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Explorez les tendances qui font évoluer le monde du travail : qualité de vie au travail, protection sociale, évolutions juridiques.

Conditions de travail : on se détend !

La dernière édition de la série des enquêtes nationales « Conditions de travail » menées depuis 1978 en France révèle une bonne et une mauvaise nouvelle : l’ambiance de travail est moins tendue et la charge mentale a régressé entre 2013 et 2016 chez les salariés français, mais en parallèle, leur autonomie accuse un certain recul. Une ambiance de travail moins tendue L’agence Santé Publique France vient de publier le 22 mai 2018 une étude qu’elle réitère régulièrement : « Enquête Conditions de travail et risques psychosociaux 2016 » (1). Celle-ci est le produit d’entretiens en face à face entre octobre 2015 et juin 2016 de 21 000 salariés, représentatifs de 22,8 millions de salariés français. Selon l’enquête, le nombre de salariés signalant des comportements hostiles dans leur milieu de travail est en recul (en 2016, 30% des salariés contre 37% en 2013)*, tout comme l’exposition à un manque de reconnaissance ou à des conflits éthiques. La baisse des changements organisationnels observée entre 2013 et 2016 (fin du cycle de la diffusion de l’informatisation en particulier) peut expliquer, au moins en partie, la relative stabilisation de l’intensification du travail et le recul des violences morales au travail. Il est possible que le recul global de ces risques résulte d’une plus grande attention des managers et des salariés aux conflits interpersonnels au travail, dans le cadre d’une sensibilisation médiatique et politique au harcèlement moral et aux risques psychosociaux. Le Plan santé travail n°3 (2015-2019) et l’accord national interprofessionnel sur la Qualité de vie au travail (2013) y seraient donc pour beaucoup. Toutefois, une autre explication potentielle existe : cela pourrait être lié au fait que les salariés s’habituent à une certaine dégradation des conditions objectives de travail ; une « soutenabilité forcée » qui permettrait d’« accepter » ces nouvelles conditions de travail dégradées. Déjà situées à un niveau élevé, les possibilités d’entraide et de coopération demeurent stables. Après une hausse de leur fréquence entre 2005 et 2013, les tensions dans les rapports avec les collègues ou le supérieur hiérarchique se sont stabilisées entre 2013 et 2016. Le sentiment de reconnaissance s’est amélioré : les salariés étaient moins nombreux en 2016 (24%) qu’en 2013 (29%) à estimer que leur travail n’est pas reconnu à sa juste valeur. Une charge mentale en baisse Après l’augmentation observée entre 2005 et 2013, l’exposition aux contraintes de rythme de travail s’est stabilisée à un niveau élevé : en 2016 comme en 2013, 35% des salariés subissaient au moins trois contraintes de rythme de travail parmi sept énoncées (rester longtemps debout, porter des charges, subir des secousses etc.) Les contraintes de vigilance continuent pour leur part de s’accroître : en 2016, 43% des salariés déclaraient ne pas pouvoir quitter leur travail des yeux. Corolaire à la stabilisation de l’intensité du travail, la charge mentale régresse. En 2016, 44% des salariés déclaraient « devoir penser à trop de choses à la fois » contre 49% en 2013. Enfin, 31% des salariés déclaraient travailler sous pression, alors qu’ils étaient 36% en 2013. Des marges de manœuvre en recul Parallèlement à la montée des normes et standards, l’autonomie et les marges de manœuvre des salariés (« choisir eux-mêmes la façon d’atteindre les objectifs fixés », « ne pas avoir de délais ou à pouvoir faire varier les délais fixés ») ont poursuivi le déclin entamé depuis 1998, chez toutes les catégories socioprofessionnelles et surtout chez les femmes. Détendre l’ambiance au travail grâce au management bienveillant Entre 2013 et 2014, le pourcentage de collaborateurs démotivés a augmenté de 12%, passant de 40% à 52%. Et seuls 20% des Français considèrent que le travail est un plaisir, quand 62% estiment qu’il est une contrainte, une routine ou, au mieux, une « sécurité ». (2) Pour améliorer leur manière de gérer leurs collaborateurs, de plus en plus de managers s’intéressent au « management bienveillant », qui n’a rien de naïf ou de paternaliste, mais est un management de proximité beaucoup plus impliquant pour l’organisation et l’humain. Il suppose à la fois vision à long terme et culture d’entreprise. Le principe de ce que les anglophones nomment pour leur part le « care » (prendre soin littéralement) est de porter considération et d’assurer le respect et leur dignité aux salariés. Loin de signifier une gestion des ressources humaines a minima, son objectif est de bannir toute forme de mépris, de pratiques discriminatoires. Le management bienveillant conduit à prévenir les risques psycho-sociaux, la perte de sens, le blocage des horizons professionnels mais aussi la routine. Cela passe par l’écoute des collaborateurs, la possibilité qu’ils s’expriment, la facilitation de la coopération mais aussi l’accès à l’information et leur inclusion dans la prise des décisions. Pour exemple, certains groupes éditent des chartes, rappelant aux managers les « bons » comportements à adopter (respect, amabilité etc.), d’autres instaurent des consultations gratuites et anonymes dédiées aux risques psycho-sociaux. Mais c’est aussi faire de la politesse un réflexe, programmer des réunions à des horaires décents, proposer des cours de méditation, créer un gymnase ou une salle de repos aménagée, une crèche, une conciergerie etc. Entrer dans une démarche de management bienveillant est un signal fort envoyé aux salariés. Des labels sont même nés de cette mouvance managériale comme « Happy at Work » ou « Great places to work », décernés en fonction du vote des salariés. In fine, le bien-être des salariés et leur santé est gage d’efficacité, de créativité, de productivité et de ce fait de rentabilité pour l’entreprise, essentiel pour limiter l’absentéisme, les arrêts maladie, les dépressions, les départs des salariés etc. et pour soigner l’image de l’entreprise à l’extérieur. Hélène Schetting, Coach certifiée HEC Paris et professeur de management dans l’Enseignement Supérieur (3) : « Les six bonnes pratiques à l’usage du manager bienveillant sont l’écoute active et l’empathie, avoir confiance et se remettre en question, responsabiliser ses équipes et les autonomiser, valoriser, féliciter et célébrer, avoir le droit à l’erreur pour soi et ses collaborateurs et l’élégance du discours. Cela signifie qu’il n’y a aucune obligation de tacler ou d’allumer pour être respecté. La qualité de la communication doit être parfaite et soignée ( y compris la gestuelle) en parlant à un tiers, sans jugement et sans reproche ». * Etre la cible de propos blessants, être ridiculisé en public ou ignoré, voir son travail injustement critiqué ou saboté, devoir effectuer des tâches inutiles ou dégradantes, subir des propositions à caractère sexuel, etc. Références : (1) Les résultats de l’enquête CT-RPS 2016 sont disponibles à cette adresse : http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2018/12-13/2018_12-13_2.html ; (2) Le management bienveillant, par le Docteur Philippe Rodet et Yves Desjacques aux Editions Eyrolles ; (3) https://www.forbes.fr/management/comment-devenir-un-manager-bienveillant/ Hélène Joubert, journaliste

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Les Millennials, un rapport particulier au travail

Les Millennials, c’est-à-dire les 20-30 ans ont un rapport différent au travail et au monde de l’entreprise que leurs aînés, confiants en l’avenir et ayant intégré le terme de « flexi-sécurité ». Mais ils sont aussi demandeurs de plus de retour sur leur travail. Regard de cette génération « Y » sur le monde de l’emploi. La vie de famille d’abord ! Une enquête conduite auprès des actifs entre 20 et 30 ans* nous éclaire sur les aspirations de vie, professionnelles ou non, des Millennials. Pour eux, plus conscients de leur propre équilibre travail-vie privée, le temps passé en famille constitue le principal ressort de la vie, loin devant le travail et les amis ou encore l’argent. Néanmoins, pour 93 % des 20-30 ans actifs, la raison de travailler est avant tout de percevoir un revenu. Ensuite, ex aequo, sont avancés l’épanouissement personnel, la réalisation de soi et le développement des compétences. Une carrière non linéaire, un paramètre bien intégré par la génération Y Une approche naturelle pour cette génération est qu’il faut apprendre à apprendre. La clé d’adaptation permanente sera de développer ses compétences pour améliorer son employabilité, à défaut d’avoir un emploi garanti. Pour eux, l’évolution permanente, l’impossibilité de prévoir un plan de carrière, les changements de postes et d’orientation professionnelle inévitables… sont des données de départ, non perçues comme des problèmes. Ils adhérent à 68% au concept de flexisécurité, qui traduit le fait de concilier la flexibilité du travail recherchée par les entreprises et la sécurité professionnelle attendue par les salariés. Oui aux managers « animateurs » L’expertise « métier » du manager est reléguée au second plan derrière des capacités d’empathie, d’écoute, de leadership, d’humanité... des qualités humaines et relationnelles essentielles aux yeux des Milleniums. Par ailleurs, ils sont surtout réceptifs aux discours d’entreprise sincères, pragmatiques, tenant à distance les discours policés et la communication d’entreprise trop travaillée. Vis-à-vis des exigences de compétitivité actuels, la génération Y tend à être plus promotrice que détractrice de son entreprise. Loyal plutôt que fidèle Les salariés de la génération Y ont globalement une appréciation positive de leur job (58 %). Ce qui n’empêche pas près d’un sur deux d’être prêt à quitter son entreprise d’ici trois ans. Ils ne sont pas forcements des « zappeurs » proactifs comme on peut l’entendre, mais simplement prêts à saisir toutes les occasions. Au-delà d’une belle opportunité de carrière, s’ils sont disposés à quitter leur entreprise, c’est avant tout à la recherche d’un meilleur management (17 %), d’une meilleure ambiance de travail (16 %) et pourquoi pas afin de créer leur propre activité (14 %). Enfin, cette génération ne boude pas la promotion managériale, une idée reçue : 42 % des 20-30 ans actifs aspirent à endosser des responsabilités d’encadrement dans les trois ans et 30 % à évoluer dans leur métier. Une demande de feedbacks réguliers A l’instar d’autres travaux, de cette enquête ressort aussi la demande plus soutenue et régulière de retour sur leur travail, bousculant l’entretien annuel. Les Millenials veulent une communication simplifiée, franche, sans attendre l’évaluation annuelle, dépassée. De nombreuses entreprises l’ont bien compris et incitent leurs managers, qui appartiennent le plus souvent à la génération X , à des feedbacks en temps réel. Un point positif aussi vis-à-vis de l’entreprise, évitant l’autosatisfaction et privilégiant le mérite plutôt que la hiérarchie. *Enquête 2017 « les Millennials et le travail : l’entreprise au défi » pour CEGOS. Avril 2017. Hélène Joubert, journaliste

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Entrepreneurs, agissez contre les risques psychosociaux

Plus qu’un phénomène de mode, l’épuisement professionnel ou burn-out est bien une réalité, en rapport avec la mondialisation et les contraintes économiques de notre société. Il n’est que l’une des composantes des « risques psychosociaux ». En effet, stress, harcèlement, agression, burnout… les risques psychosociaux – souvent imbriqués - prennent diverses formes. Ne pas s’en préoccuper rejaillit à la fois sur la santé des salariés mais aussi le bon fonctionnement de l’entreprise. Entrepreneurs, comment agir au quotidien ? La progression du burnout en milieu de travail De façon générale, le nombre de maladies professionnelles psychiques reconnues en France a été multiplié par sept entre 2012 et 2016, passant de 82 à 563. Ces chiffres proviennent du rapport 2017 de l’Académie nationale de médecine (1). Les risques psychosociaux correspondent à des situations de travail où sont présents, combinés ou non, du stress, des violences internes (harcèlement moral ou sexuel, conflits exacerbés) et des violences externes commises sur des salariés (insultes, menaces, agressions…). Pr Alain Chamoux, chef du service de médecine du travail au CHU de Clermont-Ferrand et rapporteur du rapport de l’Académie nationale de médecine (2017) : « L’identification des risques psychosociaux n’est pas simple. Malgré les difficultés liées à l’absence de cadre nosologique, le réseau national de vigilance et de prévention des maladies professionnelles parvient à identifier sous le classement « surmenage » les cas apparentés à cette description. Dans notre expérience, ils représenteraient 23% des consultants pour un motif psychologique. Ils répondent à certaines expositions telles que les changements d’organisation, la surcharge de travail ressentie, les modalités particulières de management, l’inadéquation des moyens et des objectifs et les activités demandant une attention soutenue ». Prévenir le stress chronique L’intensification du travail, l’individualisation des objectifs, les nouvelles formes de management concourent à la perte du collectif de travail. La rapidité de ces changements n’offre pas toujours le temps d’adaptation nécessaire aux opérateurs. C’est pourquoi ces mutations nécessitent préparation, concertation et accompagnement. Outre la prévention primaire, l’information, le repérage et la prise en charge de ces patients relèvent de la santé au travail mais également de l’ensemble des acteurs. Pr Alain Chamoux : « Les formes d’expression des risques psychosociaux sont généralement des états anxieux ou dépressifs faisant suite à une période de stress chronique de trois à six mois. Le mécanisme est donc celui du stress chronique avec dépassement du seuil de fatigue pour une raison légitime aux yeux de la victime. Le stress résulte du déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes de son environnement de travail et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ». Entrepreneurs, 9 conseils pour agir contre les risques psychosociaux Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en France, 47 % des actifs occupés déclarent devoir toujours ou souvent se dépêcher (2). 27 % disent ne pas pouvoir régler par eux-mêmes les incidents. Indépendamment de leurs effets sur la santé des individus (maladies cardio-vasculaires, troubles musculosquelettiques, troubles anxiodépressifs, épuisement professionnel, suicide), les risques psychosociaux ont un impact sur le fonctionnement des entreprises (absentéisme, turnover, ambiance de travail…). L’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) a identifié plusieurs leviers sur lesquels les entrepreneurs peuvent agir contre les risques psychosociaux, ceux-ci pouvant être induits par l’activité elle-même ou générés par l’organisation et les relations de travail : - Evaluez la charge de travail. C’est une démarche fondamentale pour endiguer le stress généré par l’inadéquation entre la tâche demandée et les moyens notamment en termes de temps mis à disposition du salarié. -Donnez de l’autonomie à vos salariés. Il s’agit de la possibilité d’être acteur dans son travail. Elle rejoint la notion de « latitude décisionnelle » et inclut non seulement les marges de manœuvre c’est-à-dire la possibilité pour le travailleur de s’auto-organiser dans son travail, mais également la participation aux décisions qui concernent directement son activité ainsi que l’utilisation et le développement de ses compétences. -Soutenez vos collaborateurs. L’aide et la reconnaissance du travail fournis par la hiérarchie – mais aussi les collègues - est un élément clé du bien-être des salariés. -Témoignez de la reconnaissance. Pour information, 33 % des salariés disent ne pas éprouver la fierté du travail bien fait (2). -Donnez du sens au travail. L’existence d’objectifs irréalistes ou flous, l’exigence d’une polyvalence non maîtrisée ou encore les instructions contradictoires sont très souvent pointés. Il ne faut pas non plus sous-estimer les conflits de valeurs. Par exemple : faire un travail que l’on juge inutile, vendre un crédit à des personnes à très faibles revenus, faire la promotion d’une méthode que l’on sait inefficace, etc. -Agissez face aux agressions externes. Dans l’exercice de leur travail, les salariés sont parfois soumis à des insultes, menaces voire même des agressions. Le chef d’entreprise doit s’en soucier et établir des mesures pour les éviter et protéger le salarié. -Communiquez sur les changements. -Facilitez la conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Les longues journées de travail, le travail en horaires atypiques, l’imprévisibilité des horaires de travail… sont des facteurs majeurs de risque psychosociaux. Le dialogue permet souvent d’aboutir à un compromis (télétravail partiel, horaires aménagés etc.). -Bannissez toute forme de violence. Par exemple, les conflits exacerbés sont fréquemment retrouvés. 36 % des salariés signalent avoir subi au moins un comportement hostile dans le cadre de leur travail au cours des 12 derniers mois. Sources : (1) Alain CHAMOUX, Audrey VILMANT. Considérations sur le burnout en milieu de travail. Rapport de l’Académie nationale de médecine (2017) ; (2) Enquête Conditions de travail 2013 par l’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles Hélène Joubert, journaliste

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Le handicap en entreprise, un faux problème

Au cours de sa vie, une personne sur deux connaîtra une situation de handicap, ponctuelle ou définitive. Ce que l’on sait encore moins est que 80 % des travailleurs handicapés n’ont besoin d’aucun aménagement de poste. Pourtant, l’emploi des personnes handicapées reste insuffisant, un sujet où les stéréotypes sont encore bien enracinés. Entrepreneur : « osez le handicap ! ». Salariés : « osez déclarer votre handicap ». Qu’est-ce que le handicap ? La définition du handicap au regard de la loi du 11 février 2005 fait référence : « constitue un handicap toute limitation d’activité ou restrictions de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne, en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive, d’une ou de plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ». Il existe cinq familles de handicap : 46% des handicaps ont trait à une déficience motrice, c’est-à-dire une atteinte de la mobilité des membres supérieurs et/ou inférieurs, quelle qu'en soit la cause. 25% des handicaps sont liés à une maladie invalidante, respiratoire, digestive, parasitaire, infectieuse (diabète, hémophilie, sida, cancer, hyperthyroïdie etc.). 8% résultent d’une déficience sensorielle, auditive et/ou visuelle (surdité partielle ou sévère, malvoyance, cécité…). 12% sont des troubles psychiques (troubles dépressifs graves, burn out, état psychotique ou névrotique). 9% sont des handicaps variés (déficience intellectuelle, trouble cognitif/trouble mental qui affecte la mémoire). Loin des 6% de travailleurs handicapés fixés par la Loi Trente ans après la loi (1987) * qui, pour la première fois, a fixé l’obligation d’emploi pour les travailleurs handicapés, le constat est mitigé. 2,7 millions de personnes ont une reconnaissance administrative de leur handicap (« Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé » ou RQTH), soit 7% de la population active. Or, le nombre de travailleurs handicapés en emploi atteint un million en 2017 et le taux de chômage des personnes reconnues handicapées n’a cessé de croître, jusqu’à 19 % en 2017, deux fois supérieur à celui de l'ensemble des actifs (10%). 48 % des chômeurs handicapées ont 50 ans ou plus, contre 25 % pour l’ensemble de la population active. Par ailleurs, la représentation sociale du handicap reste négative**. Les stéréotypes et les préjugés concernent encore aujourd’hui tous les aspects du handicap : les personnes handicapées sont perçues comme motivées, déterminées et sympathiques mais fragiles et lentes voire tristes et perturbées. Dans l’esprit du grand public, le handicap se résume au fauteuil roulant. Il est cependant loin d’être la norme : le fauteuil roulant est indispensable chez seulement 2% des personnes handicapées qui travaillent. 85 % des handicaps sont invisibles. Handicap au travail, les espoirs sont permis Il y a cependant de quoi être confiant. La vision change dans le grand public : 80 % des salariés ayant un collègue handicapé n’ont pas constaté de surcharge de travail. 82 % d’entre eux le perçoivent comme aussi performant (source Louis Harris). Par ailleurs, de moins en moins d’entreprises choisissent de subir la sanction pour éviter d’avoir à employer des personnes handicapées. Selon la Loi, les entreprises privées de 20 salariés et plus devraient compter 6 % de personnes en situation de handicap dans leurs effectifs, sauf à payer une « contribution » à l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph) ou le Fonds pour l'Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction publique (Fiphfp). En dix ans, le nombre d’établissements ayant dû verser une « contribution » a baissé de 28 %. De plus, la part des groupes qui ne mettent aucune action en place (plan, accord, emploi) était de 8 % en 2014, soit trois fois moins qu’en 2006. Sonia Mouihi, Chargée Mission Diversité Handicap pour le Groupe Synergie : « J’exerce mon métier depuis fin 2004 et la loi du 11 février 2005 a été celle qui a réellement impulsé une dynamique pour l’emploi des travailleurs handicapés, en durcissant les pénalités financières. Cet intérêt nouveau s’est, en premier lieu, fait ressentir auprès des grands groupes qui ont rapidement élaboré de nouvelles solutions afin d’employer des collaborateurs handicapés. Le recrutement direct n’était pas simple, des professionnels du recrutement dédiés au handicap, parfois en interne, ont vu le jour. Les chargés de mission ont été plus nombreux, notamment pour le maintien dans l’emploi des personnes handicapées car ce problème est le plus prégnant (aménagement du poste, formation des collaborateurs en situation de handicap, sensibilisation des collectifs de travail). Aujourd’hui, l’enjeu se concentre au niveau des PME (Petites et Moyennes Entreprises) qui n’ont pas toujours les moyens de se doter d’outils spécifiques ». Déclarer son handicap, pas si facile Les entreprises ont, en interne, de nombreuses personnes en situation de handicap qui n’osent pas le révéler. La crainte de perdre son emploi ou de freiner son évolution professionnelle joue probablement pour beaucoup. Il n’y a aucune obligation légale pour un salarié titulaire de déclarer son handicap à son employeur. Mais, selon l’Agefiph, depuis plusieurs années, de plus en plus de salariés sautent le pas. Sonia Mouihi : « J’organise régulièrement des actions de sensibilisation auprès des collaborateurs des entreprises que j’accompagne (collectifs de travail, managers, etc…) ce qui me donne l’opportunité de rencontrer des salariés handicapés qui hésitent parfois à se déclarer. Le message que je souhaite transmettre est très simple : ce n’est pas le handicap qui définit une personne mais ses compétences. Déclarer sa situation de handicap, c’est devenir acteur de sa vie professionnelle en se donnant les moyens d’exercer efficacement et sereinement son activité sans devoir compenser - seul - sa situation de handicap ce qui, à terme, pourrait aboutir à une inaptitude professionnelle. Evoquer sa situation de handicap est la voie la plus efficace pour sécuriser son emploi et son avenir professionnel. Cela permet en effet à l’employeur de mettre en œuvre les aménagements de postes nécessaires, d’élaborer un parcours de formation personnalisé, etc… » Créer les compétences pour mieux intégrer le handicap La question de la formation est centrale. Seuls 27 % des personnes handicapées qui travaillent ont un niveau d’études supérieur ou égal au bac, contre 45 % pour l’ensemble des publics. Cela s’explique notamment par le fait qu’une grande partie des accidents du travail ou des problèmes de santé conduisant à la reconnaissance d’un handicap surviennent pour des postes peu qualifiés et extrêmement physiques. C’est bien souvent la double peine pour ces personnes, qui ont un faible niveau d’étude et déjà un certain âge. Sonia Mouihi : « Le déficit de formation des chercheurs d’emploi handicapés est le principal frein d’accès à l’emploi. Dans le même temps, de nombreuses entreprises souhaitent recruter des travailleurs handicapés et n’y parviennent pas, faute de profils qualifiés. Face à ce constat, je pense que les entreprises doivent s’adapter aux spécificités de ce marché (travailleurs handicapés) et modifier leurs approches. Nous ne parvenons pas à trouver les profils, alors créons-les ! Recrutons autrement, non plus en fonction d’un niveau d’études ou d’une qualification mais à partir du « savoir-être » attendu. Identifions et valorisons les compétences transverses et formons les candidats à nos métiers. J’accompagne quotidiennement les entreprises dans le déploiement de leurs politiques d’Emploi & Handicap et, au cours de ces deux dernières années, nous avons été amenés à monter plusieurs dispositifs de formation tels que des Classes de Professionnalisation sur des métiers très divers tels que : chargé de Recrutement, vendeur en prêt-à-porter et même chauffeur routier et cela fonctionne. Bien plus qu’une démarche citoyenne et engagée de la part de l’entreprise, la formation professionnelle est pour l’employeur et le travailleur handicapé un partenariat gagnant-gagnant ». Merci à Sonia Mouihi, Chargée Mission Diversité Handicap pour le Groupe Synergie. Synergie, 1er groupe français indépendant de services RH (intérim, recrutement, formation, conseil) est un acteur connu en matière d’emploi et d’insertion professionnelle des personnes handicapées. Sources : *article L5212-1 à 5 du code du travail) ; ** Guide pratique « Les stéréotypes sur les personnes handicapées en entreprise. Comprendre et agir dans l'entreprise ». Agefiph, IMS-Entreprendre pour la cité ; Chiffres 2017 Insee, Agefiph et Fiphfp Hélène Joubert, journaliste

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Santé au travail : assis ou debout ?

Travailler devant un écran d'ordinateur est devenu la règle pour une grande partie des travailleurs. Or, rester assis à son bureau tout au long de la journée est particulièrement néfaste pour la santé. La solution, se lever souvent et pourquoi pas, travailler avec un plan de travail en hauteur. Plus facile à dire qu’à faire ? Position assise prolongée : quel est le risque ? Globalement, les études scientifiques convergent et les chiffres implacables. Rester assis huit heures par jour augmenterait les chances de décès prématuré de 15% et de 40% au-delà de 11 heures. Le calcul est vite fait selon les chercheurs : après une décennie à travailler à un bureau, ce sont sept années en moins d’espérance de vie. Cette sédentarité au travail accroît le risque de diabète, d'obésité, de cancer, de mal au dos et de fatigue chronique. Selon une publication scientifique de 2015 rassemblant les études parues sur le sujet, ceux qui passent le plus de temps assis ont un risque de développer un diabète de 90% plus élevé que ceux qui sont assis le moins longtemps, une probabilité de mourir de maladie cardiaque ou de cancer de 18% plus élevée et 24% plus de chances de décéder (1). De plus, une autre étude conduite chez des femmes souligne que celles restées assises plus de sept heures par jour présentent 47% de risques en plus de développer des symptômes dépressifs comparées à celles qui ont passé quatre heures ou moins assises.Une autre étude a même évalué la combinaison de la position assise des heures durant et le fait de ne pas pratiquer d’activité physique. Bilan, c’est la plus mauvaise des attitudes. Comparativement aux personnes qui passent quotidiennement moins de quatre heures quotidiennes en position assise et pratiquent une activité physique intensive (> 35,5 MET-heure/semaine), ceux qui sont assis plus de 8 h/jour et réalisent une activité physique très limitée (< 2,5 Met-heure/semaine, sédentarité) ont, à terme, un risque de mortalité augmenté de 60%. Quels moyens simples pour ne pas rester assis trop longtemps au bureau Outre-Atlantique, le National Insitutes of Health (3) a quantifié le nombre d’heures passé assis en moyenne par un adulte américain : 7,7 heures. Ce qui a fait dire à l’American Medical Association qu’il fallait revoir notre manière de s’assoir, en exploitant les sièges « ballons » et les postes de travail en hauteur (4). Pour contrer la position assise, les idées ne manquent pas. Des chercheurs se sont posé la question « Comment réduire le temps passé assis ? ». Pour cela ils ont pris une par une les stratégies de changement de comportement utilisées dans les interventions de réduction de la sédentarité chez les adultes et publiées dans des revues médicales internationales (5). 23 interventions leur ont semblé prometteuses, fondées sur la restructuration de l’environnement de travail, la persuasion ou l'éducation. Ils ont relevé par exemple, des postes de travail où l’on peut rester debout, le fait de programmer une alerte lorsqu’un certain laps temps passé assis est dépassé ou encore l’installation de bureaux à pédales pour réduire l’inactivité.D’ores et déjà voici quelques pistes : S’obliger à réaliser des pauses toutes les 45 minutes. Passer ce temps de pause en position debout. Organiser des réunions debout. Réfléchir sur un sujet en restant debout et encore mieux, en marchant. Varier les positions assises. S’étirer régulièrement au long de la journée. Choisir un bureau ajustable, permettant à la fois de travailler assis ou debout. Pour une ergonomie correcte de travail sur un bureau en hauteur, l’écran doit être à la bonne hauteur en maintenant la tête droite et les bras perpendiculaires au corps.   A quand les Français fans du travail en position debout ? Il est grand temps de tomber de sa chaise. Les recommandations médicales britanniques préconisent aux salariés de rester au moins deux heures de leur temps de travail debout. Aux Etats-Unis, le commerce de bureaux surélevés est en plein essor. Mais ce sont les pays nordiques les premiers à avoir franchi le pas. Les postes de travail modulables, c’est à dire qui permettent les deux positions, assises et debout, s’implantent réellement dans les entreprises. Au point qu’au Danemark, la législation du travail impose aux entreprises de fournir ce type de mobilier à leurs employés. En France, certaines banques et assurances seraient apparemment parmi les premières entreprises à se pencher sur le problème et à utiliser ce type de mobilier modulable. (1)Ann Intern Med. 2015;162(2):123-132. ; (2) AJPM  September 2013Volume 45, Issue 3, Pages 276–281 ; (3) https://www.nih.gov/; (4) https://www.ama-assn.org/; (5) Health Psychology Review  Volume 10, 2016 - Issue 1 / http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17437199.2015.1082146

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Le travail à domicile, c’est bon pour la santé ?

Le travail à domicile commence seulement à se démocratiser en France. On estime qu’entre 2% et 16% des salariés ont un contrat de télétravail, dans la majorité des cas à temps partiel. Quels sont les avantages du « Home office » et comment remédier aux inconvénients pour concilier télétravail, bien-être et santé ? Les avantages du travail à domicile Le principal avantage est le gain de temps professionnel et personnel, car en travaillant chez soi, on s’affranchit des trajets quotidiens qui sont en moyenne de 40 à 75 minutes, l’extrême étant généralement atteint en région parisienne. Le temps ainsi gagné sur les transports peut être réattribué aux activités professionnelles et personnelles, en respectant un bon équilibre pour être gagnant sur les deux tableaux. En évitant les transports, individuels ou en commun, on réduit aussi considérablement le stress (sécurité, retards, connexions…) et la fatigue : beaucoup de personnes arrivent le matin au travail déjà fatiguées et stressées, ce qui diminue ensuite leur efficacité. Le deuxième grand avantage du travail à domicile est un gain en flexibilité, le travailleur devenant responsable de son organisation des taches et des horaires à effectuer. Il doit également gérer lui-même son environnement de travail et non plus le subir, par exemple en termes d’éclairage, de bruit, de température, de couleur, etc. Enfin, travailler de chez soi s’accompagne d’un gain conséquent de productivité. La baisse du stress et de la fatigue n’est pas le seul facteur qui augmente la productivité. Là encore l’environnement joue un rôle colossal : sur un plateau par exemple, on supporte le bruit, même si beaucoup d’efforts ont été faits par les entreprises, on subit les interactions entre collègues et les multiples interruptions. Le travail à domicile offre cette possibilité d’être dans un environnement familier, apaisant et que l’on a choisi, avec pour résultat une efficacité et une motivation accrues chez le télétravailleur. Travailler de chez soi : quels sont les risques pour sa santé ? « Seul sans collègue, les opportunités d’aller vers les autres sont réduites. En travaillant à domicile, on perd aussi de nombreuses occasions de déplacements physiques : l’imprimante est installée à portée de main et il n’y a pas loin pour aller se préparer un café, détaille Christophe Clerc-Renaud, Directeur des ventes chez Ergotron®. Les distances à parcourir au bureau sont très limitées par la configuration du télétravail. Mais il est facile de contourner cet écueil, notamment en mettant à profit le temps gagné sur les trajets que l’on peut alors allouer à l’activité physique (jogging, séances de gym, vélo d’appartement…). » Finalement, le plus gros désavantage en termes de santé réside dans le risque de travailler chez soi avec des outils mal adaptés menant à de mauvaises postures. Il est totalement illusoire d’imaginer bien travailler sur le coin de la table du salon, sur un tabouret dans la cuisine ou dans le canapé. C’est pourquoi le télétravail impose de recréer chez soi un « vrai » poste de travail professionnel, faute de quoi les troubles musculosquelettiques (TMS) vont s’installer (lombalgies, douleurs aux cervicales, syndrome du canal carpien…). « L’employeur doit lui aussi se soucier de l’aménagement du poste de télétravail, car le risque de TMS est ici renforcé par la sédentarité. Nombreux sont les télétravailleurs qui, seuls dans un environnement choisi, au calme, sans distraction et avec tout à portée de main, restent assis extrêmement concentrés pendant plus de 6 heures d’affilée sans aucune interruption. » Il est essentiel de lutter contre cette sédentarité accrue, pas seulement en augmentant les séances d’activité physique, mais surtout en modifiant certains comportements (se lever très régulièrement en multipliant les motifs). Le télétravailleur est livré à lui-même et à sa propre discipline… Comment s’organiser pour concilier travail à domicile, bien-être et santé ? Pour Christophe Clerc-Renaud, « la première chose est de prendre conscience que l’augmentation de la sédentarité est un risque réel, élevé et préjudiciable à sa santé. Le télétravail à domicile est une opportunité pour le salarié de mieux prendre soin de lui, et pas au détriment de son travail. Le temps économisé et le stress éliminé se transforment en bénéfices pour soi et son entreprise. » Concrètement, il est nécessaire de privilégier une posture dynamique en alternant régulièrement la position assise et la position debout, laquelle est meilleure pour la dépense calorique, tonifie les muscles et stimule la circulation sanguine. Puisque l’on est seul et que l’on peut aménager son bureau comme on veut, on peut sans complexe se lever et marcher lorsqu’on téléphone ou lorsqu’on lit un document. On peut mettre une alarme toutes les 30 minutes pour s’obliger à bouger très régulièrement ou à faire quelque chose (aller se servir un café, relever la boite aux lettres, mettre son téléphone en charge dans la cuisine, ouvrir la fenêtre de la chambre pour aérer, arroser la plante…). On peut aussi travailler debout de temps en temps. Outre les équipements qui permettent d’aménager un poste de travail ergonomique, indispensable pour adopter les bonnes postures et éviter les TMS (clavier déporté, écran réglable en hauteur, tablette amovible, chaise à dossier et accoudoirs réglables, repose-poignet, etc.), il existe du mobilier et des accessoires permettant de convertir facilement un bureau standard en poste de travail assis-debout, fixe ou mobile (ex. une table supplémentaire se posant sur le bureau pour une élévation du clavier et de l’écran ; une tablette haute sur roulettes…). Il est important de se créer des routines, pour que la position debout devienne un réflexe et une posture confortable en télétravail. « Personne ne dit de travailler debout toute la journée, mais seulement de temps en temps et selon les taches à exécuter. Très rapidement, on en ressent les bienfaits, la sangle abdominale travaille et se raffermit, on se sent plus tonique et on brûle plus de calories. » Enfin, le travailleur à domicile doit être capable de s’imposer des limites pour bien séparer ses activités professionnelles de sa vie familiale. Classiquement, le télétravailleur passe plus d’heures en activité au bureau car il se trouve dans un environnement peu stressant et qui lui plait. Pour ne pas se laisser trop absorber par son travail et risquer des tensions dans la famille, il est nécessaire d’être exigeant et ferme avec soi-même et de savoir « fermer la porte de son bureau ». La seule façon d’y parvenir est de délimiter strictement son espace professionnel en recréant un vrai poste de travail isolé, de manière à pouvoir être 100% professionnel quand on travaille et 100% en famille en dehors. Cette délimitation est bénéfique professionnellement, personnellement et pour la famille qui ne doit pas subir le travail à domicile.

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Pension d'invalidité : qui peut la demander ?

Vous pouvez bénéficier d'une pension d'invalidité pour compenser votre salaire si vous êtes dans l'incapacité de reprendre votre travail suite à un accident ou à une maladie d'origine non professionnelle. Pension d'invalidité : quelles sont les conditions ?   votre capacité de travail ou de revenus est réduite d'au moins deux tiers. vous n'avez pas atteint l'âge légal de la retraite, soit entre 60 et 62 ans selon votre date de naissance. vous êtes immatriculé à la sécurité sociale depuis au moins 12 mois au 1er jour du mois au cours duquel est survenue: soit l'interruption de travail suite à votre invalidité, soit le constat d'invalidité par le médecin conseil de votre caisse d'Assurance Maladie. vous justifiez, au cours des 12 mois civils précédant l'interruption de travail ou le constat d'invalidité, soit d'un salaire au moins égal à 2030 fois le Smic horaire, soit avoir travaillé au moins 600 heures (ou 800 heures si l'interruption de travail ou le constat d'invalidité est antérieure au 1er février 2015.   Pension d'invalidité : qui peut faire la demande ?   vous ou votre médecin qui, avec votre accord, peut adresser un certificat médical au médecin conseil de votre caisse d'Assurance Maladie. le médecin conseil du service médical de votre caisse d'Assurance Maladie. Dans les deux cas, vous devez remplir le formulaire S4150 « Demande d'invalidité » (disponible à votre caisse ou sur ameli.fr) et l'adresser, avec les pièces justificatives exigées, à votre caisse d'Assurance Maladie.Si votre demande est acceptée, votre caisse vous enverra une notification précisant la catégorie et le montant de la pension. Si elle est refusée, votre caisse doit vous informer des recours possibles. Si vous ne recevez pas de réponse dans un délai de 2 mois, cela équivaut à un rejet. Là encore, des recours sont  possibles.   Comment est calculée la pension d'invalidité ? L'Assurance Maladie tient compte de votre salaire annuel moyen à partir de vos dix meilleures années d'activité. Le montant de votre pension d'invalidité dépend aussi de la catégorie d'invalidité attribuée par le médecin conseil de votre caisse : vous serez en catégorie 1 si vous pouvez travailler. vous serez en catégorie 2 si vous ne pouvez plus travailler. vous serez en catégorie 3 si vous ne pouvez plus travailler et que vous avez besoin d'une aide pour vous assistez dans la vie quotidienne.   Combien de temps la pension d'invalidité est-elle attribuée ? La pension peut être révisée ou suspendue dans les cas suivants : aggravation ou amélioration de votre état de santé. reprise d'une activité professionnelle salariée. reprise d'une activité professionnelle non salariée. l'âge légal de la retraite est atteint : la pension d'invalidité se transforme en pension retraite pour inaptitude. l'âge légal de la retraite est atteint et vous exercez une activité professionnelle : la pension continue à être versée jusqu'à 65 ans maximum.   Quelles sont les aides ?   Vos soins médicaux, examens et médicaments sont pris en charge à 100% pour la maladie et la maternité, dans la limite du plafond de la sécurité sociale. Vos ayants droit (enfants, conjoints, etc.) bénéficient également de la prise en charge de leurs soins dans les mêmes conditions que vous. Si vos revenus sont insuffisants, vous pouvez percevoir l'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI) en complément. Son montant varie en fonction de vos ressources. Au 1er avril 2014, pour l'obtenir, le plafond mensuel était fixé à : 702 € si vous vivez seul. 1229,61 € si vous êtes en couple. Le montant de l'ASI varie de 403,76 € à 666,27 € selon la situation de famille. La carte d'invalidité donne droit à l'exonération éventuelle de la redevance télé, certains avantages fiscaux, réductions et places réservées dans les transports en commun... La demande se fait à la Maison départementale des personnes handicapées. Source : e-santé   Brigitte Bègue journaliste santé

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7 conseils pour éviter la déprime du dimanche soir

Chaque dimanche, c’est pareil, la déprime vous envahit : vous avez le bourdon à l’idée que le week-end se termine et qu’il faut retourner à l’école ou au travail le lendemain. Mollesse, mélancolie, anxiété, irritabilité... On estime que 50% de la population serait concernée par le blues du dimanche soir. Un phénomène qui peut gâcher la fin du week-end mais qui n’est pas inéluctable.   La déprime du dimanche soir : qu’est-ce que c’est ? « La déprime du dimanche soir n’est pas une maladie, on y survit toujours !, précise d’emblée le psychiatre Florian Ferreri, auteur de « Vaincre le blues du dimanche soir » (Hachette). C’est plutôt un mal-être difficile à identifier car il est ponctuel et peu rationnel. En général, on n’en parle pas car on sait qu’il aura disparu le lundi ». « Quand j’étais au lycée, j’avais le blues tous les dimanches soirs, se souvient Joël. Du jour où j’ai eu mon bac, il a disparu comme par enchantement ». Les symptômes vont de la morosité au manque d’énergie en passant par l’irritabilité, l’agacement, les ruminations négatives, le vague à l’âme... A priori, personne ne consulte pour ce passage à vide éphémère mais si les troubles dépassent le cadre du dimanche et qu’ils semblent s’installer au quotidien, ils peuvent être le signe d’une anxiété chronique ou d’une dépression larvée. Dans ce cas, il est nécessaire d’en parler au médecin. Petits et grands : tout le monde est concerné par la déprime du dimanche Cette déprime passagère touche aussi bien les enfants d’âge scolaire qui ont des rythmes imposés, « ce n’est pas forcément qu’ils n’aiment pas l’école mais ils adorent le week-end et ils ne peuvent pas en faire le deuil », que les adolescents « qui ont envie de consacrer leur week-end aux loisirs et qui se retrouvent acculés à faire leurs devoirs le dimanche soir  ».  Les adultes n’y échappent pas. Le blues concerne souvent les personnalités anxieuses, perfectionnistes, très investies dans leur métier et qui commencent à penser au travail qui les attend dès le dimanche. Certaines personnes sont aussi plus vulnérables au changement de rythme dans le week-end qui bouleverse leur horloge interne. Du coup, elles ont du mal à initier des choses. D’autres facteurs peuvent jouer sur leur moral comme la mauvaise météo ou le fait que tout est fermé. « Le calme du dimanche peut donner une sensation d’un vertige abyssal, d’un vide, pouvant être source de cafard », souligne le psychiatre. Il y a les personnes qui sont tristes le dimanche soir car les amis ou la famille qui étaient venus leur rendre visite sont partis. Et puis celles qui procrastinent tout le week-end et qui se retrouvent le moral en berne le dimanche après midi parce qu’elles ont toutes les « corvées » à faire. Blues du dimanche soir : les solutions pour l’éviter 1. Garder le rythme Grasse matinée ou pas, le dimanche se vit souvent en horaires décalés par rapport à la semaine. Certaines personnes supportent mal cette cassure avec leur rythme biologique habituel. « Elles sont comme en jet-lag, note Florian Ferreri. Elles ont l’impression que la journée commence mal, traînent en pyjama, manquent d’énergie... ». Si vous êtes dans ce cas : Mettre un réveil de sécurité : sans se lever aux aurores, mieux vaut ne pas se réveiller 2 h ou 2 h 30 plus tard que pendant la semaine. Aérer son logement. S’habiller normalement, l’idée étant de ne pas rester en pyjama. Faire une sieste courte (10 à 20 mn suffisent à récupérer) plutôt qu’une longue sieste qui  « met dans un état d’engourdisssement psychique au réveil donnant l’impression que le dimanche est gâché ».Trop dormir l’après-midi risque aussi d’entrainer une insomnie le nuit suvante. 2. Sortir pour s’aérer l’esprit Si vous êtes du genre à ruminer ou avoir du vague à l’âme le dimanche, un seul conseil : ne restez pas chez vous ! Marcher permet de libérer son esprit des pensées négatives. « L’exercice physique allège l’esprit, explique le médecin. Mais lors d’une ballade, vos yeux sont attirés par des détails qui provoquent des mouvements oculaires répétés, lesquels permettent de moduler l’activité des régions cérébrales impliqués dans la régulation des émotions, notamment le stress ». Programmer une sortie à l’avance : un spectacle, une activité sportive, un déjeuner avec des amis... « Quand le billet est déjà pris, c’est plus facile, prévient Florian Ferreri. Le jour même souvent, on n’a pas le courage », Regarder le coucher du soleil apaise : on pense à le faire lorsque l’on est en vacances, pourtant c’est possible même en ville si la météo est favorable. 3. Organisez-vous ! Vous adorez les week-ends et vous en profitez pleinement dès le vendredi soir en réservant les contraintes au dimanche après-midi. Erreur : le moment venu, non seulement vous devenez irritable avec vos proches mais vous culpabilisez de n’avoir rien fait plus tôt. « Pour ces personnes, le dimanche devient pas très sympa car elles ont prévu de faire des choses pas très sympa », note le psychiatre. Pour alléger le dimanche après-midi : Planifiez un peu votre organisation de manière à ne pas avoir tout à faire en fin de week-end : factures à payer, lessive, devoirs avec les enfants, coup de fil aux parents... Regardez le cahier de devoirs des enfants dès le vendredi soir pour avoir une idée de ce qu’ils ont à faire et commencez à anticiper : ce soir lire la poésie, demain, faire l’exercice de maths... Profitez de la météo maussade pour faire les « corvées : passez l’aspirateur, faire ses vitres, ranger ses papiers administratifs... 5. Déconnecter « L’inconfort de la déprime du dimanche soir est  en partie liée au retour, avant l’heure, des préoccupations de la semaine et notamment des soucis professionnels, explique Florian Ferreri. Cela les empêche d’être totalement disponible pour leur entourage ». Éteignez votre téléphone portable professionnel si vous en avez-un. Mettez votre smartphone personnel en mode silencieux pour éviter de le regarder au moindre signal de sms ou e-mails reçus. Prévoyez de faire une vraie pause avec les réseaux sociaux le dimanche en fin d’après-midi même si vous adorez communiquer, d’autant que voir sur facebook les photos de ses amis en train de passer un week-end formidable alors que vous vous ennuyez sur votre canapé peut accentuer le blues. 6. Rester positif L’optimisme n’est pas forcément inné mais il peut se travailler. Apprendre à reformuler ses pensées : par exemple, si le temps est doux pour un dimanche d’hiver, au lieu de se désoler et dire  « il n’y a plus de saison, on va avoir un printemps pourri », voyez le côté positif et pensez « profitons-en pour sortir et aller boire un verre en terrasse ». Préparer une play-list anti-déprime en faisant une compilation des titres qui vous donnent la pêche et mettez-les dès que vous sentez le coup de blues arriver. Opter pour un film du dimanche soir distrayant si vous vous sentez un peu mélancolique. 7. Se relaxer Si le stress du dimanche soir est trop fort, la relaxation peut permettre de relâcher les pressions. Quelques minutes de respiration lente et profonde procure déjà de la détente : Fermez les yeux. Relâchez les épaules et détendez le visage. Inspirez profondément par le nez sans forcer en gonflant votre ventre et votre poitrine, bloquez votre souffle pendant 5 secondes puis expirez lentement par la bouche en rentrant votre ventre et votre thorax. Faire cet exercice 5 minutes debout, assis ou en position allongée. Prendre un bain à 37°, c’est la température du corps, permet de se détendre. Pour un effet optimal,  ajouter des huiles essentielles de lavande, camomille, de citron... Éviter l’excès d’alcool le dimanche soir pour surmonter l’angoisse car si une consommation modérée peut apaiser, répétée, elle peut avoir l’effet  inverse et conduire à la dépendance.     Marion Garteiser, journaliste santé

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Cancer : le travail de nuit augmente le risque chez les femmes

Le travail de nuit est associé à un risque accru de plusieurs cancers chez les femmes, d'après une méta-analyse. Quand les nuits ne sont plus consacrées au sommeil, mais à gagner sa vie. En France, un salarié sur six travaille après le coucher du soleil. Ce rythme infernal a un impact néfaste sur la santé. Il favorise notamment l'apparition de cancers. Une méta-analyse, publiée dans Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, précise l'ampleur du risque pour les femmes. C'est un travail d'ampleur qu'ont réalisé les chercheurs de l'université du Sichuan (Chine). 61 études scientifiques évaluant le lien entre cancer et travail de nuit chez les femmes ont été passées en revue. Elles concernent, au total, 4 millions de volontaires dont 100 000 dont développé une tumeur. Quand il dure dans le temps, le travail nocturne augmente de 19 % le risque de cancer par rapport aux femmes qui exercent leur métier en journée. Certaines localisations sont plus touchées. C'est le cas du sein, de la peau et du système gastro-intestinal. Le risque est respectivement accru de 32 %, 41 et 18 %. Le risque augmente avec la durée Une profession est affectée de manière démesurée par les répercussions du travail nocturne : celle des infirmières. Xuelei Ma, co-auteur de ces travaux, y voit deux explications possibles. "Les infirmières qui travaillent de nuit ont une formation médicale, et ont donc plus de chances d'avoir réalisé des examens de dépistage, détaille-t-elle. Les exigences du poste, avec des gardes plus intenses, peut aussi expliquer cela." Quelle que soit la raison, la chercheuse chinoise plaide en faveur d'une prise en charge adaptée aux travailleuses nocturnes. Car pour chaque tranche de 5 ans à ce rythme, le risque de cancer du sein augmente de 3 %. "Ces femmes devraient bénéficier d'examens physiques réguliers et du dépistage de plusieurs formes de cancer", estime donc Xuelei Ma. Pour rappel, le travail de nuit se définit, en France, par un prise de poste entre 21 heures et 6 heures, pendant plusieurs heures d'affilées. Ce rythme a déjà été associé à plusieurs maladies, dont certaines sont reconnues par l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Ce travail doit rester exceptionnel Troubles du sommeil, obésité, diabète et troubles cognitifs sont ainsi plus fréquents chez les travailleurs nocturnes. "Les effets de ces horaires sur les salariés peuvent varier selon les personnes car ils sont dépendants de différents facteurs", précise l'Institut. Le secteur d'activité ou le chronotype, par exemple, influencent beaucoup l'impact du travail de nuit. Certaines règles ont tout de même été mises en place afin de protéger les employés. Il est, par exemple, obligatoire d'accomplir un repos de 11 heures après la période travaillée. Le recours à ces horaires inhabituels doit, en outre, être justifié par la nécessité et respecter les règles de protection de la santé des salariés. Source : Night Shift Work Increases the Risks of Multiple Primary Cancers in Women: A Systematic Review and Meta-analysis of 61 Articles, Xia Yuan, Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention Travail de nuit du salarié, Service-Public.fr LE TRAVAIL DE NUIT EN 2012, Essentiellement dans le tertiaire, DARES

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Les addictions n’épargnent pas le milieu professionnel

L’Académie Nationale de Médecine brise le tabou des conduites addictives en milieu professionnel en publiant un rapport édifiant : 20 millions d’actifs consomment régulièrement ou ponctuellement une substance considérée comme addictive, qu’elle soit licite ou illicite. Ces chiffres lèvent le voile sur un phénomène trop peu pris au sérieux. Tabac, alcool, cannabis et médicaments psychotropes… En France, les consommations addictives concerneraient plus de 20 millions d’actifs qu’ils soient salariés du privé ou agents de la fonction publique, en contrat à durée indéterminée ou déterminée, selon le « baromètre santé » 2014 de l'Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT) (1). Le terme de substance psychoactive regroupe les drogues licites (alcool, tabac) et illicites (cannabis, cocaïne, héroïne et ecstasy).S’il est peu abordé dans le grand public, c’est un problème bien connu des dirigeants et des représentants des personnels en entreprise qui estiment que 91 % des salariés consommeraient « au moins un produit psychoactif ». Autre constat, les niveaux de consommation de substances psychoactives sont plus élevés chez les demandeurs d'emploi que chez les actifs occupés. Cette différence est particulièrement nette dans le cas du cannabis. Néanmoins, entre 2005 et 2010, les niveaux de consommation des personnes en activité se sont rapprochés des niveaux relevés chez les personnes sans emploi, ce qui pourrait témoigner, selon l’OFDT, d’un accroissement des tensions dans le monde du travail.Pour leur part, les consommations de médicaments psychotropes semblent croître avec 16,7% de consommateurs en 2010. L’enquête 2014 (1) indiquait un usage dans l’année beaucoup plus élevé chez les femmes (de 13,1% à 30,0%) que chez les hommes (de 2,8% à 14,5%). Conduites addictives, tous concernés En 2014, trois milieux professionnels étaient touchés par des niveaux élevés de consommations de substances psychoactives : le bâtiment et les travaux publics, le secteur englobant les arts, les spectacles et les services récréatifs, ainsi que celui de l’hébergement et de la restauration. Précisément, le transport routier, les postes de sûreté ou de sécurité affichent des niveaux plus élevés de consommation de substances psychoactives que la moyenne. En revanche, le commerce, le transport-entreposage, l’administration publique et la défense, l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale semblent plus épargnés. Par ailleurs, l’enquête 2014 met en lumière que les ouvriers et les employés sont les plus gros consommateurs de substances psychoactives. Ainsi, les employés étaient en tête pour l'usage de cannabis (16,6%), de cocaïne (3,6%) et d’amphétamines dans l’année (2,4%), de même que pour la consommation de médicaments psychotropes dans l’année (14,5%, « baromètre 2010 »). Pr Jean-Pierre Goullé, professeur émérite de toxicologie à la Faculté de Médecine et de pharmacie de Rouen : « Alors qu'auparavant les consommations addictives sur le lieu de travail concernaient principalement l'alcool seul, on assiste désormais à l'apparition d'une poly-consommation (alcool plus cannabis, alcool plus cocaïne...). De plus, les données étant pour la plupart issues d’enquêtes déclaratives, il s’agit vraisemblablement de chiffres sous-estimés  ». Conduites addictives, quelles conséquences ? Travail et substances psychoactives ne font pas bon ménage. Si les conduites addictives sont si préoccupantes, c’est qu’elles sont susceptibles de retentir sur la sécurité du travail et d’engager la responsabilité du chef d’entreprise, de ses délégataires (personne physique) et de l'entreprise (personne morale) en cas d'accident. D’ailleurs, la présence de toute drogue illicite sur le lieu de travail suffit à engager la responsabilité de l'entreprise.Les conduites addictives peuvent aussi menacer la sécurité des usagers, notamment lorsque les agents occupent des postes de sûreté et de sécurité. A cela s’ajoutent un absentéisme, des retards fréquents, une perte de performance du salarié, plus de conflits entre salariés et une perte d'image pour l’entreprise. A noter, selon les chiffres de 2010, en dehors des occasions traditionnelles que constituent les « pots » et les repas, 18,9% des hommes et 10,3% des femmes, soit 16,4% des actifs occupés avaient consommé de l’alcool durant leur temps de travail au moins une fois dans l’année (2). De plus, selon les estimations officielles, dans 20 à 30% des cas, la victime d’un accident du travail était sous l'emprise d'une substance psychoactive. L'alcool serait à lui seul responsable de 10 à 20% des accidents du travail, en cause dans 40 à 45% des accidents mortels du travail enregistrés au cours de l'année. Addictions au travail, les pistes pour s’en sortir Réduire la consommation de substances psychoactives au travail est possible. Voici quelques clés : Impliquer le médecin du travail. Les dirigeants d’entreprise devraient encore plus impliquer le médecin du travail. Le salarié devrait aussi y recourir plus facilement et plus fréquemment. En effet, le médecin du travail est à même de mener des actions individuelles auprès des personnels occupant des postes mettant en jeu la sécurité individuelle ou collective. Favoriser le bien-être au travail. Le milieu professionnel serait, du moins en partie, responsable de l’usage des substances psychoactives ou d'une majoration de leurs consommations. Réaliser des actions collectives d'information et de sensibilisation sur les dangers des drogues licites et illicites en milieu professionnel. Pr Jean-Pierre Goullé : « Différentes enquêtes ont révélé que face aux difficultés rencontrées quotidiennement dans leur exercice professionnel, les actifs ont tendance à augmenter leur consommation de substances psychoactives. Cela concernerait 36% des fumeurs, 9% des consommateurs d’alcool et 13% des usagers de cannabis. La dégradation ressentie des conditions de travail serait également à l’origine de la prise de médicaments psychotropes chez près du quart des professionnels ! ».Source : Rapport de l’Académie nationale de médecine, le 10 octobre 2017 (1) Palle C. Synthèse de la revue de littérature sur les consommations de substances psychoactives en milieu professionnel. Observatoire français des drogues et toxicomanies, note 2015-05, 12pp ; (2) Beck F., Guignard R., Léon C., Ménard C., Richard J.B. Usage de substances psychoactives et milieu de travail, La Santéen action, N° 425, 2013, 42-44D’après un entretien avec le Pr Jean-Pierre Goullé, rapporteur du rapport « Addictions en milieu professionnel » pour l’Académie nationale de médecine, professeur émérite de toxicologie à la Faculté de Médecine et de pharmacie de Rouen

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Travail de bureau, éviter le piège de la sédentarité !

Les « actifs » sont-ils si actifs que cela ? Pas si sûr et des données suggèrent que les employés de bureau seraient même plus sédentaires que les seniors ! Une évolution du mode de vie à l’impact plutôt négatif. La sédentarité guetterait les travailleurs avec, à la clé, de fâcheuses conséquences sur le plan cardiovasculaire, du diabète et de l’obésité. Travaillez, bougez ! Les 25-65, les plus sédentaires Vissés à leur chaise, les yeux rivés sur leur(s) écran(s) du matin au soir, de nombreux travailleurs sont finalement très sédentaires. C’est pourquoi, l’étude des médecins du Centre de recherche sur l'activité physique pour la santé d'Édimbourg en Ecosse ne surprend guère : en semaine, les 16-24 ans et les 65-74 ans sont moins sédentaires que les adultes entre 25-65 ans. Ce constat s’inverse en revanche le weekend. Ces résultats ont été obtenus en scrutant l’emploi du temps de près de 14 000 personnes de plus de 16 ans. D’autres données françaises, issues de l’enquête en ligne Nutrinet (2015), évaluent à douze heures le temps passé assis chaque jour (hors week-end), dont un tiers dans le cadre de l’activité professionnelle. Les effets de la sédentarité sont de mieux en mieux connus. C’est un facteur de risque prépondérant dans la survenue de maladies cardiovasculaires dont l’insuffisance cardiaque, de diabète, d’ostéoporose et de certains cancers. La sédentarité tuerait deux fois plus que l'obésité (2). La sédentarité, à distinguer de l’inactivité physique L’inactivité physique, c’est à dire l’absence de toute activité physique, est délétère en soi. Mais elle ne doit pas être confondue avec la sédentarité qui, elle aussi, est un facteur de risque pour la santé. Les experts estiment même que pour contrecarrer les effets de la sédentarité, il faudrait pratiquer quotidiennement 90 minutes d’activité physique ! Le poids de la sédentarité est donc très lourd et nombreux sont les médecins qui la considèrent encore plus dangereuse pour la santé que l’inactivité physique.En France, le programme national nutrition Santé (PNNS) préconise trente minutes d’activité physique modérée au moins cinq jours par semaine. Ce peut être au choix du vélo, de la natation, du jardinage, du running… L’Organisation mondiale de la santé (OMS) penche plutôt pour 150 minutes d’activité physique hebdomadaires. Mais les experts estiment que fractionner cette durée tout au long de la semaine est nettement plus bénéfique, du fait de la régularité de l’effort et de ses effets protecteurs cardiovasculaires. Elle provoque en effet une vasodilatation des artères du cœur, ce qui le soulage dans son travail de contraction. Elle améliore aussi la fluidité du sang, pour éviter la formation de caillots dans les artères (thromboses). Elle réduit les besoins du myocarde (cœur) au cours d’efforts physiques plus violents. Enfin, cela garanti la stabilité du système de conduction électrique cardiaque, limitant ainsi le risque d’arythmie (troubles du rythme).Les bienfaits de l'activité physique sont en effet scientifiquement démontrés. La pratique régulière d'un sport permet de réduire jusqu'à 39 % le risque de développer un cancer du sein, de 26 % le risque de cancer colorectal, de 25 % celui d'être victime d’un accident vasculaire cérébral et de 34 % celui de diabète. Comment éviter d’être trop sédentaire au bureau? Afin de briser le cercle vicieux de la sédentarité, en l’occurrence les jours de travail, voici quelques pistes. Tout d’abord, s’obliger à faire des pauses debout « toutes les deux-trois heures » expliquent les experts de cette nouvelle étude. Tout prétexte est bon pour se lever de sa chaise, comme éloigner l’imprimante pour devoir se lever à chaque impression, organiser des réunions debout, monter les escaliers pour se rendre dans les différents services de l’entreprise ou marcher au lieu de prendre son téléphone ou d’écrire un courrier électronique à ses collaborateurs travaillant au sein du même établissement. Pour garder la forme et préserver sa santé, l’OMS recommande de faire 10 000 pas par jour. A commencer par les petites distances en se rendant au travail ou sur son lieu de travail. Des chercheurs ont récemment montré que marcher dynamiquement 20 minutes par jour (90 à 112 kilocalories brûlées) réduirait le risque de mort prématurée. Cela suffirait pour passer de la catégorie « inactif » à la catégorie « modérément inactif », réduisant ainsi ce risque entre 16% et 30%Et pour se mettre au sport, il n’est pas trop tard ! Pratiquer un sport après l’âge de 45 ans est aussi bénéfique. Une durée de cinq heures hebdomadaires au minimum permet d’obtenir de meilleures performances cardiaques.RéférencesJournal of Sports Sciences. Differences by age and sex in the sedentary time of adults in Scotland. Pages 1-10 | Accepted 26 May 2017, Published online: 16 Jun 2017 ; (2) American Journal of Clinical Nutrition 2016. Etude prospective européenne sur le cancer et la nutrition (EPIC).

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Moins d’accidents du travail, plus de troubles psychiques

Selon les tous derniers chiffres, 626 000 accidents du travail ont été comptabilisés en 2016. Un plus bas historique qui témoigne de l’amélioration de la sécurité et du confort des postes de travail. Deux bémols cependant : le secteur des services à la personne est de plus en plus touché et les affections psychiques qualifiées en maladies professionnelles s’envolent. Mais l’analyse mérite d’être nuancée. Par Hélène Joubert, journaliste scientifique. Tendance à la baisse pour les accidents au travail 2016 a fait encore mieux que 2015 ! Concernant les accidents du travail, la tendance de fond se confirme et leur nombre est au plus bas depuis 1946 selon les données parues en septembre 2017 par la branche Risques professionnels de l’Assurance maladie*. Il y a eu, l'an passé, 33,8 cas pour 1 000 salariés, contre 33,9 cas en 2015. Au total, plus d'un million d'accidents de travail ou de trajet et de maladies professionnelles ont été reconnus et pris en charge par la Sécurité sociale en 2016. Parmi eux, 764 000 ont entraîné un arrêt de travail ou une incapacité permanente. Il y a eu 626 000 accidents du travail en 2016. Une tendance à saluer dans le BTP (-3,7%) secteur gros pourvoyeur d’accidents du travail. Les efforts entrepris pour sécuriser l’environnement et les postes de travail ainsi que le confort des travailleurs porte ses fruits. Ainsi, le BTP tombe de 61,9 accidents à 60 pour 1 000. Les tâches de manutention, le transport de charges par exemple représentent 53% des accidents.Si l’on parle en valeur absolue, le nombre d'accidents du travail ayant entraîné un arrêt de travail ou une incapacité permanente progresse de 0,3% à 626 227. Mais il faut bien comprendre que l’on parle en valeur absolue et non en valeur relative et cette hausse peut traduire un regain de l’activité économie.Dans l'intérim, l'indice de fréquence des accidents du travail grimpe de 7,8 % en un an. Faut-il pointer l’intérim du doigt ? Pas si sûr. Selon les analyses de cette branche de la Sécurité sociale, traduire cette progression comme une dégradation de la sécurité des travailleurs serait une erreur : « En augmentation depuis 2015, la hausse des accidents dans ce secteur peut être le signe avant-coureur d'une reprise économique ». Les troubles musculosquelettiques reculent Entre 2015 et 2016, le taux de maladies professionnelles prises en charge a reculé de 4,3%. Pour leur part, les troubles musculosquelettiques (TMS) maladie très invalidante à mettre sur le compte de gestes répétitifs, reculent de 4,1%. Selon les auteurs de l’étude de l’Assurance maladie « cela serait lié à une meilleure prise en compte des risques psychosociaux dont les cas reconnus de maladie professionnelle ont été multipliés par sept en cinq ans ». La France serait également « le pays européen qui reconnait le plus le syndrome d'épuisement ».La tendance est identique avec les cancers liés à l'amiante qui chutent de 9,5%, conséquence positive de la chasse à ces minéraux fibreux. Services et soins à la personne, la situation se dégrade Le secteur des services à la personne, ces métiers liés à l'assistance des personnes dans leurs tâches quotidiennes (aides-soignants, entretien, garde d’enfant, services aux personnes fragiles etc.) enregistre trois fois plus d'accidents et de maladies que la moyenne, avec 94,6 accidents pour 1 000 employés. Le taux d'accidents du travail a augmenté de 2% en un an et même de 45% en 10 ans. L’Assurance maladie juge la situation « préoccupante ».La forte hausse des lombalgies est mise en avant, responsable à 20% du nombre d'accidents du travail, ainsi que les troubles musculosquelettiques, qui représentent 87% des maladies professionnelles. Affections psychiques et cancers hors amiante à la hausse Si l’on regarde uniquement les cancers professionnels hors amiante, la progression est très forte avec +10%. Il semble que le cancer de la vessie, souvent lié à un agent cancérigène sur le lieu de travail, porte pour une large part cette croissance des cancers professionnels. L’expérimentation conduite par la branche Risques professionnels ayant été généralisée en 2015, on pourrait voir dans ces chiffres de 2016 la conséquence directe d’une meilleure information des intéressés qui a permis de multiplier par 5 à 10 les demandes de reconnaissance de cancers de la vessie en maladie professionnelle.Entre 2015 et 2016, le bond est encore plus phénoménal pour les affections psychiques qui augmentent de 40%. Faut-il en déduire un mal-être généralisé et très préoccupant ? Peut-être, mais deux bémols à cela. Tout d’abord parce qu’il ne s’agit que de quelques centaines de cas : 596 avis favorables plus exactement ont été prononcés par les commissions régionales chargées de qualifier les maladies psychologiques en maladies professionnelles (422 en 2015). Ensuite, il s’agit aussi probablement d’une plus grande prise de conscience par les travailleurs de leurs droits et qu’ils peuvent les exercer, d’autant plus aisément que la règlementation a intégré des assouplissements, facilitant l’examen des cas et leur qualification en maladie professionnelle. En quelques sortes, il s’agirait de davantage de demandes de reconnaissance.Référence : *http://risquesprofessionnels2016.fr/

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Au travail, faites les bonnes pauses !

Faire des pauses de temps en temps au cours d'une journée de travail, il n'y a rien de plus naturel. Mais combien de pauses faut-il faire ? Et lesquelles ? Les pauses, c'est bon pour la productivité ! De nombreuses études l'ont montré, et une nouvelle vient d'être publiée. Faire des pauses au cours de la journée augmente la productivité, c'est certain. La fatigue fait en effet diminuer nos performances, et le repos permet de récupérer au moins en partie au cours de la journée, ce qui diminue l'épuisement des travailleurs. Mais cela va plus loin : les pauses permettent aussi d'augmenter la satisfaction, et la participation à la vie de l'entreprise. Comment prendre de bonnes pauses ? Si prendre des pauses est important, il faut encore savoir lesquelles seront les meilleures. Une étude s'est donc penchée pendant une semaine sur les pauses de 95 employés en vérifiant lesquelles amélioraient le plus la situation. Quelques leçons peuvent en être tirées... Les pauses sont plus efficaces quand l'employé fait quelque chose qui lui plaît. Alors si possible, n'utilisez pas vos pauses pour faire des corvées perso... Par ailleurs, les pauses permettent de récupérer plus d'énergie quand elles sont faites tôt dans la journée. Attendez l'épuisement complet pour lever le pied est donc une erreur ; faites au moins une pause le matin pour retrouver une productivité plus élevée. Par ailleurs, les personnes qui ne font que des pauses rares et courtes avaient une productivité moindre. Mieux vaut prendre des pauses de durée respectable... ou en prendre beaucoup au cours de la journée.   Quid de l'utilisation du téléphone portable pendant la journée ? Il est intéressant de mettre cette étude en relation avec une autre qui s'est penchée sur l'utilisation du smartphone en entreprise. Loin de menacer la productivité comme on pourrait le croire, cette dernière semble en effet plutôt améliorer les performances des employés. Que les téléphones soient utilisés pour communiquer avec des proches ou pour jouer, ou même pour surfer sur les réseaux sociaux, jusqu'à 22 minutes par jour ils permettent d'améliorer le bien-être des travailleurs.Conclusion : il est impossible de rester concentré et productif pendant toute une journée de travail. Les pauses sont la réponse à cet état de fait... Encore faut-il bien les utiliser, pour se détendre vraiment... et sans mauvaise conscience ! Source : e-santé Marion Garteiser, journaliste santé

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8 conseils pour garder une bonne mémoire

Doper sa mémoire pour éviter qu'elle ne joue des tours et retarder la maladie d'Alzheimer ? C'est possible. De nombreuses études scientifiques montrent que s'il y a des facteurs sur lesquels il est impossible de jouer comme la génétique, d'autres sont modifiables comme l'hygiène de vie et le bien-être. Suivez le guide.   >1. On a une activité physique régulière L'activité physique favorise l'oxygénation du cerveau, stimule la croissance des vaisseaux cérébraux et « la formation de nouveaux neurones et de nouvelles synapses au niveau des aires pré-frontales », selon Hélène Amiéva, psychogérontologue. Résultat : une meilleure mémoire et plus d'attention. Les bénéfices valent à n'importe quel âge à condition d'être régulier. Il est recommandé de faire 30 mn de marche rapide par jour mais faire du vélo, jardiner, pratiquer le tai-chi ou la natation... c'est bon aussi.   >2. On mange des fruits et légumes Plusieurs études montrent qu'une alimentation de type méditerranéen permet de garder une bonne mémoire plus longtemps. Au menu donc, des fruits et des légumes chaque jour, comme le conseille le Programme National Nutrition Santé, du poisson ou des viandes blanches, des céréales complètes, de l'huile d'olive et de colza... En revanche, ne pas abuser des graisses saturées du type viandes rouges, charcuteries et au sel caché dans les plats industriels, ils sont mauvais en excès autant pour le coeur que le cerveau.   3. On prend soin de son coeur Se protéger des maladies cardiovasculaires, c’est protéger son cerveau », souligne Francis Eustache, spécialiste de la mémoire et président de l’Observatoire B2V des mémoires. Pour cause, une hypertension ou un diabète peuvent entraîner de petites lésions des artères cérébrales susceptibles d’altérer la mémoire un jour. Il est donc important de contrôler certains facteurs de risques comme sa tension artérielle, sa glycémie, son poids... de manger équilibré et de bouger !   4. On dort convenablement Le sommeil est bon pour la mémoire. La nuit, le cerveau continue de travailler : il classe les informations et les intègre. Pour la neurologue Catherine Thomas-Antérion, « Les différentes phases du sommeil interviennent dans la consolidation de nos souvenirs ». A contrario, le manque de sommeil favorise les oublis. En cas d’insomnie, la prise de somnifères peut être utile mais sur une courte durée : ce sont des benzodiazépines soupçonnés d’augmenter le risque de maladie d’Alzheimer.   5. On fait travailler ses méninges La maladie d’Alzheimerapparaît deux fois moins vite chez les personnes ayant fait des études supérieures comparé à celles dont le niveau d’études est bas car ils arrivent à mieux compenser certains symptômes. D’où l’intérêt de faire travailler ses neurones tout au long de la vie. Lire, écouter la radio, jouer aux cartes, aller aux musées ou au cinéma, bricoler, faire des mots croisés, discuter... stimule la réserve cognitive et conserve la mémoire de travail. Mais entraîner son cerveau comme un muscle ne marche pas il faut surtout se faire plaisir.   6. On maintient les liens Avoir un réseau social important, partager des loisirs, échanger, participer à une association... entretient la mémoire. C’est encore plus significatif en cas d’activité physique combinée. Ce qui compte n’est pas la quantité des liens mais leur qualité : selon une étude rapportée par Hélène Amiéva, le risque de démence est diminué de 23% chez les personnes satisfaites de leurs relations sociales et de 55% « chez celles qui estimaient avoir reçu plus qu’elles n’avaient donné tout au long de leur vie ».   7. On surveille son audition A 60 ans, 40% des individus entendent moins bien. Or, la perte d’audition peut jouer des tours à la mémoire. Une étude (Paquid), réalisée sur 2000 personnes suivies pendant 25 ans, montre, qu’à âge égal, celles qui souffrent de troubles auditifs présentent plus de signes de déclin cognitif que celles qui ont l'ouïe fine. Bonne nouvelle : quand les personnes sont appareillées, cette différence disparaît. A bon entendeur...   8. On affronte les problèmes Une enquête auprès d’hommes de 40 ans, suivis pendant 30 ans, note que les démences de type Alzheimer sont moins fréquentes chez ceux qui, face à une difficulté professionnelle ou familiale, déclarent y penser tout le temps ou souvent par rapport à ceux qui disent oublier immédiatement ou s’arranger pour ne pas y penser. Mieux vaut donc affronter les problèmes que de les fuir pour entretenir notre réserve cognitive.   Brigitte Bègue, journaliste santé

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Audition déficiente : éviter la souffrance sociale et psychologique

La Journée Nationale de l'Audition 2016 a eu lieu le 10 mars dernier. L'occasion de rappeler que la déficience auditive peut s'accompagner d'une souffrance sociale et psychologique, et déstabiliser une vie sociale et professionnelle. L'image de soi prend un sérieux coup. Pourtant, un réseau de spécialistes est là pour diagnostiquer, accompagner le deuil de l'"ouïe d'avant" et favoriser le retour une vie la plus normale possible. Audition : entendre moins bien, une "barrière relationnelle"A 65 ans, 30% des personnes sont devenues "dures d'oreille" ; on parle de presbyacousie, soit la diminution de l'ouïe avec l'âge ou la conséquence des agressions sonores trop intenses et répétées. La baisse de l'audition, lorsqu'une partie plus ou moins importante des cellules sensorielles (ciliées) de l'oreille interne sont détruites de façon totale et irréversible, touche quant à elle 4,5 millions de personnes en France, soit 7 % de la population. Pour 89% des personnes interrogées dans un sondage JNA/Ifop 2014, les difficultés auditives impactent la vie sociale*. En effet, lorsque la déficience auditive n'est pas détectée à temps, les adultes sont fragilisés dans leur vie sociale et professionnelle et le déclin cognitif s'accélère chez les seniors.Pour tous, l'altération de l'ouïe est un élément de déséquilibre affectant l'état général de l'individu et sa qualité de vie (limitation des activités sociales, rapports familiaux perturbés, risque de rupture de communication etc.). Le niveau de souffrance est variable, propre à la sensibilité de chacun et dépend de divers facteurs (si le cercle familial inclut déjà des malentendants, si la surdité est cachée, s'il existe des maladies associées)Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, interrogée par les JNA en 2015 : « Presque une personne atteinte de surdité sur deux fait état de souffrance psychologique. Face à cette détresse, l'appareillage auditif ne permet pas de corriger tous les problèmes. Elle [cette souffrance, ndlr] nécessite d'être prise en charge aussi précocement que possible. »Audition déficiente : chez les actifs, une vie professionnelle fragiliséeLes jeunes seniors et les actifs d'aujourd'hui sont les jeunes d'hier. Ceux qui ont connu les walkmans, l'absence de législation concernant les bruits en discothèques etc. Ce sont aussi, et de plus en plus, les jeunes d'aujourd'hui. La musique "amplifiée" et la pollution sonore actuelle qui va crescendo est en train de fabriquer une génération de malentendants. Mais ce sont aussi ceux qui se disent gênés par un niveau sonore trop élevé dans leur environnement professionnel (" fréquemment" et "souvent" chez 31% d'entre eux) *. Globalement, neuf personnes sur dix se disent exposées tous les jours à un bruit excessif et 81% des 18-35 ans sont gênés par le bruit sur leur lieu de travail**.Dès que le niveau d'exposition quotidienne au bruit atteint 80dB pendant 8h, des protections doivent être fournies au salarié. En théorie et à condition de ne pas s'en séparer ! Soumis à des pressions constantes, l'appareil auditif subit un état permanent de stress accélérant sa dégradation vers la déficience auditive.Dr Didier Bouccara, médecin ORL, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière (Paris) : « Chez l'enfant et l'adolescent, une baisse de l'audition entrave la vie sociale mais aussi les apprentissages. Chez l'adulte actif, elle altère non seulement la qualité de la vie sociale et familiale mais aussi professionnelle. Mal entendre entraîne alors une dégradation de l'état de santé général et son cortège d'impacts psychologiques (crainte de performances moindres, de perdre son poste ou de ne pas entendre venir le danger, détresse liée à une dégradation de l'image de soi, risque de troubles anxio-dépressifs etc.).Les conséquences sont loin d'être négligeables avec un risque accru d'accidents du travail, de retombées sur la cellule familiale (risque de rupture, perte de l'emploi et les difficultés économiques qui s'ensuivent etc.).Le trouble de l'audition est la troisième cause de maladie professionnelle en France (1). La reconnaissance du statut de travailleur handicapé permet une prise en charge médico-sociale, en particulier dans les grandes entreprises. »Chez le senior, le risque d'isolement socialUn tiers des seniors aurait "souvent" ou "parfois" des difficultés à entendre. La perte de l'audition concerne 40% des 60-70 ans et plus de 50% des plus de 80 ans*. 70% des 50-74 ans se sentent plus exposés dans leur vie quotidienne qu'auparavant. Comme chez l'adulte actif, entendre moins bien induit une modification des comportements et le risque d'isolement social est grand (renoncement aux activités associatives par exemple), source d'anxiété et de dépression accélérant les effets du vieillissement tels le déclin physique et cognitif.Chez les seniors du grand âge, mal entendre est de surcroit un facteur de risque de chute et de perte rapide d'autonomie. 44% des seniors éprouvent des difficultés de compréhension et un quart des vertiges et pertes de l'équilibre*. Pour autant, seulement 32% déclarent avoir réalisé un contrôle de leur audition il y a moins de 5 ans, et 52% ont effectué un test il y a plus de 10 ans voire jamais ! Difficile d'accepter la presbyacousie, ce signe inéluctable de vieillissement alors que l'espérance de vie en bonne santé dans nos sociétés occidentales s'est allongée.Déficience auditive, les solutions pas à pas Faire le premier pas. Prendre conscience de son trouble auditif et faire la démarche de consulter un oto-rhino-laryngologiste (ORL) pour un diagnostic par audiométrie ne coule pas de source. C'est pourtant essentiel. Dr Didier Bouccara : « Les adultes jeunes ont une grande plasticité cérébrale : lorsque leur audition a tendance à baisser, ils vont inconsciemment augmenter leur attention, suivre les mouvements des lèvres des interlocuteurs. Dans cette zone frontière, ils vont compenser la baisse auditive. Mais lorsque l'ouïe baisse un peu plus, l'impact sur la communication s'accroît et là, les personnes pensent à consulter soit spontanément, soit poussées pas l'entourage. L'évaluation par l'ORL a un double but : tout d'abord établir un diagnostic précis de la cause de l'atteinte auditive (tests auditifs complémentaires, examens radiologiques...) et ensuite proposer le traitement le plus adapté : médicaments, intervention chirurgicale, appareillage auditif (aide auditive) ... ainsi qu'éventuellement une rééducation orthophonique et un soutien psychologique ». Trouver l'aide auditive appropriée. Les audioprothésistes interviennent sur prescription de l'ORL. Ils ne font pas qu'appareiller les personnes malentendantes mais sont sensibilisés à la détresse psychologique potentielle liée à l'appareillage et savent dédramatiser la situation. Ces aides auditives améliorent les perceptions auditives, la compréhension et la communication au sens le plus large mais sans retour à une "audition totalement normale". Bien que 93% des seniors interrogés accepteraient de s'équiper en aides auditives seulement 34% des personnes ayant besoin d'appareillage le sont réellement*. Côté technologie, les appareils ont pourtant fait leur mue. Pour rénover l'image d'un appareillage auditif voyant, peu performant et réservé à une population âgée et qui a les moyens financiers de s'équiper, les industriels ont fait des progrès. Ces concentrés de technologie sont désormais ultra discrets, voire quasi invisibles, connectés aux objets numériques du quotidien et affichent en général de bons taux de satisfaction. Se faire aider. Selon le profil psychologique et le vécu de la personne, le verdict de troubles auditifs fait l'effet d'une douche froide. En milieu hospitalier, une évaluation globale de la communication et psychologique est très souvent réalisée. Les ORL travaillent en équipe avec : Le psychologue. Il accompagne l'étape d'acceptation du dispositif auditif, de deuil de l'audition normale, et prend en charge les souffrances propres à chacun et liées aux difficultés de communication. L'orthophoniste. Une rééducation orthophonique, surtout lorsque la perte de l'audition est marquée, permet alors de développer les suppléances : attention auditive, compréhension dans le calme et le bruit, utilisation de la lecture labiale... L'orthophoniste apporte aussi une aide à l'adaptation de l'appareillage. L'assistant social. Il peut aider à la constitution d'un dossier de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), mais aussi orienter vers les structures permettant une aide financière pour l'acquisition des aides auditives. Les associations de malentendants (Bucodes SurdiFrance, une union d'associations de malentendants et devenus sourds etc.) Source : e-santé   Hélène Joubert, journaliste scientifique

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Stress au travail : quels sont les facteurs de risques et comment s'en préserver ?

La journée mondiale de la sécurité et santé au travail qui se tient le 28 avril est consacrée au stress. Cette souffrance au travail est un phénomène qui touche de plus en plus de salariés mais qui est encore insuffisamment pris en compte en France. Le stress nuit gravement à la santé En France, on estime que 20 à 25% des salariés sont stressés. C'est beaucoup. Car si le stress est un phénomène naturel dont l'organisme a besoin, il y a danger pour la santé lorsqu'il est trop élevé. « C'est un peu comme la pression artérielle, elle est nécessaire mais si elle est trop haute, c'est un vrai problème », explique le Dr Patrick Légeron, psychiatre spécialiste du stress au travail. Un stress chronique augmente les risques de dépression, de burn out, de suicide, de maladies cardiovasculaires...Pourtant, le mal gagne du terrain : un rapport de l'Institut national de veille sanitaire de juin 2015 évaluait à 450 000 le nombre de personnes en souffrance pathologique au travail dont 30 000 au moins en burn out. Tout aussi préoccupant, la moitié des arrêts de travail seraient liés au stress ou à ses conséquences. Stress et souffrance au travail : les facteurs de risques à connaître Première cause de ce dysfonctionnement, les conditions de travail. Six facteurs de risques psychosociaux sont clairement identifiés : 1/ l'intensité du travail : surcharge, cadences élevées, pression du temps et délais toujours plus courts, horaires imprévisibles, obligation de concentration et de performance, etc.. 2/ les exigences émotionnelles : c'est le cas, par exemple, des professionnels de santé confrontés à la maladie et à la mort ou des policiers et des chauffeurs de bus devant parfois faire face à la peur, mais aussi des hôtesses de l'air contraintes de réfréner leurs émotions et de sourire aux passagers. 3/ l'absence d'autonomie : travail à la chaîne, imposé, posté, faible participation aux décisions, manque de marge de manoeuvre, etc. 4/ les relations et rapports sociaux : harcèlement moral, irrespect, manque de reconnaissance,  mise au placard, sentiment que l'on n'existe pas, agressivité et incivilité pour les salariés en contact avec le public, absence de soutien de sa hiérarchie ou de ses collègues, mauvaise ambiance, etc. 5/ les conflits de valeur : être obligé de vendre un produit que l'on n'aime pas ou d'abandonner un projet en cours parce que l'entreprise passe à autre chose, sentiment de bâcler et de mal faire son travail par manque de temps... 6/ les changements : incertitude de l'emploi, fusion, restructuration, licenciement, déménagement, changement de bureau, de logiciel, de procédure, etc. Les femmes plus touchées que les hommes Quand le salarié cumule plusieurs de ces facteurs, une souffrance au travail peut s'installer. Globalement, les femmes sont plus touchées que les hommes parce qu'elles exercent des professions plus souvent dévalorisantes que les hommes et qu'elles doivent mener de front leur vie professionnelle et familiale. Certaines activités sont également plus à risques que d'autres : c'est le cas des managers de proximité (qui sont entre la direction et les équipes de terrain) par rapport aux grands dirigeants et des salariés du secteur tertiaire (banques, assurances, services à la personne, soins...) par rapport à ceux du secteur industriel. Attention au surinvestissement au travail Pour autant, tous les salariés ne réagissent pas de la même manière.Dr Légeron : « Il n'y a pas d'égalité émotionnelle entre les individus, certains sont plus anxieux que d'autres mais ce n'est pas énorme comme variable. En revanche, de nombreuses études montrent que les salariés les plus à risques de décompenser ne sont pas des glandeurs ! Au contraire, ce sont souvent ceux qui sont très investis dans leur travail, voire même surinvestis ». Et, en la matière, la France est championne. Dans les questionnaires européens mesurant la place accordée au travail dans la vie des salariés, les Français répondent majoritairement « très importante » par rapport à leurs voisins européens. « En France, on attend beaucoup du travail alors qu'en Europe du Nord, on travaille d'abord pour gagner sa vie, note Patrick Légeron. Les entreprises françaises ont d'ailleurs tendance à encourager cette tendance : un cadre qui quitte son bureau à 20 h en emmenant des dossiers chez lui est bien vu, ce n'est pas du tout le cas en Allemagne, par exemple. Or, ne pas tout investir dans le travail est protecteur pour la santé ». La France en retard sur la prévention Paradoxe : « La France est le pays où on parle le plus du stress au travail et où on agit le moins », pointe le Dr Légeron. Pour preuve : selon le dernier rapport de l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, dans lequel 50 000 entreprises ont été scrutées, la France arrive à la 29ème place sur 36 en matière d'actions mises en place pour prévenir les risques psychosociaux. Le Danemark remporte la palme devant la Grande-Bretagne, la Suède et la Norvège. « En changeant 10% des conditions de travail, on pourrait réduire le stress de moitié. Cela passe par plus d'autonomie, de reconnaissance, de communication, une meilleure formation... Les managers sont défaillants et insuffisamment formés à la santé au travail et surtout à l'humain », prévient Patrick Légeron. Quant aux médecins du travail, ils ne peuvent pas tout faire faute d'effectif suffisant et cela ne va pas s'arranger : de 5 500 actuellement, ils vont passer à 3 000 dans dix ans. Il faut apprendre à se protéger contre le stress Face à cette réalité, les salariés doivent se protéger. Pas toujours simple.Si au Québec, par exemple, on apprend aux écoliers à gérer leur stress dès 6 ans, c'est loin d'être le cas ici. Selon le Dr Légeron, « Les techniques de relaxation ou de méditation dont les effets sont validés scientifiquement peuvent être un recours pour  ne pas se laisser envahir. On peut aussi s'entrainer à raisonner autrement, à relativiser ou à augmenter sa résilience quand on est découragé ou en colère. L'activité physique peut également aider tout comme rire, se faire plaisir, avoir un hobby, développer les émotions positives... ».Si le niveau de stress est trop important, il ne faut pas hésiter à consulter un médecin et à en parler aux instances représentatives des salariés et au CHSCT*. Mais gare aux faux amis comme le petit verre d'alcool ou la cigarette qui peuvent détendre ponctuellement mais ne règlent rien à long terme, bien au contraire. Source : e-santé Brigitte Bègue, journaliste santé

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Syndrome de déficit de l'attention, hyperactivité : les adultes aussi !

Le syndrome de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité appelé TDAH ne touche pas que les enfants. Dans 60% des cas, celui-ci persiste à l'âge adulte. Mais deux nouvelles études suggèrent que ces troubles pourraient aussi se déclencher tardivement, chez des adultes qui n'ont jamais eu le moindre symptôme.Pour lever les doutes et repérer les signes qui doivent alerter, un autotest validé et rapide existe chez l'adulte.   Déclencher un DTAH à l'âge adulte, c'est possible ?Parmi les 4 à 8% d'enfants qui ont un syndrome de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), plus de la moitié conservera des symptômes à l'âge adulte.Ce syndrome, qui apparaît en général dans l'enfance et l'adolescence, pourrait aussi se déclencher à l'âge adulte, comme le suggèrent pour la première fois deux grandes études menées au Royaume-Uni (1) et au Brésil (2).Dans l'étude anglaise, 67% des jeunes adultes souffrant de TDAH n'avaient jamais été diagnostiqués quand ils étaient enfants. Dans l'étude brésilienne, près de 13% des adultes ayant un TDAH n'avaient pas eu de signes dans l'enfance.En résumé, les chercheurs supposent que la maladie peut survenir une fois à l'âge adulte, tout en soulignant que les syndromes chez l'enfant et l'adulte pourraient être des formes bien distinctes. En effet, les syndromes rencontrés chez l'adulte ne seraient pas forcément la continuité de formes de TDAH développées dans l'enfance.Pr Christophe Lançon, psychiatre, chef du service Addictologie de l'hôpital Sainte-Marguerite (Marseille). « On a longtemps pensé que des TDAH découverts à l'âge adulte étaient des TDAH qui étaient passés inaperçus dans l'enfance ou l'adolescence. Ces nouvelles données sont une première : sans conclure avec certitude, elles suggèrent que ce syndrome pourrait apparaître chez l'adulte et ne serait pas du même ordre que chez l'enfant où il est considéré comme un trouble neurologique survenant précocement au cours du développement (« neuro-développemental »). C'est plausible, car le TDAH n'est pas une maladie, c'est un syndrome (ensemble de symptômes sans cause spécifique), avec des réalités psychologiques, médicales et neurologiques différentes ».Le TDAH à l'âge adulte, des symptômes spécifiquesComparées à celles rencontrées chez l'enfant, les formes de TDAH  chez l'adulte comprennent moins souvent une agitation et une impulsivité. En revanche, il y a beaucoup plus de difficultés d'attention, de programmation, de procrastination (remettre une action au lendemain). Globalement, ce sont des formes avec des difficultés neuropsychologiques et attentionnelles plus présentes.De plus, selon ces deux nouvelles études, lorsque le TDAH apparaît à l'âge adulte, ses symptômes sont souvent plus sévères et handicapants et s'accompagnent aussi d'autres problèmes psychiatriques.Pr Lançon : « Il n'est pas étonnant de penser que chez l'adulte, le TDAH va s'accompagner de manifestations psychiatriques plus importantes car la présence d'un TDAH témoigne de difficultés de régulation neuropsychologique (problèmes de régulation des systèmes neurologiques et psychologiques de la gestion de l'attention et des émotions), qui favorisent l'expression d'autres troubles fréquemment associés chez l'adulte (troubles bipolaires, troubles de la personnalité, anxiété). D'où la nécessité de soigner aussi ces troubles associés et non pas uniquement le TDAH ».Le TDAH de l'adulte, encore non reconnuLe problème est qu'en 2016, à la difficulté du dépistage s'ajoute celle de la prise en charge. En France, le syndrome de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité n'est pas reconnu chez l'adulte ! C'est pourquoi, même si certains spécialistes ont l'habitude de s'occuper d'adultes, ils sont peu nombreux et aucune filière de soin n'est formalisée pour orienter les patients, au contraire de ce qui est organisé chez l'enfant.Il existe pourtant une palette de soins potentiellement efficaces chez l'adulte. Théoriquement, un médecin ne peut prescrire le médicament psychostimulant methylphénidate (la « Ritaline ») chez les plus de 18 ans, sous le motif que le syndrome n'«existe » pas. Mais il peut être utile (à la charge financière du patient), en complément des prises en charge cognitivo-comportementales, du neuro-feedback (méthode pour aider le cerveau à se réorganiser lui-même) et de la méditation.Des doutes ? Testez-vous !De nombreux adultes sont atteints de troubles déficitaires de l'attention avec hyperactivité sans le savoir, car les symptômes sont souvent confondus avec une vie stressante. Mais certains comportements peuvent alerter. Plusieurs questionnaires validés existent pour dépister spécifiquement les adultes souffrant de TDAH. L'échelle d'auto-évaluation ASRS-v1.1 a été conçue avec l'Organisation Mondiale de la Santé. Cet autotest simple comporte 18 questions et peut être utilisé comme point de départ pour vous aider à identifier les signes et les symptômes des TDAH. L'étape suivante est de consulter un médecin ou un autre professionnel.Pour chacune, 5 réponses sont possibles :  "jamais", "rarement", "quelquefois", "souvent", "très souvent" :1. Faites-vous des fautes d'étourderie lorsque vous devez exécuter un projet ennuyeux ou difficile ?2. Avez-vous du mal à soutenir votre attention lorsque vous accomplissez un travail ennuyeux ou répétitif ?3. Avez-vous de la difficulté à vous concentrer sur ce que les gens vous disent, même quand ils s'adressent à vous personnellement ?4. Avez-vous de la difficulté à finaliser les derniers détails d'un projet après avoir réalisé les étapes difficiles ?5. Avez-vous de la difficulté à organiser vos travaux ou vos activités ?6. Vous arrive-t-il d'éviter ou de faire à contrecoeur les tâches qui nécessitent un effort mental soutenu ?Répondre "souvent" ou "très souvent" à quatre reprises fait pressentir fortement un TDAH. Les 12 autres questions permettent une exploration plus poussée des symptômes. 7. Vous arrive-t-il souvent de perdre les objets nécessaires à votre travail ou à vos activités ? 8. Vous laissez-vous facilement distraire par une activité ou un bruit environnant ?9. Avez-vous de la difficulté à vous rappeler de vos rendez-vous ou de vos obligations ?10. Remuez-vous souvent les mains ou les pieds ou vous tortillez-vous sur votre siège ?11. Vous levez-vous pendant des réunions ou d'autres situations où vous êtes supposé rester assis ?12. Avez-vous du mal à vous tenir tranquille ?13. Avez-vous de la difficulté à vous détendre et à relaxer pendant vos temps libres ?14. Avez-vous l'impression « d'être sur la brèche » ou d'agir comme si vous étiez « monté sur ressorts » ?15. Vous arrive-t-il de trop parler dans des situations sociales ?16. Durant une conversation, vous arrive-t-il de finir les phrases de votre interlocuteur, avant qu'il ait le temps de les compléter ?17. Avez-vous du mal à attendre votre tour ?18. Interrompez-vous les autres lorsqu'ils sont occupés ?Spécialistes, connaissances, forum de patients... les associations de patients peuvent renseigner : www.tdah-france.fr Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique

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Télétravail : 10 conseils pour travailler de chez soi

Travailler de chez soi efficacement sans mettre sa santé en danger, ça ne s’improvise pas ! Pourtant, salariés en télétravail, autoentrepreneurs, indépendants, free-lances, artistes, étudiants, chercheurs d’emploi? sont de plus en plus nombreux à travailler à domicile. Quelles sont les erreurs à ne pas commettre, comment organiser son temps, son espace, rester sociable, ménager sa vie privée, bien manger et lutter contre la sédentarité ? Un vaste programme dont l’objectif est de maximiser les avantages de ce cadre de travail !     Travailler de chez soi : surmonter les difficultés et les contraintes Travailler de chez soi, nous sommes nombreux à en avoir rêvé, beaucoup moins à avoir passé le pas, même si  compatibilité professionnelle il y a. Et c’est bien normal, car cette solution a aussi ses difficultés et ses contraintes. 10 conseils pour réussir à bien travailler chez soi 1 - Êtes-vous fait(e) pour travailler de chez vous ? Avant toute chose, il est indispensable de se poser sincèrement cette question. Si vous êtes dépressif, addict aux jeux vidéos, paresseux, extrêmement bavard, incapable de suivre un planning, peu investi dans votre job ou encore anxieux avec la peur permanente de ne pas être rentable ou que votre activité s’étiole en dents de scie, le travail à domicile n’est pas vraiment fait pour vous. Inversement, si vous êtes travailleur acharné, passionné, vous aimez planifier et relever les défis, travailler au calme et si pour vous le cadre environnant compte beaucoup, tentez l’aventure ! Entre ces deux extrêmes, le plus simple est d’établir deux listes personnalisées, l’une pour les aspects compatibles avec le travail chez soi, l’autre pour les aspects incompatibles. 2 - Délimiter son territoire Travailler au milieu du salon, sur la table basse, devant la télé, c’est de la pure fiction. Il est indispensable de s’aménager un endroit à soi, dédié au travail, à l’écart des autres occupants (conjoint, enfants, parents?) où pouvoir s’isoler et se concentrer. La taille de la pièce ou de l’appartement ne fait pas tout : il faut édicter une série de consignes, comme ne pas déranger de telle heure à telle heure, ne pas entrer sans frapper ou sans une excellente raison? 3 - Bien choisir son matériel Ensuite, il faut l’aménager pour s’y sentir bien et pas seulement esthétiquement. En fonction du nombre d’heures à y passer et du type d’activité, l’équipement est souvent primordial. Si l’on doit travailler toute la journée sur un ordinateur, il est essentiel de disposer d’un poste ergonomique : bureau, position de l’écran, fauteuil réglable avec accoudoirs, luminosité adéquate, etc., sont des prérequis indispensables pour prévenir les fameux TMS ou troubles musculosquelettiques (traduisez par mal de dos, mal dans les cervicales, syndrome du canal carpien, fatigue visuelle, etc.). 4 - Rester sociable et garder le contact Prévoir un lieu de rendez-vous (café, brasserie, local partagé?) ou aménager un endroit pour faire d’éventuelles réunions. Donner des nouvelles et maintenir le contact avec ses clients et/ou ses collègues. Créer et entretenir un réseau et pourquoi ne pas prévoir quelques séances hebdomadaires dans un espace de coworking pour rencontrer des gens et pouvoir discuter avec d’autres travailleurs. 5 - Se fixer des objectifs Quelle que soit leur portée, se fixer des objectifs quotidiens est important pour garder le cap, s’encourager et constater une progression. Bien entendu, il faut s’efforcer de les tenir et sinon les remanier pour pouvoir évoluer. Les objectifs peuvent porter directement sur les taches professionnelles à réaliser, mais il ne faut pas non plus négliger les formations que l’on peut de plus en plus suivre à distance elles aussi. 6 - Organiser son temps de travail Pas de travail à domicile sans une organisation rigoureuse : il importe de se définir des horaires de travail, mais également des pauses et un arrêt déjeuner. On est tenté d’imaginer que la personne en télétravail rêvasse à longueur de journée, mais c’est l’inverse qui se produit généralement : concentré dans son univers plaisant, le travailleur est comme happé par la tache et multiplie les heures, dépassant largement les horaires classiques de bureau. Il oublie le temps qui passe, omet de déjeuner et se remet à la tache à des heures indues, parfois bien après dîner ou après le coucher des enfants. Le pire est qu’en plus il culpabilise lorsqu’il s’absente une demi-heure pour aller chercher les enfants à la sortie de l’école. 7 - Réinjecter le temps gagné dans la vie sociale et familiale Il n’y a pas que le travail dans la vie et le télétravail doit justement permettre de mieux concilier les vies professionnelle, personnelle et familiale. Affranchi des transports, des réunions, des discussions, cafés et restos entre collègues et avec des clients, ce temps gagné (doublé grâce par une meilleure efficacité) devrait être mis à profit de la vie sociale et de ses proches : s’absenter pour emmener le petit dernier chez le dentiste, déposer la grande à son cours de danse, faire un jogging, rencontrer des amis, faire une course, etc. L’astuce est de noter ses heures effectives de travail (vous serez surpris de voir que malgré tout, vous dépassez encore les horaires classiques de travail). 8 - Préserver son biorythme? et sa santé Rythmer sa journée par un déjeuner, pris à table, idéalement en famille, est un plus indéniable pour sa santé. Ne pas manger sur le pouce devant son écran d’ordinateur ni grignoter toute la journée le sont également. La plupart d’entre nous accusent une perte de tonus en début d’après-midi. Pourquoi ne pas s’accorder une petite sieste, surtout si l’on a mal dormi. Mieux vaut travailler un peu plus tardivement en fin de journée (jusque 18h30 au lieu de 17h30) que de perdre en efficacité. Ce n’est pas parce que l’on organise son temps différemment que l’on ne travaille pas ! 9 - Lutter contre la sédentarité Les télétravailleurs sont tous concernés par une sédentarité accrue, mais ce n’est pas une fatalité. Il faut faire du sport plus régulièrement et multiplier les occasions de bouger, de marcher : aller jusqu’à la cuisine pour boire un vers d’eau, se faire un café, aller jusqu’à la boite aux lettres, chercher le pain à pied, marcher dès que l’on téléphone, etc. 10 - S’octroyer de vraies vacances Travailler chez soi ne dispense pas de prendre des « vraies » vacances : plusieurs jours d’affilés sans travailler du tout, idéalement loin de chez de soi ! À lire : Christine Vanbremeersch et Marie Bousquet, « 35 repères pour mieux travailler de chez soi », Editions Leduc     Marion Garteiser, journaliste santé

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L'importance d'une bonne hydratation au bureau

L’eau est un élément indispensable à notre survie. Elle est également essentielle pour le bon fonctionnement de nos capacités cognitives et intellectuelles. D’où l’importance d’avoir le bon niveau d’hydratation au bureau. Jessica Xavier Près de la moitié des salariés français ne s’hydratent pas suffisamment au bureau. Selon un sondage IFOP pour l’AFIFAE en 2014, 45 % des salariés boivent moins de 5 verres d’eau par jour alors qu’il en faudrait au moins 8. Un déficit en eau qui a des conséquences sur les performances au travail. L’eau : un élément vital Notre corps et composé à 60 % d’eau. Pour le cerveau, ce taux atteint 80 %. L’eau est indispensable au bon fonctionnement de nos cellules, de notre cerveau. Elle favorise la concentration, le bon fonctionnement cérébral, régule la température corporelle. L’eau permet également de détoxifier l’organisme et de drainer les toxines. Or chaque jour nous perdons environ 2,5 litres d’eau (transpiration, urine, respiration) qu’il faut compenser à travers la boisson et l’alimentation. Les conséquences de la déshydratation sur les performances au bureau Ne pas boire assez a un impact sur les fonctions cognitives et sur l’humeur. De récentes études ont confirmé qu’une déshydratation d’1 % entraîne une altération de nos fonctions et capacités. La déshydratation favorise les maux de tête, l’irritabilité, la perte de mémoire, la baisse d’énergie, la fatigue, un manque de concentration, les crampes. Autant de conséquences qui ont des répercussions sur la qualité du travail mais aussi sur les relations avec nos collègues. L’hydratation au bureau en cas de fortes chaleurs Quand il fait chaud, il faut adapter sa consommation d’eau. Au-delà de 30° la chaleur augmente la perte en eau, qu’il faut absolument compenser. Toutefois, les professionnels de la santé au travail affirment que par fortes chaleurs les recommandations de bon sens sont les mêmes au bureau et à la maison, à savoir : boire régulièrement. Quid des risques de déshydratation liés à la climatisation ? Si les règles d’hygrométrie sont respectées dans les locaux, il n’y a pas de risques de déshydratation à craindre. A noter, les employeurs n’ont pas d’obligation légale d’installer une climatisation, ils doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité et la santé des salariés, mais sans plus de contraintes en terme de ventilation ou de climatisation. Astuces pour être bien hydraté au bureau Bien s’hydrater au travail n’est pas si compliqué. Il suffit de prendre quelques habitudes très simples qui deviendront rapidement un réflexe. Pour ne pas risquer la déshydratation, retenez qu’il faut boire environ 8 verres d’eau par jour. Pour varier les plaisirs, buvez de l’eau plate, gazeuse, aromatisée. Le café, les thés et tisanes sont les bienvenus à condition d’avoir la main très légère sur le sucre. A noter, depuis plusieurs années, les employeurs ont l’obligation de fournir de l’eau potable et fraîche à leurs salariés. Nos conseils : Ne pas atteindre d’avoir soif pour boire, la soif étant un signe de déshydratation Toujours avoir une bouteille remplie ou un verre plein à portée de main Apporter une bouteille d’un litre et demi et se donner pour objectif de la boire dans la journée Boire régulièrement, par petites gorgées Pour ne pas oublier de boire, faites sonner votre alarme toutes les heures et rendez-vous à la fontaine à eau. Une bonne occasion pour vous dégourdir les jambes ! Pensez aux bouteilles connectées. Ces nouveaux objets malins permettent de contrôler ce que vous buvez tout au long de la journée et vous font une petite piqûre de rappelle en cas de manque. Vous êtes malade et avez décidé de vous rendre au bureau ? Pensez à bien vous hydrater en buvant ½ litre d’eau de plus pour chaque degré au-dessus de 37°. Et dans la mesure du possible, il est toujours préférable de consulter son médecin plutôt que d’aller travailler. L’hydratation demeure un geste essentiel par tous les temps et dans toutes les situations. Pour garder vos performances au top, boire de l’eau doit devenir un véritable réflexe. Source : http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2009142/AFIFAE_Synthese-sondage-hydratation_20052015.pdf http://inpes.santepubliquefrance.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1179.pdf Role of dehydration in heat stress-induced variations in mental performance, Gopinathan PM, Pichan G, Sharma VM, Abstract Hydration and cognition: a critical review and recommendations for future research, Lieberman HR, Abstract  

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La DSN, un outil de simplification administrative

La loi Warsmann du 22 mars 2012*, relative à la simplification du droit et à l’allègement des démarches administratives, institue la mise en œuvre de la déclaration sociale nominative (DSN). Celle-ci doit remplacer à terme l’ensemble des déclarations sociales adressées par les employeurs aux organismes de protection sociale. Chantier majeur du « choc de simplification » initié par le gouvernement, la déclaration sociale nominative (DSN) se généralisera à toutes les sociétés, y compris les PME et les TPE, courant 2017. Déjà obligatoire depuis mai 2015 pour les entreprises redevables pour 2013 de cotisations et contributions sociales d’un montant égal ou supérieur à 2 millions d’euros, elle vise à alléger, à sécuriser et à fiabiliser les obligations administratives des employeurs. Jusqu’à présent, ces derniers réalisaient plusieurs déclarations sociales auprès de divers organismes de protection sociale et à des échéances différentes. Ces procédures complexes sont remplacées par une déclaration unique, mensuelle et dématérialisée. Principe Chaque mois, les données sociales individuelles des salariés issues du logiciel de paie (lieu d’activité, caractéristiques du contrat de travail, montant des rémunérations, durée de travail…) sont adressées à l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) par un flux dématérialisé ou en utilisant le portail net-entreprises.fr. L’ACOSS se charge ensuite de les distribuer aux organismes sociaux concernés (organismes complémentaires de santé et de prévoyance, Caisse nationale d’assurance maladie, Pôle emploi…). L’employeur relevant du régime général (ou son expert-comptable mandaté) signalera un évènement exceptionnel impactant les droits des salariés dans un délai de cinq jours suivant sa survenue : arrêt ou reprise du travail après congé parental ou d’un arrêt maladie, rupture ou fin du contrat de travail. Un déploiement progressif en trois phases. Dans le cadre de la phase 3 de la DSN, déployée mise en place depuis l’automne 2016, la DSN se substituera aux autres DUCS (retraite complémentaire Agirc-Arrco, prévoyance), aux déclarations auprès de la MSA (sécurité sociale agricole) et de la caisse de compensation des voyageurs, représentants et placiers (VRP), à la déclaration obligatoire d’emploi des travailleurs handicapés (DOETH)… Déclaration Sociale Nominative, où en êtes-vous ? La déclaration sociale nominative (DSN) prend de l’ampleur : En février 2017, 1,4 million d’entreprises l’utilisent pour déclarer plus de 18 millions de salariés Nous vous invitons, si ce n’est pas déjà le cas, à nous transmettre, via le site net-entreprises.fr, une DSN mensuelle comportant toutes les informations précisées sur la fiche de paramétrage qui vous a été envoyée. Si vous ne disposez pas de cette fiche, vous pouvez la demander par mail : LMG-DCC-DSN@lamutuellegenerale.fr Le respect de ce paramétrage est une condition à la bonne réception et au bon traitement de vos données de gestion. Nous attirons votre attention sur le fait que le paramétrage DSN est différent de celui de la DADS-U / N4DS. La phase 3 de la DSN, dernière étape déclarative qui a démarré en septembre 2016 porte l’ensemble des données de cotisations et se substituera à terme à l’appel de cotisations papier ou mail, ainsi qu’aux déclarations DUCS et DADS-U. Les modalités d’appels de cotisations (envoi de l’appel de cotisation et paiement par virement ou par chèque de la cotisation) sont maintenues sur l’année 2017 pour sécuriser la montée en charge de la DSN. Le télé règlement n’est pas disponible actuellement. Les entreprises doivent : s’inscrire en tant que déclarant à la DSN sur net-entreprises.fr ; vérifier la compatibilité de leur logiciel de paie avec la norme NEODes (norme d'échange optimisée des déclarations sociales) ; contrôler les numéros de Siret ; s’assurer de la bonne identification des salariés via le bilan d’identification des salariés (BIS). Afin de faciliter la tâche des employeurs, un ensemble d’outils et de documentations est mis à leur disposition sur le site dsn-info.fr. La Mutuelle Générale a mis en place un dispositif pour les entreprises avec lesquelles elle travaille. Pour tout renseignement complémentaire, contactez un conseiller au numéro de téléphone indiqué sur votre contrat ou par mail LMG-DCC-DSN@lamutuellegenerale.fr Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. *Loi n° 2012-387 du 22 mars 2012 relative à la simplification du droit et à l’allègement des démarches administratives (1), JO du 23 mars 2012, dite « Loi Warsmann ».

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Créer un site marchand vendeur et sécurisé

Avoir un site marchand est devenu indispensable pour bien des professions tant cela donne de visibilité, d’accessibilité et d’ouverture sur le monde. À condition que ce site soit bien conçu et sécurisé. Mode d’emploi. En 2014, 59 % des Français ont effectué au moins un achat en ligne : ils ont dépensé au total 51 milliards d’euros sur l’un des 138 000 sites marchands recensés en France. Parmi ces derniers, 57 % d’entre eux vendent à l’international et 71 % misent sur une forte progression pour les deux ans à venir (1). Une boutique ouverte 24 h sur 24, qui permet de toucher une clientèle internationale sans avoir à financer de fonds de commerce : la vente en ligne a effectivement de quoi séduire. Mais elle ne s’improvise pas : créer un site ne suffit pas ; il faut aussi le faire connaître, le faire vivre, mettre en place une logistique efficace, un système de paiement sécurisé… Faire une étude de marché Avant de se lancer, mieux vaut donc s’assurer que le chiffre d’affaires sera à la hauteur des investissements. Avec les comparateurs de prix, un site marchand ne peut trouver son marché que s’il apporte une véritable plus-value aux consommateurs en termes de prix, d’originalité de l’offre ou de qualité de service. Il est donc indispensable de mener une étude de marché et d’établir un compte prévisionnel avant d’engager des investissements. Il est aussi possible, avant d’investir, de faire un test en ouvrant une boutique sur l’une des places de marché créées par les grands noms du commerce en ligne que sont Amazon, eBay, Rueducommerce, Priceminister, Laredoute, Leboncoin, etc. C’est à la fois très simple et peu coûteux : compter 20 à 50 € de forfait mensuel ou un système de commissionnement (de l’ordre de 1 € par article vendu). Ce qui explique pourquoi 32 % des e-commerçants ont choisi cette solution (1). Créer son propre site Si cette expérience est concluante, il est temps de passer à l’étape suivante : créer un véritable site marchand, avec un nom, une adresse et un design originaux. Mieux vaut confier cette mission à un prestataire spécialisé maîtrisant les grandes étapes du projet : 1. le dimensionnement du projet et le choix de son hébergeur en fonction de l’activité et de l’organisation de l’entreprise, de la taille du marché et de la cible (professionnelle ou grand public) visée ; 2. la conception du site : structure, navigation, graphisme, intégration et mise en forme des contenus (textes et photos), paramétrages essentiels pour le référencement ; 3. la maîtrise des obligations légales : enregistrer un nom de domaine et le déposer à la CNIL (Commission nationale informatique et libertés), mentionner les noms du responsable éditorial et du webmaster, le nom et les coordonnées de l’hébergeur ainsi que les notes sur la propriété intellectuelle (images et textes), la gestion des données personnelles et les conditions générales de vente ; 4. le référencement et la visibilité sur le web et les réseaux sociaux ; 5. le suivi de l’activité et l’identification de tous les leviers de croissance du trafic et du chiffre d’affaires. Des paiements sécurisés Pour répondre aux attentes des clients, il est important de proposer plusieurs moyens de paiement : en ligne, par virement ou par chèque. Les transactions en ligne doivent être sécurisées : en général, les prestataires incluent un système de sécurisation (utilisant le protocole de codage SSL ou Secure Sockets Layer) dans leur offre. Les contrats monétiques « VAD » (vente à distance) proposés par les banques permettent de leur déléguer, moyennant une commission, le droit de percevoir les paiements. C’est un gage de sécurité, mais un gage difficile à obtenir : pour accorder ce type de contrat, les banques examinent en effet l’ancienneté et la solvabilité du site marchand. Le fait qu’il soit adossé à une activité déjà prospère peut néanmoins faire pencher la balance en sa faveur. (1) Tous ces chiffres sont issus du rapport 2014 de la Fevad (Fédération des entreprises de vente à distance).

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Prévenir le stress pour une meilleure vie professionnelle

Le stress est le mal du siècle à l’instar de ce qu’a pu être la dépression le siècle dernier. Loin de toucher uniquement les personnes « fragiles », le stress au travail atteint toutes celles qui travaillent trop, qui chaque jour dépassent leurs limites, dorment mal en rêvant de leur activité professionnelle.  Comment déceler le stress et le prévenir sur le long terme ? Les symptômes du stress chronique. Selon la définition donnée par l’INRS, institut national traitant de la santé et de la sécurité au travail,  le stress au travail est lorsqu’une « une personne ressent un déséquilibre entre ce qu’on lui demande de faire dans le cadre professionnel et les ressources dont elle dispose pour y répondre ». Cependant, ce stress prend plusieurs visages : il peut être ponctuel ou chronique, surgir de manière physique ou émotionnelle.   Comment interpréter les indices semés au fil du temps ? Le stress peut se révéler par des réactions physiques comme « des douleurs, des palpitations, des crises cardiaques », explique Pierre-Cédric Mermberg, psychosociologue de l’APST, l’Association Paritaire de Santé au Travail. Mais le syndrome du stress est souvent plus insidieux quand ses manifestations touchent aux émotions.  Les relations entre collègues ou avec ses salariés deviennent alors conflictuelles. Le manque de sommeil est de plus en plus présent, il entraîne alors une « multiplication des accidents du travail et, sur le plan personnel, des divorces », constate Pierre-Cédric Mermberg. Les personnes en situation de stress chronique montrent leur désarroi par « l’absentéisme ou au contraire un sur-présentéisme comme chez ceux qui n’arrivent pas à décrocher et, qui, même à la plage, consultent leurs emails ». D’ailleurs, parmi les personnes souffrant de stress certains voient de moins en moins leur conjoint ou leurs amis, ne font plus de sport ou éprouvent « le besoin de se taire». Quelles solutions pour prévenir le stress ? Au sein de l’entreprise, quelle que soit sa taille et son activité, la prévention du stress est avant tout l’affaire de communication, « d’information », précise Pierre-Cédric Mermberg. Les employés ont besoin de communiquer entre eux mais aussi avec leurs responsables afin d’exposer les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien. Du côté des dirigeants d’entreprise, informer les employés sur les orientations à prendre, les objectifs de l’entreprise et leur expliquer leurs légitimités est fondamental. Pour cela, « il faut favoriser le retour d’expériences des équipes, les lieux de rencontre et les moments où les gens ont la possibilité d’échanger entre eux », pour que chacun n’ait plus la sensation d’être isolé face à une tâche à accomplir sans avoir toutes les clefs en main. Valoriser le travail effectué est également un levier dans la prévention du stress. Lorsqu’un projet de grande ampleur prend fin, rapporter que le client a été satisfait est une des manières les plus simples et efficaces afin de motiver et rassurer ses collaborateurs sur leurs compétences et leur travail. Pour les Travailleurs Non-Salariés qui travaillent seuls, sortir et s’entourer devient une nécessité. C’est pourquoi, les réseaux professionnels organisent régulièrement des petits déjeuners ou des soirées pour croiser les expériences de chacun, trouver un bureau à partager ou encore échanger pour mieux collaborer. La prévention du stress et le facteur temps Le modèle industriel (tâche, cadence, contrôle) ne peut pas être appliqué à toutes les sociétés de services. « C’est contre-productif », explique le psychosociologue. « La prévention permet de prendre du recul par rapport aux rythmes et à l’organisation qui ont été mis en place. Quand on est en pleine vitesse, on ne voit plus rien et, à un moment, ça craque ». En prenant de la distance, chacun pourra avoir un autre point de vue sur les problèmes organisationnels qui génèrent du stress et mettre en place les dispositions adaptées à son activité.

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Comment bien manger au travail ?

Ces vingt dernières années, le temps consacré à la pause déjeuner a diminué. Selon l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) « 60 % des cadres, des indépendants et des professions intermédiaires déclarent sacrifier (…) de temps en temps la pause déjeuner ».     La coupure du midi est pourtant importante tant pour l’équilibre physique que pour les aptitudes intellectuelles. En fonction des horaires de travail et des métiers, il existe toujours une solution pour manger équilibré.   Le déjeuner : un moment de convivialité Le déjeuner est avant tout l’occasion de faire une pause. Même si l’on ne dispose que de peu de temps, c’est un moment de coupure, de convivialité et de détente permettant de s’aérer l’esprit pour mieux redémarrer. C’est aussi un moment privilégié pour discuter, échanger et renforcer les liens avec ses collègues ou employés. Prenez votre temps pour ce repas, manger lentement permet de favoriser la satiété.  Si on ne dispose que d’un quart d’heure pour manger ? Vous déjeunez rapidement sur un coin de table ? Sachez qu’un sandwich peut être équilibré même s’il est déconseillé d’en faire son menu hebdomadaire. Si vous l’achetez dans une boulangerie, préférez toujours les sandwichs contenant quelques crudités. Si vous le préparez à la maison, remplacez le beurre par un fromage à tartiner, ajoutez-y du poulet, du jambon (allégé en sel), du thon et pourquoi pas des miettes de crabe. Parsemez de tomates, de cornichons, de salade ou encore de concombre. Si vous disposez d’un micro-ondes sur votre lieu de travail, apportez votre déjeuner : viande ou poisson, pâtes, riz ou céréales, accompagné de légumes ou d’une salade. N’oubliez pas les laitages. Un yaourt à boire est très pratique quand on ne dispose que peu de temps et sera un bon apport en calcium que ce soit en dessert ou pour une collation dans l’après-midi. Si on a un travail physique ? Si votre travail est particulièrement physique, votre alimentation  doit correspondre à vos dépenses énergétiques. Au déjeuner, prenez soin de vos muscles et favorisez les protéines en choisissant de la viande ou du poisson. La viande rouge est celle qui apporte le plus de fer. Cet oligo-élément minéral aide à la composition de l’hémoglobine des globules rouges et est indispensable pour conserver la forme. Lutter contre la fatigue et les blessures passe également par les sucres lents et l’hydratation. Ainsi, les pâtes, le riz, les pommes de terre ou le pain doivent figurer au menu. Tout comme l’eau, les produits laitiers et la vitamine D (œufs, beurre…) qui protègent vos os ou encore les fruits et légumes qui apportent des fibres, des vitamines. Si on a un travail sédentaire ? Lorsque l’on travaille en position assise ou immobile la majeure partie de la journée, nos dépenses énergétiques sont limitées. De récentes études ont démontré que le travail sédentaire était à l’origine de surpoids notamment au niveau de la ceinture abdominale. Ainsi, il est nécessaire de bien s’alimenter et de respecter un équilibre comprenant des protéines animales (viandes, poissons, œufs) ou végétales (tofu/soja, avoine, blé, boulgour…), de glucides (céréales, pommes de terres, légumineuses, certains fruits), de lipides (beurre, huiles d’olive, d’avocat, de noisettes, amandes… fromages), de vitamines et d’oligo-éléments que l’on trouve dans l’eau, les fruits et les légumes. Au restaurant, prenez une entrée légère, poursuivez avec un plat comprenant des protéines et demandez en accompagnement un mélange de légumes et de féculents. N’oubliez pas de boire de l’eau… et de faire du sport dans la semaine.  Si on a des horaires décalés ? Travailler la nuit bouscule l’horloge biologique, entraîne souvent un déséquilibre alimentaire et parfois une prise de poids.  En effet, pour résister à la somnolence et rester vigilant, les personnes travaillant en horaires décalées ont tendance à multiplier les repas ou à grignoter. L’idéal est d’avoir des horaires de repas fixes pour conserver une régularité. Car c’est le dérèglement nocturne des heures de repas qui provoque des problèmes de santé. La nutritionniste Sophie Daguenet préconise de « prendre cinq repas par jour : un petit-déjeuner léger avant d’aller dormir, un déjeuner normal, un dîner avant d’aller travailler -entre 19h30 et 20h30- et 2 collations au cours de la nuit, une vers minuit et une autre vers 4h du matin». Pour être en forme et manger équilibré, prévoyez « une nourriture légère pour la nuit (fruits, légumes, salades, céréales complètes, lait et produits laitiers, tisanes, infusions), éviter les aliments gras, salés et sucrés ainsi que la caféine et l’alcool. Réservez-vous 30 minutes minimum pour les repas, même sur votre lieu de travail afin, d’éviter les troubles digestifs.» Que l’on travaille la nuit ou que l’on commence au petit-matin, le « maître mot est de prévoir ce que l’on va manger le midi et le soir en préparant les repas à l’avance, explique le médecin nutritionniste Odile Labrousse. Ainsi, on diminue les risques d'hypoglycémie, de perte de concentration, de mémorisation et de surpoids. »

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Titres restaurant: les règles du jeu

Les titres restaurant, connus sous les marques « Tickets restaurant » ou « Chèques déjeuner », sont un avantage social cofinancé par l’employeur et ses salariés. Leur attribution, leur montant et leur exonération de cotisations sociales sont strictement encadrés. Mode d’emploi. À qui sont-ils destinés ? Des titres restaurant peuvent être accordés aux salariés ainsi qu’aux stagiaires à raison d’un par jour travaillé et par repas pris sur l’horaire de travail. Y compris pour les salariés en télétravail, qui doivent bénéficier des mêmes droits que les salariés présents dans l’entreprise. Cet avantage a longtemps été réservé aux seuls salarié : le gérant ne pouvait donc en bénéficier que s’il avait le statut de gérant-salarié. Depuis septembre 2014, les gérants minoritaires ou égalitaires peuvent également obtenir des titres restaurant sans risquer de voir la contribution patronale considérée comme un avantage en nature. Avantage social, les titres restaurant doivent être attribués de façon égalitaire, sans différence de quantité ou de montant. Si vous souhaitez les réserver à une partie de vos salariés, les autres doivent être indemnisés d’une somme équivalente au montant de votre contribution. Une contribution plafonnée La part des titres restaurant financée par l’employeur est exonérée de cotisations sociales et des contributions attachées (chômage et retraite complémentaire) si elle respecte deux conditions : - elle doit être au moins égale à 50 % de la valeur nominale du titre, mais ne pas dépasser 60 % ; - elle ne peut excéder le montant de 5,36 € par titre (1), ce qui porte la valeur maximale du titre restaurant à 8,40 € si vous le financez à hauteur de 60 % et à 10,08 € si vous contribuez à hauteur de 50 %. Gare au cumul Comme tous les avantages sociaux, l’attribution de titres restaurant est strictement contrôlée par l’Urssaf, qui se montre notamment très attentive aux règles de cumul. Ainsi, un salarié amené à engager des frais professionnels peut cumuler un titre restaurant avec le remboursement d’un repas. Mais la somme qui lui est remboursée ne doit pas dépasser les 5,36 € de contribution patronale exonérée de cotisations sociales ; l’excédent doit être réintégré dans l’assiette de cotisations. Mieux vaut donc, ces jours-là, ne pas attribuer de titre restaurant et préférer la note de frais. (1) Montant au 1/01/2015, réévalué chaque année et disponible sur le site de la Commission nationale des titres restaurant : www.cntr.fr.

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Mutuelle : portabilité des garanties de santé et prévoyance

En perdant son emploi, un salarié doit généralement renoncer à tous les avantages auxquels son entreprise lui donnait droit. Sous réserves de certaines conditions, il peut malgré tout continuer à bénéficier de la mutuelle associée à son ancien contrat de travail. On parle alors de portabilité de la mutuelle. Qu’est-ce que la portabilité des frais de santé ? Mise en place depuis l’année 2008 dans le cadre de l’article 14 de l’ANI (Accord National Interprofessionnel), la portabilité mutuelle permet aux salariés et à leurs ayants droit de conserver leur complémentaire santé après la rupture de leur contrat. Ces mesures ont été mises en place afin de mieux protéger les personnes devant faire face à une période de chômage. Le financement de ce dispositif est donc assuré par l’ancien employeur mais également par l’ancien salarié et ce, dans les mêmes proportions que celles appliquées aux salariés de l’entreprise. Depuis le 1er juin 2014, la durée de la portabilité mutuelle a été allongée de 9 à 12 mois pour renforcer la loi relative à la sécurisation de l'emploi. Les garanties de la couverture santé et les garanties liées à la maternité ont été les premières à bénéficier de l’allongement de la portabilité. Il faudra toutefois attendre le 1er juin 2015 pour que cette mesure s’étende également à la portabilité des garanties prévoyance (décès, invalidité…). Les bénéficiaires de la portabilité Différents types de rupture de contrat peuvent permettre de faire une demande de portabilité. Un ancien salarié pourra notamment en bénéficier en cas de : rupture conventionnelle d’un CDI rupture d’un contrat d’apprentissage arrivée à terme d’un CDD licenciement individuel ou économique démission légitime (rapprochement de conjoint, nouveau poste en CDI, etc.) Un salarié licencié pour une faute lourde ne peut bénéficier de la portabilité de ses droits et ce, même s’il bénéficie d’une allocation chômage. Les conditions nécessaires à la portabilité de la mutuelle En 2008, la portabilité mutuelle et prévoyance ne s’adressait qu'aux employeurs des branches représentées par le Medef, l'UPA et la CGPME. Aujourd’hui, elle concerne tous les employeurs soumis à l’article L911-8 du Code de la Sécurité sociale et donc, tous les salariés. Pour bénéficier de la portabilité mutuelle gratuite, un salarié doit néanmoins remplir quelques conditions : avoir adhéré à la complémentaire santé de l’entreprise avoir travaillé au moins 2 mois dans l’entreprise (voir portabilitemutuelle.com ou infoprudhommes.fr) avoir droit à une prise en charge de l’assurance chômage suite à la rupture de son contrat de travail Dans ce cadre, les demandeurs d’emploi non indemnisés et les salariés ayant donné leur démission ne pourront pas bénéficier de la portabilité des droits stipulés dans leur contrat de travail. La durée de la portabilité La portabilité du droit à une mutuelle concerne une durée correspondant à la moitié du temps effectivement travaillé au sein de la société (exemple : 6 mois si le salarié a travaillé 1 an dans l’entreprise). La portabilité des frais de santé est limitée dans le temps. En effet, elle entre en vigueur à compter de la date de cessation du contrat de travail et se poursuit durant toute la durée de l’indemnisation chômage (dans la limite de 12 mois). Ces droits prendront fin en cas de reprise d’emploi. À savoir : s’il cesse de payer la part de cotisation qui lui revient, le salarié perd également ses droits. À l’issue de la portabilité, l’assureur concerné contactera les salariés afin de leur proposer le maintien de leur complémentaire santé, cette fois à titre individuel. Étant payant, ce nouveau contrat de mutuelle ne sera alors évidemment pas limité dans le temps.

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Travailleurs indépendants, dirigeants de TPE – PME : les clés de réussite pour une trésorerie maîtrisée

Au quotidien, les TPE et PME doivent faire face à de nombreuses difficultés de gestion, mettant parfois leur trésorerie en péril. Crise de croissance, mauvais encadrement de son besoin en fond de roulement (BFR), perte de rentabilité, baisse de l’activité. Cependant, plusieurs solutions s’offrent à vous pour pallier ces événements. Mais pour éviter une situation de crise, il est essentiel de connaître les différents outils et indicateurs permettant de maîtriser efficacement votre trésorerie. Optimiser sa trésorerie de façon pérenne : quelques outils efficaces De nombreux outils, efficaces et simples à mettre en place, permettent de faciliter au quotidien, la gestion de votre trésorerie et de fluidifier la relation commerciale avec vos clients : - Vérifiez la solvabilité de vos nouveaux clients en vous rapprochant d’un site de scoring avant toute contraction de bon de commande. - Modulez les délais de paiement en fonction de la santé financière de vos clients et des données collectées. - Gagnez du temps et de l’argent grâce à la dématérialisation de votre facturation - Assurez-vous de mettre en œuvre un process de recouvrement vous permettant d’améliorer votre besoin en fond de roulement (BFR). Objectif : récupérer les montants qui vous sont dus à travers notamment des relances téléphoniques (plus rapides et moins coûteuses). Le cas échéant, n’hésitez pas à émettre des indemnités de retard. Côté fournisseurs, la négociation est de mise. Qu’il s’agisse des délais de paiement, de livraison, ou du process de règlement (de préférence à échéance et sans acompte), chaque point peut en effet être discuté, le poids de votre commande constituant un atout de taille. Plusieurs arguments vous permettront également de soutenir cette négociation comme par exemple la régularité de vos commandes/paiements ou encore les conditions exercées par la concurrence. Une mauvaise gestion de son BFR, l’une des principales causes dans la dégradation de votre trésorerie Si les retards de paiements peuvent nuire à votre BFR, une mauvaise gestion des stocks peut également l’impacter de façon négative. La mise en place d’indicateurs pertinents et cohérents vous permettra ainsi un fonctionnement efficace. Tableaux de suivi, tableaux d’approvisionnement, réorganisation de votre entrepôt ou espace de stockage, rotation des stocks… Des solutions simples, à moindre coût, pouvant s’adapter à tout type d’activité, vous permettront ainsi de surveiller les variations de stocks, d’éviter les ruptures ou encore attirer votre attention sur les stocks dormants. Comment réagir en situation de cash-flow négatif ? Le cash-flow, c’est l’ensemble des flux de liquidités générés par vos activités. Il constitue un excellent moyen pour se renseigner sur la solvabilité et la pérennité d’une société. Malheureusement, les obstacles sont nombreux : mauvaise gestion de son BFR, délais de paiement trop longs, resserrement de crédit… Pour limiter dans le temps cette situation délicate, plusieurs solutions s’offrent à vous. En voici quelques-unes : - Les sites de crowdfounding représentent une solution alternative au crédit, devenu difficile à contracter auprès des banques. Des investisseurs individuels vont ainsi investir dans votre activité sous forme de dons, de prêts ou encore de prise de participation. - Autre option, l’escompte bancaire qui consiste à percevoir de la part de sa banque, une avance de trésorerie immédiate en échange d’un effet de commerce. Attention toutefois, la banque prélève une commission. - Enfin l’affacturage. Solution payante (0,20 à 1% du chiffre d’affaires de votre entreprise), elle consiste à déléguer le recouvrement de créances à un établissement de crédit spécialisé.

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