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Qu’est-ce que la télémédecine ? Comment fonctionnent vos remboursements optique ? On répond aux questions que vous vous posez !

Toux : pas de suppositoires terpéniques chez les bébés

En novembre 2011, les autorités sanitaires ont décidé de contre-indiquer les suppositoires contenant des dérivés terpéniques chez les enfants de moins de 30 mois. C'est ainsi que depuis le 15 décembre dernier les spécialités strictement destinées aux bébés sont en cours de retrait. Contre-indication des suppositoires terpéniques chez les bébés Ces suppositoires contenant des dérivés terpéniques (menthol, huiles essentielles d'aiguille de pin, eucalyptus, térébenthine, camphre, cinéole, niaouli, thym sauvage, terpinol, terpine, citral, menthol) sont indiqués dans le traitement d'appoint des affections bronchiques aiguës bénignes et des congestions nasales. Or ces produits ont été associés à des complications neurologiques (convulsions, somnolence, agitation) en particulier chez l'enfant, en raison de l'immaturité du système nerveux central. L'âge de l'enfant et des antécédents d'épilepsie ou de convulsion fébrile ont été identifiés comme étant des facteurs de risque de troubles neurologiques. Par ailleurs, ces médicaments n'ont pas clairement démontré leur efficacité dans cette population. Le rapport bénéfices / risques n'étant plus favorable, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a décidé de contre-indiquer les suppositoires contenant des dérivés terpéniques aux bébés de moins de 30 mois et aux enfants ayant des antécédents de convulsion fébrile ou d'épilepsie. Cette décision prenait effet à compter du 15 décembre 2011, date à partir de laquelle on procède au retrait des produits exclusivement destinés aux nourrissons.A destination des parents, les autorités ont réalisé un dépliant expliquant comment traiter la toux aiguë chez le nourrisson : http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/9a3f2dfff9296ea15d5581db5041cd60.pdfEn pratique, les parents ne doivent pas systématiquement traiter leurs enfants avec les mêmes médicaments. Les traitements dépendent de l'âge de chaque enfant. Médicaments retirés du marché, qui étaient spécifiquement destinés aux bébés   BRONCHORECTINE AU CITRAL NOURRISSONS, suppositoire (Laboratoires MAYOLI SPINDLER) TERPONE NOURRISSONS, suppositoire (Laboratoires ROSA PHYTOPHARMA) BRONCHODERMINE NOURRISSONS, suppositoire (S.E.R.P) TROPHIRES COMPOSE NOURRISSONS, suppositoire /TROPHIRES NOURRISSONS, suppositoire (SANOFI AVENTIS)   Médicaments désormais contre-indiqués chez les enfants de moins de 30 mois et chez l'enfant présentant des antécédents d'épilepsie ou de convulsions fébriles$$   PHOLCONES BISMUTH ENFANTS, suppositoire (COOPERATION PHARMACEUTIQUE FRANÇAISE) COQUELUSEDAL ENFANTS, suppositoire (LABORATOIRE DES REALISATIONS THERAPEUTIQUES ELERTE) EUCALYPTINE ENFANTS, suppositoire (LABORATOIRE HEPATOUM) BRONCHORECTINE AU CITRAL ENFANTS, suppositoire (Laboratoires MAYOLI SPINDLER) TERPONE ENFANTS, suppositoire (Laboratoires ROSA PHYTOPHARMA) BI‐QUI‐NOL ENFANTS, suppositoire (MERCK MEDICATION FAMILIALE SAS) BRONCHODERMINE ENFANTS, suppositoire (S.E.R.P) TROPHIRES COMPOSE ENFANTS, suppositoire / TROPHIRES ENFANTS, suppositoire (SANOFI AVENTIS) OZOTHINE ENFANTS 30 mg, suppositoire / OZOTHINE A LA DIPROPHYLLINE ENFANTS, suppositoire (ZAMBON France)   Isabelle Eustache

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Sachez repérer un trouble visuel chez votre enfant

Votre enfant écrit le nez sur son cahier, il a mal à la tête, il plisse les yeux ? Et si c'était le signe d'une anomalie visuelle ? En attendant le jour de votre consultation chez l'ophtalmo, voici quelques indications qui peuvent vous mettre sur la piste : myopie, hypermétropie, astigmatisme... Bien voir à l'école est essentiel Selon l'Association nationale pour l'amélioration de la vue (ASNAV), 25% des élèves de primaire présentent un trouble visuel.Pour apprendre à l'école, bien voir est indispensable : au tableau, pour écrire sur son cahier, pour lire un livre, s'informer sur internet, etc.Inutile d'attendre la chute des résultats scolaires pour vérifier si votre enfant voit parfaitement bien !Avant votre rendez-vous chez l'ophtalmologiste, lequel procédera à un bilan visuel permettant de repérer d'éventuels défauts visuels et de proposer des solutions personnalisées pour améliorer la vue de votre enfant, voici quelques éléments qui vous permettront de distinguer les caractéristiques respectives de la myopie, de l'hypermétropie et de l'astigmatisme. Mon enfant est-il myope ? S'il écrit et dessine le nez sur son cahier, et s'il s'approche très près de l'écran de la télé ou de l'ordinateur, votre enfant est probablement myope. Le fait qu'il travaille en fermant un oeil est un autre signe de myopie.Cette anomalie visuelle est due à un oeil plus allongé que la normale. En conséquence, l'image de loin se forme en avant de la rétine et votre enfant voit flous les objets situés au loin. En revanche, la vision de près n'est pas affectée. Et si c'était une hypermétropie ? Ses yeux sont rouges, il a souvent les yeux qui piquent. En cas d'hypermétropie, les enfants froncent aussi fréquemment les sourcils pour lire. Ils se plaignent de maux de tête et sont fatigués après l'école. À l'inverse de la myopie, l'oeil hypermétrope est plus court que la normale. C'est pourquoi l'image des objets regardés de près se forme en arrière de la rétine et les objets sont perçus flous. Pour compenser, l'oeil de l'enfant fait des efforts permanents d'accommodation, d'où la fatigue en fin de journée. Mon enfant est-il astigmate ? Un enfant astigmate confond certaines lettres lorsqu'il lit, bute sur des mots, perd facilement sa ligne et n'aime pas lire longtemps. Il a aussi du mal à retenir ce qu'il lit et à se concentrer sur son travail. L'astigmatisme est lié à une courbure très irrégulière de la cornée, d'où une vision déformée des objets. L'astigmatisme peut aussi être dû à un défaut du cristallin, avec pour même conséquence, une déformation. Par exemple, un enfant astigmate qui regarde la lettre T voit bien la barre horizontale, mais floue la barre verticale. Tous ces défauts visuels se corrigent, d'où l'importance de les dépister tôt pour améliorer la vue de votre enfant et faciliter ses apprentissages.Au moindre doute, prenez rendez-vous chez un ophtalmologiste pour un bilan visuel. Quelle est la bonne distance ? Pour bien voir, la distance aussi est très importante.Petit rappel selon l'activité pratiquée : Pour lire (et écrire) : tenir son livre à une distance équivalente à la longueur de l'avant-bras. Pour travailler ou jouer sur ordinateur : l'écran doit être distant d'au moins 40 cm. Pour regarder la télévision : la distance doit être équivalente à 6 fois la diagonale de l'écran. Ainsi, plus l'écran est grand, plus il faut s'éloigner. Rappelons qu'une bonne vue est aussi indispensable à la sécurité de l'enfant, qu'il soit piéton, cycliste, en trottinette, en roller, ou lors de toute autre activité sportive et de loisir.   Isabelle Eustache

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Enfant et chien font-il toujours bon ménage ?

Le petit dernier réclame un chien à cor et à cri ? Si les bienfaits d'un animal de compagnie sur le développement de l'enfant sont appréciables, adopter un chien n'est pas une décision qui se prend à la légère. Voici quelques pistes de réflexions. Le chien de l'enfant... ou de la famille ? La plupart des enfants sont attirés par les animaux et beaucoup rêvent d'avoir « leur » chien.Néanmoins, adopter un animal de compagnie est une décision qui impliquera in fine toute la famille. Mieux vaut donc ne pas accepter cette demande uniquement pour faire plaisir à l'enfant...Car si l'enfant peut s'impliquer affectivement avec le chien, c'est aux adultes qu'il reviendra malgré tout d'aller le promener, de l'emmener au dressage et chez le vétérinaire...Autrement dit, l'éducation du chien et les difficultés éventuelles (maladies, morsures, dégâts dans la maison...) sont avant tout l'affaire des parents !Le chien n'est jamais le chien d'un enfant mais le chien de la famille. Quels sont les bienfaits du chien sur l'enfant ? Ceci dit, la présence d'un chien peut apporter beaucoup de bien-être à un enfant et influer positivement sur son développement affectif et relationnel.Grâce au chien, l'enfant découvre la possibilité d'un lien de confiance inconditionnel : la fidélité sans faille de l'animal procure un sentiment de sécurité et de confiance en soi.L'enfant développe aussi grâce au chien un mode de communication non verbale, basé sur les regards, les postures, les attitudes. L'enfant prend ainsi conscience de l'altérité : même si le chien n'a ni les mêmes besoins ni les mêmes réactions que lui, ils peuvent se comprendre.L'animal de compagnie permet ainsi de développer l'empathie (capacité à se mettre à la place d'autrui). Quel chien choisir pour la famille ? Si certaines races de chien ont meilleure réputation que d'autres, il n'existe pas de race idéale !En effet, les études ont montré que le risque de morsure existe même chez les chiens qu'on dit adaptés à la vie de famille, comme les labradors.En revanche, chaque race de chien a ses spécificités. Certains chiens ont par exemple besoin de bouger et de se dépenser plus que d'autres.Informez-vous afin de choisir un chien qui puisse s'adapter :* à votre environnement (ville ou campagne, jardin ou non...),* à votre mode de vie (présence à la maison, possibilités de promenades... ).Refuge pour les animaux ou éleveurs ?Là encore, il n'existe pas de règles. Si l'on craint parfois d'adopter un animal abandonné, donner une « seconde chance » à un chien peut être une expérience très valorisante pour l'enfant. Mais choisir un chien est souvent et avant tout une question de feeling ! Éducation et soins du chien : à chacun son rôle Votre enfant voulait un chien à tout prix ?Essayez de l'impliquer dans les soins sans le responsabiliser outre mesure.Prenez en charge le dressage et laissez par exemple à l'enfant la charge des repas, les moments de jeu. L'enfant pourra ainsi créer un lien privilégié avec le chien sans s'impliquer à proprement parler dans son « éducation », volet qui revient logiquement à l'adulte.Éduquer un chien demande beaucoup d'implication, de curiosité et d'expérience... car les animaux, rappelons-le, fonctionnent bien différemment de nous ! Julie Luong, journaliste santé

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Ecoute bébé, babyphone : comment bien le choisir et l'utiliser ?

Un bébé, un babyphone ! L'équation est aujourd'hui toute naturelle, et rares sont les parents qui envisagent de se passer de cet appareil une fois que bébé ne dort plus dans la chambre de ses parents.Mais comment bien utiliser le babyphone ou écoute bébé, pour que le sommeil de bébé soit paisible... et celui des parents aussi ? Conseil n°1 : bien choisir son écoute bébé L'écoute bébé de base fait simplement parvenir le son de la chambre de bébé dans un appareil que vous pouvez placer près de vous pour l'entendre où que vous soyez.Mais beaucoup d'autres fonctionnalités existent : Veilleuse pour faire une petite lumière à bébé. Diffusion de berceuses. Possibilité de parler à son bébé par l'intermédiaire de l'écoute bébé. Présence d'une caméra. Mesure de la température ou du taux d'humidité dans la chambre. Possibilité de piloter l'écoute bébé depuis un smartphone. Et encore beaucoup d'autres ! Certains babyphones peuvent aussi être associés à un appareil qui détecte la respiration du bébé et émet une alarme si celle-ci s'arrête, pour prévenir la mort subite du nourrisson.En fonction de la localisation de la chambre de bébé, il faudra penser à déterminer la portée du babyphone. Si vous habitez en appartement, une portée standard de 50 mètres vous suffira. Mais si vous êtes en maison, que la chambre de bébé est un peu éloignée du salon et de votre chambre, ou si vous aimez passer du temps au jardin, mieux vaut privilégier un babyphone à longue portée (jusqu'à mille mètres).En bref, avant de choisir un écoute bébé, réfléchissez à son utilisation. Méfiez-vous des fonctions très accessoires qui augmentent fortement le prix ! Privilégiez l'essentiel.   Conseil n°2 : le babyphone, oui, mais avec modération Les études sont nombreuses et pas toujours concordantes, mais selon les dernières qui ont été analysées, laisser les bébés pleurer un peu dans leur lit n'est pas mauvais pour eux.Et c'est très bon pour le sommeil des parents !Donc, un écoute bébé ne doit pas servir à détecter le moindre mouvement de bébé.Celui-ci se réveille en effet presque dix fois par nuit au début de sa vie. Ce n'est que s'il ne parvient pas à se rendormir seul, et qu'il pleure donc pendant longtemps, que vous devez intervenir. Baissez le volume de l'écoute bébé, ou la sensibilité de son micro. Ne l'allumez que si vous êtes sur le point de dormir, si la chambre de bébé est très éloignée, ou si vous êtes dans une atmosphère bruyante.   Conseil n°3 : attention aux radiations de l'écoute bébé Comme pratiquement tous les appareils sans fil, les babyphones émettent des ondes.Toutes ne sont pas égales - la technologie DECT, la même que celle du téléphone sans fil, est la plus décriée.Certes, l'impact néfaste de ces ondes n'a pas été prouvé au-delà de tout doute.Mais s'agissant des bébés, dont le cerveau se développe à toute vitesse, le principe de précaution joue à plein.Il est donc important de limiter au maximum l'émission d'ondes par le babyphone dans la chambre de bébé. Tenez compte de la puissance des ondes émises au moment de l'achat. Certains modèles sont beaucoup moins néfastes que la moyenne. N'allumez pas la base si le récepteur n'est pas allumé, sinon votre bébé absorbera des ondes pour rien. Préférez les modèles qui s'activent quand bébé pleure et n'émettent pas quand il est silencieux. Tenez l'écoute bébé aussi éloigné que possible, et de toute façon jamais à moins d'un mètre. Evitez la multiplication des expositions.Epargnez aussi à votre bébé les ondes des GSM, des téléphones sans fil et des émetteurs ou récepteurs wi-fi.   Marion Garteiser, journaliste santé

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Incontinence urinaire de la femme : se libérer de la génétique !

L’âge, la grossesse, l’obésité, certains sports et métiers favorisent l’incontinence urinaire chez la femme. La génétique aussi, qui compte pour près de 40% dans ce risque. Quelques gènes ont été identifiés mais le dépistage génétique des femmes à risque de troubles de la statique pelvienne -incontinence urinaire et prolapsus uro-génital- n’est pas à l’ordre du jour. En attendant, comment limiter le risque de fuites urinaires ?   Incontinence urinaire, le poids des gènes Dans le risque d’incontinence urinaire, la génétique joue un rôle important, estimé à plus d’un tiers du risque total. Toutes les études convergent vers une prédisposition génétique dans l’incontinence urinaire d’effort (sport, éternuement etc..) estimée entre 30 et 40% (1). Dr Brigitte Fatton, gynécologue obstétricien, spécialisée en uro-gynécologie au CHU de Nîmes : « La génétique compterait pour environ 34% dans l’incontinence d’effort et pour 37% dans l’incontinence "par urgenturie" (envies pressantes d’uriner). Les facteurs génétiques en cause dans ces fuites urinaires se rapportent essentiellement à la qualité du collagène présent dans le tissu conjonctif (peau, tendons, ligaments, parois des organes et des vaisseaux sanguins) mais aussi à celle des cellules des fibres musculaires ». Le rôle délétère d’un collagène insuffisant ou de mauvaise qualité a été mis en évidence récemment. Par exemple, chez les femmes souffrant de prolapsus ("descente d'organe") génital, une diminution du nombre de certaines fibres de collagène (de type III) a été constatée et pourrait expliquer une moindre résistance des tissus aux forces d’hyperpression (pression intra-abdominale importante). D’autres travaux ont été menés chez des femmes atteintes de syndromes où existent ces anomalies du collagène et qui ont un risque d’incontinence urinaire ou de prolapsus élevé comparé à la population générale. Dans le syndrome d'Ehlers-Danlos notamment, un ensemble de maladies génétiques caractérisées par une anomalie des tissus de soutien avec une hyperlaxité (élasticité excessive) des articulations et une peau très élastique, les chercheurs ont retrouvé une anomalie de la synthèse de collagène. Dans le syndrome de Marfan - maladie du tissu conjonctif- des mutations d’un gène (nommé FBN1 qui code pour la fibrilline-1, une autre protéine comme le collagène essentielle du tissu conjonctif) ont été identifiées. De même, les femmes ayant une hyperlaxité articulaire sont plus exposées au prolapsus génital, ce qui plaide pour l’implication d’anomalies du tissu conjonctif dans les troubles de la statique pelvienne (configuration normale de l'anatomie du petit bassin et du périnée). A quand un dépistage génétique de l’incontinence urinaire ? Ces facteurs génétiques sont désormais connus mais il est encore impossible de désigner précisément les gènes impliqués (2). L’intérêt de ces recherches génétiques en cours serait de pouvoir dépister les femmes ayant un risque plus important de fuites urinaires et/ou de prolapsus en vue d’affiner une stratégie de prévention primaire (avant que ne surviennent l’incontinence urinaire ou le prolapsus génito-urinaire) ou secondaire, vis-à-vis des facteurs acquis (environnementaux comme l’obésité, l’accouchement etc.). Dr Fatton : « Peut-on imaginer dans le futur privilégier certaines orientations professionnelles ou sportives ou influencer le suivi d’une grossesse, le déroulé d’un accouchement ou les techniques chirurgicales de réparation de l’incontinence urinaire sur des arguments de dépistage génétique ? Pourquoi pas, mais nous n’en sommes qu’aux balbutiements ». Incontinence urinaire, comment limiter les risques ? Les femmes ne sont pas toutes égales vis-à-vis du risque de fuites urinaires. En attendant que la piste génétique se concrétise, autant se concentrer sur les facteurs environnementaux. C’est essentiel, car ils interviennent pour plus de 50% dans le risque d’incontinence urinaire ! La grossesse et le traumatisme obstétrical sont deux facteurs de risque d’incontinence urinaire. Lors de la grossesse, le risque est dû aux nombreux étirements ligamentaires et musculaires, au poids important du bébé qui repose sur les structures génitales, anales et urinaires et aux modifications hormonales. Les dégâts neurologiques proviennent pour leur part de l’étirement des nerfs, ce qui crée des lésions au niveau des sphincters (urètre, anal). Un accouchement traumatique (extraction du bébé à l’aide d’instruments, gros poids ou morphologie inhabituelle du bébé) ajoute au risque pour le périnée. Mais même sans risque particulier, un accouchement normal reste une période délicate pour la statique pelvienne. Une césarienne préventive peut être réalisée en cas de risque périnéal particulièrement important mais les indications doivent être bien posées car il persistera toujours « l’effet grossesse ».  De plus, les gynécologues obstétriciens ont pour consigne de limiter l’utilisation des forceps au profit de la ventouse, moins délétère. Après quelques mois, une incontinence apparue pendant la grossesse ou en post-partum immédiat peut s’améliorer. Les fibres nerveuses se régénèrent en partie, les muscles retrouvent une certaine tonicité, favorisée aussi par la rééducation périnéale. A la ménopause cependant, avec la chute des hormones et le relâchement des tissus, l’incontinence peut réapparaître. La constipation. Tout ce qui augmente la pression à l’intérieur de l’abdomen (hyperpression abdominale) est potentiellement néfaste vis-à-vis du risque de fuites urinaires (mais aussi du prolapsus). Une raison supplémentaire, s’il en fallait, pour consulter.   La toux chronique. Même principe que pour la constipation. Tousser, éternuer à répétition pendant des semaines en cas d’allergie aux pollens peut être problématique en cas d’incontinence urinaire même débutante du fait de l’hyperpression abdominale. D’où l’intérêt d’être traitée pour des allergies ou un asthme.   Le tabagisme. Non seulement le tabac accélère le vieillissement cutané et la dégradation du collagène (perte de l’élasticité tissulaire et formation de rides) mais il existe aussi une relation établie entre tabac (et notamment la nicotine) et les symptômes d’hyperactivité vésicale notamment la pollakiurie (besoin fréquent d’uriner) et les urgences mictionnelles (besoins impérieux). De plus, la toux chronique, accentuée chez les tabagiques (due à la bronchite chronique) accroit la pression intra-abdominale et constitue un facteur de risque d’incontinence urinaire à l’effort.   Les activités sportives à risque sont celles à fort impact (lorsque le pied tape fort le sol), comme la course à pied ou le tennis (avec dans ce dernier sport une forte pression abdominale à chaque renvoi de balle). La palme revient au trampoline. Pour celles qui souffrent déjà d’une légère incontinence d’effort, privilégiez la bicyclette, la natation et l’aquagym. Et surtout (pour toutes les femmes) évitez les séances d’abdominaux intensifs, a fortiori sans avoir auparavant remusclé votre périnée.   Certains métiers à risque. Tous les métiers où l’on porte des poids. Ce peut être des quantités de cartons pour les vendeuses, des malades pour les aides-soignantes travaillant par exemple en gériatrie, des sacs de sable pour celles qui travaillent dans le bâtiment, les aspirateurs pour les femmes de ménages? Les femmes qui ont été opérées pour incontinence urinaire ou prolapsus urinaire, celles qui ont récidivé, peuvent obtenir des certificats médicaux afin de réorienter leur activité professionnelle.   L’obésité. L’obésité est aussi très bien corrélée à l’incontinence et notamment celle par urgenturies. Avant toute démarche chirurgicale, une réduction pondérale de 5% à 10% doit être encouragée chez les femmes en surpoids avec une efficacité démontrée sur le nombre d’épisodes de fuites urinaires.   La carence hormonale. A la ménopause, la chute du taux d’estrogènes favorise l’atrophie vaginale et l’altération des tissus notamment ceux impliqués dans les mécanismes de soutien de l’urètre et dans la continence ; la compétence du sphincter urétral et sa capacité à assurer un bon verrouillage à l’effort sont amoindries. La ménopause est une période critique au cours de laquelle certaines femmes porteuses d’un risque latent mais jusque-là à peu près équilibrées au plan urinaire, vont "décompenser" c’est-à-dire que la situation va se dégrader. Ce même schéma se retrouve aussi parfois au niveau de la continence anale qui peut aussi s’altérer. L’ajout d’estrogènes en local (ovules, anneau) peut être une solution pour corriger la carence hormonale et améliorer les troubles du bas appareil urinaire notamment l’incontinence.   Le vieillissement normal des tissus entre aussi en ligne de compte. Avec la carence hormonale, la sentence de l’avancée en âge est double.     Marion Garteiser, journaliste santé

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Astuce minceur : dormez et mangez à des heures régulières !

Votre corps est gouverné par des horloges biologiques qui lui imposent certains rythmes dont ceux de dormir et de manger à des heures régulières. Respectez-les si vous voulez être mince !   Métabolisme et horloges biologiques La principale horloge biologique, nommée aussi horloge circadienne (du latin Circa Diem qui signifie environ un jour) est située dans le cerveau et sur le trajet du nerf optique. Elle est ainsi reliée à l’extérieur et donc à la lumière envoyée par la rétine de l’?il : c’est elle qui la synchronise. Cette principale horloge biologique règle, entre autres, les cycles de votre sommeil. Si vous avez envie de dormir le soir, c’est parce que votre horloge a déclenché la sécrétion de mélatonine, hormone du sommeil vers 21 heures et l’a stoppée vers 7 h 30 le lendemain matin. Mais il existe aussi une multitude d’horloges biologiques, dépendantes de la principale, dans tous les organes de votre système digestif qui commandent la production de leurs sécrétions : enzymes et hormones, dont l’insuline qui gouverne tous les métabolismes des graisses et des glucides.   Minceur et horloge biologique : trois repas à heures régulières et suffisamment de sommeil Le résultat de ce système très sophistiqué fait que vous êtes programmé(e) pour faire trois repas par jour et à des heures régulières. Sinon, c’est une porte ouverte à la prise de poids, au diabète et à nombre d’ennuis de santé. En effet, nombreuses sont les études démontrant que les personnes qui travaillent de nuit, par exemple, ou celles qui subissent des décalages horaires fréquents ou qui, selon leur fantaisie, mangent à n’importe quelle heure en sont victimes. Ceci parce que leur sécrétion d’insuline est alors déréglée. Mais pour cela, il faut aussi dormir suffisamment, se coucher et se lever à des heures régulières. Dîner de bonne heure. Une étude américaine récente a été réalisée sur des adultes. Les chercheurs les ont équipés d’un agenda et d’un appareil mesurant leur sommeil. Tout a été noté : heures et lieux des repas, leur composition, les calories apportées, heures du lever, du coucher et durée du sommeil. Résultat ? Ceux qui dînaient tard, peu de temps avant de se coucher, ingéraient plus de calories dans la journée que ceux qui se couchaient relativement tôt. Posez-vous la question si vous luttez contre les kilos? Vous dînez toujours tard ? Il suffit peut-être de vous organiser autrement pour avancer l’heure de ce repas. En prévoyant vos menus sur une semaine, en cuisinant de plus grosses quantités de façon à n’avoir qu’à réchauffer ensuite. Et aussi en mettant au boulot Monsieur et les enfants. Dîner léger Un gros repas ne favorise pas votre endormissement, ni la qualité de votre sommeil car votre système digestif est en plein travail pour le métaboliser. En outre, quand vous dormez, vous dépensez peu de calories : la plus grande partie va donc se stocker en gras. Et adieu la minceur ! D’autre part, vous n’êtes pas vraiment à jeun le matin et vous n’avez pas faim pour le petit déjeuner. Conséquence : celui-ci est trop léger et vous démarrez mal la journée. Vous risquez de grignoter dans la matinée. Du coup vous ne mangez pas assez au déjeuner alors que celui-ci devrait être copieux. Vous avez peu de temps pour manger suffisamment à ce repas ? Prenez un goûter. Ainsi vous dînerez forcément léger. Préservez votre horloge biologique La lumière dite bleue LED, celle des écrans (téléviseur, ordinateur, tablette) active cent fois plus les informations envoyées par votre rétine que la lumière blanche, celle des lampes fluorescentes. Quand vous vous y exposez le soir, cela provoque un retard de votre endormissement qui a pour conséquence un manque de sommeil et la perturbation de toutes vos autres horloges. Et bien évidemment des hormones qui gouvernent votre appétit. Ceci a été démontré par une multitude d’études : quand on est en déficit de sommeil, on mange plus gras et plus sucré pour compenser le manque d’énergie et du coup on grossit. Bouclez les écrans au moins 1 heure avant de vous coucher. Cela vous laisse le temps de procéder tranquillement aux rituels précédant celui-ci. Au lit, lisez un livre (papier, pas un e-book !) pas trop passionnant, sinon vous serez prise par l’histoire et vous ne vous endormirez pas. Ou faites un câlin, c’est un très bon somnifère.   Marion Garteiser, journaliste santé

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Après la ménopause : quelles solutions durables contre la sécheresse vaginale ?

Après la ménopause, de nombreuses femmes souffrent de sécheresse vaginale, pouvant fortement affecter leur vie sexuelle. Trois méthodes s’offrent à elles. Zoom sur les deux nouvelles méthodes non hormonales.   Sécheresse vaginale : les solutions durables Le traitement hormonal de la ménopause À la ménopause, l’interruption de la sécrétion des hormones sexuelles s’accompagne souvent d’une myriade de symptômes, dont le plus connue est représenté par les bouffées de chaleur. Il en existe beaucoup d’autres, qui ne sont pas inéluctables eux non plus et d’intensité très variable selon les femmes : troubles de l’humeur, du sommeil, gêne urinaire, amincissement de la peau, et aussi une sécheresse vaginale qui peut avoir de fortes répercussions dans les relations sexuelles. La solution classique consiste à mettre en place un traitement hormonal substitutif de la ménopause. Malheureusement, pour beaucoup de femmes, ce traitement hormonal n’est pas toujours efficace contre la sècheresse vaginale. Le traitement local de la sécheresse vaginale Les médecins prescrivent donc une crème à base d’oestrogène à appliquer localement 2 à 3 fois par semaine. Ce traitement alternatif n’est cependant pas toujours bien suivi par les femmes, car très peu pratique? Certaines femmes présentent par ailleurs des contre-indications aux hormones (par exemple en cas d’antécédent de cancer du sein). Une femme peut également utiliser des lubrifiants non hormonaux, et même s’ils sont efficaces, ils le sont moins rapidement et de manière moins nette. Les deux nouveaux traitements physiques de la sécheresse vaginale Les femmes disposent aujourd’hui de deux solutions durables non hormonales pour traiter la sécheresse vaginale de manière efficace. Il s’agit du laser fractionné et de la radiofréquence à température contrôlée. Explications du Dr Catherine Solano, Médecin sexologue et andrologue. Comment fonctionne le laser fractionné dans le traitement de la sécheresse vaginale ? Dr Solano : « Le médecin utilise une sonde vaginale, ayant la forme d’un tube arrondi, et envoyant des rayons lasers. Les tout petits impacts au niveau de la muqueuse vaginale provoquent des sortes de micro-brûlures déclenchant un processus de cicatrisation et stimulant la régénération de la muqueuse vaginale. Celle-ci retrouve son épaisseur alors qu’elle était devenue plus fine et fragile chez les femmes ménopausées. Cette muqueuse redevient également plus moelleuse et plus humide, retrouvant un aspect comparable à celui d’avant la ménopause. Il s’agit d’une méthode indolore ne nécessitant pas d’anesthésie. On recommande classiquement de faire 3 séances à un mois d’intervalle. Les résultats sont durables, mais comme les tissus continuent à vieillir, on conseille à une femme de refaire une séance un an plus tard, puis de temps en temps si elle se sent moins confortable au niveau vaginal. Après chaque séance, les rapports sexuels sont contre-indiqués pendant 2-3 jours. Sinon, une femme peut reprendre immédiatement toutes les autres activités quotidiennes. » $$Quelle est l’autre méthode durable contre la sécheresse vaginale ?$ Dr Solano : « C’est la radiofréquence à température contrôlée. Le médecin a  recourt à une sonde vaginale fine comme un doigt qui envoie des ondes de radiofréquence provoquant un réchauffement localisé et contrôlé. Cette chaleur stimule les tissus et leur régénération, à la fois en surface et en profondeur. Les tissus sous-jacents se tonifient et la muqueuse rajeunit. Le protocole est le même que pour le laser fractionné : 3 séances à un mois d’intervalle, même si beaucoup de femmes obtiennent déjà de très bons résultats après 2 séances, puis une autre séance un an après. La différente entre ces deux méthodes est le prix, de 350 euros la séance pour le laser fractionné contre 800 euros pour la radiofréquence. Cet écart est lié en grande partie au matériel. La sonde n’est pas la même. Pour la radiofréquence, elle coûte très cher et elle est à usage unique. Ces séances ne sont malheureusement jamais prises en charge par l’Assurance Maladie. » Au total, pour les femmes souffrant uniquement de sécheresse vaginale, le traitement par laser est très bien adapté. Pour les femmes se plaignant en plus de la sécheresse vaginale, de petits troubles urinaires ou d’une diminution de leur capacité à éprouver des sensations de plaisir et des orgasmes, la radiofréquence sera a priori plus efficace. Nous disposons donc aujourd’hui de solutions efficaces pour garder une sexualité épanouie après la ménopause, même chez les femmes présentant des contre-indications aux traitements hormonaux.   Isabelle Eustache, journaliste santé

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Les électrodes, efficaces dans la maladie de Parkinson

Stimuler à l’aide d’un courant électrique une zone précise du cerveau des personnes atteintes de la maladie de Parkinson peut faire des miracles. Cette « neurostimulation cérébrale profonde » est désormais un traitement de première ligne parfaitement au point. Il faut y penser très tôt, dans les toutes premières années de la maladie.   La neurostimulation n’est pas une solution de dernier recours En 2017, la neurostimulation dite « cérébrale profonde » est enfin couramment utilisée dans la maladie de Parkinson avec d’excellents résultats. Elle s’est développée ces dernières années, le matériel s’étant notablement amélioré. En voici le principe : dans la maladie de Parkinson, une zone délimitée à l’intérieur du cerveau (le « noyau sous-thalamique ») est hyperactive. Elle brouille ainsi le message, désorganisant les autres structures cérébrales en charge de la motricité. La neurostimulation inhibe les neurones de ce noyau sous-thalamique grâce à un courant électrique. Les autres structures reprennent alors leur fonctionnement normal. La neurostimulation améliore l’ensemble des symptômes de la maladie de Parkinson : Les tremblements (amélioration de l’ordre de 80%). Les blocages et la rigidité musculaire (amélioration de l’ordre de 70%). Les symptômes « moteurs » à savoir la lenteur d'initiation des mouvements avec une tendance à l'immobilité (akinésie). L’amélioration est de l’ordre de 50 à 60% et jusqu’à 90%. Le traitement médicamenteux. Les posologies sont diminuées de moitié. Le confort de vie des parkinsoniens et des aidants est amélioré de façon non négligeable. La neurostimulation, après quatre à cinq année d’évolution de la maladie Les candidats à la neurostimulation doivent répondre à des critères stricts : être âgé de moins de 70 ans, que le traitement médicamenteux et en particulier à la dopamine soit efficace chez eux, être indemne de troubles cognitifs, ne pas chuter ni présenter de troubles de la déglutition et ne pas souffrir de blocage « freezing » (difficulté à initier un mouvement puis départ soudain et risque de chute) car la neurostimulation peut aggraver ce trouble. Ce sont des personnes qui en sont au stade de « fluctuation motrice » (variations de la motricité ou du moral selon la quantité de dopamine qui se trouve dans leur cerveau. Il s’agit de la détérioration des capacités, d’un retour aux symptômes en fin de dose du médicament), environ 4 à 5 ans après l’initiation du traitement par dopamine. Ils ont aux alentours de la cinquantaine. Les neurones situés dans trois grandes zones cérébrales peuvent être ciblés, en fonction des stades de la maladie : Le noyau sous-thalamique, un petit noyau localisé dans le tronc cérébral (partie du système nerveux central servant de relai entre l'encéphale et la moelle épinière). Cette neurostimulation, la principale, doit être réalisée précocement en début de la maladie et respecter les critères stricts cités plus haut, avec l’ensemble des bénéfices attendus. Le thalamus. La neurostimulation de cette structure est préférée chez les patients un peu plus âgés, présentant uniquement des tremblements et de légers problèmes cognitifs. Seul le tremblement est amélioré. Le pallidum. Ces neurones sont plus spécifiquement inhibés chez les malades à un stade plus avancé avec d’importantes fluctuations motrices, c’est-à-dire qui alternent les états où ils sont totalement bloqués dans leurs mouvements à un état de mouvement permanent (dyskinésies). Les dyskinésies disparaissent presque complètement. Des électrodes dans le cerveau L’opération chirurgicale est longue, entre six et huit heures. Le patient est sous sédation mais il reste conscient et n’est pas intubé (neurolept-analgésie), avec de plus une anesthésie locale. L’apport de l’acupuncture est actuellement testé à Nantes. Cette chirurgie consiste à placer une électrode dans le cerveau, reliée à un boîtier qui génère un courant électrique de 130 Hertz (neurostimulateur), implanté sous la peau au niveau du thorax ou de l’abdomen. Il y a généralement un ou deux boîtiers reliés à deux électrodes placées dans chaque hémisphère cérébral. Il est en effet rare que la maladie de Parkinson soit unilatérale. L’implantation est réalisée au moyen d’une sorte cadre métallique couvert de repères placé sur la tête du patient (un cadre de stéréotaxie). Sur ordinateur, des images du cerveau issues du scanner et de l’IRM vont se positionner en fonction des repères de ce cadre. Les chirurgiens pourront alors visualiser sur l’écran la zone précise où implanter les électrodes.  Il s’agit d’une chirurgie « éveillée » c’est à dire qu’une fois l’électrode en place, le neurologue va tester le patient sur la table d’opération pour constater l’amélioration immédiate des symptômes. La durée de vie de l’électrode est longue, pour l’instant le recul est de 20 ans. Le neurostimulateur doit en revanche être changé tous les cinq à sept ans.Il existe désormais des stimulateurs rechargeables. Les bénéfices supplantent les risques En dehors d’un fourmillement d’une quinzaine de secondes, lors de l’implantation, la neurostimulation est totalement indolore. Le risque d’hémorragie intracérébrale n’est pas exclu mais il ne dépasse pas les 1%. Le risque infectieux, aux alentours de 5%, oblige le plus souvent à retirer l’électrode. L’effet indésirable à surveiller est le changement possible de personnalité, avec des tendances suicidaires, un risque d’apathie (modification du comportement avec un manque d’envie général, une fatigue permanente) et des comportements à risque puisque ces personnes ne connaissent plus la peur. D’où les critères de sélection psychologiques des patients en amont de l’opération. En effet, la partie motrice se situe à la face postérieure du noyau sous-thalamique mais parfois le courant diffuse un peu dans la partie intermédiaire, générant ces comportementaux anormaux.  Dans la neurostimulation focalisée sur le tremblement, des problèmes de tolérance peuvent apparaître après quelques années lorsqu’il devient nécessaire d’augmenter la puissance du courant pour venir à bout des symptômes. Il suffit d’arrêter le stimulateur la nuit. Dr Sylvie Raoul, neurochirurgienne CHU de Nantes : « La neurostimulation n’est plus une technique en cours de perfectionnement. Elle est désormais couramment proposée. Cependant, trop peu de Parkinsoniens sont implantés en France alors même que nous sommes en capacité d’opérer un plus grand nombre de malades. Mais cette solution efficace est encore trop méconnue et les neurologues n’adressent pas suffisamment les patients aux centres experts (près de 25 en France) * ou le font mais lorsqu’il est déjà trop tard ! »   Marion Garteiser, journaliste santé

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Courbure de verge : enfin un médicament !

Le premier traitement spécifique de la maladie de Lapeyronie, une déformation de la verge avec une courbure plus ou moins prononcée, est désormais disponible. La promesse d’une qualité de vie sexuelle retrouvée. Explications.   Maladie de Lapeyronie, maladie de la cinquantaine La maladie de Lapeyronie -du nom de celui qui l’a décrite au XVIIIe siècle- est une pathologie de la verge caractérisée par une courbure acquise du pénis en érection. Celle-ci est due à une perte d’élasticité des corps caverneux, ces tissus spongieux et extensibles situés dans la verge. Il s’agit plus précisément d’une fibrose, c’est-à-dire la transformation fibreuse de l’enveloppe des corps caverneux, en l’occurrence ici suite à une inflammation. Dans la majorité des cas, les plaques fibreuses se localisent au niveau dorsal du pénis, ce qui entraîne une incurvation vers le haut. L’angulation peut aller de quelques degrés à plus de 90 degrés. En plus de cette déformation qui rend difficile ou impossible la pénétration, cette atteinte de la verge peut être douloureuse, altérant à des degrés divers la qualité de vie sexuelle. La maladie de Lapeyronie touche les hommes d’une cinquantaine d’années (âge moyen 53 ans) et, chez la plupart d’entre eux, le premier symptôme est l’érection douloureuse. La moitié décrit une apparition soudaine du jour au lendemain, l’autre moitié un développement insidieux de l’incurvation sur plusieurs semaines ou mois. Cette maladie évolue en deux phases : la première, aiguë inflammatoire caractérisée par la douleur et la seconde, chronique avec la déformation de la verge en érection. L’évolution de la maladie se fait sur 12 à 18 mois. A un an, la douleur s’estompe chez plus de 90% des hommes. Environ 12% constatent une amélioration de la déformation, 40% une stabilisation et les autres s’aggravent sur la déformation et/ou la qualité de la rigidité en érection. Dr Antoine Faix, chirurgien urologue, andrologue  et sexologue, responsable du Comité d’Andrologie et de Médecine Sexuelle de l’Association Française d’Urologie (AFU) : « L’homme doit photographier la courbure de verge en érection, de face et de profil, afin que le médecin puisse constater la courbure anormale mais aussi en suivre l’évolution. Les examens radiologiques ou échographiques sont le plus souvent inutiles. Seule l’évaluation clinique, à savoir la palpation de la plaque fibreuse, permet de poser le diagnostic ». Maladie de Lapeyronie, pourquoi en parle-t-on plus souvent ? Trois facteurs prédisposant à la maladie de Lapeyronie ont été identifiés, dont le fait de souffrir aussi d’une maladie de Dupuytren au niveau des mains (contraction de la membrane située entre les tendons fléchisseurs de doigts), d’une maladie de Ledderhose au niveau des pieds (une maladie auto-immune favorisant la fibrose) ou d’avoir eu un microtraumatisme au niveau de la verge notamment en érection. Le tabac est quant à lui un facteur aggravant. Dr Antoine Faix : « La prévalence de la maladie de Lapeyronie n’est pas anecdotique et semble même progresser (3 à 9% des hommes au-delà de 50 ans, dont 5 à 10% de formes gênantes et sévères) notamment à cause de facteurs favorisant comme le diabète et éventuellement certaines maladies auto-immunes ; parmi les facteurs déclencheurs, des microtraumatismes sur des corps caverneux fragilisés probablement par l’altération de la microvascularisation (capillaires sanguins) comme c’est le cas dans le diabète. » Un premier traitement disponible En parallèle à cette augmentation actuelle ?subjective- de la maladie de Lapeyronie, des stratégies thérapeutiques apparaissent. L’efficacité de ondes de choc (afin de rompre les plaques par endroit) dans la stabilisation de la maladie demande encore à être évaluée par des essais cliniques. Mais l’arsenal thérapeutique, à ce jour assez limité dans l’efficacité, inclut désormais une enzyme qui détruit spécifiquement le collagène à l’origine des plaques ; il s’agit d’une « collagénase » issue de la bactérie Clostridium histolyticum*. Ce nouveau venu (non remboursé) déjà validé depuis deux ans dans la maladie de Dupuytren, s’injecte dans la zone de fibrose à raison de une à huit injections. Le plus souvent trois à quatre injections en moyenne suffisent, pratiquées à un mois d’intervalle. Il faut leur associer du stretching ou l’utilisation d’un « vacuum » (dispositif d’aspiration) quelques jours après et ce jusqu’à la prochaine injection. Il s’agit du premier traitement ayant une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans la maladie de Lapeyronie avec une courbure supérieure à 30 degrés. Cette collagénase peut s’employer en première intention, en cas de maladie gênante et stabilisée, c’est-à-dire au moins un an après le début des symptômes cliniques. Dr Antoine Faix : « Sans pour autant guérir la maladie, la réduction moyenne de l’angle de courbure de la verge obtenue avec ce nouveau médicament approche 20 degrés chez les hommes qui répondent au traitement, soit 60 à 70% d’entre eux. Cela leur permet de retrouver une qualité de vie et une vie sexuelle acceptable pour certains, voire éventuellement d’améliorer la situation pour un acte chirurgical moins invasif. Ce premier traitement avec AMM va donc sensiblement changer la stratégie de la maladie de Lapeyronie stabilisée et permettre d’améliorer le pronostic sexuel de ses hommes, souvent psychologiquement très marqués compte tenu de l’importance du handicap ».   Marion Garteiser, journaliste santé

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Allergie : peut-on devenir allergique sur le tard ?

L’allergie ne cesse de progresser et particulièrement chez les jeunes. Mais peut-on aussi développer une allergie à 40 ans, à 50 ans ? Les seniors également peuvent-ils soudainement devenir allergiques ? Les symptômes sont-ils alors les mêmes que chez les jeunes ? Nous avons interrogé le Dr Madeleine Epstein, allergologue à Paris et membre du Comité de pilotage de l’Association Asthme & Allergies   À quel âge une allergie peut-elle se déclarer ? Dr Madeleine Epstein : Il n’y a pas d’âge. On peut déclarer une allergie à tous les âges de la vie. L’idée selon laquelle seuls les jeunes peuvent être allergiques est complètement fausse. On peut diagnostiquer une allergie dans l’enfance, chez un adulte d’âge moyen, un cinquantenaire ou chez un senior. Et s’il est vrai que les médecins diagnostiquent davantage d’allergies chez les jeunes, c’est parce que plus on avance en âge, plus l’allergie est sous diagnostiquée. On retiendra qu’il ne faut pas considérer l’âge comme un critère de diagnostic. L’âge auquel une allergie est diagnostiquée représente-t-il un signe de gravité ? Dr Madeleine Epstein : Pas du tout, la gravité d’une allergie n’est pas déterminée par l’âge. La survenue est multifactorielle et c’est notamment pourquoi elle peut se manifester à tout âge et selon le même schéma symptomatique (les manifestations de l’allergie sont les mêmes à tous les âges). Si un jeune développe des symptômes typiques, on pense tout de suite à une allergie. À l’inverse, chez une personne âgée, on refuse souvent l’évidence sous prétexte que l’on est trop vieux. C’est ainsi que nombre d’adultes allergiques vivent de nombreuses années d’errance diagnostic et que les statistiques indiquent plus d’allergiques parmi les jeunes en raison d’un sous-diagnostic chez les plus âgés. Il existe un autre facteur majeur expliquant les retards de diagnostic : les comorbidités. On appelle ainsi les autres maladies associées, plus fréquentes avec l’âge, et dont les symptômes vont avoir tendance à masquer ceux d’une allergie sous-jacente. Par exemple, dans le cas d’une allergie donnant des symptômes similaires à ceux d’une sinusite, on donnera en première intention des antibiotiques à un senior, alors que chez un enfant on pensera en premier lieu à explorer une allergie. Pourquoi devient-on allergique sur le tard ? Dr Madeleine Epstein : On ne devient pas allergique, on naît avec une prédisposition génétique. Ensuite, l’allergie se développe ou non en fonction des circonstances. On peut ainsi être prédisposé à une allergie au chat, mais ne jamais rencontrer de chat et donc ne jamais devenir allergique. On peut également se retrouver exposé à un chat dès son enfance et déclarer très tôt son allergie, ou à l’opposé être confronté à un chat sur le tard et ressentir seulement à ce moment-là des symptômes allergiques. La concentration d’allergène à laquelle on est exposé est très importante. On dépasse ou non un seuil. J’ai par exemple rencontré en consultation une personne de 75 ans venant subitement de développer un rhume des foins évident tout simplement parce qu’elle venait d’atteindre pour la première fois son seuil déclenchant pour les pollens de bouleau, dont la concentration à cette période avait été particulièrement importante cette année-là. Outre les circonstances de rencontre avec l’allergène et l’atteinte d’un seuil déclenchant, la fragilité joue aussi un rôle primordial. La fatigue, le stress, les contrariétés sont également des facteurs favorisants. C’est ainsi que les enfants qui ont hérité du terrain allergique de leur père et/ou leur mère déclarent souvent une allergie avant leurs propres parents. J’ai suivi une petite fille de 8 ans jusqu’à ses 14 ans pour un asthme allergique et ce n’est que lors de la dernière consultation que sa mère alors âgée de 40 ans, dont le nez commençait à la piquer, m’annonce qu’elle pensait être allergique aux pollens. Que conseillez-vous pour améliorer le diagnostic à tout âge ? Dr Madeleine Epstein : Quand des symptômes inexpliqués et répétitifs au niveau des voies respiratoires, des yeux et des surfaces en contact avec l’extérieur se manifestent, il faut penser à une possible allergie et aller voir un allergologue. Ce spécialiste pourra explorer le terrain allergique et peut aussi parfois trouver des facteurs autres qu’allergiques expliquant les éternuements ou les boutons. En effet, on parle beaucoup de pollution environnementale domestique et l’on recherche donc systématiquement une éventuelle exposition à des aérocontaminants (déodorisants, parfums d’ambiance, huiles essentielles, etc.). Pour en savoir plus sur l’allergie Association Asthme & Allergies : http://asthme-allergies.org   Isabelle Eustache, journaliste santé

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Quelles seront les allergies alimentaires de demain ?

Les allergies alimentaires augmentent et évoluent au fil du temps. Quels sont les aliments potentiellement « à risque » à surveiller dans les années à venir ? Le point sur ces allergies émergentes... Allergies alimentaires : état des lieuxL'augmentation du nombre des allergies alimentaires depuis 30 ans est un phénomène incontestable et connu des spécialistes, qui s'intègre dans la progression des maladies allergiques d'un point de vue général. On assiste là, en quelque sorte, à un « retour de boomerang » lié au changement des modes de vie : plus d'hygiène, plus de pollution, plus de médicaments... mais aussi une alimentation de plus en plus diversifiée, et exotique, avec des produits venus du bout du monde, qui envahissent progressivement les rayons de nos magasins -et nos assiettes- et ont considérablement modifié nos habitudes alimentaires. Ce qui explique que l'on voie apparaître des allergies alimentaires inconnues il y a encore deux décennies,  comme l'allergie aux noix de cajou (en progression, et désormais deuxième en fréquence des allergies graves chez l'enfant, juste après l'arachide), à la spiruline (une petite algue bleue), à la caroube...Allergies alimentaires : à quoi s'attendre pour l'avenir ?« Il semble évident que l'arrivée permanente de nouveaux aliments va être suivie de nouvelles allergies alimentaires correspondantes », explique le Docteur Etienne Bidat, allergo-pneumologue à l'Hôpital Ambroise Paré (Boulogne) et créateur du site allergienet.com. « Le processus est connu, tout particulièrement, dans l'industrie agro-alimentaire. Ainsi, le lupin (utilisé sous forme de farine depuis une quinzaine d'années pour donner de la couleur et une texture agréable) a déclenché l'apparition d'allergies, tout comme le soja. Tous deux figurent d'ailleurs sur la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire (ADO) établie en juin 2009. Les industriels, assez réactifs dans ce genre de situation, les ont alors remplacés par de la farine de pois blonds qui possède les mêmes qualités... et nous voyons donc désormais apparaître des allergies aux pois ! »Les aliments changent... les allergies suiventDe la même façon, « la tendance au « sans gluten » (celui-ci figurant sur la liste ADO) et donc aux farines de substitution a fait émerger des allergies au sarrasin, autrefois peu consommé en France, mais désormais en force » explique le Docteur Jean-Marie Renaudin, allergologue et Président du réseau d'Allergo-Vigilance® (RAV). « Cette allergie au sarrasin a même pris une certaine ampleur puisqu'elle est devenue rapidement aussi fréquente que l'allergie au sésame (présent sur la liste ADO), tout en ne figurant pas encore au nombre de ces allergènes « officiels ». Et nous avons observé le même phénomène avec les laits de petits mammifères (brebis et chèvre, également absents de la liste ADO) : l'allergie à ceux-ci était autrefois très souvent associée à celle au lait de vache, mais on la recense aujourd'hui plus fréquemment isolée, suite à l'arrêt de plus en plus courant de consommation du lait de vache... ».Une surveillance de chaque instantD'où l'intérêt d'une vigilance permanente, mission du RAV® (www.allergovigilance.fr), réseau francophone créé en 2001 qui permet, grâce aux médecins allergologues, de recenser les cas d'anaphylaxie sévère, et de suivre, avec une vraie réactivité,  l'émergence de nouvelles allergies alimentaires.Cette surveillance concerne en particulier les nouveaux ingrédients comme la luzerne, la graine de Chia, autorisée depuis peu, et bientôt les protéines d'insectes. Devons-nous nous pour autant estimer que toutes les nouvelles protéines sont potentiellement dangereuses ? « Non : chez les végétaux, la plupart d'entre elles sont facilement dégradées par la cuisson et/ou la digestion, voyant ainsi leur potentiel allergisant diminuer » explique le Dr Renaudin. Les protéines les plus « à risques » sont celles dites « de stockage » (comme celles par exemple que contiennent les oléagineux, permettant de stocker les graisses). Finalement tout dépend de la protéine ET du mode alimentaire (dans le pays d'origine et une fois introduit en France) : mais certains aliments « attendus  comme allergisants » se révèlent en réalité à faible risque, comme la moutarde, récemment innocentée, ou le quinoa. Il est donc important non seulement de faire un travail d'observation, mais également de compréhension, grâce aux outils de la biologie moléculaire, afin de repérer les protéines les plus allergisantes. Et bien sûr, de faire évoluer régulièrement la liste ADO, qui mériterait d'être remise à jour régulièrement en fonction de ces données. Source : e-santé Isabelle Delaleu, journaliste santé

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Stress post-traumatique lié aux attentats : six semaines pour guérir

Toute personne, victime directe ou indirecte des attentats parisiens du 13 novembre 2015 peut bénéficier d'un nouveau traitement du stress post-traumatique dans le cadre de l'étude "PARIS MEMoire vive" qui vient de débuter dans onze centres hospitaliers parisiens. Cette méthode rapide s'avère plus adaptée que les psychothérapies classiques et les antidépresseurs pour atténuer le souvenir traumatisant et prendre en charge les victimes d'attentats et les traumatismes de masse en général. Une nouvelle thérapie du stress post-traumatique testée dans les hôpitaux parisiensLa "thérapie Brunet* est une technique prometteuse développée au Canada par le Pr Alain Brunet, directeur de recherche en Psycho-Traumatologie à l'Université McGill de Montréal.Cette nouvelle méthode dans le stress post-traumatique est bienvenue. En effet, les antidépresseurs sont efficaces mais rapidement abandonnés dans un quart à un tiers des cas du fait de leurs effets secondaires. Quant aux psychothérapies classiques, elles s'envisagent sur la durée (10-25 séances) avec un risque de rechute à un an de 50%. La promesse tenue de la thérapie Brunet est une réadaptation des victimes à la vie normale en six semaines après un choc traumatique.Pr Brunet : « L'objectif est de diminuer la charge émotionnelle du souvenir traumatisant grâce à un traitement combinant un médicament et une psychothérapie. J'ai déjà formé une centaine de praticiens parisiens en vue de prendre en charge les personnes traumatisées par les attentats du 13 novembre 2015 et de les inclure dans l'essai PARIS MEM. Au total, onze centres hospitaliers à Paris ont répondu à l'appel. La finalité de l'étude est de valider cette méthode, déjà testée avec succès chez plusieurs centaines de personnes, mais cette fois-ci à une plus large échelle ».  Le principe : affaiblir le souvenir pour guérirEn substance, la thérapie Brunet imite le processus normal de guérison des souvenirs douloureux. De manière générale, tout souvenir remémoré (réactivé) doit être de nouveau consolidé pour persister. L'idée est donc de se remémorer le traumatisme grâce à un "protocole de réactivation du traumatisme" mais sous l'influence d'une molécule qui bloque justement ce processus de reconsolidation. Il s'agit du propranolol, un médicament déjà employé contre l'hypertension et la migraine. Comme la consolidation, la reconsolidation est un processus qui passe par la synthèse de protéines qui permettent de fixer le souvenir (c'est-à-dire lorsqu'il est transféré de la mémoire à court terme à la mémoire à long terme). Le propranolol interférerait chimiquement avec cette synthèse protéique.Pr Alain Brunet : « Avec cette méthode, la personne en état de stress post-traumatique n'oublie pas mais l'émotion rattachée au souvenir est affaiblie, semaine après semaine. Or l'émotion est un souvenir en soi. Lorsque l'on ravive un souvenir, l'émotion revient. Ces deux formes distinctes de mémoire (souvenir émotionnel et souvenir factuel) sont ravivées en même temps. Avec notre technique, le souvenir factuel du traumatisme reste, mais l'émotion extrême, insoutenable, est émoussée semaine après semaine, pour ne plus être qu'un souvenir ordinaire après six semaines, comme d'autres mauvaises expériences ».Une étude avec cette méthode selon les plus hauts standards des essais cliniques est sur le point de se terminer à Toulouse. Mais déjà, deux essais présentés en 2015 ont livré des données probantes. De plus, comparé à certains antidépresseurs, le blocage de la reconsolidation s'est avéré avantageux : pour une efficacité comparable, on économise du temps et des moyens avec moins d'abandons de traitement et moins de rechutes. D'où son intérêt en cas de traumatisme qui touche beaucoup de personnes à la fois (attentas, catastrophes naturelles etc.).La thérapie Brunet en pratiqueLes soins se déroulent sur six semaines, à raison d'une séance hebdomadaire. A chaque fois, la personne doit prendre un comprimé de propranolol une heure auparavant afin de lui laisser le temps de passer du sang au cerveau.-Lors de la première séance, le souvenir de la personne est réactivé en lui faisant décrire par écrit le traumatisme, ses réactions physiques ressenties sur le moment-même puis le récit du "point chaud" du traumatisme c'est-à-dire la partie la plus abjecte, la plus inacceptable, la plus troublante de l'évènement. Pour l'un, ce sera le regard du terroriste qui le hante, pour un autre ce sera d'avoir été tétanisé et de n'avoir pu agir etc. On crée donc un récit traumatique personnalisé et subjectif, rédigé à la première personne du singulier et au temps présent, contenant un maximum de détails contextuels (les personnes présentes, le moment précis, les odeurs, le jour ou la nuit, l'été ou l'hiver...) sur une feuille recto-verso au maximum. -Puis, en préalable à chaque nouvelle séance, le thérapeute demande à la personne-victime si elle a été particulièrement dérangée voire obsédée par un élément de l'histoire et si elle souhaite modifier la description. Celle-ci lit ensuite son compte rendu initial du traumatisme à voix haute à son clinicien.Pr Brunet : « Quelqu'un qui souffre d'un traumatisme est en quelque sorte comme dans le film "Un jour sans fin" où une seule et même journée se répète en permanence. Avec cette technique, la personne peut reprendre le cours de sa vie normale et continue même de s'améliorer avec le temps. Une technique simple, voire déconcertante, qui simplifie considérablement la prise en charge du traumatisme ».Participer à Paris Mémoire Vive400 personnes pourront participer à l'étude Paris MEM (conduite sur deux ans), coordonnée par le Pr Bruno Millet, professeur de psychiatrie à la Pitié-Salpêtrière (Paris). Le coordinateur scientifique et formateur est le Pr Brunet. Le promoteur de l'étude est l'AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).Pendant un an à partir de mai 2016, toute personne demandant de l'aide suivra un entretien d'évaluation, qu'elle ait été touchée de près ou de loin par les attentats du 13 novembre. Elle aura la priorité mais les personnes qui ont subi un stress post-traumatique hors attentas (agressions, accidents de la voie publique, désastres naturels etc.) seront aussi accueillies.Pour en faire partie, il faut appeler ce numéro de téléphone : 01 42 16 15 35* nom scientifique : "Blocage de la reconsolidation mnésique" Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique

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Addictions : peut-on être addict à tout ?

Quand on pense "addiction", on pense à l'alcool, aux drogues mais aussi de plus en plus souvent au sucre, aux jeux d'argent et vidéo, au sexe, au sport, au travail ou au bronzage... Pensez-vous être addict ? En cas de doute, visitez en ligne le nouveau "village des addictions". Il compile les principaux tests validés et vous met sur la voie. Amoureux ou toxicomanes... tous addictsL'addiction est un plaisir qui a mal tourné : le bien-être ou le soulagement d'un malaise du début se transforme en obsession et s'accompagne d'une perte de contrôle, peu importe les conséquences. Pour poser le terme d'addiction, il faut qu'il y ait des conséquences néfastes, une perte de contrôle, une souffrance et l'impossibilité de stopper l'addiction alors même que la personne le souhaite.Toutes les addictions font appel aux mêmes mécanismes cérébraux. Il s'agit de ceux impliqués dans la gestion du plaisir et des émotions (les voies dopaminergiques du circuit de la motivation dans la zone du cerveau préfrontale et limbique): alcool, cocaïne etc. opèrent un véritable hold-up des voies de la motivation et nous poussent à assouvir notre plaisir avant tout le reste.Mais sommes-nous tous des addicts en puissance ?Pr Michel Reynaud, Département de psychiatrie et d'addictologie de l'hôpital Paul Brousse (Villejuif) : « Nous ne sommes pas égaux vis-à-vis du risque d'addiction. Il existe d'un côté des personnalités à risque, que l'on retrouve dans à peu près toutes les addictions. Ce sont les chercheurs de sensations fortes, ceux qui ont besoin de prendre des risques et qui vont essayer toutes sortes de substances. De l'autre côté, il y a des personnes qui vivent une souffrance personnelle, un malaise, des difficultés dans les relations avec autrui, avec une mauvaise image d'eux-mêmes qui se trouve améliorée par des produits. Ceux-ci les apaisent, leurs permettent de se sentir à l'aise et de répondre aux sollicitations sexuelles et sociales ». Addiction au travail ou aux drogues, quelles différences ?Dans les années 2000 sont apparues les addictions alors qu'auparavant on parlait juste d'alcoolisme et de toxicomanie. Or, de nombreux comportements addictifs ont des mécanismes et des moyens d'intervention communs. C'est pourquoi, dans les années 2010, les addictions "sans produits" (comportementales) ont été mieux connues. Très récemment, en plus des addictions aux drogues, au tabac et à l'alcool, la classification internationale des troubles mentaux (DSM V) a intégré officiellement les addictions aux jeux de hasard et d'argent. Mais bien d'autres conduites addictives potentielles existent. Passion amoureuse, pornographie, achats compulsifs, plaisir sexuel... sont aussi des addictions potentielles.Pr Reynaud : « Il y a addiction "basique" et "conduite addictive" au mécanisme plus complexe. Par exemple, l'addiction au sexe peut se comprendre comme un mécanisme addictif basique (le plaisir devient un besoin) alors que la passion amoureuse fait appel à un contexte, au partenaire, à l'histoire de chacun etc. Malgré tout, le mécanisme profond de l'addiction est similaire. Plus le mécanisme de l'addiction est complexe, plus il faut, pour perdre le contrôle et devenir dépendant, des traits de personnalité particuliers. C'est notamment le cas de ceux qui sont addicts aux jeux vidéo ou à Internet : ce sont souvent des personnes qui ont des difficultés sociales ou relationnelles, pour lesquelles il est plus facile de passer son temps sur des écrans plutôt que dans la vraie vie ».Bronzage ou cannabis, la liste de nos addictions Les addictions aux produits licites ou non (alcool, tabac, drogues dures) obéissent à des mécanismes addictifs basiques. Addictions alimentaires : les nourritures grasses et sucrées, parfois décrites comme potentiellement addictives, nous font rarement perdre le contrôle, en dehors de comportements d'hyperphagie (prise importante et compulsive de nourriture). Les produits qui sont nécessaires à la survie ont été inscrits dans notre cerveau comme très nécessaires et hautement récompensant. C'est le cas du sucre et des graisses. Or, pour certaines personnes le sucre et les graisses peuvent se convertir en substances addictives. La boulimie est de type addictif : calmer une souffrance en ingérant des quantités déraisonnables de nourriture devient petit à petit un mode d'apaisement et de gestion du stress. Chez les personnes anorexiques, au contraire c'est le jeûne qui procure du plaisir. Les troubles du comportement alimentaire sont très intriqués avec une souffrance psychique, que l'on retrouve chez les personnes addictives. La passion amoureuse se transforme en un comportement addictif complexe lorsqu'elle devient la préoccupation permanente. Notre intelligence, notre motivation, notre sensibilité sont tournées vers l'objet d'amour et le plaisir sexuel qu'il nous apporte. Ce phénomène s'autorégule en quelques mois car on ne peut fonctionner "en surrégime" très longtemps. L'addiction au sexe et à la pornographie existe lorsque la décharge sexuelle devient un moteur permanent et lorsque l'on continue malgré toutes les conséquences (maladies sexuellement transmissibles, séparation d'avec le conjoint, perte de contrôle). L'addiction au sexe est temporaire au début de la passion amoureuse. L'addiction aux jeux de hasard et d'argent découle d'une simple pratique sociale ou récréative au départ. Les jeux de hasard et d'argent font appel à un mécanisme de récompense simple. Les addictions aux jeux vidéo, à internet, aux écrans font intervenir des déterminants individuels beaucoup plus complexes que dans une addiction basique. L'addiction au travail fait appel à une vulnérabilité individuelle. Pour certaines personnes, il est plus valorisant, plus excitant, plus gratifiant de passer ses journées, ses week-ends à travailler plutôt que de se consacrer à une vie familiale ou sociale. Les achats compulsifs, comme dans le cas des addictions au travail ou aux jeux, sont au début un plaisir et une récompense que l'on s'accorde mais cela s'accompagne d'une souffrance psychologique. On bascule dans la conduite addictive dès lors que l'on répète et l'on achète des produits dont on n'a pas envie, des achats que l'on ne parvient pas à contrôler et que l'on regrette. Le sport/exercice physique peut se rapprocher d'un comportement addictif dans le sens où il peut devenir une préoccupation au-delà des conséquences sociales, familiales et de santé. Il maintient la personne dans une sensation de manque et s'associe souvent à la prise de produits dopants qui aggravent l'addiction. La recherche excessive du bronzage peut conduire à une conduite addictive complexe : être bronzé fait du bien (augmente les taux d'hormones endorphines) et ce besoin s'auto-entretient ("toujours plus et 365 jours par an"). Mais il est difficile de faire la part de ce qui est culturel (modes) et, comme souvent dans les comportements addictifs, le contexte socio-économique joue beaucoup. La politique, la religion, peuvent potentiellement se rapprocher d'un comportement addictif lorsqu'elles prennent le pas sur tout le reste, la vie sociale, familiale, les ressources économiques de la personne et du foyer etc. « A quoi êtes-vous accro ? » Testez-vous !Le portail internet www.addictaide.fr, conçu par l'ensemble des associations impliquées dans le domaine des addictions et coordonné par le Pr Reynaud, rassemble pour la première fois au sein du "Village des addictions" les ressources médicales et associatives, destinées aux patients, aux familles, aux chercheurs, aux pouvoirs publics, aux entreprises. On y trouve quantité d'informations et les bonnes orientations de soins et d'accompagnement mais aussi de quoi tester une éventuelle dépendance.Que ce soit vis-à-vis des drogues, du tabac, de l'alcool, aux jeux d'argent ou du travail... tous les tests proposés sur Addictaide.fr sont validés au niveau international. Alors que certains sont focalisés sur le produit (par exemple le test AUDIT Alcohol Use Disorders Identification Test pour évaluer une dépendance à l'alcool) ou le comportement (notamment le test Wart work addiction risk test pour l'addiction au travail), d'autres évaluent l'intensité de l'addiction.Dès lors que l'on ressent une souffrance pour soi-même ou celle d'un proche ou que l'on se pose la question, réaliser le test est une première étape.  Source : e-santé   Hélène Joubert, journaliste scientifique

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Produits frais : comment les conserver ?

Les produits frais, viandes, poissons, légumes, fruits, laitages et fromages, sont plus ou moins vite périssables. Comment gérer ceux que vous avez l’habitude d’acheter pour ne pas gaspiller et ne pas vous intoxiquer ?   Produits frais : hygiène de base La majorité des intoxications alimentaires sont dites « ménagères » et ont une mauvaise hygiène pour origine. Après leur achat, les produits frais d’origine animale (viandes, volailles, poissons et produits laitiers) doivent rejoindre votre cuisine et son frigo le plus rapidement possible. Ceci pour ne pas casser la chaîne du froid (température de 4°C environ) et ne pas déclencher une prolifération de bactéries dont certaines peuvent être nocives. Achetés dans une grande surface, ils sont conditionnés en barquette. Rangez-les dans une boîte plastique. Pour deux raisons : la barquette a été tripotée par différentes mains inconnues pas forcément propres et le liquide qui suinte de la chair peut fermenter. S’ils viennent d’une boutique, gardez-les dans leur papier d’emballage. Produits frais : avantages du sous vide La méthode du sous vide consiste à évacuer l’air qui favorise le développement des bactéries. La conservation d’un produit frais est ainsi très largement prolongée de plusieurs jours. Si, dans une grande surface ou sur Internet, vous achetez des viandes et des poissons mis sous vide, gardez-les évidemment tels quels. Une DLC (Date limite de consommation) est toujours indiquée mais vous pouvez la dépasser sans danger de 3 à 4 jours. Tous les bouchers sont équipés d’une machine sous vide. Demandez au votre de conditionner ainsi vos achats : cela vous permet de les grouper et de gagner du temps pour vos courses. Mais vous avez vraiment intérêt à vous équiper d’une telle machine. Différentes marques existent dont le prix tourne autour de 100 ? (livrées avec sacs et bocaux). Aucune n’est encombrante. Vous l’amortirez très vite grâce au gaspillage évité et au temps gagné.    Poissons frais : les plus fragiles Vous avez prévu un poisson cru en tartare ou en sashimi ? Utilisez le filet le jour même. Si vous l’avez acheté d’avance, gardez-le au congélateur Toute odeur d’ammoniac rend un poisson suspect : c’est le signe qu’il a commencé à se dégrader. Si cette odeur est très légère, rincez-le avec de l’eau vinaigrée et cuisinez-le si elle a disparu après ce rinçage. Si ça n’est pas le cas, direction poubelle. Un reste de poisson cuit se conserve dans une boîte hermétique au frigo pendant 2 à 3 jours, 5 à 10 jours quand il est sous vide. Coquillages : à consommer sans attendre Un coquillage ouvert est mort ou en voie de l’être. Achetez-les bien fermés, et éliminez ceux qui baillent quand vous les rincez pour les cuisiner. Consommez crus, tous les coquillages s’ouvrent au dernier moment et n’attendent pas 3 heures dans une pièce surchauffée. Si vous faites livrer une bourriche d’huîtres (DLC de 7 jours à respecter), stockez-la au frais sans l’ouvrir. Puis mettez un torchon et un poids dessus au fur et à mesure des consommations.  Viandes fraîches : attention aux hachées ! Le hachage introduit de l’air dans la viande, ce qui la rend plus sensible au développement rapide des bactéries nocives. Et, en particulier, de la plus redoutable, une souche particulière de E. Coli, responsable de graves intoxications parfois mortelles. Pour un tartare, achetez toujours la viande hachée chez un boucher, jamais dans une grande surface. Vous êtes ainsi sûre de sa fraîcheur. Utilisez-la le jour même. Cuisez toujours les beefsteaks hachés à c?ur, surtout ceux de la grande distribution, afin de tuer ce très vilain E. Coli. Les autres viandes, en morceaux, se conservent sans danger 4 à 5 jours au réfrigérateur. Elles vont maturer, c’est-à-dire perdre du liquide de constitution, ce qui les rend plus savoureuses. Évacuez souvent ce liquide, elles n’en seront que meilleures. Les restes se conservent 3 à 4 jours, protégés de l’oxydation, soit enveloppés de papier film pour les rôtis, soit dans leur sauce pour les plats mijotés. Fromages : toujours enveloppés dans du papier Gardez-les toujours enveloppés individuellement dans leur papier d’origine. Si vous les achetez en grande surface, débarrassez-les du plastique et remplacez-le par du papier sulfurisé (ou de l’aluminium mais uniquement pour les bleus). Regroupez-les dans une corbeille ou un sac plastique, mais pas dans une boîte fermée : les fromages ont besoin de respirer. Stockez-les dans le bac à légumes ou en bas du frigo. Les fromages à pâte molle se gardent facilement 2 à 3 semaines : ils prendront plus de goût. Ceux à pâte dure peuvent durer plus d’un mois. Si quelques moisissures apparaissent, pas d’affolement ! Ne jetez surtout pas mais grattez-les avec la lame d’un couteau. Produits laitiers : dépassez les DLC sans problème A vrai dire, ce ne sont pas vraiment des produits frais puisque yaourts et fromages blancs sont fabriqués avec des laits pasteurisés et que le lait en brick l’est aussi ! Mais ils sont considérés comme tels. Et se conservent obligatoirement au frigo. Leur DLC, assez arbitrairement fixée par les industriels (pour activer leur consommation) peut être largement dépassée tant que le produit n’est pas entamé : 1 mois pour les yaourts nature (leur acidité les protège du développement des bactéries), et 10 à 15 jours pour les fromages frais et le lait. Leur saveur peut se modifier, mais ça n’est pas une raison pour les jeter en cas de DLC dépassée ! Sauf s’ils sont moisis. Crème et beurre : bons tant qu’ils ne sont pas rances Pour la crème et le beurre industriel, leurs DLC peuvent être largement dépassées pour la même cause de pasteurisation. Ils vont peu à peu rancir après leur mise en service, mais ça prend du temps : de 15 jours à 1 mois tant qu’ils ne sont pas ouverts. Ça s’active ensuite.   Pour ceux, artisanaux, qui sont au lait cru, le rancissement intervient plus rapidement, sauf quand le beurre est salé puisque le sel est un conservateur. Légumes : plus ils vieillissent, moins ils sont bons Plus un légume est frais, meilleur il est au goût. Au bout de 2 à 3 jours de frigo, bien des légumes se ramollissent et ils sont moins bons. Sauf ceux qui sont compacts, solides, comme les choux par exemple.   Mais des carottes ratatinées sont sans aucun danger pour votre santé ! Les pommes de terre n’aiment ni le réfrigérateur qui les ramollit, ni la lumière qui fait se développer la solanine, substance verte et amère (mais sans danger sauf en vraiment très grande concentration). Gardez-les dans un panier, avec un torchon par-dessus pour les en protéger. Fruits : à l’air libre La fraîcheur du frigo tue les saveurs des fruits. Elle ravage aussi les bananes qui deviennent toutes noires. Conservez-les à l’air libre dans une coupe, sauf en été quand ils sont vraiment très mûrs. Si jamais ils attendent trop longtemps, que vous voyez des taches brunes apparaître sur leur peau, ne les jetez pas ! Épluchez-les, retirez les parties abîmées et cuisez-les en compote. Produits frais : faites marcher vos sens La DLC sur les produits frais emballés de la grande distribution peut être une sécurité. Elle n’existe pas sur les produits achetés en boutiques. Bien sûr, vous pouvez vous équiper d’une appli pour noter la date de tous vos achats : c’est un bon moyen pour ne pas oublier un produit caché au fond du frigo. Mais ce sont la vue et surtout l’odeur qui doivent vous interpeler. L’odeur est désagréable et pire encore, il y a des moisissures ?  Vous n’avez évidemment aucune envie de manger ce truc, alors jetez-le alors sans état d’âme. Mais tant que le produit sent bon et qu’il a un aspect normal, vous pouvez le consommer sans risque.   Marion Garteiser, journaliste santé

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Transports en commun : le lieu insolite où il faudrait porter des bouchons d’oreille

Des chercheurs canadiens ont réalisé une étude qui démontre que les niveaux de sons ressentis dans les transports en commun seraient dangereux pour l'audition.Des chercheurs de l'Université de Toronto au Canada ont publié une étude dans le Journal of Otolaryngology démontrant que l'exposition excessive aux bruits dans les transports en commun pourrait engendrer une perte d'audition. Des pics dans le métro et l'autobus D'avril à août 2016, les chercheurs ont utilisé la dosimétrie dans la ville de Toronto, un appareil permettant de mesurer précisément les niveaux de bruit . Les sons ont été enregistrés dans les transports en commun, c'est-à-dire dans l'autobus, le tramway et le métro ainsi que dans les transports privés, donc en voiture, en vélo ou à pied. Les résultats ont montré que certains pics de bruits peuvent entraîner des pertes auditives importantes pour les individus présents. Les niveaux les plus hauts enregistrés s'élèvent à 9% de dépassement des normes dans le métro, et jusqu'à 12% dans l'autobus. Les pics de bruit moyens étaient plus élevés dans les wagons de métro que dans les stations et plus élevés aux arrêts d'autobus qu'au sein même du véhicule. L'US Environmental Protection Agency suggère qu'une exposition chronique à 80,3 dBA pendant plus de 160 minutes par jour serait susceptible de produire une perte auditive chez les individus exposés. Pour cette étude, le temps moyen passé selon le mode de transport a été obtenu à partir de l'Enquête nationale auprès des ménages de Statistique Canada de 2011. Sur cette base, la durée moyenne du trajet quotidien en transport en commun était de 47 min et 30 s avec une exposition au bruit inférieur aux normes mais ayant des pics d'environ 85 dBA, dépassant les mesures recommandées. Perte auditive : plus de 360 ​​millions de personnes touchées La perte auditive est l'un des troisièmes problèmes de santé les plus répandus dans le monde d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS). On estime que plus de 360 ​​millions de personnes sont concernées et plus d'un milliard de jeunes âgés de 12 à 35 ans sont à risque. Cette étude nous apprend que parmi les personnes atteintes de perte auditive invalidante dans le monde, environ 16% sont attribuées à la perte auditive induite par le bruit. Les chercheurs précisent : "Les pertes auditives sont causées par une exposition chronique à un bruit excessif, ce qui les rend potentiellement évitables." Ils expliquent qu'en plus de provoquer des troubles auditifs, l'exposition chronique au bruit a été associée à l'hypertension, à l'infarctus du myocarde, aux accidents vasculaires cérébraux, à de mauvaises habitudes de sommeil et même à des problèmes de santé mentale. Les scientifiques encouragent donc les villes à prendre des mesures pour réduire ce problème de santé publique. Pour l'instant, les particuliers peuvent prendre leurs précautions en portant des bouchons d'oreilles dans les transports afin de prévenir le risque de perte auditive. Vidéo. Perte d'audition : les signes d'alerte Perte d'audition : les signes d'alerte

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Alerte à la bronchiolite : soyez vigilant

Gare à la respiration de votre bébé ! Selon Santé Publique France, la bronchiolite serait "en nette augmentation". L'épidémie est même déjà déclarée en Ile-de-France, Martinique et Guadeloupe."Chaque hiver, près de 30% des enfants de moins de 2 ans sont affectés par la bronchiolite" rappelle le site Santé publique France. Or selon son dernier bulletin officiel, l'épidémie a déjà commencé en Ile-de-France, Guadeloupe et Martinique. Plusieurs régions comme la Nouvelle-Aquitaine, l'Occitanie, le Centre-Val de Loire, la Bretagne et la Normandie sont en "pré-épidémie". La bronchiolite est une infection respiratoire très répandue et très contagieuse qui affecte des petites bronches,  les bronchioles, provoquant une gêne respiratoire, voire une insuffisance respiratoire dans les cas les plus graves. Elle serait cette année "en nette augmentation." Lors de la première semaine des vacances de la Toussaint, le nombre de passages aux urgences pour bronchiolite a augmenté de 26% indique le Parisien. Bronchiolite : les signes qui doivent alerter Dans certains cas, l'état d'un jeune enfant atteint de bronchiolite peut s'aggraver en quelques heures, surtout s'il s'agit d'un nourrisson et s'il était déjà malade des poumons pour une autre raison avant la bronchiolite. L'apparition d'un seul des signes d'alerte suivants devraient vous inciter à consulter rapidement un médecin : les difficultés respiratoires de l'enfant semblent s'aggraver au lieu de s'améliorer progressivement ; le sifflement qu'on entend quand il rejette l'air des poumons est de plus en plus bruyant, ou sa respiration s'accélère de plus en plus (notamment s'il respire 60 fois par minute ou plus) ; lorsque l'enfant respire, son ventre se creuse, et ses narines s'ouvrent de manière inhabituelle ; la peau de l'enfant semble anormalement pâle ou grise, ou ses lèvres semblent bleuâtre ; l'enfant semble avoir du mal à reprendre sa respiration après un épisode de toux (épisode d'apnée, c'est-à-dire d'arrêt de la respiration) ; l'enfant refuse de téter, ou tête à peine ; l'enfant devient somnolent et ne se réveille plus pour téter ou pour manger comme d'habitude ; l'enfant est très irritable, il dors très mal et devient difficile à calmer ; la température de l'enfant atteint ou dépasse 39°C ; bébé n'a pas mouillé ses couches depuis six à huit heures, la fontanelle du haut de son crâne s'enfonce, ou sa bouche et ses lèvres semblent sèches. Ne vous affolez pas pour autant. Dans certains cas, l'apparition d'un de ces signes ne sera qu'une fausse alerte. ou bien une consultation et une prise en charge rapides permettront de sortir rapidement bébé d'un mauvais pas, notamment par la prescription d'une kinésithérapie de désencombrement respiratoire.Les gestes de prévention pour diminuer le risque de bronchiolite sont disponible sur le site de Santé Publique France, dans une brochure intitulée "Votre enfant et la bronchiolite."

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Les boissons énergisantes, un danger pour les reins

L'engouement pour les boissons énergisantes ne cesse de croître. Pourtant, elles présenteraient de multiples risques pour la santé au niveau des reins, de l'hypertension artérielle et du comportement.Une nouvelle revue publiée dans Frontiers in Public Health et réalisée par des chercheurs de Harvard à Cambridge aux Etats-Unis révèle que les boissons énergisantes présenteraient des risques graves pour la santé. Carries, diabète et maladies rénales Cette petite revue résume les données scientifiques actuelles sur les conséquences de la consommation de boissons énergisantes. Elle révèle que ces boissons sont associées à des effets négatifs sur la santé, particulièrement chez les enfants et les adolescents. Elles sont liées au risque de surpoids, d'obésité et de diabète du type 2. A cause de leur faible pouvoir de satiété, les consommateurs ont tendance à ne pas adapter leur régime alimentaire en fonction du taux de sucre élevée qu'on trouve dans les boissons énérgisantes. Leur consommation augmente la glycémie et l'insuline, et peut provoquer une charge glycémique élevée ainsi qu'une l'intolérance au glucose. Aussi, elles sont associées à un risque élevé de caries dentaires. Egalement, il a été démontré qu'elles sont responsables de maladies rénales, en particulier de lésions microvasculaires, et d'une progression accélérée de l'insuffisance rénale chronique à cause du fructose qu'elles contiennent. Trop de sucres et de caféine La plupart de ces boissons ont une composition similaire, on retrouve de l'eau, du sucre, de la caféine, certaines vitamines, des minéraux et des stimulants comme le célèbre ginseng. Certaines peuvent contenir jusqu'à 80 mg de caféine par cannette, soit huit fois plus qu'un café ordinaire qui en contient seulement 12 mg. Leurs niveaux élevés en sucre et en caféine peuvent être à risque pour la santé. Les principaux problèmes qui peuvent se développer sont des comportements à risque, des problèmes de santé mentale sous forme d'anxiété et de stress, l'augmentation de la tension artérielle, de l'obésité, des lesions rénales, de la fatigue excessive, des maux de ventre, une colère et agressivité accrue. L'auteure de l'étude, Dr Josiemer Mattei, professeur adjointe en nutrition à Harvard, déclare : "Les preuves suggèrent qu'ils sont nocifs pour la santé et devraient être limités par une réglementation plus stricte en limitant leurs ventes aux enfants et aux adolescents, ainsi que la fixation d'une limite de la quantité de caféine." Les auteurs appellent le gouvernement à réagir Le Dr Mattei explique: "Notre revue est limitée car il y a un petit nombre d'études dans ce domaine et elles se concentrent principalement sur de jeunes adultes en bonne santé, évalués à un moment donné. Les futures recherches devraient explorer les effets des constituants de boissons énergétiques que nous connaissons moins, tels que la taurine, et envisager des évaluations à long terme dans un plus large éventail de la population pour examiner les effets de la consommation de ces boissons au fil du temps". Elle ajoute : "Nous concluons qu'il existe actuellement suffisamment de preuves pour suggérer que les conséquences négatives sur la santé des boissons énergisantes dépassent les avantages potentiels à court terme."

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Cancer de l'ovaire : un test capable de le découvrir avant qu'il ne soit à un stade avancé

Associé à des symptômes discrets et peu spécifiques, le cancer de l'ovaire est généralement découvert à un stade avancé. Mais des chercheurs américains pensent avoir trouvé un test sanguin permettant de détecter la maladie précocément.Le cancer de l'ovaire est rare mais évolue sans bruits. Il est ainsi difficile à soigner parce que souvent découvert à un stade avancé. Ce qui pourrait peut-être bientôt changé. Des scientifiques du Brigham and Women's Hospital aux Etats-Unis ont testé un processus* capable de le détecter plus tôt. Ils ont analysé des molécules appelées "microARN" présentes dans le génome de chaque individu, dans les cellules saines et dans les cellules cancéreuses. Dans ce derniers cas, les microARN sont différentes. Les chercheurs ont analysé le sang de 135 femmes atteintes d'un cancer de l'ovaire (avant leur traitement, chimiothérapie ou chirurgie) puis ont transmis les informations recueillies à un ordinateur pour détailler les différences entre les molécules selon l'état des cellules. Ils ont ensuite appliqué leurs observations à 859 femmes et les conclusions se sont avérées très positives. La totalité des tests anormaux relevés via l'analyse des microARN orientait vers des cancers de l'ovaire, contre seulement 5% des tests anormaux dépistés par ultrasons, technique actuellement utilisée. Pour les auteurs "les microARN circulants ont le potentiel de développer un test de diagnostic non invasif pour le cancer de l'ovaire". Cancer de l'ovaire : 3150 décès par an En France, le cancer de l'ovaire est responsable de 3150 décès par an, selon les données relatées par l'Institut Curie. Un seul ovaire peut être touché, ou les deux. Dans 80% des cas, les tumeurs de l'ovaire se développent à partir des cellules situées à la surface des ovaires (cancers épithéliaux). Dans la plupart des autres cancers, les tumeurs sont issues des cellules germinales (qui se développent à partir des cellules produisant les ovules). Parmi les signes les plus souvent observés, citons un gonflement ou une tension de l'abdomen, une sensation de poids sur le ventre, des douleurs pelviennes et lombaires, des besoins impérieux d'uriner, des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées, constipation, ballonnements…), des variations de poids, des troubles gynécologiques (troubles des règles, rapports sexuels douloureux), fatigue… Si les causes restent inconnues, l'âge fait partie des facteurs de risque. Généralement les femmes de plus de 50 ans sont les plus touchées. Le cancer de l'ovaire en vidéo Le cancer de l'ovaire en vidéo Source : - Diagnostic potential for a serum miRNA neural network for detection of ovarian cancer. Kevin M Elias Wojciech Fendler Konrad Stawiski Stephen J Fiascone Allison F Vitonis Ross S Berkowitz Gyorgy Frendl Panagiotis Konstantinopoulos Christopher P Crum Magdalena Kedzierska Daniel W Cramer Dipanjan Chowdhury Is a corresponding author expand author listsee all. Brigham and Women's Hospital, United States Harvard Medical School, United States Medical University of Lodz, Poland. 31 octobe 2017. eLife.

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Pourquoi il faut éviter de manger trop de réglisse après 40 ans

L'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux avertit sur le risque de développer une arythmie cardiaque et une pression artérielle élevée si vous mangez trop de réglisses noires, surtout à 40 ans.Selon un avertissement publié sur le site de l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA), une surconsommation de réglisse noire pourrait provoquer une arythmie cardiaque et une pression artérielle élevée, surtout si vous avez plus de 40 ans. Taux de potassium trop bas : taux de sodium trop élevés Le rapport de la FDA explique que la réglisse noire contient une substance active appelée la glycyrrhizine extraite de la racine de la plante Glycyrrhiza glabra. Cet acide empêche l'absorption de potassium par le corps humain. Lors de la consommation de réglisse, les taux de potassium peuvent donc descendre en dessous des niveaux normaux. Pour que le coeur fonctionne correctement, il a besoin d'un certain niveau de potassium et de sodium. Lorsque les taux de potassium sont inférieurs à la normale, les niveaux de sodium se retrouvent anormalement élevés, ce qui entraîne une perturbation du rythme cardiaque. Cette anomalie augmente donc les risques de déclencher une crise cardiaque. Le docteur de la FDA, Linda Katz, déclare dans le rapport que : "les niveaux de potassium sont généralement restaurés sans problèmes de santé permanents lorsque la consommation de réglisse noire s'arrête." Ne pas consommer de trop grosses quantités en une seule prise La FDA explique dans son rapport qu'une seule réglisse noire en forme de 8 consommée de façon journalière pendant une période minimum de 2 semaines pourrait causer de véritables problèmes cardiaques. L'agence a recueilli les témoignages de plusieurs consommateurs de ce bonbon. Une majorité d'entre eux, âgés de 40 ans et plus, aurait développé des problèmes cardiaques ou de l'hypertension artérielle après avoir mangé trop de cette friandise. La FDA a fait les recommandations suivantes auprès des amateurs de réglisse noire : "peu importe votre âge, ne mangez pas de grandes quantités de réglisse noire en une seule prise. Si vous avez mangé beaucoup de réglisse noire et avez un rythme cardiaque irrégulier ou une faiblesse musculaire, arrêtez d'en manger immédiatement et contactez votre médecin. La réglisse noire peut interagir avec certains médicaments, herbes et compléments alimentaires. Consultez un professionnel de la santé si vous avez des questions sur les interactions possibles avec un médicament ou un supplément que vous prenez". Vidéo. Top 3 des symptômes cardiaques à ne pas ignorer Top 3 des symptômes cardiaques à ne pas ignorer Avertissement : La réglisse peut entraîner des hypokaliémies graves (baisse importante du potassium dans le sang) susceptible d’entraîner des troubles du rythme cardiaque voire des arrêts cardiaques. Ce risque peut concerner notamment les sportifs et surtout ceux qui pratiquent des sports d’endurance (vélo,  course à pied …). Si vous êtes concernés, demandez conseil à votre médecin.

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Dormir sur le dos : une position à éviter à la fin de sa grossesse ?

Selon une étude menée par des chercheurs de Nouvelle-Zélande, la position dans laquelle dorment les femmes enceintes pourrait influencer le rythme cardiaque du bébé. Certaines pourraient donc être à éviter ? Réponses.Faudrait-il privilégier certaines positions de sommeil quand on est enceinte ? D'après les auteurs de l'Université d'Auckland en Nouvelle-Zélande, qui ont suivi 29 femmes enceintes d'un seul enfant dans leur dernier trimestre de grossesse, le fait de dormir sur le dos influerait sur le rythme cardiaque du bébé. Pour étudier les effets des positions de sommeil des femmes enceintes sur le comportement fœtal à la fin de la grossesse, ils ont placé des capteurs foetaux sur elles pendant leur sommeil. Ces capteurs permettaient de réaliser un ECG continu pour enregistrer les fréquences cardiaques maternelles et foetales. Les volontaires pouvaient dormir dans la position qu'elles souhaitaient. La majorité des femmes dorment sur le côté gauche La durée moyenne du sommeil maternel était d'environ huit heures. La majorité des femmes dormaient sur le côté gauche. Dans toutes les positions de sommeil de leur mère, les fœtus étaient dans un état de sommeil actif plus de 80% du temps. Ils étaient en sommeil calme 13% du temps et passaient peu de temps activement éveillé. Les fréquences cardiaques fœtales étaient plus faibles dans l'état de sommeil calme que dans l'état de calme éveillé. Comparé à la mère qui dort sur son côté gauche, l'état de sommeil calme pour le foetus était plus fréquent lorsque la mère dormait sur le dos et moins fréquent quand elle dormait du côté droit. Le fœtus était moins susceptible d'être activement éveillé lorsque la mère dormait sur son dos et plus probable quand elle dormait sur sa droite. Mais la différence réelle entre les deux côtés était très faible. Tous les bébés étaient en bonne santé lors de leur bilan postnatal de six semaines. La position de sommeil, "un modulateur des effets circadiens" "Nos résultats ont montré que le moment de la nuit influençait significativement la probabilité que le fœtus se trouve dans un état particulier, ont déclaré les chercheurs. Il a également été constaté que les effets de l'état fœtal sur les mesures de la variabilité du rythme cardiaque fœtal ont été modifiés par la position maternelle, probablement médiée par l'activité du système nerveux autonome. Cela conforte le concept selon lequel la position maternelle est un modulateur important des effets circadiens sur la fréquence cardiaque fœtale." Ainsi, la position de sommeil d'une mère peut influencer l'activité de son bébé en fin de grossesse. Cependant, pas d'amalgames entre ces conclusions et un possible danger pour le bébé. Comme l'ont rappelé les scientifiques : "Il s'agissait d'une très petite étude - un nombre beaucoup plus grand de mères serait nécessaire pour valider ces résultats. Il peut y avoir d'autres facteurs en jeu, comme le régime alimentaire des mères et l'activité physique pendant la journée. Les habitudes de sommeil ou d'activité du bébé influencent automatiquement son rythme cardiaque. Tous les bébés sont nés en bonne santé. Il n'y a aucune preuve que la position de sommeil met le bébé à risque de mal." Accouchement : la délivrance expliquée en vidéo Accouchement : la délivrance expliquée en vidéo Source : An investigation of fetal behavioural states during maternal sleep in healthy late gestation pregnancy: an observational study, Peter R. Stone, Wendy Burgess, Jordan McIntyre, Alistair J. Gunn, Christopher A. Lear, Laura Bennet, Edwin A Mitchell, John M. D. Thompson, 11 octobre 2017.

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Mal de dos : faire du yoga diminuerait vraiment la douleur

Vous avez régulièrement mal au dos ? Avant de multiplier les médicaments, pensez à pratiquer une activité physique comme le yoga. Comme le relate la revue médicale Prescrire, cela diminue vraiment les douleurs.Les lombalgies chroniques, quand elles ne sont pas associées à une maladie comme un cancer, une fracture, une infection ou une maladie inflammatoire, peuvent être soulagées par la pratique de certaines activités comme le yoga. "Selon des synthèses méthodiques d'essais randomisés publiés depuis 2015, des programmes d'exercices physiques ou de yoga diminuent la douleur et améliorent les capacités fonctionnelles des patients atteints de lombalgie chronique non spécifique" indique la revue médicale Prescrire dans son édition de novembre. Parmi les exercices : le renforcement musculaire, les étirements, l'endurance cardiovasculaire, le vélo, la natation, la marche. Pour le vélo : oui à condition d'adopter une position adéquate sur son vélo (hauteur de l'entrejambe). Pour la natation : porté par l'eau, le corps est comme en apesanteur et s'affranchit de nombreuses contraintes. Les vertèbres ne sont plus comprimées par le poids du corps. Pour la marche : simple à mettre en pratique, la colonne vertébrale en profite à tout moment, que les trajets soient longs ou courts et que la marche soit modérée ou rapide. Et le yoga : cette discipline concentrée sur la respiration diminuerait des douleurs dues au stress et aux tensions. Les sports à éviter quand on a mal au dos Les sports brusques, qui malmènent le dos, imposent des contorsions et qui induisent des microtraumatismes sont à proscrire.Sont ainsi fortement déconseillés aux personnes qui ont mal au dos : le judo, la lutte, l'aviron, le canoë kayak, tous les sports de raquette (tennis, ping-pong, badminton…), les poids et les haltères, le trampoline, etc. N'hésitez pas à en discuter avec votre médecin, qui pourra vous conseiller et vous recommander aussi des exercices.

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Les Français et le futur de leur santé : de l’inquiétude… et beaucoup d’espoir

Comment les Français perçoivent-ils leur santé de demain à partir du système de santé d’aujourd’hui ? Le Future Health Index 2017 (indice de la santé au futur), une vaste étude menée par Philips dans 19 pays auprès des patients et des professionnels de santé, révèle leurs inquiétudes et leurs espoirs, malgré l’investissement significatif porté par l’Etat et les industriels dans l’innovation du système de soins. Les solutions technologiques numériques de la santé du futur sont déjà là. Par Isabelle Gayrard Auzet, rédactrice en chef santé Le système de santé actuel ne répond plus aux besoins des Français Ils sont 9 Français sur 10 à porter un jugement sévère sur le système de soins qui selon eux ne répond pas, ou peu, à leurs besoins. Du côté des professionnels de santé, le développement de la prévention, jugée insuffisante, est un enjeu clé et tous s’accordent à souhaiter que la prévention devienne, avec la recherche médicale, la priorité du budget du gouvernement alloué à la santé.Pourtant, la part de l’investissement en santé de notre pays s’élève à 11% du PIB, l’un des plus important du monde (avec l’Allemagne, l’Autriche, Cuba ou encore la Nouvelle-Zélande)...Le Ministère des Solidarités et de la Santé vient de publier sa stratégie nationale de santé d’ici à 2022. Parmi les chantiers prioritaires figure l’Innovation, notamment avec l’essor du numérique au service des professionnels de santé, des usagers et des patients.C’est là une grande attente de la part des Français : Pour 8 sur 10 d’entre eux (usagers et professionnels de santé réunis), le système de santé actuel n’est pas vraiment intégré, et ils considèrent que le temps est venu pour tous les acteurs du système de s’interconnecter étroitement. Les technologies du numérique en santé  au secours du système de soins français 56 % des Français sont convaincus de l’efficacité de soins en santé connectés pour améliorer la santé dans le monde d’aujourd’hui.David Corcos, Directeur Général de Philips Healthcare France, nous livre sa réflexion d’industriel en santé engagé dans l’essor des technologies numériques de pointe : « Le système actuel n’est pas pérenne. Car il y a une distorsion entre l’offre et la demande en santé. La demande augmente, elle provient en grande majorité du vieillissement de population et de l’abondance des maladies chroniques ; tandis que l’offre de soin s’amenuise avec la diminution des professionnels de santé. Conclusion : il y a un déséquilibre qui peut conduire à un risque d’explosion du système. Donc la variable d’ajustement, cela va être la technologie. Elle va nous aider à décharger les professionnels de certaines tâches et à augmenter le nombre de prises en charges. C’est l’unique moyen de sauver le système, nous sommes là pour ça ! »Cependant, l’avenir s’éclaircit. Depuis le début de l’année, la stratégie politique en santé numérique est en marche. Le Conseil Stratégique du Numérique en Santé (CSNS) a défini et placé sur les rails les grands chantiers prioritaires qui vont structurer et circonscrire toutes les potentialités formidables que les technologies numériques mettent au service du citoyen, et parmi eux figure en bonne place le partage des données de santé. Une bonne nouvelle pour 85 % des professionnels de santé qui promeuvent l’accès à distance des données de santé de leurs patients pour optimiser l’efficacité de leur intervention.David Corcos : « Le système de soins connecté est une solution pour affronter les problèmes de la rareté du temps médical et du très grand nombre de patients : c’est l’informatique qui permet maintenant de suivre les données et de ne remonter vers les professionnels de santé que les cas pathologiques ». Un aspect pragmatique qui revêt une dimension économique puisqu'il aboutit à l’apparition de nouveaux métiers comme par exemple les infirmières spécialisées qui vont suivre les tableaux de bord. Le patient prend sa santé en mains A ce jour, la « Health Tech » (les technologies en santé numérique) reste une solution mal exploitée : seuls 1% des Français dont 4% des professionnels de santé s’estiment réellement compétents sur la pratique connectée des soins de santé, dans une société qui appelle globalement à une grande implication du patient qui doit devenir acteur de sa santé… Un patient qui se prête volontiers au jeu :39% des Français sont dans l’attente de recommandations du corps médical sur les soins de santé connectés. De même pour les professionnels de santé qui espèrent, pour 36% d’entre eux, recevoir une vraie formation dans ce domaine.Source : https://www.philips.fr https://www.futurehealthindex.com/about/ Le Future Health Index est une étude menée sur 19 pays en partenariat avec un institut international indépendant d’études de marché de janvier à mars 2017. Plus de 3 800 professionnels de santé et 29 000 patients ont été interrogés en Allemagne, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, France, Italie, Pays-Bas, Russie, Arabie Saoudite, Singapour, Afrique du Sud, Corée, Espagne, Suède, Émirats Arabes Unis, Royaume-Uni et États-Unis.

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5 astuces faciles pour ne plus avoir mauvaise haleine

La mauvaise haleine n’est pas irrémédiable. Elle peut être soulagée grâce à quelques astuces simples. Tour d’horizon des solutions avec le Dr Lequart, chirurgien dentiste et porte-parole national de l’UFSBD.par Johanna Amselem, journaliste santé et validé par Dr Lequart, chirurgien dentiste et porte-parole de l’Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD). Boire suffisamment d'eau dans la journée Qui n’a jamais eu honte de son haleine ? Mais rassurez-vous, ce n’est pas une fatalité. La mauvaise haleine, également appelée halitose, touche une importante partie de la population. Elle est due aux composés soufrés volatiles libérés par les bactéries présentes dans notre bouche. Au quotidien, des gestes simples aident à retrouver une haleine fraiche.Il est fréquent de se réveiller avec une mauvaise haleine. "La nuit, nous respirons davantage par la bouche ce qui provoque un assèchement et donc, cette odeur désagréable au réveil. Pendant notre sommeil, nous produisons moins de salive et donc une moins bonne lubrification de la muqueuse buccale", décrit le Dr Lequart, chirurgien dentiste et porte-parole de l’Union nationale pour la santé bucco-dentaire. Pour remédier à ce désagrément, il est donc conseillé de boire suffisamment d’eau afin d’avoir une bonne hydratation. Eviter oignons et épices Certains aliments favorisent l’halitose. Pour conserver une haleine fraîche, mieux vaut limiter sa consommation d’oignons et d’épices comme le curry et le piment. De plus, une consommation excessive d’alcool et de café peut entrainer une mauvaise haleine. "Pour les fumeurs, le tabac favorise le développement des bactéries responsables de cette odeur désagréable", avertit le Dr Lequart. Se brosser les dents deux fois par jour La base de lutte contre la plaque dentaire réside dans l’hygiène bucco-dentaire. Pour cela, un brossage efficace des dents reste la solution inévitable. "Il est conseillé de se brosser les dents deux fois par jour, matin et soir pendant deux minutes", conseille le chirurgien dentiste. Avant de recommander l’utilisation de fil dentaire et d’une brossette interdentaire. Nettoyer sa langue Une fois les dents propres, il ne faut pas non plus oublier de se nettoyer la langue. "Pas question de se brosser la langue avec sa brosse à dent. Cela provoque des micros lésions qui favorisent la prolifération des bactéries et cause donc une mauvaise haleine", souligne le Dr Lequart. La meilleure solution ? Utiliser un gratte-langue, en vente en pharmacie et en parapharmacie, ou acheter une brosse à dents composée d’un petit grattoir intégré. Aller voir son dentiste au moins 1 fois par an Une hygiène bucco-dentaire défaillante engendre certaines maladies parodontales et des caries. "Un déchaussement des dents entraine aussi une formation de plaque dentaire favorisant l’apparition de bactéries", explique le professionnel. Un autre responsable de la mauvaise haleine. Pour éliminer ce risque, mieux vaut donc consulter une fois par an un dentiste afin de dépister d’éventuelles maladies. Il classe les différentes origine de l’halitose : "Dans 80% des cas la mauvaise haleine a une origine bucco-dentaire, dans 15% elle est liée à un souci ORL, comme une sinusite chronique. Dans 5% des cas, elle est la conséquence d’un désagrément gastro-intestinal".

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Vaccins, les questions à l’heure du retour de l’obligation vaccinale

Alors que les vaccins traversent une crise de confiance, l’intérêt et la légitimité de l’obligation vaccinale alimentent un vif débat. C’est cependant désormais tranché, onze vaccins seront obligatoires chez l’enfant contre trois actuellement à partir du 1er janvier 2018. Le point sur les vaccins, pour se rafraîchir la mémoire. Par Hélène Joubert, journaliste scientifique. Au 1er janvier, 11 vaccins obligatoires Actuellement, seuls trois vaccins sont obligatoires en France, contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP). A partir du 1er janvier 2018, la liste s’allongera de huit autres : coqueluche, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C. Déroger à cette obligation expose, en théorie, à six mois de prison et 3750 euros d’amende (article L3116-4 du code de la santé publique). Mais à la coercition, la ministre Agnès Buzyn, préfère convaincre : « l’idée est que les 15% des enfants [non vaccinés, ndlr] qui mettent en danger les autres et qui favorisent la réémergence d’épidémies pour lesquelles il y a des morts aujourd’hui se mettent en ordre de marche pour protéger le reste de la population ». A priori, il n’y aura pas de clause d’exemption pour conviction antivaccinnale des parents. Aux USA, cette clause existe, mais en contrepartie, les parents s’engagent par écrit à en assumer les conséquences, c’est à dire d’endosser toutes la responsabilité si leur enfant en contamine un autre et le priver de toute présence en collectivité. Les contre-indications médicales à la vaccination sont peu fréquentes : une allergie avérée, une hypersensibilité à l'une des protéines du vaccin ou des troubles neurologiques lors d’une précédente piqûre mais aussi des antécédents familiaux de maladie auto-immune (sclérose en plaques, diabète de type 1, maladie de Crohn) et dans le cas du ROR (rougeole-oreillons-rubéole) des déficits héréditaires (thrombophilie etc.). Pourquoi une défiance vis-à-vis des vaccins ? La vaccination apprend à notre système immunitaire à lutter contre une maladie infectieuse, potentiellement mortelle. Le vaccin fait croire à notre organisme qu’il a été infecté par un agent infectieux pour qu’il développe une réponse protectrice.La défiance envers les vaccins grandit depuis une quinzaine d’années. Chaque pays a sa bête noire. En France, c’est le vaccin contre l’hépatite B chez l’adolescent qui a cristallisé les peurs. La Haute Autorité de Santé l’a dédouané en 2016 dans un avis fondé sur les preuves scientifiques : il n’est pas responsable de cas de sclérose en plaque. En 2009 en France, des cas de narcolepsie ont été associés à l’utilisation du vaccin H1N1, avec un risque inférieur à un cas pour 150 000 vaccinés. Le vaccin contre la fièvre jaune est pour sa part responsable d’encéphalites aigües (1/1 million de vaccinés). Quid des adjuvants comme l’aluminium ? Les rumeurs sont tenaces dans le domaine des adjuvants, ces composés chimiques dont le rôle est de mobiliser les cellules qui participent à la mise en place de la réponse immunitaire. L’hydroxyde d’aluminium (dans le vaccin DTPolio) ou les dérivés des squalènes (dans le vaccin anti-papillomavirus) ont été pointés du doigt, accusés de favoriser des maladies mal définies, et dont le lien de cause à effet n’a pas encore été trouvé. Pr Bruno Lina, virologue, chercheur et Directeur du Laboratoire de Virologie Pathologie Humaine VIRPATH (Lyon) : « Certaines personnes accusent l’aluminium dans l’apparition de la myofasciite à macrophages (syndrome qui entraîne douleurs musculaires, articulaires, fatigue et troubles cognitifs). Il s’agit d’une entité assez complexe et très « française » (95% des 445 cas recensés depuis 20 ans dans le monde sont français). En mars 2016, l’Académie nationale de pharmacie a conclu après des années de recherche à l’absence de lien entre ces symptômes et les adjuvants aluminiques ». Ne pas se faire vacciner, c’est risqué ? Ce choix doit être éclairé car refuser la vaccination c’est prendre le risque d’être infecté par des maladies graves et évitables par la vaccination. Certains pensent aujourd’hui que ces maladies ne sont pas graves. Mais c’est justement grâce à l’immunité collective que ces maladies ne sont plus ni graves ni mortelles. On a la mémoire courte. Les épidémies massives, même celles du 20ème siècle, comme celles de poliomyélite paraissent loin alors qu’elles ont à leur actif des milliers de morts au début et à la fin de la 2nde guerre mondiale. A la rigueur, ce choix de ne pas se faire vacciner n’engage que les personnes elles-mêmes lorsque les agents infections ne sont pas transmissibles d’homme à homme comme celui du tétanos. C’est sans compter le coût pour la société de 3 à 6 semaines passées en réanimation pour un tétanos. Mais la liberté individuelle s’arrête là. Pour de nombreuses autres maladies (diphtérie, rougeole etc.) on engage aussi la santé des autres et refusant de se faire vacciner.En effet, plus le nombre de personnes non vaccinées augmente, plus le risque de réapparition de la maladie est grand. L’"immunité de groupe" permet de protéger les plus faibles et d’éviter la résurgence de fléaux.Pr Bruno Lina : « Si moins de 40% des gens sont vaccinés, l’ensemble de la population se trouve exposée à la résurgence de grandes maladies infectieuses. Pour certains agents infectieux, ce taux de couverture vaccinal doit même être de plus 90% de la population (rougeole etc.) ! Les exemples sont malheureusement nombreux et d’actualité. En Espagne en 2015, 40 ans après sa disparition, la diphtérie est réapparue faisant plusieurs morts. Certaines personnes volontairement non vaccinées ont été infectées. Elles ont diffusé la maladie à celles qui n’étaient pas correctement vaccinées. A Londres, des rumeurs sur le vaccin rougeole a fait que le taux de vaccination s’est effondré, les conséquences ne se sont pas faites attendre. La France a aussi connu entre 2008 et 2012 plusieurs vagues d'épidémies de rougeole, provoquant 23 000 cas dont 15 000 pour la seule année 2011. De nos jours, des foyers de poliomyélite resurgissent dans les zones de conflit en Afghanistan, au Pakistan, en Syrie et en Ukraine. Dès que l’on baisse la garde, ce virus très contagieux repart de plus belle ». Se faire vacciner, c’est pour soi ou pour les autres ? Les deux. Grâce à la vaccination, la variole a été éradiquée et la poliomyélite sera bientôt éliminée. D’autres infections restent à l’affut mais la vaccination permet de contenir les épidémies ; c’est le cas de la diphtérie, du tétanos, de la tuberculose et de la rougeole. Du côté des infections bactériennes, le chemin est encore long. En effet, les méningites bactériennes tuent encore 170 000 personnes dans le monde. Mais grâce à la vaccination, les méningites dues à Haemophilus influenzae b ont quasiment disparu. La vaccination contre le pneumocoque a réduit considérablement le nombre d’infections invasives à pneumocoque chez les moins de 5 ans. En revanche, celle contre le méningocoque C recommandée depuis 2010 chez les 1 à 24 ans ne décolle pas. En conséquence, l’augmentation des méningites à méningocoque C chez les personnes non vaccinées en France, preuve que l’immunité de groupe est encore insuffisante. Cela met en danger les moins de 1 an qui ne peuvent être vaccinés car trop jeunes.D’après un entretien avec le Pr Bruno Lina, virologue, chercheur et Directeur du Laboratoire de Virologie Pathologie Humaine VIRPATH (Lyon)

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A qui profite la semaine scolaire de quatre jours ?

Un tiers des communes a fait machine arrière dès cette rentrée scolaire 2017-2018 et est revenu à la semaine de quatre jours. Les chronobiologistes dénoncent d’une même voix cette organisation du temps scolaire et brandissent le piège de l’irrégularité des horaires, source de fatigue et par conséquent de perturbation des apprentissages. Par Hélène Joubert, journaliste scientifique. Exit le mercredi matin sur les bancs de l’école Déjà deux mois que 31,8% des communes françaises ont rebasculé sur le rythme scolaire de quatre jours. Outre des temps d’apprentissages ramassés, déjà parmi les plus denses en Europe (144 jours par an contre 187) et le fait que cela fait perdre 17,5 journées pleines soit un mois d’école, le risque pour la plupart des enfants est de casser la régularité des rythmes biologiques, d’où un stress physiologique se répercutant sur les fonctions de l’organisme comme le sommeil, l’appétit, les défenses immunitaires, à l’origine d’une fatigue et de difficultés d’attention. Quel impact du rythme scolaire sur la physiologie de l’enfant ? Selon l’ensemble des recherches fondamentales en chronobiologie, la régularité -entretenue par des activités codifiées et répétées, comme les horaires d’école structurants, est primordiale. Toute rupture de rythme circadien (coucher tard, lever tard, ou coucher tard-lever tôt) induit un stress physiologique à l’origine de variations de l’hormone cortisol d’où une répercussion sur la qualité du sommeil mais aussi en cascade, la modification de la sécrétion d’hormones régulatrices de l’appétit (leptine, ghréline), ce qui prédispose à la prise de poids comme démontré dans de récentes études. Plus fatigué, l’enfant aura aussi tendance à être hyperactif ou dissipé, ce qui est moins propice à la concentration et aux apprentissages.Dr Sylvie Royant-Parola psychiatre et neurobiologiste, spécialiste des troubles du sommeil (Paris) : « L’important réside dans la régularité des signaux (lumière naturelle/artificielle, activités physiques, structuration des repas). Cette régularité organise la topographie temporelle des fonctions de l’organisme (taux de sucre dans le sang, la tension artérielle, la température interne, le cortisol etc). Des ruptures de rythme -désynchronisations- entraînent un décalage de phase entre les différents rythmes, d’où un stress et une demande d’adaptation à l’organisme, génératrice de fatigue ». La bonne attitude : jour « off » structuré et horaires de sommeil réguliers Tous les travaux pointent la rupture du week-end, stress chronobiologique important. Avec un 3ème jour chômé, l’enfant se retrouve dans une situation où culturellement et socialement, il va décaler son rythme en se couchant tard et se levant tard (s’il le peut). La semaine de 4 jours porterait peu à conséquence avec peu de risque de désynchronisation si l’enfant bénéficiait le mercredi d’activités structurées dont en extérieure, une émulation intellectuelle, un encadrement éducatif et une régularité des horaires de lever et de coucher.Sylvie Royant-Parola : « Mais pour la plupart des enfants, qui ne pourra bénéficier lors de ces jours chômés d’activités structurantes voire sera laissé à lui-même, et de règles de lever et de coucher régulières, ce décalage de rythme génère un surcroît de fatigue lors de la reprise de l’école. Avec, chez des enfants plus fatigués et moins attentifs, un risque de répercussion sur les résultats scolaires ». Fatigue et vigilance, quelles études à l’appui ? Selon ces arguments chronobiologiques, la semaine scolaire d’au moins quatre jours et demi avait déjà été proposée par l’Académie nationale de médecine en 2010. Le 7 juin 1017, les sénateurs du groupe de travail sur la réforme des rythmes scolaires rappelaient « le consensus scientifique sur le caractère préjudiciable de la semaine de 4 jours » à l’origine de de fatigue et de moindre vigilance des élèves.Le ministre de l’éducation nationale n’est pas de cet avis et a estimé que cette souplesse allait dans l’intérêt de enfants, s’appuyant en particulier sur une étude conduite dans le canton du Monestier de Clermont montrant sur peu d’enfants que les effets de l’aménagement du temps scolaire – sur quatre jours ou quatre jours et demi – sont négligeables, voire nuls, sur les résultats des élèves. Pour ce qui est de la fatigue, ce facteur est perçu subjectivement mais n’a jamais été mesuré objectivement. Pr François Testu, chronopsychologue (Université de Tours) : « L’incidence du rythme scolaire ne se mesure pas directement sur les apprentissages ou la fatigue mais via des variables intermédiaires comme la qualité et la durée de sommeil, la vigilance, l’attention, l’adaptation à la situation scolaire, le comportement, la reconnaissance d’autrui, l’estime de soi… autant de facteurs qui jouent sur la performance. De nombreux enfants sont pénalisés par certains emplois du temps et notamment la semaine de 4 jours. Certaines publications montrent en effet qu’elle accentue la désynchronisation, baisse le niveau de vigilance et d’attention de l’enfant et par voie de conséquence leurs résultats et/ou leur fatigue. En général, les courbes journalières de la fatigue et de la vigilance se superposent, élaborées l’une par des dosages des déchets urinaires (17 OHCS), l’autre par des tests psychologiques. Mais dans trois cas, les variations journalières de la vigilance sont atypiques : chez les élèves ayant une vie extrascolaire difficile, ceux en difficultés et ceux à qui on proposait la semaine des 4 jours ! » Une problématique qui dépasse le cadre de la chronobiologie Le rapport Testu portant sur l’année 2015-2016 souligne que l’aménagement du temps scolaire du type 9 ½ journées a des effets positifs sur les apprentissages des élèves et le développement personnel des élèves. En effet, cette étude a différentié les populations d’écoliers. Or lorsque les TAP (activités extra-scolaires liées à la semaine de 4,5jours) sont proposées, les enfants en difficulté dans les REP ou REP+ rattrapent en partie leur retard et rejoignent en moyenne le même niveau de performance et de vigilance que les autres. Pr François Testu : « La semaine de 4 jours crée en cela une possible inégalité entre les enfants. En effet, la libération du temps accentue la déficience attentionnelle, la fatigue scolaire et l’inégalité socioculturelle pour certaines populations d’élèves socialement défavorisés ». Hélène Joubert, d’après des entretiens avec le Pr François Testu, chronopsychologue (Université de Tours) et le Dr Sylvie Royant-Parola psychiatre et neurobiologiste (Paris).

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Sortir de la dépression grâce à l’hypnose

L’hypnose permet un travail de fond dans la dépression. L’état dépressif est d’ailleurs l’un des premiers motifs de consultation en hypnothérapie. Que faut-il en attendre ? Dépression, pourquoi penser à l’hypnose ? L’amalgame est fréquent : toute tristesse associée à un événement difficile serait une dépression. C’est évidemment plus complexe que cela, et il ne suffit pas d’être triste pour être déprimé. C’est pourquoi, en préalable à une prise en charge en hypnothérapie, le diagnostic de syndrome dépressif doit être posé par un médecin (médecin généraliste ou psychiatre). L’hypnose ne peut pas non plus s’envisager comme une prise en charge unique mais complémentaire. Tout comme les médicaments qui, seuls, ne suffisent pas. Il peut y avoir un intérêt à les prescrire lors d’une hypnothérapie pour diminuer certains symptômes devenus trop lourds, pour un travail plus en profondeur.Pr Antoine Bioy, professeur de psychologie clinique et psychopathologie (Université de Bourgogne, Dijon), docteur en psychologie et responsable scientifique de l’Institut Français d’Hypnose (Paris) : « L’hypnose s’avère être une très bonne thérapie dans la dépression car elle permet de travailler sur la cause de la dépression en tant que telle. Si la dépression possède toujours de multiples aspects et dimensions, il existe à chaque fois un noyau central dans la dépression, c’est la question de la perte. L’expérience de perte vécue par la personne est insupportable (deuil difficile, séparation complexe, perte d’emploi touchant au sentiment d’identité…). L’hypnose permet au patient de revisiter le lien avec ce qu’il a perdu, puis de modifier la façon dont il se positionne par rapport à cet événement douloureux. Autrement dit, grâce à l’hypnose, le vécu se trouve modifié. Il se dessine alors une voie de résolution par rapport au vécu dépressif ».  L’hypnose s’attaque aussi aux symptômes de la dépression L’hypnose permet de plus d’aborder les différents symptômes de la dépression, dont le sentiment de tristesse, l’isolement social et le manque d’intérêt pour les activités du quotidien. Ce travail est réalisé à l’aide de suggestions et de métaphores construites pour le patient, dont les effets seront facilités par l’état hypnotique.Souvent, les patients dépressifs ont du mal à mettre des mots sur leur souffrance et à expliquer pourquoi ils sont devenus dépressifs. Plutôt que par la parole, l’hypnose permet un travail qui passe par les perceptions et les sensations corporelles. Ce travail autour des ressentis du patient est fondamental. En effet, ils ressentent généralement les signes de la dépression avant tout par leur corps ; par exemple la sensation de lourdeur, qui accompagne un ralentissement moteur (marche plus lente, etc.). La mise sous hypnose permet de se focaliser sur cette sensation de lourdeur et, sans la nier, d’une part de travailler avec des sensations plus légères également présentes et, d’autre part, sur les événements qui induisent cette lourdeur, ce qui permet généralement de relier la dépression actuelle à l’évènement déclencheur.  Pr Antoine Bioy : « L’objectif est l’« aménagement » des symptômes, c'est-à-dire permettre à la personne de réinvestir autrement son environnement, de donner du sens à ce qu’elle vit, à explorer la question de la perte. En état d’hypnose, la personne est beaucoup plus proche de son ressenti corporel et perçoit la part d’elle-même qui a envie de se libérer de ce sentiment de lourdeur. Il faut ensuite laisser ce sentiment de légèreté exister jusqu’à le laisser grandir et prendre le pas sur le reste ». « Grâce à l’hypnose, j’ai vaincu mon état dépressif » Sophie était en procédure de divorce. Après deux mois, elle a pris des antidépresseurs. Elle n’avait goût à rien, se dépréciait, se trouvait inutile et sans envie, se noyait dans ses idées noires et peu à peu s’excluait de toute vie sociale. Peur du vide du quotidien, perte du sens de sa vie, honte du divorce et sentiment d’échec se mêlaient. C’est son médecin généraliste qui l’a envoyée chez un psychothérapeute spécialisé dans l’hypnose.Sophie (45 ans, Paris) : « J’ai très vite eu le sentiment que quelque chose pouvait renaître avec ce travail. Sous hypnose, j’ai pu explorer ma sensation de lourdeur. J’ai alors ressenti que ce poids compensait un vide intérieur et que mon équilibre pour me vivre pleine et indispensable s’effondrait avec cette séparation. L’hypnose m’a permis de revivre la manière dont j’avais ressenti la présence de mon mari pendant ces années ensemble, pour moi puis à côté de moi, puis l’éloignement et le vide laissé. Et enfin, j’ai vécu un autre vide, comme un champ encore vierge mais d’où pouvait renaître la vie. J’ai réalisé que j’étais toujours capable de la recevoir ». Pour Sophie, l’amélioration est apparue entre la 3ème et 4ème séance d’hypnose. Elle a pu verbaliser à partir de la 6ème séance. Les séances, tous les 15 jours, ont pu s’espacer toutes les 3 à 4 semaines. Elle estime qu’elle n’a plus été dépressive après 11 séances et a pu se passer des antidépresseurs. L’hypnose et dépression, messages pratiques Le thérapeute doit être un spécialiste du psychisme : psychiatre, psychologue ou psychothérapeute, médecin ayant suivi des formations universitaires en psychothérapie, hypnothérapie. Chaque Agence Régionale de Santé tient à jour un registre des psychothérapeutes diplômés.La durée de la psychothérapie par hypnose dans le cadre de la dépression dépend des personnalités du patient et du soignant mais aussi de la qualité de leur relation. Ils peuvent convenir d’un nombre de séances limité (3 à 5) avant de faire le point sur l’éventuelle amélioration, et avoir ainsi une idée plus précise du nombre de consultations nécessaires. Attention, certains « thérapeutes » proposent des « thérapies éclairs » (une séance ou guère plus), ce qui doit éveiller la suspicion des patients car la dépression, syndrome violent avec un risque suicidaire majeur, demande un travail en finesse et en profondeur. D’après un entretien avec le Pr Antoine Bioy, professeur de psychologie clinique et psychopathologie (Université de Bourgogne, Dijon), docteur en psychologie et responsable scientifique de l’Institut Français d’Hypnose (Paris).

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Trop de sel, trop de protéines animales… attention diabète !

L’alimentation est l’une des clés d’un mode de vie sain, capable de prévenir dans une large mesure l’apparition de diabète de type 2 – le diabète sucré. C’est pourquoi les chercheurs tentent d’identifier des facteurs de risque diététiques en cause dans le diabète et même le pré-diabète. Au congrès européen sur le diabète (European Association for the Study of Diabetes, 11-15 septembre à Lisbonne), les protéines et le sel en trop grande quantité ont été pointés du doigt. Par Hélène Joubert, journaliste scientifique Les protéines animales mises en cause dans le diabète L’implication des protéines dans l’apparition d’un diabète de type 2, autrement dit le diabète sucré qui apparaît généralement après l’âge de 50 ans et qui est dû à la sédentarité et au surpoids, était loin d’être une cause entendue ; les études se contredisant. Il y avait en effet peu de preuves solides reliant le niveau d’apport en protéines et les stades précoces de développement de diabète, dont la résistance à l’insuline -l’un des mécanismes conduisant au diabète de type 2- et le pré-diabète.Une étude néerlandaise présentée au 53ème congrès européen sur le diabète vient de faire la lumière sur ce sujet : la quantité totale de protéines ingérées est bel et bien liée avec le phénomène négatif de résistance des organes à l’hormone insuline, mais aussi au risque de diabète de type 2 (1). Les protéines mises en cause sont en majorité d’origine animale. Ces résultats sont à prendre en compte car issus d’une étude portant sur près de 7 000 personnes, vivant près de Rotterdam (Pays-Bas), et suivis pendant une longue durée (sept années en moyenne), ce qui lui confère un poids conséquent.Dans le détail, des apports élevées en protéines (pour chaque « 5% » d’énergie supplémentaire apportée par les protéines) augmentent de 38% le risque de diabète de type 2 et de 35% celui de pré-diabète !Si les protéines sont essentielles au fonctionnement du corps humain, encore ne faut-il pas en abuser. Contre le diabète, lever le pied sur le sel S’il fallait un argument supplémentaire pour ne pas avoir la main trop lourde sur le sel - autre que son impact sur le risque d’hypertension artérielle- en voici un : il favoriserait aussi l’apparition du diabète de type 2. L’étude a fait parler d’elle au congrès européen sur le diabète : les apports en sodium semblent fortement associés à un risque accru de développer un diabète de type 2. Pour rappel, la principale source de sodium dans l’alimentation est apportée par le sel (chlorure de sodium), en particulier le sel de table et celui caché dans les plats préparés, la charcuterie et le pain etc. Le chlorure de sodium est constitué à 40% de sodium. De ce fait, pour chaque 2,5 g de sel consommé, on ingère 1g de sodium. Des recherches précédentes (2) avaient suggéré que la consommation excessive de sel pouvait accroître le risque de développer un diabète de type 2, du fait d’un possible impact sur la résistance des tissus à l’hormone insuline, premier pas dans la maladie diabétique et/ou en favorisant une pression sanguine élevée et une prise de poids.Des chercheurs suédois et finlandais ont voulu en avoir le cœur net et leur investigation visait à déterminer s'il existe réellement un lien entre l'apport en sodium et le risque de développer un diabète de type 2. Et en effet, l'étude a révélé que la consommation de sodium était associée à une augmentation moyenne de 43% du risque de diabète de type 2 pour chaque gramme supplémentaire de sodium (équivalent à 2,5 extra grammes de sel) consommé par jour !En divisant les participants de l’étude en trois groupes de consommation de sodium (faible sous 2,4g, moyen entre 2,4-3,15g, haut au-dessus de 3,15g), le groupe ayant la consommation la plus élevée a eu un risque 58% plus élevé de développer un diabète de type 2 par rapport au groupe de consommation le plus bas. Qu’est-ce que cela signifie vis-à-vis de la consommation quotidienne en sel ? Comme le sel ne représente que 40% en poids de sodium, pour la consommation réelle de sel, le groupe à faible consommation ingère 6 grammes et moins, le groupe de consommation moyenne entre 6 et 7,9 g et le groupe élevé dépasse les 7,9 grammes par jour. Des valeurs bien éloignées de la réalité : au niveau mondial, 46 % des personnes ingèrent entre 10 et 12g de sel quotidiens, 23% plus de 12,5 g et à l’opposé, 10,6% moins de 7,5g chaque jour (4). Autrement dit, presque personne ne suit les conseils de l’OMS (moins de 5g de sel par jour ; sel ajouté à table et celui caché dans les plats préparés, le pain etc.). Quant aux objectifs français du Plan National Nutrition Santé (PNNS) 2011-2015 (pas plus de 8 g/jour chez l’homme et 6,5 g chez la femme avec 57% des français à moins de 8g de sel ingérés par jour), ils n’ont pas été atteints. (1) Z. Chen, O.H. Franco, T. Voortman; Epidemiology, Erasmus MC, Rotterdam, Netherlands. EASD 2017. September 15, 2017, 10:15 - 10:30 AM. Abstract 23 ; (2) Hu G, Jousilahti P et al. Diabetologia. 2005;48(8):1477-83 ; (3) Radzeviciene L et al. Nutrients. 2017;9(1). (4) NEJMed 2014 ; 371, 612-23Hélène Joubert, en direct du 53ème European Association for the Study of Diabetes, 11-15 septembre, Lisbonne, Portugal).

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Ma santé

Mon enfant a des tics

Clignements d'oeil, rotations de la tête, raclements de gorge... Les tics sont relativement fréquents chez l'enfant.Ils peuvent être bénins et transitoires ou être le symptôme d'un syndrome de Gilles de la Tourette.Comment réagir lorsque votre enfant souffre de tics ? Les tics chez les enfants, comment les reconnaître ? Les tics sont des mouvements involontaires, brusques, répétitifs, stéréotypés, non rythmiques réalisés par l'enfant.Ils apparaissent en général vers l'âge de 5 ou 6 ans et sont relativement fréquents. Ils toucheraient 18,5% des enfants en milieu scolaire (1). On distingue : Les tics moteurs. L'enfant cligne des yeux, fronce les sourcils ou le nez, hausse les épaules, secoue la tête... Les tics vocaux. Il peut alors s'agir de reniflements, de toussotements, de raclements de gorge, de sifflements, voire de cris. Dans certains cas, l'enfant prononce de véritables mots.   Les tics sont involontaires mais contrôlables Autre caractéristique, les tics sont involontaires mais contrôlables. L'enfant peut en effet empêcher les tics de se manifester au prix d'un effort important. Une telle interruption volontaire induit toutefois un phénomène de rebond : le tic cesse pendant quelque temps mais resurgit ensuite de plus belle.Bon à savoir : il est déconseillé et vain de demander à l'enfant de réfréner ses tics. Cela peut créer un stress qui aggrave le problème. Tics bénins ou syndrome de Gilles de la Tourette ? Les tics chez l'enfant sont en général bénins, et disparaissent d'eux-mêmes au bout de quelques semaines ou de quelques mois. Ils apparaissent parfois suite à un événement déclenchant : une séparation, un deuil, des difficultés scolaires...Les tics peuvent cependant aussi, dans certains cas, être dus à un syndrome de Gilles de la Tourette. Cette “maladie” liée à des dysfonctionnements cérébraux peut avoir un impact important sur la qualité de vie.Certains critères permettent d'évoquer un tel syndrome : Présence de tics multiples, moteurs et vocaux ; Les tics ne disparaissent pas après plusieurs mois ; Ils se modifient et changent de nature après un certain temps ; De la coprolalie (l'enfant lance involontairement des mots orduriers) peut être présente ; Les TOC (troubles obsessionnels compulsifs) et le TDA/H (trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité) sont souvent associés au syndrome et parfois plus invalidants que les tics eux-mêmes.   Comment réagir face aux tics ? Quand faut-il consulter face à un enfant qui a des tics ? Tout dépend de l'intensité des tics et de leur évolution. Il est conseillé de s'adresser à un pédiatre lorsque les tics durent plus de 6 mois ou lorsqu'ils se complexifient et s'aggravent avec le temps. Les tics étant complètement involontaires, gronder l'enfant qui en souffre est contre-productif. Les parents inquiets ou énervés feront mieux de chercher de l'aide du côté de leur pédiatre. Quid des traitements contre les tics des enfants Le traitement des tics est choisi en fonction de leur durée, de leur intensité et de leur impact sur le quotidien de l'enfant : Le soutien psychologique peut aider l'enfant à surmonter le poids des éventuelles difficultés d'intégration ou des moqueries liées aux tics. Certaines techniques de psychothérapies cognitivo-comportementales permettent à l'enfant d'apprendre à détourner le tic vers une autre action. Dans des formes invalidantes d'un syndrome de Gilles de la Tourette, des traitements médicamenteux à base de neuroleptiques peuvent être prescrits. Dans les formes les plus graves, la stimulation cérébrale profonde - qui consiste à implanter une électrode dans le cerveau - peut être préconisée. Pour plus d'infos : Club des Mouvements Anormaux (CMA)   Thomas Coucq, journaliste santé

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