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Santé, prévention, complémentaire santé, qualité de vie au travail, nutrition : ces sujets vous intéressent ?
On vous accompagne pour y voir plus clair à travers nos articles et dossiers spéciaux.
Fibromyalgie : le bénéfice de l'activité physique en groupe
Les douleurs chroniques empêchent souvent les patients atteints de fibromyalgie de faire du sport. Pourtant, le maintien d'une activité physique est recommandé pour améliorer leur qualité de vie. Un bénéfice tangible, encore amplifié lorsque ces exercices se pratiquent en groupe.La fibromyalgie : une maladie méconnueEn France, environ 3% de la population est atteinte de fibromyalgie. Une maladie qui se traduit par des douleurs musculaires, articulaires et tendineuses diffuses et qui s'accompagne souvent d'une fatigue persistante, de troubles du sommeil et d'un syndrome anxio-dépressif. La fibromyalgie touche majoritairement des femmes (80%) et apparaît en moyenne vers 40-45 ans. Son origine reste encore inexpliquée, elle est probablement multiple : altération du circuit nerveux de la douleur, facteurs hormonaux, causes génétiques, environnementales... Il arrive aussi qu'elle se déclenche après un choc émotionnel violent.Pas de médicament spécifique contre la fibromyalgieReconnue comme une maladie à part entière par l'Organisation Mondiale de la Santé depuis 2006, la fibromyalgie est encore souvent considérée comme une maladie « psy » par certains médecins en raison de la diversité des symptômes. Le diagnostic se fait par élimination, quand toutes les autres causes (rhumatismes, etc.) ont été supprimées et que le patient souffre de douleurs chroniques depuis au moins trois mois.Il n'existe pas de médicament spécifique mais les antalgiques et/ou les antidépresseurs, par exemple, peuvent soulager les troubles.Des thérapeutiques alternatives contre la douleurPour autant, ces médicaments ne guérissent pas les malades. Alors, en parallèle, beaucoup d'entre eux ont recours à une prise en charge non médicamenteuse (relaxation, hypnose, rééducation physique, thérapie cognitive comportementale, acupuncture...) pour essayer de mieux gérer la douleur et conserver une vie quotidienne à peu près normale.C'est loin d'être toujours le cas : 17% des patients sont contraints d'arrêter de travailler, 33% de changer de profession, 8% se retrouvent en invalidité.La moitié d'entre eux ne pratique plus d'activité physique. Pourtant, bouger est essentiel pour garder son autonomie.Combattre la fibromyalgie par le mouvement : vers une meilleure qualité de vieRéapprendre à bougerA Bordeaux, le Centre Les Grands Chênes (Korian) accueille des groupes de 4 à 5 patients souffrant de la fibromyalgie en hôpital de jour, principalement envoyés par le centre anti-douleur de la région.La méthode est la suivante : durant deux mois, et ceci trois jours par semaine, une équipe composée d'un kinésithérapeute, un ergothérapeute, un éducateur sportif, un psychomotricien, un psychologue et une diététicienne, va encadrer ces groupes de patients pour des exercices et des activités spécifiques.Dr Patrick Middleton, médecin-rééducateur : « l'idée est de les reconditionner progressivement à l'activité physique afin d'améliorer leur qualité de vie ».1er mois : au programme, étirement, gymnastique, qi-gong, balnéothérapie, relaxation...2ème mois : des exercices plus intenses sont proposés. Les patients peuvent aussi recevoir un soutien psychologique et des conseils diététiques. La confiance retrouvée Globalement, le résultat est positif : « Les patients se rendent compte que, malgré la douleur, ils peuvent faire des choses. Ça leur redonne confiance et, du coup, ils ont moins peur du mouvement. Ils retrouvent des capacités qu'ils croyaient avoir perdues et notamment de la souplesse, ils sont moins raides quand ils se lèvent le matin. On les remet en route, en quelque sorte », constate le Dr Middleton.Sur 21 patients interrogés à long terme, 16 ont repris une activité physique et 8 ne sont plus en arrêt maladie ! L'impact de l'activité physique sur la douleur, la fatigue ou l'état dépressif est fluctuant mais « plus les patients sont pris en charge tôt, plus c'est efficace », note le médecin.Sortir de l'isolement Virginie, 41 ans, a participé au protocole il y a trois ans. Depuis, elle se sent mieux, physiquement et psychiquement : « Pendant des années, je ne savais pas ce que j'avais. Ici, j'ai enfin été prise en charge, on a mis un mot sur ma maladie et on m'a appris à vivre avec. Aujourd'hui, je sais anticiper les signaux et je refais de la natation, ce que je n'osais plus faire. J'ai beaucoup moins mal partout qu'avant. En revanche, j'ai toujours des gros moments de fatigue mais je les gère ». Virginie est surtout sortie de son isolement social : « J'étais la fille qui avait toujours un pet de travers, je n‘osais plus voir mes amis. Depuis que ma maladie a été prise en charge, l'attitude de mes proches a changé. C'est important la reconnaissance ». Source : e-santéBrigitte Bègue journaliste santé
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Quels sont les médicaments qui augmentent les troubles de la mémoire ?
De nombreuses substances, notamment présentes dans certains médicaments, peuvent modifier le fonctionnement de notre cerveau et altérer notre mémoire. Quels sont les médicaments en cause et faut-il alors les éviter ? La problématique est bien plus complexe qu'il n'y paraît. Le point avec le Dr Catherine Thomas-Anterion, Neurologue, Docteur en Neuropsychologie, chercheur et membre de l'Observatoire B2V de la mémoire. Certains médicaments augmentent les troubles de la mémoire Il existe des médicaments qui peuvent perturber le fonctionnement optimal de la mémoire. C'est le cas de ceux qui ralentissent la vitesse de traitement cérébral. Ils peuvent alors entraîner comme effets secondaires d'éventuels problèmes d'attention et de mémoire. « Il est donc impératif de toujours bien évaluer les motifs de prescription de tout médicament », met en garde le Dr Catherine Thomas-Anterion : « Pourquoi doit-on le prendre, à quels effets bénéfiques doit-on s'attendre, quel dosage utiliser, pendant combien de temps, quels sont les effets indésirables potentiels, etc. ? » Par exemple, les bêtabloquants sont prescrits dans de nombreuses indications différentes : contre les troubles cardiaques et l'hypertension majoritairement, mais aussi en traitement de fond contre les migraines. Or, ils peuvent s'accompagner d'une lenteur d'exécution dans la réalisation de certaines tâches. Mais chez une personne cardiaque qui est améliorée par son bêtabloquant, il n'est pas question de l'arrêter. En revanche, en l'absence d'amélioration suffisante, il faut en parler à son médecin, qui peut alors modifier la prescription, avec un retour à un fonctionnement cérébral normal. La solution phytothérapie Le ginseng, excellent stimulant général, exerce des bienfaits sur les capacités de concentration et les capacités mentales, nécessaires à une bonne mémorisation. À utiliser en gélules ou en tisane à partir de poudre de racine de ginseng.Pour consulter la fiche Ginseng Cliquez ici ! Les anti-cholinergiques ont-ils aussi des répercussions sur la mémoire ? Dr Catherine Thomas-Anterion : « Oui, car les anti-cholinergiques jouent un rôle important dans le fonctionnement de la mémoire. La plupart du temps, ils n'entraînent pas d'effets secondaires majeurs, mais seulement de petits désagréments, sauf chez les patients qui sont amenés à prendre plusieurs médicaments différents et dont les effets indésirables peuvent s'ajouter, en cas de plusieurs facteurs de risque ou d'affection en lien avec l'acétylcholine. Attention, les anti-cholinergiques sont présents dans de nombreuses spécialités pharmaceutiques, comme dans des anti-vomitifs, des médicaments contre l'incontinence ou la dépression.Là encore, il ne faut jamais arrêter son traitement de son propre chef, mais en parler à son médecin, qui réévaluera les raisons précises de cette prescription et l'existence d'éventuelles interactions avec d'autres médicaments. Autrement dit, l'indication d'un médicament prime toujours sur les contre-indications (dans la limite du raisonnable bien sûr). » Qu'en est-il des benzodiazépines ? Les benzodiazépines sont des traitements anxiolytiques, donc utilisés contre l'anxiété, mais aussi parfois contre la dépression et les troubles du sommeil. Le gros problème avec ces médicaments est qu'ils peuvent entraîner des addictions avec des difficultés de sevrage. « C'est ainsi que certains patients les prennent sur de longues périodes et que des désagréments se manifestent, de type ralentissement de fonctionnement et perte d'attention. Comme avec les bêtabloquants, si l'effet ayant motivé la prescription est satisfaisant, celui-ci prime sur les désagréments. Il n'en faut pas moins réfléchir à la façon d'améliorer la prescription : diminution progressive de la posologie et de la durée du traitement », précise le Dr Thomas-Anterion. Toujours considérer et reconsidérer la balance bénéfice / risque d'un traitement Les bénéfices et les risques d'un médicament doivent toujours être examinés et régulièrement réévaluer. À titre d'exemple, malgré des effets indésirables sur le fonctionnement cérébral, un patient déprimé, souffrant de crises d'angoisse ou d'attaques de panique, aura une bien meilleure mémoire et moins de troubles de l'attention s'il prend un traitement par benzodiazépines associées à un antidépresseur par exemple, que s'il ne se traite pas. Nous venons de parler des effets de certains médicaments sur la mémoire, quand est-il du risque de développer la maladie d'Alzheimer ? Les benzodiazépines augmentent-elles le risque de maladie d'Alzheimer ? Dr Catherine Thomas-Anterion : « Une équipe de chercheurs de l'Inserm à Bordeaux a conclu que la prise de benzodiazépines sur plusieurs années consécutives représente un facteur favorisant la maladie d'Alzheimer. Mais il existe encore des incertitudes et il faudrait notamment prouver que ce sont bien les benzodiazépines et non la maladie à l'origine de la prise de benzodiazépines qui augmentent le risque d'Alzheimer. Car en effet, le stress dont souffrent les personnes dépressives, anxieuses, angoissées ou sujettes aux crises de panique, est un puissant oxydant cérébral connu pour entraîner une mort neuronale chez l'animal. Autrement dit, le stress (évoluant de longues années sans traitement) pourrait à lui seul expliquer un risque accru de développer la maladie d'Alzheimer.Cette hypothèse confirme la nécessité de traiter ces maladies via des médicaments à condition de respecter les règles posologiques (dosage, durée limitée, réévaluations fréquentes).Ce raisonnement est aussi valable en ce qui concerne les troubles du sommeil. Le sommeil étant très important pour la mémoire, il est préférable de prendre des somnifères pour limiter les insomnies et ainsi maintenir sa mémoire, mais ce pour un temps limité et sous contrôle médical. En revanche, continuer à prendre par habitude des médicaments qui ne sont plus utiles (accoutumance), c'est-à-dire qui n'améliorent plus le sommeil, peut détériorer la mémoire.Les médicaments antidouleurs... eux aussi !Dans le cadre de la lutte contre la douleur, les médicaments antidouleurs sont très largement utilisés, y compris contre les maladies rhumatismales. Or les morphiniques et ceux contenant de la codéine ralentissent le fonctionnement cérébral. Mais parallèlement, il faut considérer les effets propres de la douleur. En effet, lorsqu'elle est forte, elle a d'importantes répercussions psychiques et cognitives, entraînant anxiété et mal être à l'origine d'un ralentissent de la personne. Ainsi, traiter la douleur contribue à améliorer le fonctionnement de la mémoire. Reste à évaluer régulièrement chez chaque patient, si cette amélioration est supérieure au ralentissement cérébral lié au médicament antidouleur employé.« C'est pourquoi les médecins réfléchissent à chaque consultation à l'opportunité de maintenir ou non le médicament. Cet exercice est relativement simple lorsqu'il n'y a qu'un médicament, mais se complique fortement lorsque plusieurs sont associés, notamment des médicaments qui ralentissent : bêtabloquants, anti-vomitifs, contre l'incontinence, etc.Le patient doit ici penser à indiquer systématiquement les ordonnances des autres médecins consultés et mentionner tous les autres produits consommés, y compris les traitements en vente libre ou naturels achetés sur Internet, chez l'herboriste ou le naturopathe.Le patient doit aider son médecin en indiquant tout ce qu'il prend, sans rien oublier ». Les substances les plus courantes qui perturbent la mémoire : l'alcool et le cannabis Après ce long argumentaire sur les médicaments, on en oublierait presque de mentionner les deux substances qui perturbent le plus notre mémoire et qui sont de loin les plus consommées : l'alcool et le cannabis. Tous deux sont toxiques pour le cerveau : ils altèrent les capacités d'attention et la vitesse de traitement du cerveau, et entraînent une perte de fonction neuronale voire une mort neuronale.Ce sont donc toutes les substances toxiques qu'il faut éliminer pour ménager sa mémoire et prévenir les troubles mnésiques. On retiendra qu'il faut éviter l'automédication et le renouvellement abusif en se demandant toujours pourquoi on prend ce médicament et s'il est encore utile. Source : e-santé Isabelle Eustache
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Sexualité et maladie cardiovasculaire : ne pas s'abstenir !
Après un accident cardio-vasculaire, la peur de la récidive et de la mort subite, le "maternage" excessif du conjoint, le sentiment de fragilité et de dévalorisation de soi... paralyse : la sexualité n'existe plus. Or, non seulement la sexualité n'est pas risquée pour le coeur, mais elle bonne pour sa santé, y compris après un événement ou une maladie cardiovasculaire.L'accident ou la maladie cardiovasculaire porte un coup fatal à la libidoL'impact psychologique d'un accident cardio-vasculaire (syndrome coronarien aigu/infarctus du myocarde, dissection aortique/irruption de sang à l'intérieur de la paroi de l'aorte, accident vasculaire cérébral, chirurgie cardiaque, pose d'un défibrillateur automatique implantable etc.) doit être pris au sérieux car il compromet souvent la vie sexuelle (1), chez l'homme comme chez la femme. La crainte d'un nouvel accident cardio-vasculaire ou de la mort subite en plein ébat sexuel obsède et freinent bien des ardeurs. L'effet de certains médicaments cardio-vasculaires aussi : la baisse de la pression artérielle qu'ils induisent peut aggraver des troubles de l'érection* et plusieurs molécules peuvent chez la femme altérer la libido ou entraîner une sécheresse vaginale**.De plus, un évènement si bouleversant peut créer une dépression réactionnelle et les médicaments antidépresseurs et anxiolytiques n'arrangent rien à l'affaire : ils peuvent induire une sécheresse vaginale ou des troubles de l'érection. Enfin, avec l'arrêt maladie qui isole la personne, son sentiment de fragilité et de dévalorisation, la fatigue (asthénie)... la sexualité et le désir passent au second plan. Sans parler du tabou qui empêche la personne de s'en ouvrir aux médecins.Pr Claire Mounier-Vehier, Chef du Service de Médecine Vasculaire et Hypertension Artérielle à l'hôpital Cardiologique (CHRU de Lille) : « De plus en plus de femmes jeunes sont touchées par les accident cardiovasculaires. +18% d'infarctus du myocarde (crise cardiaque) chez les femmes de moins de 55 ans sur 2002-2008 et cela ne cesse de progresser. Et là, les études (2) pointent l'attitude surprotectrice du conjoint qui considère leur femme comme « plus fragile et sont plus hésitants » à être sexuellement entreprenants. Et comme seules 10% des femmes vont en réadaptation cardiaque (3) après une crise cardiaque (contre 30% des hommes), il n'y a aucun moment privilégié pour les informer sur la reprise de la sexualité ! »Sexualité : moins risquée que de se mettre en colèreFort heureusement, les sociétés savantes nationales et internationales se penchent enfin sur le sujet (4). Il était temps : seule une personne sur deux après un accident cardiovasculaire reçoit des conseils éclairés en la matière (2)(5).Il faut dédramatiser : l'activité sexuelle n'est qu'une activité physique modérée (6), d'intensité comprise entre 2,5 à 3,3 METS (30 Watt), soit l'équivalent de la montée d'un à deux étages avec son partenaire habituel (quatre étages avec un nouveau partenaire). Comme toute activité physique, elle accroît le risque d'accident cardiaque au moment où on la pratique, puis ce risque diminue en deux heures. Néanmoins, un accès de colère ou un exercice physique inhabituel ou réalisé dans les 2 à 4 heures après le réveil est bien plus risqué ! Attention à l'impact émotionnel qui joue énormément ; l'activation cérébrale du système nerveux (celui appelé "sympathique") conduit à une accélération de la fréquence cardiaque, à une augmentation de la consommation du coeur en oxygène (son carburant) et parfois à des troubles du rythme cardiaque. Cela explique pourquoi l'activité sexuelle est plus risquée avec un nouveau partenaire. Ça l'est aussi en cas de pratiques sexuelles inhabituelles.Le septième ciel en deux étagesComme toute activité physique, l'activité sexuelle est bénéfique sur la santé cardio-vasculaire, mais aussi d'une manière plus générale sur la santé psychique, dixit l'Organisation Mondiale de la Santé. La pratique régulière du sport et la rééducation cardio-vasculaire après un accident cardio-vasculaire divisent par deux le risque d'accident cardiaque pendant l'activité physique et pendant l'acte sexuel (6), car le coeur et les artères se ré-entraînent à l'effort. Le risque de déclencher un syndrome coronaire aigu (infarctus du myocarde/crise cardiaque, dissection aortique ...) à la suite d'une activité sexuelle est alors peu élevé surtout si le patient pratique une activité physique régulière.Pr Claire Mounier-Vehier : « Les endorphines de bien-être libérées par le sport et l'activité sexuelle sont relaxantes car elles baissent la pression artérielle. Une fois la situation cardiaque stabilisée et après la rééducation cardiovasculaire, non seulement l'activité sexuelle est possible mais je l'encourage. Celle-ci ne doit pas être limitée si le patient peut réaliser 60 Watts sur bicyclette ou monter deux étages à bon rythme (en 10 secondes) avec une bonne tolérance (7) ».6 facteurs de risque d'accident cardiaque au cours de l'activité sexuelleS'il n'y a pas de positions sexuelles à éviter, il vaut mieux différer l'activité sexuelle dans certains syndromes coronaires aigus (d'une à plusieurs semaines selon la taille de l'infarctus du myocarde et des symptômes) et idéalement après la rééducation cardio-vasculaire. En cas de sternotomie (ouverture du sternum) et de pontage vasculaire, un délai incompressible de 6 à 8 semaines est imposé et là aussi la sexualité peut reprendre après la rééducation cardio-vasculaire. Quelques jours d'abstinence suffisent après une angioplastie non compliquée programmée (rétablissement de la circulation artérielle en dilatant le rétrécissement de l'artère coronaire).En résumé, lorsque le risque d'accident cardiaque est élevé c'est-à-dire en cas de situation cardiaque instable (post-infarctus immédiat, hypertension non-contrôlée, anévrisme aortique important, dissection aortique) et en cas de chirurgie (remplacement d'une valve cardiaque, pontage coronaire ...), pas de sexe ni d'activité physique tant que la situation n'est pas stabilisée ! C'est le cardiologue qui donnera son feu vert, comme pour toute activité physique d'ailleurs.Quant aux personnes ayant fait un accident cardio-vasculaire mais qui sont à risque modéré (syndrome métabolique, coeur insuffisamment irrigué/"angor" mais modéré et stable, après une angioplastie compliquée, une crise cardiaque récente (entre 2 et 6 semaines), un trouble du rythme cardiaque comme une fibrillation atriale) ce sera du cas par cas ; la sexualité ne sera pas proscrite mais pourra être seulement différée.Quoi qu'il en soit, 6 facteurs exposent à un sur-risque de nouvel accident sous la couette :Le fait d'être sédentaire.L'usage de drogues illicites (cocaïne, amphétamines ...).L'alcool.Un nouveau partenaire.Un partenaire plus jeune.La relation extraconjugale (l'interdit est excitant, or dans le risque cardiaque pendant l'acte sexuel, l'aspect émotionnel joue beaucoup).Insuffisance cardiaque : on a aussi une vie sexuellePendant l'orgasme, l'oxygène que consomme le muscle cardiaque est finalement très faible (10 à 14 ml/min/kg). C'est pourquoi l'activité sexuelle est généralement possible chez l'insuffisant cardiaque. Elle dépend du résultat à l'épreuve d'effort métabolique (le pic du volume d'oxygène consommé par le myocarde doit dépasser 10ml/min/kg) mais aussi du stade de l'insuffisance cardiaque qui doit être léger à modéré. L'activité sexuelle améliore alors non seulement la qualité de vie mais aussi l'espérance de vie chez ces personnes. Aucune position n'est interdite, sauf dans les cas très graves d'insuffisance cardiaque (en attente de greffe), où il faut surtout éviter de porter le partenaire.Patient cardiaque : 10 conseils pour une sexualité sans risqueTout syndrome d'apnées obstructives du sommeil doit être traité.Toute hypertension doit être contrôlée.Le tabagisme doit être stoppé totalement. Au sport ou au lit, la cigarette est à bannir 1 heure avant et 2 heures après car elle peut provoquer des spasmes artériels (rétrécissement du diamètre du vaisseaux et limitation du flux sanguin pouvant conduire à l'accident cardiovasculaire) ou des ruptures de plaques de cholestérol en accélérant encore une fois la fréquence cardiaque et en augmentant transitoirement la pression artérielle.L'activité physique doit être régulière (30 minutes/ trois fois par semaines ou 15 minutes tous les jours).La personne cardiaque en surpoids ou obèse doit perdre du poids.Plus encore qu'en population générale, la consommation d'alcool doit être restreinte (trois unités/jour chez l'homme, 2 chez la femme à risque cardio-vasculaire, en cas d'hypertension ou d'insuffisance cardiaque). Rappel : une unité d'alcool équivaut à 10 cl de vin à 12°, 25 cl de bière à 5° ou 3cl de whisky à 40°.Les sédatifs et les anxiolytiques doivent être évités.Les antidépresseurs doivent être pris sur un courte durée.Le stress doit être géré par une thérapie comportementale telle que la cohérence cardiaque (contrôler sa respiration et ses battements cardiaques), la médication en pleine conscience.La rééducation cardiovasculaire doit être suivie : elle favorise le retour à une vie sexuelle en toute sécurité après un accident cardiaque. Source : e-santéHélène Joubert journaliste scientifique
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Crise d'asthme, allergies et maladies respiratoires... c'est aussi une affaire de pollution atmosphérique
Allergies, crise d'asthme, cancer bronchique, rhinites ou BPCO... la dégradation de la qualité de l'air se paie au prix fort. En ce début de saison pollinique, que savons-nous en 2015 de ses conséquences sur les maladies respiratoires ?
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Enurésie de l'adolescent : on ne lâche rien !
Vers l'âge de 17 ans, plus personne ne devrait souffrir d'énurésie nocturne. En théorie ! Si elle touche 10% des 5-7 ans et guérit spontanément au rythme de 1% par an, dans les faits, l'énurésie peut persister chez 1 à 2% des adultes. Pas question de céder au découragement pour autant. Enurésie de l'adolescent, quand s'inquiéter ? Dans l'énurésie nocturne primaire isolée (Enpi) -la plus fréquente- la personne qui fait « pipi au lit » n'a jamais acquis un contrôle mictionnel (pour uriner) nocturne sans traitement pendant au moins six mois. Vers l'âge de 5 ans, 85% de la population sait se retenir la nuit (« contrôle mictionnel nocturne »). Plus on avance en âge, plus le risque que l'énurésie soit sévère (>3 accidents/semaine) est grand. Et 2,5% des personnes jusqu'à 40 ans souffrent encore de cet type d'incontinence urinaire.Dr Henri Lottmann, chirurgien urologue (hôpital Necker-Enfants malades, Paris) : « Chez les adolescents et jeunes adultes il y a les énurésies rebelles jamais traitées de façon appropriée, les énurésies négligées car pas forcément gênantes et les énurésies réfractaires où il y a eu une démarche thérapeutique appropriée, mais qui a échoué. Peu importe les prises en charge antérieures, il faut alors tout reprendre à zéro ». Les 6 causes d'une énurésie de l'adolescent et du jeune adulte Plusieurs facteurs entrent en jeu dans l'énurésie et sont parfois associés : Une polyurie (urines abondantes) nocturne est la cause la plus fréquente (70% des énurésies nocturnes primaires isolées). Chez les adolescents énurétiques, elle peut être favorisée par de mauvaises habitudes comme la prise excessive de thé, ou de café qui entraîne une hyperexcitabilité du muscle vésical avec des envies d'uriner (mictions) fréquentes et de petit volume. De plus, alors qu'en général la diurèse (production d'urine) chute la nuit sous le contrôle d'un pic de sécrétion d'une hormone (l'ADH), chez les énurétique ce pic de sécrétion n'existe pas. La vessie est alors « débordée ». Une faible capacité vésicale. Malgré la chute de la production d'urine la nuit, environ 30% des énurétiques ont une capacité insuffisante de leur vessie (< 70% de la capacité vésicale normale). L'absence de perception du remplissage de la vessie. Plutôt qu'un sommeil trop profond, il y a chez les énurétiques une perturbation du seuil d'éveil, qui ne leur permet pas de percevoir le trop-plein de leur vessie. Comme le disent les parents, ils sont « durs à réveiller ». L'obstruction des voies aériennes supérieures comme le syndrome des apnées du sommeil et le ronflement sont source de polyurie et donc éventuellement d'énurésie. L'énurésie est parfois héréditaire. Faire « pipi au lit » est plutôt masculin (3 garçons pour 1 fille). Il y a aussi un facteur héréditaire : le risque est de 40% si l'un des deux parents était lui-même énurétique et 70% si les deux parents l'étaient. Les troubles psychiques ne sont pas plus fréquents chez les adolescents et jeunes adultes souffrant d'énurésie primaire. Néanmoins, 20% des enfants énurétiques ont un « déficit de l'attention avec hyperactivité » (TDHA), dont les deux composantes (hyperactivité et trouble de l'attention, plus discret) sont à rechercher. Pas de diagnostic d'énurésie sans calendrier mictionnel En consultation, l'urologue va retracer l'histoire de la maladie et s'aider de questionnaires qui explorent les troubles de la miction et de la continence et d'un calendrier mictionnel sur 48h rempli au préalable par l'adolescent (nombre de mictions et leurs horaires avec si possible la quantité d'urine émise, mesurée dans un verre en plastique gradué en millilitres). Si l'adolescent porte toujours des couches, la production d'urine nocturne est déduite par la différence de poids de la couche mouillée/sèche ajoutée au volume d'urines émises au réveil. Il effectuera aussi un examen clinique neuro-urologique complet pour explorer cette incontinence urinaire. Aucun examen complémentaire n'est utile en première approche, tout au plus une bandelette urinaire réactive pour éliminer en particulier un diabète. 25% des cas d'énurésie guéris avec les règles hygiéno-diététiques Première étape, le suivi des règles hygiéno-diététiques peut guérir près d'un quart des adolescent et jeunes adultes énurétiques. Elles visent à corriger les apports hydriques et leur répartition : Les apports liquides chez l'adolescent ou l'adulte énurétique restent normaux : 35-40 ml par kilo et par jour, ingérés entre 7h et 18h. 1/3 des boissons quotidiennes est absorbé au petit déjeuner. 70% des apports liquides doivent être ingérés avant 16h. Une fois ces règles respectées, on peut ensuite envisager de diminuer le plus possible les apports hydriques après 18h. Eviter les boissons gazeuses sucrées en seconde partie de journée ainsi que les aliments très salés, le thé, le café. Limiter l'apport calcique en modérant les laitages le soir. Boire avant le sport. Pas après. Attention aux apports hydriques cachés ! Une soupe au dîner fournit 300ml de liquides. Aller uriner régulièrement dans la journée, sans attendre la dernière minute. Quels moyens pour venir à bout d'une énurésie ? Parfois cependant, l'énurésie perdure malgré les règles hygiéno-diététiques respectées et la prise en charge d'un « déficit de l'attention avec hyperactivité » ou d'un syndrome des apnées du sommeil.Plusieurs traitements, adaptés aux informations fournies par le calendrier mictionnel peuvent être proposés : La desmopressine est le médicament de premier recours. Efficace dans les forme d'énurésie avec polyurie (urines abondantes). Les alarmes sonores sont plutôt le choix privilégié dans les formes à petite capacité vésicale (30% des cas). Une sonde glissée dans la culotte ou une alèse déclenche une alarme dès les premières gouttes. Elles sont considérées efficaces après 14 nuits sèches consécutives. Ces systèmes d'alarme sont efficaces (aucune nuit mouillée) dans 60 à 80 % des cas sur une moyenne d'utilisation de trois mois (les alarmes sont d'autant plus efficaces que le patient est plus âgé et motivé). Il peut parfois être nécessaire de prescrire un traitement combiné alarme- desmopressine. En particulier dans les cas où la polyurie s'accompagne d'une capacité de vessie réduite. Avec le temps, l'alarme sonore permet à la personne de dormir une nuit entière sans se lever : cela signifie qu'on est parvenu à resynchroniser la vessie avec la production d'urine nocturne. Certains médicaments appelés anticholinergiques peuvent s'avérer utiles, en seconde intention lorsqu'on suspecte une énurésie nocturne par une vessie hyperactive qui peut n'exister que pendant le sommeil (1/3 des 30% d'énurésies nocturne à capacité de vessie réduite). Les antidépresseurs (ceux dits imipraminiques) sont réservés à de rares cas d'énurésies réfractaires chez l'adolescent et prescrits de manière très « encadrée » du fait de leur toxicité cardiaque potentielle. Ils agissent sur le seuil d'éveil et sur la capacité de la vessie. L'hypnose, la psychothérapie, l'acupuncture, l'homéopathie ou la chiropraxie n'ont pas à ce jour fait la preuve de leur efficacité, faute d'études fiables. Source : e-santé Hélène Joubert journaliste scientifique
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Audition : il n'y a pas que les oreilles qui souffrent de la pollution sonore
15% des Français seraient affectés par les troubles de l'audition mais aussi, pour 60% d'entre eux, le bruit impacte leur humeur et génère de la fatigue et de la lassitude. Avec ce sondage, la 19e édition de la Journée Nationale de l'Audition 2016, exhorte à une prise de conscience des effets des nuisances sonores sur la santé. Quels sont-ils ? L'audition, première victime du bruit ambiantA l'époque de la chasse et de la cueillette, l'homme évoluait dans un environnement calme, ne dépassant pas les 80 décibels (dB). Peu à peu, des sources sonores de plus en plus puissantes ont pollué notre environnement et l'audition humaine en souffre. On ne lui laisse plus le temps de récupérer. Soumis à des pressions constantes, l'appareil auditif subit un état permanent de stress accélérant sa dégradation.L'enquête menée à l'occasion de la Journée Nationale de l'Audition 2016 met cet état de fait en évidence : la moitié des personnes interrogées se disent agressées par le bruit au travail, dans les transports et à l'école et les deux tiers se sentent plus exposées au bruit qu'auparavant.Or, à partir de 80-85 dB, le risque de dégradation des cellules ciliées (sensorielles) de l'oreille interne existe et à 110 dB, on s'expose à un traumatisme sonore aigu potentiel. Si la circulation automobile (tondeuse, aspirateur) vrombit autour de 80 dB, les motos rugissent dans les 90 dB, les MP3 diffusent à 100 dB, les concerts et discothèques à 110 dB et les avions au décollage ou les marteaux piqueurs nous agressent à 130-120 dB. Problème : l'oreille répond de façon étonnante au bruit : à chaque fois que le niveau sonore s'élève de "seulement"10 dB, on entend deux fois plus fort ! Ainsi, un son de 100 dB est perçu quatre fois plus fort qu'un son de 80 dB.Dr Didier Bouccara, médecin ORL, Groupe Hospitalier Pitié Salpêtrière (Paris) : « Pour endommager à vie notre ouïe, il n'y a pas que les sons intenses mais aussi l'accumulation d'expositions sonores d'intensité élevée. La susceptibilité au bruit et à ses dégâts potentiels varie considérablement d'une personne à l'autre. La pression acoustique constante génère un stress auditif entraînant a minima une fatigue et, au fur et à mesure, une usure des cellules sensorielles de l'oreille. Par exemple, pour un niveau sonore de 80 dB pendant une journée de 8h, l'audition est en danger. Des niveaux acoustiques de120-130 dB provoquent une douleur au niveau de l'oreille, par des mécanismes sensitifs liés à la pression acoustique élevée. Le risque d'atteinte auditive partielle mais parfois irréversible, peut apparaître à partir de110 dB (concerts...) mais aussi déjà avec l'utilisation au long cours d'un baladeur poussé à 100 dB ».Les jeunes font la sourde oreilleVers une génération de malentendants ? Les jeunes détruisent de façon irréversible leur capital audition, souvent en toute connaissance de cause. Environ 50% des jeunes de 12 à 35 ans des pays à hauts et moyens revenus sont exposés à des niveaux sonores trop élevés (de l'ordre de 85 décibels pendant 8 heures d'affilée et de 100 décibels pendant 15 minutes) avertissait l'Organisation Mondiale de la Santé en 2015. Confirmation : la part des jeunes de 18 à 35 ans ayant un usage fréquent et intensif d'écoute de musique "amplifiée" avec un casque ou des écouteurs a triplé depuis 2007, passant de 4 à 13%, et atteint 25% des 15-19 ans, selon le Baromètre Santé INPES/InVS (janvier 2016).Selon l'enquête JNA 2016, 38% des 15-17 ans avouent que le bruit les rend euphoriques. S'ils sont presque tous conscients des dégâts potentiels sur leur audition, il ne se sentent pas en danger et seuls 21% des 15-30 ans déclarent s'éloigner des enceintes et 3% utiliser des bouchons d'oreilles à usage unique*. Un paradoxe qui explique que la situation, pourtant critique, évolue peu. Déjà, près de 10% des moins de 25 ans présentent une perte auditive pathologique, avertit l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES).Fatigue, troubles du sommeil... le bruit et sa kyrielle d'effets nocifsLes conséquences "extra-auditives" psycho-sociales du bruit ambiant sont multiples. Pour 89% des personnes*, les difficultés d'audition impactent la vie sociale. Un Français sur deux est gêné par le bruit la journée et une personne sur cinq pendant la nuit*. Neuf personnes sur dix se disent exposées tous les jours à un bruit excessif **. Entre 70 et 100dB, les répercussions sur l'être humain existent aussi, le bruit devient fatiguant (70-80dB) puis franchement pénible (90-100dB). Dans l'enquête JNA 2016, 53% des personnes estiment que le bruit crée des maux de tête, 49% qu'il génère souvent de l'anxiété.Lorsque le son devient bruit, la santé globale de l'individu est en danger (1) : Fatigue. Nervosité et irritabilité. Stress et anxiété. Troubles du sommeil (sommeil fractionné donc moins récupérateur). Troubles de la concentration et de la mémoire ; perte de vigilance et difficultés scolaires chez l'enfant. Troubles cardiovasculaires (augmentation d'une hypertension artérielle existante ; risque de maladie coronarienne). Les conséquences sur la sphère digestive, les dérèglements endocriniens (obésité) et du système immunitaire sont difficiles à mettre en évidence.10 commandements contre l'omniprésence sonoreL'omniprésence sonore est ancrée dans les habitudes de vie de l'Homme moderne, au point que les jeunes indiquent même que le bruit est un élément rassurant et que son absence les inquiète ! *Dr Bouccara : « Il existe peu de possibilités de limiter le bruit lié aux avions, aux transports etc. en dehors de la protection individuelle. Celle- ci peut être améliorée par le port de protections sonores. Préserver l'audition est un problème s'intègre tout à fait dans le cadre des préoccupations des pouvoirs publics vis à vis des effets de l'environnement sur la santé. L'exposition sonore est devenue ces dernières années une préoccupation des urbanistes (murs anti-bruit) et des architectes (agencement des bâtiments et pièces, structures et circulation de l'air, qualité phonique des parois séparatives etc. autre) ».10 conseils pour préserver son audition au quotidien * : Il existe un grand nombre de bouchons d'oreilles (en mousse, à usage unique, réutilisables, sur-mesure, en silicone munis de filtres divers). A porter en cas de volume sonore élevé et pendant le sommeil si l'environnement sonore dépasse les 30 dB. Un tiers des moins de 35 ans pense à porter des protecteurs contre le bruit (enquête JNA 2016). Veiller au volume et à la durée d'écoute des MP3. La durée d'écoute à ne pas dépasser est de 1h par jour à moitié du volume maximum. Prévoir des pauses auditives comme changer de style musical à faible volume, marcher dans un parc en se concentrant sur les chants des oiseaux, le bruit de l'eau qui coule. A noter, ces pauses auditives, hors du bruit sont citées par 62% des personnes interrogées dans l'enquête JNA 2016. Eviter de pousser le son de l'autoradio pour "décompresser", votre audition vous remerciera. La prise de conscience est bien là : 85% des sondés estiment que stopper l'agression du bruit consiste à limiter le volume d'écoute de la musique**. En concert, porter des protections auditives en mousse ou des silicones à filtre. Fuir la proximité des baffles. Attention, la consommation d'alcool et d'autres substances nocives modifient les perceptions dont celles liées à la pression acoustique. Ne pas hésiter à quitter les lieux publics qui imposent une exposition sonore trop élevée (cinémas, magasins, bars). Pour attirer le chaland, certaines poussent le volume avec une ambiance sonore élevée et composée de basses. La législation a mis le holà : pas plus de 80 dB sur 8 heures. Certains y échappent (ceux diffusant régulièrement de la musique amplifiée) et obtiennent des dérogations pour monter le son à 94 dB. Neuf personnes sur dix ont des difficultés pour suivre les conversations dans les restaurants, cafés et bars et dans les Transports Publics**. Intégrer le bilan régulier de son audition dans son suivi santé, à partir de 50 ans, ce d'autant que l'on a présenté des affections de l'oreille où qu'il existe des atteintes auditives familiales. Télécharger une application sonomètre pour se rendre compte du volume sonore du lieu. Attention, cela reste des valeurs indicatives. Protéger l'audition des bébés et des jeunes enfants en les équipant de protections ou en les faisant garder. Ils n'ont rien à faire dans un environnement bruyant ! Prendre en compte tout symptôme auditif persistant : bourdonnements d'oreille, sifflements, oreilles bouchées...car ils peuvent déjà signifier une perte de l'audition. Pour en savoir plus : www.journee-audition.org Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
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Crise d'épilepsie : l'activité sportive en toute quiétude
Les sports collectifs, l'athlétisme, les sports de raquette etc. sont à pratiquer sans limite même lorsque l'on souffre d'épilepsie. Une réserve importante cependant pour les sports mécaniques, nautiques ou aériens : du fait d'un risque vital ou de blessure grave en cas de crise d'épilepsie lors de l'activité sportive, l'épilepsie doit être équilibrée depuis une longue période et le neurologue doit donner son feu vert. Sport : l'épilepsie n'est pas un prétexte à contre indication ! L'épilepsie -ces décharges anormales d'influx nerveux dans le cerveau- est le trouble neurologique le plus fréquent après la migraine (1% de la population, soit 500 000 personnes en France). L'idée reçue que l'épilepsie serait une contre-indication à toute activité physique vient de loin. On a longtemps cru que les microtraumatismes crâniens occasionnés par le sport pouvaient aggraver l'épilepsie et générer une crise d'épilepsie. Ce "raccourci" n'a aucun fondement scientifique.L'autre argument est le risque d'accident au cours d'une crise. Ce qui est potentiellement vrai pour certains sports (sports mécaniques, aériens etc.) ne doit pas porter ombrage à de très nombreux autres sports praticables, dénués de tels risques comme la course à pied ou les sports collectifs.Dr Gilles Huberfeld, neurologue, Département de Neurophysiologie Clinique, CHU Pitié-Salpêtrière (Paris) : « A l'école, la dispense de toute activité sportive devrait rester l'exception, rare et passagère. 60% des épileptiques pratiquent une activité physique, c'est moins qu'en population générale. Idées reçues et surprotection y sont pour beaucoup mais aussi la réalité des effets secondaires potentiels des traitements (fatigue, somnolence) qui peut décourager. Alors qu'au contraire, une activité physique peut probablement améliorer cette fatigue et contribuer à resocialiser les patients ». Le sport, une solution anti-crise d'épilepsie ? En préambule, il faut distinguer le type de sport. Celui pratiqué en anaérobie (efforts intensifs, conditions extrêmes) serait plutôt protecteur vis-à-vis de la survenue de crises via les modifications d'acidité et de métabolisme du cerveau qui tendent à empêcher les neurones à entrer en fonctionnement pathologique comme au cours de la crise d'épilepsie. Mais la grande majorité des activités sportives se font dans le cadre d'un métabolisme aérobie (puissance soutenue, ventilation). Le sport augmente le niveau de vigilance, ce qui peut avoir un effet antiépileptique (contrairement à ce que l'on croit, une crise d'épilepsie survient plus volontiers au repos, endormi ou peu occupé). Certaines voies de stress sont activées qui modifient l'activité cérébrale par le biais d'hormones endogènes comme les neurostéroïdes mais qui affectent aussi les neurotransmetteurs comme la sérotonine, la noradrénaline ou la dopamine. Dans les faits, il est rarissime qu'une crise d'épilepsie soit déclenchée au cours d'un sport. Globalement, le fait de reprendre l'entraînement améliore l'épilepsie et dans une étude, un tiers des personnes épileptiques a réduit la fréquence de ses crises grâce à la reprise de l'activité sportive (1). Sur l'encéphalogramme, les anomalies de l'activité cérébrale sont discrètement réduites.Dr Huberfeld : « De nombreux mécanismes interviennent dans cette amélioration de l'épilepsie, sans qu'ils soient complètement élucidés. Une épilepsie s'aggrave en cas de stress, de dépression, d'anxiété. Or la reprise d'une activité sportive et sociale, un challenge, la sensation de bien-être, un comportement apaisé (stress, anxiété), un risque de dépression diminué etc. tout cela est positif. On l'a montré chez des rats mais pas encore suffisamment clairement chez l'homme : soumis à un programme sportif, il faut les stimuler beaucoup plus fort pour que la crise d'épilepsie se déclenche. Grâce aux efforts sportifs, leur épilepsie est alors moins sévère et les crises surviennent plus tardivement ». Course à pied ou sport collectif, aucune limite en cas d'épilepsie Que l'épilepsie soit équilibrée ou non (crises plus ou moins fréquentes), elle ne représente pas une contre-indication médicale à : la course à pied, les divers sports d'athlétisme, la plupart des sports de contact (judo, lutte, etc.), les sports collectifs sur le terrain (baseball, basket-ball, football, rugby, volley-ball, etc.), les sports de raquette (squash, tennis de table, tennis, etc.), la danse, le golf, le ski de fond.Une quantité de sommeil suffisante et stable est bienfaisante pour l'épilepsie. Il convient de bien s'hydrater et de ne pas oublier de prendre ses médicaments. Ski, équitation ou natation... précautions requises Des précautions sont nécessaires pour certains sports plus à risque (surveillance, port de casque ou de gilet de sauvetage, vitesse limitée) mais praticables par une majorité de personnes épileptiques : ski alpin, natation en piscine et encore plus en mer, ski nautique, escrime, gymnastique, équitation, cyclisme, patinage, roller et skateboard, musculation.Dans tous les cas, le médecin et les personnels encadrant doivent être avertis de la maladie. Sports mécaniques ou escalade... tout dépend de la fréquence des crises d'épilepsie Avant d'envisager la pratique des sports mécaniques au sens large, de l'aviation, de l'escalade, de l'alpinisme, du parachutisme, du deltaplane, du saut à ski ou des plongeons, de la planche à voile ou du surf... il faut se poser une question : quelle est la fréquence des crises ? Si l'épilepsie est parfaitement équilibrée depuis plusieurs années, aucun sport n'est véritablement interdit, même s'ils restent considérés comme dangereux. Le sport de compétition ou de haut niveau n'est pas incompatible avec l'épilepsie. Dr Huberfeld « En règle générale, ce type d'activité sportive est contre-indiqué, sauf quand l'épilepsie est totalement équilibrée, c'est-à-dire qu'il n'y a eu aucune crise d'épilepsie depuis un an sans traitement - ce qui me semble personnellement trop court comme délai- et cinq années avec traitement et sans crise d'épilepsie depuis au moins 10 ans. Cette plus grande tolérance est issue des récentes recommandations de la Ligue Internationale contre l'épilepsie (2). En revanche, la plongée sous-marine reste un sport très fortement déconseillé ». Dr Huberfeld : « Il ne faut pas oublier que l'épilepsie est une maladie capricieuse : vis-à-vis de la fréquence des crises, les périodes ne se ressemblent pas forcément. De plus, le traitement antiépileptique se prend à heure fixe et la pratique sportive ne doit pas bouleverser ce rythme - avoir son traitement sur soi, signaler la maladie sur une fiche conservée en poche, surtout en déplacement loin de chez soi- . Il faut aussi se rappeler qu'à chaque modification de traitement la maladie peut se déstabiliser ». Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
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Diabétoporose : quand le diabète et l'ostéoporose sont liés
Le diabète peut fragiliser les os, et conduire à une réflexion sur l'ostéoporose associée. Une réalité quasi méconnue, y compris par les soignants. Pourtant, le seul fait d'avoir un diabète expose à un risque de fracture plus élevé et encore plus lorsque le diabète est mal contrôlé. Désormais, dans le diabète de type 1 comme dans le diabète de type 2, au même titre que l'on surveille le coeur, les vaisseaux, les reins, les nerfs et les yeux, il faut penser aux os.
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Dents : stop aux mauvaises habitudes !
Les Français malmènent leurs dents. Environ 10% ne se les brossent pas tous les jours et ils sont très nombreux à s'en servir comme d'un ouvre-bouteille ou un casse noix... Rien de tel pour les abîmer. Et si vous profitiez de l'été pour reprendre de bonnes habitudes ! Oublier le brossage des dents le soirLe brossage des dents matin et soir fait partie des recommandations officielles, pourtant beaucoup de Français oublient de le faire, notamment le soir.« C'est la pire des mauvaises habitudes et elle est encore trop fréquente », constate le Dr Jacques Wemaere, chirugien dentiste à Cenon et secrétaire général adjoint de l'Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire. Or, les caries se forment la nuit quand la production de salive diminue et qu'elle ne suffit pas à neutraliser les acides sécrétés après les repas. Après le brossage du soir, l'utilisation de fil dentaire ou de brossettes interdentaires est conseillée pour éliminer les résidus. Un bon brossage doit durer 2 minutes (il est en moyenne de 56 secondes en France) et une brosse à dents se changer tous les 3 mois.Casser des noix avec ses dentsDécapsuler une bouteille, couper du fil, casser une noix, ouvrir un sachet en plastique, arracher une étiquette... avec ses dents reste de vieilles manies. Mais répétés, ces gestes abîment les dents qui risquent de s'effriter, se fêler, voire se fracturer. Ces petites mutilations endommagent aussi l'émail et les amalgames des molaires.Poser un piercing dans la boucheAujourd'hui, les piercings sur la langue sont fréquents chez les jeunes. Mais ce qu'on ne sait pas, c'est que la bouche est un endroit humide contenant des millions de bactéries.« Le premier risque est infectieux, précise le Dr Wemaere. Il faut vérifier que les règles d'hygiène et de stérilisation du matériel soient bien respectées là où on se fait faire le piercing. Ensuite, il est conseillé de se faire un bain de bouche dans les 15 jours qui suivent avec un produit contenant un antiseptique tel que la chlorhexidine ».Autre conseil : consulter son dentiste pour s'assurer que tout va bien car 17% des piercings sont source de complications, surtout s'ils sont en métal. A court terme, outre les infections, ils peuvent entrainer des saignements, plus de salive, un gonflement de la langue... A long terme, les frottements exercés par le fermoir ou la bille peuvent provoquer des fissures et éclats de l'émail, une rétraction des gencives ou une modification de la position des dents... Dr Wemaere : « Certains patients s'amusent à coincer leur piercing entre les dents, leurs incisives finissent par s'écarter ».Goûter le plat de son bébé avec sa cuillèreDans la liste des petites habitudes des parents, goûter les plats de son bébé sans changer de cuillère ou nettoyer sa tétine tombée par terre avec sa bouche au lieu de la rincer à l'eau ou de lui en donner une autre est à proscrire. Par la salive, on peut transmettre tout un tas de microbes pouvant être à l'origine de caries par la suite. Dr Wemaere : « Jusqu'à l'âge d'un an, l'enfant constitue sa flore buccale il est donc primordial de limiter les risques de contamination par des bactéries pathogènes ». Le conseil vaut pour les adultes : on ne boit pas dans le même verre qu'autrui sans le nettoyer.Grignoter ou boire trop sucré,A la moindre prise alimentaire ou grignotage, des sécrétions acides présentes dans la salive attaquent l'émail. C'est encore pire avec des aliments ou des boissons sucrées dont l'Organisation mondiale de la santé reconnaît qu'ils sont un facteur de risque de caries. Pour se protéger, il est recommandé de limiter l'apport de sucres, de consommer les aliments sucrés aux repas et non en dehors et de boire de l'eau plutôt que des sodas, des sirops, des jus de fruits ou encore des eaux minérales aromatisées très sucrées malgré leur apparence.Sucer son pouce après 6 ansQuand les enfants sucent leur pouce ou une tétine très longtemps, leur dentition est modifiée. « Quand les dents de lait sont tombées et que les vraies dents poussent, les incisives sont tractées par le pouce ou la tétine et poussent de travers », explique le Dr Wemaere. De même, la mâchoire se développe autour de « l'obstacle » et provoque l'apparition d'un espace anormal entre les dents du haut et du bas. Dr Wemaere : « Idéalement, il faudrait que les enfants puissent se passer de tétine ou de leur pouce vers 3 ou 4 ans. Après 6 ans, il faut souvent élargir la mâchoire supérieure et faire porter une gouttière dentaire la nuit pour repositionner la mâchoire inférieure ».Fumer mauvais pour les dentsLes conséquences de la cigarette sur les dents sont connues : jaunissement, gingivite (inflammation et saignements des gencives), parodontie (déchaussement) pouvant conduire à leur perte prématurée, difficultés de cicatrisation après une intervention chirurgicale bucco-dentaire... Ces désagréments sont renforcés par l'alcool qui fragilise les tissus soutenant les dents (parondote).Autres ennemis : les stupéfiants qui font grincer les dents, provoquent un assèchement de la bouche et augmentent les problèmes gingivaux. Source : e-santé Brigitte Bègue, journaliste santé
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Antibiotiques : seront-ils encore efficaces demain ?
Les antibiotiques ont permis de faire reculer la mortalité liée aux maladies infectieuses bactériennes. Mais à force de les utiliser, de plus en plus de bactéries leur résistent. Moins forts, ils risquent d'avoir plus de mal à nous soigner. Résistance aux antibiotiques : dix millions de morts en 2050Un groupe d'experts britanniques le prédit : la résistance aux antibiotiques pourrait tuer dix millions de personnes par an sur la planète en 2050. « Le monde s'achemine vers une ère post-antibiotique où des affections courantes et des blessures mineures pourraient à nouveau tuer », estiment, pour leur part, les Académies de médecine, pharmacie, vétérinaire, chirurgie dentaire et agriculture. Selon l'Institut national de veille sanitaire, en France, l'antibiorésistance serait responsable de 158 000 infections contractées à l'hôpital chaque année et de 15 000 morts. En cause, la surconsommation d'antibiotiques en médecine humaine et animale.La bonne nouvelle, c'est que la situation peut s'inverser si des mesures efficaces sont mises en place. Ainsi, en France, la résistance au staphylocoque doré à l'hôpital a été divisé par deux en quinze ans grâce au lavage des mains avec une solution hydro alcoolique et à l'isolement des patients. Antibiotiques : des résistances aux entérobactéries émergentLa mauvaise nouvelle, c'est que d'autres résistances aux bactéries émergent, y compris en ville, avec les entérobactéries qui colonisent notre tube digestif comme les escherichia coli et les klebsiella pneumoniae (responsables de cystite, d'infections nosocomiales, etc.). Selon les estimations, un à trois patients infectés par ces bactéries ne pourront plus être soignés bientôt avec les antibiotiques classiques. Le phénomène reste relativement limité en France, en revanche, il explose là où les antibiotiques sont utilisés sans compter, parfois même en l'absence d'ordonnance : Grèce, Italie, Inde, Asie, Moyen-Orient, Afrique du Nord...Le problème est d'autant plus inquiétant que les bactéries n'ont pas de frontières et que le risque de les importer représente une menace sérieuse : « Il y a des touristes qui reviennent avec ces infections de l'étranger, surtout quand ils ont été hospitalisés », souligne Alain Philippon, professeur émérite à la Faculté de médecine Paris Descartes. Antibiotiques : trop de prescriptions inutilesMalgré les campagnes grand public « Les antibiotiques, c'est pas automatique » et les différents plans pour en limiter l'usage, les Français consomment encore 30% d'antibiotiques de plus que leurs voisins européens. Or, 30 à 50% des prescriptions seraient inutiles et seuls 30% des généralistes utilisent le test d'orientation diagnostic rapide pour les angines permettant de savoir si elles sont bactériennes ou virales. Par ailleurs, les traitements sont souvent prolongés sans être réévalués.« On a des critères qu'il faut s'imposer pour prescrire ou ne pas prescrire, affirme le Pr François Bricaire, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié Salpetrière. On doit aussi mieux prescrire en choisissant le meilleur antibiotique pour le cas clinique observé et ne pas aller à la facilité. Il y a un gros travail à faire au niveau des étudiants en médecine ». Mais pas seulement : « Il faut continuer à sensibiliser les patients, confirme Alain Philippon. Ils s'imaginent trop souvent que ce sont des remèdes miracles ».Des animaux engraissés aux antibiotiquesDes bactéries multirésistantes sont apparues aussi dans les élevages qui se transmettent directement de l'animal à l'homme ou via l'alimentation. Jusqu'en 2010, la France était la plus consommatrice d'Europe d'antibiotiques vétérinaires. Depuis, leur utilisation a baissé de 12,5% entre 2012 et 2014. Résultat : « La baisse de l'usage des antibiotiques en agriculture a provoqué directement une baisse des infections résistantes », précise Arlette Laval, professeur émérite à l'École nationale vétérinaire, agroalimentaire et de l'alimentation Nantes Atlantique. Le plan Ecoantibio 2017 table sur une diminution de 25% dans les cinq prochaines années. Et il est question de ne plus donner d'antibiotiques aux animaux à titre préventif.Mais d'autres pratiques existent ailleurs. Aux États-unis, par exemple, les antibiotiques continuent d'être utilisés comme facteurs de croissance des animaux d'élevage. « Les doses administrées aux porcs pendant la durée d'engraissement sont plus élevées que les doses thérapeutiques », assure Alain Philippon. Des taux tout aussi massifs sont employés aussi en Asie du Sud-Est.Pas de nouvel antibiotique à dispositionIl n'y aurait pas de souci si de nouveaux antibiotiques étaient mis sur le marché. Or, ce n'est pas le cas. Ces dernières années, l'industrie pharmaceutique s'est plutôt tournée vers la recherche de médicaments ciblant les maladies chroniques, qui leur assurent un meilleur retour sur investissement car, contrairement aux antibiotiques prescrits pour une durée limitée, ils sont prescrits longtemps, parfois à vie.« Il faut chercher d'autres molécules, avoue le Pr Bricaire, d'autant que les antibiotiques qui sont développés actuellement visent principalement les staphylocoques qui étaient les souches les plus résistantes il y a quinze ans mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Ces molécules pourraient venir du monde marin, les algues notamment peuvent être des substances de grande qualité ».En attendant, un test de détection rapide des bactéries résistantes, permettant une prise en charge précoce des patients qui en sont porteurs, est en cours d'expérimentation en Grande-Bretagne. Source : e-santé Brigitte Bègue journaliste santé
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Contrôler le diabète ou prendre du poids : faut-il choisir ?
"Glycémie bien contrôlée, prise de poids assurée". Souvent, bien gérer le diabète et notamment le diabète de type 2 se fait au prix de quelques kilos en plus. Voici quelques conseils pour faire mentir cet adage. « Diabesité » : quand le surpoids et le diabète sont intimement liésLa progression du diabète de type 2 en France suit très fidèlement celle de l'obésité. Si toutes les personnes obèses ne seront pas diabétiques, le diabète de type 2 apparaît la plupart du temps chez des personnes en surpoids, sur un terrain génétique favorisant. En effet, l'obésité abdominale (androïde) est tout particulièrement responsable de l'apparition du diabète de type 2.La graisse viscérale exerce un effet néfaste au niveau du foie induisant une insulinorésistance (résistance des tissus à l'action de l'insuline), ce qui nécessite une augmentation de la production pancréatique d'insuline pour contrôler la glycémie (taux de sucre dans le sang). Lorsque le pancréas n'est plus capable de répondre à cette demande accrue, la glycémie s'emballe et les personnes passent de l'état d'obèse à celui de diabétique.D'où l'intérêt de contrôler la prise de poids pour ne pas accentuer la gravité et le déséquilibre du diabète. Un problème épineux car bien contrôler le diabète expose à la prise de poids.Pourquoi mieux soigner son diabète fait-il prendre du poids ?Comment contrôler l'équilibre glycémique sans que les personnes diabétiques de type 2 ne prennent du poids, alors même que les trois-quarts d'entre eux sont déjà en surpoids ?Ce problème est très délicat à gérer car le fait d'équilibrer le diabète limite les pertes caloriques induites par la glycosurie (perte de glucose via les urines). Cela explique que lorsque les glycémies sont bien contrôlées, la personne diabétique de type 2 puisse prendre du poids sans même modifier son alimentation.Le paradoxe du contrôle de la glycémie dans le diabète de type 2 tient aussi au fait que le traitement -médicaments antidiabétiques oraux et insuline- induit très fréquemment une prise de poids: La metformine, traitement de première ligne du diabète de type 2, n'entraîne pas de prise de poids. Il en est de même pour une autre classe de médicaments (inhibiteurs des alpha-glucosidases). * En revanche, d'autres médicaments (sulfamides) qui forcent le pancréas à secréter de l'insuline, peuvent entraîner une prise de poids de l'ordre de 2 à 3 kg à 6 mois et parfois bien au-delà. Là, le facteur "poids" devient prépondérant. Une autre classe de médicaments par voie orale (les glinides) entraînent une prise de poids (entre 1,77 et 2,08 kg) *. L'insuline est bien connue pour faire prendre des kilos (environ 5 kg dans le diabète de type 1 et 4-7 kg dans le diabète de type 2), d'autant plus nombreux que la dose d'insuline journalière est élevée. Or, plus la personne diabétique de type 2 est obèse, plus les doses d'insuline nécessaires pour contrôler sa glycémie seront importantes. Un cercle vicieux. Deux classes médicamenteuses -les plus récentes- sont intéressantes dans la prise en charge du surpoids dans le diabète. Les premiers sont plutôt neutres sur le poids (inhibiteurs des DPP-4). Les seconds permettent chez une partie des diabétiques de type 2 une perte de poids, en moyenne de 2 à 4 kg (analogues du GLP1). Ils ralentissent la vidange de l'estomac et limitent l'appétit. Le dernier élément pouvant faire prendre du poids est lié aux hypoglycémies (taux sanguin de sucre trop bas) sous certains médicaments par voie oral et sous insuline, en raison des prises de glucides en collation pour normaliser le taux de sucre dans le sang qu'elles nécessitent ("resucrage"). Des hypoglycémies légères et qui passent inaperçues augmentent aussi l'appétit.De plus, certaines personnes réduisent ou cessent l'activité physique du fait de malaises hypoglycémiques. Au lieu d'en parler au médecin pour qu'il réduise les doses de certains médicaments et d'insuline, elles vont prendre alors des collations... et du poids.Vigilance chez les jeunes femmes diabétiques de type 1Prendre en charge des jeunes femmes diabétiques, c'est ne pas perdre de vue que leur silhouette et la prise de poids sont une préoccupation majeure pour elles. Au risque de faire passer le diabète au second plan. Pour cela, certaines d'entre elles -diabétiques de type 1- négligent leur traitement par insuline, ce qui les expose à des complications précoces au niveau des reins, des yeux et du système cardiovasculaire. Elles réduisent soit le nombre d'injections d'insuline, soit les doses, parfois à l'extrême.Ce souci de la prise de poids prend de telles proportions qu'il peut engendrer de réels troubles du comportement alimentaire. Une approche psychiatrique s'impose alors (thérapies cognitivo-comportementales, groupes de paroles etc.).En revanche, le poids semble une préoccupation moins aigüe chez les personnes diabétiques de type 2. Ce sont principalement des femmes nettement plus âgées, en surcharge pondérale ou obèses de longue date, qui ont plus ou moins appris à vivre avec, au sein d'un environnement familial où la surcharge pondérale est fréquente.Concilier équilibre du diabète et gestion du poids, un challenge possibleLa crainte de la prise de poids constitue l'une des principales réticences des personnes diabétiques lors du passage à l'insuline. Mais attention, cette crainte ne doit toutefois, pas retarder l'insulinothérapie qui est nécessaire chez un grand nombre de diabétiques de type 2 au cours de l'évolution de leur diabète. Cette crainte est d'ailleurs souvent levée après une explication patiente de la part du médecin.Pr Bernard Bauduceau, Service d'endocrinologie, HIA Bégin (Saint-Mandé) : « Le renforcement des "mesures hygiéno-diététiques" constitue la seule solution efficace et pérenne pour lutter contre la prise de poids même si l'observance en est particulièrement difficile dans le temps. En effet, le suivi d'une alimentation variée, raisonnable et équilibrée est absolument indispensable mais est souvent difficile à obtenir chez certains diabétiques. Ces mesures diététiques ne doivent en aucun cas être trop restrictives pour pouvoir tenir sur la durée. Leur abandon inéluctable conduit habituellement à un rebond dans la prise de poids. Encourager les diabétiques à majorer leur activité physique constitue le second volet des mesures hygiéno-diététique. Dépenser plus pour moins grossir ne nécessite pas de s'inscrire au marathon. Une modification du mode de déplacement en favorisant la marche peut être adaptée aux possibilités de chacun. Comme pour l'alimentation, un compromis entre l'idéal et le possible doit être trouvé. » Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
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Être sportif et diabétique : les consignes alimentaires à connaître
Séances de running hebdomadaires, escalade ou natation, pour une personne diabétique être sportif n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. Dans le diabète de type 1, le risque n°1 au cours mais aussi au décours de l'exercice physique est l'hypoglycémie, lorsque celui-ci n'a pas été programmé et qu'il se prolonge. Comme dans le diabète de type 2 sous insuline, il s'agit alors de gérer à la fois l'alimentation et les doses d'insuline. Sport et alimentation : les 5 règles dans le diabète de type 1Le diabétique de type 1 sportif devrait connaître cinq règles sur la gestion du taux de sucre dans la sang (glycémie) lors d'un exercice physique prolongé. Celles-ci font appel à l'adaptation des doses d'insuline et de l'alimentation : 1ère règle : Anticiper la séance de sport en baissant la dose d'insuline dite "rapide". Celle-ci doit être divisée de moitié, voire des deux-tiers si l'on est à moins de 10 unités d'insuline rapide, voire de s'en passer si l'on est à moins de 5-6 unités. 2nde règle : Réaliser une glycémie avant de débuter l'exercice et, si celle-ci est inférieure à 1,20g/l, avaler une collation (équivalent à 15g de glucides voire à 20-30 g en fonction de la durée de l'exercice prévu) sous forme de boissons sucrées, de pâtes de fruit ou autres aliments glucidiques. 3ème règle : Lorsque l'on n'a pas l'habitude de pratiquer ce type d'exercice, au-delà de 30 à 60 minutes, il est important de tester de nouveau sa glycémie. Si celle-ci est inférieure à 1,20g/l ou si l'on est à distance du prochain repas, une collation s'impose à nouveau (15g de glucides). 4ème règle : Une fois l'exercice terminé, si la glycémie est inférieure à 1g/l il faut prévoir une collation (15g de glucides) si le prochain repas n'a pas lieu avant 1h. 5ème règle : Généralement, on diminue la dose d'insuline qui suit l'exercice physique. Par exemple si celui-ci a lieu dans l'après-midi, ce sera la dose du soir c'est-à-dire l'insuline rapide chargée de contrôler la glycémie de la nuit (à diminuer de 10 à 30%, en moyenne puis à adapter en fonction des réponses individuelles). Le sportif ne pas oublier de surveiller la glycémie du soir, même si l'exercice a eu lieu le matin (si sa durée était d'au moins une heure), pour penser à baisser la dose d'insuline du soir si nécessaire. En effet, la sensibilité des muscles à l'insuline augmente plusieurs heures après l'arrêt de l'exercice (d'où des besoins plus faibles en insuline puisqu'ils en « profitent » plus).Pr Martine Duclos, endocrinologue et physiologiste, chef du service de Médecine du Sport au CHU de Clermont-Ferrand : « Dans le diabète de type 1, l'idéal est de prévoir tout exercice physique prolongé (supérieur à 30 minutes-1 heure) afin de réduire la dose d'insuline qui précède.Les diabétiques de type 1 qui font du sport de façon assez suivie sont en général sous pompe à insuline (appareil qui délivre automatiquement l'insuline), ce qui leur permet des ajustements de l'insuline en fonction de la glycémie beaucoup plus aisés qu'au moyen des injections. Ils peuvent la débrancher quelques heures (2 à 3 heures en général, mais parfois plus). Comparé au diabétique de type 2, le diabétique de type 1 est plus enclin à faire du sport de façon régulière et intense et presque tous les sports lui sont accessibles, sauf le parachutisme et les autres sports où l'hypoglycémie peut conduire à des accidents mortels. Du fait de la grande variabilité de la réponse glycémique en fonction du type d'exercices (aérobie, anaérobie), il faut mieux être suivi par un diabétologue spécialisé dans la pratique sportive ».Le sport, peu risqué dans le diabète de type 2Les médicaments donnés dans le diabète de type 2 sont multiples. Ce peut être une injection unique d'insuline chaque jour (insuline basale) ou des antidiabétiques par voie orale. Généralement, la personne qui est diabétique de type 2 bien équilibrée (c'est-à-dire dont le taux de sucre dans le sang mesuré par un taux d'HBA1c se situe aux alentours de 6,5 à 7%), qui est sous insuline basale seule et qui souhaite pratiquer une activité physique prolongée n'est pas en réel danger hypoglycémique. Baisser la dose d'insuline est inutile. La pratique d'une activité physique d'intensité modérée et régulière n'impose aucun changement particulier. Lorsque l'effort musculaire reste raisonnable, seules des supplémentations glucidiques modérées au cours de la période d'effort physique (10 à 15 g de glucides) s'avèrent utiles (toutes les heures). Pour les diabétiques qui sont uniquement sous médicaments appelés sulfamides (des molécules qui induisent un risque potentiel d'hypoglycémie) et qui sont bien équilibrés sur le plan glycémique, la première fois -et seulement la première fois- qu'ils pratiquent un exercice de plus de 60 minutes, il est conseillé de diviser par deux leur dose quotidienne, mais sans pour autant devoir diminuer la dose qui suit l'exercice. Quant au risque d'hypoglycémie sous glinides (comme les sulfamides, ce sont des molécules qui forcent le pancréas à sécréter de l'insuline au moment des repas), c'est un risque de principe. Par mesure de précaution, on considère qu'il pourrait y avoir un faible risque d'hypoglycémie en cas d'exercice physique de plus d'une heure et uniquement chez un sujet dont le diabète est très bien équilibré. En pratique, lors de la première expérience d'exercice d'au moins 60 minutes il faut baisser de moitié la dose, voire ne pas prendre le comprimé avant l'exercice. Pour les diabétiques de type 2 sous les autres médicaments (metformine, gliptines ou analogues du GLP1) il n'y a pas de risque d'hypoglycémie à l'exercice. Sportifs diabétiques ou non, règles nutritionnelles identiquesLes règles nutritionnelles pour un diabétique qui décide d'entrer dans un programme sportif intensif sont de bon sens : L'hydratation, comme en population générale, est primordiale pour le diabétique pendant l'exercice et en phase de récupération, d'autant plus que l'hyperglycémie augmente légèrement la production d'urine (diurèse). Il faut privilégier l'eau sans adjonction de produits sucrés pour des exercices ne dépassant pas deux heures. Si l'exercice dure plusieurs heures (randonnée), un peu de sucre peut être ajouté dans la ration hydrique (ou ingérer 20g de glucides toutes les heures) et augmenter l'apport en glucides des repas dans les jours qui précèdent le sport intense. Les glucides doivent constituer une part normale de l'alimentation des personnes diabétiques. Le diabétique sportif doit équilibrer ses repas entre glucides-protides-lipides (respectivement 45-50%, 15% et 25-30%) de la même manière qu'un non-diabétique comme tout sportif dont la dépense énergétique est majorée. La proportion des hydrates de carbone dans la ration calorique quotidienne est d'autant plus élevée que l'activité physique est plus importante. Cet apport doit se faire essentiellement sous forme de pain, pâtes, riz, féculents et, dans une moindre mesure, de fruits et de lait. Lorsqu'on fait de la musculation, la surcompensation protéique est non seulement inutile mais peut être nocive car elle augmente le débit de filtration du rein, ce qui n'est pas conseillé chez une personne diabétique. Pr Martine Duclos : « Dans tous les cas, aucun besoin d'ajouter des antioxydants, vitamines ou compléments alimentaires. Une alimentation équilibrée apportera en quantité nécessaire et suffisante les vitamines nécessaires. En cas de crampes répétées, il faut penser à l'hydratation pendant et après l'exercice. » Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
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Génétique : peut-on faire parler l'ADN pour connaître nos maladies futures ?
Les tests ADN promettent, telles des boules de cristal, de tout vous révéler de votre santé future. Mais s'ils ne se sont pas encore en mesure de vous dire si vous souffrirez un jour de la démence d'Alzheimer ou de maladies cardiaques, ils sont déjà opérationnels pour détecter des anomalies génétiques chez le foetus ou explorer les tumeurs en vue d'un traitement "à la carte" des cancers du sein. Voici quelques exemples concrets de que l'on appelle la "médecine prédictive et personnalisée". La médecine de demain, c'est déjà aujourd'hui. Test ADN, de quoi parle-t-on ?Les tests ADN donnent accès à des informations sur son propre état de santé ou celui de sa famille grâce à l'étude de l'ADN présent dans les cellules ou du nombre et de la forme des chromosomes. Trois types de tests génétiques existent : Ceux qui renseignent sur le patrimoine génétique d'un individu et qui se transmet à l'enfant (génétique "constitutionnelle"). Ces tests sont utilisés pour le diagnostic de maladies où un seul gène subit des mutations (mucoviscidose, polypose colique familiale, hémochromatose héréditaire). Des tests génétiques dits prédictifs sont effectués chez des personnes qui n'ont pourtant aucun symptôme, afin de savoir si elles vont développer une maladie. La personne qui a la mutation de la maladie de Huntington la développera à plus ou moins long terme, par exemple. En cancérologie, des tests prédictifs peuvent être utilisés lorsqu'une mutation a déjà été identifiée dans la famille (cancer du sein, du rein etc.). Ils donnent un niveau de risque mais pas une certitude de développer la maladie. Cependant, de nombreuses maladies sont sous le contrôle d'un ensemble de gènes et de l'environnement (asthme, diabète etc.). Aucun test génétique prédictif n'est disponible à ce jour pour ces pathologies multifactorielles.En 2016, plus de 3500 maladies liées à des anomalies de gènes sont répertoriées. Toutefois, seulement une partie présentent des procédures de dépistage de prévention ou de traitement avérées : Ceux qui informent sur l'état du génome de cellules cancéreuses (génétique "somatique"). Ces tests détectent les mutations survenues dans la tumeur et prédisent ainsi son comportement face à un traitement ciblé. Ce sont les tests compagnons ou signatures génomiques, réalisés à partir d'une biopsie de la tumeur (ou d'une prise de sang pour les cancers du sang). D'autres tests sont capables d'obtenir des informations sur la réponse à un traitement donné ou sur le risque d'effets indésirables. C'est la pharmacogénomique. Pr Pascal Pujol, généticien, président de la Société Française de Médecine Prédictive et Personnalisée (SFMPP) : « Sous l'impulsion de l'Institut National du cancer, la France dispose de plateforme de génétique réalisant plusieurs dizaines de milliers d'analyses génétiques par an, pour détecter des pistes thérapeutiques spécifiques ou identifier des prédispositions familiales. J'entrevois dans les mois et quelques années à venir une explosion des tests d'utilité médicale et un affinement des protocoles de prise en charge (dépistage et prévention), mais aussi d'innovations thérapeutiques ». Génétique : repérer la trisomie 21 par une simple prise de sangAujourd'hui, pour savoir si l'enfant à naître risque d'avoir une trisomie 21, première cause de retard mental congénital, on réalise chez les femmes enceintes à risque une amniocentèse (une ponction du liquide amniotique au travers du ventre de la mère). Or ce test peut provoquer des fausses couches, c'est à dire la perte du foetus. Il existe depuis plusieurs années un test génomique prénatal (avant la naissance) de la trisomie 21, à partir de fragments d'ADN foetal présents dans la circulation maternelle. Une simple prise de sang chez la mère permet d'étudier le patrimoine génétique du foetus et affirmer avec 99% de certitude si le futur enfant sera ou non atteint de trisomie 21.Pr Pujol : « 18 000 femmes qui sont potentiellement à risque d'avoir un enfant trisomique 21 (en fonction de l'âge, de paramètre biologique et à l'échographie) subissent une amniocentèse chaque année. Comme celle-ci comporte un risque vital pour le foetus, près d'une centaine de foetus perdent la vie. Alors que seuls 0,3 à 0,5% d'entre eux seulement avaient la trisomie 21 ! ». Aujourd'hui, ce test génétique n'est pas disponible partout en France et reste à la charge financière des femmes (entre 350 et 600 euros). C'est pourquoi les médecins, soutenus par le Comité Consultatif National d'Ethique, se battent pour que très rapidement ce test sanguin remplace l'amniocentèse. Celle-ci ne devrait plus qu'être exceptionnellement utilisée chez les rares femmes dont le test génétique est revenu positif (5% des femmes à risque). Le feu vert des autorités sanitaires françaises pour le test génomique prénatal de la trisomie 21 est attendu dès l'automne 2016. D'autres tests sont ou vont être utilisés chez le foetus, comme ceux portant sur la trisomie 18 et 13 mais aussi d'autres anomalies plus fines du génome.Cancer du sein : prédire l'avenir grâce à la génétiqueAujourd'hui, grâce aux chimiothérapies, plus des trois quarts des cancers du sein sont guéris à 10 ans. Néanmoins, il faut parfois savoir lever le pied. Dans le cancer du sein, l'emploi de "signatures génomiques" ou tests compagnons font parler le génome de la tumeur. Dès 2016, ils vont permettre d'épargner aux femmes des chimiothérapies et des hormonothérapies inutiles. Pr Marc Spielmann, gynécologue, Hôpital américain (Neuilly-sur-Seine) et Institut français du sein (Paris) : « Lors de la découverte d'un cancer du sein sous dépendance hormonale (hormono-dépendants, 75% des cas), on hésite très souvent entre un traitement antihormonal seul ou précédé d'une chimiothérapie. Parce qu'il est capable d'estimer précisément le risque individuel, ce test permet de se passer d'une chimiothérapie dans 40 à 45% des cas !Les signatures génomiques permettent aussi d'évaluer le risque de récidive. Par exemple, si celui-ci est inférieur à 11, 99,2% des patientes seront en vie sans chimiothérapie préventive à 5 ans. Avec certitude, on peut alors éviter la chimiothérapie dans cette population. Enfin, ces tests sont en mesure de prédire les rechutes tardives, c'est à dire au-delà de 10 ans. Chez les femmes identifiées à faible risque de rechutes tardives par la signature génomique, on peut alors se contenter de cinq ans de traitement antihormonal au lieu de 10 ans chez celles à haut risque ». Dans l'immédiat, ces tests compagnons seront réservés aux hôpitaux. C'est dommage car 75% des cancers du sein en France sont traités dans le secteur privé. D'autres tests sont encore du domaine de la recherche fondamentale, notamment les signatures génomiques propres aux métastases, ces tumeurs qui disséminent hors du foyer tumoral d'origine. Source : e-santé Hélène Joubert journaliste scientifique
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Le réchauffement climatique et son impact sur notre santé : un risque croissant
Plus d'allergies, d'asthme, de maladies respiratoires et infectieuses, de gastro-entérites, de décès... L'impact du changement climatique sur la santé est complexe et encore peu étudié. Il dépend aussi de facteurs individuels et socio-économiques mais les risques commencent à être bien repérés. Et sous nos latitudes, ils ne concernent pas que les moustiques... Le réchauffement climatique a des effets réels sur la santéLe changement climatique est devenu une réalité préoccupante pour la santé. Depuis 25 ans, la température ambiante augmente de plus de 0,18°C tous les dix ans dans le monde contre 0,85°C en cent ans auparavant. Non seulement, le phénomène s'accélère mais, pour Sylvie Joussaume, directrice de recherche au CNRS et climatologue, il est sans équivoque : « Le réchauffement climatique va se poursuivre même si on le réduit fortement ».Si pour l'heure, les conséquences sur la santé « ne sont pas suffisamment mises en avant », selon le Pr Robert Barouki, toxicologue à l'Inserm, elles sont réelles. L'Organisation mondiale de la santé estime qu'entre 2030 et 2050, l'impact du climat sur les diarrhées, la chaleur, le paludisme et la malnutrition des enfants provoqueront 250 000 décès supplémentaires par an.Changement climatique : canicules et surmortalité« On va avoir de plus en plus de phénomènes extrêmes et fréquents comme les canicules et les inondations », souligne Sylvie Joussaume.Or, les températures élevées contribuent à accroître directement la surmortalité par maladies cardiovasculaires et respiratoires, notamment chez les personnes âgées. En Europe, la canicule de l'été 2003 a fait 70 000 morts de plus que d'habitude, 15 000 en France. C'est encore pire en cas de pic de pollution atmosphérique. « Les particules fines pénètrent profondément dans les poumons. Le problème est que le réchauffement climatique favorise encore leur concentration », avertit Isabella Annesi-Maesano, spécialiste des maladies allergiques et respiratoires à l'Inserm.Le réchauffement climatique, c'est d'avantage de pollen et d'allergiesLe nombre d'allergies a triplé en 25 ans, il pourrait quadrupler d'ici 2050. En effet, le réchauffement climatique favorise la production de pollen par les plantes et allonge la durée de la saison pollinique. Une étude anglaise indique qu'elle dure cinq jours de plus qu'avant.Pour Isabella Annesi-Maesano, « Les pollens pourraient devenir plus allergisants aussi au contact de certains polluants qui ont la capacité de les fragmenter, ce qui leur permet de rentrer facilement dans les bronches, déclenchant des crises d'asthme. Sinon, ils restent dans la sphère ORL et on a des rhinites allergiques ».Le fait d'habiter en zone urbaine aggrave les risques : les Anglais ont calculé qu'ils auront sept fois plus de pollens d'ambroisie, une plante répandue hautement allergisante, en ville qu'à la campagne.Le spectre des maladies infectieuses renforcé par le changement climatiqueLes variations climatiques risquent d'influer sur les vecteurs de maladies infectieuses.Le virus de poliomyélite se réplique mieux à 37°C, la durée d'incubation du virus de la dengue passe de 12 à 7 jours quand la température passe de 30°C à 35°C... « Les moustiques peuvent devenir infectieux beaucoup plus rapidement avec le réchauffement climatique, affirme Cyril Caminade, chercheur à l'université de Liverpool. On commence à avoir des cas de chikungunya et de dengue dans le sud de la France. Pour autant, le risque de transmission de ces maladies vient essentiellement aujourd'hui de l'augmentation de la population mondiale, de sa mobilité et de la globalisation ».Autrement dit, si le moustique tigre se retrouve à Lyon, c'est surtout à cause de l'homme qui le transporte lors de ses déplacements. Par ailleurs, il n'est pas sûr que le paludisme s'accroisse en Afrique comme on a tendance à le penser : une étude récente montre qu'une élévation de la température de 4°C à 5°C pourrait nuire à la reproduction du cycle parasitaire.Le réchauffement climatique sur les coquillages, c'est plus de gastro-entéritesPour le Pr Jean-François Guégan, spécialiste des maladies infectieuses à l'Institut de recherche pour le développement, le risque le plus important en France et dans l'hémisphère nord pourrait venir non pas des moustiques mais d'infections transmises par l'alimentation : « Le changement climatique s'accompagne de fortes pluies, c'est là un de ses effets majeurs... La décharge d'eau douce dans la mer due à ces pluies violentes engendre une baisse de la salinité et facilite la multiplication de virus et de bactéries comme les vibrios vivant dans les eaux côtières ». Ils peuvent se retrouver dans la chaîne alimentaire via les huîtres, les palourdes, les coquillages... et provoquer des gastro-entérites. Le problème reste limité sous nos latitudes mais il y a déjà eu des cas d'intoxication en méditerranée et en Vendée. « On a besoin de mieux comprendre les liens entre le réchauffement climatique et la santé car on en est qu'au début, précise le Pr Guégan. Néanmoins, il faut arrêter de crier au loup ici car les épidémies de maladies infectieuses viennent principalement de la pauvreté, de la malnutrition et de l'absence de système de soins ».Des paramètres qui concernent avant tout les pays en développement et qui feront d'eux... les premières victimes du réchauffement climatique. Source : e-santé Brigitte Bègue, journaliste santé
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Art-thérapie : quand la musique soulage les douleurs
Il y a des rencontres formidables. Celle de Claire Oppert, violoncelliste, et du Dr Jean-Marie Gomas, pionnier en matière de soins palliatifs, en est une. Ensemble, ils ont mis au point le « pansement Schubert » pour améliorer, par l'art-thérapie, la prise en charge de la douleur des patients en fin de vie.
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Cancer du testicule : des tumeurs qui ne doivent plus faire peur
Grâce à une avancée française présentée en juin 2016 au congrès de la société américaine d'oncologie qui est aussitôt devenue le traitement de référence, il est possible de guérir 75 % des tumeurs graves du testicule. Les explications par son découvreur, le Pr Karim Fizazi, chef du Département de Médecine oncologique à l'Institut Gustave Roussy (Villejuif). Aujourd'hui, grâce à la chimiothérapie, il est possible de guérir plus de 90% de l'ensemble des cancers du testicule.tastatiques sont classés en trois catégorie
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Maladies cardiovasculaires : du nouveau pour le cholestérol, les anticoagulants, la pression artérielle...
Comme chaque année, le congrès de l'European Society of Cardiology a apporté son lot d'études scientifiques pour mieux comprendre les maladies cardiovasculaires comme la fibrillation auriculaire ou l'insuffisance cardiaque et leur traitement, notamment les anticoagulants. Morceaux choisis, en direct du congrès. Les nouveaux anticoagulants, désormais en première ligneDe nouvelles recommandations européennes (1) renforcent la place des anticoagulants oraux directs (AOD : dabigatran, rivaroxaban, apixaban, bientôt l'edoxaban etc.).Ces nouveaux anticoagulants par voie orale autres que les "classiques" antagonistes de la vitamine K (AVK) sont désormais recommandés comme traitement de première intention chez les personnes souffrant de fibrillation auriculaire, le trouble du rythme le plus courant.Quant à l'arythmie cardiaque complète par fibrillation auriculaire (ou atriale), elle est responsable d'embolie artérielle, en particulier cérébrale (hémiplégie). Elle expose à cinq fois plus d'accidents vasculaires cérébraux que la population générale.Avec ce message, la Société européenne de cardiologie et l'Association européenne de chirurgie cardiothoracique prennent position en faveur de ces récentes molécules qui ont fait leurs preuves en matière de sécurité : non seulement le risque de saignement est bien moindre sous ces anticoagulants oraux directs qu'avec les AVK (ils divisent par deux le risque d'hémorragies intracérébrales) mais ils sont tout aussi efficaces. Il est aussi conseillé de privilégier les AOD en cas de difficulté à gérer l'anticoagulation sous AVK en cas de fibrillation auriculaire.De récentes études dont quelques-unes présentées à l'ESC 2016 avec l'un de ces AOD (apixaban) montrent aussi que les personnes ayant une insuffisance rénale (sauf stade terminal) en tirent encore de plus de bénéfice, avec un risque de saignements majeurs notamment digestifs nettement diminué, tout en conférant une protection satisfaisante contre les accidents vasculaires cérébraux (AVC).Cholestérol : de nouvelles recommandations européennesLes nouvelles recommandations pour la prise en charge en cas d'excès de cholestérol ont été développées à ce congrès (2).Le taux de LDL cholestérol (le "mauvais" cholestérol) reste la cible thérapeutique. Pour les personnes à haut risque cardiovasculaire, l'objectif est d'être en dessous de 1g/L (ou 2,6 mmol/L) et pour celles à très haut risque en dessous de 0,7 g/L (ou 1,8 mmol/L). Sur un pied d'égalité figure la recommandation d'une baisse de 50 % du taux de cholestérol initial chez les patients à haut risque.Enfin, toujours sur le thème des lipides, des études présentées à l'ESC portent sur de récentes molécules, dont la commercialisation est très attendue en France. Il s'agit des anticorps anti-PCSK9, de puissants médicaments qui font baisser le taux de LDL cholestérol, à l'instar des fameuses statines.Les anti-PCSK9 sont très utiles chez un certain type de malades, ceux dont le taux de LDL-cholestérol est très élevé (hypercholestérolémie familiale) pour des raisons génétiques. Ces patients sont souvent jeunes avec un très haut risque d'évènements cardiovasculaires.Sous anti-PCSK9, la baisse du taux de LDL cholestérol est si importante qu'il est possible d'espacer chez plus de 20% et de stopper chez près de 50% d'entre-eux la contrainte de la "LDL-aphérèse": cette technique d'épuration sanguine consiste à nettoyer le sang de l'excès de cholestérol qui peut se déposer sur les artères, grâce à une technique simple, similaire au principe de la dialyse rénale. L'impact de cette étude est considérable sur la qualité de vie de ces personnes.L'insuffisance cardiaque, deux fois plus fréquente d'ici à 2040L'insuffisance cardiaque peut découler d'une maladie des artères du coeur (coronaires), d'une hypertension, d'une obésité ou d'un diabète... Ce sont toutes des maladies inhérentes au vieillissement de la population et au mode de vie (sédentarité et déséquilibre alimentaire) et dont la prévalence ne cesse d'augmenter. Le coeur ne joue plus son rôle de pompe et les organes ne sont plus suffisamment alimentés en oxygène et en éléments nutritifs.Un million de Français en souffrent. L'insuffisance cardiaque fait de plus en plus de victimes dans le monde, surtout les hommes, et une étude islandaise prédit qu'elle serait deux fois plus fréquente chez les personnes âgées en 2040 et trois fois plus fréquente en 2060 (3). Ces données, bien qu'islandaises, donnent le ton pour l'ensemble des pays. Le Pr Ragnar Danielsen qui a dirigé l'enquête "Age" invite à redoubler d'effort, à savoir adopter un mode de vie plus sain et une meilleure adhésion aux traitements préventifs.Traiter les apnées du sommeil, oui mais...Les apnées du sommeil -syndrome des apnées obstructives du sommeil (SAOS)- sont des pauses respiratoires prolongées, de plus de 10 secondes, chez une personne endormie, privant temporairement le cerveau d'oxygène.Le principal traitement est la Pression Positive Continue (PPC). Le malade dort avec un masque où la pression de l'air inspiré est augmentée, levant ainsi le barrage mécanique qui empêche l'air de passer. "Appareiller" ces personnes est indispensable, tant pour améliorer leur qualité de vie que pour corriger le risque cardiovasculaire associé aux apnées du sommeil. Il a été montré que la Pression Positive Continue (PPC) pendant trois mois réduit plusieurs composants du syndrome métabolique (résistance à l'insuline, taux anormaux de lipides) et améliore la pression artérielle. Néanmoins, l'étude SAVE présentée à l'ESC 2016 (4), conduite chez des personnes présentant une pathologie coronaire ou cérébrovasculaire, ne retrouve pas le bénéfice attendu en théorie sur les évènements cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, mortalité, syndrome coronaire aigu etc.), en dehors d'un effet positif sur la qualité de vie.Aussi vaste soit cette étude, près de 3 000 patients, il semble que la durée médiane d'à peine plus de 3h exigée pour l'utilisation de la machine PPC chaque nuit soit probablement insuffisante pour améliorer le pronostic cardiovasculaire. En effet, une tendance à une réduction des événements cérébrovasculaires a été observée chez ceux qui utilisaient la PPC plus de 4 heures par nuit. A suivre.Maladies des artères coronaires : traiter la pression artérielle avec modérationPrudence lorsque l'on traite la pression artérielle des personnes ayant une maladie des artères coronaires. Chez eux, il ne faudrait pas passer en dessous de 120/70 mm Hg.Selon le registre CLARIFY (5) regroupant près de 23 000 personnes coronariennes stables dans 45 pays et traités pour une hypertension, baisser la pression artérielle systolique (PAS/lors de la phase de systole, de la contraction du coeur) en deçà de 120 mm Hg peut être dangereux, avec un risque relatif de décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde ou d'accident vasculaire cérébral augmenté de 56%.Il ne serait pas non plus judicieux de baisser la pression artérielle diastolique (PAD/ pression du sang en phase de diastole, de relâchement du coeur) en deçà de 70 mm Hg, avec un risque relatif de +41% d'accident cardiovasculaire si elle est comprise entre 60-69 mm Hg et doublé en deçà de 60 mm Hg.A l'inverse, il est déjà bien établi qu'une PAS égale ou supérieure à 140 mm Hg et une PAD supérieure ou égale à 80 mm Hg sont toutes deux associées à un risque accru d'accident cardiovasculaire. Cette étude montre que baisser la pression artérielle est essentiel en cas d'hypertension chez des personnes coronariennes. Mais ni trop, ni trop peu! Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
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La sexualité, ça sert à quoi ?
Faire l’amour, c’est peut-être l’activité de loisir la plus répandue dans le monde chez les adultes. D’autant qu’elle est gratuite et facilement disponible (à condition d’avoir un partenaire !). Mais au-delà de tous les conseils que l’on peut lire ou entendre, à quoi sert-elle finalement cette sexualité ? La sexualité a pour but de nous reproduire Le premier rôle de la sexualité est biologique. Elle sert à nous reproduire. Notre corps étant mortel, la force de la vie le pousse à se reproduire pour que notre espèce persiste sur terre. C’est pour cela que la sexualité est une force très puissante ! C’est une force de vie qui lutte contre la mort. Cela permet de comprendre pourquoi, même quand on ne souhaite pas consciemment d’enfant, cette force cherche en quelque sorte à nous piéger. Nous faire oublier la contraception ou le bon sens… A nous de savoir en tenir compte. La sexualité sert à nous attacher à notre partenaire pour former un couple solide Quand vous faites l’amour avec quelqu’un régulièrement, vous vous attachez sentimentalement à cette personne. Vous lui faites de plus en plus confiance, vous ressentez des sentiments de plus en plus forts. C’est dû au fait que l’ocytocine, hormone produite pendant l’amour, est une hormone d’attachement. Son but, ce n’est pas tellement de vous rendre amoureux, même si c’est agréable ; son but c’est d’attacher deux membres d’un couple pour les faire former une entité plus solide capable d’élever des enfants jusqu’à ce qu’ils deviennent autonomes. Dans les temps anciens, une mère ou un père seul était beaucoup plus fragile, et l’enfant courait plus de risque de ne pas pouvoir atteindre l’âge adulte. Cette fragilité persiste hélas aujourd’hui et l’on sait par exemple que les familles monoparentales sont plus souvent soumises à une grande pauvreté. Le but de la force sexuelle est encore ici de nous permettre d’amener nos descendants à l’âge adulte avec la plus grande chance de réussite possible, et celle de produire à leur tour une descendance. La sexualité a un rôle de détente Faire l’amour, cela donne envie de dormir. Et l’on dort très bien après l’acte amoureux. Dans le même ordre d’idée, la sexualité fait diminuer l’anxiété et le risque de dépression. Donc elle nous permet de nous sentir mieux dans notre peau. Ces actions positives sont dues aux hormones en jeu pendant l’acte sexuel… Et également aux bienfaits de se donner mutuellement du plaisir, de se sentir désiré, aimé, caressé, embrassé, de se sentir compter pour quelqu’un. Au total, la sexualité sert à nous rendre plus heureux… Même si son rôle biologique est avant tout de nous permettre de nous reproduire pour faire persister notre espèce au fil des siècles ...
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Dépression : il n’y a pas que les antidépresseurs !
La dépression touche environ 3 millions de personnes chaque année en France. La prise en charge médicale repose généralement sur la prescription d’antidépresseurs. Nécessaire quand les troubles sont sévères, la phytothérapie peut être une alternative efficace dans les dépressions plus légères. L’alimentation aussi compte. Les caractéristiques de la dépression L’Organisation mondiale de la santé (Oms) estime que la dépression est l’un des troubles les plus fréquents. Toutes les tranches d’âge sont concernées selon l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), avec un pic chez les 20-34 ans. Une dépression se caractérise par plusieurs symptômes : tristesse, perte d’intérêt et de plaisir pour les activités quotidiennes, troubles du sommeil et de l’appétit, fatigue dès le réveil, ralentissement psychomoteur, culpabilité et dévalorisation, difficultés de concentration, idées noires. Un patient est considéré dépressif s’il cumule cinq de ces symptômes tous les jours depuis au moins deux semaines. L’hérédité, le stress, l’anxiété... sont des facteurs de risques. Les antidépresseurs pas toujours efficaces Les antidépresseurs sont depuis longtemps les médicaments de référence pour traiter la dépression. Il le reste dans les cas les plus graves mais pas forcément dans les autres. Ni pour prévenir les rechutes contre lesquelles la méditation pleine conscience a fait ses preuves. « Les antidépresseurs sont testés sur des dépressions sévères où leur action est incontestable, elle est plus discutable pour traiter les dépressions modérées et légères. Comme le cancer, la dépression n’est pas une entité unique mais une maladie multiple », explique le psychiatre Patrick Lemoine. Par ailleurs, les effets de ces médicaments sont plus probants lorsqu’ils sont associés à une psychothérapie. Et « la facilité qui consiste à prescrire une molécule souvent choisie au petit bonheur la chance a fait négliger d’autres approches comme la phytothérapie », précise le médecin. Des plantes pour réguler et apaiser l’humeur Le millepertuis est la plante la plus connue pour soulager les troubles de l’humeur et l’anxiété. Différentes études ont montré qu’il contient une dizaine de principes actifs aussi efficaces qu’un antidépresseur classique. L’Oms a reconnu son intérêt dans le traitement des dépressions légères. « Nous pouvons orienter vers différentes plantes parmi lesquelles le mucuna pour un déficit en dopamine, le griffonia pour un déficit en sérotonine, le safran et le curcuma pour leur action anti-inflammatoires cérébrales », indique le Dr Marc Beck, généraliste et phytothérapeute. L’action du griffonia, par exemple, passe par sa richesse en HydroxyTryptoPhane (5-HTP), un acide aminé que l’organisme transforme en sérotonine, un neurotransmetteur (substance qui permet l’influx nerveux entre les neurones) souvent déficitaire dans la dépression. Plantes contre la dépression : mieux vaut prendre l’avis d’un spécialiste Autre plante intéressante : la rhodiole dont les propriétés stimulantes sont reconnues en médecine traditionnelle chinoise et qui pourrait favoriser la résistance au stress. Des études suggèrent que le safran aurait des vertus antioxydantes, sérotoninergiques et neuroprotectrices. La valériane aux propriétés apaisantes, ou encore le magnésium qui aide au bon fonctionnement du système nerveux, peuvent être également recommandés. Mais attention : les plantes ne sont pas anodines ! Elles peuvent parfois diminuer l’effet de certains médicaments (anticoagulants, etc.). Il ne faut donc pas les prendre à la légère et consulter un phytothérapeute pour la prescription d’un traitement adapté et un suivi, fondamental pour évaluer l’amélioration ou pas de l’état de la maladie. Oméga 3, magnésium... Il faut soigner son assiette ! Certains aliments aident à contrer la dépression. A commencer par les omégas 3, des acides gras polyinsaturés essentiels au cerveau dont l’utilité dans la prévention des troubles dépressifs et de la mémoire est documentée. Les poissons gras (sardine, maquereau, hareng, truite fumée...) et les huiles de colza ou de noix en contiennent beaucoup. En cas de stress chronique, il est important de faire le plein de magnésium dont les légumes à feuilles vertes (épinards, etc.), quelques légumineuses (pois, haricots), certaines eaux minérales, le chocolat noir et les oléagineux (amandes, noix, noisettes...) recèlent. Le cerveau a besoin d’acides aminés, notamment la tyrosine et le tryptophane : le premier (à privilégier surtout le matin) est dans les ?ufs, certains fromages (emmental, gruyère, parmesan), les céréales complètes, les bananes, etc. ; le second (à privilégier plutôt le soir) est dans le poulet, les noix de cajou, le riz complet, l’avocat, etc. Les vitamines du groupe B agissent également sur le système nerveux : il y en a dans les légumes verts et secs (lentilles, etc.), le foie, les fruits de mer, les germes de blé... Sans oublier l’intestin, notre deuxième cerveau. La dépression entraine une modification du microbiote qui permet à certaines bactéries de passer à travers la muqueuse intestinale et de causer une inflammation cérébrale, ce qui a conduit à préconiser la consommation de prébiotiques (fruits, légumes...) et de probiotiques (laits fermentés, yaourts...) pour renforcer son étanchéité. Marion Garteiser, journaliste santé
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Apnées du sommeil : vers une approche personnalisée
6% des femmes et 13% des hommes d’âge moyen souffrent potentiellement d’un syndrome des apnées obstructives-hypopnées du sommeil (SAHOS), ces pauses respiratoires anormales pendant le sommeil. Au-delà des traitements actuels, les chercheurs cernent de mieux en mieux les différents profils d’apnéiques et entrevoient ainsi de nouvelles pistes thérapeutiques. En direct de la recherche. Les apnées du sommeil, des critères simples Le SAHOS -plus communément appelé apnées du sommeil- est caractérisé par des obstructions répétées des voies aériennes supérieures, de plus de 10 secondes, chez une personne endormie. Les recommandations sur le traitement se fondent sur quelques critères assez simples, à savoir la présence de certains symptômes (somnolence, ronflements, épisodes de suffocation nocturne, problèmes de concentration, mictions nocturnes importantes ou nycturie) mais aussi les maladies cardiovasculaires associées (comorbidités) et la sévérité des apnées. Il faut au moins cinq épisodes de pauses respiratoires par nuit pour poser le diagnostic d’apnées minimes, entre 15 et 30 pour celui d’apnées modérées, plus de 30 pour celui d’apnées sévères. Orthèses d’avancée mandibulaire et pression positive continue Ces critères pris ensemble vont guider le traitement avec, d’un côté, plutôt le port d’un appareillage appelé orthèse d’avancée mandibulaire en cas d’apnées modérées sans comorbidité cardiovasculaire sévère. Ces petits appareils amovibles dégagent le pharynx en avançant la mâchoire inférieure pour maintenir un filet d’air dans la bouche. Seuls 2% des apnéiques en sont équipés, une proportion inférieure à celle des pays voisins. Lorsque les apnées sont sévères ou associées à un risque cardiovasculaire élevé, la Pression Positive Continue (PPC) nasale permet de retrouver, pour la plupart des malades, des nuits enfin reposantes et une qualité de vie satisfaisante. La personne dort avec un masque où la pression de l’air inspiré est augmentée (d’à peine quelques millimètres de mercure) levant ainsi le barrage mécanique qui empêche l’air de passer. "Appareiller" ces personnes est indispensable, tant pour améliorer leur qualité de vie que pour corriger le risque cardiovasculaire associé aux apnées du sommeil. Tous les apnéiques ne se ressemblent pas Ces critères simples d’évaluation des apnées ne permettent cependant pas de rendre compte de la grande variété des profils d’apnéiques. Pour cela, il faut en inclure d’autres comme des facteurs physiopathologiques, le caractère positionnel ou non des troubles respiratoires nocturnes (préférentiellement lorsque la personne est à plat-dos) mais aussi des symptômes associés tels que l’insomnie, la dépression?. Ceci permet une caractérisation beaucoup plus fine de la maladie en vue de définir de grands profils (phénotypes) d’apnéiques. Pr Frédéric Gagnadoux, département de pneumologie au CHU d’Angers : « A partir de l’étude de plusieurs milliers d’apnéiques en Pays de Loire, nous avons pu dégager plusieurs profils dont un phénotype féminin. Celui-ci est un syndrome des apnées particulier, plus souvent associé à l’insomnie, à la dépression, à l’hypertension artérielle et au diabète. Autre exemple, le profil « SAHOS avec somnolence » exposerait à un risque accru de perturbations métaboliques avec, de ce fait, un devenir cardiovasculaire plus péjoratif. Un autre phénotype pourrait s’appeler « SAHOS comorbide » ; ce sont des malades qui cumulent les maladies associées sans pour autant présenter de symptômes typiques des apnées. Chez eux, traiter uniquement les apnées produit un effet très modeste sur l’avenir cardiométabolique. Dans ce cas précis, la prise en charge devra être multidisciplinaire et porter à la fois sur les apnées et les facteurs de risque (traitement de l’hypertension, modification de l’activité physique, de la diététique etc.). » Apnées du sommeil, des mécanismes mieux cernés Les mécanismes qui conduisent au mauvais fonctionnement (collapsus) du pharynx sont aussi progressivement mieux caractérisés. Jusqu’alors, seule la cause anatomique était considérée. En réalité, d’autres facteurs interviennent et constituent des cibles thérapeutiques potentielles : il d’agit du tonus et de l’activité des muscles dilatateurs du pharynx, de la stabilité du contrôle ventilatoire et du seuil d’effort respiratoire responsable d’éveils. Plusieurs voies thérapeutiques ciblant ces paramètres sont en cours d’évaluation dans la perspective d’une médecine personnalisée : Certains patients ont un seuil d’éveil trop bas et pour cette raison sont plus sensibles à l’effort respiratoire et aux apnées. Ils se réveillent souvent. Chez eux, des études évaluent l’intérêt de prescrire des médicaments hypnotiques, afin d’approfondir leur sommeil sans pour autant aggraver les apnées. La stimulation du muscle de la langue (génioglosse) par l’intermédiaire du nerf hypoglosse est une autre approche à l’essai. On sait en effet depuis peu que certains apnéiques ont une réponse insuffisance de ces muscles pendant le sommeil. La moitié des apnéiques ont des symptômes d’insomnie. Or, non seulement les apnéiques insomniaques ont plus de risque de développer une hypertension artérielle mais ils ont moins tendance à accepter la contrainte de la pression positive continue. Des programmes sont en cours afin d’évaluer chez eux une prise en charge cognitivo-comportementale de l’insomnie. Des machines de pression positive continue spécifiques pour les patients insomniaques sont en cours conception. Des facteurs biologiques pourraient conditionner l’impact des traitements des apnées du sommeil sur la pression artérielle et le risque cardiovasculaire. Marion Garteiser, journaliste santé
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L'obésité aggrave l’incontinence, l’asthme, et les maladies digestives
Maladies digestives et hépatiques, pneumologiques ou urinaires?toutes paient un lourd tribut à l’obésité. Qu’elles soient conséquences directes de l’excès de poids ou juste favorisées par le surpoids, perdre quelques kilos permet souvent d’améliorer la situation. Que sait-on aujourd’hui de l’impact de l’obésité ? Maladies digestives, conséquences graves et mal connues de l’obésité Plusieurs maladies digestives sont à mettre sur le compte de l’obésité, définie par un Indice de Masse Corporelle (IMC) égal ou supérieur à 30 kg/m2. Au premier rang figure le reflux gastro-?sophagien (RGO) où, parmi d’autres mécanismes, l’augmentation de la pression abdominale favorise les remontées acides. L’obésité est aussi incriminée dans le cancer de l’?sophage (adénocarcinome). Il résulte de la dégénérescence de lésions de la muqueuse de l’?sophage, elles-mêmes conséquences d’un RGO, favorisé par l’obésité. Ce risque de cancer de l’?sophage augmenterait de 55% pour cinq points d’IMC supplémentaires*. Mais d’autres cancers sont impactés comme celui du pancréas et du côlon avec, respectivement, +14% et +15% de risque pour cinq points d’IMC supplémentaires. Le développement de ces cancers est favorisé par l’inflammation généralisée produite par le tissu graisseux (adipeux). Le rôle de l’obésité est renforcé dans le cancer du côlon par la consommation de viande rouge, de charcuterie et de graisse et par l’effet propre des micro-organismes vivant dans l’intestin (microbiote). En revanche, de nombreuses zones d’ombre subsistent sur l’influence de l’obésité vis-à-vis des maladies inflammatoires de l’intestin dont la maladie de Crohn (MICI) ou même de l’intestin irritable. Vis-à-vis de la santé du foie, c’est au tour de taille plutôt qu’à l’obésité d’entrer en jeu dans ce que l’on appelle la stéatose hépatique, c’est-à-dire l’infiltration de graisse dans le foie (« foie gras »). Dr Juliette Foucher, service d'Hépatologie, Hôpital Haut-Lévèque Pessac (Bordeaux) : « Une personne obèse sur deux développe une stéatose, précise le. Néanmoins, l’obésité n’implique pas obligatoirement la présence de cette graisse dans le foie. De plus, les personnes avec un tour de taille supérieur à 80 cm chez la femme et 94 cm chez l’homme ont plus de risque de développer un stade encore plus préoccupant c’est à dire une stéatose associée à de l’inflammation, appelé stéatohépatite (NASH). Ce risque de NASH croit avec le tour de taille. Or une NASH peut favoriser une cirrhose et potentiellement un cancer du foie (carcinome hépatocellulaire) ». Points positifs, une perte de poids -même modeste- peut diminuer les symptômes de reflux gastro-?sophagien en réduisant la pression abdominale. Elle peut même améliorer l’état et la quantité de graisse du foie et, de ce fait réduire, le risque de cirrhose et de cancer. L’incontinence urinaire, intimement liée à l’indice de masse corporelle Les troubles urinaires ne sont pas en reste. L’obésité intervient principalement dans l’incontinence urinaire. Selon la vaste étude EPINCONT conduite auprès de 28 000 norvégiennes, tous les cinq points d’Indice de masse corporelle, le risque d’apparition de fuites urinaires quotidiennes augmente de 20 à 70 %. Le surpoids compte pour beaucoup dans l’incontinence urinaire à l’effort, plus faiblement dans l’incontinence urinaire par impériosité (envie pressante d’uriner) et par hyperactivité de la vessie. Si l’obésité est un facteur d’incontinence, à l’inverse, perdre du poids -même de 5% à 10% du poids corporel- améliore la continence, les symptômes et la qualité de vie. Pr Pierre Costa, chef de service d’Urologie-Andrologie (Hôpital Universitaire Carémeau, Nîmes) : « La prostate est elle aussi concernée. Dans l’augmentation de la taille de la prostate (hypertrophie bénigne de prostate) et dans le cancer de la prostate, l’inflammation générée par le tissu graisseux favoriserait l’agressivité et la croissance tumorale ». L’obésité, facteur de maladies respiratoires Alors que l’obésité favorise, aggrave l’asthme et même perturbe le bon contrôle de la maladie, son impact est encore peu exploré dans la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Dans l’asthme, l’affaire est entendue : le fait d’être obèse double quasiment le risque de développer un certain type d’asthme. Bien entendu, l’obésité est un facteur d’aggravation de l’asthme en général du fait de l’existence de maladies souvent associées comme le syndrome des apnées du sommeil ou le reflux gastro-?sophagien. Pr Alain Didier, chef de service, pneumo-allergologue (CHU de Toulouse) : « Néanmoins, tous les asthmes ne sont pas liés à la corpulence. L’obésité favorise plutôt l’apparition d’un asthme particulier dit « non-éosinophilique ». Le mécanisme passerait par une réaction exacerbée des bronches (« hyperréactivité bronchique ») due à une modification de la mécanique ventilatoire. En effet, chez la personne obèse, à l’obstruction classique des bronches s’ajoute une diminution des volumes expirés avec l’écrasement des bronchioles (prolongement des bronches) en fin d’expiration ». Dans tous les cas, la réduction pondérale est souhaitable. Avec l’activité physique régulière, leur rôle est bénéfique sur le contrôle de l’asthme des obèses, tout particulièrement dans le cas de ce type d’asthme particulier. Pour l’asthme classique, la perte pondérale améliore uniquement la sensation à l’effort, sans que le profil de la maladie en soit modifié. Idem pour la BPCO où, à ce jour, la relation avec l’obésité n’est pas si simple. Une chose est sûre : la perte de poids agit sur l’essoufflement. Si la perte de masse grasse s’accompagne d’un gain de masse musculaire, ces malades peuvent espérer gagner en capacité respiratoire. Marion Garteiser, journaliste santé
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BPCO : pourquoi bien inhaler son traitement bronchodilatateur est vital
Le constat est sans appel : 60 à 80% des personnes souffrant d’une maladie pulmonaire appelée broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) ne se servent pas correctement de l’appareil qui sert à inhaler leur traitement bronchodilatateur. Attention, c’est très risqué pour leur santé. La BPCO, un tueur silencieux En silence, à cause du tabagisme dans 90% des cas (à partir d’un paquet/jour pendant 15 ans), l’obstruction chronique irréversible des voies aériennes épuise le souffle, handicape et tue*. La méconnaissance de cette maladie insidieuse est stupéfiante alors que près de 8 % des adultes en France sont touchés. Selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé), la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) deviendra la 4ème cause de décès dans le monde en 2030. Les objectifs du traitement de la BPCO sont de prévenir et contrôler les symptômes (essoufflement, toux, expectorations, difficulté à respirer pendant les efforts physiques, appelée dyspnée), réduire la fréquence et la sévérité des « exacerbations » (aggravations brutales de l’état de santé du malade) et d’améliorer la tolérance à l’exercice physique, seul moyen de regagner en capacité respiratoire (volume d’air expiré par seconde). Parmi les traitements au long cours ou d’appoint figurent les bronchodilatateurs (précisément des bêta2-agonistes et anticholinergiques) lesquels, comme leur nom l’indique, permettent une dilatation des bronches. Ils s’administrent au moyen d’un inhalateur. Mauvaise manipulation, risque d’exacerbations accru Les règles de bonne utilisation des systèmes d’inhalation sont primordiales pour une délivrance efficace du traitement bronchodilatateur, au plus profond des bronches. Faire parvenir un produit dans les bronches n’a rien de naturel. Malgré tout, c’est le moyen de délivrance ayant le meilleur rapport bénéfice/risque. Il permet d’obtenir des concentrations élevées de principe actif au niveau de la bronche. Par comparaison, la voie orale (comprimé) requerrait une forte concentration de principe actif dans le sang pour espérer une concentration satisfaisante dans la bronche. Au risque d’effets secondaires généraux bien supérieurs. Une étude française, première du genre**, vient de révéler que la mauvaise manipulation -assez fréquente- des inhalateurs contenant des bronchodilatateurs est associée a? la survenue d’exacerbations sévères de BPCO. Pr Mathieu Molimard, spécialiste en pneumologie-pharmacologie, directeur du département hospitalo-universitaire de pharmacologie de Bordeaux et coordinateur de l’étude : « Nous avons constaté une grande fréquence des erreurs d’utilisation. Les erreurs graves c’est-à-dire susceptibles de limiter la dose inhalée arrivant au contact des bronches sont associées à un risque doublé d’exacerbations graves de BPCO conduisant à une hospitalisation. Une dose incomplète équivaut à un traitement partiel ou pas de traitement du tout. Une preuve en miroir que ces traitements sont utiles ! » Technique d’inhalation : le piège de l’habitude Selon les résultats, entre 60 et 80% des personnes commettent au moins une erreur, indépendante du dispositif. Ces erreurs peuvent ne pas trop porter à conséquence, comme par exemple manquer d’expiration avant l’inhalation ou se passer de quelques secondes d’apnée après l’inhalation. Autrement plus grave, d’autres erreurs peuvent affecter le dépôt pulmonaire. Il s’agit, par exemple, d’un défaut d’inspiration par la bouche à travers l’embout buccal, de souffler dans l’inhalateur de poudre sèche avant l’inhalation ou tout simplement d’inspirer par le nez. Âge, sexe? aucun profil particulier des personnes susceptibles de faire des erreurs d’inhalation ne ressort. Certaines sont plus à risque de se tromper ; par exemple celles qui n’ont pas assisté à une démonstration d’utilisation, n’ont jamais lu la notice, ne prennent pas leur traitement de manière régulière et surtout n’utilisent pas leur système depuis longtemps. Pr Mathieu Molimard : « Ça n’est pas parce qu’on a expliqué une fois à la personne comment se servir de son inhalateur qu’elle est à l’abri d’erreurs de manipulation. Vérifier régulièrement leur bon maniement est essentiel. Les personnes BPCO mais aussi asthmatiques devraient contrôler l’utilisation, inhalateur en main, avec leur médecin traitant, pneumologue, pharmacien ou kinésithérapeute au moins une fois par an ». Dernier constat de l’étude, tout type de dispositif peut entraîner des erreurs. Il n’y a pas de dispositif idéal ; quel que soit l’inhalateur, il est possible de commettre des erreurs graves qui mènent à l’hôpital. Chaque dispositif possède ses avantages et ses inconvénients. Marion Garteiser, journaliste santé
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J’ai un cancer, mais je travaille
Le cancer a des conséquences considérables dans tous les domaines, y compris professionnels. Or l’activité professionnelle a justement une importance capitale lors de l’épreuve du cancer et surtout de l’après-cancer, pour se reconstruire. Karen, atteinte d’un cancer à l’âge de 27 ans, nous relate son parcours et nous explique comment elle a réussi à surmonter cette double peine. Quelles ont été les conséquences de votre cancer sur votre activité professionnelle ? J’étais en CDI et j’occupais un poste de conseillère vendeuse en téléphonie mobile dans une boutique à Limoges, quand en mai 2009 on m’a diagnostiqué un cancer du col de l’utérus. Dès que j’ai su le nom de la maladie, j’ai téléphoné à mon responsable de boutique pour lui annoncer que je ne viendrais pas ce jour-là, ni les suivants et probablement pour une longue période. J’ai alors enchainé les rendez-vous et les arrêts maladie imposés par mon oncologue le temps de réaliser les examens et de définir le protocole de soins. J’ai ensuite été arrêtée un an, pendant toute la durée du traitement. C’était mon choix, car je voulais guérir, mais aussi parce que je n’avais reçu aucune information de la part de mon employeur sur le fait que j’aurais pu continuer à travailler tout en me faisant soigner. J’étais jeune, je n’avais que 27 ans et je ne savais pas où me renseigner ni quels étaient les dispositifs existants. Au bout d’un moment, je me suis sentie inutile, mise à l’écart, je m’ennuyais. Ma vie sociale se résumait au personnel de santé. Je pense que travailler m’aurait fait psychologiquement beaucoup de bien pendant mes traitements. Peut-on concilier le travail et le cancer ? Étant aujourd’hui bien informée sur les dispositifs mis à disposition des malades, je sais que l’on peut concilier le travail et le cancer. Dans mon cas, on aurait pu tout simplement imaginer un temps partiel thérapeutique avec un emploi du temps adapté à mes traitements et à leurs conséquences. J’aurais pu m’arrêter uniquement pendant les séances de chimiothérapie pour gérer la fatigue intense provoquée par ce type de traitement et ensuite reprendre une vie professionnelle et sociale quand je me sentais bien. En quoi l’activité professionnelle est-elle si importante pendant et après le cancer ? L’une des conséquences de la maladie étant financière, particulièrement dans le commerce où les primes représentent une grande part de rémunération, j’ai décidé au bout d’un an de reprendre mon travail à temps plein. Encore une fois, je ne savais pas à cette époque que l’on pouvait accéder à un temps partiel et j’imaginais qu’en réduisant mes heures de travail mon salaire serait diminué. Je me suis rapidement sentie fatiguée, mais je voulais retrouver ma vie d’avant, gagner de l’argent et avoir une vie sociale. Ça a duré un an, jusqu’à ce que des aléas thérapeutiques se manifestent. Mon emploi nécessitait que je sois debout en permanence, or j’avais très mal à la jambe. C’est ainsi que l’on m’a découvert une ostéonécrose de la tête fémorale, qui a nécessité la pose d’une prothèse de hanche totale. Les suites opératoires et la rééducation m’ont imposé un nouvel arrêt maladie complet d’environ un an, à la suite duquel j’ai été déclarée inapte par la médecine du travail pour poursuivre mon activité professionnelle en boutique. Comme le prévoit la loi, un reclassement professionnel m’a été proposé au sein de mon entreprise, mais le seul poste adapté pour moi, en position assise donc, se trouvait au siège à Paris. Étant donné ma fragilité, je n’ai pas voulu déménager ni quitter ma ville et mon entourage dont j’avais besoin, ce qui a conduit à un licenciement pour inaptitude médicale en 2012. Je devais retrouver rapidement du travail pour gagner de l’argent et élever seule mon fils de 10 ans, mais je savais qu’avec mon niveau d’étude (le Bac), ce ne serait pas facile. Inscrite comme demandeuse d’emploi et reconnue comme travailleur handicapé, j’ai été suivie par Cap Emploi qui m’a conseillé une formation de 3 mois de remise à niveau, puis un BTS Assistante manager en alternance avec les ressources humaines de la SNCF de Limoges. J’ai été très bien accueillie et entourée de personnes bienveillantes et très sensibles à mes difficultés, ce qui m’a considérablement aidée dans cette nouvelle aventure, pas forcément évidente et qui demandait beaucoup d’efforts et d’énergie. Durant cette période, l’entreprise s’est engagée auprès de l’Association Cancer@Work, pionnière dans la mise en place d’actions de sensibilisation, de conférences, tables rondes et ateliers de reconstruction. Je me suis greffée à ce groupe de travail pour témoigner lors d’une conférence, puis pour concrétiser des plans d’actions. C’est là que j’ai rencontré Anne-Sophie Tuszynski, fondatrice de l'Association Cancer@Work, elle même ancienne malade du cancer, qui a créé son propre cabinet de conseils en stratégie business développement responsable, dont la mission est d’intégrer la maladie dans le monde du travail et dont les projets sont portés par des malades ou de proches aidants. Elle m’a confié le lancement d’une Hotline Allo Alex à destination de tous ceux qui sont confrontés au cancer au travail. Malades, aidants ou managers peuvent poser toutes les questions qu’ils souhaitent et je m’efforce d’y répondre. Dotée de mon expérience vécue et désormais bien renseignée sur les dispositifs dont j’ignorais l’existence auparavant, j’aide les salariés et les employeurs. Les interrogations sont toujours légitimes, tant de la part des malades (dois-je informer ma société ? À qui m’adresser ? Puis-je demander un aménagement de poste ? Demander un temps partiel ? Comment trouver une rémunération si je ne peux pas reprendre le travail ?), que des DRH (comment aider sans être trop intrusif ?) ou des salariés (comment accompagner mon collègue ? Comment communiquer avec lui ?). En cas de besoin, je contacte notre équipe d’experts (avocat, DRH, médecin du travail, psychologue) pour pouvoir fournir des informations très précises. Cette Hotline est doublée d’un site internet https://www.alloalex.com qui propose un accompagnement personnalisé des malades à toutes les étapes, depuis l’annonce jusqu’à la fin des traitements et la réintégration dans l’entreprise et qui permet également aux utilisateurs confrontés à la maladie de consigner leur propre chemin, de cheminer, apporter, et noter leurs propres réponses. Si je fais le bilan de ma maladie, il n’en ressort pas que des choses négatives, au contraire, j’ai obtenu mon diplôme de BTS en 2015 et j’ai retrouvé un CDI et une stabilité grâce à la ma rencontre avec Anne-Sophie, en région parisienne (j’étais prête cette fois). La maladie m’a transformée et j’ai envie de rebondir. Après avoir souffert de la maladie et de ses conséquences, j’ai retrouvé des envies, de l’énergie et elle ne m’empêche plus de travailler, je n’ai que 35 ans j’ai encore de longues années de travail devant moi. La maladie a développé chez moi certaines qualités/compétences telles que la prise de recul, l’empathie, la gestion du stress et des priorités. Le cancer a été créateur de valeurs, bénéfiques tant sur le plan personnel que professionnel. J’ai d’autant plus la niaque que la Hotline est un projet qui m’intéressait particulièrement : il me permet d’apporter aux autres malades ce que je n’ai pas eu, de m’engager envers ceux qui se retrouvent dans ma situation. Comment se faire aider ? Je recommande d’être très transparent sur son état de santé : si l’on veut prétendre à un aménagement de poste ou à une autre organisation pour bien s’intégrer dans l’entreprise, il faut développer une relation gagnante pour les deux parties. Bien sûr, la décision d’en parler ou non reste propre à chacun et il n’y a aucune obligation légale d’en parler à son employeur. De toujours beaucoup communiquer : lorsque cela est possible et qu’on le souhaite, il faut être acteur des aménagements et s’impliquer pour s’organiser au mieux avec ses collègues, notamment lorsque l’on est en arrêt maladie (bien définir qui fait quoi, essayer de trouver des solutions ensembles). D’identifier quels sont les contacts au sein de son entreprise, les interlocuteurs privilégiés qui pourraient aider et donner les bonnes informations : le manager, les services RH, le service social, le médecin du travail, les missions handicap? et surtout avec qui on peut se sentir à l’aise. Dans mon cas, c’est ce qui m’a manqué, personne n’est venu vers moi. Mais c’est réellement possible de retravailler avec un handicap ou une maladie et c’est aussi très important pour que la maladie ne devienne pas notre nouveau monde, pour que la vie ne se résume pas à la maladie. Marion Garteiser, journaliste santé
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Reflux gastro-œsophagien : les points sur les « I »
10 % au moins de la population souffre très régulièrement de reflux gastro-?sophagien (RGO). A cause d’un dysfonctionnement de la partie inférieure de l’?sophage, le suc gastrique très acide s’échappe de l’estomac et remonte le conduit ?sophagien. Avec à la clé, brûlures d’estomac (pyrosis), douleurs thoraciques, inflammation des muqueuses (?sophagite) voire cancer de l’?sophage. Le Pr Frank Zerbib, service d’Hépato-gastro-entérologie et oncologie digestive (CHU de Bordeaux) rétablit quelques vérités sur le RGO. RGO, un régime alimentaire strict n’est pas nécessaire Beaucoup d’idées fausses circulent concernant les régimes alimentaires dans le RGO : rôle des agrumes, du vinaigre, du chocolat, du café etc. En réalité, aucun régime alimentaire ne s’est avéré efficace dans le RGO. Aucun aliment particulier n’a pu non plus être incriminé dans la survenue ou l’aggravation de symptômes de RGO. Les seuls conseils nutritionnels utiles relèvent du bon sens : Eviter les repas trop gras et trop abondants. Eviter de se coucher trop précocement après la fin d’un repas, en particulier le soir (laisser un délai d’au moins 2 heures, si possible). Perdre du poids (la prise de poids est un facteur aggravant du reflux). Supprimer les aliments qui ont été identifiés par chaque individu comme pouvant générer des troubles (vin blanc etc.). Cancer de l’?sophage, un risque exagéré Le RGO peut être à l’origine de cancers de l’?sophage (adénocarcinome). Néanmoins, ce risque est extrêmement faible. Il ne survient qu’après de longues années d’un reflux sévère responsable de lésions de la muqueuse de l’?sophage (« muqueuse de Barrett » ou « endobrachyoesophage »), présentes chez 10% des personnes avec RGO. Et même en cas de muqueuse de Barrett, le cancer ne se développe qu’après de nombreuses années. Ces lésions sont repérées lors d’une endoscopie (exploration de l'intérieur de l’organisme en y introduisant un tube souple) et nécessitent la réalisation de prélèvements par biopsies pour confirmation. Ce risque de cancer -même minime- justifie cependant la réalisation d’au moins une fibroscopie dans la vie d’un patient souffrant de reflux, plutôt après l’âge de 50 ans. En l’absence de muqueuse de Barrett, le risque étant nul, il n’est pas nécessaire de multiplier les endoscopies. Si cette muqueuse est présente, un risque -faible- existe. Des endoscopies répétées (tous les 3 à 5 ans selon les cas) sont alors nécessaires pour vérifier l’absence de dysplasie. Une dysplasie n’est pas encore un cancer mais une première étape vers ce qui pourrait le devenir. Utilisés à bon escient, les médicaments IPP sont sûrs Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont des médicaments qui réduisent fortement la production d’acide par l’estomac. Ils ont révolutionné le traitement des maladies liées à cette acidité comme l’ulcère gastroduodénal et le RGO. Ils sont très bien tolérés et utilisés depuis trente ans dans tous les pays du monde. Au cours des dernières années, plusieurs effets secondaires ont été rapportés comme étant possiblement en rapport avec les IPP et leur effet sur la sécrétion acide : ostéoporose, problèmes cardio-vasculaires, insuffisance rénale, carences vitaminiques, risques accrus d’infections gastro-intestinales et pulmonaires. Les données scientifiques sont contradictoires, à l’exception des infections intestinales où le risque est avéré, mais faible. Néanmoins, le bénéfice lié au traitement est très largement supérieur au risque éventuel, non démontré, qu’il pourrait faire courir. La prudence d’utilisation des IPP s’impose chez les personnes fragiles, âgées ou hospitalisées. Mais même dans cette situation, en cas de nécessité (ulcère par exemple), les IPP peuvent être utilisés sans arrière-pensée. Le problème est que beaucoup de patients prennent des IPP sans même savoir pourquoi? Hernie hiatale et RGO ne sont pas synonymes La hernie hiatale est une anomalie anatomique qui correspond au passage d’une partie de la portion haute de l’estomac dans le thorax, réalisant une sorte de « poche » dans laquelle l’acide produit par l’estomac est piégé. Il pourra ainsi remonter plus facilement vers l’?sophage, créant un reflux gastro-?sophagien. On peut avoir une hernie hiatale sans reflux et un reflux sans hernie hiatale. Elle ne représente qu’un facteur aggravant ou favorisant le RGO ; sa présence n’est ni nécessaire ni suffisante pour avoir un reflux. Lorsqu’une fibroscopie est effectuée, la présence d’une hernie hiatale peut être décelée. Mais sa présence varie parfois d’un examen à l’autre, ce qui intrigue beaucoup les patients. C’est normal : la hernie correspond à une mobilité anormale de la jonction entre l’estomac et l’?sophage et elle peut donc être intermittente. Elle est souvent totalement indépendante des symptômes de RGO. Le rôle du RGO est surestimé dans les manifestations ORL ou respiratoires Les symptômes ORL (oto-rhino-laryngologie) sont courants dans la population : raclement de gorge, enrouement, brûlures de gorge, sensation de corps étranger, écoulements postérieurs etc?Ils sont parfois le signe de maladies graves comme des cancers. En l’absence de lésion grave, d’exposition à des toxiques (tabac, alcool), d’infection (sinusite) ou d’allergie respiratoire, le reflux gastro-?sophagien est souvent incriminé. Ce peut être effectivement le cas, principalement en présence de brûlures d’estomac ou d’aigreurs témoignant d’un authentique RGO. Si ces signes sont absents, cette hypothèse est beaucoup plus discutable. Le traitement d’un éventuel RGO par IPP s’avère alors rarement efficace et les explorations plus sophistiquées telles que la pHmétrie (qui mesure les remontées acides à l’aide d’une petite sonde) sont le plus souvent négatives. Le rôle du reflux dans ces symptômes ORL est largement surestimé, avec comme conséquence des traitements prolongés par IPP non justifiés. Reste que l’origine de ces symptômes n’est pas claire. Une hypothèse, non encore démontrée, serait une muqueuse pharyngée trop sensible à certaines particules comme celles retrouvées dans l’air de nos grandes villes. Marion Garteiser, journaliste santé
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Maux de tête rebelles, les bonnes questions à se poser
Lorsque les maux de tête -migraines et céphalées- s’installent, entêtants, et que la prise d’antidouleurs n’y fait plus rien, il est temps d’agir. Comment retrouver une qualité de vie ? Les conseils du Pr Lanteri-Minet, chef de service du Département d’Evaluation et Traitement de la Douleur au CHU de Nice. Est-ce vraiment une simple céphalée ? Parfois, l’on croit traiter une simple céphalée dite « de tension » alors qu’en réalité il s’agit d’une authentique migraine. D’où les échecs pour les soulager. Alors que ces dernières sont contrôlées avec des moyens simples comme du paracétamol, de l’aspirine voire des anti-inflammatoires, en revanche la crise migraineuse justifie souvent des traitements spécifiques. Il en existe sept, appelés « triptans ». Si l’un n’est pas efficace, il faut tous les essayer. Les symptômes d’une crise de migraine s’opposent à ceux d’une céphalée de tension : elle est aigüe, pulsatile (pulsations en rythme), touche plus volontiers un seul côté de la tête, son intensité est modérée à sévère, est augmentée par l’effort physique, s’accompagne d’une gêne à la lumière, au bruit, aux odeurs avec des nausées voire des vomissements. Quels sont les facteurs déclenchants ? Tout est dans la régularité ! Toute perturbation dans la vie quotidienne joue sur la survenue des crises de migraine. Chacun devrait identifier ses propres facteurs déclenchants en vue de limiter les crises. Les variations émotionnelles (stress, grande joie), perturbant le rythme de vie vis-à-vis du travail ou de l’activité physique (surmenage, relâchement du week-end) ou le volume de sommeil sont à éviter au maximum. Est-ce le moment d’opter pour un traitement de fond ? Prendre des antalgiques efficaces à chaque crise de migraine est une chose. Mais non seulement le risque d’abus médicamenteux guette dès deux prises par semaine, mais cela peut entretenir la fréquence des crises. Il est temps d’envisager un traitement au long cours appelé « traitement de fond » pour espacer les épisodes migraineux. Là aussi, il faut alors essayer tous les traitements (bêtabloquants, antidépresseurs, antiépileptiques etc.) car ils agissent via des mécanismes différents. Ils sont considérés comme efficaces s’ils réduisent le nombre de crises d’au moins 50%, sans effets indésirables. Pourquoi ne pas tenter des approches alternatives ? Les techniques d’hypnose et de relaxation/sophrologie d’approche dite « ericksonienne » semblent intéressantes contre la migraine et les céphalées de tension, peu importe le degré d’anxiété du patient. Quant à l’acupuncture, elle aurait un effet antimigraineux propre, tel un traitement de fond. En revanche, les études sont négatives pour l’homéopathie et l’ostéopathie crânienne. Et si c’était le ventre. Ou le stress ? Soigner ses troubles digestifs peut améliorer les maux de tête. En effet, les maux de tête en général sont plus fréquents chez les personnes ayant des troubles gastro-intestinaux ou un syndrome de l’intestin irritable. Dans ce dernier cas par exemple, le risque de souffrir de migraines est presque doublé. Quant au stress, il n'est pas la cause directe des maux de tête. Il peut cependant favoriser la survenue de crises chez les migraineux ou ceux qui souffrent de céphalées de tension. Et si c’étaient les yeux ou de l’arthrose cervicale ? Les problèmes oculaires ne provoquent pas de migraine. Néanmoins, ils peuvent entraîner des « céphalées oculaires ». Celles-ci se caractérisent par leur survenue plus fréquente en fin de journée après des efforts de concentration visuelle. L'arthrose cervicale, contrairement aux idées reçues, ne peut être responsable de maux de tête. Ces douleurs au niveau du cou et de la nuque appelées « cervicalgies » n'ont rien à voir avec des céphalées ou les migraines. C’est pourquoi les examens radiologiques du rachis cervical sont inutiles lorsqu'on souffre de maux de tête en particulier lorsqu'il s'agit de migraines. Des solutions prometteuses à court terme La recherche avance. L’espoir pour les migraineux rebelles vient d’une biothérapie attenue pour 2019 comme une révolution : il s’agit du premier traitement de fond « spécifique » c’est à dire qui cible le mécanisme de la crise de migraine. Quatre anticorps anti-CGRP -qui bloquent l’action de la molécule CGRP dans le cerveau, responsable de la crise - sont à l’essai. Une seule injection mensuelle suffirait. Dans la céphalée de tension, la stimulation magnétique transcrânienne est à l’étude pour stimuler des régions du cerveau. Pour sa part, la toxine botulique A (Botox ®), assez efficace dans la migraine chronique, n’a toujours pas le feu vert des autorités sanitaires françaises. Attention ! De nombreuses tentatives de microchirurgie (incisions de certains muscles entre les sourcils, infiltrations de substances diverses) sont vantées un peu partout. Elles sont au mieux inutiles, au pire dangereuses. Hélène Joubert, journaliste scientifique
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Maladie de Parkinson : 25 000 nouveaux cas par an !
D’après une enquête réalisée par Esante.fr et Medisite pour l'association France Parkinson la maladie de Parkinson reste méconnue en France : 87% des Français ne savent pas que cette maladie concerne 200 000 personnes et touche 25 000 nouvelles chaque année. Maladie de Parkinson, il n’y a pas que les tremblements Vous savez certainement, comme 98% des Français, que les tremblements font partie des symptômes caractéristiques de la maladie de Parkinson. Mais connaissez-vous les autres symptômes ? A l'occasion de la Journée mondiale de Parkinson, le 11 avril 2017, les sites Medisite et Esanté.fr ont réalisé une grande enquête* pour l'association France Parkinson qui a permis de mettre en lumière la méconnaissance quasi totale des Français sur cette maladie. A la question : "Que provoque la maladie de Parkinson ?", moins d'un répondant sur deux cite les troubles du sommeil , moins de un sur trois les troubles de la vue et moins de deux sur dix les troubles de l'odorat . Ces derniers concernent cependant 80% des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Le diagnostic de la Maladie de Parkinson Parmi les autres méconnaissances soulignées par l'enquête : 35% des Français estiment que la maladie touche surtout des personnes (très) âgées alors que le diagnostic est posé en moyenne à 58 ans. 51% des Français pensent que les malades sont mieux intégrés à la société qu'il y a 30 ans ce qui va à l'encontre des remontées perçues par France Parkinson. "Les signes que nous recevons montrent que le sentiment d’isolement, de stigmatisation va croissant. C’est maintenant qu’il faut inverser les choses et c’est pourquoi nous interpellons chaque personne pour l’inciter à changer de regard sur la maladie mais d’abord et avant tout sur les personnes touchées " a commenté Florence Delamoye, directrice générale de France Parkinson. Pour Didier Robiliard, Président de l'association, "il faut aujourd’hui lutter contre les préjugés et la stigmatisation dont souffrent les personnes touchées par la maladie et ce notamment dans le monde du travail." Rédaction E-sante.fr
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Certains cancers sont plus fréquents dans les populations défavorisées
Le milieu socio-économique auquel on appartient influe sur le risque de cancer. Par exemple, les personnes défavorisées sont plus exposées aux cancers du poumon tandis que les celles issues d’un milieu favorisé sont davantage touchées par le mélanome ou le cancer du sein pour les femmes. La lutte contre les inégalités sociales permettrait de prévenir des milliers de cas de cancer. Cancer et statut social, une réalité ! Selon l’étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 7 février 2017, « la France fait partie des pays au monde ayant les meilleurs indicateurs globaux de santé, mais elle présente aussi un gradient social de mortalité prématurée parmi les plus marqués en Europe ». Et « le cancer est l’une des pathologies qui contribue le plus à ce gradient ». L’objectif de ce travail était de qualifier et de quantifier l’influence de l’environnement socioéconomique sur l’incidence de 15 types de cancer. On constate ainsi que les cancers de l’estomac, du foie, des lèvres-bouche-pharynx et du poumon dans les deux sexes sont plus fréquents dans les populations défavorisées. Il en est de même des cancers du larynx, de l’?sophage, du pancréas et de la vessie chez l’homme et du cancer du col de l’utérus chez la femme. Inversement, les populations favorisées sont davantage touchées par le mélanome dans les deux sexes, les cancers de la prostate et du testicule chez l’homme et les cancers de l’ovaire et du sein chez la femme. Lutter contre les inégalités et réduire les cas de cancer L’étude conclut que « près de 15 000 cas de cancers pourraient être évités en France chaque année par l’amélioration des conditions de vie et la promotion de la santé des populations les plus défavorisées. » La lutte contre les inégalités sociales de santé reste une priorité des organisations internationales en santé. Isabelle Eustache, journaliste santé
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Bien suivre son traitement grâce aux objets connectés
Quand on doit prendre un ou plusieurs médicaments tous les jours au long court, il n’est pas toujours facile d’y penser, voire parfois de se rappeler si on les a pris ou pas. C’est pour cela que de nouveaux outils « connectés » voient le jour pour aider les patients à améliorer l’observance de leur traitement. Bien suivre son traitement, c’est essentiel ! On parle souvent de la bonne observance d’un traitement pour dire qu’un patient suit à la lettre la prescription de son médecin en prenant ses médicaments comme il le faut. Quand on souffre d’une maladie chronique, l’observance thérapeutique doit être accrue, tout comme le suivi médical ou les règles hygiéno-diététiques. Selon le LEEM (Les Entreprises du Médicament), un patient sur deux atteint d’une pathologie chronique (diabète, hypertension, épilepsie, asthme, maladies psychiatriques…) oublie de prendre ses médicaments. Les conséquences de la mauvaise observance peuvent être très graves, allant jusqu’à l’hospitalisation ou le décès. Un des facteurs primordial d’une bonne observance est la compréhension par le patient de sa pathologie et de son traitement. Les professionnels de santé sont donc en première ligne et peuvent également impliquer la famille et l’entourage du patient pour plus d’impact. Mais une fois à la maison, le patient a parfois besoin d’une aide quotidienne pour se discipliner ! Pour penser à prendre ses médicaments : les applications de rappel de prises Depuis quelques années, les laboratoires pharmaceutiques et les entreprises de conception de solutions mobiles ont développé des applications pour Smartphones spécialisées dans le rappel des médications. Voici les plus utiles : Pour les parents de familles nombreuses : Médi’Rappel Cette appli permet de créer plusieurs profils : le vôtre, celui de votre mari et de vos enfants ; puis d’ajouter des médicaments en précisant pour chacun la posologie, la durée et les horaires de prise, et de recevoir une alerte au moment de la prise, pour savoir quel médicament doit être pris par quel personne de la famille. Vous pourrez également constituer un annuaire de vos contacts médicaux (médecin traitant, pédiatre, urgences…) et anticiper vos déplacements ou ceux de vos proches : vous renseignez le nombre de jours du séjour et l’application génère automatiquement la liste de médicaments et le nombre de boites à emporter. Pour une co-surveillance de la prise du traitement avec un soignant ou un proche : Medisafe Avec Medisafe, vous enregistrez en quelques étapes simples vos médicaments et organisez des rappels de prise. Vous pouvez ajouter une personne qui vous aide à gérer vos traitements et l’application génère des rapports de prise que vous pouvez envoyer à un médecin ou une infirmière. De plus, vous aurez un suivi constant de votre état de santé, grâce à l’enregistrement de vos mesures comme la tension artérielle, le poids, la glycémie... L’appli la plus complète, accessible aussi aux personnes âgées qui ne possèdent pas de Smartphones : Medissimo Sur Medissimo, on peut enregistrer son ou ses médicament(s) en scannant les boîtes. Une fois que la prescription a été renseignée, l’application met à disposition de l’utilisateur des fonctionnalités permettant de : Recevoir des notifications de rappel lorsqu’il est l’heure de prendre votre traitement, sur votre téléphone ou par email ; Visualiser l’observance de votre plan de prise ; Notifier des éventuels effets indésirables en précisant la nature, la date, la durée et la sévérité ; Gérer vos rendez-vous avec des professionnels de santé ; Partager l’ensemble des éléments avec vos proches et surtout avec les professionnels de santé en charge de votre suivi (infirmière, pharmacien, médecin traitant). Afin d’assurer à distance le suivi médicamenteux des personnes âgées en perte d’autonomie et qui ne possède pas de Smartphone, une fonctionnalité « aidants » a été créée dans cette application : l’aidant est alerté par des rappels et des notifications de la prise de médicaments et peut intervenir en cas d’oubli. Les aidants peuvent aussi gérer, pour la personne aidée, l’ensemble des fonctionnalités et par exemple envoyer eux-mêmes des rapports de suivi aux professionnels de santé. Pour les adeptes de l’homéopathie : OmeoMémo Une fois l’application téléchargée, vous saisissez le nom et la posologie des médicaments prescrits par votre médecin, ou conseillés par votre pharmacien. Grâce à un mode de saisie semi-automatique, on enregistre facilement le nom des médicaments homéopathiques, dont l’orthographe est parfois difficile à retenir… Ensuite, un planning personnalisé est créé et un système d’alarme automatique vous permet de choisir à quelle fréquence vous souhaitez être averti(e) de la prise de vos médicaments. Pour les diabétiques : DiabetoPartner Dans l’appli DiabetoPartner, vous pourrez retrouver des informations pratiques sur votre diabète au quotidien, un carnet de suivi pour mieux le gérer, des rappels de prise de médicaments et de rendez-vous médicaux, le suivi de vos résultats d’analyse ou de glycémie et des conseils autour de l’alimentation et de l’activité physique. Vous pouvez également scanner, sauvegarder et envoyer vos ordonnances à votre pharmacien. Les boites de médicaments connectées, pour ne pas oublier son traitement iRemember iRemember est une boite de médicaments connectée qui suit votre prise de médicaments ou celle d’un proche. Il faut transvaser son traitement habituel dans ce petit flacon qui, connecté en Bluetooth ainsi qu’en wifi, vous alertera de trois manières différentes afin de vous rappeler de prendre vos médicaments : par un système de LED lumineuse, par un rappel vocal qui permet de localiser la boite facilement ou par des notifications sur le Smartphone grâce à l’application mobile. Il est également possible de prévenir un proche de la famille via des notifications, en cas de prise ou de non prise des médicaments. Autre possibilité intéressante : en cliquant sur le capuchon, il est possible de connaitre la dernière fois que la boite de médicaments a été ouverte. Pill’Up Pill'up est un objet connecté composé d'un bouton « intelligent » à fixer sur l’emballage des médicaments (boite en carton, flacon, tube, inhalateur,...). Au moment de la prise de chaque médicament, le bouton Pill'up s'allume pour vous aider à identifier le médicament que vous devez prendre. Une simple pression sur le bouton vous permet d'enregistrer l'heure et l'identité du médicament que vous venez de prendre. Les piluliers connectés : solution clé en main pour le bon suivi de son traitement Les piluliers connectés sont très plébiscités sur le marché des nouveaux objets high tech du domaine de la santé. Le principe de base est le même qu’un pilulier standard que le patient, un membre de la famille, une infirmière ou le pharmacien peut remplir à l’avance pour la semaine. Mais avec ces piluliers « intelligents », la case qui contient les médicaments s’éclaire et sonne à l’heure précise de la prise. Le pilulier enregistre alors des informations permettant de surveiller le respect des dosages prescrits et peut les transmettre à l’entourage et aux professionnels de santé concernés et les alerter en cas de besoin. Un robot pour gérer les traitements de toute la famille Un robot appelé Pillo, dont la sortie est prévue pour la fin de l’année 2017, gère la santé de tous les membres d’une famille de A à Z. Il permet d’assurer la distribution des médicaments de plusieurs personnes, et peut stocker un traitement pour deux et quatre semaines (250 comprimés). Ce condensé de technologies comporte un écran tactile, plusieurs microphones, un haut-parleur, ainsi qu’une caméra. Grâce à des systèmes de reconnaissance faciale et vocale, cet assistant de santé parvient à distinguer chaque individu et est capable de distribuer le médicament approprié en fonction du profil reconnu. Afin d’éviter un oubli, le robot émet des rappels via les Smartphones des utilisateurs et il est en mesure de contacter une tierce personne lorsque l’un d’entre eux a omis de prendre son traitement. Pillo sera également en mesure de répondre aux questions des utilisateurs dans le domaine de la santé et de la nutrition et il pourra connecter l’utilisateur à son médecin.
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Diabète de type 2 : le tabagisme mis en cause
La Journée mondiale du diabète et le "Moi (s) sans Tabac" tombent tous les deux en novembre. Quel rapport ? On le sait trop peu mais le tabagisme est un facteur de risque de diabète de type 2 : le risque d’un fumeur de développer un diabète de type 2 est augmenté de 30 à 40%. Mais la bonne nouvelle, c’est que tout peut revenir à la normale en écrasant sa dernière cigarette ! Diabète et tabagisme, même combat 60% des fumeurs souhaiteraient arrêter. D’où la campagne de « Santé publique France » (la nouvelle Agence nationale de santé publique) sur sa première opération « Moi(s) sans tabac » en ce mois de novembre.Avec 78 000 décès chaque année le tabagisme est la première cause de mortalité évitable en France. Un lourd bilan qui exclut pourtant les très nombreuses pathologies lourdes qu’il favorise. Cancer, maladies cardiovasculaires, ostéoporose… mais il en est un qui passe inaperçu : le risque de diabète de type 2. Or le risque de développer un diabète pour un fumeur est augmenté de 37% par rapport à un non-fumeur*, en fonction du nombre de cigarettes quotidiennes. En résumé, plus on fume, plus le risque de diabète s’élève.Dr Ivan Berlin, pharmacologue (CHU Pitié-Salpêtrière, Université Paris 6 INSERM U1178) et ancien président de la Société française de tabacologie : « Le tabagisme augmente le risque de survenue de syndrome métabolique et de diabète de type 2 et va de pair avec une accumulation de graisse abdominale et une résistance à l’insuline. La survenue de cas de diabète est plus que doublée chez les fumeurs, comparé aux non-fumeurs ». Diabète et tabagisme, la double peine Laisser tomber la cigarette ? Le jeu en vaut la chandelle. La liste des risques encourus par le diabétique fumeur est particulièrement longue avec, et tout d’abord, une surmortalité considérable : + 58% de mortalité toutes causes, + 48% de risque de maladie des artères du cœurs (coronaires) et + 44% de risque d’accident vasculaire cérébral.La proportion de personnes avec un diabète mal équilibré (taux sanguin HbA1c reflétant le taux de glucose dans le sang des trois derniers mois : > 6,5%) est aussi plus importante. Idem pour la "microalbuminurie" (témoignant d’une anomalie de la fonction rénale), qui est plus élevée parmi les diabétiques fumeurs (de type 1 ou de type 2) que parmi les diabétiques non-fumeurs. De plus, le tabagisme peut augmenter le risque d’hypoglycémies sévères et d’humeur dépressive.Dr Berlin : « Il y a autant de fumeurs parmi les diabétiques que chez les non diabétiques. Les uns comme les autres redoutent de prendre du poids lors du sevrage, même si cette crainte chez les diabétiques est probablement plus forte ». Eviter le diabète de type 2, première des motivations au sevrage tabagique ? Tout peut revenir à la normale après l’arrêt de la consommation tabagique. Cela devrait motiver pour le sevrage tabagique ! En effet, les ex-fumeurs ont un risque de diabète qui ne diffère pas de celui des non-fumeurs.Le tabagisme est un risque cardiovasculaire qui se surajoute au risque cardiovasculaire déjà plus élevé des diabétiques. A l’arrêt du tabac, ce sur-risque se normalise, mais le diabétique qui s’arrête de fumer conserve toutefois son risque cardiovasculaire dû au diabète.Dr Ivan Berlin : « Les diabétiques fumeurs sont probablement conscients du risque cardiovasculaire surajouté mais considèrent que le bénéfice individuel de fumer l’emporte sur le risque ». Le sevrage tabagique, c’est tout bénéfice en dépit d’une prise de poids En pratique, comment aborder l’arrêt du tabac chez une personne diabétique ?Déjà, chez tous les fumeurs, le professionnel de santé devrait avoir le réflexe de dépister une intolérance au glucose (taux de glycémie, taux d’HbA1c), un syndrome métabolique et un diabète de type 2. Les médecins n’y pensent pas car même chez les diabétiques, le fait de fumer limite la prise pondérale.Calcul de l’indice de masse corporelle, mesure du périmètre abdominal, de la pression artérielle, du HDL-cholestérol (ce "bon cholestérol" est d’ailleurs particulièrement bas chez les fumeurs), … L’évaluation de tous ces paramètres devraient être systématique. Avant et lors du suivi du sevrage.Dr Ivan Berlin : « La prise de poids est en moyenne de 4-5 kg pendant l’année suivant le sevrage tabagique. Elle ne compromet absolument pas l’énorme bénéfice de l’arrêt du tabac. Et ce risque de prise de poids s’atténue voire disparait après plusieurs années d’abstinence. Attention, au sevrage environ 16 % des ex-fumeurs perdent du poids ; cela peut être sans signification clinique mais il faut tout de même penser à rechercher une maladie associée pouvant expliquer cette perte de poids ». Un sevrage tabagique adapté aux diabétiques ? Concernant le sevrage tabagique, la littérature scientifique est étonnement pauvre chez les diabétiques, alors qu’au contraire, il a été étudié dans les maladies mentales, certaines maladies respiratoires etc. Il n’existe donc pas de recommandation spécifique d’arrêt ni de méthode validée dans cette population de diabétiques de type 2. Une publication scientifique de 2014 regroupant des études majeures (éducation et moyens pharmacologiques) n’a pu en tirer aucune conclusion quant à la démarche optimale à suivre chez une personne à la fois fumeuse et diabétique.De ce fait, les agonistes nicotiniques (c’est-à-dire ceux qui miment le mécanisme d’action de la nicotine comme les traitements de substitution nicotiniques et la varénicline) mais aussi le bupropion ont les mêmes règles de prescription, que le fumeur soit diabétique ou non.Les traitements actuels pharmacologiques réduisent la prise de poids à l’arrêt tabagique, et, sur ce point précis, l’effet du bupropion est plus important. Les spécialistes se gardent toutefois de privilégier l’un ou l’autre chez le diabétique car aucune étude comparative au sein de cette population spécifique n’a été menée, sur les paramètres pondéraux et métaboliques. Source : D’après un entretien avec le Dr Ivan Berlin, Service de Pharmacologie, CHU Pitié-Salpêtrière, Université Paris 6 - INSERM U1178 et ancien président de la Société française de tabacologie*Surgeon General Report 2014 Nagrebetsky A et al. BMJ open 2014 ; 4 :e004107http://www.santepubliquefrance.fr/Actualites/Lancement-de-l-operation-Moi-s-sans-tabac-une-nouvelle-strategie-pour-Sante-publique-France
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Don de sang de cordon : à quoi ça sert ?
Bébé est bientôt là ? Votre gynécologue vous a peut-être déjà proposé de faire don du sang de cordon de votre bambin après la naissance. À quoi cela sert-il ? Le don de sang de cordon est-il dangereux ou douloureux ? Pouvez-vous refuser ?Quelques éléments de réponse pour prendre votre décision en toute quiétude.
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10 conseils pour une belle peau en hiver
Notre peau réagit aux conditions climatiques et notre visage est le premier exposé, tout comme nos mains. Attention à la déshydratation : le froid contracte les vaisseaux et perturbe la circulation sanguine. Résultat, la production de sébum diminue et la peau se déshydrate plus rapidement. Voici 10 conseils pour une belle peau en hiver. 1) Lutter contre la déshydratation Le vent, le froid, la pluie, la neige contribuent à la déshydratation de la peau, que renforce encore l'air sec provoqué par le chauffage des appartements, des bureaux, des voitures, des transports en commun et des magasins. Il faut donc hydrater son visage matin et soir (doublez la dose de crème le soir) ! Ne pas hésiter à recourir à une crème plus riche et plus hydratante que d'habitude. 2) Au sortir de la douche, appliquez un lait hydratant corporelLes frottements avec les vêtements contribuent aussi à assécher la peau du corps. Prenez le temps d'appliquer une crème ou un lait hydrant corporel lorsque vous sortez de la douche. Un bain aux huiles essentielles est également recommandé pour nourrir et assouplir votre peau. 3) Massez à l'huile végétale les zones sensibles ou abîmées Les zones fragilisées, rugueuses ou sèches méritent l'application en massage léger de quelques gouttes d'une huile végétale, comme l'huile d'amande douce par exemple. Ainsi nourrie, la peau s'assouplit. Profitez-en pour en appliquer sur le contour des yeux et sur vos lèvres. 4) Une crème spécial mains sèches s'imposeLes mains sont particulièrement sensibles aux gerçures et le lavage fréquent des mains n'arrange rien. Première consigne, changez de savon : au lieu d'un savon antibactérien, utilisez un savon hydratant (glycérine, beurre de karité...). Ensuite, appliquez régulièrement et généreusement une crème pour les mains sèches. Enfin, portez des gants en cuir, qui retiennent un peu l'humidité contrairement aux gants en laine. 5) Une crème anti-UV, même l'hiver Dès qu'il y a du soleil, n'hésitez pas à appliquer une crème anti-UV, même en hiver. Idéalement, choisissez une crème de jour hydratante offrant en plus cette protection. 6) Exfoliez mais avec modérationUne peau déjà fragilisée ne doit pas être agressée par des exfoliations trop régulières. Elles sont toutefois nécessaires afin de débarrasser la peau des cellules mortes et ainsi faciliter l'absorption des crèmes hydratantes. 7) N'oubliez pas votre décolleté Cette zone fragile est souvent exposée, même en hiver. Systématiquement, lorsque vous appliquez une crème sur votre visage, étendez l'application à votre cou et votre décolleté. 8) Enfin, protégez vos lèvresAyez toujours en poche un baume à lèvres nourrissant et appliquez-en aussi souvent que nécessaire pour éviter les lèvres qui picotent, sèchent et se gercent. 9) Douche ou bain, pas trop chaud !Attention, sous la douche ou dans votre bain, n'utilisez pas une eau trop chaude, celle-ci étant moins hydratante pour la peau. Et au sortir, séchez-vous soigneusement partout (sans frotter, mais en vous taponnant avec la serviette). Le fait de garder une peau mouillée contribue à son dessèchement. Pour le bain, attention aussi aux produits à utiliser, qui peuvent contribuer à assécher la peau. Privilégiez les produits à base d'huile. D'ailleurs, en hiver, mieux vaut privilégier les douches au détriment des bains. 10) Humidifiez votre intérieurUn taux de 30° d'humidité est conseillé. Utilisez un humidificateur ou posez directement sur les radiateurs un récipient d'eau. Enfin, votre alimentation contribue aussi à la santé de votre peau. Mangez beaucoup de fruits et de légumes pour profiter de leurs vitamines antioxydantes qui aident à prévenir le vieillissement cutané. Isabelle Eustache
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Ne maigrissez pas n'importe comment
Les beaux jours arrivent (enfin !), vous faites des plans pour vos vacances, les magazines féminins titrent tous sur " Maigrir ", votre balance vous dit des choses très antipathiques, la glace vous renvoie une image pas vraiment cool, peau blanche et bourrelets... Bref, l'envie vous taraude de maigrir vite, tout de suite et d'avaler pour cela n'importe quel produit amaigrissant que vous allez facilement trouver sur Internet. Attention, danger et parfois mortel ! Troubles cardiaques, insuffisance rénale ? En vente libre sur Internet ! Tous les produits à visée amaigrissante sont interdits en France et dans de nombreux pays à cause de leur dangerosité. Mais ils sont en vente libre sur Internet, annonçant clairement leur pouvoir amaigrissant.A vous de choisir le risque que vous courez en avalant un de ces produits ! Les coupe-faim à base d'amphétamines sont à l'origine d'hypertension artérielle pulmonaire, de troubles cardiovasculaires. L'éphédrine, substance dopante et coupe-faim, entraîne de graves troubles cardiaques dont certains peuvent être mortels. Mais elle est le principe actif de l'herbe chinoise Ma Huang souvent utilisée pour maigrir. On la trouve aussi dans Therma Power et Grenade Fat Burner. D'autres plantes chinoises soi-disant amaigrissantes, de la famille des aristoloches, suscitent une insuffisance rénale. Enfin, il existe aussi une foule de pilules pour maigrir fabriquées illégalement aux États-Unis, dangereuses pour la santé et vendues sur Internet. La FDA (Food and Drug Administration) les a recensées et vous en trouverez là la liste :www.fda.gov Médicaments détournés pour maigrir Les diurétiques utilisés dans l'hypertension, l'insuffisance cardiaque, certains oedèmes font perdre de l'eau, pas de la graisse : ils ne font pas maigrir mais déséquilibrent l'organisme, perturbant le rythme cardiaque et déréglant le fonctionnement des reins. Les hormones thyroïdiennes sont un des activateurs du métabolisme. Elles sont prescrites en quantités très précises et sous une étroite surveillance lors d'une insuffisance du fonctionnement de la glande thyroïde qui fait souvent grossir. Inconsidérément absorbées pour maigrir, elles suscitent de gros troubles cardiaques. Quant aux extraits thyroïdiens (interdits en France mais en vente sur Internet), ils ont les mêmes effets amaigrissants qui peuvent tout simplement mener à un arrêt cardiaque ! Médicaments amaigrissants retirés du marché Chaque fois qu'un médicament destiné à faire maigrir les obèses est mis sur le marché, il en est retiré au bout de quelques années pour cause d'effets secondaires catastrophiques. Mais, hélas, on les retrouve sur Internet. Ce fut le cas de l'Isoméride (dexfenfluramine) pour cause d'hypertension pulmonaire, du Ponderal (fenfluramine) et du Sibutral (sibutramine) à l'origine de troubles cardiovasculaires, et tout récemment de l'Acomplia (rimonabant) qui engendre des dépressions. A ceux-ci, on peut ajouter l'orlistat, molécule de base d'Alli et de Xenical qui sont toujours sur le marché de l'amincissement et empêchent l'absorption intestinale des graisses mais dont les effets secondaires (diarrhées, fuites fécales, diminution de l'absorption des vitamines A, D, E et K) ne sont pas anodins. Comment maigrir intelligemment et sans danger Vous devez avant tout manger lentement en prêtant attention à ce qui est dans votre assiette de facon à arriver à la satiété (ce qui ne se produit pas quand on avale à toute allure !). Adoptez une alimentation légèrement restrictive, pauvre en corps gras, sans sucre pur mais suffisamment riche en glucides lents. Buvez de l'eau et rien que de l'eau ! Une pomme dans la matinée ou juste avant de se mettre à table, c'est un excellent coupe-faim et de plus bénéfique pour votre santé. Ainsi vous ne mangerez plus au-dessus de vos besoins, vous n'aurez pas besoin de grignoter et vous allez maigrir sans douleur et surtout sans risques. Avec un petit coup d'autobronzant pour retrouver une jolie couleur bonne pour le moral, c'est gagné ! Paule Neyrat, Diététicienne
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Mesdames, une nouvelle méthode pour évaluer votre risque cardiovasculaire
Vous aimeriez savoir rapidement où vous vous situez sur l'échelle des risques cardiovasculaires ? C'est possible en seulement quelques questions, grâce à une nouvelle méthode simple à utiliser. Une évaluation de la santé du coeur par les médecins Depuis 1948, les médecins du monde entier utilisent la même échelle, appelée Framingham, pour mesurer les risques cardiovasculaires. Cette échelle est fondée sur une étude qui détermine, selon sept facteurs d'importance variable, la probabilité de souffrir dans les dix années qui viennent d'une maladie cardiaque, comme un infarctus du myocarde. C'est sur la base de cette étude que votre médecin évalue votre risque. Depuis quelques mois, il existe cependant une échelle plus simple à utiliser pour se faire une idée. La nouvelle méthode pour mesurer le risque cardiovasculaire chez les femmes C'est la ligue cardiologique américaine (AHA) qui a mis au point, en 2007, cette nouvelle façon d'évaluer le risque cardiaque des femmes et de leurs artères. Elle permet de se placer dans une catégorie: à haut risque, à risque et à faible risque ou risque optimal. Les critères sont à peu près les mêmes dans les deux études, certains inévitables (hérédité, diabète, maladie rénale...), d'autres liés au mode de vie (tabagisme, obésité, sédentarité...). Cette nouvelle méthode d'évaluation des risques ne remplace pas l'ancienne. Elle est moins pointue, mais sa simplicité en fait un outil précieux pour les femmes qui désirent vérifier elles-mêmes si elles présentent des risques cardiaques évidents. Faites vous-même l'auto-évaluation de vos risques cardio-vasculaires Si vous présentez l'un de ces facteurs:- diabète - maladie cardiovasculaire - maladie rénale, chronique ou en phase terminaleVous êtes à haut risque.Si vous présentez plus d'un de ces facteurs de risque:- tabagisme - mauvaise alimentation,- manque d'exercice physique (sédentarité)- obésité, en particulier avec un tour de taille trop élevé- antécédents familiaux de maladies cardiaques précoces - hypertension artérielle - mauvaises performances sportives- excès de cholestérol dans le sangVous êtes à risque.Si vous ne présentez aucun de ces facteurs, vous n'êtes pas à risque. Ne relâchez pas vos efforts! La marche à suivre Si vos réponses vous classent dans les personnes à risque de problèmes cardiaques, consultez votre médecin: il vous fera les examens nécessaires et définira votre traitement. Souvenez-vous aussi que certains de ces facteurs sont modifiables, comme cesser de fumer, améliorer votre alimentation, boire modérément et faire de l'exercice. Francine Dekkers, journaliste santé, adapté par Marion Garteiser
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Comment fonctionne un test de grossesse
L'annonce d'une grossesse est un moment très fort dans la vie d'une femme. Souvent le doute est là, chargé d'espoir, mais seul le test de grossesse pourra apporter la confirmation. Comment fonctionne-t-il ? Et surtout, combien de temps faut-il attendre avant de recourir à un test de grossesse ?
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Grossesse : les différentes méthodes pour déclencher une grossesse
Les couples qui n'arrivent pas à mettre en route une grossesse peuvent recourir à la procréation médicalement assistée (PMA) ou assistance médicale à la procréation (AMP). Les spécialistes disposent de différentes techniques pour déclencher une grossesse : insémination artificielle, fécondation in vitro classique ou assistée.
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Dépistage organisé du cancer du sein : arrêter ou continuer ?
Chaque année en France, 12 000 femmes meurent d’un cancer du sein. Un rapport de l’Institut national du cancer (Inca) vient de faire le point sur le dépistage organisé (DO). Il préconise une profonde modification de ce dépistage, voire de l’arrêter purement et simplement, et une meilleure information des femmes. La ministre de la Santé annoncera un plan d’action à la fin de l’année. En attendant, les femmes ne savent plus quoi faire... Le dépistage organisé du cancer du sein remis en cause Depuis que le dépistage organisé du cancer du sein a été généralisé en 2004 en France, à l’attention de chaque femme de 50 à 74 ans, sans facteur de risque particulier, qui est invitée à réaliser une mammographie tous les deux ans. Le principe repose sur une idée simple : plus on dépiste un cancer tôt plus on a de chance de le guérir et moins les traitements sont lourds pour la femme. Pourtant, actuellement, ce dépistage fait débat. « Si certains scientifiques sont persuadés de l’intérêt indéniable du dépistage, d’autres pensent qu’il est plus délétère qu’efficace », peut-on lire dans le rapport de l’Inca qui pointe une « absence de consensus scientifique en ce qui concerne l’évaluation du rapport bénéfices (baisse de la mortalité et du nombre de cancers graves) / risques (sur-diagnostics et sur-traitements) associé au dépistage organisé du cancer du sein ». Dépistage organisé du cancer du sein : et si certaines femmes étaient traitées inutilement ? Le premier pavé dans la marre est une analyse publiée dans The Lancet en 2000 constatant l’inutilité du dépistage en terme de mortalité par cancer du sein. D’autres études suivront qui se contredisent. Certaines comme celles du Centre International Contre le Cancer (Circ) concluent à l’efficacité du dépistage en 2001 et 2015 ; d’autres comme celles de la collaboration Cochrane (institut de chercheurs indépendants), dont les dernières données publiées en 2013 dans le British Medical Journal portent sur sept essais et 600 000 femmes de 39 à 74 ans, notent que pour 2000 femmes invitées à participer à un dépistage au cours d’une période de 10 ans, un décès par cancer du sein sera évité tandis que 10 femmes en bonne santé seront traitées inutilement ! Les résultats stipulent, par ailleurs, que « la mortalité liée à un cancer du sein était comparable dans les deux groupes, même si les cancers détectés dans le groupe “mammographies” étaient en moyenne plus petits », rappelle le rapport de l’Inca Le dépistage doit entraîner une baisse de mortalité Selon les études, la baisse de mortalité dans le cancer du sein grâce au dépistage est évaluée entre 0,05% et 48%. « En tout cas, il semble que la mortalité observée soit moins diminuée qu’attendu dans les années 90, d’où le doute affiché de certains chercheurs et professionnels de santé », reconnaît l’Inca. Et quand la mortalité baisse, est-ce lié au dépistage, ou aux progrès des traitements et des soins ? En 2011, une publication dans le British Medical Journal démontre que la mortalité liée au cancer du sein a chuté de 20 % environ dans tous ces pays entre 1989 et 2006, un taux retrouvé à la fois chez les femmes dépistées et non dépistées. Pour l’auteur, le Dr Philippe Autier, épidémiologiste et directeur de recherche à l’International Prevention Research Institute de Lyon, il n’y a pas vraiment de doute : « Le but du dépistage est de détecter des cancers à un stade précoce afin d’entrainer une réduction de l’incidence des cancers avancés et des décès. C’est ce que l’on observe avec le cancer colorectal et le cancer du col de l’utérus dont la mortalité a diminué dans les pays où le dépistage a été mis en place. S’il n’y a pas de diminution, c’est que le dépistage n’est pas efficace ». L’exemple du neuroblastome, une tumeur rare mais mortelle qui touche les enfants, est significatif : un dépistage des métabolites dans les urines a été mis en place dans trois pays. « On y a beaucoup cru, signale le spécialiste mais, avec le recul, les études ont montré qu’il n’y avait pas de différence de mortalité entre les enfants dépistés et non dépistés. On a donc arrêté le programme de dépistage ». Dépistage organisé : des risques de sur-diagnostics et de sur-traitements Les risques de sur-diagnostics de cancer du sein sont de plus en plus souvent évoqués. On parle de sur-diagnostic quand un diagnostic de cancer du sein est posé alors que la tumeur n’aurait jamais ennuyée la femme de son vivant. En effet, on sait aujourd’hui que l’évolution du cancer du sein n’est pas aussi linéaire que l’on pensait au départ : autrement dit, il y a des petites lésions qui n’évolueront jamais ou tellement lentement que les femmes décèderont d’une autre maladie. Plusieurs études montrent, en effet, que les cancers in situ (petites lésions) ne sont pas devenus invasifs des années plus tard en l’absence de traitement. Le problème, souligne l’Inca, c’est que « nous ne disposons pas actuellement de moyens permettant de distinguer les tumeurs qui évolueront en tumeur infiltrante de celles qui resteront inoffensives ». A défaut, on traite toutes les femmes. Selon le Dr Autier, « quand le dépistage organisé n’existait pas, on avait moins de 1% de cancers in situ, aujourd’hui, on en trouve 10 à 20%, une véritable épidémie ! ». Selon les études, des taux de sur-diagnostics allant jusqu’à 54% sont avancés. Là encore, il n’y a pas de consensus chiffré : l’étude Paci estime que pour un dépistage débutant à 50 ans, deux décès seront évités pour un cas de sur-diagnostic… L’étude Marmot suggère que pour un décès évité, il y aura trois sur-diagnostics. Or, qui dit sur-diagnostic dit sur-traitement, c’est-à-dire tumectomies (ablations de la tumeur) et mastectomies (ablation du sein) non justifiées, sans compter l’angoisse dans laquelle sont plongées les femmes. Une étude sur 16 millions de femmes, publiée dans le JAMA en 2015, suggère que lorsqu’une anomalie est détectée, « une surveillance active peut-être parfois préférable à un traitement immédiat ». C’est la pratique adoptée pour le cancer de la prostate pour lequel aucun dépistage organisé n’a été proposé aux hommes en raison des séquelles engendrées par les traitements. Arrêt du dépistage organisé ou simple toilettage ? Face à l’absence de consensus scientifique sur l’intérêt du dépistage organisé pour le cancer du sein, l’Inca envisage deux scénarios : Soit l’arrêt du programme de dépistage organisé : dans ce cas, la pertinence d’une mammographie devra être discutée entre la femme et son médecin traitant ou son gynécologue qui devront tenir compte des facteurs de risques personnels de la patiente (antécédents familiaux, âge, etc.). Soit le déploiement d’un nouveau dépistage organisé : dans ce cas, l’information donnée aux femmes devra faire état des incertitudes et controverses existantes sur le dépistage « de la manière la plus claire possible » afin qu’elles puissent décider en connaissance de cause de participer au dépistage ou pas. Il y a un an, un collectif de médecins et scientifiques indépendants, estimant que le dépistage systématique doit être réévalué de toute urgence, a créé un site Cancer Rose afin d’aider les femmes à dire oui ou non à la mammographie. « Si les femmes sont convaincues que le dépistage peut leur être utile, il faut qu’elles le fassent mais en étant loyalement et complètement informées. Or, jusqu’à présent le discours est unilatéral, pour ne pas dire culpabilisant vis-à-vis des femmes », souligne le Dr Cécile Bour, radiologue à Metz.
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Ballonnements : trois conseils
"Je me sens ballonnée..." refrain connu! Les ballonnements sont un désagrément fréquent. Le plus souvent, ils apparaissent après le repas, et s'accompagnent de rots ou de flatulences désagréables. La cause: le gaz qui est contenu dans notre tube digestif. Voici quatre conseils pour calmer les ballonnements.
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Bébé se présente par le siège : quelles solutions ?
En fin de grossesse, la plupart des bébés sont positionnés avec la tête vers le bas de l'utérus.Ce n'est toutefois pas toujours le cas et l'enfant se présente alors par le siège.Version par manoeuvre externe, césarienne, accouchement par voie basse, quelles sont les possibilités dans ce cas ?
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Quelles sont les causes de fatigue pendant la grossesse ?
Si vous vous sentez fatiguée pendant votre grossesse, il faut en identifier l’origine. Prenez le temps d’y réfléchir car plusieurs causes de fatigue pendant la grossesse peuvent se combiner. Mais au-delà de ces causes communes, la fatigue pendant la grossesse peut aussi révéler une affection. C’est pourquoi il faut absolument en parler au médecin qui vous suit. La fatigue en début de grossesse, c’est normal, c’est hormonal ! En début de grossesse, il est normal d’être fatiguée et d’avoir envie de dormir, parfois à n’importe quelle heure de la journée. Cet état est lié à la progestérone, hormone indispensable pour soutenir la grossesse, et qui possède un effet sédatif. Bonne nouvelle, cet état de fatigue diminue beaucoup au 2e trimestre. Les troubles du sommeil, très fréquents chez les femmes enceintes Les petits maux de la grossesse, les maux du dos, les mouvements du bébé, les positions difficiles, les questionnements, les impératifs professionnels, sont autant de facteurs susceptibles de troubler votre sommeil. Adoptez des rituels favorables à l’endormissement, couchez-vous plus tôt, améliorez votre confort, et n’hésitez pas à compenser le week-end par exemple. L’activité professionnelle Certaines conditions de travail sont fatigantes physiquement et psychologiquement. Les personnels de service, les employés de commerce, les ouvrières sont particulièrement exposées, mais ce ne sont pas les seules, tous les postes stressants sont aussi fatigants ! Certains postes sont également plus à risques comme le travail sur machine, les tâches répétitives, etc. A cette source de fatigue pendant la grossesse, il faut ajouter les transports, longs et difficiles qui génèrent à la fois fatigue et stress…Il importe donc de réfléchir à l’aménagement des conditions de travail, des horaires et du moyen de transport dès le début de la grossesse. Les angoisses du 3e trimestre de grossesse Plus particulièrement au 3e trimestre de la grossesse, nombre de femmes enceintes sont prises d’angoisses et peuvent faire des cauchemars : comment se déroulera l’accouchement ? Le bébé sera-t-il beau ? Vais-je l’aimer ? Est-ce que je serai une bonne mère ?...Le mieux est de parler de ses angoisses avec les autres pour les désamorcer. Il ne faut pas hésiter à s’en ouvrir au futur papa, à ses amis, ses parents et aussi aux professionnels de santé qui vous suivent. Le dernier mois de grossesse Avec la prise de poids, il est normal de fatiguer en fin de grossesse. Vous vous essoufflez aussi plus facilement, le volume de votre ventre vous empêche de trouver la position idéale pour dormir, sans parler des mouvements du bébé qui vous réveillent ou de votre vessie comprimée qui vous oblige à vous lever régulièrement la nuit…Ménagez-vous, faites de nombreuses pauses, de la relaxation et des siestes autant que vous voulez et où vous voulez ! Faites-vous aider pendant votre grossesse (conjoint, amis, famille, aide-ménagère, achats de courses sur Internet …) car de toute façon votre état ne vous autorise pas à faire les courses, du bricolage ni le ménage en grand.La grossesse impose un travail physiologique supplémentaire. Il faut donc se ménager : se coucher tôt, faire des siestes le week-end, se relaxer, répartir les taches familiales, aménager son poste et son temps de travail, s’octroyer des moments à soi…Bien entendu, l’alimentation joue un rôle important, certaines carences pouvant se traduire par de la fatigue. Une alimentation saine et équilibrée est essentielle. Quant à l’activité physique régulière et adaptée à son état, elle éloigne très efficacement la fatigue pendant la grossesse. Enfin, au moindre doute, il faut en parler avec son médecin. Isabelle Eustache
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Allaiter, un plaisir quotidien
Notre mode de vie moderne laisse peu de place à l’allaitement maternel. Pour une femme, le choix de l’allaitement est ainsi souvent une entreprise difficile. Encore faut-il être soit motivée, sinon soutenue et informée, au risque d’abandonner rapidement. Pour ne pas en arriver là et oser vivre l’aventure de l’allaitement, soyez à l’affût des conseils pratiques. En voici déjà une douzaine… 1- L’allaitement est très pratique : pas besoin de biberon à laver et à stériliser, pas de lait en poudre à acheter, à doser et mélanger, pas besoin de chauffer ! Le lait maternel est toujours disponible et à température idéale. 2 - Le lait prend le goût de ce que vous mangez. Ce n’est pas une raison pour vous priver, au contraire, vous développez le goût de votre bébé. 3 - Vous devez continuer à respecter une bonne hygiène de vie, notamment alimentaire. Tout ce que vous absorbez est censé passer dans votre lait : donc pas de tabac, d’alcool et très peu de café ! 4 - Pas de médicaments sans l’avis du médecin car ils passent aussi en petite quantité dans le lait. Et si vous avez l’autorisation du médecin, prenez votre médicament après une tétée afin de l’avoir éliminé pour la tétée suivante. 5 - Faites le plein d’oméga-3 en mangeant du poisson 2 fois par semaine et en privilégiant les petits poissons (bonite, maquereau, sardines, anchois, truite) car ils contiennent moins de mercure que les gros prédateurs. Ces acides gras polyinsaturés entrent dans la composition de la membrane des neurones et contribuent au développement du cerveau. 6 - La première mise au sein doit être immédiate et doit donc avoir lieu dans la salle d’accouchement, dans l’heure qui suit la naissance. C’est primordial pour la réussite de l’allaitement. Informez au préalable les sages-femmes de votre décision d’allaiter. 7 - 2 à 4 jours après l’accouchement, il est normal de ressentir une douleur lors de la montée de lait, il ne s’agit pas d’un engorgement. Cette phase fait suite à la sécrétion du colostrum et annonce la mise en place du lait proprement dit. 8 - Les tétées seront rythmées par la faim du bébé et les consignes ont changé : on ne réveille plus un bébé qui dort pour le mettre au sein s’il ne réclame pas. De même, on ne lui refuse pas une tétée, même si la précédente n’est terminée que depuis une heure. Un bébé tète pour se nourrir, mais aussi pour se rassurer et se calmer. 9 - Quand mettre en route l’allaitement mixte ? 4 à 6 semaines après la naissance, mais pas avant, au risque de compromettre l’allaitement au sein. 10 - En l’absence d’un congé pour allaitement, les salariées disposent d’une heure par jour de travail pour allaiter durant un an après la naissance. En votre absence, faites donner à votre bébé votre propre lait recueilli à l’aide d’un tire-lait et conservé au réfrigérateur ou au congélateur. 11 - Crevasses, engorgements et douleurs du mamelon sont des aléas éventuels de l’allaitement. Sachez qu’il existe des solutions et autres astuces pour y remédier et pour prévenir de tels soucis. Il faudra vous renseigner et demander conseil. 12 - Justement, avant même l’accouchement et durant tout l’allaitement, n’hésitez pas à poser vos questions et à exposer vos problèmes auprès des animatrices de La Leche League (www.lllfrance.org), spécialement formées pour aider les femmes à réussir leur allaitement. Bref rappel des avantages de l’allaitement maternel : Le lait maternel est parfaitement adapté aux besoins du bébé. Le colostrum des premiers jours est riche et facile à digérer, puis le lait apparaît quand l’appétit du bébé se développe. Le colostrum apporte en plus des anticorps au bébé lui permettant de se défendre contre les infections. L’allaitement diminue le risque d’allergie alimentaire. Pour la mère, allaiter diminue les risques de cancer du sein et favorise la perte de poids après l’accouchement, etc. Enfin, allaiter renforce le lien maternel... Isabelle Eustache
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La canneberge contre les cystites : oui, mais…
L'efficacité de la canneberge contre les infections urinaires, ou cystites, n'a pas encore été démontrée scientifiquement au-delà de tout doute, mais les médecins sont enthousiastes. A un détail près : toutes les manières de consommer de la canneberge ne sont pas égales… Comment la canneberge lutte-t-elle contre les infections urinaires ? Selon les études qui ont été faites jusqu'à présent, l'effet de la canneberge est tout simplement mécanique. Ce petit fruit – et même une espèce de ce fruit, vaccinium macrocarpon – contient des antioxydants particuliers, appelés proanthocyanidines. Ces éléments vont venir se coller aux bactéries les plus souvent en cause dans les infections bactériennes, les escherichia coli. Ces bactéries se servent en général de filaments pour s'accrocher au tissu qui recouvre notre vessie, ce qui leur permet de déclencher l'infection. Les proanthocyanidines (PAC) empêchent ces tentacules de fonctionner, et nous protègent ainsi de l'infection urinaire. Canneberge ou médicaments ? Dans la mesure où l'on manque de preuves scientifiques inébranlables sur l'efficacité des canneberges contre les infections urinaires, pourquoi les médecins sont-ils prêts à les recommander ? Essentiellement, pour une question de tolérance. En effet, les solutions prouvées que nous avons contre les infections urinaires sont des antibiotiques. Or ceux-ci entraînent, comme chacun sait, des résistances : les bactéries apprennent, au fil des générations, à s'en protéger. Et tout autour du monde, les bactéries qui sont sensibles aux antibiotiques sont en voie de disparition… Pour les médecins, l'espoir de pouvoir utiliser les canneberges, dont l'effet n'est pas susceptible d'entraîner une résistance, est donc très encourageant. Toutes les formes de canneberges ne sont pas égales contre les infections urinaires… Si les canneberges sont conseillées par de nombreux médecins, il reste que tous les compléments alimentaires ne sont pas égaux devant les escherichia coli… En effet, certains compléments alimentaires ne comportent pas assez de proanthocyanidines pour être efficaces… D'autres n'en comportent même pas du tout. Pour rappel, les autorités sanitaires françaises recommandent une dose de 36 mg de proanthocyanidines par jour. Cela correspond à un verre de 300 ml de jus de canneberge. Marion Garteiser,journaliste santé
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Quoi de neuf dans le traitement des fibromes utérins ?
Le traitement non chirurgical des fibromes utérins, opérationnel à Tours depuis juillet 2007, continue à faire preuve de son efficacité. Il s’agit de la thermocoagulation par ultrasons, technique dénommée ExAblate® qui associe l’imagerie IRM et les ultrasons focalisés afin de détruire, depuis l’extérieur, les cellules du fibrome. Explications. Petit rappel sur les fibromes utérins Les fibromes utérins sont des tumeurs bénignes (non cancéreuses), mais fréquentes, qui touchent 20 à 40% des femmes entre 30 et 50 ans. Souvent asymptomatiques, certains fibromes utérins peuvent cependant faire souffrir : douleurs abdominales, saignements abondants en dehors des règles, troubles des règles, troubles urinaires (incontinence ou envies fréquentes d’uriner), troubles digestifs (constipation), etc.Les causes restent mal connues, mais des facteurs de risque ont été identifiés (ethnique, antécédents familiaux, puberté précoce, absence de grossesse…).Côté traitement, on recourt classiquement à des traitements médicaux (hormonaux notamment), à l’embolisation (destruction des artères qui irriguent le fibrome par injection de microbilles) et à la chirurgie (ablation du fibrome ou ablation de l’utérus en cas de fibrome de grande taille). ExAblate® 2000 : une révolution dans le traitement de certains fibromes utérins Depuis quelques années, il existe une alternative non chirurgicale reposant sur les ultrasons focalisés, guidés par IRM (l’imagerie par résonance magnétique) ou thermocoagulation par ultrasons (ExAblate® 2000).Les avantages sont conséquents : pas d’acte chirurgical, pas de cicatrice, pas d’anesthésie, utérus conservé, séjour hospitalier d’environ 24 heures seulement, récupération rapide avec reprise des activités dans les 1 ou 2 jours. ExAblate® 2000 détruit les cellules du fibrome par la chaleur Des faisceaux d’ultrasons de haute intensité sont délivrés à travers la paroi abdominale et dirigés vers un même point sur le fibrome. La concentration localisée des ultrasons provoque un échauffement du tissu, entraînant la destruction des cellules du fibrome. Le traitement est réalisé sous surveillance IRM en temps réel, ce qui permet de bien contrôler la focalisation des ultrasons, les modifications de températures et l’étendue de la zone traitée. L’intervention ne nécessite pas d’anesthésie mais elle se réalise sous analgésiques (médicaments antidouleur).En moyenne, on détruit ainsi 40% du fibrome. Le volume du fibrome va ainsi progressivement diminuer (en plusieurs mois), entraînant de moins en moins de symptômes et améliorant la qualité de vie. Une échographie à 6 mois permet d’évaluer l’efficacité clinique du traitement.Les critères d’inclusion sont rigoureux (taille du fibrome : entre 5 et 10 cm environ, localisation, multipares…). Pour savoir si vous êtes éligible pour ce traitement, qui ne se pratique actuellement qu’au CHRU de Tours, il faut contacter le service du Pr Tranquart et du Pr Marret. À ce jour, cette technique n’est pas recommandée aux femmes qui désirent une future grossesse, les données dans ce cas n’étant pas encore disponibles. Isabelle Eustache
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L'allaitement favorise la perte de poids...
Voici une raison supplémentaire de choisir l'allaitement : nourrir son enfant au sein favorise la perte de poids après l'accouchement. Les bonnes raisons d'allaiter son enfant ne manquent pas Le lait maternel est inimitable pour le bon développement du bébé. Il est riche en anticorps qui protègent du risque infectieux, en protéines pour la croissance, en glucides, en oméga-3 et en minéraux pour le développement du cerveau et du système nerveux. Il favorise le développement intellectuel et réduit le risque d'obésité de l'enfant. Il existe un autre avantage à l'allaitement dont on parle peu, c'est celui de la perte de poids de la mère après la grossesse. Nombre de femmes peinent à retrouver leur poids d'origine après l'accouchement. En effet, se débarrasser des kilos accumulés pendant toute la grossesse n'est pas toujours évident. Choisir l'allaitement peut y contribuer. Il ne faut pas oublier qu'une partie des graisses accumulées naturellement durant la grossesse ont justement pour objectif de servir à la fabrication du lait maternel. Il n'est donc pas étonnant que les femmes qui allaitent retrouvent plus facilement leur poids de forme par rapport aux femmes non allaitantes. Globalement entre 6 mois et un an après le post-partum, les femmes qui allaitent ont perdu plus de poids. Cet avantage de l'allaitement se manifeste à condition de ne pas manger pour deux, sous prétexte de nourrir soi-même son bébé. Comme durant toute la grossesse, lors de l'allaitement, le métabolisme de la mère s'adapte de telle façon que la ration alimentaire suffise à la mère et à l'enfant. Ce n'est donc pas une question de mathématiques : inutile de manger beaucoup plus, mais mieux. Cette plus grande facilité à perdre du poids après une grossesse est encore favorisée si l'on reprend progressivement une activité physique régulière : marche, natation. C'est un aspect à ne surtout pas négliger. Est-il interdit de faire un régime pendant l'allaitement ? Certes, toute restriction calorique draconienne risque d'entraîner une baisse de la lactation et de se répercuter défavorablement sur la durée de l'allaitement et sur la croissance du bébé. En revanche, l'allaitement n'est pas incompatible avec un régime alimentaire sain et équilibré. Ce qu'il faut, c'est qu'il ne soit pas trop restrictif (jamais d'apports inférieurs à 1800 calories par jour) et qu'il n'élimine pas de catégories alimentaires. Selon certaines études, la perte d'un surpoids chez une femme qui allaite n'a pas de conséquence sur le poids de l'enfant, à condition que le programme alimentaire soit équilibré et la perte de poids modérée : pas plus de 2 kilos par mois. Quelques conseils Ne pas chercher à perdre plus de 2 kilos par mois. Attendre deux à trois mois après l'accouchement que l'organisme ait récupéré de la grossesse. Eviter les régimes farfelus. Idéalement, se faire aider par une diététicienne. Pratiquer au minimum deux fois par semaine une activité physique : marche, natation, gym Pour en savoir plus www.lllfrance.org. Isabelle Eustache
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Ménopause, qu'est-ce que je mange ?
La cinquantaine pointe le nez et avec elle l'inévitable ménopause accompagnée de la menace d'une prise de poids. C'est le moment de mettre en place une bonne stratégie alimentaire. De la périménopause à la ménopause La ménopause, comme chacun sait, n'est pas une maladie féminine mais l'arrêt des règles. Ce terme vient de deux mots grecs : men qui signifie mois, menstrues et pausis : cessation, c'est-à-dire l'arrêt des fonctions ovariennes. Les ovaires prennent leur retraite et cessent leur boulot : production d'ovocytes (pour faire les bébés) et sécrétion d'hormones (progestérone et oestrogènes) qui exercent de multiples fonctions dans l'organisme. Mais cette retraite, les ovaires ne la prennent pas brutalement. Ils travaillent de moins en moins, en tout cas irrégulièrement car, ayant vieilli, ils sont fatigués. Ce ralentissement de leur activité, c'est la périménopause, autrefois appelée préménopause et qui démarre vers l'âge de 47/48 ans en moyenne. Cette périménopause se traduit par un bazar dans les règles, un mois on les a, le mois suivant, pffttt ! rien. On se dit qu'on est enceinte (surtout si on a encore 35 ans dans sa tête !) mais c'est rarement le cas bien que l'on ait encore quelques ovocytes qui traînent dans le stock ovarien. La périménopause peut durer de 2 à 4 ans ça dépend de chacune d'entre nous : la durée statistique moyenne est de 3,8 années. Quand les règles disparaissent définitivement, on est alors vraiment ménopausée : l'âge moyen est de 51,3 ans. Ménopause et kilos en plus Dès la périménopause, les kilos tentent de s'installer de préférence sur le ventre, comme les hommes. C'est la faute à la disparition des oestrogènes qui intervenaient dans la distribution de la graisse, les dirigeant surtout sur les fesses et les cuisses, ce qui ne nous plaisait pas pour autant ! Mais si les oestrogènes interviennent dans la répartition des graisses, la prise de poids relève toujours du même constat : entrées alimentaires supérieures aux dépenses physiques, d'où stockage des calories superflues sous forme de gras. Ces kilos de ménopause ne sont donc pas une fatalité. Si vous mangez de façon équilibrée et si vous vous bougez, vous les éviterez. Organisation de votre alimentation Et pour cela, il faut bien organiser votre alimentation, ce qui n'est pas vraiment difficile. Vous devez manger de tout, c'est-à-dire : Du pain complet à chaque repas (50 g au minimum, soit 150 g par jour) : pour les glucides complets et les fibres qui vous éviteront les fringales et la tentation des produits sucrés. Des fruits aussi à chaque repas (y compris au petit déjeuner) car ils vous apportent les antioxydants qui protégeront vos artères (fragilisées puisqu'il n'y a plus d'oestrogènes) et votre peau. Comme ils sont aussi riches en eau, cela contribuera à prévenir son assèchement. Des légumes (300 g au moins) au déjeuner et au dîner : pour leurs fibres, leurs antioxydants et leur eau. Des poissons le plus souvent possible, au moins trois fois par semaine et gras de préférence : pour les Oméga 3 dont vous avez grand besoin. Non seulement pour préserver le bon état de toutes vos cellules, y compris les nerveuses, mais aussi parce que, selon certaines études, ils semblent bien être efficaces contre les bouffées de chaleur et l'insomnie. De la viande ou des oeufs les autres jours afin de bien assurer votre quota de protéines. Des céréales (pâtes, riz, quinoa etc.) pour avoir votre quota de glucides lents et ignorer les fringales. Des laitages, encore plus indispensables qu'avant (un au moins à chaque repas) vu qu'après la ménopause, on est menacé par l'ostéoporose. Ca n'est pas le moment de ne pas assurer côté calcium. Mais si vous vous bourrez de boissons et de produits sucrés pour vous remonter le moral, si vous avez trop tendance à boire souvent un verre d'alcool pour la même raison, tout cela ne servira à rien ! Un ou deux verres de vin, une ou deux barres de chocolat par jour, ce sont les bonnes doses. Bougez-vous ! Ca n'est pas parce que vous êtes en instance de ménopause que vous devez vous réfugier dans votre canapé et devant la télé en grignotant des saletés. Vous ne ferez que vous engraisser et cafarder alors que vous devez augmenter votre dépense physique pour éviter ces fichus kilos. Marchez, marchez, marchez. En serrant les fesses et en contractant votre ventre : c'est un bon moyen de faire des abdos discrètement. La marche a aussi le pouvoir de vous oxygéner, de vous détendre. Faites de grandes marches pendant les week-ends. Au retour d'une balade en forêt, vous vous sentirez bien mieux et vous dormirez comme un bébé. Les autres jours, essayez d'utiliser votre voiture le moins possible, ou de la garer plus loin de façon à terminer votre trajet à pied. Si vous utilisez les transports en commun, prenez votre bus ou votre métro à une station avant celle de votre destination. Si déjà vous pratiquez un sport, augmentez les cadences. Si vous n'en faites pas, c'est vraiment le bon moment de vous mettre au golf, d'aller à la piscine pour nager ou aquagymner, de faire du vélo : les clubs sportifs ne manquent pas. Plus vous vous dépenserez physiquement, plus vous éviterez les kilos en trop, plus vous vous musclerez et garderez une jolie silhouette. Bien manger, bien bouger. En appliquant ces deux principes dès les premiers signes de l'arrivée de votre ménopause, il n'y a pas de raison pour que vous preniez du poids. Paule Neyrat, Diététicienne
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