble que la durée médiane d'à peine plus de 3h exigée pour l'utilisation de la machine PPC chaque nuit soit probablement insuffisante pour améliorer le pronostic cardiovasculaire. En effet, une tendance à une réduction des événements cérébrovasculaires a été observée chez ceux qui utilisaient la PPC plus de 4 heures par nuit. A suivre.Maladies des artères coronaires : traiter la pression artérielle avec modérationPrudence lorsque l'on traite la pression artérielle des personnes ayant une maladie des artères coronaires. Chez eux, il ne faudrait pas passer en dessous de 120/70 mm Hg.Selon le registre CLARIFY (5) regroupant près de 23 000 personnes coronariennes stables dans 45 pays et traités pour une hypertension, baisser la pression artérielle systolique (PAS/lors de la phase de systole, de la contraction du coeur) en deçà de 120 mm Hg peut être dangereux, avec un risque relatif de décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde ou d'accident vasculaire cérébral augmenté de 56%.Il ne serait pas non plus judicieux de baisser la pression artérielle diastolique (PAD/ pression du sang en phase de diastole, de relâchement du coeur) en deçà de 70 mm Hg, avec un risque relatif de +41% d'accident cardiovasculaire si elle est comprise entre 60-69 mm Hg et doublé en deçà de 60 mm Hg.A l'inverse, il est déjà bien établi qu'une PAS égale ou supérieure à 140 mm Hg et une PAD supérieure ou égale à 80 mm Hg sont toutes deux associées à un risque accru d'accident cardiovasculaire. Cette étude montre que baisser la pression artérielle est essentiel en cas d'hypertension chez des personnes coronariennes. Mais ni trop, ni trop peu! Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
4 min
Cancer du testicule : des tumeurs qui ne doivent plus faire peur
Grâce à une avancée française présentée en juin 2016 au congrès de la société américaine d'oncologie qui est aussitôt devenue le traitement de référence, il est possible de guérir 75 % des tumeurs graves du testicule. Les explications par son découvreur, le Pr Karim Fizazi, chef du Département de Médecine oncologique à l'Institut Gustave Roussy (Villejuif). Aujourd'hui, grâce à la chimiothérapie, il est possible de guérir plus de 90% de l'ensemble des cancers du testicule.tastatiques sont classés en trois catégorie
4 min
Art-thérapie : quand la musique soulage les douleurs
Il y a des rencontres formidables. Celle de Claire Oppert, violoncelliste, et du Dr Jean-Marie Gomas, pionnier en matière de soins palliatifs, en est une. Ensemble, ils ont mis au point le « pansement Schubert » pour améliorer, par l'art-thérapie, la prise en charge de la douleur des patients en fin de vie.
3 min
Le réchauffement climatique et son impact sur notre santé : un risque croissant
Plus d'allergies, d'asthme, de maladies respiratoires et infectieuses, de gastro-entérites, de décès... L'impact du changement climatique sur la santé est complexe et encore peu étudié. Il dépend aussi de facteurs individuels et socio-économiques mais les risques commencent à être bien repérés. Et sous nos latitudes, ils ne concernent pas que les moustiques... Le réchauffement climatique a des effets réels sur la santéLe changement climatique est devenu une réalité préoccupante pour la santé. Depuis 25 ans, la température ambiante augmente de plus de 0,18°C tous les dix ans dans le monde contre 0,85°C en cent ans auparavant. Non seulement, le phénomène s'accélère mais, pour Sylvie Joussaume, directrice de recherche au CNRS et climatologue, il est sans équivoque : « Le réchauffement climatique va se poursuivre même si on le réduit fortement ».Si pour l'heure, les conséquences sur la santé « ne sont pas suffisamment mises en avant », selon le Pr Robert Barouki, toxicologue à l'Inserm, elles sont réelles. L'Organisation mondiale de la santé estime qu'entre 2030 et 2050, l'impact du climat sur les diarrhées, la chaleur, le paludisme et la malnutrition des enfants provoqueront 250 000 décès supplémentaires par an.Changement climatique : canicules et surmortalité« On va avoir de plus en plus de phénomènes extrêmes et fréquents comme les canicules et les inondations », souligne Sylvie Joussaume.Or, les températures élevées contribuent à accroître directement la surmortalité par maladies cardiovasculaires et respiratoires, notamment chez les personnes âgées. En Europe, la canicule de l'été 2003 a fait 70 000 morts de plus que d'habitude, 15 000 en France. C'est encore pire en cas de pic de pollution atmosphérique. « Les particules fines pénètrent profondément dans les poumons. Le problème est que le réchauffement climatique favorise encore leur concentration », avertit Isabella Annesi-Maesano, spécialiste des maladies allergiques et respiratoires à l'Inserm.Le réchauffement climatique, c'est d'avantage de pollen et d'allergiesLe nombre d'allergies a triplé en 25 ans, il pourrait quadrupler d'ici 2050. En effet, le réchauffement climatique favorise la production de pollen par les plantes et allonge la durée de la saison pollinique. Une étude anglaise indique qu'elle dure cinq jours de plus qu'avant.Pour Isabella Annesi-Maesano, « Les pollens pourraient devenir plus allergisants aussi au contact de certains polluants qui ont la capacité de les fragmenter, ce qui leur permet de rentrer facilement dans les bronches, déclenchant des crises d'asthme. Sinon, ils restent dans la sphère ORL et on a des rhinites allergiques ».Le fait d'habiter en zone urbaine aggrave les risques : les Anglais ont calculé qu'ils auront sept fois plus de pollens d'ambroisie, une plante répandue hautement allergisante, en ville qu'à la campagne.Le spectre des maladies infectieuses renforcé par le changement climatiqueLes variations climatiques risquent d'influer sur les vecteurs de maladies infectieuses.Le virus de poliomyélite se réplique mieux à 37°C, la durée d'incubation du virus de la dengue passe de 12 à 7 jours quand la température passe de 30°C à 35°C... « Les moustiques peuvent devenir infectieux beaucoup plus rapidement avec le réchauffement climatique, affirme Cyril Caminade, chercheur à l'université de Liverpool. On commence à avoir des cas de chikungunya et de dengue dans le sud de la France. Pour autant, le risque de transmission de ces maladies vient essentiellement aujourd'hui de l'augmentation de la population mondiale, de sa mobilité et de la globalisation ».Autrement dit, si le moustique tigre se retrouve à Lyon, c'est surtout à cause de l'homme qui le transporte lors de ses déplacements. Par ailleurs, il n'est pas sûr que le paludisme s'accroisse en Afrique comme on a tendance à le penser : une étude récente montre qu'une élévation de la température de 4°C à 5°C pourrait nuire à la reproduction du cycle parasitaire.Le réchauffement climatique sur les coquillages, c'est plus de gastro-entéritesPour le Pr Jean-François Guégan, spécialiste des maladies infectieuses à l'Institut de recherche pour le développement, le risque le plus important en France et dans l'hémisphère nord pourrait venir non pas des moustiques mais d'infections transmises par l'alimentation : « Le changement climatique s'accompagne de fortes pluies, c'est là un de ses effets majeurs... La décharge d'eau douce dans la mer due à ces pluies violentes engendre une baisse de la salinité et facilite la multiplication de virus et de bactéries comme les vibrios vivant dans les eaux côtières ». Ils peuvent se retrouver dans la chaîne alimentaire via les huîtres, les palourdes, les coquillages... et provoquer des gastro-entérites. Le problème reste limité sous nos latitudes mais il y a déjà eu des cas d'intoxication en méditerranée et en Vendée. « On a besoin de mieux comprendre les liens entre le réchauffement climatique et la santé car on en est qu'au début, précise le Pr Guégan. Néanmoins, il faut arrêter de crier au loup ici car les épidémies de maladies infectieuses viennent principalement de la pauvreté, de la malnutrition et de l'absence de système de soins ».Des paramètres qui concernent avant tout les pays en développement et qui feront d'eux... les premières victimes du réchauffement climatique. Source : e-santé Brigitte Bègue, journaliste santé
3 min
Génétique : peut-on faire parler l'ADN pour connaître nos maladies futures ?
Les tests ADN promettent, telles des boules de cristal, de tout vous révéler de votre santé future. Mais s'ils ne se sont pas encore en mesure de vous dire si vous souffrirez un jour de la démence d'Alzheimer ou de maladies cardiaques, ils sont déjà opérationnels pour détecter des anomalies génétiques chez le foetus ou explorer les tumeurs en vue d'un traitement "à la carte" des cancers du sein. Voici quelques exemples concrets de que l'on appelle la "médecine prédictive et personnalisée". La médecine de demain, c'est déjà aujourd'hui. Test ADN, de quoi parle-t-on ?Les tests ADN donnent accès à des informations sur son propre état de santé ou celui de sa famille grâce à l'étude de l'ADN présent dans les cellules ou du nombre et de la forme des chromosomes. Trois types de tests génétiques existent : Ceux qui renseignent sur le patrimoine génétique d'un individu et qui se transmet à l'enfant (génétique "constitutionnelle"). Ces tests sont utilisés pour le diagnostic de maladies où un seul gène subit des mutations (mucoviscidose, polypose colique familiale, hémochromatose héréditaire). Des tests génétiques dits prédictifs sont effectués chez des personnes qui n'ont pourtant aucun symptôme, afin de savoir si elles vont développer une maladie. La personne qui a la mutation de la maladie de Huntington la développera à plus ou moins long terme, par exemple. En cancérologie, des tests prédictifs peuvent être utilisés lorsqu'une mutation a déjà été identifiée dans la famille (cancer du sein, du rein etc.). Ils donnent un niveau de risque mais pas une certitude de développer la maladie. Cependant, de nombreuses maladies sont sous le contrôle d'un ensemble de gènes et de l'environnement (asthme, diabète etc.). Aucun test génétique prédictif n'est disponible à ce jour pour ces pathologies multifactorielles.En 2016, plus de 3500 maladies liées à des anomalies de gènes sont répertoriées. Toutefois, seulement une partie présentent des procédures de dépistage de prévention ou de traitement avérées : Ceux qui informent sur l'état du génome de cellules cancéreuses (génétique "somatique"). Ces tests détectent les mutations survenues dans la tumeur et prédisent ainsi son comportement face à un traitement ciblé. Ce sont les tests compagnons ou signatures génomiques, réalisés à partir d'une biopsie de la tumeur (ou d'une prise de sang pour les cancers du sang). D'autres tests sont capables d'obtenir des informations sur la réponse à un traitement donné ou sur le risque d'effets indésirables. C'est la pharmacogénomique. Pr Pascal Pujol, généticien, président de la Société Française de Médecine Prédictive et Personnalisée (SFMPP) : « Sous l'impulsion de l'Institut National du cancer, la France dispose de plateforme de génétique réalisant plusieurs dizaines de milliers d'analyses génétiques par an, pour détecter des pistes thérapeutiques spécifiques ou identifier des prédispositions familiales. J'entrevois dans les mois et quelques années à venir une explosion des tests d'utilité médicale et un affinement des protocoles de prise en charge (dépistage et prévention), mais aussi d'innovations thérapeutiques ». Génétique : repérer la trisomie 21 par une simple prise de sangAujourd'hui, pour savoir si l'enfant à naître risque d'avoir une trisomie 21, première cause de retard mental congénital, on réalise chez les femmes enceintes à risque une amniocentèse (une ponction du liquide amniotique au travers du ventre de la mère). Or ce test peut provoquer des fausses couches, c'est à dire la perte du foetus. Il existe depuis plusieurs années un test génomique prénatal (avant la naissance) de la trisomie 21, à partir de fragments d'ADN foetal présents dans la circulation maternelle. Une simple prise de sang chez la mère permet d'étudier le patrimoine génétique du foetus et affirmer avec 99% de certitude si le futur enfant sera ou non atteint de trisomie 21.Pr Pujol : « 18 000 femmes qui sont potentiellement à risque d'avoir un enfant trisomique 21 (en fonction de l'âge, de paramètre biologique et à l'échographie) subissent une amniocentèse chaque année. Comme celle-ci comporte un risque vital pour le foetus, près d'une centaine de foetus perdent la vie. Alors que seuls 0,3 à 0,5% d'entre eux seulement avaient la trisomie 21 ! ». Aujourd'hui, ce test génétique n'est pas disponible partout en France et reste à la charge financière des femmes (entre 350 et 600 euros). C'est pourquoi les médecins, soutenus par le Comité Consultatif National d'Ethique, se battent pour que très rapidement ce test sanguin remplace l'amniocentèse. Celle-ci ne devrait plus qu'être exceptionnellement utilisée chez les rares femmes dont le test génétique est revenu positif (5% des femmes à risque). Le feu vert des autorités sanitaires françaises pour le test génomique prénatal de la trisomie 21 est attendu dès l'automne 2016. D'autres tests sont ou vont être utilisés chez le foetus, comme ceux portant sur la trisomie 18 et 13 mais aussi d'autres anomalies plus fines du génome.Cancer du sein : prédire l'avenir grâce à la génétiqueAujourd'hui, grâce aux chimiothérapies, plus des trois quarts des cancers du sein sont guéris à 10 ans. Néanmoins, il faut parfois savoir lever le pied. Dans le cancer du sein, l'emploi de "signatures génomiques" ou tests compagnons font parler le génome de la tumeur. Dès 2016, ils vont permettre d'épargner aux femmes des chimiothérapies et des hormonothérapies inutiles. Pr Marc Spielmann, gynécologue, Hôpital américain (Neuilly-sur-Seine) et Institut français du sein (Paris) : « Lors de la découverte d'un cancer du sein sous dépendance hormonale (hormono-dépendants, 75% des cas), on hésite très souvent entre un traitement antihormonal seul ou précédé d'une chimiothérapie. Parce qu'il est capable d'estimer précisément le risque individuel, ce test permet de se passer d'une chimiothérapie dans 40 à 45% des cas !Les signatures génomiques permettent aussi d'évaluer le risque de récidive. Par exemple, si celui-ci est inférieur à 11, 99,2% des patientes seront en vie sans chimiothérapie préventive à 5 ans. Avec certitude, on peut alors éviter la chimiothérapie dans cette population. Enfin, ces tests sont en mesure de prédire les rechutes tardives, c'est à dire au-delà de 10 ans. Chez les femmes identifiées à faible risque de rechutes tardives par la signature génomique, on peut alors se contenter de cinq ans de traitement antihormonal au lieu de 10 ans chez celles à haut risque ». Dans l'immédiat, ces tests compagnons seront réservés aux hôpitaux. C'est dommage car 75% des cancers du sein en France sont traités dans le secteur privé. D'autres tests sont encore du domaine de la recherche fondamentale, notamment les signatures génomiques propres aux métastases, ces tumeurs qui disséminent hors du foyer tumoral d'origine. Source : e-santé Hélène Joubert journaliste scientifique
4 min
Être sportif et diabétique : les consignes alimentaires à connaître
Séances de running hebdomadaires, escalade ou natation, pour une personne diabétique être sportif n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. Dans le diabète de type 1, le risque n°1 au cours mais aussi au décours de l'exercice physique est l'hypoglycémie, lorsque celui-ci n'a pas été programmé et qu'il se prolonge. Comme dans le diabète de type 2 sous insuline, il s'agit alors de gérer à la fois l'alimentation et les doses d'insuline. Sport et alimentation : les 5 règles dans le diabète de type 1Le diabétique de type 1 sportif devrait connaître cinq règles sur la gestion du taux de sucre dans la sang (glycémie) lors d'un exercice physique prolongé. Celles-ci font appel à l'adaptation des doses d'insuline et de l'alimentation : 1ère règle : Anticiper la séance de sport en baissant la dose d'insuline dite "rapide". Celle-ci doit être divisée de moitié, voire des deux-tiers si l'on est à moins de 10 unités d'insuline rapide, voire de s'en passer si l'on est à moins de 5-6 unités. 2nde règle : Réaliser une glycémie avant de débuter l'exercice et, si celle-ci est inférieure à 1,20g/l, avaler une collation (équivalent à 15g de glucides voire à 20-30 g en fonction de la durée de l'exercice prévu) sous forme de boissons sucrées, de pâtes de fruit ou autres aliments glucidiques. 3ème règle : Lorsque l'on n'a pas l'habitude de pratiquer ce type d'exercice, au-delà de 30 à 60 minutes, il est important de tester de nouveau sa glycémie. Si celle-ci est inférieure à 1,20g/l ou si l'on est à distance du prochain repas, une collation s'impose à nouveau (15g de glucides). 4ème règle : Une fois l'exercice terminé, si la glycémie est inférieure à 1g/l il faut prévoir une collation (15g de glucides) si le prochain repas n'a pas lieu avant 1h. 5ème règle : Généralement, on diminue la dose d'insuline qui suit l'exercice physique. Par exemple si celui-ci a lieu dans l'après-midi, ce sera la dose du soir c'est-à-dire l'insuline rapide chargée de contrôler la glycémie de la nuit (à diminuer de 10 à 30%, en moyenne puis à adapter en fonction des réponses individuelles). Le sportif ne pas oublier de surveiller la glycémie du soir, même si l'exercice a eu lieu le matin (si sa durée était d'au moins une heure), pour penser à baisser la dose d'insuline du soir si nécessaire. En effet, la sensibilité des muscles à l'insuline augmente plusieurs heures après l'arrêt de l'exercice (d'où des besoins plus faibles en insuline puisqu'ils en « profitent » plus).Pr Martine Duclos, endocrinologue et physiologiste, chef du service de Médecine du Sport au CHU de Clermont-Ferrand : « Dans le diabète de type 1, l'idéal est de prévoir tout exercice physique prolongé (supérieur à 30 minutes-1 heure) afin de réduire la dose d'insuline qui précède.Les diabétiques de type 1 qui font du sport de façon assez suivie sont en général sous pompe à insuline (appareil qui délivre automatiquement l'insuline), ce qui leur permet des ajustements de l'insuline en fonction de la glycémie beaucoup plus aisés qu'au moyen des injections. Ils peuvent la débrancher quelques heures (2 à 3 heures en général, mais parfois plus). Comparé au diabétique de type 2, le diabétique de type 1 est plus enclin à faire du sport de façon régulière et intense et presque tous les sports lui sont accessibles, sauf le parachutisme et les autres sports où l'hypoglycémie peut conduire à des accidents mortels. Du fait de la grande variabilité de la réponse glycémique en fonction du type d'exercices (aérobie, anaérobie), il faut mieux être suivi par un diabétologue spécialisé dans la pratique sportive ».Le sport, peu risqué dans le diabète de type 2Les médicaments donnés dans le diabète de type 2 sont multiples. Ce peut être une injection unique d'insuline chaque jour (insuline basale) ou des antidiabétiques par voie orale. Généralement, la personne qui est diabétique de type 2 bien équilibrée (c'est-à-dire dont le taux de sucre dans le sang mesuré par un taux d'HBA1c se situe aux alentours de 6,5 à 7%), qui est sous insuline basale seule et qui souhaite pratiquer une activité physique prolongée n'est pas en réel danger hypoglycémique. Baisser la dose d'insuline est inutile. La pratique d'une activité physique d'intensité modérée et régulière n'impose aucun changement particulier. Lorsque l'effort musculaire reste raisonnable, seules des supplémentations glucidiques modérées au cours de la période d'effort physique (10 à 15 g de glucides) s'avèrent utiles (toutes les heures). Pour les diabétiques qui sont uniquement sous médicaments appelés sulfamides (des molécules qui induisent un risque potentiel d'hypoglycémie) et qui sont bien équilibrés sur le plan glycémique, la première fois -et seulement la première fois- qu'ils pratiquent un exercice de plus de 60 minutes, il est conseillé de diviser par deux leur dose quotidienne, mais sans pour autant devoir diminuer la dose qui suit l'exercice. Quant au risque d'hypoglycémie sous glinides (comme les sulfamides, ce sont des molécules qui forcent le pancréas à sécréter de l'insuline au moment des repas), c'est un risque de principe. Par mesure de précaution, on considère qu'il pourrait y avoir un faible risque d'hypoglycémie en cas d'exercice physique de plus d'une heure et uniquement chez un sujet dont le diabète est très bien équilibré. En pratique, lors de la première expérience d'exercice d'au moins 60 minutes il faut baisser de moitié la dose, voire ne pas prendre le comprimé avant l'exercice. Pour les diabétiques de type 2 sous les autres médicaments (metformine, gliptines ou analogues du GLP1) il n'y a pas de risque d'hypoglycémie à l'exercice. Sportifs diabétiques ou non, règles nutritionnelles identiquesLes règles nutritionnelles pour un diabétique qui décide d'entrer dans un programme sportif intensif sont de bon sens : L'hydratation, comme en population générale, est primordiale pour le diabétique pendant l'exercice et en phase de récupération, d'autant plus que l'hyperglycémie augmente légèrement la production d'urine (diurèse). Il faut privilégier l'eau sans adjonction de produits sucrés pour des exercices ne dépassant pas deux heures. Si l'exercice dure plusieurs heures (randonnée), un peu de sucre peut être ajouté dans la ration hydrique (ou ingérer 20g de glucides toutes les heures) et augmenter l'apport en glucides des repas dans les jours qui précèdent le sport intense. Les glucides doivent constituer une part normale de l'alimentation des personnes diabétiques. Le diabétique sportif doit équilibrer ses repas entre glucides-protides-lipides (respectivement 45-50%, 15% et 25-30%) de la même manière qu'un non-diabétique comme tout sportif dont la dépense énergétique est majorée. La proportion des hydrates de carbone dans la ration calorique quotidienne est d'autant plus élevée que l'activité physique est plus importante. Cet apport doit se faire essentiellement sous forme de pain, pâtes, riz, féculents et, dans une moindre mesure, de fruits et de lait. Lorsqu'on fait de la musculation, la surcompensation protéique est non seulement inutile mais peut être nocive car elle augmente le débit de filtration du rein, ce qui n'est pas conseillé chez une personne diabétique. Pr Martine Duclos : « Dans tous les cas, aucun besoin d'ajouter des antioxydants, vitamines ou compléments alimentaires. Une alimentation équilibrée apportera en quantité nécessaire et suffisante les vitamines nécessaires. En cas de crampes répétées, il faut penser à l'hydratation pendant et après l'exercice. » Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
3 min
Contrôler le diabète ou prendre du poids : faut-il choisir ?
"Glycémie bien contrôlée, prise de poids assurée". Souvent, bien gérer le diabète et notamment le diabète de type 2 se fait au prix de quelques kilos en plus. Voici quelques conseils pour faire mentir cet adage. « Diabesité » : quand le surpoids et le diabète sont intimement liésLa progression du diabète de type 2 en France suit très fidèlement celle de l'obésité. Si toutes les personnes obèses ne seront pas diabétiques, le diabète de type 2 apparaît la plupart du temps chez des personnes en surpoids, sur un terrain génétique favorisant. En effet, l'obésité abdominale (androïde) est tout particulièrement responsable de l'apparition du diabète de type 2.La graisse viscérale exerce un effet néfaste au niveau du foie induisant une insulinorésistance (résistance des tissus à l'action de l'insuline), ce qui nécessite une augmentation de la production pancréatique d'insuline pour contrôler la glycémie (taux de sucre dans le sang). Lorsque le pancréas n'est plus capable de répondre à cette demande accrue, la glycémie s'emballe et les personnes passent de l'état d'obèse à celui de diabétique.D'où l'intérêt de contrôler la prise de poids pour ne pas accentuer la gravité et le déséquilibre du diabète. Un problème épineux car bien contrôler le diabète expose à la prise de poids.Pourquoi mieux soigner son diabète fait-il prendre du poids ?Comment contrôler l'équilibre glycémique sans que les personnes diabétiques de type 2 ne prennent du poids, alors même que les trois-quarts d'entre eux sont déjà en surpoids ?Ce problème est très délicat à gérer car le fait d'équilibrer le diabète limite les pertes caloriques induites par la glycosurie (perte de glucose via les urines). Cela explique que lorsque les glycémies sont bien contrôlées, la personne diabétique de type 2 puisse prendre du poids sans même modifier son alimentation.Le paradoxe du contrôle de la glycémie dans le diabète de type 2 tient aussi au fait que le traitement -médicaments antidiabétiques oraux et insuline- induit très fréquemment une prise de poids: La metformine, traitement de première ligne du diabète de type 2, n'entraîne pas de prise de poids. Il en est de même pour une autre classe de médicaments (inhibiteurs des alpha-glucosidases). * En revanche, d'autres médicaments (sulfamides) qui forcent le pancréas à secréter de l'insuline, peuvent entraîner une prise de poids de l'ordre de 2 à 3 kg à 6 mois et parfois bien au-delà. Là, le facteur "poids" devient prépondérant. Une autre classe de médicaments par voie orale (les glinides) entraînent une prise de poids (entre 1,77 et 2,08 kg) *. L'insuline est bien connue pour faire prendre des kilos (environ 5 kg dans le diabète de type 1 et 4-7 kg dans le diabète de type 2), d'autant plus nombreux que la dose d'insuline journalière est élevée. Or, plus la personne diabétique de type 2 est obèse, plus les doses d'insuline nécessaires pour contrôler sa glycémie seront importantes. Un cercle vicieux. Deux classes médicamenteuses -les plus récentes- sont intéressantes dans la prise en charge du surpoids dans le diabète. Les premiers sont plutôt neutres sur le poids (inhibiteurs des DPP-4). Les seconds permettent chez une partie des diabétiques de type 2 une perte de poids, en moyenne de 2 à 4 kg (analogues du GLP1). Ils ralentissent la vidange de l'estomac et limitent l'appétit. Le dernier élément pouvant faire prendre du poids est lié aux hypoglycémies (taux sanguin de sucre trop bas) sous certains médicaments par voie oral et sous insuline, en raison des prises de glucides en collation pour normaliser le taux de sucre dans le sang qu'elles nécessitent ("resucrage"). Des hypoglycémies légères et qui passent inaperçues augmentent aussi l'appétit.De plus, certaines personnes réduisent ou cessent l'activité physique du fait de malaises hypoglycémiques. Au lieu d'en parler au médecin pour qu'il réduise les doses de certains médicaments et d'insuline, elles vont prendre alors des collations... et du poids.Vigilance chez les jeunes femmes diabétiques de type 1Prendre en charge des jeunes femmes diabétiques, c'est ne pas perdre de vue que leur silhouette et la prise de poids sont une préoccupation majeure pour elles. Au risque de faire passer le diabète au second plan. Pour cela, certaines d'entre elles -diabétiques de type 1- négligent leur traitement par insuline, ce qui les expose à des complications précoces au niveau des reins, des yeux et du système cardiovasculaire. Elles réduisent soit le nombre d'injections d'insuline, soit les doses, parfois à l'extrême.Ce souci de la prise de poids prend de telles proportions qu'il peut engendrer de réels troubles du comportement alimentaire. Une approche psychiatrique s'impose alors (thérapies cognitivo-comportementales, groupes de paroles etc.).En revanche, le poids semble une préoccupation moins aigüe chez les personnes diabétiques de type 2. Ce sont principalement des femmes nettement plus âgées, en surcharge pondérale ou obèses de longue date, qui ont plus ou moins appris à vivre avec, au sein d'un environnement familial où la surcharge pondérale est fréquente.Concilier équilibre du diabète et gestion du poids, un challenge possibleLa crainte de la prise de poids constitue l'une des principales réticences des personnes diabétiques lors du passage à l'insuline. Mais attention, cette crainte ne doit toutefois, pas retarder l'insulinothérapie qui est nécessaire chez un grand nombre de diabétiques de type 2 au cours de l'évolution de leur diabète. Cette crainte est d'ailleurs souvent levée après une explication patiente de la part du médecin.Pr Bernard Bauduceau, Service d'endocrinologie, HIA Bégin (Saint-Mandé) : « Le renforcement des "mesures hygiéno-diététiques" constitue la seule solution efficace et pérenne pour lutter contre la prise de poids même si l'observance en est particulièrement difficile dans le temps. En effet, le suivi d'une alimentation variée, raisonnable et équilibrée est absolument indispensable mais est souvent difficile à obtenir chez certains diabétiques. Ces mesures diététiques ne doivent en aucun cas être trop restrictives pour pouvoir tenir sur la durée. Leur abandon inéluctable conduit habituellement à un rebond dans la prise de poids. Encourager les diabétiques à majorer leur activité physique constitue le second volet des mesures hygiéno-diététique. Dépenser plus pour moins grossir ne nécessite pas de s'inscrire au marathon. Une modification du mode de déplacement en favorisant la marche peut être adaptée aux possibilités de chacun. Comme pour l'alimentation, un compromis entre l'idéal et le possible doit être trouvé. » Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
4 min
Antibiotiques : seront-ils encore efficaces demain ?
Les antibiotiques ont permis de faire reculer la mortalité liée aux maladies infectieuses bactériennes. Mais à force de les utiliser, de plus en plus de bactéries leur résistent. Moins forts, ils risquent d'avoir plus de mal à nous soigner. Résistance aux antibiotiques : dix millions de morts en 2050Un groupe d'experts britanniques le prédit : la résistance aux antibiotiques pourrait tuer dix millions de personnes par an sur la planète en 2050. « Le monde s'achemine vers une ère post-antibiotique où des affections courantes et des blessures mineures pourraient à nouveau tuer », estiment, pour leur part, les Académies de médecine, pharmacie, vétérinaire, chirurgie dentaire et agriculture. Selon l'Institut national de veille sanitaire, en France, l'antibiorésistance serait responsable de 158 000 infections contractées à l'hôpital chaque année et de 15 000 morts. En cause, la surconsommation d'antibiotiques en médecine humaine et animale.La bonne nouvelle, c'est que la situation peut s'inverser si des mesures efficaces sont mises en place. Ainsi, en France, la résistance au staphylocoque doré à l'hôpital a été divisé par deux en quinze ans grâce au lavage des mains avec une solution hydro alcoolique et à l'isolement des patients. Antibiotiques : des résistances aux entérobactéries émergentLa mauvaise nouvelle, c'est que d'autres résistances aux bactéries émergent, y compris en ville, avec les entérobactéries qui colonisent notre tube digestif comme les escherichia coli et les klebsiella pneumoniae (responsables de cystite, d'infections nosocomiales, etc.). Selon les estimations, un à trois patients infectés par ces bactéries ne pourront plus être soignés bientôt avec les antibiotiques classiques. Le phénomène reste relativement limité en France, en revanche, il explose là où les antibiotiques sont utilisés sans compter, parfois même en l'absence d'ordonnance : Grèce, Italie, Inde, Asie, Moyen-Orient, Afrique du Nord...Le problème est d'autant plus inquiétant que les bactéries n'ont pas de frontières et que le risque de les importer représente une menace sérieuse : « Il y a des touristes qui reviennent avec ces infections de l'étranger, surtout quand ils ont été hospitalisés », souligne Alain Philippon, professeur émérite à la Faculté de médecine Paris Descartes. Antibiotiques : trop de prescriptions inutilesMalgré les campagnes grand public « Les antibiotiques, c'est pas automatique » et les différents plans pour en limiter l'usage, les Français consomment encore 30% d'antibiotiques de plus que leurs voisins européens. Or, 30 à 50% des prescriptions seraient inutiles et seuls 30% des généralistes utilisent le test d'orientation diagnostic rapide pour les angines permettant de savoir si elles sont bactériennes ou virales. Par ailleurs, les traitements sont souvent prolongés sans être réévalués.« On a des critères qu'il faut s'imposer pour prescrire ou ne pas prescrire, affirme le Pr François Bricaire, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié Salpetrière. On doit aussi mieux prescrire en choisissant le meilleur antibiotique pour le cas clinique observé et ne pas aller à la facilité. Il y a un gros travail à faire au niveau des étudiants en médecine ». Mais pas seulement : « Il faut continuer à sensibiliser les patients, confirme Alain Philippon. Ils s'imaginent trop souvent que ce sont des remèdes miracles ».Des animaux engraissés aux antibiotiquesDes bactéries multirésistantes sont apparues aussi dans les élevages qui se transmettent directement de l'animal à l'homme ou via l'alimentation. Jusqu'en 2010, la France était la plus consommatrice d'Europe d'antibiotiques vétérinaires. Depuis, leur utilisation a baissé de 12,5% entre 2012 et 2014. Résultat : « La baisse de l'usage des antibiotiques en agriculture a provoqué directement une baisse des infections résistantes », précise Arlette Laval, professeur émérite à l'École nationale vétérinaire, agroalimentaire et de l'alimentation Nantes Atlantique. Le plan Ecoantibio 2017 table sur une diminution de 25% dans les cinq prochaines années. Et il est question de ne plus donner d'antibiotiques aux animaux à titre préventif.Mais d'autres pratiques existent ailleurs. Aux États-unis, par exemple, les antibiotiques continuent d'être utilisés comme facteurs de croissance des animaux d'élevage. « Les doses administrées aux porcs pendant la durée d'engraissement sont plus élevées que les doses thérapeutiques », assure Alain Philippon. Des taux tout aussi massifs sont employés aussi en Asie du Sud-Est.Pas de nouvel antibiotique à dispositionIl n'y aurait pas de souci si de nouveaux antibiotiques étaient mis sur le marché. Or, ce n'est pas le cas. Ces dernières années, l'industrie pharmaceutique s'est plutôt tournée vers la recherche de médicaments ciblant les maladies chroniques, qui leur assurent un meilleur retour sur investissement car, contrairement aux antibiotiques prescrits pour une durée limitée, ils sont prescrits longtemps, parfois à vie.« Il faut chercher d'autres molécules, avoue le Pr Bricaire, d'autant que les antibiotiques qui sont développés actuellement visent principalement les staphylocoques qui étaient les souches les plus résistantes il y a quinze ans mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Ces molécules pourraient venir du monde marin, les algues notamment peuvent être des substances de grande qualité ».En attendant, un test de détection rapide des bactéries résistantes, permettant une prise en charge précoce des patients qui en sont porteurs, est en cours d'expérimentation en Grande-Bretagne. Source : e-santé Brigitte Bègue journaliste santé
2 min
Dents : stop aux mauvaises habitudes !
Les Français malmènent leurs dents. Environ 10% ne se les brossent pas tous les jours et ils sont très nombreux à s'en servir comme d'un ouvre-bouteille ou un casse noix... Rien de tel pour les abîmer. Et si vous profitiez de l'été pour reprendre de bonnes habitudes ! Oublier le brossage des dents le soirLe brossage des dents matin et soir fait partie des recommandations officielles, pourtant beaucoup de Français oublient de le faire, notamment le soir.« C'est la pire des mauvaises habitudes et elle est encore trop fréquente », constate le Dr Jacques Wemaere, chirugien dentiste à Cenon et secrétaire général adjoint de l'Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire. Or, les caries se forment la nuit quand la production de salive diminue et qu'elle ne suffit pas à neutraliser les acides sécrétés après les repas. Après le brossage du soir, l'utilisation de fil dentaire ou de brossettes interdentaires est conseillée pour éliminer les résidus. Un bon brossage doit durer 2 minutes (il est en moyenne de 56 secondes en France) et une brosse à dents se changer tous les 3 mois.Casser des noix avec ses dentsDécapsuler une bouteille, couper du fil, casser une noix, ouvrir un sachet en plastique, arracher une étiquette... avec ses dents reste de vieilles manies. Mais répétés, ces gestes abîment les dents qui risquent de s'effriter, se fêler, voire se fracturer. Ces petites mutilations endommagent aussi l'émail et les amalgames des molaires.Poser un piercing dans la boucheAujourd'hui, les piercings sur la langue sont fréquents chez les jeunes. Mais ce qu'on ne sait pas, c'est que la bouche est un endroit humide contenant des millions de bactéries.« Le premier risque est infectieux, précise le Dr Wemaere. Il faut vérifier que les règles d'hygiène et de stérilisation du matériel soient bien respectées là où on se fait faire le piercing. Ensuite, il est conseillé de se faire un bain de bouche dans les 15 jours qui suivent avec un produit contenant un antiseptique tel que la chlorhexidine ».Autre conseil : consulter son dentiste pour s'assurer que tout va bien car 17% des piercings sont source de complications, surtout s'ils sont en métal. A court terme, outre les infections, ils peuvent entrainer des saignements, plus de salive, un gonflement de la langue... A long terme, les frottements exercés par le fermoir ou la bille peuvent provoquer des fissures et éclats de l'émail, une rétraction des gencives ou une modification de la position des dents... Dr Wemaere : « Certains patients s'amusent à coincer leur piercing entre les dents, leurs incisives finissent par s'écarter ».Goûter le plat de son bébé avec sa cuillèreDans la liste des petites habitudes des parents, goûter les plats de son bébé sans changer de cuillère ou nettoyer sa tétine tombée par terre avec sa bouche au lieu de la rincer à l'eau ou de lui en donner une autre est à proscrire. Par la salive, on peut transmettre tout un tas de microbes pouvant être à l'origine de caries par la suite. Dr Wemaere : « Jusqu'à l'âge d'un an, l'enfant constitue sa flore buccale il est donc primordial de limiter les risques de contamination par des bactéries pathogènes ». Le conseil vaut pour les adultes : on ne boit pas dans le même verre qu'autrui sans le nettoyer.Grignoter ou boire trop sucré,A la moindre prise alimentaire ou grignotage, des sécrétions acides présentes dans la salive attaquent l'émail. C'est encore pire avec des aliments ou des boissons sucrées dont l'Organisation mondiale de la santé reconnaît qu'ils sont un facteur de risque de caries. Pour se protéger, il est recommandé de limiter l'apport de sucres, de consommer les aliments sucrés aux repas et non en dehors et de boire de l'eau plutôt que des sodas, des sirops, des jus de fruits ou encore des eaux minérales aromatisées très sucrées malgré leur apparence.Sucer son pouce après 6 ansQuand les enfants sucent leur pouce ou une tétine très longtemps, leur dentition est modifiée. « Quand les dents de lait sont tombées et que les vraies dents poussent, les incisives sont tractées par le pouce ou la tétine et poussent de travers », explique le Dr Wemaere. De même, la mâchoire se développe autour de « l'obstacle » et provoque l'apparition d'un espace anormal entre les dents du haut et du bas. Dr Wemaere : « Idéalement, il faudrait que les enfants puissent se passer de tétine ou de leur pouce vers 3 ou 4 ans. Après 6 ans, il faut souvent élargir la mâchoire supérieure et faire porter une gouttière dentaire la nuit pour repositionner la mâchoire inférieure ».Fumer mauvais pour les dentsLes conséquences de la cigarette sur les dents sont connues : jaunissement, gingivite (inflammation et saignements des gencives), parodontie (déchaussement) pouvant conduire à leur perte prématurée, difficultés de cicatrisation après une intervention chirurgicale bucco-dentaire... Ces désagréments sont renforcés par l'alcool qui fragilise les tissus soutenant les dents (parondote).Autres ennemis : les stupéfiants qui font grincer les dents, provoquent un assèchement de la bouche et augmentent les problèmes gingivaux. Source : e-santé Brigitte Bègue, journaliste santé
4 min
Diabétoporose : quand le diabète et l'ostéoporose sont liés
Le diabète peut fragiliser les os, et conduire à une réflexion sur l'ostéoporose associée. Une réalité quasi méconnue, y compris par les soignants. Pourtant, le seul fait d'avoir un diabète expose à un risque de fracture plus élevé et encore plus lorsque le diabète est mal contrôlé. Désormais, dans le diabète de type 1 comme dans le diabète de type 2, au même titre que l'on surveille le coeur, les vaisseaux, les reins, les nerfs et les yeux, il faut penser aux os.
5 min
Crise d'épilepsie : l'activité sportive en toute quiétude
Les sports collectifs, l'athlétisme, les sports de raquette etc. sont à pratiquer sans limite même lorsque l'on souffre d'épilepsie. Une réserve importante cependant pour les sports mécaniques, nautiques ou aériens : du fait d'un risque vital ou de blessure grave en cas de crise d'épilepsie lors de l'activité sportive, l'épilepsie doit être équilibrée depuis une longue période et le neurologue doit donner son feu vert. Sport : l'épilepsie n'est pas un prétexte à contre indication ! L'épilepsie -ces décharges anormales d'influx nerveux dans le cerveau- est le trouble neurologique le plus fréquent après la migraine (1% de la population, soit 500 000 personnes en France). L'idée reçue que l'épilepsie serait une contre-indication à toute activité physique vient de loin. On a longtemps cru que les microtraumatismes crâniens occasionnés par le sport pouvaient aggraver l'épilepsie et générer une crise d'épilepsie. Ce "raccourci" n'a aucun fondement scientifique.L'autre argument est le risque d'accident au cours d'une crise. Ce qui est potentiellement vrai pour certains sports (sports mécaniques, aériens etc.) ne doit pas porter ombrage à de très nombreux autres sports praticables, dénués de tels risques comme la course à pied ou les sports collectifs.Dr Gilles Huberfeld, neurologue, Département de Neurophysiologie Clinique, CHU Pitié-Salpêtrière (Paris) : « A l'école, la dispense de toute activité sportive devrait rester l'exception, rare et passagère. 60% des épileptiques pratiquent une activité physique, c'est moins qu'en population générale. Idées reçues et surprotection y sont pour beaucoup mais aussi la réalité des effets secondaires potentiels des traitements (fatigue, somnolence) qui peut décourager. Alors qu'au contraire, une activité physique peut probablement améliorer cette fatigue et contribuer à resocialiser les patients ». Le sport, une solution anti-crise d'épilepsie ? En préambule, il faut distinguer le type de sport. Celui pratiqué en anaérobie (efforts intensifs, conditions extrêmes) serait plutôt protecteur vis-à-vis de la survenue de crises via les modifications d'acidité et de métabolisme du cerveau qui tendent à empêcher les neurones à entrer en fonctionnement pathologique comme au cours de la crise d'épilepsie. Mais la grande majorité des activités sportives se font dans le cadre d'un métabolisme aérobie (puissance soutenue, ventilation). Le sport augmente le niveau de vigilance, ce qui peut avoir un effet antiépileptique (contrairement à ce que l'on croit, une crise d'épilepsie survient plus volontiers au repos, endormi ou peu occupé). Certaines voies de stress sont activées qui modifient l'activité cérébrale par le biais d'hormones endogènes comme les neurostéroïdes mais qui affectent aussi les neurotransmetteurs comme la sérotonine, la noradrénaline ou la dopamine. Dans les faits, il est rarissime qu'une crise d'épilepsie soit déclenchée au cours d'un sport. Globalement, le fait de reprendre l'entraînement améliore l'épilepsie et dans une étude, un tiers des personnes épileptiques a réduit la fréquence de ses crises grâce à la reprise de l'activité sportive (1). Sur l'encéphalogramme, les anomalies de l'activité cérébrale sont discrètement réduites.Dr Huberfeld : « De nombreux mécanismes interviennent dans cette amélioration de l'épilepsie, sans qu'ils soient complètement élucidés. Une épilepsie s'aggrave en cas de stress, de dépression, d'anxiété. Or la reprise d'une activité sportive et sociale, un challenge, la sensation de bien-être, un comportement apaisé (stress, anxiété), un risque de dépression diminué etc. tout cela est positif. On l'a montré chez des rats mais pas encore suffisamment clairement chez l'homme : soumis à un programme sportif, il faut les stimuler beaucoup plus fort pour que la crise d'épilepsie se déclenche. Grâce aux efforts sportifs, leur épilepsie est alors moins sévère et les crises surviennent plus tardivement ». Course à pied ou sport collectif, aucune limite en cas d'épilepsie Que l'épilepsie soit équilibrée ou non (crises plus ou moins fréquentes), elle ne représente pas une contre-indication médicale à : la course à pied, les divers sports d'athlétisme, la plupart des sports de contact (judo, lutte, etc.), les sports collectifs sur le terrain (baseball, basket-ball, football, rugby, volley-ball, etc.), les sports de raquette (squash, tennis de table, tennis, etc.), la danse, le golf, le ski de fond.Une quantité de sommeil suffisante et stable est bienfaisante pour l'épilepsie. Il convient de bien s'hydrater et de ne pas oublier de prendre ses médicaments. Ski, équitation ou natation... précautions requises Des précautions sont nécessaires pour certains sports plus à risque (surveillance, port de casque ou de gilet de sauvetage, vitesse limitée) mais praticables par une majorité de personnes épileptiques : ski alpin, natation en piscine et encore plus en mer, ski nautique, escrime, gymnastique, équitation, cyclisme, patinage, roller et skateboard, musculation.Dans tous les cas, le médecin et les personnels encadrant doivent être avertis de la maladie. Sports mécaniques ou escalade... tout dépend de la fréquence des crises d'épilepsie Avant d'envisager la pratique des sports mécaniques au sens large, de l'aviation, de l'escalade, de l'alpinisme, du parachutisme, du deltaplane, du saut à ski ou des plongeons, de la planche à voile ou du surf... il faut se poser une question : quelle est la fréquence des crises ? Si l'épilepsie est parfaitement équilibrée depuis plusieurs années, aucun sport n'est véritablement interdit, même s'ils restent considérés comme dangereux. Le sport de compétition ou de haut niveau n'est pas incompatible avec l'épilepsie. Dr Huberfeld « En règle générale, ce type d'activité sportive est contre-indiqué, sauf quand l'épilepsie est totalement équilibrée, c'est-à-dire qu'il n'y a eu aucune crise d'épilepsie depuis un an sans traitement - ce qui me semble personnellement trop court comme délai- et cinq années avec traitement et sans crise d'épilepsie depuis au moins 10 ans. Cette plus grande tolérance est issue des récentes recommandations de la Ligue Internationale contre l'épilepsie (2). En revanche, la plongée sous-marine reste un sport très fortement déconseillé ». Dr Huberfeld : « Il ne faut pas oublier que l'épilepsie est une maladie capricieuse : vis-à-vis de la fréquence des crises, les périodes ne se ressemblent pas forcément. De plus, le traitement antiépileptique se prend à heure fixe et la pratique sportive ne doit pas bouleverser ce rythme - avoir son traitement sur soi, signaler la maladie sur une fiche conservée en poche, surtout en déplacement loin de chez soi- . Il faut aussi se rappeler qu'à chaque modification de traitement la maladie peut se déstabiliser ». Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
4 min
Comment se préparer aux examens ?
Quand les examens approchent, le stress monte. Tant que cette tension est stimulante et vous encourage à travailler, elle est très bénéfique. Mais quand le stress devient angoissant, voire paralysant, il est préférable de faire son possible pour l'atténuer. Alors, quelles sont les mesures à prendre pour augmenter ses chances de réussite ?Les mesures pratiques pour réussir ses examens.
3 min
Bébé diversifie son alimentation : comment procéder ?
Lors de sa première année de vie, le poids de bébé triple, sa taille augmente de 50% et la masse du cerveau croît de 2g par jour. Autrement dit, bien nourrir son enfant dès sa naissance est essentiel. Quid de la diversification alimentaire, c'est-à-dire du passage de l'alimentation lactée exclusive à l'introduction des premiers aliments solides.
3 min
Audition : il n'y a pas que les oreilles qui souffrent de la pollution sonore
15% des Français seraient affectés par les troubles de l'audition mais aussi, pour 60% d'entre eux, le bruit impacte leur humeur et génère de la fatigue et de la lassitude. Avec ce sondage, la 19e édition de la Journée Nationale de l'Audition 2016, exhorte à une prise de conscience des effets des nuisances sonores sur la santé. Quels sont-ils ? L'audition, première victime du bruit ambiantA l'époque de la chasse et de la cueillette, l'homme évoluait dans un environnement calme, ne dépassant pas les 80 décibels (dB). Peu à peu, des sources sonores de plus en plus puissantes ont pollué notre environnement et l'audition humaine en souffre. On ne lui laisse plus le temps de récupérer. Soumis à des pressions constantes, l'appareil auditif subit un état permanent de stress accélérant sa dégradation.L'enquête menée à l'occasion de la Journée Nationale de l'Audition 2016 met cet état de fait en évidence : la moitié des personnes interrogées se disent agressées par le bruit au travail, dans les transports et à l'école et les deux tiers se sentent plus exposées au bruit qu'auparavant.Or, à partir de 80-85 dB, le risque de dégradation des cellules ciliées (sensorielles) de l'oreille interne existe et à 110 dB, on s'expose à un traumatisme sonore aigu potentiel. Si la circulation automobile (tondeuse, aspirateur) vrombit autour de 80 dB, les motos rugissent dans les 90 dB, les MP3 diffusent à 100 dB, les concerts et discothèques à 110 dB et les avions au décollage ou les marteaux piqueurs nous agressent à 130-120 dB. Problème : l'oreille répond de façon étonnante au bruit : à chaque fois que le niveau sonore s'élève de "seulement"10 dB, on entend deux fois plus fort ! Ainsi, un son de 100 dB est perçu quatre fois plus fort qu'un son de 80 dB.Dr Didier Bouccara, médecin ORL, Groupe Hospitalier Pitié Salpêtrière (Paris) : « Pour endommager à vie notre ouïe, il n'y a pas que les sons intenses mais aussi l'accumulation d'expositions sonores d'intensité élevée. La susceptibilité au bruit et à ses dégâts potentiels varie considérablement d'une personne à l'autre. La pression acoustique constante génère un stress auditif entraînant a minima une fatigue et, au fur et à mesure, une usure des cellules sensorielles de l'oreille. Par exemple, pour un niveau sonore de 80 dB pendant une journée de 8h, l'audition est en danger. Des niveaux acoustiques de120-130 dB provoquent une douleur au niveau de l'oreille, par des mécanismes sensitifs liés à la pression acoustique élevée. Le risque d'atteinte auditive partielle mais parfois irréversible, peut apparaître à partir de110 dB (concerts...) mais aussi déjà avec l'utilisation au long cours d'un baladeur poussé à 100 dB ».Les jeunes font la sourde oreilleVers une génération de malentendants ? Les jeunes détruisent de façon irréversible leur capital audition, souvent en toute connaissance de cause. Environ 50% des jeunes de 12 à 35 ans des pays à hauts et moyens revenus sont exposés à des niveaux sonores trop élevés (de l'ordre de 85 décibels pendant 8 heures d'affilée et de 100 décibels pendant 15 minutes) avertissait l'Organisation Mondiale de la Santé en 2015. Confirmation : la part des jeunes de 18 à 35 ans ayant un usage fréquent et intensif d'écoute de musique "amplifiée" avec un casque ou des écouteurs a triplé depuis 2007, passant de 4 à 13%, et atteint 25% des 15-19 ans, selon le Baromètre Santé INPES/InVS (janvier 2016).Selon l'enquête JNA 2016, 38% des 15-17 ans avouent que le bruit les rend euphoriques. S'ils sont presque tous conscients des dégâts potentiels sur leur audition, il ne se sentent pas en danger et seuls 21% des 15-30 ans déclarent s'éloigner des enceintes et 3% utiliser des bouchons d'oreilles à usage unique*. Un paradoxe qui explique que la situation, pourtant critique, évolue peu. Déjà, près de 10% des moins de 25 ans présentent une perte auditive pathologique, avertit l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES).Fatigue, troubles du sommeil... le bruit et sa kyrielle d'effets nocifsLes conséquences "extra-auditives" psycho-sociales du bruit ambiant sont multiples. Pour 89% des personnes*, les difficultés d'audition impactent la vie sociale. Un Français sur deux est gêné par le bruit la journée et une personne sur cinq pendant la nuit*. Neuf personnes sur dix se disent exposées tous les jours à un bruit excessif **. Entre 70 et 100dB, les répercussions sur l'être humain existent aussi, le bruit devient fatiguant (70-80dB) puis franchement pénible (90-100dB). Dans l'enquête JNA 2016, 53% des personnes estiment que le bruit crée des maux de tête, 49% qu'il génère souvent de l'anxiété.Lorsque le son devient bruit, la santé globale de l'individu est en danger (1) : Fatigue. Nervosité et irritabilité. Stress et anxiété. Troubles du sommeil (sommeil fractionné donc moins récupérateur). Troubles de la concentration et de la mémoire ; perte de vigilance et difficultés scolaires chez l'enfant. Troubles cardiovasculaires (augmentation d'une hypertension artérielle existante ; risque de maladie coronarienne). Les conséquences sur la sphère digestive, les dérèglements endocriniens (obésité) et du système immunitaire sont difficiles à mettre en évidence.10 commandements contre l'omniprésence sonoreL'omniprésence sonore est ancrée dans les habitudes de vie de l'Homme moderne, au point que les jeunes indiquent même que le bruit est un élément rassurant et que son absence les inquiète ! *Dr Bouccara : « Il existe peu de possibilités de limiter le bruit lié aux avions, aux transports etc. en dehors de la protection individuelle. Celle- ci peut être améliorée par le port de protections sonores. Préserver l'audition est un problème s'intègre tout à fait dans le cadre des préoccupations des pouvoirs publics vis à vis des effets de l'environnement sur la santé. L'exposition sonore est devenue ces dernières années une préoccupation des urbanistes (murs anti-bruit) et des architectes (agencement des bâtiments et pièces, structures et circulation de l'air, qualité phonique des parois séparatives etc. autre) ».10 conseils pour préserver son audition au quotidien * : Il existe un grand nombre de bouchons d'oreilles (en mousse, à usage unique, réutilisables, sur-mesure, en silicone munis de filtres divers). A porter en cas de volume sonore élevé et pendant le sommeil si l'environnement sonore dépasse les 30 dB. Un tiers des moins de 35 ans pense à porter des protecteurs contre le bruit (enquête JNA 2016). Veiller au volume et à la durée d'écoute des MP3. La durée d'écoute à ne pas dépasser est de 1h par jour à moitié du volume maximum. Prévoir des pauses auditives comme changer de style musical à faible volume, marcher dans un parc en se concentrant sur les chants des oiseaux, le bruit de l'eau qui coule. A noter, ces pauses auditives, hors du bruit sont citées par 62% des personnes interrogées dans l'enquête JNA 2016. Eviter de pousser le son de l'autoradio pour "décompresser", votre audition vous remerciera. La prise de conscience est bien là : 85% des sondés estiment que stopper l'agression du bruit consiste à limiter le volume d'écoute de la musique**. En concert, porter des protections auditives en mousse ou des silicones à filtre. Fuir la proximité des baffles. Attention, la consommation d'alcool et d'autres substances nocives modifient les perceptions dont celles liées à la pression acoustique. Ne pas hésiter à quitter les lieux publics qui imposent une exposition sonore trop élevée (cinémas, magasins, bars). Pour attirer le chaland, certaines poussent le volume avec une ambiance sonore élevée et composée de basses. La législation a mis le holà : pas plus de 80 dB sur 8 heures. Certains y échappent (ceux diffusant régulièrement de la musique amplifiée) et obtiennent des dérogations pour monter le son à 94 dB. Neuf personnes sur dix ont des difficultés pour suivre les conversations dans les restaurants, cafés et bars et dans les Transports Publics**. Intégrer le bilan régulier de son audition dans son suivi santé, à partir de 50 ans, ce d'autant que l'on a présenté des affections de l'oreille où qu'il existe des atteintes auditives familiales. Télécharger une application sonomètre pour se rendre compte du volume sonore du lieu. Attention, cela reste des valeurs indicatives. Protéger l'audition des bébés et des jeunes enfants en les équipant de protections ou en les faisant garder. Ils n'ont rien à faire dans un environnement bruyant ! Prendre en compte tout symptôme auditif persistant : bourdonnements d'oreille, sifflements, oreilles bouchées...car ils peuvent déjà signifier une perte de l'audition. Pour en savoir plus : www.journee-audition.org Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
5 min
Enurésie de l'adolescent : on ne lâche rien !
Vers l'âge de 17 ans, plus personne ne devrait souffrir d'énurésie nocturne. En théorie ! Si elle touche 10% des 5-7 ans et guérit spontanément au rythme de 1% par an, dans les faits, l'énurésie peut persister chez 1 à 2% des adultes. Pas question de céder au découragement pour autant. Enurésie de l'adolescent, quand s'inquiéter ? Dans l'énurésie nocturne primaire isolée (Enpi) -la plus fréquente- la personne qui fait « pipi au lit » n'a jamais acquis un contrôle mictionnel (pour uriner) nocturne sans traitement pendant au moins six mois. Vers l'âge de 5 ans, 85% de la population sait se retenir la nuit (« contrôle mictionnel nocturne »). Plus on avance en âge, plus le risque que l'énurésie soit sévère (>3 accidents/semaine) est grand. Et 2,5% des personnes jusqu'à 40 ans souffrent encore de cet type d'incontinence urinaire.Dr Henri Lottmann, chirurgien urologue (hôpital Necker-Enfants malades, Paris) : « Chez les adolescents et jeunes adultes il y a les énurésies rebelles jamais traitées de façon appropriée, les énurésies négligées car pas forcément gênantes et les énurésies réfractaires où il y a eu une démarche thérapeutique appropriée, mais qui a échoué. Peu importe les prises en charge antérieures, il faut alors tout reprendre à zéro ». Les 6 causes d'une énurésie de l'adolescent et du jeune adulte Plusieurs facteurs entrent en jeu dans l'énurésie et sont parfois associés : Une polyurie (urines abondantes) nocturne est la cause la plus fréquente (70% des énurésies nocturnes primaires isolées). Chez les adolescents énurétiques, elle peut être favorisée par de mauvaises habitudes comme la prise excessive de thé, ou de café qui entraîne une hyperexcitabilité du muscle vésical avec des envies d'uriner (mictions) fréquentes et de petit volume. De plus, alors qu'en général la diurèse (production d'urine) chute la nuit sous le contrôle d'un pic de sécrétion d'une hormone (l'ADH), chez les énurétique ce pic de sécrétion n'existe pas. La vessie est alors « débordée ». Une faible capacité vésicale. Malgré la chute de la production d'urine la nuit, environ 30% des énurétiques ont une capacité insuffisante de leur vessie (< 70% de la capacité vésicale normale). L'absence de perception du remplissage de la vessie. Plutôt qu'un sommeil trop profond, il y a chez les énurétiques une perturbation du seuil d'éveil, qui ne leur permet pas de percevoir le trop-plein de leur vessie. Comme le disent les parents, ils sont « durs à réveiller ». L'obstruction des voies aériennes supérieures comme le syndrome des apnées du sommeil et le ronflement sont source de polyurie et donc éventuellement d'énurésie. L'énurésie est parfois héréditaire. Faire « pipi au lit » est plutôt masculin (3 garçons pour 1 fille). Il y a aussi un facteur héréditaire : le risque est de 40% si l'un des deux parents était lui-même énurétique et 70% si les deux parents l'étaient. Les troubles psychiques ne sont pas plus fréquents chez les adolescents et jeunes adultes souffrant d'énurésie primaire. Néanmoins, 20% des enfants énurétiques ont un « déficit de l'attention avec hyperactivité » (TDHA), dont les deux composantes (hyperactivité et trouble de l'attention, plus discret) sont à rechercher. Pas de diagnostic d'énurésie sans calendrier mictionnel En consultation, l'urologue va retracer l'histoire de la maladie et s'aider de questionnaires qui explorent les troubles de la miction et de la continence et d'un calendrier mictionnel sur 48h rempli au préalable par l'adolescent (nombre de mictions et leurs horaires avec si possible la quantité d'urine émise, mesurée dans un verre en plastique gradué en millilitres). Si l'adolescent porte toujours des couches, la production d'urine nocturne est déduite par la différence de poids de la couche mouillée/sèche ajoutée au volume d'urines émises au réveil. Il effectuera aussi un examen clinique neuro-urologique complet pour explorer cette incontinence urinaire. Aucun examen complémentaire n'est utile en première approche, tout au plus une bandelette urinaire réactive pour éliminer en particulier un diabète. 25% des cas d'énurésie guéris avec les règles hygiéno-diététiques Première étape, le suivi des règles hygiéno-diététiques peut guérir près d'un quart des adolescent et jeunes adultes énurétiques. Elles visent à corriger les apports hydriques et leur répartition : Les apports liquides chez l'adolescent ou l'adulte énurétique restent normaux : 35-40 ml par kilo et par jour, ingérés entre 7h et 18h. 1/3 des boissons quotidiennes est absorbé au petit déjeuner. 70% des apports liquides doivent être ingérés avant 16h. Une fois ces règles respectées, on peut ensuite envisager de diminuer le plus possible les apports hydriques après 18h. Eviter les boissons gazeuses sucrées en seconde partie de journée ainsi que les aliments très salés, le thé, le café. Limiter l'apport calcique en modérant les laitages le soir. Boire avant le sport. Pas après. Attention aux apports hydriques cachés ! Une soupe au dîner fournit 300ml de liquides. Aller uriner régulièrement dans la journée, sans attendre la dernière minute. Quels moyens pour venir à bout d'une énurésie ? Parfois cependant, l'énurésie perdure malgré les règles hygiéno-diététiques respectées et la prise en charge d'un « déficit de l'attention avec hyperactivité » ou d'un syndrome des apnées du sommeil.Plusieurs traitements, adaptés aux informations fournies par le calendrier mictionnel peuvent être proposés : La desmopressine est le médicament de premier recours. Efficace dans les forme d'énurésie avec polyurie (urines abondantes). Les alarmes sonores sont plutôt le choix privilégié dans les formes à petite capacité vésicale (30% des cas). Une sonde glissée dans la culotte ou une alèse déclenche une alarme dès les premières gouttes. Elles sont considérées efficaces après 14 nuits sèches consécutives. Ces systèmes d'alarme sont efficaces (aucune nuit mouillée) dans 60 à 80 % des cas sur une moyenne d'utilisation de trois mois (les alarmes sont d'autant plus efficaces que le patient est plus âgé et motivé). Il peut parfois être nécessaire de prescrire un traitement combiné alarme- desmopressine. En particulier dans les cas où la polyurie s'accompagne d'une capacité de vessie réduite. Avec le temps, l'alarme sonore permet à la personne de dormir une nuit entière sans se lever : cela signifie qu'on est parvenu à resynchroniser la vessie avec la production d'urine nocturne. Certains médicaments appelés anticholinergiques peuvent s'avérer utiles, en seconde intention lorsqu'on suspecte une énurésie nocturne par une vessie hyperactive qui peut n'exister que pendant le sommeil (1/3 des 30% d'énurésies nocturne à capacité de vessie réduite). Les antidépresseurs (ceux dits imipraminiques) sont réservés à de rares cas d'énurésies réfractaires chez l'adolescent et prescrits de manière très « encadrée » du fait de leur toxicité cardiaque potentielle. Ils agissent sur le seuil d'éveil et sur la capacité de la vessie. L'hypnose, la psychothérapie, l'acupuncture, l'homéopathie ou la chiropraxie n'ont pas à ce jour fait la preuve de leur efficacité, faute d'études fiables. Source : e-santé Hélène Joubert journaliste scientifique
min
Crise d'asthme, allergies et maladies respiratoires... c'est aussi une affaire de pollution atmosphérique
Allergies, crise d'asthme, cancer bronchique, rhinites ou BPCO... la dégradation de la qualité de l'air se paie au prix fort. En ce début de saison pollinique, que savons-nous en 2015 de ses conséquences sur les maladies respiratoires ?
4 min
Les colères de l'enfant, un simple mode d'expression ?
Crises de larmes, caprices, désobéissances...Quel parent ne s'est pas déjà senti désemparé face aux sautes d'humeur de son enfant ?Voici quelques pistes pour comprendre les colères et apprendre à les gérer. Les parents à la recherche d'un nouveau modèle éducatif Les jeunes parents sont de plus en plus nombreux à pousser la porte des psychologues pour faire part de leur désarroi.Les enfants d'aujourd'hui sont-ils tellement plus difficiles que ceux d'hier ?«Pas du tout», explique Julie Artus, psychologue et coach parental. «Simplement, les parents s'expriment plus facilement et osent dire leurs difficultés.»Car, de nos jours, il n'y a plus un seul modèle éducatif préétabli, mais plusieurs. Et ce n'est plus un tabou de chercher et de réfléchir à la manière dont on veut éduquer ses enfants. Être parent tout seul : difficile d'asseoir son autorité Lorsqu'un papa ou une maman en difficulté se présente à sa consultation, Julie Artus entreprend de définir le contexte familial dans lequel l'enfant évolue. «Il ne faut pas le nier, le nombre croissant de familles monoparentales joue un rôle dans les difficultés que rencontrent les parents pour asseoir leur autorité.»Ce constat s'explique aisément : dans les familles monoparentales, le père ou la mère doit assumer seul(e) les rôles qui sont, en temps normal, répartis - alternativement - entre les deux partenaires.Tantôt l'écoute, tantôt l'autorité... Il n'est pas simple de devoir en même temps prêter une oreille attentive et sévir en cas de débordement. Jeunes parents, une vie à 100 à l'heure Au-delà de la configuration familiale, notre mode de vie contemporain favorise les tensions entre parents et enfants.«La plupart des jeunes parents mènent une vie trépidante. Entre le travail, l'école, les activités extrascolaires et les tâches quotidiennes, il ne reste que peu de temps à consacrer aux échanges spontanés.» Or, ces moments sont indispensables pour apprendre aux parents et aux enfants à se connaître. Quand la colère n'est que de l'émotion Comme nous tous, un petit enfant a besoin d'exprimer ses peurs, ses envies, ses tristesses et ses joies. Or, l'école ne s'y prête pas toujours.«À part dans certains établissements qui appliquent des pédagogies particulières, l'école laisse peu de place à l'expression des émotions», poursuit Julie Artus. «Il ne faut pas crier, pas pleurer, pas être agressif - des préceptes bien sûr indispensables à la vie en communauté mais qui peuvent contribuer à créer des frustrations.»Une fois de retour à la maison, avec une foule d'émotions à partager, l'enfant - fatigue aidant - a tendance à exprimer ce trop-plein de sentiments sous forme de colères et de caprices. Et à chercher, à tout prix, l'affrontement. Colères, caprices : quelle stratégie adopter ? Si le parent peut facilement faire le lien entre la désobéissance de l'enfant et un excès de fatigue, une journée trop chargée ou une émotion à partager, il est inutile de punir. La confrontation directe ne ferait qu'envenimer la situation et créer une escalade de violence. «Dans cette situation, la colère n'est que de la décharge émotionnelle. L'idéal est d'encourager l'enfant à s'exprimer et à revenir ensemble sur les moments forts de sa journée. De cette manière, le conflit peut se résoudre rapidement.»Bien sûr, les colères de l'enfant sont parfois une expression - bien naturelle - de son opposition.Dans ce cas, la sanction doit être immédiate. Et, bien entendu, toujours mesurée. Stéphanie Koplowicz
3 min
J’ai tout le temps froid
Vous avez tout le temps froid ? Est-ce bien normal ? Explorez les causes en fonction de vos symptômes associés et vous trouverez certainement la solution, car avoir froid, ce n’est jamais agréable ! En plus d’avoir froid, votre visage est très pâle En plus d’avoir tout le temps froid, votre peau est très pâle et cela se voit particulièrement sur votre visage. Souvent également, vous vous sentez fatigué(e). Et si c’était un manque de fer ? L’anémie est très fréquente chez les femmes, notamment à cause des pertes de sang qui reviennent chaque mois avec les menstruations. Les personnes âgées aussi sont plus à risque de carence en fer.Pour le vérifier, votre médecin vous fera faire un dosage sanguin. Il jugera alors de la nécessité de vous prescrire un complément en fer. Sinon, augmentez la teneur en fer de votre alimentation : viande rouge, boudin noir, foie, poisson, jaune d’œuf, fèves, haricots secs, lentilles… Vous avez froid et vous êtes tout le temps fatigué La frilosité et la fatigue sont deux symptômes typiques de l’hypothyroïdie. Si en plus vous avez pris du poids et que votre rythme cardiaque est lent, il est fort probable que votre thyroïde soit coupable.En effet, un mauvais fonctionnement de la thyroïde retentit sur de nombreuses fonctions de l’organisme. En cas d’insuffisance thyroïdienne, tout se met comme au ralenti, y compris nos capacités à réguler notre température interne. Là encore, un simple dosage sanguin confirmera cette hypothèse. En cas de carence en hormones thyroïdiennes, un traitement pourra être entrepris pour compenser. J’ai particulièrement froid aux pieds et aux mains C’est certainement un syndrome de Raynaud. Cette affection touche souvent des femmes et plutôt des femmes minces. De cause inconnue, la circulation sanguine se fait mal dans les extrémités. Or mal irrigués, les doigts et les orteils deviennent blancs, froids, engourdis et douloureux.Certains médicaments, comme les bêtabloquants, peuvent être impliqués. Parlez-en à votre médecin pour trouver une solution. Sinon, en cas de syndrome de Raynaud léger, couvrez bien vos extrémités, notamment avec des sous gants ou des sous-chaussettes en soie ! J’ai tout le temps froid et je suis au régime Votre régime est peut-être trop restrictif. C’est une question de constitution : plus vous êtes grand et mince, plus vous perdez de la chaleur. Et comme l’organisme dépense de l’énergie pour maintenir la température du corps, il faut bien lui en apporter suffisamment. Alors soyez raisonnable, ne vous affamez pas inutilement et n’hésitez pas à empiler les couches de vêtements. Protégez tout particulièrement vos extrémités. Vos mains et vos pieds, mais aussi et surtout votre tête : 50% de la chaleur est perdue par la tête ! Pour tous ceux qui ont toujours froid, le bonnet, le chapeau ou le foulard sur la tête s’imposent ! Isabelle Eustache
3 min
Le dossier médical personnel : c’est parti
Si vous ne pourrez accéder directement sur Internet à votre dossier médical personnel (DMP) qu’à partir d’avril 2011, vous êtes dès maintenant invité à demander sa création auprès de votre médecin ou d’un établissement de santé. Le point sur le dossier médical personnel (DMP). Le DMP, c’est quoi exactement ? C’est avec 3 ans de retard que le dossier médical personnel (DMP) a été officiellement lancé le 5 janvier 2011. C’est un outil de coordination des soins et de maîtrise des dépenses de santé. Il permet d’améliorer la qualité des soins et d’éviter les examens inutiles. Ceci dit, il est entièrement facultatif, chaque personne pouvant choisir d’ouvrir ou non son DMP. Il suffit d’en faire la demande auprès d’un professionnel de santé disposant des équipements informatiques adaptés. En effet, il s’agit d’un dossier informatisé. Une fois ouvert, il n’est pas conservé chez votre médecin mais chez un hébergeur de données agréé. Quelles sont les données qui seront conservées dans le DMP ? Rapports des médecins Prescriptions Listes de médicaments délivrés Compte-rendu d’examens radiologiques, échographiques… Compte-rendu d’analyses médicales Antécédents personnels médicaux et chirurgicaux Vaccinations Allergies Lettre de sortie d’hôpital Etc. La confidentialité du DMP est maîtrisée par le patient Comme son nom l’indique, le dossier est personnel. Il est verrouillé par un « identifiant national de santé » (différent du numéro d’INSEE), offrant au patient de décider qui peut avoir accès ou non à son dossier.Enfin, le patient a la possibilité de masquer les données qu’il ne souhaite pas voir figurer sur son dossier médical personnel (DMP). C’est une sorte de « droit à l’oubli », précisent les associations de patients, qui se sont battues pour ce droit ! Pour en savoir plus Il existe un site Internet dédié au dossier médical personnel (DMP) : www.dmp.gouv.fr, ainsi qu’un numéro de téléphone : DMP Info Service au 0810 33 00 33. Isabelle Eustache
2 min
Gastroentérite : quels sont les aliments à éviter et ceux à privilégier ?
L’épidémie de gastroentérite a démarré. Au-delà des bons réflexes pour échapper à la gastroentérite, que peut-on faire si malgré tout nous sommes atteints par cette affection du système digestif ? Et surtout que boire en cas de gastroentérite, quels sont les aliments à éviter ou à privilégier ? Quand la gastroentérite vous tient, buvez de l’eau pour compenser les pertes Si vous avez l’estomac au bord des lèvres, inutile de vous forcer à manger quoi que ce soit. L’important est de boire de l’eau (ou idéalement une solution de réhydratation) par petites gorgées aussi souvent que possible. En effet, les diarrhées et les vomissements entraînent des pertes hydriques qu’il faut compenser. Attention, pas de coca ou autre soda. Ces boissons gazeuses très acides sont beaucoup trop agressives pour vos intestins fragilisés par la gastroentérite. Évidemment, pas d’alcool non plus, trop irritant pour le système digestif et inversement déshydratant. Si l’eau ne passe pas bien, buvez un peu de bouillon, d’eau sucrée ou de tisane.Vous pouvez aussi suçoter une cuillière de miel. Évitez le café, même si en toutes petites quantités il peut être bénéfique à certains, il est irritant chez d’autres personnes et aggrave la diarrhée. Automédication en cas de symptômes importants : En cas de symptômes importants, vous pouvez recourir à l’automédication, par exemple : Lopéramide pour arrêter la diarrhée. Nifuroxazide comme anti-infectieux intestinal. Demandez conseil à votre pharmacien ! Lorsque la phase aiguë de la gastroentérite est passée et que vous vous sentez capable de manger quelque chose, faites les bons choix et débutez très progressivement par petites quantités. Les aliments à éviter en cas de gastroentérite Il faut éviter les aliments gras et ceux qui sont riches en fibres comme les légumes verts et les fruits frais, à l’exception de la banane (à privilégier bien mûre). Les aliments à privilégier Vous pouvez manger de petites quantités de laitages, comme un peu de yaourt ou un petit morceau de fromage à pâte cuite. Les féculents sont à privilégier, notamment le riz blanc, mais aussi les pâtes. Tentez le pain blanc ou les céréales sans sucre. Vous pouvez essayer les carottes cuites. Carottes et féculents peuvent être accompagnés de petits morceaux de viande maigre ou de poisson bien cuits. Les compotes (les fruits étant cuits et mixés) sont souvent appréciées. A débuter, là encore, par petites quantités. Mais si les nausées reviennent, arrêtez de manger et attendez une demi-heure avant votre prochaine tentative. Gastroentérites : les bons réflexes En cas de gastroentérite chez un nourrisson ou une personne âgée, soyez très prudent car ces sujets fragiles se déshydratent rapidement. Mieux vaut qu’ils soient suivis par un médecin. Dans tous les cas, une gastroentérite qui persiste impose la consultation d’un médecin. Enfin, pour éviter la gastroentérite et limiter sa transmission, lavez-vous les mains aussi souvent que possible, impérativement en sortant des toilettes et avant de préparer les repas. C’est aussi le moment d’écouler votre stock de solutions hydroalcooliques ! Isabelle Eustache
3 min
Ados, mobiles, internet et le sommeil
L'utilisation tardive de SMS et d'e-mails se cache apparemment derrière le manque de sommeil de certains adolescents. Pourquoi, et comment lutter ? La communication est mauvaise pour le sommeil des adolescents Utiliser les emails ou les SMS pour communiquer avec ses amis le soir, et plus encore après l'heure du coucher, est néfaste pour le sommeil des adolescents. En effet, un message appelle toujours une réponse... Après un "dernier" petit mot, la conversation est parfois encore très longue! En outre, le fait d'attendre une réponse met l'esprit en alerte, plus qu'une lecture ou le fait de regarder la télévision. Si l'on ajoute cette influence au fait que les messages SMS ou même email peuvent être envoyés depuis des appareils de plus en plus petits, et donc faciles à emporter dans sa chambre, voire dans son lit, on voit bien que le sommeil des ados, voire des grands enfants, est en danger.$$Les ados ont encore besoin de beaucoup sommeil ! Marion Garteiser, journaliste santé
3 min
Les accros à l’activité sportive auraient plus de problèmes avec l’alcool
Si l’activité physique régulière et modérée entretient l’organisme, entraîne le cœur, chasse le stress et protège de certains comportements à risque, la pratique d’une activité sportive en excès semble, à l’inverse, augmenter le risque d’une consommation d’alcool problématique. Activité sportive et alcool, des liaisons dangereuses ? Telles sont les conclusions d’une étude menée à partir de l’Observatoire 2016 « Les Français et l’alcool » conduite auprès d’adultes de 18 ans et plus, par la Fondation pour la Recherche en Alcoologie. Ce travail a établi que les accros au sport, autrement dit victimes de bigorexie (c’est le vrai nom de la dépendance au sport), soit 5% environ de la population adulte, sont trois fois plus nombreux que les pratiquants réguliers et modérés d’une activité sportive à présenter une consommation d’alcool problématique : 11% d’entre eux seraient en effet concerné, contre 4% des pratiquants non accros au sport ! Il est démontré que si la pratique d’une activité physique régulière augmente la fréquence de consommation d’alcool (une consommation au minimum hebdomadaire chez 57% des sportifs réguliers contre 43% des non-pratiquants), elle génère en revanche moins de problèmes d’alcool… Conclusion ? C’est à très haute dose que le sport deviendrait finalement délétère sur le comportement et pourrait s’associer à d’autres dépendances… Car il serait en effet « faux de croire que l’alcool et le sport sont deux comportements contradictoires » commente le Dr. Laure Com-Ruelle* : « Au contraire, ils s’associent souvent et interagissent fortement, d’autant que tous deux font partie des rituels de socialisation, et déclenchent des mécanismes cérébraux assez semblables, avec une activation du circuit dit de la récompense ». Il est d’ailleurs établi que les différentes dépendances, qu’elles soient aux substances (tabac, alcool, cocaïne) ou comportementales (jeu, sport, sexe) sont fréquemment associées. Dépendance au sport et alcool : des liens plus complexes qu’il n’y parait Des résultats qui viennent confirmer plusieurs travaux plus anciens, s’intéressant déjà aux relations entre sport et alcool. Ainsi, l’étude ESPAD (1999) montrait qu’à l’âge de 16 ans, la consommation d’alcool et les ivresses augmentaient dès 8 heures d’activité sportive hebdomadaires. L’étude IREB (2007), montrait, elle, deux tendances clairement opposées chez les majeurs (18-24 ans) : une augmentation du risque de consommation problématique chez certains jeunes pratiquant intensément des sports collectifs avec compétition (x 2,5 par rapport à ceux optant pour un sport de loisir individuel sans compétition) et à l’inverse une diminution du risque chez d’autres, avec un taux multiplié par 2,8 de non-consommation d’alcool. Deux attitudes opposées, qui montrent que certains échappent clairement au risque de dépendance à l’alcool, sans doute en fonction des différents tempéraments. Reste que si certains sports semblent assez déconnectés des conduites d’alcoolisation (gym, athlétisme, endurance), d’autres à l’inverse sont plus particulièrement concernés : essentiellement les sports collectifs de ballons (football, rugby, basket, volley…), avec l’incontournable « troisième mi-temps ». Un rituel convivial, mais qui expose aux débordements alcooliques (Binge Drinking notamment) et à la possible installation d’une dépendance. Dépendance, dépendances… Question de dose de sport, donc ? Dans la réalité, pas exactement : plutôt de dépendance. En effet on peut ne pas être « accro » au sport malgré une pratique intensive, et à l’inverse, l’être en pratiquant moins : plus que le nombre d’heures, c’est la place que prend le sport dans la vie qui signe l’addiction. La bigorexie est reconnue comme maladie par l’OMS depuis 2011, et peut être évaluée grâce à un test EAI, permettant notamment d’évaluer la sensation de manque liée à l’arrêt de la pratique. Alors que l’activité physique régulière modérée protège du risque d’alcool, une pratique intensive, et a fortiori addictive, expose donc, à l’inverse, à une dépendance alcoolique. Dr. Com-Ruelle : « Il est important d’encadrer la pratique sportive, de former et d’informer préventivement non seulement les sportifs (jeunes et adultes), mais également les entraîneurs de clubs, notamment ». D’une part parce que l’alcool nuit gravement à la performance (baisse d’hydratation, altération du processus de réparation musculaire…), mais aussi à la santé, à court terme (accidents) et à long terme (maladies, décès). Il est ainsi avéré que les sportifs de haut niveau courent plus de risques de problème d’alcool quand sonne l’âge de leur retraite sportive. Autant de bonnes raisons pour ne plus faire de cocktail « sport + alcool ».
3 min
Bébés et enfants : comment choisir la bonne paire de lunettes ?
Les lunettes pour bébés ou enfants doivent être bien adaptées à leur morphologie. Par ailleurs, plus elles lui plairont, plus il les portera volontiers. Mais vous devez en même temps respecter certains critères de choix : solidité, sécurité, légèreté et esthétisme. Les lunettes des bébés et des jeunes enfants sont très différentes de celles des adultes car la morphologie du visage n'est pas identique. En effet, les petits ont une racine du nez plate, un plus petit écart entre les pupilles, des oreilles légèrement placées au-dessus des yeux, un crâne parfois très large et une croissance crânienne constante. Une bonne paire de lunettes doit répondre à ces quatre critères : Solidité : les lunettes doivent résister aux chahuts de nos petits et à leur manipulation encore maladroite. Dans ce dernier cas, privilégiez les charnières flexibles. Sécurité : absorbés par leurs jeux, ils oublient souvent qu'ils portent des lunettes. Celles-ci doivent donc résister aux turbulences et autres lancés maladroits de ballons, sans jamais blesser l'enfant. Légèreté/confort : elles doivent être bien adaptées à la morphologie de l'enfant. Choisissez des embouts et des plaquettes antidérapantes et hypoallergéniques afin qu'elles tiennent bien sur son nez et ne l'irritent pas. Esthétisme : porter des lunettes pour enfant n'est jamais facile car elles le distinguent de ses camarades. C'est pourquoi, il est essentiel de les choisir avec lui. Plus la monture et la couleur lui plairont, plus il les portera volontiers. Pour éviter les rejets, le rôle des parents est ici très important. Valorisez l'image des porteurs de lunettes (chanteurs, sportifs, héros de BD, de dessin animé, etc.). Pourquoi ne pas lui offrir un livre dont le personnage principal porte des lunettes, afin de lui démontrer qu'elles n'enlèvent rien au charme (en ce moment, c'est Harry Potter). N'hésitez pas à lui dire qu'elles lui vont bien. Prouvez-le en exposant une photo de lui portant ses lunettes. Dans tous les cas positivez ! Le choix des verres doit respecter des exigences de légèreté et de sécurité. Préférez un verre mince, léger, résistant aux rayures et antichoc. Privilégiez également la protection anti-UV car avant l'âge de 5 ans, les yeux des enfants sont bien plus perméables à la lumière que ceux des adultes. Il existe aujourd'hui des verres blancs organiques qui protègent efficacement contre les UV. Quelle prise en charge ? La sécurité sociale prend en charge 65% du tarif conventionné, le reste étant souvent remboursé par votre Mutuelle. Avant 6 ans, un enfant peut bénéficier sur prescription médicale de plusieurs paires de lunettes. Mais entre 6 et 18 ans, les enfants ont droit à une paire par an. Et bien sûr, si votre enfant n'est pas à l'aise avec ses nouvelles lunettes au bout d'une semaine, retournez voir l'opticien, parfois un simple réglage peut arranger bien des choses. Isabelle Eustache
2 min
Toujours plus d'allergies alimentaires...
La fréquence des allergies alimentaires a doublé en cinq ans. Comment explique-t-on cette progression des allergies alimentaires, lesquelles touchent le plus souvent les jeunes enfants ? L'allergie alimentaire a fortement progressé On compte en France 3-4% d'allergiques alimentaires, soit plus de 2 millions de personnes. Les enfants sont 3 fois plus touchés que les adultes (6 à 8%), l'allergie alimentaire survenant souvent dès les premiers mois de la vie, avec une fréquence maximale entre 1 et 3 ans.Attention, une allergie alimentaire peut en cacher une autre et provoquer une autre allergie. Comment expliquer la progression des allergies alimentaires ? Chez les personnes hypersensibles, la rencontre avec certains allergènes déclenche une réaction exagérée des défenses immunitaires, à l'origine de symptômes allergiques plus ou moins intenses (digestifs, cutanés) et reconnaissables. En effet, si les signes se manifestent en général rapidement après le contact avec l'allergène, de quelques minutes à 4 heures, il est aussi souvent délicat de les reconnaître. En revanche, parfois la simple odeur de l'aliment ou le contact sur la peau avec l'aliment ou des cosmétiques contenant des protéines alimentaires peuvent déclencher la réaction allergique.Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer la très forte progression des allergies alimentaires à commencer par la diversification de notre alimentation. Une diversification alimentaire trop précoce chez les jeunes enfants : les aliments ne doivent pas être introduits avant l'âge de 6 mois, ni de façon trop brusque, mais les uns après les autres de façon très progressive. Une diversité croissante des aliments : avec les nouveaux aliments (épices, condiments, fruits exotiques), les allergènes sont de plus en plus nombreux, multipliant les risques de rencontre et de réactions allergiques. L'évolution des techniques de l'industrie agroalimentaire (nouveaux procédés de fabrication, nouveaux ingrédients...), contribue également à multiplier les nouveaux allergènes. Quid de l'allergie croisée Chez les personnes déjà sensibilisées à un allergène, il peut arriver que le premier contact avec un nouvel allergène déclenche une réaction allergique. Cette situation est liée au fait que certains allergènes se ressemblent beaucoup.On peut ainsi être à la fois allergique à la tomate et aux pollens de graminées ou bien aux kiwis ou à la banane et au latex.On retiendra que les symptômes des allergies alimentaires peuvent être particulièrement discrets, rendant l'allergie difficile à identifier. Enfin, la diversification alimentaire explique en partie la progression des allergies alimentaires, raison de plus ne pas la débuter trop tôt chez les nourrissons. Isabelle Eustache
2 min
Peut-on manger des produits périmés ?
Une date sur un produit, ca veut dire quoi ? Entre DLC (Date limite de consommation) et DLUO (Date limite d'utilisation optimale), quelle est la différence ? Risque-t-on de se rendre malade si l'on mange un produit dont une de ces dates limites est dépassée ? Décryptage. Date limite de consommation (DLC) et Date limite d'utilisation optimale (DLUO) La première, la DLC s'applique à tous les aliments périssables, riches en eau, où peut se dérouler une activité microbiologique qui non seulement nuit à sa qualité mais risque d'être dangereuse. Ces produits ne peuvent être vendus après l'expiration de leur DLC. La seconde, la DLUO concerne les produits secs (céréales - pâtes, riz etc. -, légumes secs, biscuits, céréales de petit déjeuner, thé, café), les produits stérilisés, lyophilisés, déshydratés, salés, fumés, congelés, surgelés, le lait UHT, les fromages affinés et la plupart des boissons, sauf le vin qui n'a aucune date limite de consommation. Ces produits peuvent être vendus après leur DLUO. DLC et DLUO sont fixées par le fabriquant qui réalise des tests de vieillissement plus ou moins sophistiqués, selon des normes bien établies, sur ses produits quand il les met au point. Repères de la Date limite de consommation (DLC) La DLC est indiquée par une date en chiffres, par exemple 21/05/10, accompagnée d'une série de chiffres (qui est la référence du produit). Il s'agit d'une sorte de tampon qui se balade un peu n'importe où sur l'emballage. Lorsque celui-ci enferme plusieurs produits, comme les packs de yaourts, cette DLC est de nouveau tamponnée sur le couvercle de chaque produit. La mention " à consommer jusqu'au... " et l'indication de la température de conservation : " conserver à + 6°C maximum " sont imprimées sur l'emballage. On ne les retrouve pas toujours sur un produit débarrassé de son sur-emballage. Repères de la Date limite d'utilisation optimale (DLUO) Il y a plusieurs formulations qui varient avec la durée de la DLUO. Pour les produits dont la DLUO est à 3 mois, la mention " A consommer de préférence avant le ..... " suivie du jour et du mois ou bien " A consommer de préférence avant fin.... " est imprimée sur l'emballage ou la boîte. Pour les produits dont la DLUO est comprise entre 3 et 18 mois, la même mention indique le mois et l'année. Pour les produits dont la DLUO est de plus de 18 mois, cette mention indique seulement l'année. Très souvent, le " A consommer de préférence " renvoie à " au-dessous de la boîte " ou " au dos du paquet " et là, on trouve la date. Produits à DLC = aliments périssables à conserver au réfrigérateur La DLC concerne tous les aliments périssables, soit les produits laitiers (lait pasteurisé, yaourts, fromages frais, crèmes desserts etc.), les viandes, les volailles, et les poissons frais emballés, les charcuteries, les plats cuisinés frais et certains légumes frais prêts à cuire. Tous ces produits, vous les trouvez dans les rayons réfrigérés des magasins, petits ou grands. S'ils n'y sont pas, n'achetez pas ! Et quand vous achetez, allez regarder au fond du rayon où sont souvent stockés les produits dont la DLC est plus éloignée. Il est évident que vous ne devez pas les laisser traîner après leur achat mais les stocker le plus vite possible au frigo afin de ne pas rompre la sacro-sainte chaîne du froid. Peut-on consommer des aliments périmés ? Aucun risque sanitaire avec tous les produits à DLUO. C'est d'ailleurs pour cela qu'il existe tout un réseau de " soldeurs " spécialisés dans la vente des produits en limite de DLUO, voire même en date dépassée. Et que bien des associations humanitaires sont heureuses de les récupérer. Le seul risque, c'est que ces produits soient moins bons, que leurs qualités organoleptiques (goût, saveurs, texture, parfum) en aient pris un coup. Des biscuits peuvent devenir mous, le chocolat peut se durcir, le thé ou le café s'éventer. Pour les surgelés, les DLUO, qui sont de 1 à 2 ans, sont inférieures aux durées de conservation possible car on tient compte, pour les fixer, des inévitables micro-variations de température au cours de la vie commerciale du produit. Mais si vous laissez se décongeler un produit après son achat, que vous le déposez tout mollasson dans votre congélateur, il est évident que vous prenez alors le risque qu'il se soit abîmé ! La terreur règne en ce qui concerne les produits à DLC car on ne cesse d'affirmer qu'il ne faut absolument pas les consommer après cette fichue DLC sous peine de graves risques alimentaires : gastro, intoxication etc. Du coup, nombreux sont ceux et celles qui jettent à la poubelle n'importe quel produit dès qu'il a atteint sa DLC et en rageant d'un tel gâchis. Mais il y a produit et produit. S'il est évident qu'un filet de poisson ou un bifteck dans une barquette qui baigne dans son jus a vraiment une durée de vie limitée, il n'en est pas de même pour les produits laitiers à DLC qui sont fabriqués avec du lait pasteurisé (donc débarrassés de ses microbes dangereux), les crèmes desserts. Les jus de fruits pasteurisés. A condition, bien sûr, qu'ils n'aient pas quitté le frigo et qu'avant d'y être installés, ils n'aient pas transité longtemps au chaud. Vous pouvez donc, sans état d'âme et sans risque, consommer des yaourts, des laits fermentés, des fromages frais, des crèmes dessert bien au-delà de leur DLC sauf si l'opercule est gonflé, ce qui signifie que le produit a fermenté. Paule Neyrat, Diététicienne
3 min
Perlèche : une candidose au coin des lèvres
La perlèche fait partie des candidoses, infections dues à une levure, la Candida. Sa localisation est caractéristique puisqu'elle siège typiquement à la commissure des lèvres, là où il faut chaud et humide...La candidose est une infection provoquée par une levure, la Candida. Cette levure est présente dans la bouche, le système digestif et le vagin. La Candida est inoffensive, sauf si elle prolifère anormalement. Elle infecte alors les membranes des muqueuses et la peau humide (commissure des lèvres, mais aussi aisselles, plis sous-mammaire, plis abdominal, etc.). En effet, les lieux de prédilection de cette levure sont les zones chaudes et humides. Et attention la candidose se transmet facilement...D'autres facteurs favorisent les candidosesLa prise d'antibiotiques peut favoriser les candidoses en tuant les bactéries qui normalement régulent leur prolifération. Les corticostéroïdes et les traitements immunosuppresseurs après transplantation d'organe tendent aussi à diminuer les défenses de l'organisme contre cette infection. Les corticoïdes à inhaler souvent prescrits contre l'asthme, induisent parfois une candidose buccale. Les femmes enceintes, les femmes sous contraception orale, les obèses et les diabétiques sont aussi plus exposés aux candidoses. La perlècheLa perlèche désigne une candidose localisée à la commissure des lèvres, souvent de façon bilatérale. La prolifération des Candida provoque des érosions parfois douloureuses, des fissures, des rougeurs, des croûtes, voire des saignements. Ce qui favorise la perlèche :Toutes les situations qui maintiennent continuellement les coins de la bouche humides permettent la croissance des levures Candida, comme notamment : - L'habitude d'humidifier ses lèvres. - Sucer son pouce. - L'utilisation d'appareils dentaires.- Etc. Quel est le traitement de la perlèche et des autres candidoses ?Le fait de maintenir les commissures des lèvres bien sèches peut contribuer à la guérison et empêcher les récidives. Sinon, le traitement repose sur des antifongiques, sous forme de crèmes, voire de poudre. Contre certaines candidoses, on recourt à des médicaments antifongiques par voie orale. À noter que des antibiotiques sont parfois prescrits, mais pour traiter une infection bactérienne venue compliquer la candidose. Enfin, des corticoïdes peuvent être nécessaires contre les démangeaisons.Isabelle Eustache
2 min
Montrer ses pieds, c’est prendre soin de sa santé
Les Français osent de plus en plus montrer leurs pieds à leur pédicure-podologue. Ils y sont vivement invités, le 8 juin, à l’occasion de Journée nationale de dépistage et de prévention gratuite, sous l’égide de l’Union Française pour la Santé du Pied (UFSP). Parce que nos pieds parcourent 2,5 fois le tour de la Terre sur la durée d’une vie, il faut en prendre soin. Montrer ses pieds… La démarche de confier ses pieds au spécialiste entrerait-elle dans les habitudes des Français ? Il semblerait puisque près d’une personne sur deux consulte un podologue aujourd’hui contre 30% en 2012. Le 8 juin, comme chaque année depuis 15 ans, le grand public pourra consulter gratuitement des pédicures-podologues dans les lieux de consultation mis à disposition par les villes. Liste des lieux disponible ici ! Le podologue examinera chaque pied sous toutes ses coutures. Il dépistera toute éventuelle pathologie et délivrera ses conseils de posture et de soins, à effectuer chez soi ou chez un spécialiste. Cette année, lors de la consultation gratuite du 8 juin, le podologue examinera aussi le chaussage. Les variations dans le type chaussage sont importantes puisque 43% des personnes portent des chaussures de ville, 31% des sandales, 6% des chaussures de toiles et qu’une personne sur deux porte des baskets ! Le chaussage est principalement à l’origine de problèmes cutanés. Des chaussures trop petites provoquent des cors, des chaussures trop hautes des durillons ou des douleurs sur l’avant du pied, des chaussures trop plates telles des ballerines des douleurs aux talons (talalgies), des chaussures trop hautes et trop pointues font apparaître un Hallux Valgus voire des cors entre les orteils… Mme Muriel Montenvert, pédicure-podologue, secrétaire générale de l'UFSP : « Quant au port de baskets de ville, pourquoi pas - mais pas au quotidien- et à la condition qu’elles possèdent un contrefort à l’arrière et qu’elles ne soient pas trop souples ; en effet, elles ne doivent pas se plier lorsqu’on les fait « vriller » (torsion de la chaussure). L’inconvénient majeur est qu’une semelle souple ou trop amortissante n’apporte pas d’information précise et juste au cerveau pour qu’il maintienne une posture adaptée. Celle-ci est alors moins tonique en réponse avec le sol, d’où un maintien plus avachi, propice aux douleurs dorsales. De plus, dans une basket, le pied prend ses aises et finit par s’élargir ». Choisir ses chaussures avec ses pieds, pas avec ses yeux ! On choisit trop souvent nos chaussures avec nos yeux et pas avec nos pieds, malheureusement. Quelques conseils pour ne pas se tromper de chaussures : Il faut les choisir en fin de journée, lorsque le pied est le plus gonflé. Les deux pieds étant asymétriques, il faut se fonder sur celui dont la pointure est la plus grande. Il est conseillé de les essayer avec les chaussettes adéquates. Il faut penser aussi à la largeur du pied et pas seulement à sa longueur. D’emblée, elles doivent parfaitement convenir au pied. En effet, elles ne vont pas « se faire ». C’est plutôt le pied qui va s’y faire et souffrir ! Seul un cuir plein (sans couture) va se détendre légèrement. Quant à la hauteur de talon pour les femmes, il devrait être compris entre 2 et 6 cm. Pour les hommes, éviter les chaussures trop plates et privilégier une semelle extérieure suffisamment épaisse sous l’ensemble du pied. Bien entendu, se faire plaisir est essentiel et l’esthétique compte aussi. Le port de ces chaussures doit être occasionnel et non quotidien. L’état de santé des pieds peut influer sur la santé globale Consulter un pédicure-podologue au moins une fois par an serait l’idéal, dans l’objectif de prévenir et d’éviter les douleurs, les chutes, les maladies articulaires et tendineuses, les déformations du pied, les troubles de la statique avec les complications du membre inférieur mais aussi du rachis voire des cervicales. Plusieurs problèmes podologiques peuvent exister : Externes, au niveau des ongles et de la peau : ongles incarnés, cors, durillons, œil de perdrix, un botriomycome (panaris du pied), des échardes…à l’origine de douleurs et d’une gêne fonctionnelle à la marche. Ils peuvent être éliminés grâce à un soin podologique. Internes, dits ostéo-articulaires car liés à la structure même du pied : épine calcanéenne (tendinite d’insertion), aponévrosite plantaire (douleur sous la plante des pieds), métatarsalgies (douleur au niveau des os longs de l’avant-pied qui s’articulent avec les phalanges des orteils), Hallux Valgus (déformation d’articulation du gros orteil) ou griffes d’orteils (déformations des orteils). Ces maladies communes sont souvent très douloureuses et ont une influence négative sur l’appareil locomoteur. Les pieds étant la base de l’équilibre, de nombreux troubles de la statique peuvent aussi avoir pour origine une instabilité du pied ou la provoquer. Elles peuvent être soulagées grâce à des semelles orthopédiques et un travail sur la posture. Par exemple, plus de deux tiers des patients soignés par des orthèses plantaires ont ressenti des améliorations aux genoux (21%), au dos (67%) et aux hanches (86%). En général, les déformations ne sont pas réversibles, sauf grâce à une chirurgie dans l’Hallux Valgus, ce qui n’est pas vraiment le cas dans les autres déformations. Muriel Montenvert : « Un travail global par un bilan de podologie complet sur la posture est souvent nécessaire en cas de maladies ostéo-articulaires du pied. Les douleurs ostéo-articulaires, musculaires du pied, du genou ou de la hanche ne sont que le reflet d’une mauvaise posture. D’où la nécessité de traiter la cause et non pas uniquement sa conséquence, à savoir la douleur ».
3 min
Douleurs neuropathiques, des douleurs pas comme les autres
Toutes les douleurs ne se ressemblent pas. Certaines douleurs dites douleurs neuropathiques liées à des lésions nerveuses font souffrir au quotidien 5% de la population. Elles ne sont pas soulagées comme les autres par les antalgiques classiques, mais à coup d’antiépileptiques ou d’antidépresseurs. Des experts internationaux viennent de se pencher sur le traitement de ces douleurs chroniques et invalidantes. Le Pr Nadine Attal, la neurologue qui a participé aux recommandations de la journée mondiale contre la douleur 2016, nous explique quelle est cette douleur, méconnue et pourtant si fréquente. Un quart des douleurs sont des douleurs neuropathiques Les douleurs neuropathiques sont des douleurs chroniques, très handicapantes dans toutes les sphères du quotidien.Lorsque l’on parle de douleur, on pense à la douleur classique, lorsque l’on se blesse, lorsque les vertèbres lombaires nous font souffrir, en cas d’arthrose ou de cancer... ce sont des douleurs dites "nociceptives", dues à la stimulation persistante et excessive des récepteurs périphériques de la douleur, autrement dit liées à une lésion du tissu périphérique. Un antalgique plus ou moins fort (paracétamol, anti-inflammatoire, codéine ou dérivés de la morphine etc.) suffit à les contenir.Or un quart des douleurs sont d’un tout autre type : elles sont dues à une lésion des nerfs ou à une maladie qui affecte le système nerveux. Environ 5% de la population ressent ces douleurs chroniques particulières (brûlures, froid douloureux) continues ou à type de décharge électrique (paroxystiques), souvent accompagnées d’une sensation d’engourdissement, de démangeaisons, de picotements...Pourtant, les personnes attendent trois ans en moyenne avant de consulter un centre spécialisé contre la douleur.Pr Nadine Attal, neurologue (INSERM U-987- Centre d'Evaluation et de Traitement de la Douleur, Hôpital Ambroise Paré, Boulogne-Billancourt) : « Les douleurs neuropathiques sont d’une grande banalité, beaucoup plus fréquentes que ne le croit le grand public. Nombreux sont ceux qui sont touchés sans même le savoir. Ainsi, la sciatique chronique est une douleur neuropathique. Elles sont aussi par exemple le lot quotidien d’une personne opérée sur dix, d’une partie des personnes diabétiques ("neuropathie diabétique douloureuse"), de celles qui souffrent après un zona ou à la suite d’un traumatisme. Ces douleurs neuropathiques sont une cause majeure d’arrêt de travail, de consommation de soins et restent bien plus difficiles à traiter que les douleurs habituelles nociceptives. » Antidépresseurs et antiépileptiques plutôt qu’antalgiques Dans les études, un malade sur cinq souffrant de douleur neuropathique est soulagé par rapport à un placebo, et dans la "vraie vie" c’est rarement plus d’un malade sur deux. Même lorsqu’il est bien soigné, il ne répond jamais complétement au traitement.Néanmoins, la prise en charge des douleurs neuropathiques progresse, lentement mais sûrement, et s’appuie de plus en plus sur des recommandations thérapeutiques fondées sur les preuves, avec des essais cliniques de meilleure qualité. Ces dernières années, les recherches se sont tout particulièrement focalisées sur l’étude de combinaisons médicamenteuses et l’utilisation de traitements topiques (application locale au niveau de la zone douloureuse) alors qu’ils étaient très peu prescrits voire déconseillés il y a quelques années.De nouvelles recommandations de l’Association internationale pour l’étude de la douleur viennent d’être publiées (1). On distingue les traitements médicamenteux de premièreligne, de seconde ligne (en cas d’échec de la 1ère ligne) et de troisième ligne : 1ère ligne : Le thérapeute a le choix entre les antidépresseurs * et les antiépileptiques (prégabaline ou la gabapentine). Combiner un antiépileptique et un antidépresseur (prégabaline-duloxétine) peut être utile en cas d’efficacité partielle d’un des deux traitements utilisés seuls. Attention, certaines combinaisons sont irrationnelles ou dangereuses comme gabapentine –prégabaline (puisqu’ils ont le même mécanisme d’action), duloxétine-amitriptyline à fortes doses et antidépresseurs-tramadol à fortes doses.Le choix de l’un ou l’autre dépend du terrain (comorbidités psychiatriques et psychologiques, physiques) et des contre-indications (cardiovasculaires notamment pour les antidépresseurs tricycliques, maladie du foie pour la duloxétine).Si le sujet est anxieux, on privilégiera la duloxétine ou la prégabaline qui agissent aussi sur l’anxiété généralisée, et plutôt un antidépresseur en cas de composante dépressive, (bien que les doses utilisées ne soient pas nécessairement les mêmes pour traiter la dépression et la douleur).Tous ces traitements sont à risque de somnolence ou d’impression vertigineuse. La prégabaline et les tricycliques peuvent faire prendre du poids. 2nde ligne : En cas d’échec, qui concerne environ un patient sur deux, des traitements topiques, c’est-à-dire d’application locale, peuvent alors être utilisés. Ceux de capsaïcine -c’est la nouveauté- et ceux à la lidocaïne *** sont désormais recommandés dans les douleurs neuropathiques périphériques (liées à une lésion d’un nerf seulement, et non pas de la moelle ou du cerveau) comme le zona, les douleurs neuropathiques du diabète ou après une chirurgie.La capsaïcine est un dérivé du paprika qui agit sélectivement sur les récepteurs de la douleur. La douleur doit être circonscrite sur une zone précise du corps. En France, les patchs de capsaïcine sont prescrits en hôpital de jour uniquement.Il existe une autre possibilité en seconde ligne de traitement : le tramadol. Il s’agit d’un opiacé faible (opioïde, dérivé de la morphine). 3ème ligne : Les médicaments opiacés forts (dérivés de la morphine), souvent efficaces à court terme mais délicats à manier sur le long terme du fait du risque potentiel d’addiction ou d’abus médicamenteux. A partir de la posologie de 120 mg/jour d’équivalent morphine, il vaut mieux être suivi dans une structure Douleur. La neurostimulation cérébrale non invasive et le BOTOX R dans les douleurs neuropathiques La stimulation électrique transcutanée (administration d’un courant électrique au travers de la peau) est proposée de longue date par les structures de lutte contre la douleur dans les douleurs neuropathiques périphériques. D’autres techniques de neurostimulation cérébrale non invasives, encore confidentielles comme la stimulation magnétique transcrânienne répétitive, deviennent désormais elles-aussi un choix thérapeutique possible pour les personnes en échec de traitement pharmacologique dans ce type de douleur chronique. Leur intérêt est certain à court terme (environ une personne sur deux est soulagée) et prometteur à long terme.Quant à la neurostimulation invasive, elle s’adresse aux douleurs très réfractaires et dépend du type de douleur. La neurostimulation médullaire se pratique de plus en plus. C’est une stimulation électrique à visée antalgique par l’intermédiaire d’électrodes implantées au niveau de la moelle épinière qui bloquent le signal de la douleur lors de son acheminement en direction du cerveau.Pr Nadine Attal : « Dans ces dernières recommandations internationales, nous proposons désormais une autre molécule potentiellement intéressante dans les douleurs neuropathiques : la toxine botulique de type A (BOTOX R, une neurotoxine très puissante produite par une bactérie, le Clostridium botulinum), la même utilisée contre les rides. Cette indication n’est pas acceptée en France, mais le traitement a fait la preuve d’une certaine efficacité sur les douleurs neuropathiques rebelles périphériques et très localisées (de type post-traumatiques ou chirurgicales). Elle doit être injectée en sous-cutané par un spécialiste, en milieu hospitalier.En règle générale, il ne faut pas hésiter à recourir à un spécialiste de la douleur car une douleur qui devient chronique peut générer une anxiété et une dépression. La tolérance à la douleur devient alors très problématique. Les techniques psychocorporelles comme l’hypnose et la relaxation peuvent aussi apporter un bénéfice, surtout chez les personnes intolérantes aux médicaments » Source : (1) Neuropathic Pain Special Interest Group of the IASP ; Finnerup, Attal et al Lancet Neurol 2015.*tricycliques comme l’amitriptyline ou les inhibiteurs mixtes de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline comme la duloxétine** ; éventuellement la venlafaxine.** en France, la duloxétine a une AMM dans les douleurs neuropathiques (DN) liées au diabète exclusivement, alors que les études ont fait état de son efficacité dans d’autres DN.***réservées aux douleurs neuropathiques du zona.
min
Le pain complet pas forcément meilleur que le pain blanc pour la santé
Selon une étude israélienne, le pain blanc ne serait pas forcément meilleur pour la santé que le pain complet. Il existerait une réponse individuelle liée à la composition du microbiote intestinal de chacun. Pain blanc ou pain complet ? Le pain blanc fait plus rapidement augmenter la glycémie que le pain complet, plus riche en glucides complexes. De surcroit plus intéressant pour sa teneur en fibres, le pain complet est recommandé par les nutritionnistes au détriment de sa version raffinée. Des chercheurs montrent aujourd’hui que la situation est plus compliquée et que nous ne réagissons pas tous de la même façon aux mêmes aliments. Au cours de leur expérimentation, une vingtaine de volontaires a été assignée à manger soit du pain blanc industriel, soit du pain au blé complet artisanal pendant une semaine, puis d’inverser ce régime. De nombreux tests biologiques ont été effectués : réponse glycémique, tolérance au glucose, tension artérielle, taux de lipides, de cholestérol, autres paramètres sanguins (calcium, fer, magnésium), fonction hépatique, rénale, marqueurs de l'inflammation et composition du microbiote intestinal. Tout dépend du microbiote intestinal de chacun ! En moyenne, tous ces paramètres ne sont pas différents quel que soit le type de pain consommé. En revanche, il existe de grandes variations de réponse glycémique selon les sujets : le pain blanc provoque une forte élévation de la glycémie chez la moitié des sujets, l’autre moitié répondant par une forte hausse de glycémie au pain complet, ce qui explique l’absence de différence sur la moyenne de la population étudiée. En conclusion, le type de pain entraine des réponses différentes selon la composition du microbiote de chaque individu. Ces résultats nécessitent d’être confirmés, et si c’est le cas, les chercheurs suggèrent dans le futur d’entreprendre une analyse du microbiote intestinal afin de déterminer quel type de pain se révèle le plus approprié pour la santé de chacun d’entre nous.
2 min
Epilepsie : à chaque crise son histoire…
Toutes les personnes souffrant d’épilepsie ne se ressemblent pas, les crises d’épilepsie non plus. A ceux pour qui l’épilepsie n’évoque rien d’autre que des convulsions spectaculaires, le Dr Gilles Huberfeld, neurologue au CHU Pitié-Salpêtrière (Paris) raconte cette maladie, à l’occasion de la Journée Nationale pour l’Epilepsie qui se tient le 17 novembre. Avec, en fil rouge, l’histoire de Sophie, jeune femme épileptique. Epilepsie : la toute première crise Sophie est une jeune femme souffrant d’épilepsie, comme au moins 500 000 personnes en France. La définition de l'épilepsie, ce sont des manifestations liées à des décharges anormales d’influx nerveux dans le cerveau : c’est le trouble neurologique le plus fréquent après la migraine et touche presque 1% de la population. Vu la variété des formes d’épilepsie, il est d’ailleurs plus juste de parler des épilepsies.Une épilepsie peut débuter, et se découvrir, à tout âge avec néanmoins plus de nouveaux cas dans les premières années de vie et après 50-60 ans.Sophie a découvert à l’adolescence qu’elle était épileptique en se "réveillant" à l’arrière d’un camion de pompiers. Elle se rappelle s’être levée un matin, après avoir peu dormi, puis c’est le trou noir. Ses parents ont été alertés par des bruits. Lorsqu’ils sont entrés dans sa chambre, elle était au sol, raide, parcourue de secousses. Il s’agissait de ce que l’on appelle une crise tonico-clonique généralisée ou convulsions.Dr Gilles Huberfeld, neurologue, Département de Neurophysiologie Clinique, CHU Pitié-Salpêtrière Université Pierre et Marie Curie (Paris) : « Lorsqu’elle sera interrogée par le médecin, Sophie identifiera un autre type de crises qui étaient déjà présentes mais passées inaperçues : elle avait parfois, surtout le matin, des sursauts du haut du corps. Il s’agit de myoclonies (contractions musculaires brutales et involontaires) qui dans son cas, étaient pathologiques car survenant en plein éveil. Elles sont souvent négligées, jusqu’à la première grande crise convulsive ou crise tonico-clonique généralisée. Le diagnostic médical, conforté par un enregistrement de l’activité électrique du cerveau (Electro Encéphalo Gramme ou EEG), sera celui d’ "épilepsie myoclonique juvénile". Typiquement, cette épilepsie assez fréquente (10% des épilepsies) débute à l’adolescence (entre 6 et 36 ans) ». L’épilepsie de Sophie, une prédisposition génétique Quelles sont les causes des crises d’épilepsie ? La grande majorité des agressions cérébrales (traumatismes, tumeurs, accidents vasculaires par ex.) qui entraînent des lésions dans le cortex (substance grise du cerveau) rendent les neurones anormalement excitables, qui peuvent parfois s’embraser de manière excessive et provoquer une crise d’épilepsie. D’autres épilepsies sont liées à des anomalies de formation du cerveau, en particulier du cortex. Elles s’exprimeront volontiers précocement, aux jeunes âges, et les crises peuvent interférer avec les mécanismes de développement du cerveau. Certaines épilepsies sont de cause génétique. Mais l’influence génétique est très variable. Elle va d’un gène (muté) déterminant la maladie à lui seul, à une tendance à l’augmentation de l’excitabilité des neurones selon le patrimoine génétique hérité des parents. Une circonstance nettement plus fréquente. Enfin d’autres épilepsies sont de cause inconnue. Dans le cas l’épilepsie myoclonique juvénile de Sophie, un cortège de gènes de prédisposition est supposé augmenter le risque d’épilepsie, en interaction avec l’environnement (manque de sommeil, etc.). Différents types de crise d’épilepsie : absence, convulsion, perte de parole, sensations internes… Sophie a finalement fait très peu de crises avant qu’un traitement antiépileptique ne soit instauré. Elles pouvaient se manifester sous forme de secousses très brèves (myoclonie). Lorsque les myoclonies sont présentes, le risque de grande crise de convulsion est alors plus élevé.Un troisième type de crise peut survenir dans presque un tiers des cas : les absences. Il s’agit de brèves ruptures de contact, sortes de trou noir pendant 4 à 20 secondes où la personne cesse d’interagir avec l’environnement.Pour toutes les épilepsies, la survenue spontanée et répétée de crises est imprévisible, soudaine, plus ou moins espacée. Ces crises sont de durée variable, mais souvent brève de quelques secondes à dizaines de secondes, en tout cas moins de cinq minutes. L’épilepsie est une maladie capricieuse : vis-à-vis de la fréquence des crises, les périodes ne se ressemblent pas forcément. Néanmoins, chez une même personne, les crises sont généralement identiques. Mais elles sont parfois de type multiple et plus ou moins complètes, plus ou moins sévères aussi.Entre les individus, les types et la sévérité des crises sont extrêmement variables, allant de la simple absence à la grande crise tonico-clonique généralisée très impressionnante. On distingue schématiquement les crises généralisées, embrasant d’emblée tout le cerveau (20 % des patients) des crises focales ou partielles (70%), débutant dans une région limitée du cortex et dont les symptômes dépendent de la région activée par la décharge épileptique.Dr Gilles Huberfeld : « Les crises généralisées peuvent se traduire par une absence, des secousses brèves isolées mais aussi par les crises tonico-cloniques ou convulsions (antérieurement nommées "grand mal"). C’est la forme la plus spectaculaire de crise d'épilepsie : perte de connaissance brutale, raidissement, contraction de l'ensemble des muscles des membres sous forme de secousses d’abord rapides et peu amples puis de plus en plus éparses et amples (phase clonique) avec blocage de la respiration. Elle se termine par une phase de coma avec respiration brutale et relaxation.Pour leur part, les crises focales sont très diverses selon la région activée. Il peut s’agir d’une sensation interne étrange, d’une difficulté à parler, de troubles visuels, d’hallucinations, de mouvements ou de paralysie, d’altération du contact … ». Des déclencheurs pas toujours identifiés Contrairement à ce que l’on croit, une crise d’épilepsie survient plus volontiers au repos, en phase de relâchement ou même au cours du sommeil. Le risque de crise est augmenté en cas de fatigue, stress, manque de sommeil, dans certaines circonstances hormonales ou métaboliques. Dans d’assez rares cas des stimulations visuelles peuvent déclencher une crise : on parle de photosensibilité. L’alcool peut parfois la favoriser, de même que certains médicaments, notamment certains antidépresseurs ou anti douleurs. L’activité physique est rarement en cause. Dans le cas de Sophie, le manque de sommeil est le facteur favorisant principal. Epilepsie : traitement à vie, mais pas toujours Sophie, pour son épilepsie myoclonique juvénile, généralement aisée à traiter, reçoit un traitement antiépileptique précis, car dans son cas, certains antiépileptiques pourraient au contraire aggraver la situation. Sophie ne souhaite pas encore d’enfants, mais il est préférable de ne pas lui proposer de valproate de sodium dont le plus connu est la Dépakine R, du fait d’un risque sur le fœtus lorsqu’elle sera enceinte.Les antiépileptiques ne guérissent pas la maladie. Ils ne peuvent qu’infléchir la fréquence et la sévérité des crises. A l'arrêt du traitement leur reprise est implacable, sauf si l’épilepsie a guérit spontanément, ce qui est le cas pour certaines épilepsies.Au début du traitement, Sophie s’est sentie un peu fatiguée, ralentie, nauséeuse, ressentant des vertiges. Elle n’a pas eu beaucoup de chance car ces symptômes sont souvent absents ou très limités.Fort heureusement pour elle, Sophie fait partie des 70 % des personnes souffrant d’épilepsie chez qui le traitement médicamenteux est efficace, les libérant de toute crise. Pour la moitié d’entre-elles, il faut associer un à plusieurs antiépileptiques.Dr Gilles Huberfeld : « Les antiépileptiques sont à prendre chaque jour, à heure fixe, pour prévenir des crises qui surviendraient occasionnellement. Sophie est observante de son traitement. Elle fait bien, car non seulement l’oubli d’une prise d’antiépileptique lèverait l’effet protecteur contre les crises mais a contrario favoriserait la survenue de crises par un effet de sevrage dû à l’arrêt brutal du traitement. Ces crises de sevrage peuvent être très graves, entraînant parfois des "état de mal". Source : D’après un entretien avec le Dr Gilles Huberfeld, neurologue, Département de Neurophysiologie Clinique, CHU Pitié-Salpêtrière (Paris), Université Pierre et Marie Curie.www.epilepsie-france.fr
5 min