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Tous nos articles Entreprise - Page 5

Explorez les tendances qui font évoluer le monde du travail : qualité de vie au travail, protection sociale, évolutions juridiques.

Le 100% santé : déploiement de la première phase en optique et dentaire

  Le 100% santé recouvre une série de mesures, mises en place progressivement par les pouvoirs publics, à compter du 01/01/2019 et qui vont s’étaler jusqu’en 2021*. Ces mesures visent à lutter contre le renoncement aux soins de certains français sur les 3 postes suivants : optique, dentaire et aides auditives. Elles reposent sur 3 principes : Le respect, par les professionnels de santé, des prix de certains dispositifs et équipements optique, dentaire et audioprothèse plafonnés réglementairement. Le remboursement, de façon à ne laisser aucun reste à charge, de ces dispositifs et équipements, en optique et audioprothèse et pour une partie des prothèses dentaires. Ce remboursement est obtenu par une hausse progressive des remboursements de la Sécurité sociale et par un complément à hauteur des prix plafonnés (100%) par la mutuelle. Pour permettre ce remboursement sans reste à charge, La Mutuelle Générale vous propose des contrats santé mis en conformité à cette nouvelle définition du Contrat Responsable à compter du 01/01/2020. A partir du 1er janvier 2020 En optique : l’ensemble des opticiens doit proposer la gamme de verres et une gamme de 37 montures à prix plafonnés, permettant un remboursement sans reste à charge de la part de la mutuelle (remboursement de la Sécurité sociale inclus). ** En dentaire : le chirurgien-dentiste, pourra, sur demande, proposer, 14 actes prothétiques (prothèses fixes comme certaines couronnes et bridges, en fonction du matériau et de la position dans la bouche), permettant un remboursement sans reste à charge de la part de la mutuelle (remboursement de la Sécurité sociale inclus). En audioprothèse : le prix plafonné des prothèses est établi à 1 100 euros. Le remboursement sans reste à charge n’entrera cependant en vigueur qu’au 01/01/2021. En pratique, pour bénéficier de ces dispositions Les professionnels de santé doivent proposer un devis, qui en optique comporte obligatoirement un équipement bénéficiant du 100% santé (prix plafonné et remboursement sans reste à charge). Pour le dentaire, le chirurgien-dentiste doit également réaliser un devis qui prévoit le plan de traitement envisagé. Il est tenu d'informer le patient d'une alternative 100% santé ou tarif maîtrisé. Votre entreprise continuera à bénéficier des exonérations sociales et fiscales (prévues à l’article 83*** du Code général des Impôts) à condition d’avoir mis en conformité votre contrat de complémentaire santé. Dans le cas où vous (ou la branche professionnelle dont vous dépendez) n’auriez pas conclu d’accord, vous devez rédiger une Déclaration Unique de l’Employeur (DUE) pour acter cette mise en conformité. *Les mesures de plafonnement des prix des prothèses et équipements pourraient continuer en 2022 en fonction des résultats observés concernant les pratiques des professionnels de santé en audioprothèse et dentaire. ** A noter que pour les autres montures, le contrat complémentaire santé ne pourra désormais rembourser que 100 euros, remboursement de la Sécurité sociale compris.et 154 bis pour les Travailleurs Non-Salariés.      

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La complémentaire santé des professionnels indépendants : les avantages de la loi Madelin

Créée en 1994, la loi Madelin permet aux travailleurs non salariés (TNS) de déduire leurs cotisations santé de leur revenu imposable dans la limite d’un plafond fiscal. Voici nos explications. Qu’est-ce la loi Madelin ? Contrairement à un grand nombre de salariés du secteur privé, les professionnels indépendants ne peuvent pas bénéficier de couverture santé collective proposée par leur entreprise et qui permet d’avoir une cotisation avantageuse, souvent moins chère qu’avec un contrat individuel.  La loi Madelin a permis la mise en place d'un dispositif spécialement conçu pour les Travailleurs non-salariés afin de réduire les différences de protection avec les salariés. Ainsi, les cotisations d’un contrat santé Madelin peuvent être déduites du revenu imposable dans la limite d'un plafond fiscal. Ce dernier est notamment calculé en fonction des revenus et n’est pas atteint dans la majorité des cas, permettant alors de déduire la totalité des cotisations santé. Dans le cadre de la loi Madelin, il est également possible de se protéger avec un contrat de prévoyance et de retraite. Un contrat de santé Madelin : pour qui ? Les contrats Madelin sont réservés aux travailleurs non salariés (hors secteur agricole) : les artisans, les commerçants, les professions libérales et certains chefs d'entreprise (selon le statut de la société choisi lors de la création de celle-ci). Peut-on faire bénéficier un contrat santé Madelin à sa famille ? Le régime maladie obligatoire des TNS diffère de celui des salariés : il s'agit du Régime Social des Indépendants (RSI).  Si votre conjoint et vos enfants sont affiliés comme vous au RSI, vous pouvez déduire l'intégralité de la cotisation de votre contrat famille. Sinon, vous ne déduirez que la partie de la cotisation qui vous concerne. Pourquoi souscrire à une complémentaire santé Madelin ? La loi Madelin permet aux travailleurs non salariés de déduire leurs cotisations santé de leur revenu imposable dans la limite d’un plafond fiscal. L'envoi de l'attestation de déductibilité du contrat de frais de santé loi Madelin est automatique. Celle-ci est éditée 1 fois par an et 1 mois après la fin de l’exercice fiscal. Outre la déduction fiscale, les contrats de mutuelle santé Madelin sont dédiées aux besoins des TNS et permettent de bénéficier de garanties personnalisables. Ainsi, en souscrivant à une mutuelle Madelin, certaines dépenses, non remboursées par l’Assurance maladie (séances d’ostéopathie, de chiropractie…), peuvent être prises en charge et  vous pouvez être mieux remboursés sur les frais optiques et dentaires. Vous souhaitez en savoir plus ? Les conseillers de La Mutuelle Générale vous répondent au 30 35 (appel gratuit depuis un poste fixe), ou vous pouvez obtenir directement un devis en ligne en cliquant ici.

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Accident du travail : quelles démarches ?

  Les accidents du travail sont pris en charge par la Sécurité sociale et l’employeur pour les salariés. En revanche, les travailleurs indépendants doivent prendre une assurance complémentaire pour couvrir ce risque. Explications. 626 227 accidents du travail ont été recensés chez les salariés en France pour l’année 2016. Une tendance à la baisse depuis de nombreuses années selon la Caisse nationale de l’Assurance Maladie des travailleurs salariés (Cnamts). Aujourd’hui, un accident du travail, pour être reconnu comme tel, doit avoir lieu soudainement par le fait ou à l’occasion du travail et entraîner une lésion corporelle ou physique. Ils incluent les accidents de trajet, c’est-à-dire les incidents survenus sur le trajet pour aller et venir du domicile et du lieu de repas. Evidemment, en cas de problèmes durant un stage, un déplacement professionnel ou lors d’une pause sur le lieu de travail, il pourra aussi être reconnu comme accident du travail. En cas d’arrêt de travail, des indemnités journalières seront perçues par la personne concernée et les frais médicaux liés à l’incident seront pris en charge. Mais les droits ne sont pas les mêmes pour les salariés et les travailleurs indépendants. Les frais de santé pris en charge à 100% pour les salariés Tous les salariés sont couverts en cas d’accident du travail. Lorsque l’incident se produit, ils doivent avertir leur employeur dans les 24 heures qui suivent et lui fournir un certificat médical. Ce document sera aussi transmis à l’organisme d’assurance maladie dont dépend le salarié, comme la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) pour ceux affiliés au régime général. Si l’incident entraine un arrêt de travail, un médecin doit établir un certificat d’arrêt de travail qui sera transmis à l’entreprise. De son côté, l’employeur informé de l’accident du travail de son salarié dispose de 48 heures pour le déclarer à la caisse d’assurance maladie. Tous les frais de santé liés à l’accident du salarié sont pris en charge à 100% par la Sécurité Sociale à l’exception des dépassements d’honoraires des médecins. En cas de cessation d’activité, l’employé perçoit des indemnités journalières versées par son organisme d’assurance maladie. Elles sont calculées à partir du salaire journalier, obtenu en divisant le montant du salaire brut par 30,42. Du 1er au 28ème jour d’arrêt, l’indemnité journalière est égale à 60% du salaire journalier de base. A partir du 29ème jour, elle est majorée à 80%. Pour un employé touchant 2000 euros brut par mois, il percevra d’abord 39,44 euros par jour, puis 51,93 euros à partir du 29ème jour. L’employeur peut choisir de verser des indemnités complémentaires au salarié ou de maintenir son salaire en totalité. Dans ce deuxième cas, l’entreprise perçoit les indemnités journalières. Enfin, le salarié peut obtenir une rente d’incapacité s’il garde des séquelles de son accident. Des droits différents pour les travailleurs indépendants Pour les travailleurs indépendants, les garanties ne sont pas les mêmes en cas d’accident du travail et d’arrêt de leur activité. Les artisans et les commerçants, par exemple, ont le droit de toucher des indemnités journalières que si leur arrêt de travail est supérieur à sept jours. Dans ce cas, ils les perçoivent au bout du quatrième jour, après trois jours de carence. De plus, leurs frais de santé liés à l’accident ne sont pris en charge qu’à 70% par la Sécurité sociale. Il est donc préférable que ces travailleurs indépendants souscrivent un contrat de prévoyance auprès de la CPAM ou d’un assureur privé qui les prendra en charge à 100% et leur versera une indemnité en capital ou une rente en cas d’incapacité permanente de travail. Même conseil pour les professions libérales pour qui le risque accident du travail n’est pas couvert par leurs régimes de protection sociale. Léa Casian

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Identifier et prévenir le burn-out

Particulièrement exposés au risque de burn-out, les dirigeants d’entreprise doivent apprendre à en détecter les premiers signes chez eux et chez leurs collaborateurs. Trois millions de personnes concernées Le burn-out, ou « syndrome d’épuisement professionnel » est une maladie reconnue par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), qui le caractérise par un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail. Avec trois millions de Français concernés (1), le burn-out est la première cause d’absentéisme prolongé. Les dirigeants de PME sont particulièrement exposés aux différents facteurs de stress : surcharge de travail, pression due aux délais ou aux objectifs, surinvestissement psychologique ou social, conflits de valeurs… 10 % d’entre eux présenteraient des signes caractéristiques de l’épuisement professionnel (1). Les quatre étapes du burn-out Les symptômes du burn-out apparaissent de façon progressive, suivant un processus en quatre étapes : Stress chronique : il devient difficile de se reposer et de récupérer. La fatigue s’accumule. Résistance : la personne s’est habituée à cet état de stress permanent, dont elle n’a plus l’impression de ressentir les effets. C’est le début du déni. Rupture : le corps atteint ses limites. Les symptômes de stress, qui avaient disparu, reviennent de façon critique et irréversible si une prise en charge médicale n’intervient pas. Burn-out : les digues du système de défense physique et psychique ont cédé. L’individu entre en phase dépressive, avec une angoisse permanente. Il est, hélas, trop tard pour réagir : un arrêt maladie et un accompagnement psychothérapeutique au long cours s’imposent.   La prévention du burn-out Un burn-out laisse des traces durables sur la personne concernée et sur son entourage. Le prévenir est donc essentiel. Cela passe, naturellement, par la formation des managers de terrain, qui doivent être en mesure d’identifier les premiers signes de sur-stress : irritabilité, repli sur soi, désengagement professionnel … Mais le risque de stress ne doit pas uniquement être appréhendé de façon individuelle. Le dirigeant doit également s’interroger sur les contraintes que génère l’organisation de son entreprise sur ses collaborateurs : La charge de travail et les objectifs sont-ils réalistes ? Les urgences sont-elles hiérarchisées ? Les collaborateurs sont-ils placés en situation de concurrence malsaine ? Le travail est-il parcellisé au point que les collaborateurs ne voient pas la finalité de leurs actions ? Des temps d’échanges collectifs sont-ils organisés ?   Les chefs d’entreprise doublement concernés Les manifestations du burn-out sont les mêmes pour tous, salariés ou dirigeants d’entreprise : stress, irritabilité, troubles du sommeil, difficultés à se concentrer… En revanche, les causes sont spécifiques, très souvent liées aux enjeux de la direction d’une entreprise : les problèmes de trésorerie et la peur d’engager son patrimoine familial sont reconnues comme des sources de stress intense. Angoissante pour tout un chacun, la peur de l’échec est encore plus difficile à vivre pour un dirigeant d’entreprise : un dépôt de bilan peut en effet déboucher sur des pertes financières, des licenciements, une interdiction de gérer, la mise en péril de l’équilibre familial et une blessure narcissique profonde. Performance et risque pénal Prévenir le burn-out du dirigeant bénéficie à l’ensemble de l’entreprise : dans une PME, la fragilité physique et mentale du dirigeant a tendance à se propager à l’ensemble des équipes. C’est bel et bien un enjeu de performance pour l’entreprise : cela permet de réduire l’absentéisme de longue durée, de maintenir la cohésion des équipes et de garantir la santé de l’entreprise. Mais c’est aussi une obligation juridique : l’employeur est en effet pénalement responsable de la santé et de la sécurité de ses collaborateurs. Les premiers signes de fatigue psychique ne doivent pas être ignorés : il faut agir vite, sans attendre que le burn-out se déclare. Le regard extérieur d’un proche ou celui d’un médecin peuvent aider le dirigeant d’entreprise à prendre conscience de son état : leurs conseils ne doivent pas être pris à la légère. (1) Source : « Étude clinique et organisationnelle permettant de définir et quantifier le burn-out », étude publiée par le cabinet Technologia en février 2014.

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Protection juridique pro : une garantie pour se prémunir contre les litiges

Le dirigeant d’entreprise n’a pas toujours le temps ou les compétences juridiques pour gérer une procédure judiciaire. Souscrire une garantie protection juridique lui permet de se faire accompagner techniquement et financièrement. Des litiges variés Un salarié conteste son licenciement ; un fournisseur livre des produits qui se révèlent défectueux sur la chaîne de montage ; l’administration fiscale veut procéder à une vérification comptable ; un client porte plainte après avoir constaté une rupture de la chaîne de froid dans la livraison de denrées alimentaires… Les chefs d’entreprise sont exposés à de nombreux litiges de natures et d’ampleurs très diverses. Ces problèmes sont plus courants qu’on ne le pense : près d’un chef d’entreprise sur deux a déjà été amené à exercer une action en justice (1), avec, dans certains cas, des conséquences financières dramatiques. Même quand elles s’avèrent anodines au plan financier, ces procédures mobilisent toujours beaucoup de temps et d’énergie. Elles peuvent aussi nuire à l’image de l’entreprise et dégrader les relations de partenariat du dirigeant avec ses clients ou des fournisseurs. Se concentrer sur son activité Un contrat de protection juridique joue, comme son nom l’indique, un rôle de bouclier protecteur de l’entreprises contre les litiges explicitement mentionnés : en général vis-à-vis des clients, des fournisseurs, des salariés et de l’administration fiscale. Mais si le contrat le prévoit, d’autres litiges peuvent également être pris en charge : avec un bailleur, des voisins, l’Urssaf ou tout autre administration, par exemple. Accompagné durant toute la procédure, le chef d’entreprise peut se concentrer sur son cœur de métier. La garantie de protection juridique prend en effet en charge, dans la limite d’un plafond défini par le contrat : les honoraires d’un avocat librement choisi ainsi que les frais de procédure judiciaire ; le suivi de la procédure par un juriste spécialisé ; les frais d’expertise ; les honoraires d’un expert-comptable et d’un avocat en cas de vérification et de redressement fiscal.   Être accompagné pour prévenir les litiges Les contrats de protection juridique prévoient également l’accès permanent à une équipe de juristes spécialisés capables de répondre à toutes les questions relevant du droit des affaires (droit du travail, de la consommation, droit administratif, droit fiscal, etc.) Ils peuvent ainsi prévenir bien des litiges en accompagnant le chef d’entreprise et ses collaborateurs dans la rédaction ou la relecture d’un contrat, en vérifiant la conformité fiscale d’une opération comptable, en sécurisant une procédure de licenciement … Si, malgré tout, un litige survient, ces juristes peuvent négocier avec la partie adverse pour obtenir une résolution amiable, évitant ainsi les frais et les délais d’une procédure judiciaire. Là encore, si des expertises sont nécessaires, leur coût peut être pris en charge par le contrat de protection juridique.   (1) Source : étude « Les dirigeants d’entreprises et l’assurance de biens et de responsabilité » réalisée en 2011 par TNS Sofres pour la FFSA (non disponible en ligne).   La Mutuelle Générale propose Helpeo Pro : La protection juridique des travailleurs indépendants. Cliquez ici

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Vie professionnelle et personnelle : trouver le bon équilibre

Pour se pas se laisser envahir par le travail, culpabiliser parce que l’on ne s’occupe pas assez des siens ou inversement… les conseils pour harmoniser sa vie entre travail, enfants, amis et loisirs. La réussite ? Un bon équilibre entre vies privée et professionnelle Culpabilité, manque de temps ou de finances… l’équilibre entre carrière et vie privée est un souci rémanent, principalement chez les femmes, selon un sondage. Près de 70% d’entre-elles déclarent vouloir mener de front vie "pro" et vie "perso" (1). 50 % des femmes sans enfants prévoient néanmoins de ralentir le rythme de leur vie professionnelle lorsqu’elles deviendront mères de famille. A noter, en une décennie, constate cette enquête, la définition de la réussite a totalement changé : les femmes actives modernes ne recherchent pas uniquement du pouvoir ou un salaire confortable, elles préfèrent associer un emploi épanouissant et un bon équilibre entre travail et vie privée. Comment mieux gérer travail, famille et couple Envisager une certaine flexibilité des conditions de travail Deux tiers des mères en France (66%) aimeraient bénéficier de conditions de travail plus flexibles pour mieux conjuguer vie professionnelle et vie personnelle. Cette souplesse est l’une des revendications de la plupart des cadres issus de la génération Y, hommes comme femmes. Par flexibilité, on peut entendre la mise en place de périodes de télétravail, sur le mode d’une journée fixe dans la semaine ou mobile en fonction des besoins, des assouplissements d’horaires réguliers. Cela demande de rompre avec les cultures d'entreprises qui font encore de la présence un signe de motivation.Malheureusement, beaucoup de femmes optent pour le temps partiel, au détriment de leur carrière (et de leurs trimestres de cotisation). Des initiatives existent cependant de la part de certaines entreprises, avec des mesures de soutien comme la dédramatisation des absences, la modulation des horaires pour les familles monoparentales ou le fait de ne plus programmer les réunions après 18 heures et le mercredi. S’entourer d’une ou de plusieurs personnes de confiance L’idéal est de s’entourer de baby-sitters ou de personnes de confiance, à défaut de proches qui soient disponibles au moindre imprévu (fièvre d’un enfant) ou pour des rendez-vous impossibles (rendez-vous chez l'orthodontiste) à concilier avec un emploi, des horaires fluctuants ou des déplacements. Et, si les finances le permettent, s’octroyer quelques heures par une personne de ménage chaque semaine pour profiter du temps libre en famille ou en couple. Le mot- d’ordre : or-ga-ni-sa-tion C'est bien la difficulté de l'organisation qui mine la vie professionnelle. La notion de charge mentale - le fait de devoir penser à tout, tout le temps- pèse sur le quotidien. L’idée est de la partager avec le conjoint. Parmi les pistes d’organisation, élaborer des menus hebdomadaires pour les repas, fixer les jours où chacun ira chercher l’enfant à l’école, répartir les tâches ménagères, se faire livrer les courses à domicile, organiser une sortie « marché-produits frais » le samedi en famille, prioriser, mettre les enfants à contribution tôt (mettre le couvert par ex.), constituer des listes, effectuer les réservations et un maximum de démarches administratives en ligne… S’accorder des pauses incompressibles S’aménager du temps pour soi (sport, amis), pour sa famille, pour son couple est essentiel. Sans culpabiliser. C’est aussi savoir séparer chaque domaine. Mais concilier travail et vie privée ne signifie pas la même chose pour tous ; certains accorderont plus de temps au travail pendant la semaine, et feront un break total le week-end, d’autres raccourciront leurs journées en acceptant de travailler un peu ou de rester connecté à l'entreprise en fin de semaine. Source (1) Etude « What women want @ work »/LinkedIn, mars 2013, sur plus de 5 000 femmes de plusieurs pays européens dont la France.Hélène Joubert, journaliste

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Les entreprises en croisade contre le mal de dos

Deuxième volet d’une grande action contre le mal de dos, la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) a lancé fin 20181 une campagne de lutte contre la prolifération des lombalgies dans le monde du travail. L’occasion de revenir sur l’augmentation d’un mal propre à l’époque2. Les lombalgies, fléau physique et économique Tendinites, troubles articulaires… Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) sont un véritable problème en entreprise. Parmi eux, les lombalgies – communément appelées lumbago - troublent souvent le bien-être des salariés, et, par ricochet, ont un véritable impact sur l’activité économique de leurs employeurs. Les chiffres le prouvent : les lombalgies sont la deuxième cause de recours au médecin traitant, représentent 20% des accidents du travail3 - suivis de deux mois d’arrêts en moyenne4 -, et 7% des maladies professionnelles. La CNAM évalue le nombre de journées de travail perdues à 12,2 milliards, soit l’équivalent de 57 000 emplois à temps plein. Ces maladies pèsent directement sur les finances des employeurs, par l’intermédiaire des cotisations. Mais elles ont aussi un coût indirect, via la désorganisation des équipes et les salaires de remplacement qu’elles peuvent nécessiter. C’est pour s’attaquer au problème que l’Assurance Maladie a lancé une première campagne de sensibilisation auprès des particuliers en 2017, ainsi que l’application Activ’Dos5, pour les pousser à s’exercer physiquement. Facteurs de lombalgies au travail Mais le travail lui-même peut-être la source de ces maux lombaires. Parmi les facteurs aggravant les risques de lombalgies aiguës, on retrouve par exemple la manutention manuelle, l’exposition aux vibrations, le travail physique dur ou les postures pénibles sous contraintes. Cela explique que des secteurs comme les transports, le soin à la personne, la gestion des déchets, le commerce ou le bâtiment soient tout particulièrement touchés par la question6. Cela dit, tous les secteurs sont concernés dans la mesure où de nombreux facteurs récurrents dans le milieu du travail favorisent les risques de lombalgies chroniques, comme le rappelle l’Institut National de Recherche et Sécurité. Stress, insatisfaction au travail, contraintes psychosociales ou même absence de culture de la prévention dans l’environnement professionnel font partie du problème. Quels réflexes adopter ? C’est la raison pour laquelle l’Assurance Maladie souhaite désormais travailler auprès des employeurs. Elle recommande de se reposer aussi bien sur les services de ressources humaines ou les salariés eux-mêmes que sur des acteurs externes (Caisse d’Assurance Retraite et Santé au Travail, expert extérieur) pour s’attaquer au problème7. Et en pratique, diverses pistes sont envisageables : L’environnement de travail est plutôt statique ? Fournir des sièges ergonomiques aux collaborateurs peut se révéler payant sur le long terme. Travailler sur l’organisation de leur espace de travail (hauteur du siège, inclinaison de l’ordinateur) aussi, afin d’éviter les tensions dans les épaules et les cervicales. Le travail est plutôt physique ? Analyser les sollicitations biomécaniques que sont les gestes répétitifs ou l’amplitude musculaire nécessaire aux tâches peut être un premier pas pour réfléchir à des manières de ménager les efforts des employés. Dans tous les cas, la prévention fait partie du traitement : parlez-en avec vos collaborateurs. Louisah Tamaldi Pour aller plus loin : « Mal de dos, quels sont les remèdes vraiment efficaces ? », Grand bien vous fasse, France Inter « Mal de dos au travail : quelles solutions ? », Santé Magazine, 19.03.2018 Comment agir efficacement contre le mal de dos dans votre entreprise, ameli.fr, 23.11.2018 Sources : Le mal de dos coûte 12,2 millions de jours de travail aux entreprises, le Parisien, 05.11.2018 Mal de dos au travail, comment l’éviter, Challenges, 20.04.2018 Travail et Lombalgie, INRS, 2018 Lutter contre le mal de dos, une priorité pour les entreprises, ameli.fr, 23.11.2018 Activ’Dos, l’application pour smartphone qui prend soin de votre dos, service-public.fr, 12.04.2018 Les secteurs d’activité les plus touchés par le mal de dos, ameli.fr, 23.11.2018 Des acteurs, des ressources et des outils pour vous aider, ameli.fr, 23.11.2018

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Droit à la déconnexion, une réalité ?

On a beaucoup écrit sur le droit à la déconnexion, cette nouvelle disposition prévue dans la Loi Travail ou Loi El-Khomri, entrée en vigueur le 1er janvier 2017. Les modes de travail évoluent, le lieu de travail n’existe plus dans bien des secteurs, les salariés sont de plus en plus connectés en dehors des horaires de bureau … Alors en vacances, on oublie tout ? Le droit du travail à l'ère du digital Le travail s’est transformé dans de nombreux domaines et le digital est devenu omniprésent. La frontière entre vie professionnelle et personnelle est parfois très mince, le temps de travail est souvent discontinu… Une réalité qu’il a fallu encadrer. La Loi Travail, adoptée le 21 juillet 2016, a pour cette raison créé les protections nécessaires à la santé des salariés et un droit à la déconnexion est désormais inscrit dans la loi (article 55 de la loi, chapitre II « Adaptation du droit du travail à l'ère du numérique »). C'est une première. Qui est concerné par le droit à la déconnexion ? La finalité du droit à la déconnexion est de lutter contre le risque de burn-out ou épuisement professionnel, en favorisant la conciliation entre le travail et la vie privée. Tous les salariés sont concernés, télétravailleurs et/ou cadres etc. Ils doivent être dégagés de toute possibilité de se connecter aux outils numériques et d’être contactés lorsqu’ils sont en congés payés, en réduction du temps de travail (RTT), le soir et les week-ends (en fonction de leur contrat de travail). En pratique, depuis le 1er janvier 2017, le droit à la déconnexion doit être débattu lors de la négociation annuelle obligatoire sur la qualité de vie au travail et faire l’objet d’un accord d’entreprise sur ses modalités d'exercice, des actions de formation et de sensibilisation, d'actions de sensibilisation à un usage raisonnable des outils numériques. Pour autant, il n’existe aucune obligation d’aboutir à un accord entre les représentants du personnel, syndicaux et la direction. Aucune sanction n’est prévue pour l’employeur. Les Français "déconnectent-ils" ? Des cadres hyperconnectés et un droit à la déconnexion peu présent : c’est en substance le bilan d’un sondage Ifop réalisé pour l’entreprise Securex*. Quelques mois après la promulgation de la loi, peut-être encore trop récente, un peu plus de la moitié des cadres sondés (52%) affirme que leur entreprise ne s'est pas "engagée dans l'application" de ce droit. Cette proportion s’élève à 63% dans les entreprises de moins de 50 salariés. Parmi les 48% qui estiment au contraire que leur entreprise s’est engagée dans l’application de ce droit, seuls 21% déclarent qu’elle a déjà mis en place des mesures concrètes. Selon ce sondage, les trois quarts des cadres (78%) consultent leurs communications professionnelles (e-mails, SMS ou appels) pendant les congés et les week-ends. La moitié considère comme un facteur de stress cet accès aux communications professionnelles. 89% des professions libérales consultent leurs communications professionnelles pendant les week-ends et les vacances, davantage que les cadres de la fonction publique (80%) et que les cadres d’entreprises (76%). De plus, 88% estiment que la qualité de vie au travail n’est pas correctement prise en compte par les entreprises. Au final, le sentiment que le droit à la déconnexion est peu considéré par leur entreprise est prégnant. Pourquoi sommes-nous de plus en plus connectés à notre travail ? La recherche de réassurance et la difficulté de déléguer sont les raisons prioritaires de consultation des communications professionnelles hors du temps de travail. Au sein des cadres concernés, une majorité (51%) consulte d’abord ses communications professionnelles pour s’assurer qu’il n’y a pas de problèmes en son absence. Mais les justifications sont multiples, comme une difficulté à déléguer, la nécessité permanente de réactivité au quotidien ou se ménager un retour sans débordement de travail (31% des sondés). En revanche, la peur de manquer des opportunités professionnelles est peu citée, par seulement 11% des cadres interrogés. Mais les sons de cloche peuvent différer. Un sondage réalisé en juillet 2018** évalue à 59% le pourcentage des Français qui ne sont pas du tout dérangés par cette continuité avec leur travail. Selon cette même enquête, les Français en vacances sont plus de 42% à regarder leurs emails professionnels plusieurs fois par jour. Mais « grâce aux nouvelles technologies, 79% déclarent passer de meilleures vacances » et 61% déclarent ne pas être « accro au boulot » ! Hélène Joubert, journaliste * https://www.securex.fr/sites/default/files/2017-09/CP-Etude-Securex---Lhyper-connexion-au-travail---2017.pdf ** Qapa.fr ; https://www.hr-voice.com/communiques-presse/en-vacances-pourquoi-les-francais-restent-ils-de-plus-en-plus-connectes-a-leur-travail/2018/07/10/

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Les nouveautés dans la formation des médecins

Au mois de janvier, le gouvernement va présenter les axes de la réforme du premier cycle des études de santé. Des changements importants sont attendus. “Nous sommes tous passés par la PACES [Première année commune aux études de médecine], on a tous vu le calvaire que c’était et les risques psycho-sociaux encourus par les étudiants, explique Pierre-Adrien Girard, Vice-Président de l’Association Nationale des Étudiants en Médecine de France (ANEMF), en charge de la PACES. Un tiers des connaissances est inutile, elles ne servent qu’à départager les candidats pour passer en deuxième année.” La suppression de la PACES, dès 2020, ravit donc les premiers concernés. Portail santé ou portail de licence Pour remplacer le système actuel, deux filières vont être créées : portail santé et portail de licence. Selon le rapport sur la refonte du premier cycle des études de santé commandé par les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur et rédigé par le Professeur Jean-Paul Saint-André, les bacheliers auront deux voies pour accéder à la deuxième année de médecine. La première consistera en une première année universitaire générale en santé avec, en plus, des heures de cours d’une autre filière universitaire au choix. Par exemple, une licence portail santé avec une mineure histoire. La seconde option est une licence universitaire au choix, avec en en parallèle des cours en santé qui constitueront l’enseignement mineur des étudiants. Par exemple, une licence mathématique avec une mineure santé. Pour les élèves de portail santé, pas de redoublement possible. En cas d’échec pour entrer en deuxième année de médecine, ils peuvent être réorientés en portail de licence. A chaque niveau de portail de licence (L1, L2 ou L3), la mineure santé permet aux élèves d’intégrer la deuxième année de médecine. Tous les élèves ont donc trois chances, tout en validant leur licence majeure. Néanmoins, le contenu des programmes et les critères de sélections restent à définir. Ils devraient être détaillés prochainement par le gouvernement, quand il présentera la réforme du premier cycle des études de santé. Mais, une certitude déjà : plus de concours pour passer en deuxième année de médecine, 60% des places seront réservées aux étudiants du portail santé et 40% pour ceux du portail de licence. Une solution pour diversifier les profils des futurs médecins. Une meilleure répartition des médecins au niveau local Toujours dans le cadre de cette réforme, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait annoncé en septembre dernier la suppression du numerus clausus dès 2020. Chaque année, le ministère de la Santé et l’Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé (ONDPS) fixent par arrêté ministériel le nombre de places autorisées en deuxième année de médecine pour l’ensemble de la France. Ces dernières années, le nombre de places a augmenté, mais reste encore trop faible pour pallier au manque de praticiens. Désormais, ils fixeront des objectifs pluriannuels sur cinq ans que les Agences régionales de santé (ARS) et les universités seront chargées d’appliquer au niveau local. “Il y aura toujours une régulation des flux d’étudiants, poursuit Pierre-Adrien Girard. Mais les ARS et les universités décideront combien de médecins sont nécessaires dans leur région et les capacités d’accueil pour les former.” Sur le long terme, l’objectif consiste à répondre au besoin réel de médecins en fonction des régions. Léa Casian

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Faire du sport au travail

De la salle de sport aux rendez-vous jogging entre collègues, la pratique du sport augmente dans les entreprises françaises. Les bénéfices sont importants, aussi bien pour les salariés que pour les employeurs. Abdel va à la salle de sport entre deux et quatre fois par semaine. Petite particularité, celle-ci se trouve sur son lieu de travail. Un accès facile entre deux voyages, à la pause déjeuner ou après une longue journée. “Le sport joue un rôle de sas de décompression, assure l’intéressé. Mon métier engendre beaucoup de stress et de pression, l’activité physique est plus que primordiale pour évacuer, être plus dynamique et garder l'esprit clair.” Un bon moyen pour les entreprises de rendre heureux leurs salariés. Comme Abdel, beaucoup de Français pratiquent une activité physique régulière. Selon une étude Opinion way réalisée en décembre dernier, 74% des personnes interrogées estiment que le sport leur permet de se sentir bien au travail. Un constat dont les entreprises tiennent de plus en plus compte. Les sociétés les plus importantes investissent dans des salles de sport au sein de leurs locaux. Un investissement visible, très apprécié par les salariés mais peu accessible pour certaines petites et moyennes entreprises. “Des solutions moins coûteuses existent, la diversité est infinie, explique Frédéric Delannoix, directeur technique national de la Fédération française du sport en entreprise (FFSE). De la salle de réunion dédiée à la gym, aux rendez-vous hebdomadaires pour aller courir entre salariés jusqu’aux challenges de mobilité avec les nouvelles technologies qui comptent les pas !” Pas besoin de grands moyens pour inciter à la pratique du sport. Selon le baromètre européen du sport et de l'activité physique publié en mars 2014, 17% des Français qui pratiquent un sport déclarent en faire sur leur lieu de travail. Ils étaient 13% en 2009. Des jeux du sport d’entreprise en Europe et dans le monde Actuellement, très peu d’entreprises permettent à leurs salariés de faire du sport sur leur temps de travail. Mais, l’installation d’infrastructures ou d’activités physiques au sein des entreprises permettent une plus grande accessibilité et une pratique plus régulière, porteuse de nombreux bénéfices : amélioration du système cardio-vasculaire, maintien musculaire, solidification de l’ossature afin de prévenir l'ostéoporose, une meilleure respiration, etc. Dans le cadre du travail ou de la vie personnelle, les bienfaits du sport restent les mêmes mais, l’accessibilité pallie le manque de temps pour en pratiquer. “Les rencontres sont aussi une des motivations de la pratique du sport en entreprise, poursuit Frédéric Delannoix. Cela permet de nouer des liens avec d’autres salariés, de services ou hiérarchies différentes, que les employés ne sont pas susceptibles de rencontrer au quotidien.” Enfin, les conséquences sur le mental semblent aussi importantes. Les sportifs réguliers réduisent leur stress, améliorent leur capacité de concentration et développent même une plus grande confiance en eux. Des qualités aussi recherchées par les employeurs. Dans beaucoup de pays, la pratique du sport en entreprise augmente. “Des jeux du sport d’entreprise sont organisés à l’échelle européenne et mondiale en alternance tous les deux ans, conclut Frédéric Delannoix. Ce sont des sortes de Jeux olympiques où les salariés se challengent sur une trentaine d’activités sportives.” Cette année, les premiers jeux nationaux auront lieu en France. Pour les amateurs, rendez-vous au mois de mai… En Martinique ! Léa Casian

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Vers une indemnisation du congé du proche aidant ?

Une proposition de loi vise à améliorer les conditions de vie des aidants et à instaurer une indemnisation de leur congé. Une discussion difficile qui bloque sur les modalités de financement. En décembre 2018, l’Assemblée nationale examine une proposition de loi sur le congé du proche aidant. Celle-ci a été déposée par Jocelyne Guidez, sénatrice centriste de l'Essonne, et cent dix autres de ses collègues dans le but d’assouplir ses conditions d’obtention et d’instaurer une indemnité. “J'ai souhaité déposer cette proposition de loi car j'ai moi-même connu dans mon entourage familial la question du handicap et de la présence indispensable des parents,” confie Jocelyne Guidez. En France, près de onze millions de “proches aidants” s’occupent de personnes en situation de dépendance liées à un handicap, à une maladie ou au vieillissement. Une indemnisation journalière versée par l’employeur “Une infime partie des aidants bénéficie de ce congé soit parce que les autres ne le connaissent pas, soit parce qu’ils ne peuvent pas vivre sans toucher de salaire,” explique Pascal Jannot, président-fondateur de la Maison des Aidants. En effet, le congé du proche aidant actuel ne prévoit aucune rémunération, ni indemnité. Ce dispositif est entré en vigueur en 2017, dans le cadre de la mise en application de la loi Adaptation de la Société au Vieillissement (ASV). Il permet au salarié ayant au moins un an d’ancienneté, d’arrêter temporairement son activité professionnelle. Certaines conditions sont à remplir : une situation médicale et des liens familiaux précis. La durée de l’absence est définie par la convention collective de chaque entreprise. Si ce n’est pas le cas, le congé est valable trois mois, avec possibilité de renouvellement jusqu’à un an sur l’ensemble de sa carrière. La proposition de loi déposée par Jocelyne Guidez prévoit une durée maximale de trois ans du congé du proche aidant, une indemnisation journalière versée par l’employeur ainsi que l’abaissement à six mois d’ancienneté dans l’entreprise pour y avoir droit. Elle obligerait également les négociations de branche à aménager au mieux la conciliation entre la vie professionnelle et les impératifs de l’aidant. “J’ai aussi déposé un amendement, lui-même adopté, proposant d’insérer la possibilité de rendre prioritaires au compte personnel de formation les salariés qui se seraient absentés au titre des congés sociaux,” développe la sénatrice. Enfin, parmi les principales mesures, les aidants bénéficieraient d’une carte pour les rendre plus identifiables par les professionnels de santé et un guide et une plateforme web leur apporteraient des informations. Une nouvelle proposition de loi fin 2019 ? Pour l’instant, l’avenir de cette proposition de loi reste en suspens. Le gouvernement, par la voix de Christelle Dubos, secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, n’est pas d’accord avec les modalités de financement de l’indemnisation du congé. Dans la proposition de loi, celle-ci serait prise en charge par une surtaxe sur un certain nombre de contrats d’assurance. Les finances publiques seraient donc épargnées mais le gouvernement craint une répercussion sur le prix des contrats de santé. Une concertation Grand Age et Autonomie, comprenant un volet sur les aidants, a été lancée en octobre par le ministère de la Santé. Sa Ministre, Agnès Buzyn, souhaite qu’elle aboutisse à une nouvelle proposition de loi fin 2019. Mais, celle-ci ne concernerait que ceux qui accompagnent des personnes âgées. Léa Casian

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Insertion des travailleurs handicapés, l’entreprise a tout bon

La Loi impose aux entreprises de vingt salariés et plus de compter 6 % de personnes en situation de handicap dans leurs effectifs. Pour autant, le chômage des personnes handicapées progresse avec un taux de 19 % en 2017 versus 10% pour l'ensemble des actifs. Or, les intéressés comme les employeurs ont tout à gagner à travailler ensemble. Par le biais du travail, les personnes handicapées conservent un rôle social Ce rôle social est accompli au moyen d’un emploi compatible avec les capacités restantes de ces personnes en situation de handicap et la préservation de leur santé, et également des possibilités de l’entreprise. Mais la route est encore longue. En guise d’exemple, à peine un employeur sur deux est informé de la maladie chronique invalidante qu’est la Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) de son salarié*. Et, lorsque c’est le cas, seul un travailleur sur quatre bénéficie en conséquence d’un aménagement de poste*. A cela s’ajoute le regard des collaborateurs, suspicieux, voire culpabilisateur vis-à-vis d’une maladie parfois invisible et mal connue. La situation doit changer. L’un des leviers est d’oser déclarer son handicap, comme l’encourage Marie Delenne, "patiente experte" diplômée en Education thérapeutique atteinte de Sclérose en plaques, ayant exercé à l’Inspection du Travail. « Si le taux d’emploi global des travailleurs handicapés est de 4%, je constate une évolution des mentalités en France avec une progression de ce taux d’emploi grâce à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) en particulier, qui permet notamment des adaptations de poste ou de durée de travail. L’intéressé, le médecin du travail et l’employeur doivent savoir qu’une personne arrêtée depuis six mois a une chance sur deux de reprendre son travail. Si cette durée est de deux ans, cette chance est bien plus faible ». Embauche d’une personne handicapée, quels avantages pour l’entreprise ? Un facteur d’image et de réputation. Cet affichage éthique démontre la responsabilité sociétale de l’entreprise, son engagement contre l’exclusion et la discrimination. Point positif, de moins en moins d’entreprises préfèrent s’acquitter d’une contribution (sorte de pénalité imposée par l’Etat) plutôt que d’engager des travailleurs handicapés (-28% en dix ans).   Un facteur de cohésion. Intégrer des employés handicapés permet de favoriser l’esprit d’équipe, l’entraide et la cohésion ; des notions fondamentales à la bonne marche de l’entreprise. Cela implique de changer le regard des autres au travail. « Cela requiert un travail de pédagogie et d’information sur la maladie de la part du médecin du travail vis-à-vis des collaborateurs mais aussi des employeurs, et pas uniquement pour qu’ils intègrent au mieux les employés handicapés ayant des postes en contact avec le public mais dans tous les secteurs de l’entreprise », insiste le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue (La Rochelle) et président de l’Association de patients BPCO.   Un facteur de management. Cela dénote d’une capacité à bien manager ses équipes tout en gérant de façon optimale l’intégration d’un collaborateur handicapé, en tenant compte de sa singularité. Un facteur d’enrichissement pour les collaborateurs, mais aussi les clients. Selon un sondage Louis Harris**, les personnes ayant un collègue handicapé qualifient l’expérience enrichissante, de nature à modifier le regard sur les personnes handicapées (83 %) et à donner du sens à leur travail (60 %). 82 % des salariés ayant un collègue handicapé le perçoivent comme aussi performant et 80 % n’ont pas constaté de surcharge de travail. Néanmoins, certains préjugés sont tenaces : les personnes handicapées sont jugées motivées, déterminées et sympathiques mais également fragiles et lentes voire tristes et perturbées***.   La parole à Antoine Durand, auteur du Blog « Dépasser son handicap » Antoine Durand est ingénieur de formation, travaillant en tant que Chargé d’opérations immobilières malgré une myopathie de Duchenne****. Selon sa propre perception du sujet, « le handicap "oblige" les salariés handicapés à développer des compétences pour compenser leurs difficultés dont l’entreprise peut profiter. De plus, ils font en moyenne plus d’efforts que les autres car ils veulent montrer qu’ils sont aussi compétents et parfaitement capables d’exercer leur emploi. Ils sont aussi plus fidèles et attachés à leur entreprise, qui leur a laissé leur chance. » *Sondage NXA BPCO & Autonomie Impact de la BPCO sur la qualité de vie au quotidien ; mai 2016, conduit après des patients adhérents de l’association ; Sondage Louis Harris** (« Handicapés & compétents », 2003) ; ***Guide pratique « Les stéréotypes sur les personnes handicapées en entreprise. Comprendre et agir dans l'entreprise ». Agefiph, IMS-Entreprendre pour la cité ; ****http://depasser-son-handicap.fr/ En savoir plus : Sondage Ipsos "Handicap & entreprise" 2014. https://www.handicapinfos.com/telechargement/Handicap-entreprises-10.12.14.pdf Hélène Joubert, d’après les entretiens avec le Dr Frédéric Le Guillou et Madame Marie Delenne.

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Cybersécurité : un mot de passe sécurisé obéit à des règles bien précises

Le Web est désormais truffé de protections au point qu’il est impossible d’accéder à une multitude de services sans un laissez-passer : le mot de passe ! Voici quelques astuces pour en concevoir des difficiles à pirater. Attention aux cambriolages virtuels Le vol de mot de passe est le plus fréquent des actes de cybercriminalité (14 %), devant la fraude à la carte de crédit. D'après un rapport annuel commandé par une société dans le domaine de la sécurité informatique, paru en novembre 2017*, la France pointe en deuxième place des pays ayant connu le plus grand nombre de vol d'identifiants en 2016, derrière les Etats-Unis mais devant la Russie, avec 85,3 millions d'identifiants volés contre respectivement 791,8 et 83,5. 7 conseils pour un mot de passe difficile à « craquer » Voici les commandements à respecter pour limiter les risques de vol d’identifiant : User et abuser des majuscules et minuscules, du point-virgule, du point d'interrogation, des chiffres... Les logiciels des pirates informatiques testent automatiquement toutes les combinaisons imaginables. Les experts estiment qu’un bon mot de passe combine au moins 12 caractères et 4 types différents : des minuscules, des majuscules, des chiffres et des caractères spéciaux. Eviter le piège du mot de passe unique. Un compte = un mot de passe. Le mot de passe doit être déconnecté de la vie privée : ni année ni lieu de naissance ou noms des enfants. Le maître mot est « aléatoire ». Changer régulièrement ses codes d’accès, même si cela met la mémoire à rude épreuve. Si l’imagination fait définitivement défaut, il est possible de recourir aux générateurs automatiques de mot de passe. Il en existe de nombreux dont celui de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) (https://www.cnil.fr/fr/generer-un-mot-de-passe-solide). Un mot de passe se retient et ne s’écrit pas, ni sur un post-it, ni dans le dossier Notes du Smartphone, ni dans les mails de la messagerie. Il ne doit être communiqué à personne et, bien entendu, jamais transféré par mail. Accepter volontiers la double authentification. Le fait d’entrer son mot de passe déclenche l’envoi d’un mail sur l’adresse courriel indiqué ou d’un SMS sur le numéro de téléphone, qui demande à son tour de valider la demande de connexion, voire d’entrer un second mot de passe.   Un bon mot de passe, c’est aussi savoir s’en souvenir ! Plus le mot de passe est complexe, plus il est inviolable. Le revers de la médaille est la difficulté pour l’utilisateur de se le remémorer. Pour limiter les pertes de mémoire, il faut alors miser sur la logique. Par exemple en convertissant une phrase en mot de passe composé des premières lettres de chaque mot, en y ajoutant un nombre à la fin. Selon la Cnil, pour un mot de passe de douze caractères ou plus, la phrase doit contenir au moins un nombre, une majuscule, un signe de ponctuation ou un caractère spécial (dollar, dièse, ...) et une douzaine de mots.Le choix de la phonétique, telle un rébus, peut aussi s’avérer judicieux. Une autre solution est de faire confiance à un gestionnaire de mots de passe. Il constitue une base de données de votre collection de mots de passe, le tout étant chiffré par un unique mot de passe, qui conditionne l’accès à tous les autres. L’avantage est de pouvoir alors employer des mots de passe très complexes puisque l’utilisateur n’aura pas à faire l’effort de les retenir ; l’ordinateur s’en chargera.Ces gestionnaires de mots de passe sont multiples. Parmi eux, Keepass, dont la sécurité a été évaluée par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI). La démonstration vidéo de la CNIL pour s’en servir est disponible à cette adresse : https://www.cnil.fr/fr/les-conseils-de-la-cnil-pour-un-bon-mot-de-passe D’autres solutions existent. Avec l’arrivée du système d’exploitation iOS 12, les utilisateurs ont accès à plusieurs nouvelles fonctionnalités, dont l’intégration de gestionnaires de mots de passe, proposant automatiquement des mots de passe complexes. Hélène Joubert, journaliste *https://www.symantec.com/content/dam/symantec/docs/reports/istr-22-2017-en.pdf

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L’intelligence artificielle au service de la santé

Le monde de la santé entre de plain-pied dans l’ère de l’intelligence artificielle ou « IA » comme elle est de plus en plus couramment appelée. Voici cinq usages de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé. Lorsque les machines imitent une forme d'intelligence réelle L’intelligence artificielle a vu le jour dès 1950. Elle cherche à reproduire le fonctionnement du cerveau humain, ou du moins sa logique (facultés cognitives), lorsqu’il s’agit de prendre des décisions. Si sa définition n’est toujours pas consensuelle, ses perspectives dans le domaine de la santé sont immenses. Dans le domaine de la santé, le transport, la défense et l’environnement, les géants de l’informatique -Google à Microsoft Apple, IBM ou Facebook et Amazon- sont déjà bien avancés dans les potentialités et les problématiques de l’intelligence artificielle, en créant notamment des réseaux de neurones artificiels constitués de serveurs, pouvant réaliser des calculs astronomiques au sein de gigantesques bases de données. Avec l’explosion de la puissance de calcul des machines, l’IA est devenue un enjeu scientifique crucial depuis une dizaine d’années à peine. L'Etat français vient d’ailleurs d'accorder une aide de 1,5 milliard d'euros pour développer l'intelligence artificielle. Le gros potentiel de l’IA en santé D'ici à 2024, l'IA pourrait investir le secteur médical dans son ensemble et « son développement en santé sera d'autant plus rapide que, dans ce domaine, la production de données nouvelles est particulièrement abondante », écrit le rapporteur Luc Pierron dans une étude remise à la mission du député Cédric Villani auprès du président Emmanuel Macron en mars dernier*. Alors, incontournable l’IA ? En effet, en santé, les fantastiques volumes de données en tous genres (bilans biologiques et génomiques, imageries, antécédents familiaux et personnels etc.)** requiert désormais des programmes et des algorithmes de traitement de plus en plus complexes. Les 5 applications de l’IA en santé : Améliorer le diagnostic. A partir des masses de données amassées au fil des ans sur de très larges cohortes d’individus, l’IA en extrait des facteurs de risques vis-à-vis de certaines maladies (diabète, cancer, démences etc.). Un outil essentiel aussi pour affiner le diagnostic et le pronostic d’une maladie en prenant en compte de multiples paramètres individuels mais pas uniquement. L’IA est en train de devenir une aide essentielle au diagnostic. Certains programmes d’IA permettent déjà de repérer des anomalies sur des électrocardiogrammes, traitent des imageries (radiographies, IRM etc.) ou encore se convertissent en médecins virtuels qui analysent les centaines de données d’un même patient à la fois pour porter ou orienter le médecin vers un diagnostic. L’IA n’est pas censée remplacer le médecin, qui réalise l’examen clinique, mais se veut un outil supplémentaire. Exemple : un article paru dans une grande revue de cancérologie * vient de montrer qu’un programme de IA (un réseau neuronal convolutif, entraîné grâce à l’assimilation de 100 000 images de lésions de la peau et grains de beauté, et qui apprend par lui-même : « deep learning ») a obtenu 95% de bonnes réponses contre 89% pour les médecins (58 spécialistes de 17 pays) en observant 100 photos de taches suspectes de mélanome. De plus, l’ordinateur a moins souvent confondu des grains de beauté bénins avec un mélanome, d’où moins de chirurgies inutiles. Mais prédire la survenue de maladies et leur évolution reste le grand espoir de l’IA. Des systèmes prédictifs sont élaborés et perfectionnés, qui ne peuvent être conçus sans la constitution des banques de données de santé des individus à large échelle : on entre dans l’ère du « Big Data ». Le traitement au plus juste. L’exploitation des Big Data à l’aide des algorithmes surpuissants peut être une aide à la décision thérapeutique, utile pour sélectionner le traitement adéquat (médicaments, greffe, chirurgie bariatrique etc.) en fonction des propres paramètres de santé du malade mais aussi, par exemple, de l’étude du génome de ses cellules cancéreuses ou de ses chances de survie en fonction du type de traitement etc. Accélérer la recherche sur de nouveaux traitements en affinant la sélection de patients pouvant être inclus dans les cohortes des essais cliniques etc. Suivre les patients en temps réel et améliorer la prise en charge. L’étape ultime sera d’exploiter des agents d’intelligence artificielle pour aider le professionnel de santé à intégrer plus rapidement les informations de dossiers de patients volumineux et complexes en lien avec les recommandations des sociétés savantes, lesquelles deviennent de plus en plus difficiles à appréhender sur des pathologies multiples, comme c’est le cas chez des patients qui souffrent de plusieurs pathologies. L’IA pourra favoriser la prise en charge du patient en favorisant les connexions entre les acteurs de santé en particulier mais aussi les modes de prise en charge tel que l’ambulatoire par exemple. Ceci est en train de se développer actuellement à l’aide de chatbots ou "robots conversationnels" faisant appel à l’intelligence artificielle afin de dialoguer avec les patients en pré et postopératoire par le biais d’un service de conversations automatisées, effectuées en langage naturel. Il engage une conversation par SMS sur téléphone mobile, individualise ses conseils et détecte les patients qui nécessitent une intervention de l’équipe médicale. Contribuer à la pharmacovigilance (repérage des effets indésirables). C’est toujours grâce à l’analyse d’un nombre considérable de données provenant des cohortes de patients mais aussi des bases médico-économiques (Assurance maladie, délivrances en officine ou pharmacies hospitalières etc.) qu’il sera possible de faire émerger des liens potentiels entre une prescription et un évènement indésirable. Ce qui ne dispense pas les médecins de déclarer tout événement suspect. A une échelle encore plus vaste car incluant d’autres registres de données (publications officielles, données émanant des transports aériens, des ventes de médicaments, des notifications sur internet etc.), l’IA sera en mesure de repérer une épidémie de façon précoce et de la suivre en temps réel. Un risque pour les libertés individuelles ? La sécurité des big data en santé est l’élément majeur lié au développement de l’intelligence artificielle, gage de protection vis-à-vis du secret médical, mais aussi du risque d’intrusion dans la vie privée, du fait d’une surveillance parfois même justifiée avec le but louable de protéger la santé de la personne à son domicile. Selon Cédric Villani, contrairement aux États-Unis, la France et l’Europe sont plus protectrices des data de santé et plus conscientes des risques. La réglementation française est même l'une des plus rigoureuses au monde. Néanmoins, les spécialistes ne sont pas tous convaincus par les techniques actuelles pour anonymiser les données de santé. Des solutions sont en cours de développement qui ne capturent pas les data comme le font les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) dans l’objectif de réduire le risque de hacking (piratage). La réflexion doit aussi inclure la question éthique suivante : que faut-il déléguer à l’IA parmi les diagnostics médicaux et les options thérapeutiques ? De plus, le rapport Villani met le doigt sur un autre problème complexe : avant d'envisager le déploiement massif des programmes d’IA dans un contexte médical, il sera nécessaire de clarifier le régime de responsabilité médicale en cas d'erreur. * https://academic.oup.com/annonc/advance-article/doi/10.1093/annonc/mdy166/5004443 ** Déjà 260 bases de données publiques en santé recensées par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) Hélène Joubert, journaliste

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Conditions de travail : on se détend !

La dernière édition de la série des enquêtes nationales « Conditions de travail » menées depuis 1978 en France révèle une bonne et une mauvaise nouvelle : l’ambiance de travail est moins tendue et la charge mentale a régressé entre 2013 et 2016 chez les salariés français, mais en parallèle, leur autonomie accuse un certain recul. Une ambiance de travail moins tendue L’agence Santé Publique France vient de publier le 22 mai 2018 une étude qu’elle réitère régulièrement : « Enquête Conditions de travail et risques psychosociaux 2016 » (1). Celle-ci est le produit d’entretiens en face à face entre octobre 2015 et juin 2016 de 21 000 salariés, représentatifs de 22,8 millions de salariés français. Selon l’enquête, le nombre de salariés signalant des comportements hostiles dans leur milieu de travail est en recul (en 2016, 30% des salariés contre 37% en 2013)*, tout comme l’exposition à un manque de reconnaissance ou à des conflits éthiques. La baisse des changements organisationnels observée entre 2013 et 2016 (fin du cycle de la diffusion de l’informatisation en particulier) peut expliquer, au moins en partie, la relative stabilisation de l’intensification du travail et le recul des violences morales au travail. Il est possible que le recul global de ces risques résulte d’une plus grande attention des managers et des salariés aux conflits interpersonnels au travail, dans le cadre d’une sensibilisation médiatique et politique au harcèlement moral et aux risques psychosociaux. Le Plan santé travail n°3 (2015-2019) et l’accord national interprofessionnel sur la Qualité de vie au travail (2013) y seraient donc pour beaucoup. Toutefois, une autre explication potentielle existe : cela pourrait être lié au fait que les salariés s’habituent à une certaine dégradation des conditions objectives de travail ; une « soutenabilité forcée » qui permettrait d’« accepter » ces nouvelles conditions de travail dégradées. Déjà situées à un niveau élevé, les possibilités d’entraide et de coopération demeurent stables. Après une hausse de leur fréquence entre 2005 et 2013, les tensions dans les rapports avec les collègues ou le supérieur hiérarchique se sont stabilisées entre 2013 et 2016. Le sentiment de reconnaissance s’est amélioré : les salariés étaient moins nombreux en 2016 (24%) qu’en 2013 (29%) à estimer que leur travail n’est pas reconnu à sa juste valeur. Une charge mentale en baisse Après l’augmentation observée entre 2005 et 2013, l’exposition aux contraintes de rythme de travail s’est stabilisée à un niveau élevé : en 2016 comme en 2013, 35% des salariés subissaient au moins trois contraintes de rythme de travail parmi sept énoncées (rester longtemps debout, porter des charges, subir des secousses etc.) Les contraintes de vigilance continuent pour leur part de s’accroître : en 2016, 43% des salariés déclaraient ne pas pouvoir quitter leur travail des yeux. Corolaire à la stabilisation de l’intensité du travail, la charge mentale régresse. En 2016, 44% des salariés déclaraient « devoir penser à trop de choses à la fois » contre 49% en 2013. Enfin, 31% des salariés déclaraient travailler sous pression, alors qu’ils étaient 36% en 2013. Des marges de manœuvre en recul Parallèlement à la montée des normes et standards, l’autonomie et les marges de manœuvre des salariés (« choisir eux-mêmes la façon d’atteindre les objectifs fixés », « ne pas avoir de délais ou à pouvoir faire varier les délais fixés ») ont poursuivi le déclin entamé depuis 1998, chez toutes les catégories socioprofessionnelles et surtout chez les femmes. Détendre l’ambiance au travail grâce au management bienveillant Entre 2013 et 2014, le pourcentage de collaborateurs démotivés a augmenté de 12%, passant de 40% à 52%. Et seuls 20% des Français considèrent que le travail est un plaisir, quand 62% estiment qu’il est une contrainte, une routine ou, au mieux, une « sécurité ». (2) Pour améliorer leur manière de gérer leurs collaborateurs, de plus en plus de managers s’intéressent au « management bienveillant », qui n’a rien de naïf ou de paternaliste, mais est un management de proximité beaucoup plus impliquant pour l’organisation et l’humain. Il suppose à la fois vision à long terme et culture d’entreprise. Le principe de ce que les anglophones nomment pour leur part le « care » (prendre soin littéralement) est de porter considération et d’assurer le respect et leur dignité aux salariés. Loin de signifier une gestion des ressources humaines a minima, son objectif est de bannir toute forme de mépris, de pratiques discriminatoires. Le management bienveillant conduit à prévenir les risques psycho-sociaux, la perte de sens, le blocage des horizons professionnels mais aussi la routine. Cela passe par l’écoute des collaborateurs, la possibilité qu’ils s’expriment, la facilitation de la coopération mais aussi l’accès à l’information et leur inclusion dans la prise des décisions. Pour exemple, certains groupes éditent des chartes, rappelant aux managers les « bons » comportements à adopter (respect, amabilité etc.), d’autres instaurent des consultations gratuites et anonymes dédiées aux risques psycho-sociaux. Mais c’est aussi faire de la politesse un réflexe, programmer des réunions à des horaires décents, proposer des cours de méditation, créer un gymnase ou une salle de repos aménagée, une crèche, une conciergerie etc. Entrer dans une démarche de management bienveillant est un signal fort envoyé aux salariés. Des labels sont même nés de cette mouvance managériale comme « Happy at Work » ou « Great places to work », décernés en fonction du vote des salariés. In fine, le bien-être des salariés et leur santé est gage d’efficacité, de créativité, de productivité et de ce fait de rentabilité pour l’entreprise, essentiel pour limiter l’absentéisme, les arrêts maladie, les dépressions, les départs des salariés etc. et pour soigner l’image de l’entreprise à l’extérieur. Hélène Schetting, Coach certifiée HEC Paris et professeur de management dans l’Enseignement Supérieur (3) : « Les six bonnes pratiques à l’usage du manager bienveillant sont l’écoute active et l’empathie, avoir confiance et se remettre en question, responsabiliser ses équipes et les autonomiser, valoriser, féliciter et célébrer, avoir le droit à l’erreur pour soi et ses collaborateurs et l’élégance du discours. Cela signifie qu’il n’y a aucune obligation de tacler ou d’allumer pour être respecté. La qualité de la communication doit être parfaite et soignée ( y compris la gestuelle) en parlant à un tiers, sans jugement et sans reproche ». * Etre la cible de propos blessants, être ridiculisé en public ou ignoré, voir son travail injustement critiqué ou saboté, devoir effectuer des tâches inutiles ou dégradantes, subir des propositions à caractère sexuel, etc. Références : (1) Les résultats de l’enquête CT-RPS 2016 sont disponibles à cette adresse : http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2018/12-13/2018_12-13_2.html ; (2) Le management bienveillant, par le Docteur Philippe Rodet et Yves Desjacques aux Editions Eyrolles ; (3) https://www.forbes.fr/management/comment-devenir-un-manager-bienveillant/ Hélène Joubert, journaliste

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Les Millennials, un rapport particulier au travail

Les Millennials, c’est-à-dire les 20-30 ans ont un rapport différent au travail et au monde de l’entreprise que leurs aînés, confiants en l’avenir et ayant intégré le terme de « flexi-sécurité ». Mais ils sont aussi demandeurs de plus de retour sur leur travail. Regard de cette génération « Y » sur le monde de l’emploi. La vie de famille d’abord ! Une enquête conduite auprès des actifs entre 20 et 30 ans* nous éclaire sur les aspirations de vie, professionnelles ou non, des Millennials. Pour eux, plus conscients de leur propre équilibre travail-vie privée, le temps passé en famille constitue le principal ressort de la vie, loin devant le travail et les amis ou encore l’argent. Néanmoins, pour 93 % des 20-30 ans actifs, la raison de travailler est avant tout de percevoir un revenu. Ensuite, ex aequo, sont avancés l’épanouissement personnel, la réalisation de soi et le développement des compétences. Une carrière non linéaire, un paramètre bien intégré par la génération Y Une approche naturelle pour cette génération est qu’il faut apprendre à apprendre. La clé d’adaptation permanente sera de développer ses compétences pour améliorer son employabilité, à défaut d’avoir un emploi garanti. Pour eux, l’évolution permanente, l’impossibilité de prévoir un plan de carrière, les changements de postes et d’orientation professionnelle inévitables… sont des données de départ, non perçues comme des problèmes. Ils adhérent à 68% au concept de flexisécurité, qui traduit le fait de concilier la flexibilité du travail recherchée par les entreprises et la sécurité professionnelle attendue par les salariés. Oui aux managers « animateurs » L’expertise « métier » du manager est reléguée au second plan derrière des capacités d’empathie, d’écoute, de leadership, d’humanité... des qualités humaines et relationnelles essentielles aux yeux des Milleniums. Par ailleurs, ils sont surtout réceptifs aux discours d’entreprise sincères, pragmatiques, tenant à distance les discours policés et la communication d’entreprise trop travaillée. Vis-à-vis des exigences de compétitivité actuels, la génération Y tend à être plus promotrice que détractrice de son entreprise. Loyal plutôt que fidèle Les salariés de la génération Y ont globalement une appréciation positive de leur job (58 %). Ce qui n’empêche pas près d’un sur deux d’être prêt à quitter son entreprise d’ici trois ans. Ils ne sont pas forcements des « zappeurs » proactifs comme on peut l’entendre, mais simplement prêts à saisir toutes les occasions. Au-delà d’une belle opportunité de carrière, s’ils sont disposés à quitter leur entreprise, c’est avant tout à la recherche d’un meilleur management (17 %), d’une meilleure ambiance de travail (16 %) et pourquoi pas afin de créer leur propre activité (14 %). Enfin, cette génération ne boude pas la promotion managériale, une idée reçue : 42 % des 20-30 ans actifs aspirent à endosser des responsabilités d’encadrement dans les trois ans et 30 % à évoluer dans leur métier. Une demande de feedbacks réguliers A l’instar d’autres travaux, de cette enquête ressort aussi la demande plus soutenue et régulière de retour sur leur travail, bousculant l’entretien annuel. Les Millenials veulent une communication simplifiée, franche, sans attendre l’évaluation annuelle, dépassée. De nombreuses entreprises l’ont bien compris et incitent leurs managers, qui appartiennent le plus souvent à la génération X , à des feedbacks en temps réel. Un point positif aussi vis-à-vis de l’entreprise, évitant l’autosatisfaction et privilégiant le mérite plutôt que la hiérarchie. *Enquête 2017 « les Millennials et le travail : l’entreprise au défi » pour CEGOS. Avril 2017. Hélène Joubert, journaliste

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Entrepreneurs, agissez contre les risques psychosociaux

Plus qu’un phénomène de mode, l’épuisement professionnel ou burn-out est bien une réalité, en rapport avec la mondialisation et les contraintes économiques de notre société. Il n’est que l’une des composantes des « risques psychosociaux ». En effet, stress, harcèlement, agression, burnout… les risques psychosociaux – souvent imbriqués - prennent diverses formes. Ne pas s’en préoccuper rejaillit à la fois sur la santé des salariés mais aussi le bon fonctionnement de l’entreprise. Entrepreneurs, comment agir au quotidien ? La progression du burnout en milieu de travail De façon générale, le nombre de maladies professionnelles psychiques reconnues en France a été multiplié par sept entre 2012 et 2016, passant de 82 à 563. Ces chiffres proviennent du rapport 2017 de l’Académie nationale de médecine (1). Les risques psychosociaux correspondent à des situations de travail où sont présents, combinés ou non, du stress, des violences internes (harcèlement moral ou sexuel, conflits exacerbés) et des violences externes commises sur des salariés (insultes, menaces, agressions…). Pr Alain Chamoux, chef du service de médecine du travail au CHU de Clermont-Ferrand et rapporteur du rapport de l’Académie nationale de médecine (2017) : « L’identification des risques psychosociaux n’est pas simple. Malgré les difficultés liées à l’absence de cadre nosologique, le réseau national de vigilance et de prévention des maladies professionnelles parvient à identifier sous le classement « surmenage » les cas apparentés à cette description. Dans notre expérience, ils représenteraient 23% des consultants pour un motif psychologique. Ils répondent à certaines expositions telles que les changements d’organisation, la surcharge de travail ressentie, les modalités particulières de management, l’inadéquation des moyens et des objectifs et les activités demandant une attention soutenue ». Prévenir le stress chronique L’intensification du travail, l’individualisation des objectifs, les nouvelles formes de management concourent à la perte du collectif de travail. La rapidité de ces changements n’offre pas toujours le temps d’adaptation nécessaire aux opérateurs. C’est pourquoi ces mutations nécessitent préparation, concertation et accompagnement. Outre la prévention primaire, l’information, le repérage et la prise en charge de ces patients relèvent de la santé au travail mais également de l’ensemble des acteurs. Pr Alain Chamoux : « Les formes d’expression des risques psychosociaux sont généralement des états anxieux ou dépressifs faisant suite à une période de stress chronique de trois à six mois. Le mécanisme est donc celui du stress chronique avec dépassement du seuil de fatigue pour une raison légitime aux yeux de la victime. Le stress résulte du déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes de son environnement de travail et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ». Entrepreneurs, 9 conseils pour agir contre les risques psychosociaux Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en France, 47 % des actifs occupés déclarent devoir toujours ou souvent se dépêcher (2). 27 % disent ne pas pouvoir régler par eux-mêmes les incidents. Indépendamment de leurs effets sur la santé des individus (maladies cardio-vasculaires, troubles musculosquelettiques, troubles anxiodépressifs, épuisement professionnel, suicide), les risques psychosociaux ont un impact sur le fonctionnement des entreprises (absentéisme, turnover, ambiance de travail…). L’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) a identifié plusieurs leviers sur lesquels les entrepreneurs peuvent agir contre les risques psychosociaux, ceux-ci pouvant être induits par l’activité elle-même ou générés par l’organisation et les relations de travail : - Evaluez la charge de travail. C’est une démarche fondamentale pour endiguer le stress généré par l’inadéquation entre la tâche demandée et les moyens notamment en termes de temps mis à disposition du salarié. -Donnez de l’autonomie à vos salariés. Il s’agit de la possibilité d’être acteur dans son travail. Elle rejoint la notion de « latitude décisionnelle » et inclut non seulement les marges de manœuvre c’est-à-dire la possibilité pour le travailleur de s’auto-organiser dans son travail, mais également la participation aux décisions qui concernent directement son activité ainsi que l’utilisation et le développement de ses compétences. -Soutenez vos collaborateurs. L’aide et la reconnaissance du travail fournis par la hiérarchie – mais aussi les collègues - est un élément clé du bien-être des salariés. -Témoignez de la reconnaissance. Pour information, 33 % des salariés disent ne pas éprouver la fierté du travail bien fait (2). -Donnez du sens au travail. L’existence d’objectifs irréalistes ou flous, l’exigence d’une polyvalence non maîtrisée ou encore les instructions contradictoires sont très souvent pointés. Il ne faut pas non plus sous-estimer les conflits de valeurs. Par exemple : faire un travail que l’on juge inutile, vendre un crédit à des personnes à très faibles revenus, faire la promotion d’une méthode que l’on sait inefficace, etc. -Agissez face aux agressions externes. Dans l’exercice de leur travail, les salariés sont parfois soumis à des insultes, menaces voire même des agressions. Le chef d’entreprise doit s’en soucier et établir des mesures pour les éviter et protéger le salarié. -Communiquez sur les changements. -Facilitez la conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Les longues journées de travail, le travail en horaires atypiques, l’imprévisibilité des horaires de travail… sont des facteurs majeurs de risque psychosociaux. Le dialogue permet souvent d’aboutir à un compromis (télétravail partiel, horaires aménagés etc.). -Bannissez toute forme de violence. Par exemple, les conflits exacerbés sont fréquemment retrouvés. 36 % des salariés signalent avoir subi au moins un comportement hostile dans le cadre de leur travail au cours des 12 derniers mois. Sources : (1) Alain CHAMOUX, Audrey VILMANT. Considérations sur le burnout en milieu de travail. Rapport de l’Académie nationale de médecine (2017) ; (2) Enquête Conditions de travail 2013 par l’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles Hélène Joubert, journaliste

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Le handicap en entreprise, un faux problème

Au cours de sa vie, une personne sur deux connaîtra une situation de handicap, ponctuelle ou définitive. Ce que l’on sait encore moins est que 80 % des travailleurs handicapés n’ont besoin d’aucun aménagement de poste. Pourtant, l’emploi des personnes handicapées reste insuffisant, un sujet où les stéréotypes sont encore bien enracinés. Entrepreneur : « osez le handicap ! ». Salariés : « osez déclarer votre handicap ». Qu’est-ce que le handicap ? La définition du handicap au regard de la loi du 11 février 2005 fait référence : « constitue un handicap toute limitation d’activité ou restrictions de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne, en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive, d’une ou de plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ». Il existe cinq familles de handicap : 46% des handicaps ont trait à une déficience motrice, c’est-à-dire une atteinte de la mobilité des membres supérieurs et/ou inférieurs, quelle qu'en soit la cause. 25% des handicaps sont liés à une maladie invalidante, respiratoire, digestive, parasitaire, infectieuse (diabète, hémophilie, sida, cancer, hyperthyroïdie etc.). 8% résultent d’une déficience sensorielle, auditive et/ou visuelle (surdité partielle ou sévère, malvoyance, cécité…). 12% sont des troubles psychiques (troubles dépressifs graves, burn out, état psychotique ou névrotique). 9% sont des handicaps variés (déficience intellectuelle, trouble cognitif/trouble mental qui affecte la mémoire). Loin des 6% de travailleurs handicapés fixés par la Loi Trente ans après la loi (1987) * qui, pour la première fois, a fixé l’obligation d’emploi pour les travailleurs handicapés, le constat est mitigé. 2,7 millions de personnes ont une reconnaissance administrative de leur handicap (« Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé » ou RQTH), soit 7% de la population active. Or, le nombre de travailleurs handicapés en emploi atteint un million en 2017 et le taux de chômage des personnes reconnues handicapées n’a cessé de croître, jusqu’à 19 % en 2017, deux fois supérieur à celui de l'ensemble des actifs (10%). 48 % des chômeurs handicapées ont 50 ans ou plus, contre 25 % pour l’ensemble de la population active. Par ailleurs, la représentation sociale du handicap reste négative**. Les stéréotypes et les préjugés concernent encore aujourd’hui tous les aspects du handicap : les personnes handicapées sont perçues comme motivées, déterminées et sympathiques mais fragiles et lentes voire tristes et perturbées. Dans l’esprit du grand public, le handicap se résume au fauteuil roulant. Il est cependant loin d’être la norme : le fauteuil roulant est indispensable chez seulement 2% des personnes handicapées qui travaillent. 85 % des handicaps sont invisibles. Handicap au travail, les espoirs sont permis Il y a cependant de quoi être confiant. La vision change dans le grand public : 80 % des salariés ayant un collègue handicapé n’ont pas constaté de surcharge de travail. 82 % d’entre eux le perçoivent comme aussi performant (source Louis Harris). Par ailleurs, de moins en moins d’entreprises choisissent de subir la sanction pour éviter d’avoir à employer des personnes handicapées. Selon la Loi, les entreprises privées de 20 salariés et plus devraient compter 6 % de personnes en situation de handicap dans leurs effectifs, sauf à payer une « contribution » à l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph) ou le Fonds pour l'Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction publique (Fiphfp). En dix ans, le nombre d’établissements ayant dû verser une « contribution » a baissé de 28 %. De plus, la part des groupes qui ne mettent aucune action en place (plan, accord, emploi) était de 8 % en 2014, soit trois fois moins qu’en 2006. Sonia Mouihi, Chargée Mission Diversité Handicap pour le Groupe Synergie : « J’exerce mon métier depuis fin 2004 et la loi du 11 février 2005 a été celle qui a réellement impulsé une dynamique pour l’emploi des travailleurs handicapés, en durcissant les pénalités financières. Cet intérêt nouveau s’est, en premier lieu, fait ressentir auprès des grands groupes qui ont rapidement élaboré de nouvelles solutions afin d’employer des collaborateurs handicapés. Le recrutement direct n’était pas simple, des professionnels du recrutement dédiés au handicap, parfois en interne, ont vu le jour. Les chargés de mission ont été plus nombreux, notamment pour le maintien dans l’emploi des personnes handicapées car ce problème est le plus prégnant (aménagement du poste, formation des collaborateurs en situation de handicap, sensibilisation des collectifs de travail). Aujourd’hui, l’enjeu se concentre au niveau des PME (Petites et Moyennes Entreprises) qui n’ont pas toujours les moyens de se doter d’outils spécifiques ». Déclarer son handicap, pas si facile Les entreprises ont, en interne, de nombreuses personnes en situation de handicap qui n’osent pas le révéler. La crainte de perdre son emploi ou de freiner son évolution professionnelle joue probablement pour beaucoup. Il n’y a aucune obligation légale pour un salarié titulaire de déclarer son handicap à son employeur. Mais, selon l’Agefiph, depuis plusieurs années, de plus en plus de salariés sautent le pas. Sonia Mouihi : « J’organise régulièrement des actions de sensibilisation auprès des collaborateurs des entreprises que j’accompagne (collectifs de travail, managers, etc…) ce qui me donne l’opportunité de rencontrer des salariés handicapés qui hésitent parfois à se déclarer. Le message que je souhaite transmettre est très simple : ce n’est pas le handicap qui définit une personne mais ses compétences. Déclarer sa situation de handicap, c’est devenir acteur de sa vie professionnelle en se donnant les moyens d’exercer efficacement et sereinement son activité sans devoir compenser - seul - sa situation de handicap ce qui, à terme, pourrait aboutir à une inaptitude professionnelle. Evoquer sa situation de handicap est la voie la plus efficace pour sécuriser son emploi et son avenir professionnel. Cela permet en effet à l’employeur de mettre en œuvre les aménagements de postes nécessaires, d’élaborer un parcours de formation personnalisé, etc… » Créer les compétences pour mieux intégrer le handicap La question de la formation est centrale. Seuls 27 % des personnes handicapées qui travaillent ont un niveau d’études supérieur ou égal au bac, contre 45 % pour l’ensemble des publics. Cela s’explique notamment par le fait qu’une grande partie des accidents du travail ou des problèmes de santé conduisant à la reconnaissance d’un handicap surviennent pour des postes peu qualifiés et extrêmement physiques. C’est bien souvent la double peine pour ces personnes, qui ont un faible niveau d’étude et déjà un certain âge. Sonia Mouihi : « Le déficit de formation des chercheurs d’emploi handicapés est le principal frein d’accès à l’emploi. Dans le même temps, de nombreuses entreprises souhaitent recruter des travailleurs handicapés et n’y parviennent pas, faute de profils qualifiés. Face à ce constat, je pense que les entreprises doivent s’adapter aux spécificités de ce marché (travailleurs handicapés) et modifier leurs approches. Nous ne parvenons pas à trouver les profils, alors créons-les ! Recrutons autrement, non plus en fonction d’un niveau d’études ou d’une qualification mais à partir du « savoir-être » attendu. Identifions et valorisons les compétences transverses et formons les candidats à nos métiers. J’accompagne quotidiennement les entreprises dans le déploiement de leurs politiques d’Emploi & Handicap et, au cours de ces deux dernières années, nous avons été amenés à monter plusieurs dispositifs de formation tels que des Classes de Professionnalisation sur des métiers très divers tels que : chargé de Recrutement, vendeur en prêt-à-porter et même chauffeur routier et cela fonctionne. Bien plus qu’une démarche citoyenne et engagée de la part de l’entreprise, la formation professionnelle est pour l’employeur et le travailleur handicapé un partenariat gagnant-gagnant ». Merci à Sonia Mouihi, Chargée Mission Diversité Handicap pour le Groupe Synergie. Synergie, 1er groupe français indépendant de services RH (intérim, recrutement, formation, conseil) est un acteur connu en matière d’emploi et d’insertion professionnelle des personnes handicapées. Sources : *article L5212-1 à 5 du code du travail) ; ** Guide pratique « Les stéréotypes sur les personnes handicapées en entreprise. Comprendre et agir dans l'entreprise ». Agefiph, IMS-Entreprendre pour la cité ; Chiffres 2017 Insee, Agefiph et Fiphfp Hélène Joubert, journaliste

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Santé au travail : assis ou debout ?

Travailler devant un écran d'ordinateur est devenu la règle pour une grande partie des travailleurs. Or, rester assis à son bureau tout au long de la journée est particulièrement néfaste pour la santé. La solution, se lever souvent et pourquoi pas, travailler avec un plan de travail en hauteur. Plus facile à dire qu’à faire ? Position assise prolongée : quel est le risque ? Globalement, les études scientifiques convergent et les chiffres implacables. Rester assis huit heures par jour augmenterait les chances de décès prématuré de 15% et de 40% au-delà de 11 heures. Le calcul est vite fait selon les chercheurs : après une décennie à travailler à un bureau, ce sont sept années en moins d’espérance de vie. Cette sédentarité au travail accroît le risque de diabète, d'obésité, de cancer, de mal au dos et de fatigue chronique. Selon une publication scientifique de 2015 rassemblant les études parues sur le sujet, ceux qui passent le plus de temps assis ont un risque de développer un diabète de 90% plus élevé que ceux qui sont assis le moins longtemps, une probabilité de mourir de maladie cardiaque ou de cancer de 18% plus élevée et 24% plus de chances de décéder (1). De plus, une autre étude conduite chez des femmes souligne que celles restées assises plus de sept heures par jour présentent 47% de risques en plus de développer des symptômes dépressifs comparées à celles qui ont passé quatre heures ou moins assises.Une autre étude a même évalué la combinaison de la position assise des heures durant et le fait de ne pas pratiquer d’activité physique. Bilan, c’est la plus mauvaise des attitudes. Comparativement aux personnes qui passent quotidiennement moins de quatre heures quotidiennes en position assise et pratiquent une activité physique intensive (> 35,5 MET-heure/semaine), ceux qui sont assis plus de 8 h/jour et réalisent une activité physique très limitée (< 2,5 Met-heure/semaine, sédentarité) ont, à terme, un risque de mortalité augmenté de 60%. Quels moyens simples pour ne pas rester assis trop longtemps au bureau Outre-Atlantique, le National Insitutes of Health (3) a quantifié le nombre d’heures passé assis en moyenne par un adulte américain : 7,7 heures. Ce qui a fait dire à l’American Medical Association qu’il fallait revoir notre manière de s’assoir, en exploitant les sièges « ballons » et les postes de travail en hauteur (4). Pour contrer la position assise, les idées ne manquent pas. Des chercheurs se sont posé la question « Comment réduire le temps passé assis ? ». Pour cela ils ont pris une par une les stratégies de changement de comportement utilisées dans les interventions de réduction de la sédentarité chez les adultes et publiées dans des revues médicales internationales (5). 23 interventions leur ont semblé prometteuses, fondées sur la restructuration de l’environnement de travail, la persuasion ou l'éducation. Ils ont relevé par exemple, des postes de travail où l’on peut rester debout, le fait de programmer une alerte lorsqu’un certain laps temps passé assis est dépassé ou encore l’installation de bureaux à pédales pour réduire l’inactivité.D’ores et déjà voici quelques pistes : S’obliger à réaliser des pauses toutes les 45 minutes. Passer ce temps de pause en position debout. Organiser des réunions debout. Réfléchir sur un sujet en restant debout et encore mieux, en marchant. Varier les positions assises. S’étirer régulièrement au long de la journée. Choisir un bureau ajustable, permettant à la fois de travailler assis ou debout. Pour une ergonomie correcte de travail sur un bureau en hauteur, l’écran doit être à la bonne hauteur en maintenant la tête droite et les bras perpendiculaires au corps.   A quand les Français fans du travail en position debout ? Il est grand temps de tomber de sa chaise. Les recommandations médicales britanniques préconisent aux salariés de rester au moins deux heures de leur temps de travail debout. Aux Etats-Unis, le commerce de bureaux surélevés est en plein essor. Mais ce sont les pays nordiques les premiers à avoir franchi le pas. Les postes de travail modulables, c’est à dire qui permettent les deux positions, assises et debout, s’implantent réellement dans les entreprises. Au point qu’au Danemark, la législation du travail impose aux entreprises de fournir ce type de mobilier à leurs employés. En France, certaines banques et assurances seraient apparemment parmi les premières entreprises à se pencher sur le problème et à utiliser ce type de mobilier modulable. (1)Ann Intern Med. 2015;162(2):123-132. ; (2) AJPM  September 2013Volume 45, Issue 3, Pages 276–281 ; (3) https://www.nih.gov/; (4) https://www.ama-assn.org/; (5) Health Psychology Review  Volume 10, 2016 - Issue 1 / http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17437199.2015.1082146

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Le travail à domicile, c’est bon pour la santé ?

Le travail à domicile commence seulement à se démocratiser en France. On estime qu’entre 2% et 16% des salariés ont un contrat de télétravail, dans la majorité des cas à temps partiel. Quels sont les avantages du « Home office » et comment remédier aux inconvénients pour concilier télétravail, bien-être et santé ? Les avantages du travail à domicile Le principal avantage est le gain de temps professionnel et personnel, car en travaillant chez soi, on s’affranchit des trajets quotidiens qui sont en moyenne de 40 à 75 minutes, l’extrême étant généralement atteint en région parisienne. Le temps ainsi gagné sur les transports peut être réattribué aux activités professionnelles et personnelles, en respectant un bon équilibre pour être gagnant sur les deux tableaux. En évitant les transports, individuels ou en commun, on réduit aussi considérablement le stress (sécurité, retards, connexions…) et la fatigue : beaucoup de personnes arrivent le matin au travail déjà fatiguées et stressées, ce qui diminue ensuite leur efficacité. Le deuxième grand avantage du travail à domicile est un gain en flexibilité, le travailleur devenant responsable de son organisation des taches et des horaires à effectuer. Il doit également gérer lui-même son environnement de travail et non plus le subir, par exemple en termes d’éclairage, de bruit, de température, de couleur, etc. Enfin, travailler de chez soi s’accompagne d’un gain conséquent de productivité. La baisse du stress et de la fatigue n’est pas le seul facteur qui augmente la productivité. Là encore l’environnement joue un rôle colossal : sur un plateau par exemple, on supporte le bruit, même si beaucoup d’efforts ont été faits par les entreprises, on subit les interactions entre collègues et les multiples interruptions. Le travail à domicile offre cette possibilité d’être dans un environnement familier, apaisant et que l’on a choisi, avec pour résultat une efficacité et une motivation accrues chez le télétravailleur. Travailler de chez soi : quels sont les risques pour sa santé ? « Seul sans collègue, les opportunités d’aller vers les autres sont réduites. En travaillant à domicile, on perd aussi de nombreuses occasions de déplacements physiques : l’imprimante est installée à portée de main et il n’y a pas loin pour aller se préparer un café, détaille Christophe Clerc-Renaud, Directeur des ventes chez Ergotron®. Les distances à parcourir au bureau sont très limitées par la configuration du télétravail. Mais il est facile de contourner cet écueil, notamment en mettant à profit le temps gagné sur les trajets que l’on peut alors allouer à l’activité physique (jogging, séances de gym, vélo d’appartement…). » Finalement, le plus gros désavantage en termes de santé réside dans le risque de travailler chez soi avec des outils mal adaptés menant à de mauvaises postures. Il est totalement illusoire d’imaginer bien travailler sur le coin de la table du salon, sur un tabouret dans la cuisine ou dans le canapé. C’est pourquoi le télétravail impose de recréer chez soi un « vrai » poste de travail professionnel, faute de quoi les troubles musculosquelettiques (TMS) vont s’installer (lombalgies, douleurs aux cervicales, syndrome du canal carpien…). « L’employeur doit lui aussi se soucier de l’aménagement du poste de télétravail, car le risque de TMS est ici renforcé par la sédentarité. Nombreux sont les télétravailleurs qui, seuls dans un environnement choisi, au calme, sans distraction et avec tout à portée de main, restent assis extrêmement concentrés pendant plus de 6 heures d’affilée sans aucune interruption. » Il est essentiel de lutter contre cette sédentarité accrue, pas seulement en augmentant les séances d’activité physique, mais surtout en modifiant certains comportements (se lever très régulièrement en multipliant les motifs). Le télétravailleur est livré à lui-même et à sa propre discipline… Comment s’organiser pour concilier travail à domicile, bien-être et santé ? Pour Christophe Clerc-Renaud, « la première chose est de prendre conscience que l’augmentation de la sédentarité est un risque réel, élevé et préjudiciable à sa santé. Le télétravail à domicile est une opportunité pour le salarié de mieux prendre soin de lui, et pas au détriment de son travail. Le temps économisé et le stress éliminé se transforment en bénéfices pour soi et son entreprise. » Concrètement, il est nécessaire de privilégier une posture dynamique en alternant régulièrement la position assise et la position debout, laquelle est meilleure pour la dépense calorique, tonifie les muscles et stimule la circulation sanguine. Puisque l’on est seul et que l’on peut aménager son bureau comme on veut, on peut sans complexe se lever et marcher lorsqu’on téléphone ou lorsqu’on lit un document. On peut mettre une alarme toutes les 30 minutes pour s’obliger à bouger très régulièrement ou à faire quelque chose (aller se servir un café, relever la boite aux lettres, mettre son téléphone en charge dans la cuisine, ouvrir la fenêtre de la chambre pour aérer, arroser la plante…). On peut aussi travailler debout de temps en temps. Outre les équipements qui permettent d’aménager un poste de travail ergonomique, indispensable pour adopter les bonnes postures et éviter les TMS (clavier déporté, écran réglable en hauteur, tablette amovible, chaise à dossier et accoudoirs réglables, repose-poignet, etc.), il existe du mobilier et des accessoires permettant de convertir facilement un bureau standard en poste de travail assis-debout, fixe ou mobile (ex. une table supplémentaire se posant sur le bureau pour une élévation du clavier et de l’écran ; une tablette haute sur roulettes…). Il est important de se créer des routines, pour que la position debout devienne un réflexe et une posture confortable en télétravail. « Personne ne dit de travailler debout toute la journée, mais seulement de temps en temps et selon les taches à exécuter. Très rapidement, on en ressent les bienfaits, la sangle abdominale travaille et se raffermit, on se sent plus tonique et on brûle plus de calories. » Enfin, le travailleur à domicile doit être capable de s’imposer des limites pour bien séparer ses activités professionnelles de sa vie familiale. Classiquement, le télétravailleur passe plus d’heures en activité au bureau car il se trouve dans un environnement peu stressant et qui lui plait. Pour ne pas se laisser trop absorber par son travail et risquer des tensions dans la famille, il est nécessaire d’être exigeant et ferme avec soi-même et de savoir « fermer la porte de son bureau ». La seule façon d’y parvenir est de délimiter strictement son espace professionnel en recréant un vrai poste de travail isolé, de manière à pouvoir être 100% professionnel quand on travaille et 100% en famille en dehors. Cette délimitation est bénéfique professionnellement, personnellement et pour la famille qui ne doit pas subir le travail à domicile.

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Pension d'invalidité : qui peut la demander ?

Vous pouvez bénéficier d'une pension d'invalidité pour compenser votre salaire si vous êtes dans l'incapacité de reprendre votre travail suite à un accident ou à une maladie d'origine non professionnelle. Pension d'invalidité : quelles sont les conditions ?   votre capacité de travail ou de revenus est réduite d'au moins deux tiers. vous n'avez pas atteint l'âge légal de la retraite, soit entre 60 et 62 ans selon votre date de naissance. vous êtes immatriculé à la sécurité sociale depuis au moins 12 mois au 1er jour du mois au cours duquel est survenue: soit l'interruption de travail suite à votre invalidité, soit le constat d'invalidité par le médecin conseil de votre caisse d'Assurance Maladie. vous justifiez, au cours des 12 mois civils précédant l'interruption de travail ou le constat d'invalidité, soit d'un salaire au moins égal à 2030 fois le Smic horaire, soit avoir travaillé au moins 600 heures (ou 800 heures si l'interruption de travail ou le constat d'invalidité est antérieure au 1er février 2015.   Pension d'invalidité : qui peut faire la demande ?   vous ou votre médecin qui, avec votre accord, peut adresser un certificat médical au médecin conseil de votre caisse d'Assurance Maladie. le médecin conseil du service médical de votre caisse d'Assurance Maladie. Dans les deux cas, vous devez remplir le formulaire S4150 « Demande d'invalidité » (disponible à votre caisse ou sur ameli.fr) et l'adresser, avec les pièces justificatives exigées, à votre caisse d'Assurance Maladie.Si votre demande est acceptée, votre caisse vous enverra une notification précisant la catégorie et le montant de la pension. Si elle est refusée, votre caisse doit vous informer des recours possibles. Si vous ne recevez pas de réponse dans un délai de 2 mois, cela équivaut à un rejet. Là encore, des recours sont  possibles.   Comment est calculée la pension d'invalidité ? L'Assurance Maladie tient compte de votre salaire annuel moyen à partir de vos dix meilleures années d'activité. Le montant de votre pension d'invalidité dépend aussi de la catégorie d'invalidité attribuée par le médecin conseil de votre caisse : vous serez en catégorie 1 si vous pouvez travailler. vous serez en catégorie 2 si vous ne pouvez plus travailler. vous serez en catégorie 3 si vous ne pouvez plus travailler et que vous avez besoin d'une aide pour vous assistez dans la vie quotidienne.   Combien de temps la pension d'invalidité est-elle attribuée ? La pension peut être révisée ou suspendue dans les cas suivants : aggravation ou amélioration de votre état de santé. reprise d'une activité professionnelle salariée. reprise d'une activité professionnelle non salariée. l'âge légal de la retraite est atteint : la pension d'invalidité se transforme en pension retraite pour inaptitude. l'âge légal de la retraite est atteint et vous exercez une activité professionnelle : la pension continue à être versée jusqu'à 65 ans maximum.   Quelles sont les aides ?   Vos soins médicaux, examens et médicaments sont pris en charge à 100% pour la maladie et la maternité, dans la limite du plafond de la sécurité sociale. Vos ayants droit (enfants, conjoints, etc.) bénéficient également de la prise en charge de leurs soins dans les mêmes conditions que vous. Si vos revenus sont insuffisants, vous pouvez percevoir l'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI) en complément. Son montant varie en fonction de vos ressources. Au 1er avril 2014, pour l'obtenir, le plafond mensuel était fixé à : 702 € si vous vivez seul. 1229,61 € si vous êtes en couple. Le montant de l'ASI varie de 403,76 € à 666,27 € selon la situation de famille. La carte d'invalidité donne droit à l'exonération éventuelle de la redevance télé, certains avantages fiscaux, réductions et places réservées dans les transports en commun... La demande se fait à la Maison départementale des personnes handicapées. Source : e-santé   Brigitte Bègue journaliste santé

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7 conseils pour éviter la déprime du dimanche soir

Chaque dimanche, c’est pareil, la déprime vous envahit : vous avez le bourdon à l’idée que le week-end se termine et qu’il faut retourner à l’école ou au travail le lendemain. Mollesse, mélancolie, anxiété, irritabilité... On estime que 50% de la population serait concernée par le blues du dimanche soir. Un phénomène qui peut gâcher la fin du week-end mais qui n’est pas inéluctable.   La déprime du dimanche soir : qu’est-ce que c’est ? « La déprime du dimanche soir n’est pas une maladie, on y survit toujours !, précise d’emblée le psychiatre Florian Ferreri, auteur de « Vaincre le blues du dimanche soir » (Hachette). C’est plutôt un mal-être difficile à identifier car il est ponctuel et peu rationnel. En général, on n’en parle pas car on sait qu’il aura disparu le lundi ». « Quand j’étais au lycée, j’avais le blues tous les dimanches soirs, se souvient Joël. Du jour où j’ai eu mon bac, il a disparu comme par enchantement ». Les symptômes vont de la morosité au manque d’énergie en passant par l’irritabilité, l’agacement, les ruminations négatives, le vague à l’âme... A priori, personne ne consulte pour ce passage à vide éphémère mais si les troubles dépassent le cadre du dimanche et qu’ils semblent s’installer au quotidien, ils peuvent être le signe d’une anxiété chronique ou d’une dépression larvée. Dans ce cas, il est nécessaire d’en parler au médecin. Petits et grands : tout le monde est concerné par la déprime du dimanche Cette déprime passagère touche aussi bien les enfants d’âge scolaire qui ont des rythmes imposés, « ce n’est pas forcément qu’ils n’aiment pas l’école mais ils adorent le week-end et ils ne peuvent pas en faire le deuil », que les adolescents « qui ont envie de consacrer leur week-end aux loisirs et qui se retrouvent acculés à faire leurs devoirs le dimanche soir  ».  Les adultes n’y échappent pas. Le blues concerne souvent les personnalités anxieuses, perfectionnistes, très investies dans leur métier et qui commencent à penser au travail qui les attend dès le dimanche. Certaines personnes sont aussi plus vulnérables au changement de rythme dans le week-end qui bouleverse leur horloge interne. Du coup, elles ont du mal à initier des choses. D’autres facteurs peuvent jouer sur leur moral comme la mauvaise météo ou le fait que tout est fermé. « Le calme du dimanche peut donner une sensation d’un vertige abyssal, d’un vide, pouvant être source de cafard », souligne le psychiatre. Il y a les personnes qui sont tristes le dimanche soir car les amis ou la famille qui étaient venus leur rendre visite sont partis. Et puis celles qui procrastinent tout le week-end et qui se retrouvent le moral en berne le dimanche après midi parce qu’elles ont toutes les « corvées » à faire. Blues du dimanche soir : les solutions pour l’éviter 1. Garder le rythme Grasse matinée ou pas, le dimanche se vit souvent en horaires décalés par rapport à la semaine. Certaines personnes supportent mal cette cassure avec leur rythme biologique habituel. « Elles sont comme en jet-lag, note Florian Ferreri. Elles ont l’impression que la journée commence mal, traînent en pyjama, manquent d’énergie... ». Si vous êtes dans ce cas : Mettre un réveil de sécurité : sans se lever aux aurores, mieux vaut ne pas se réveiller 2 h ou 2 h 30 plus tard que pendant la semaine. Aérer son logement. S’habiller normalement, l’idée étant de ne pas rester en pyjama. Faire une sieste courte (10 à 20 mn suffisent à récupérer) plutôt qu’une longue sieste qui  « met dans un état d’engourdisssement psychique au réveil donnant l’impression que le dimanche est gâché ».Trop dormir l’après-midi risque aussi d’entrainer une insomnie le nuit suvante. 2. Sortir pour s’aérer l’esprit Si vous êtes du genre à ruminer ou avoir du vague à l’âme le dimanche, un seul conseil : ne restez pas chez vous ! Marcher permet de libérer son esprit des pensées négatives. « L’exercice physique allège l’esprit, explique le médecin. Mais lors d’une ballade, vos yeux sont attirés par des détails qui provoquent des mouvements oculaires répétés, lesquels permettent de moduler l’activité des régions cérébrales impliqués dans la régulation des émotions, notamment le stress ». Programmer une sortie à l’avance : un spectacle, une activité sportive, un déjeuner avec des amis... « Quand le billet est déjà pris, c’est plus facile, prévient Florian Ferreri. Le jour même souvent, on n’a pas le courage », Regarder le coucher du soleil apaise : on pense à le faire lorsque l’on est en vacances, pourtant c’est possible même en ville si la météo est favorable. 3. Organisez-vous ! Vous adorez les week-ends et vous en profitez pleinement dès le vendredi soir en réservant les contraintes au dimanche après-midi. Erreur : le moment venu, non seulement vous devenez irritable avec vos proches mais vous culpabilisez de n’avoir rien fait plus tôt. « Pour ces personnes, le dimanche devient pas très sympa car elles ont prévu de faire des choses pas très sympa », note le psychiatre. Pour alléger le dimanche après-midi : Planifiez un peu votre organisation de manière à ne pas avoir tout à faire en fin de week-end : factures à payer, lessive, devoirs avec les enfants, coup de fil aux parents... Regardez le cahier de devoirs des enfants dès le vendredi soir pour avoir une idée de ce qu’ils ont à faire et commencez à anticiper : ce soir lire la poésie, demain, faire l’exercice de maths... Profitez de la météo maussade pour faire les « corvées : passez l’aspirateur, faire ses vitres, ranger ses papiers administratifs... 5. Déconnecter « L’inconfort de la déprime du dimanche soir est  en partie liée au retour, avant l’heure, des préoccupations de la semaine et notamment des soucis professionnels, explique Florian Ferreri. Cela les empêche d’être totalement disponible pour leur entourage ». Éteignez votre téléphone portable professionnel si vous en avez-un. Mettez votre smartphone personnel en mode silencieux pour éviter de le regarder au moindre signal de sms ou e-mails reçus. Prévoyez de faire une vraie pause avec les réseaux sociaux le dimanche en fin d’après-midi même si vous adorez communiquer, d’autant que voir sur facebook les photos de ses amis en train de passer un week-end formidable alors que vous vous ennuyez sur votre canapé peut accentuer le blues. 6. Rester positif L’optimisme n’est pas forcément inné mais il peut se travailler. Apprendre à reformuler ses pensées : par exemple, si le temps est doux pour un dimanche d’hiver, au lieu de se désoler et dire  « il n’y a plus de saison, on va avoir un printemps pourri », voyez le côté positif et pensez « profitons-en pour sortir et aller boire un verre en terrasse ». Préparer une play-list anti-déprime en faisant une compilation des titres qui vous donnent la pêche et mettez-les dès que vous sentez le coup de blues arriver. Opter pour un film du dimanche soir distrayant si vous vous sentez un peu mélancolique. 7. Se relaxer Si le stress du dimanche soir est trop fort, la relaxation peut permettre de relâcher les pressions. Quelques minutes de respiration lente et profonde procure déjà de la détente : Fermez les yeux. Relâchez les épaules et détendez le visage. Inspirez profondément par le nez sans forcer en gonflant votre ventre et votre poitrine, bloquez votre souffle pendant 5 secondes puis expirez lentement par la bouche en rentrant votre ventre et votre thorax. Faire cet exercice 5 minutes debout, assis ou en position allongée. Prendre un bain à 37°, c’est la température du corps, permet de se détendre. Pour un effet optimal,  ajouter des huiles essentielles de lavande, camomille, de citron... Éviter l’excès d’alcool le dimanche soir pour surmonter l’angoisse car si une consommation modérée peut apaiser, répétée, elle peut avoir l’effet  inverse et conduire à la dépendance.     Marion Garteiser, journaliste santé

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Cancer : le travail de nuit augmente le risque chez les femmes

Le travail de nuit est associé à un risque accru de plusieurs cancers chez les femmes, d'après une méta-analyse. Quand les nuits ne sont plus consacrées au sommeil, mais à gagner sa vie. En France, un salarié sur six travaille après le coucher du soleil. Ce rythme infernal a un impact néfaste sur la santé. Il favorise notamment l'apparition de cancers. Une méta-analyse, publiée dans Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, précise l'ampleur du risque pour les femmes. C'est un travail d'ampleur qu'ont réalisé les chercheurs de l'université du Sichuan (Chine). 61 études scientifiques évaluant le lien entre cancer et travail de nuit chez les femmes ont été passées en revue. Elles concernent, au total, 4 millions de volontaires dont 100 000 dont développé une tumeur. Quand il dure dans le temps, le travail nocturne augmente de 19 % le risque de cancer par rapport aux femmes qui exercent leur métier en journée. Certaines localisations sont plus touchées. C'est le cas du sein, de la peau et du système gastro-intestinal. Le risque est respectivement accru de 32 %, 41 et 18 %. Le risque augmente avec la durée Une profession est affectée de manière démesurée par les répercussions du travail nocturne : celle des infirmières. Xuelei Ma, co-auteur de ces travaux, y voit deux explications possibles. "Les infirmières qui travaillent de nuit ont une formation médicale, et ont donc plus de chances d'avoir réalisé des examens de dépistage, détaille-t-elle. Les exigences du poste, avec des gardes plus intenses, peut aussi expliquer cela." Quelle que soit la raison, la chercheuse chinoise plaide en faveur d'une prise en charge adaptée aux travailleuses nocturnes. Car pour chaque tranche de 5 ans à ce rythme, le risque de cancer du sein augmente de 3 %. "Ces femmes devraient bénéficier d'examens physiques réguliers et du dépistage de plusieurs formes de cancer", estime donc Xuelei Ma. Pour rappel, le travail de nuit se définit, en France, par un prise de poste entre 21 heures et 6 heures, pendant plusieurs heures d'affilées. Ce rythme a déjà été associé à plusieurs maladies, dont certaines sont reconnues par l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Ce travail doit rester exceptionnel Troubles du sommeil, obésité, diabète et troubles cognitifs sont ainsi plus fréquents chez les travailleurs nocturnes. "Les effets de ces horaires sur les salariés peuvent varier selon les personnes car ils sont dépendants de différents facteurs", précise l'Institut. Le secteur d'activité ou le chronotype, par exemple, influencent beaucoup l'impact du travail de nuit. Certaines règles ont tout de même été mises en place afin de protéger les employés. Il est, par exemple, obligatoire d'accomplir un repos de 11 heures après la période travaillée. Le recours à ces horaires inhabituels doit, en outre, être justifié par la nécessité et respecter les règles de protection de la santé des salariés. Source : Night Shift Work Increases the Risks of Multiple Primary Cancers in Women: A Systematic Review and Meta-analysis of 61 Articles, Xia Yuan, Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention Travail de nuit du salarié, Service-Public.fr LE TRAVAIL DE NUIT EN 2012, Essentiellement dans le tertiaire, DARES

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Les addictions n’épargnent pas le milieu professionnel

L’Académie Nationale de Médecine brise le tabou des conduites addictives en milieu professionnel en publiant un rapport édifiant : 20 millions d’actifs consomment régulièrement ou ponctuellement une substance considérée comme addictive, qu’elle soit licite ou illicite. Ces chiffres lèvent le voile sur un phénomène trop peu pris au sérieux. Tabac, alcool, cannabis et médicaments psychotropes… En France, les consommations addictives concerneraient plus de 20 millions d’actifs qu’ils soient salariés du privé ou agents de la fonction publique, en contrat à durée indéterminée ou déterminée, selon le « baromètre santé » 2014 de l'Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT) (1). Le terme de substance psychoactive regroupe les drogues licites (alcool, tabac) et illicites (cannabis, cocaïne, héroïne et ecstasy).S’il est peu abordé dans le grand public, c’est un problème bien connu des dirigeants et des représentants des personnels en entreprise qui estiment que 91 % des salariés consommeraient « au moins un produit psychoactif ». Autre constat, les niveaux de consommation de substances psychoactives sont plus élevés chez les demandeurs d'emploi que chez les actifs occupés. Cette différence est particulièrement nette dans le cas du cannabis. Néanmoins, entre 2005 et 2010, les niveaux de consommation des personnes en activité se sont rapprochés des niveaux relevés chez les personnes sans emploi, ce qui pourrait témoigner, selon l’OFDT, d’un accroissement des tensions dans le monde du travail.Pour leur part, les consommations de médicaments psychotropes semblent croître avec 16,7% de consommateurs en 2010. L’enquête 2014 (1) indiquait un usage dans l’année beaucoup plus élevé chez les femmes (de 13,1% à 30,0%) que chez les hommes (de 2,8% à 14,5%). Conduites addictives, tous concernés En 2014, trois milieux professionnels étaient touchés par des niveaux élevés de consommations de substances psychoactives : le bâtiment et les travaux publics, le secteur englobant les arts, les spectacles et les services récréatifs, ainsi que celui de l’hébergement et de la restauration. Précisément, le transport routier, les postes de sûreté ou de sécurité affichent des niveaux plus élevés de consommation de substances psychoactives que la moyenne. En revanche, le commerce, le transport-entreposage, l’administration publique et la défense, l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale semblent plus épargnés. Par ailleurs, l’enquête 2014 met en lumière que les ouvriers et les employés sont les plus gros consommateurs de substances psychoactives. Ainsi, les employés étaient en tête pour l'usage de cannabis (16,6%), de cocaïne (3,6%) et d’amphétamines dans l’année (2,4%), de même que pour la consommation de médicaments psychotropes dans l’année (14,5%, « baromètre 2010 »). Pr Jean-Pierre Goullé, professeur émérite de toxicologie à la Faculté de Médecine et de pharmacie de Rouen : « Alors qu'auparavant les consommations addictives sur le lieu de travail concernaient principalement l'alcool seul, on assiste désormais à l'apparition d'une poly-consommation (alcool plus cannabis, alcool plus cocaïne...). De plus, les données étant pour la plupart issues d’enquêtes déclaratives, il s’agit vraisemblablement de chiffres sous-estimés  ». Conduites addictives, quelles conséquences ? Travail et substances psychoactives ne font pas bon ménage. Si les conduites addictives sont si préoccupantes, c’est qu’elles sont susceptibles de retentir sur la sécurité du travail et d’engager la responsabilité du chef d’entreprise, de ses délégataires (personne physique) et de l'entreprise (personne morale) en cas d'accident. D’ailleurs, la présence de toute drogue illicite sur le lieu de travail suffit à engager la responsabilité de l'entreprise.Les conduites addictives peuvent aussi menacer la sécurité des usagers, notamment lorsque les agents occupent des postes de sûreté et de sécurité. A cela s’ajoutent un absentéisme, des retards fréquents, une perte de performance du salarié, plus de conflits entre salariés et une perte d'image pour l’entreprise. A noter, selon les chiffres de 2010, en dehors des occasions traditionnelles que constituent les « pots » et les repas, 18,9% des hommes et 10,3% des femmes, soit 16,4% des actifs occupés avaient consommé de l’alcool durant leur temps de travail au moins une fois dans l’année (2). De plus, selon les estimations officielles, dans 20 à 30% des cas, la victime d’un accident du travail était sous l'emprise d'une substance psychoactive. L'alcool serait à lui seul responsable de 10 à 20% des accidents du travail, en cause dans 40 à 45% des accidents mortels du travail enregistrés au cours de l'année. Addictions au travail, les pistes pour s’en sortir Réduire la consommation de substances psychoactives au travail est possible. Voici quelques clés : Impliquer le médecin du travail. Les dirigeants d’entreprise devraient encore plus impliquer le médecin du travail. Le salarié devrait aussi y recourir plus facilement et plus fréquemment. En effet, le médecin du travail est à même de mener des actions individuelles auprès des personnels occupant des postes mettant en jeu la sécurité individuelle ou collective. Favoriser le bien-être au travail. Le milieu professionnel serait, du moins en partie, responsable de l’usage des substances psychoactives ou d'une majoration de leurs consommations. Réaliser des actions collectives d'information et de sensibilisation sur les dangers des drogues licites et illicites en milieu professionnel. Pr Jean-Pierre Goullé : « Différentes enquêtes ont révélé que face aux difficultés rencontrées quotidiennement dans leur exercice professionnel, les actifs ont tendance à augmenter leur consommation de substances psychoactives. Cela concernerait 36% des fumeurs, 9% des consommateurs d’alcool et 13% des usagers de cannabis. La dégradation ressentie des conditions de travail serait également à l’origine de la prise de médicaments psychotropes chez près du quart des professionnels ! ».Source : Rapport de l’Académie nationale de médecine, le 10 octobre 2017 (1) Palle C. Synthèse de la revue de littérature sur les consommations de substances psychoactives en milieu professionnel. Observatoire français des drogues et toxicomanies, note 2015-05, 12pp ; (2) Beck F., Guignard R., Léon C., Ménard C., Richard J.B. Usage de substances psychoactives et milieu de travail, La Santéen action, N° 425, 2013, 42-44D’après un entretien avec le Pr Jean-Pierre Goullé, rapporteur du rapport « Addictions en milieu professionnel » pour l’Académie nationale de médecine, professeur émérite de toxicologie à la Faculté de Médecine et de pharmacie de Rouen

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Travail de bureau, éviter le piège de la sédentarité !

Les « actifs » sont-ils si actifs que cela ? Pas si sûr et des données suggèrent que les employés de bureau seraient même plus sédentaires que les seniors ! Une évolution du mode de vie à l’impact plutôt négatif. La sédentarité guetterait les travailleurs avec, à la clé, de fâcheuses conséquences sur le plan cardiovasculaire, du diabète et de l’obésité. Travaillez, bougez ! Les 25-65, les plus sédentaires Vissés à leur chaise, les yeux rivés sur leur(s) écran(s) du matin au soir, de nombreux travailleurs sont finalement très sédentaires. C’est pourquoi, l’étude des médecins du Centre de recherche sur l'activité physique pour la santé d'Édimbourg en Ecosse ne surprend guère : en semaine, les 16-24 ans et les 65-74 ans sont moins sédentaires que les adultes entre 25-65 ans. Ce constat s’inverse en revanche le weekend. Ces résultats ont été obtenus en scrutant l’emploi du temps de près de 14 000 personnes de plus de 16 ans. D’autres données françaises, issues de l’enquête en ligne Nutrinet (2015), évaluent à douze heures le temps passé assis chaque jour (hors week-end), dont un tiers dans le cadre de l’activité professionnelle. Les effets de la sédentarité sont de mieux en mieux connus. C’est un facteur de risque prépondérant dans la survenue de maladies cardiovasculaires dont l’insuffisance cardiaque, de diabète, d’ostéoporose et de certains cancers. La sédentarité tuerait deux fois plus que l'obésité (2). La sédentarité, à distinguer de l’inactivité physique L’inactivité physique, c’est à dire l’absence de toute activité physique, est délétère en soi. Mais elle ne doit pas être confondue avec la sédentarité qui, elle aussi, est un facteur de risque pour la santé. Les experts estiment même que pour contrecarrer les effets de la sédentarité, il faudrait pratiquer quotidiennement 90 minutes d’activité physique ! Le poids de la sédentarité est donc très lourd et nombreux sont les médecins qui la considèrent encore plus dangereuse pour la santé que l’inactivité physique.En France, le programme national nutrition Santé (PNNS) préconise trente minutes d’activité physique modérée au moins cinq jours par semaine. Ce peut être au choix du vélo, de la natation, du jardinage, du running… L’Organisation mondiale de la santé (OMS) penche plutôt pour 150 minutes d’activité physique hebdomadaires. Mais les experts estiment que fractionner cette durée tout au long de la semaine est nettement plus bénéfique, du fait de la régularité de l’effort et de ses effets protecteurs cardiovasculaires. Elle provoque en effet une vasodilatation des artères du cœur, ce qui le soulage dans son travail de contraction. Elle améliore aussi la fluidité du sang, pour éviter la formation de caillots dans les artères (thromboses). Elle réduit les besoins du myocarde (cœur) au cours d’efforts physiques plus violents. Enfin, cela garanti la stabilité du système de conduction électrique cardiaque, limitant ainsi le risque d’arythmie (troubles du rythme).Les bienfaits de l'activité physique sont en effet scientifiquement démontrés. La pratique régulière d'un sport permet de réduire jusqu'à 39 % le risque de développer un cancer du sein, de 26 % le risque de cancer colorectal, de 25 % celui d'être victime d’un accident vasculaire cérébral et de 34 % celui de diabète. Comment éviter d’être trop sédentaire au bureau? Afin de briser le cercle vicieux de la sédentarité, en l’occurrence les jours de travail, voici quelques pistes. Tout d’abord, s’obliger à faire des pauses debout « toutes les deux-trois heures » expliquent les experts de cette nouvelle étude. Tout prétexte est bon pour se lever de sa chaise, comme éloigner l’imprimante pour devoir se lever à chaque impression, organiser des réunions debout, monter les escaliers pour se rendre dans les différents services de l’entreprise ou marcher au lieu de prendre son téléphone ou d’écrire un courrier électronique à ses collaborateurs travaillant au sein du même établissement. Pour garder la forme et préserver sa santé, l’OMS recommande de faire 10 000 pas par jour. A commencer par les petites distances en se rendant au travail ou sur son lieu de travail. Des chercheurs ont récemment montré que marcher dynamiquement 20 minutes par jour (90 à 112 kilocalories brûlées) réduirait le risque de mort prématurée. Cela suffirait pour passer de la catégorie « inactif » à la catégorie « modérément inactif », réduisant ainsi ce risque entre 16% et 30%Et pour se mettre au sport, il n’est pas trop tard ! Pratiquer un sport après l’âge de 45 ans est aussi bénéfique. Une durée de cinq heures hebdomadaires au minimum permet d’obtenir de meilleures performances cardiaques.RéférencesJournal of Sports Sciences. Differences by age and sex in the sedentary time of adults in Scotland. Pages 1-10 | Accepted 26 May 2017, Published online: 16 Jun 2017 ; (2) American Journal of Clinical Nutrition 2016. Etude prospective européenne sur le cancer et la nutrition (EPIC).

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Moins d’accidents du travail, plus de troubles psychiques

Selon les tous derniers chiffres, 626 000 accidents du travail ont été comptabilisés en 2016. Un plus bas historique qui témoigne de l’amélioration de la sécurité et du confort des postes de travail. Deux bémols cependant : le secteur des services à la personne est de plus en plus touché et les affections psychiques qualifiées en maladies professionnelles s’envolent. Mais l’analyse mérite d’être nuancée. Par Hélène Joubert, journaliste scientifique. Tendance à la baisse pour les accidents au travail 2016 a fait encore mieux que 2015 ! Concernant les accidents du travail, la tendance de fond se confirme et leur nombre est au plus bas depuis 1946 selon les données parues en septembre 2017 par la branche Risques professionnels de l’Assurance maladie*. Il y a eu, l'an passé, 33,8 cas pour 1 000 salariés, contre 33,9 cas en 2015. Au total, plus d'un million d'accidents de travail ou de trajet et de maladies professionnelles ont été reconnus et pris en charge par la Sécurité sociale en 2016. Parmi eux, 764 000 ont entraîné un arrêt de travail ou une incapacité permanente. Il y a eu 626 000 accidents du travail en 2016. Une tendance à saluer dans le BTP (-3,7%) secteur gros pourvoyeur d’accidents du travail. Les efforts entrepris pour sécuriser l’environnement et les postes de travail ainsi que le confort des travailleurs porte ses fruits. Ainsi, le BTP tombe de 61,9 accidents à 60 pour 1 000. Les tâches de manutention, le transport de charges par exemple représentent 53% des accidents.Si l’on parle en valeur absolue, le nombre d'accidents du travail ayant entraîné un arrêt de travail ou une incapacité permanente progresse de 0,3% à 626 227. Mais il faut bien comprendre que l’on parle en valeur absolue et non en valeur relative et cette hausse peut traduire un regain de l’activité économie.Dans l'intérim, l'indice de fréquence des accidents du travail grimpe de 7,8 % en un an. Faut-il pointer l’intérim du doigt ? Pas si sûr. Selon les analyses de cette branche de la Sécurité sociale, traduire cette progression comme une dégradation de la sécurité des travailleurs serait une erreur : « En augmentation depuis 2015, la hausse des accidents dans ce secteur peut être le signe avant-coureur d'une reprise économique ». Les troubles musculosquelettiques reculent Entre 2015 et 2016, le taux de maladies professionnelles prises en charge a reculé de 4,3%. Pour leur part, les troubles musculosquelettiques (TMS) maladie très invalidante à mettre sur le compte de gestes répétitifs, reculent de 4,1%. Selon les auteurs de l’étude de l’Assurance maladie « cela serait lié à une meilleure prise en compte des risques psychosociaux dont les cas reconnus de maladie professionnelle ont été multipliés par sept en cinq ans ». La France serait également « le pays européen qui reconnait le plus le syndrome d'épuisement ».La tendance est identique avec les cancers liés à l'amiante qui chutent de 9,5%, conséquence positive de la chasse à ces minéraux fibreux. Services et soins à la personne, la situation se dégrade Le secteur des services à la personne, ces métiers liés à l'assistance des personnes dans leurs tâches quotidiennes (aides-soignants, entretien, garde d’enfant, services aux personnes fragiles etc.) enregistre trois fois plus d'accidents et de maladies que la moyenne, avec 94,6 accidents pour 1 000 employés. Le taux d'accidents du travail a augmenté de 2% en un an et même de 45% en 10 ans. L’Assurance maladie juge la situation « préoccupante ».La forte hausse des lombalgies est mise en avant, responsable à 20% du nombre d'accidents du travail, ainsi que les troubles musculosquelettiques, qui représentent 87% des maladies professionnelles. Affections psychiques et cancers hors amiante à la hausse Si l’on regarde uniquement les cancers professionnels hors amiante, la progression est très forte avec +10%. Il semble que le cancer de la vessie, souvent lié à un agent cancérigène sur le lieu de travail, porte pour une large part cette croissance des cancers professionnels. L’expérimentation conduite par la branche Risques professionnels ayant été généralisée en 2015, on pourrait voir dans ces chiffres de 2016 la conséquence directe d’une meilleure information des intéressés qui a permis de multiplier par 5 à 10 les demandes de reconnaissance de cancers de la vessie en maladie professionnelle.Entre 2015 et 2016, le bond est encore plus phénoménal pour les affections psychiques qui augmentent de 40%. Faut-il en déduire un mal-être généralisé et très préoccupant ? Peut-être, mais deux bémols à cela. Tout d’abord parce qu’il ne s’agit que de quelques centaines de cas : 596 avis favorables plus exactement ont été prononcés par les commissions régionales chargées de qualifier les maladies psychologiques en maladies professionnelles (422 en 2015). Ensuite, il s’agit aussi probablement d’une plus grande prise de conscience par les travailleurs de leurs droits et qu’ils peuvent les exercer, d’autant plus aisément que la règlementation a intégré des assouplissements, facilitant l’examen des cas et leur qualification en maladie professionnelle. En quelques sortes, il s’agirait de davantage de demandes de reconnaissance.Référence : *http://risquesprofessionnels2016.fr/

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Au travail, faites les bonnes pauses !

Faire des pauses de temps en temps au cours d'une journée de travail, il n'y a rien de plus naturel. Mais combien de pauses faut-il faire ? Et lesquelles ? Les pauses, c'est bon pour la productivité ! De nombreuses études l'ont montré, et une nouvelle vient d'être publiée. Faire des pauses au cours de la journée augmente la productivité, c'est certain. La fatigue fait en effet diminuer nos performances, et le repos permet de récupérer au moins en partie au cours de la journée, ce qui diminue l'épuisement des travailleurs. Mais cela va plus loin : les pauses permettent aussi d'augmenter la satisfaction, et la participation à la vie de l'entreprise. Comment prendre de bonnes pauses ? Si prendre des pauses est important, il faut encore savoir lesquelles seront les meilleures. Une étude s'est donc penchée pendant une semaine sur les pauses de 95 employés en vérifiant lesquelles amélioraient le plus la situation. Quelques leçons peuvent en être tirées... Les pauses sont plus efficaces quand l'employé fait quelque chose qui lui plaît. Alors si possible, n'utilisez pas vos pauses pour faire des corvées perso... Par ailleurs, les pauses permettent de récupérer plus d'énergie quand elles sont faites tôt dans la journée. Attendez l'épuisement complet pour lever le pied est donc une erreur ; faites au moins une pause le matin pour retrouver une productivité plus élevée. Par ailleurs, les personnes qui ne font que des pauses rares et courtes avaient une productivité moindre. Mieux vaut prendre des pauses de durée respectable... ou en prendre beaucoup au cours de la journée.   Quid de l'utilisation du téléphone portable pendant la journée ? Il est intéressant de mettre cette étude en relation avec une autre qui s'est penchée sur l'utilisation du smartphone en entreprise. Loin de menacer la productivité comme on pourrait le croire, cette dernière semble en effet plutôt améliorer les performances des employés. Que les téléphones soient utilisés pour communiquer avec des proches ou pour jouer, ou même pour surfer sur les réseaux sociaux, jusqu'à 22 minutes par jour ils permettent d'améliorer le bien-être des travailleurs.Conclusion : il est impossible de rester concentré et productif pendant toute une journée de travail. Les pauses sont la réponse à cet état de fait... Encore faut-il bien les utiliser, pour se détendre vraiment... et sans mauvaise conscience ! Source : e-santé Marion Garteiser, journaliste santé

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8 conseils pour garder une bonne mémoire

Doper sa mémoire pour éviter qu'elle ne joue des tours et retarder la maladie d'Alzheimer ? C'est possible. De nombreuses études scientifiques montrent que s'il y a des facteurs sur lesquels il est impossible de jouer comme la génétique, d'autres sont modifiables comme l'hygiène de vie et le bien-être. Suivez le guide.   >1. On a une activité physique régulière L'activité physique favorise l'oxygénation du cerveau, stimule la croissance des vaisseaux cérébraux et « la formation de nouveaux neurones et de nouvelles synapses au niveau des aires pré-frontales », selon Hélène Amiéva, psychogérontologue. Résultat : une meilleure mémoire et plus d'attention. Les bénéfices valent à n'importe quel âge à condition d'être régulier. Il est recommandé de faire 30 mn de marche rapide par jour mais faire du vélo, jardiner, pratiquer le tai-chi ou la natation... c'est bon aussi.   >2. On mange des fruits et légumes Plusieurs études montrent qu'une alimentation de type méditerranéen permet de garder une bonne mémoire plus longtemps. Au menu donc, des fruits et des légumes chaque jour, comme le conseille le Programme National Nutrition Santé, du poisson ou des viandes blanches, des céréales complètes, de l'huile d'olive et de colza... En revanche, ne pas abuser des graisses saturées du type viandes rouges, charcuteries et au sel caché dans les plats industriels, ils sont mauvais en excès autant pour le coeur que le cerveau.   3. On prend soin de son coeur Se protéger des maladies cardiovasculaires, c’est protéger son cerveau », souligne Francis Eustache, spécialiste de la mémoire et président de l’Observatoire B2V des mémoires. Pour cause, une hypertension ou un diabète peuvent entraîner de petites lésions des artères cérébrales susceptibles d’altérer la mémoire un jour. Il est donc important de contrôler certains facteurs de risques comme sa tension artérielle, sa glycémie, son poids... de manger équilibré et de bouger !   4. On dort convenablement Le sommeil est bon pour la mémoire. La nuit, le cerveau continue de travailler : il classe les informations et les intègre. Pour la neurologue Catherine Thomas-Antérion, « Les différentes phases du sommeil interviennent dans la consolidation de nos souvenirs ». A contrario, le manque de sommeil favorise les oublis. En cas d’insomnie, la prise de somnifères peut être utile mais sur une courte durée : ce sont des benzodiazépines soupçonnés d’augmenter le risque de maladie d’Alzheimer.   5. On fait travailler ses méninges La maladie d’Alzheimerapparaît deux fois moins vite chez les personnes ayant fait des études supérieures comparé à celles dont le niveau d’études est bas car ils arrivent à mieux compenser certains symptômes. D’où l’intérêt de faire travailler ses neurones tout au long de la vie. Lire, écouter la radio, jouer aux cartes, aller aux musées ou au cinéma, bricoler, faire des mots croisés, discuter... stimule la réserve cognitive et conserve la mémoire de travail. Mais entraîner son cerveau comme un muscle ne marche pas il faut surtout se faire plaisir.   6. On maintient les liens Avoir un réseau social important, partager des loisirs, échanger, participer à une association... entretient la mémoire. C’est encore plus significatif en cas d’activité physique combinée. Ce qui compte n’est pas la quantité des liens mais leur qualité : selon une étude rapportée par Hélène Amiéva, le risque de démence est diminué de 23% chez les personnes satisfaites de leurs relations sociales et de 55% « chez celles qui estimaient avoir reçu plus qu’elles n’avaient donné tout au long de leur vie ».   7. On surveille son audition A 60 ans, 40% des individus entendent moins bien. Or, la perte d’audition peut jouer des tours à la mémoire. Une étude (Paquid), réalisée sur 2000 personnes suivies pendant 25 ans, montre, qu’à âge égal, celles qui souffrent de troubles auditifs présentent plus de signes de déclin cognitif que celles qui ont l'ouïe fine. Bonne nouvelle : quand les personnes sont appareillées, cette différence disparaît. A bon entendeur...   8. On affronte les problèmes Une enquête auprès d’hommes de 40 ans, suivis pendant 30 ans, note que les démences de type Alzheimer sont moins fréquentes chez ceux qui, face à une difficulté professionnelle ou familiale, déclarent y penser tout le temps ou souvent par rapport à ceux qui disent oublier immédiatement ou s’arranger pour ne pas y penser. Mieux vaut donc affronter les problèmes que de les fuir pour entretenir notre réserve cognitive.   Brigitte Bègue, journaliste santé

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