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Explorez les tendances qui font évoluer le monde du travail : qualité de vie au travail, protection sociale, évolutions juridiques.
Qui sont les TNS/travailleurs indépendants ?
2 min de lecture Les travailleurs non-salariés sont de plus en plus nombreux. Mais qui sont-ils ? Les chiffres clés du secteur nous donnent une indication sur le portrait type du travailleur indépendant, les secteurs dans lesquels il évolue, les différentes professions concernées ou encore ses revenus. Pour rappel, « Travailleur indépendant » et « travailleur non salarié » (TNS) sont des appellations différentes pour désigner une même réalité : une personne travaillant pour son propre compte, sans aucun lien de subordination avec un supérieur hiérarchique.Il s’agit d’un professionnel exerçant son activité dans un cadre autre que le salariat. Croissance du nombre de travailleurs indépendants : une tendance forte En Europe, des analyses économiques estiment que le nombre de travailleurs indépendants va surpasser celui des salariés d’ici 15 ans. En France, c’est un emploi sur 10 qui est occupé par un travailleur indépendant ! Un nombre en augmentation dû à plusieurs éléments : L’arrivée du statut d’auto-entrepreneur (devenu micro-entrepreneur) qui a simplifié les démarches et limité les charges L’explosion du « freelancing » (quand il n’est pas couplé à une activité salariale traditionnelle) qui séduit en effet de plus en plus de personnes et notamment par exemple les développeurs, designers, graphistes, rédacteurs, traducteurs Retour en chiffres sur cette communauté en pleine expansion : Source INSEE parution datée de 2019 https://www.insee.fr/fr/statistiques/4199203 Micro-entrepreneurs On compte de plus en plus de micro-entrepreneurs. Ils étaient 223 350 en 2016 (dont 51 % étaient actifs et 28 % sans emploi avant la création). Ce sont majoritairement des femmes (59 %) qui travaillent à leur domicile (65 % contre 30 % dans les locaux de clients). Si 82 % d’entre eux sont satisfaits de leur activité d’indépendants et 74 % sont optimistes pour leur avenir, leur revenu moyen mensuel est de 500 € brut. Artisans Un entrepreneur sur 3 est un artisan. Ils étaient 1,1 million en 2016 et sont majoritairement des hommes (78 %) qui travaillent seuls (à 67 % contre 32 % qui possèdent entre 1 et 10 salariés). On note également une forte présence du conjoint collaborateur et un revenu moyen de 2510 € brut par mois. Professions libérales Les professions libérales sont également représentées avec 756 000 indépendants en 2016. Nous les retrouvons majoritairement dans le domaine de la santé (50 %) et la technique (42,2 %) et seulement 7,2 % dans le droit. Ce sont des hommes à 54 % et s’installent en moyenne aux alentours de 38 ans. Le revenu mensuel moyen est de 4250 € brut. On note une hausse de la création d’activités indépendantes dans le domaine du service aux entreprises et de l’expertise. Comment se répartissent les TNS ? Source : INSEE / RSI 2016 Quelle région compte le plus de TNS en France ? Sans surprise, c’est en Île-de-France que l’on trouve le plus grand nombre de travailleurs indépendants (536 000 en 2015), soit un emploi sur 10. Ce mode d’activité a d’ailleurs progressé plus vite que dans le reste de la France entre 2007 et 2015. C’est notamment dans le secteur du service aux entreprises, déjà très présent, que l’on remarque la plus forte progression. À noter également qu’un non salarié sur 5 exerce en parallèle un emploi salarié (notamment pour les jeunes micro-entrepreneurs). Clarisse Maniguet, rédactrice
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Télétravail : comment préserver sa vie personnelle ?
Dans ce contexte, comment faire pour préserver sa vie personnelle et décompresser ?“ D'un côté, j’ai l’impression de ne pas pouvoir me concentrer pleinement sur mon travail pendant la journée et, d’un autre côté, je passe mon temps à dire “attends j’arrive” à mes enfants, explique Guillaume, instituteur dans une école de la Haute-Vienne. Mon travail est totalement bousculé et atomisé en fonction du rythme de mes enfants.” Depuis plus d’un mois, comme beaucoup de Français avec l’entrée en vigueur du confinement, Guillaume est en télétravail. Il doit s’occuper de sa classe de CM1-CM2 à distance mais aussi gérer sa vie familiale, avec sa compagne et ses deux jeunes garçons. Un rythme intense où la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle a tendance à s’estomper. “Au début, il m’est arrivé de répondre à des mails de parents à 19h, puis 21h, une fois jusqu’à 22h30, s’insurge-t-il, plutôt contre lui-même. C’est un engrenage terrible, on a envie de répondre tout de suite mais ce n’est positif pour personne.” Depuis, il s’interdit d’envoyer des mails le soir. Il les rédige mais ne les transfert que le lendemain matin. “Quand c’est l’heure, on arrête” La difficulté du télétravail, d’autant plus avec le confinement qui restreint les sorties, est d’être en permanence chez soi. Tout est fait dans le même lieu avec, généralement, tous les membres du foyer réunis. “Il faut essayer d’agir comme si c’était une journée normale : prendre sa douche, se préparer le matin, fixer ses heures de travail et les respecter, développe Catherine Adler Tal, psychologue. Pendant le travail ne pas se laisser distraire ou, à l’inverse, ne pas le laisser déborder sur le temps de repos : quand c’est l’heure, on arrête!” Mais s’astreindre à cette discipline n’est pas évident avec de jeunes enfants… Pour avoir de vraies plages de travail, Guillaume travaille tard certains soirs... Mais comme les soirées ne suffisent pas, avec sa compagne qui est aussi en télétravail, ils ont décidé de se relayer. “Sur les temps calmes des enfants, quand ils ne font pas leurs devoirs, un de nous deux s’en occupe pendant que l’autre travaille, précise-t-il. Mais le point négatif c’est que nous passons moins de temps ensemble.” Néanmoins, Guillaume espère que les prochaines semaines seront plus calmes. “Tout s’est fait rapidement, adapter mes cours oraux pour qu’ils deviennent des cours “à distance” m’a pris énormément de temps jusqu’à la semaine dernière, conclut-il. Maintenant, j’ai mis en place des projets avec les élèves qui me permettent de préparer les choses en amont, de semaine en semaine, et d’être moins débordé.” Un SAS de décompression et de vraies soirées Pour mieux vivre cette période, quelques astuces peuvent aider les gens en télétravail. “Pour ne pas passer du contexte de travail au contexte familial trop brutalement, il peut être bénéfique d’avoir un sas de décompression, insiste Catherine Adler Tal. Ce rituel qui marque le passage de l’un à l’autre peut par exemple être une douche ou une séance de gym, un moment pour soi.” Et pour bien déconnecter ensuite, on peut mettre son téléphone professionnel à distance ou en mode avion. “En ce moment, les gens savent que vous êtes à la maison, joignable à tout moment, et c’est le danger car il n’y a pas de raison que vous ne répondiez pas, admet Catherine Adler Tal. C’est pour cela qu’il est indispensable de mettre des limites, sinon on peut rapidement être envahi.” Enfin, pour bien déconnecter de sa journée de travail, il faut s’accorder de vrais moments de détente le soir : prévoir des activités qui nous plaisent, si possible en amont pour plus de diversité ! Léa Casian
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Commerces alimentaires et transports : ces secteurs face au confinement
Avec le confinement, les commerces alimentaires, ainsi que le secteur du transport continuent à assurer un service régulier tout en créant des aménagements pour se prémunir et limiter la propagation du coronavirus. Le point sur les difficultés rencontrées et les solutions apportées.
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Confinement : 4 conseils bien-être pour aider ses collaborateurs à rester sereins et efficaces
Le travail à distance, surtout en cette période de confinement, révolutionne le quotidien de certaines entreprises. Mais pour qu’elles soient efficaces à tous les niveaux, y compris sur le plan émotionnel, encore faut-il ...
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Télétravail, coworking… : les opportunités de ces nouvelles formes de travail
Le télétravail comme les réunions à distance et les rendez-vous par téléphone ou visio-conférence, mais aussi l’installation d’espaces de coworking... font aujourd’hui partie intégrante de la vie des sociétés françaises. Et cela d’autant plus en cette période de confinement où ils sont devenus des outils indispensables pour de nombreuses entreprises.
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Comment fonctionne la téléconsultation médicale ?
Mises en place, mais aussi prises en charge et remboursées par l’Assurance Maladie depuis fin 2018, les consultations médicales réalisées à distance depuis son ordinateur, smartphone ou tablette, sont en constante augmentation*. Aussi appelées téléconsultations, elles permettent de rentrer en lien avec un médecin sans sortir de chez soi. Voici la procédure à suivre. * 60 000 téléconsultations remboursées en un an selon le bilan officiel de la CNAM en septembre 2019 Par Florence Massin 1 – C’est quoi la téléconsultation ? Pour faire face aux déserts médicaux, améliorer l’accès aux soins et limiter les déplacements et le recours aux urgences, la consultation médicale à distance est aujourd’hui disponible sur l’ensemble du territoire français. Comment : il suffit de posséder un ordinateur, une tablette ou même un smartphone et une connexion internet suffisamment optimale pour réaliser un examen médical par vidéotransmission. Où : la téléconsultation peut s’effectuer directement depuis votre domicile, dans une pharmacie ou un centre de santé équipé. Dans ce cas, vous pouvez être assisté(e) par un professionnel de santé qui prendra certaines mesures comme votre tension artérielle. Sachez-le : la téléconsultation s’inscrit dans le parcours de soins coordonné. 2 – Avec qui et à quel moment y avoir recours ? Vous pouvez téléconsulter aussi bien votre médecin traitant s’il est équipé, qu’un spécialiste lors d’un rendez-vous fixé à l’avance. Quel que soit le motif de la consultation, c’est le médecin qui jugera de la pertinence d’une prise en charge à distance. Il est cependant nécessaire que celui-ci vous ait déjà consulté physiquement au cours des douze derniers mois. Au moment de la prise de rendez-vous, le praticien envoie un lien au patient, l’invitant à se connecter à un site ou une application sécurisée. Vous n’avez plus qu’à suivre les modalités et vous connecter quelques minutes avant l’heure prévue pour accéder à la salle d’attente virtuelle. La consultation se déroule de la même manière que lors d’un face-à-face. Le paiement se fait en ligne, par virement bancaire ou chèque. Le médecin vous transmet ensuite une feuille de soins par voie électronique ou postale. * Sachez-le : en cette période de confinement entraînée par le coronavirus, l’obligation de passer par son médecin traitant dans le parcours coordonné est levée jusqu’au 30 avril 2020. Chaque patient peut bénéficier d’une téléconsultation avec un médecin quel qu’il soit. 3 – Est-on remboursé ? La téléconsultation est au même prix qu’une consultation traditionnelle, soit entre 23€ et 58,50€ selon la spécialité et le secteur d’exercice du médecin (secteurs 1 ou 2). Les remboursements sont les mêmes avec une prise en charge à 70 % par l’Assurance Maladie ou plus si la téléconsultation porte sur une affection de longue durée, dans le cadre d’une maternité… Le tiers-payant est également appliqué s’il l’était déjà auparavant. 4 – Quelques conseils avant de se lancer . Vérifiez que votre appareil ait suffisamment de charge disponible pour éviter la coupure vidéo en plein milieu de votre consultation. . Si vous en avez un, utilisez un casque avec un micro pour une meilleure qualité de son et testez votre webcam. . Veillez à ce que la consultation se tienne dans un lieu suffisamment calme, qui respectera la confidentialité des propos tenus. Florence Massin
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Management à distance et confinement : comment entretenir le lien avec ses équipes ?
Confinement oblige, de nombreux salariés se sont mis au télétravail. Si le travail à domicile présente certains avantages (réduction des déplacements, hausse de la productivité*...), cette pratique imposée à tous rapidement et subitement nécessite cependant d’adapter les techniques de management. Nos conseils pour continuer à motiver vos équipes. * selon une étude réalisée en 2018 par l’observatoire du télétravail, 57% des enquêtés pensent avoir augmenté leur temps de travail et 86 %, leur productivité. Par Florence Massin 1 – Faire confiance à ses collaborateurs Inutile d’inonder de courriels ou d’appeler toutes les cinq minutes vos collaborateurs pour vérifier qu’ils sont bien à leur poste. Au contraire ! Dans le cadre du télétravail, et d’autant plus dans cette période de confinement, la relation managériale repose sur un principe de confiance. Le manager tient alors un rôle d’animateur-entraîneur, qui fixe des objectifs, définit des moyens, s’appuie et amène son équipe à se développer. 2 – Poser un cadre clair et partagé Faire confiance, c’est aussi leur indiquer que vous restez présent en toutes circonstances et attendez d’eux un certain niveau d’exigence. N’hésitez pas à définir avec chacun(e) des objectifs précis et des dates butoirs par rapport aux projets en cours. Ils doivent sentir que, même s’ils ont une certaine autonomie, vous attendez des résultats et des avancées concrètes de leur part. 3 – Planifier des temps d’appel Si un salarié est en télétravail, il est important qu’il ne sente pas isolé. Rien de mieux que d’instaurer des rituels réguliers (quotidiennement ou au moins 2 à 3 fois/semaine) sous forme de conférences téléphoniques ou vidéo. Cela vous permettra de faire des points réguliers sur la charge de travail, la progression par rapport aux objectifs, les éventuelles difficultés, mais aussi de communiquer sur les réussites, les décisions en cours au sein de la société… Inutile d’y passer trop de temps, mais l’écoute, la communication et la reconnaissance sont indispensables pour maintenir le lien social entre managers et managés et le sentiment d’appartenance à l’entreprise. 4 – S’appuyer sur des outils collaboratifs Face à l’isolement que peut procurer le travail à distance surtout dans un télétravail non préparé et imposé subitement, les échanges entre collègues demeurent nécessaires. Selon une étude en 2018* menée par la plateforme de communication Fuze, sans ce lien qui relie les employés à leur entreprise, la motivation diminue. Pour renforcer ce lien, misez sur des applications numériques comme Zoom, Slack, Workplace, Microsoft Teams, qui permettent de partager des documents, d’organiser des réunions et des projets avec différents collaborateurs, de mener des conversations privées et en groupe(s). Un conseil : faites appel aux équipes informatiques dans la gestion du matériel, car un salarié en télétravail doit posséder les moyens de communication à distance adéquats pour rester serein. * Etude Fuze réalisée auprès de 6 604 collaborateurs travaillant dans des entreprises de plus de 500 collaborateurs, en Allemagne, Australie, Canada, Espagne, États-Unis, France, Pays-Bas, Royaume-Uni et Scandinavie. 5 – Créer des moments de cohésion Les discussions autour de sujets purement professionnels ne compensent pas le manque d’interactions sociales. Il est important, en tant que manager, de proposer régulièrement des pauses (à travers un café virtuel par exemple) avec toute l’équipe en visio-conférence. En plus de favoriser le moral des salariés qui se sentent soutenus dans ce qu’ils vivent, cela est rassurant. Ils retrouvent des repères et des retrouvailles qui amènent du dynamisme. Et n’oubliez pas : en dehors de la période exceptionnelle que nous vivons, il est conseillé de ne pas dépasser 3 jours par semaine de travail à domicile. 6 – Saisir cette opportunité pour développer ses compétences On ne le dira jamais assez, mais quel que soit le poste que vous occupez, c’est en sortant de sa zone de confort qu’on trouve les moyens de faire appel à sa créativité et à ses ressources. C’est ainsi l’occasion, dans cette période, de développer de nouvelles stratégies (résoudre des problèmes de façon collective à travers des plateformes collaboratives depuis chez soi…), des compétences (prise de recul et augmentation de l’autonomie…) et d’apprendre à aller à l’essentiel. Florence Massin
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Management : quelle communication adopter face à une crise ?
Depuis le 17 mars, du jour au lendemain, la plupart des entreprises se sont retrouvées face à un confinement imposé. Certaines sociétés ont vu leur activité chuter, voire ont été obligées de fermer leurs portes et de placer leurs employés en chômage partiel, quand d’autres ont fait face à une explosion de leurs commandes. Même si chaque situation est particulière, certaines règles dans la gestion d’une crise demeurent incontournables. Comment s’y prendre? Par Florence Massin 1 – Repérer les signaux d’alerte Le télétravail étendu et la mise en place d’une communication interne forte et efficace sont devenus « les » solutions pour poursuivre le maintien d’une activité professionnelle dans de nombreux secteurs. Rien d’évident cependant car il s’agit d’un véritable défi pour les managers, qui doivent s’adapter et échanger différemment auprès de leurs équipes. La première mesure à prendre pour chacun d’entre eux : écouter et observer. Démotivation face à la mise en place d’un télétravail non préparé, stress, plaintes et angoisses face à une suractivité non prévue et parfois à un manque de moyens, peur de perdre son emploi… Certains indicateurs doivent attirer leur attention avant même qu’une crise n’éclate. 2 – Echanger avec ses collaborateurs et maintenir le lien Fermer les yeux et rentrer dans le déni représentent ce qu’il y a de pire. Cela fragilise le management. Il est en effet indispensable de prendre du temps pour écouter, parler et échanger avec l’ensemble de ses équipes, de façon collective et individuelle en mettant en place des groupes de discussion depuis des plateformes de visio-conférences (comme Zoom, Slack, Workplace, Microsoft teams, Skype, WhatsApp...). Dans ces moments de doute, aider chacun à verbaliser ses craintes, répondre avec empathie et honnêteté aux interrogations et reformuler ce qui a été dit pour informer que cela a bien été entendu et compris devient essentiel. Il est également important pour chaque manager de continuer à encourager et à montrer sa confiance dans les compétences de ses collaborateurs. 3 – Rester transparent Face aux nombreuses perturbations que peut entraîner une crise, chaque salarié va très rapidement craindre pour son équilibre de vie, son emploi, ses ressources et sa sécurité. Le mieux est de jouer la carte de la transparence en informant sur la situation de façon claire, concrète et précise tout en rassurant. Et rappelez-vous : si vous ne vous exprimez pas, d’autres le feront à votre place, avec souvent de la désinformation. 4 – Transformer une crise en opportunité Une crise bien gérée avec réactivité, écoute et fiabilité est une opportunité pour renforcer la cohésion d’équipe et la robustesse d’une organisation. Cela accroît la confiance que l’on accorde à un manager. Il vous faudra par la suite, en tant que responsable, réaliser un bilan de ce qui s’est produit, des actions menées, des écueils et des réussites engendrées pour en tirer des enseignements et déterminer des axes d’amélioration. 5 – Se préparer pour les prochaines fois Les crises sont imprévisibles et peuvent toucher une société à n’importe quel moment. Il est alors judicieux de s’y préparer. Comment ? Bien souvent en se faisant accompagner par un consultant spécialiste dans la gestion de crise. Forts de leur recul et de leur expertise, ces professionnels aident les sociétés à revoir leur organisation, à former des porte-parole qui seront des piliers au sein de l’entreprise, à planifier différents scénarios et à trouver des solutions adaptées… Une manière d’anticiper et d’apprendre à gérer ces moments plutôt que de les subir. Florence Massin
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Les innovations qui ont marqué 2019, et celles attendues en 2020
L’innovation en santé, florissante en 2019, poursuit sur sa lancée. Impossible de prétendre à l’exhaustivité tant les progrès couvrent des domaines aussi variés que la recherche fondamentale, clinique, technologique mais également organisationnelle, ainsi que celui de la santé publique. Pêle-mêle, voici quelques morceaux choisis. 2019, une année d’innovation
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Sophia, un service d’accompagnement pour les malades chroniques
Sophia est un service d’accompagnement pour les patients atteints de diabète ou d’asthme. Proposée par l’Assurance maladie, cette plateforme vise à améliorer leur qualité de vie et à réduire au maximum les risques.
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Du nouveau dès 2020 pour les aidants
Un Français sur six soutient un proche en perte d’autonomie, que ce soit pour des raisons liées à l’âge, à un handicap, à une maladie chronique ou invalidante. Ce rôle compromet sa vie privée, professionnelle, sa santé et même, sa scolarité. En effet, 40 % des jeunes aidants ont moins de 20 ans.
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Les villes aidantes Alzheimer
L’association France Alzheimer a créé l’initiative “Ville aidante Alzheimer”. Depuis son lancement, en septembre dernier, plus de 170 collectivités ont signé cette charte. Explications.Le 12 novembre 2019, Nîmes a signé la charte “Ville aidante Alzheimer” avec l’association Alzheimer France Gard.
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Que retenir de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) pour un chef d’entreprise ?
Ce texte de loi est, comme chaque année, riche en mesures touchant la santé publique, le système de soins, les prises en charge financière mais aussi les cotisations sociales. Nous présentons ci-dessous les mesures en faveur des salariés dans le cadre de leur emploi et concernant la santé.
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Santé, Bien-être et Qualité de vie au travail : le coût caché de l’absentéisme
108 Milliards d’€, ce serait, d’après l’ISEOR (Institut de Socio- Economie des Entreprises et des Organisations), le coût caché de l’absentéisme dans les entreprises en France. Basée sur l’observation approfondie de 2000 entreprises et organisations depuis 1974, de taille et de secteur très variés, l’étude permet de préciser les causes de l’absentéisme, son impact économique et propose des solutions pour le réduire. En voici les principaux enseignements.
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Le 100% santé : déploiement de la première phase en optique et dentaire
Le 100% santé recouvre une série de mesures, mises en place progressivement par les pouvoirs publics, à compter du 01/01/2019 et qui vont s’étaler jusqu’en 2021*. Ces mesures visent à lutter contre le renoncement aux soins de certains français sur les 3 postes suivants : optique, dentaire et aides auditives. Elles reposent sur 3 principes : Le respect, par les professionnels de santé, des prix de certains dispositifs et équipements optique, dentaire et audioprothèse plafonnés réglementairement. Le remboursement, de façon à ne laisser aucun reste à charge, de ces dispositifs et équipements, en optique et audioprothèse et pour une partie des prothèses dentaires. Ce remboursement est obtenu par une hausse progressive des remboursements de la Sécurité sociale et par un complément à hauteur des prix plafonnés (100%) par la mutuelle. Pour permettre ce remboursement sans reste à charge, La Mutuelle Générale vous propose des contrats santé mis en conformité à cette nouvelle définition du Contrat Responsable à compter du 01/01/2020. A partir du 1er janvier 2020 En optique : l’ensemble des opticiens doit proposer la gamme de verres et une gamme de 37 montures à prix plafonnés, permettant un remboursement sans reste à charge de la part de la mutuelle (remboursement de la Sécurité sociale inclus). ** En dentaire : le chirurgien-dentiste, pourra, sur demande, proposer, 14 actes prothétiques (prothèses fixes comme certaines couronnes et bridges, en fonction du matériau et de la position dans la bouche), permettant un remboursement sans reste à charge de la part de la mutuelle (remboursement de la Sécurité sociale inclus). En audioprothèse : le prix plafonné des prothèses est établi à 1 100 euros. Le remboursement sans reste à charge n’entrera cependant en vigueur qu’au 01/01/2021. En pratique, pour bénéficier de ces dispositions Les professionnels de santé doivent proposer un devis, qui en optique comporte obligatoirement un équipement bénéficiant du 100% santé (prix plafonné et remboursement sans reste à charge). Pour le dentaire, le chirurgien-dentiste doit également réaliser un devis qui prévoit le plan de traitement envisagé. Il est tenu d'informer le patient d'une alternative 100% santé ou tarif maîtrisé. Votre entreprise continuera à bénéficier des exonérations sociales et fiscales (prévues à l’article 83*** du Code général des Impôts) à condition d’avoir mis en conformité votre contrat de complémentaire santé. Dans le cas où vous (ou la branche professionnelle dont vous dépendez) n’auriez pas conclu d’accord, vous devez rédiger une Déclaration Unique de l’Employeur (DUE) pour acter cette mise en conformité. *Les mesures de plafonnement des prix des prothèses et équipements pourraient continuer en 2022 en fonction des résultats observés concernant les pratiques des professionnels de santé en audioprothèse et dentaire. ** A noter que pour les autres montures, le contrat complémentaire santé ne pourra désormais rembourser que 100 euros, remboursement de la Sécurité sociale compris.et 154 bis pour les Travailleurs Non-Salariés.
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Qui sont les infirmiers en pratique avancée ?
Les premières promotions d’infirmiers-ères en pratique avancée sont actuellement en formation. C’est en quelque sorte un nouveau métier d’infirmier aux compétences élargies, dont la finalité est d’améliorer l’accès aux soins. Les premiers exerceront dès 2020.
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La complémentaire santé des professionnels indépendants : les avantages de la loi Madelin
Créée en 1994, la loi Madelin permet aux travailleurs non salariés (TNS) de déduire leurs cotisations santé de leur revenu imposable dans la limite d’un plafond fiscal. Voici nos explications. Qu’est-ce la loi Madelin ? Contrairement à un grand nombre de salariés du secteur privé, les professionnels indépendants ne peuvent pas bénéficier de couverture santé collective proposée par leur entreprise et qui permet d’avoir une cotisation avantageuse, souvent moins chère qu’avec un contrat individuel. La loi Madelin a permis la mise en place d'un dispositif spécialement conçu pour les Travailleurs non-salariés afin de réduire les différences de protection avec les salariés. Ainsi, les cotisations d’un contrat santé Madelin peuvent être déduites du revenu imposable dans la limite d'un plafond fiscal. Ce dernier est notamment calculé en fonction des revenus et n’est pas atteint dans la majorité des cas, permettant alors de déduire la totalité des cotisations santé. Dans le cadre de la loi Madelin, il est également possible de se protéger avec un contrat de prévoyance et de retraite. Un contrat de santé Madelin : pour qui ? Les contrats Madelin sont réservés aux travailleurs non salariés (hors secteur agricole) : les artisans, les commerçants, les professions libérales et certains chefs d'entreprise (selon le statut de la société choisi lors de la création de celle-ci). Peut-on faire bénéficier un contrat santé Madelin à sa famille ? Le régime maladie obligatoire des TNS diffère de celui des salariés : il s'agit du Régime Social des Indépendants (RSI). Si votre conjoint et vos enfants sont affiliés comme vous au RSI, vous pouvez déduire l'intégralité de la cotisation de votre contrat famille. Sinon, vous ne déduirez que la partie de la cotisation qui vous concerne. Pourquoi souscrire à une complémentaire santé Madelin ? La loi Madelin permet aux travailleurs non salariés de déduire leurs cotisations santé de leur revenu imposable dans la limite d’un plafond fiscal. L'envoi de l'attestation de déductibilité du contrat de frais de santé loi Madelin est automatique. Celle-ci est éditée 1 fois par an et 1 mois après la fin de l’exercice fiscal. Outre la déduction fiscale, les contrats de mutuelle santé Madelin sont dédiées aux besoins des TNS et permettent de bénéficier de garanties personnalisables. Ainsi, en souscrivant à une mutuelle Madelin, certaines dépenses, non remboursées par l’Assurance maladie (séances d’ostéopathie, de chiropractie…), peuvent être prises en charge et vous pouvez être mieux remboursés sur les frais optiques et dentaires. Vous souhaitez en savoir plus ? Les conseillers de La Mutuelle Générale vous répondent au 30 35 (appel gratuit depuis un poste fixe), ou vous pouvez obtenir directement un devis en ligne en cliquant ici.
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Accident du travail : quelles démarches ?
Les accidents du travail sont pris en charge par la Sécurité sociale et l’employeur pour les salariés. En revanche, les travailleurs indépendants doivent prendre une assurance complémentaire pour couvrir ce risque. Explications. 626 227 accidents du travail ont été recensés chez les salariés en France pour l’année 2016. Une tendance à la baisse depuis de nombreuses années selon la Caisse nationale de l’Assurance Maladie des travailleurs salariés (Cnamts). Aujourd’hui, un accident du travail, pour être reconnu comme tel, doit avoir lieu soudainement par le fait ou à l’occasion du travail et entraîner une lésion corporelle ou physique. Ils incluent les accidents de trajet, c’est-à-dire les incidents survenus sur le trajet pour aller et venir du domicile et du lieu de repas. Evidemment, en cas de problèmes durant un stage, un déplacement professionnel ou lors d’une pause sur le lieu de travail, il pourra aussi être reconnu comme accident du travail. En cas d’arrêt de travail, des indemnités journalières seront perçues par la personne concernée et les frais médicaux liés à l’incident seront pris en charge. Mais les droits ne sont pas les mêmes pour les salariés et les travailleurs indépendants. Les frais de santé pris en charge à 100% pour les salariés Tous les salariés sont couverts en cas d’accident du travail. Lorsque l’incident se produit, ils doivent avertir leur employeur dans les 24 heures qui suivent et lui fournir un certificat médical. Ce document sera aussi transmis à l’organisme d’assurance maladie dont dépend le salarié, comme la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) pour ceux affiliés au régime général. Si l’incident entraine un arrêt de travail, un médecin doit établir un certificat d’arrêt de travail qui sera transmis à l’entreprise. De son côté, l’employeur informé de l’accident du travail de son salarié dispose de 48 heures pour le déclarer à la caisse d’assurance maladie. Tous les frais de santé liés à l’accident du salarié sont pris en charge à 100% par la Sécurité Sociale à l’exception des dépassements d’honoraires des médecins. En cas de cessation d’activité, l’employé perçoit des indemnités journalières versées par son organisme d’assurance maladie. Elles sont calculées à partir du salaire journalier, obtenu en divisant le montant du salaire brut par 30,42. Du 1er au 28ème jour d’arrêt, l’indemnité journalière est égale à 60% du salaire journalier de base. A partir du 29ème jour, elle est majorée à 80%. Pour un employé touchant 2000 euros brut par mois, il percevra d’abord 39,44 euros par jour, puis 51,93 euros à partir du 29ème jour. L’employeur peut choisir de verser des indemnités complémentaires au salarié ou de maintenir son salaire en totalité. Dans ce deuxième cas, l’entreprise perçoit les indemnités journalières. Enfin, le salarié peut obtenir une rente d’incapacité s’il garde des séquelles de son accident. Des droits différents pour les travailleurs indépendants Pour les travailleurs indépendants, les garanties ne sont pas les mêmes en cas d’accident du travail et d’arrêt de leur activité. Les artisans et les commerçants, par exemple, ont le droit de toucher des indemnités journalières que si leur arrêt de travail est supérieur à sept jours. Dans ce cas, ils les perçoivent au bout du quatrième jour, après trois jours de carence. De plus, leurs frais de santé liés à l’accident ne sont pris en charge qu’à 70% par la Sécurité sociale. Il est donc préférable que ces travailleurs indépendants souscrivent un contrat de prévoyance auprès de la CPAM ou d’un assureur privé qui les prendra en charge à 100% et leur versera une indemnité en capital ou une rente en cas d’incapacité permanente de travail. Même conseil pour les professions libérales pour qui le risque accident du travail n’est pas couvert par leurs régimes de protection sociale. Léa Casian
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Comprendre les cotisations d’une complémentaire santé
Depuis le 1er janvier 2016, chaque entreprise doit faire bénéficier ses salariés d’une couverture santé proposant des garanties minimales et la financer au moins pour moitié. Le tarif (ou cotisation) de cette complémentaire santé collective et obligatoire est ...
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Identifier et prévenir le burn-out
Particulièrement exposés au risque de burn-out, les dirigeants d’entreprise doivent apprendre à en détecter les premiers signes chez eux et chez leurs collaborateurs. Trois millions de personnes concernées Le burn-out, ou « syndrome d’épuisement professionnel » est une maladie reconnue par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), qui le caractérise par un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail. Avec trois millions de Français concernés (1), le burn-out est la première cause d’absentéisme prolongé. Les dirigeants de PME sont particulièrement exposés aux différents facteurs de stress : surcharge de travail, pression due aux délais ou aux objectifs, surinvestissement psychologique ou social, conflits de valeurs… 10 % d’entre eux présenteraient des signes caractéristiques de l’épuisement professionnel (1). Les quatre étapes du burn-out Les symptômes du burn-out apparaissent de façon progressive, suivant un processus en quatre étapes : Stress chronique : il devient difficile de se reposer et de récupérer. La fatigue s’accumule. Résistance : la personne s’est habituée à cet état de stress permanent, dont elle n’a plus l’impression de ressentir les effets. C’est le début du déni. Rupture : le corps atteint ses limites. Les symptômes de stress, qui avaient disparu, reviennent de façon critique et irréversible si une prise en charge médicale n’intervient pas. Burn-out : les digues du système de défense physique et psychique ont cédé. L’individu entre en phase dépressive, avec une angoisse permanente. Il est, hélas, trop tard pour réagir : un arrêt maladie et un accompagnement psychothérapeutique au long cours s’imposent. La prévention du burn-out Un burn-out laisse des traces durables sur la personne concernée et sur son entourage. Le prévenir est donc essentiel. Cela passe, naturellement, par la formation des managers de terrain, qui doivent être en mesure d’identifier les premiers signes de sur-stress : irritabilité, repli sur soi, désengagement professionnel … Mais le risque de stress ne doit pas uniquement être appréhendé de façon individuelle. Le dirigeant doit également s’interroger sur les contraintes que génère l’organisation de son entreprise sur ses collaborateurs : La charge de travail et les objectifs sont-ils réalistes ? Les urgences sont-elles hiérarchisées ? Les collaborateurs sont-ils placés en situation de concurrence malsaine ? Le travail est-il parcellisé au point que les collaborateurs ne voient pas la finalité de leurs actions ? Des temps d’échanges collectifs sont-ils organisés ? Les chefs d’entreprise doublement concernés Les manifestations du burn-out sont les mêmes pour tous, salariés ou dirigeants d’entreprise : stress, irritabilité, troubles du sommeil, difficultés à se concentrer… En revanche, les causes sont spécifiques, très souvent liées aux enjeux de la direction d’une entreprise : les problèmes de trésorerie et la peur d’engager son patrimoine familial sont reconnues comme des sources de stress intense. Angoissante pour tout un chacun, la peur de l’échec est encore plus difficile à vivre pour un dirigeant d’entreprise : un dépôt de bilan peut en effet déboucher sur des pertes financières, des licenciements, une interdiction de gérer, la mise en péril de l’équilibre familial et une blessure narcissique profonde. Performance et risque pénal Prévenir le burn-out du dirigeant bénéficie à l’ensemble de l’entreprise : dans une PME, la fragilité physique et mentale du dirigeant a tendance à se propager à l’ensemble des équipes. C’est bel et bien un enjeu de performance pour l’entreprise : cela permet de réduire l’absentéisme de longue durée, de maintenir la cohésion des équipes et de garantir la santé de l’entreprise. Mais c’est aussi une obligation juridique : l’employeur est en effet pénalement responsable de la santé et de la sécurité de ses collaborateurs. Les premiers signes de fatigue psychique ne doivent pas être ignorés : il faut agir vite, sans attendre que le burn-out se déclare. Le regard extérieur d’un proche ou celui d’un médecin peuvent aider le dirigeant d’entreprise à prendre conscience de son état : leurs conseils ne doivent pas être pris à la légère. (1) Source : « Étude clinique et organisationnelle permettant de définir et quantifier le burn-out », étude publiée par le cabinet Technologia en février 2014.
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Mettre en place le Compte Personnel de Formation (CPF)
Institué par la loi n° 2014-288 du 5 mars 2014 (1), le compte personnel de formation (CPF) se substitue au Droit individuel à la formation (DIF). Il en reprend le principe tout en présentant des différences importantes.
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Protection juridique pro : une garantie pour se prémunir contre les litiges
Le dirigeant d’entreprise n’a pas toujours le temps ou les compétences juridiques pour gérer une procédure judiciaire. Souscrire une garantie protection juridique lui permet de se faire accompagner techniquement et financièrement. Des litiges variés Un salarié conteste son licenciement ; un fournisseur livre des produits qui se révèlent défectueux sur la chaîne de montage ; l’administration fiscale veut procéder à une vérification comptable ; un client porte plainte après avoir constaté une rupture de la chaîne de froid dans la livraison de denrées alimentaires… Les chefs d’entreprise sont exposés à de nombreux litiges de natures et d’ampleurs très diverses. Ces problèmes sont plus courants qu’on ne le pense : près d’un chef d’entreprise sur deux a déjà été amené à exercer une action en justice (1), avec, dans certains cas, des conséquences financières dramatiques. Même quand elles s’avèrent anodines au plan financier, ces procédures mobilisent toujours beaucoup de temps et d’énergie. Elles peuvent aussi nuire à l’image de l’entreprise et dégrader les relations de partenariat du dirigeant avec ses clients ou des fournisseurs. Se concentrer sur son activité Un contrat de protection juridique joue, comme son nom l’indique, un rôle de bouclier protecteur de l’entreprises contre les litiges explicitement mentionnés : en général vis-à-vis des clients, des fournisseurs, des salariés et de l’administration fiscale. Mais si le contrat le prévoit, d’autres litiges peuvent également être pris en charge : avec un bailleur, des voisins, l’Urssaf ou tout autre administration, par exemple. Accompagné durant toute la procédure, le chef d’entreprise peut se concentrer sur son cœur de métier. La garantie de protection juridique prend en effet en charge, dans la limite d’un plafond défini par le contrat : les honoraires d’un avocat librement choisi ainsi que les frais de procédure judiciaire ; le suivi de la procédure par un juriste spécialisé ; les frais d’expertise ; les honoraires d’un expert-comptable et d’un avocat en cas de vérification et de redressement fiscal. Être accompagné pour prévenir les litiges Les contrats de protection juridique prévoient également l’accès permanent à une équipe de juristes spécialisés capables de répondre à toutes les questions relevant du droit des affaires (droit du travail, de la consommation, droit administratif, droit fiscal, etc.) Ils peuvent ainsi prévenir bien des litiges en accompagnant le chef d’entreprise et ses collaborateurs dans la rédaction ou la relecture d’un contrat, en vérifiant la conformité fiscale d’une opération comptable, en sécurisant une procédure de licenciement … Si, malgré tout, un litige survient, ces juristes peuvent négocier avec la partie adverse pour obtenir une résolution amiable, évitant ainsi les frais et les délais d’une procédure judiciaire. Là encore, si des expertises sont nécessaires, leur coût peut être pris en charge par le contrat de protection juridique. (1) Source : étude « Les dirigeants d’entreprises et l’assurance de biens et de responsabilité » réalisée en 2011 par TNS Sofres pour la FFSA (non disponible en ligne). La Mutuelle Générale propose Helpeo Pro : La protection juridique des travailleurs indépendants. Cliquez ici
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Vie professionnelle et personnelle : trouver le bon équilibre
Pour se pas se laisser envahir par le travail, culpabiliser parce que l’on ne s’occupe pas assez des siens ou inversement… les conseils pour harmoniser sa vie entre travail, enfants, amis et loisirs. La réussite ? Un bon équilibre entre vies privée et professionnelle Culpabilité, manque de temps ou de finances… l’équilibre entre carrière et vie privée est un souci rémanent, principalement chez les femmes, selon un sondage. Près de 70% d’entre-elles déclarent vouloir mener de front vie "pro" et vie "perso" (1). 50 % des femmes sans enfants prévoient néanmoins de ralentir le rythme de leur vie professionnelle lorsqu’elles deviendront mères de famille. A noter, en une décennie, constate cette enquête, la définition de la réussite a totalement changé : les femmes actives modernes ne recherchent pas uniquement du pouvoir ou un salaire confortable, elles préfèrent associer un emploi épanouissant et un bon équilibre entre travail et vie privée. Comment mieux gérer travail, famille et couple Envisager une certaine flexibilité des conditions de travail Deux tiers des mères en France (66%) aimeraient bénéficier de conditions de travail plus flexibles pour mieux conjuguer vie professionnelle et vie personnelle. Cette souplesse est l’une des revendications de la plupart des cadres issus de la génération Y, hommes comme femmes. Par flexibilité, on peut entendre la mise en place de périodes de télétravail, sur le mode d’une journée fixe dans la semaine ou mobile en fonction des besoins, des assouplissements d’horaires réguliers. Cela demande de rompre avec les cultures d'entreprises qui font encore de la présence un signe de motivation.Malheureusement, beaucoup de femmes optent pour le temps partiel, au détriment de leur carrière (et de leurs trimestres de cotisation). Des initiatives existent cependant de la part de certaines entreprises, avec des mesures de soutien comme la dédramatisation des absences, la modulation des horaires pour les familles monoparentales ou le fait de ne plus programmer les réunions après 18 heures et le mercredi. S’entourer d’une ou de plusieurs personnes de confiance L’idéal est de s’entourer de baby-sitters ou de personnes de confiance, à défaut de proches qui soient disponibles au moindre imprévu (fièvre d’un enfant) ou pour des rendez-vous impossibles (rendez-vous chez l'orthodontiste) à concilier avec un emploi, des horaires fluctuants ou des déplacements. Et, si les finances le permettent, s’octroyer quelques heures par une personne de ménage chaque semaine pour profiter du temps libre en famille ou en couple. Le mot- d’ordre : or-ga-ni-sa-tion C'est bien la difficulté de l'organisation qui mine la vie professionnelle. La notion de charge mentale - le fait de devoir penser à tout, tout le temps- pèse sur le quotidien. L’idée est de la partager avec le conjoint. Parmi les pistes d’organisation, élaborer des menus hebdomadaires pour les repas, fixer les jours où chacun ira chercher l’enfant à l’école, répartir les tâches ménagères, se faire livrer les courses à domicile, organiser une sortie « marché-produits frais » le samedi en famille, prioriser, mettre les enfants à contribution tôt (mettre le couvert par ex.), constituer des listes, effectuer les réservations et un maximum de démarches administratives en ligne… S’accorder des pauses incompressibles S’aménager du temps pour soi (sport, amis), pour sa famille, pour son couple est essentiel. Sans culpabiliser. C’est aussi savoir séparer chaque domaine. Mais concilier travail et vie privée ne signifie pas la même chose pour tous ; certains accorderont plus de temps au travail pendant la semaine, et feront un break total le week-end, d’autres raccourciront leurs journées en acceptant de travailler un peu ou de rester connecté à l'entreprise en fin de semaine. Source (1) Etude « What women want @ work »/LinkedIn, mars 2013, sur plus de 5 000 femmes de plusieurs pays européens dont la France.Hélène Joubert, journaliste
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Une nouvelle plateforme pour évaluer les médicaments et les dispositifs médicaux
La Haute autorité de santé (HAS) a mis en place la plateforme Sésame en avril dernier. Celle-ci enregistre les dépôts en ligne des dossiers d’évaluation des médicaments et des dispositifs médicaux. Ainsi, les échanges avec la HAS seront simplifiés.
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Refuser de travailler avec une douleur chronique
Taboue ou ignorée… la douleur chronique au travail est pourtant omniprésente. Elle impacte dans leurs tâches deux tiers des travailleurs, ce qui se traduit par 88 millions de journées annuelles d’arrêts de travail en France. Souffrir en silence, se taire, n’est pas la bonne attitude, car cela peut au contraire aggraver la douleur et compromettre l’avenir professionnel et la qualité de vie.
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Comment améliorer l’environnement de travail ?
Pouvoir bien travailler et préserver sa santé est lié, en partie, à la mise à disposition de cadres non seulement matériels mais également immatériels adaptés aux activités du travailleur. Or, souvent, ces conditions ne sont pas réunies. C’est pourquoi, la recherche de solutions passe par la résolution de problèmes techniques et organisationnels mais aussi par la reconnaissance du travail et de difficultés courantes rencontrées dans sa réalisation.
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Les entreprises en croisade contre le mal de dos
Deuxième volet d’une grande action contre le mal de dos, la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) a lancé fin 20181 une campagne de lutte contre la prolifération des lombalgies dans le monde du travail. L’occasion de revenir sur l’augmentation d’un mal propre à l’époque2. Les lombalgies, fléau physique et économique Tendinites, troubles articulaires… Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) sont un véritable problème en entreprise. Parmi eux, les lombalgies – communément appelées lumbago - troublent souvent le bien-être des salariés, et, par ricochet, ont un véritable impact sur l’activité économique de leurs employeurs. Les chiffres le prouvent : les lombalgies sont la deuxième cause de recours au médecin traitant, représentent 20% des accidents du travail3 - suivis de deux mois d’arrêts en moyenne4 -, et 7% des maladies professionnelles. La CNAM évalue le nombre de journées de travail perdues à 12,2 milliards, soit l’équivalent de 57 000 emplois à temps plein. Ces maladies pèsent directement sur les finances des employeurs, par l’intermédiaire des cotisations. Mais elles ont aussi un coût indirect, via la désorganisation des équipes et les salaires de remplacement qu’elles peuvent nécessiter. C’est pour s’attaquer au problème que l’Assurance Maladie a lancé une première campagne de sensibilisation auprès des particuliers en 2017, ainsi que l’application Activ’Dos5, pour les pousser à s’exercer physiquement. Facteurs de lombalgies au travail Mais le travail lui-même peut-être la source de ces maux lombaires. Parmi les facteurs aggravant les risques de lombalgies aiguës, on retrouve par exemple la manutention manuelle, l’exposition aux vibrations, le travail physique dur ou les postures pénibles sous contraintes. Cela explique que des secteurs comme les transports, le soin à la personne, la gestion des déchets, le commerce ou le bâtiment soient tout particulièrement touchés par la question6. Cela dit, tous les secteurs sont concernés dans la mesure où de nombreux facteurs récurrents dans le milieu du travail favorisent les risques de lombalgies chroniques, comme le rappelle l’Institut National de Recherche et Sécurité. Stress, insatisfaction au travail, contraintes psychosociales ou même absence de culture de la prévention dans l’environnement professionnel font partie du problème. Quels réflexes adopter ? C’est la raison pour laquelle l’Assurance Maladie souhaite désormais travailler auprès des employeurs. Elle recommande de se reposer aussi bien sur les services de ressources humaines ou les salariés eux-mêmes que sur des acteurs externes (Caisse d’Assurance Retraite et Santé au Travail, expert extérieur) pour s’attaquer au problème7. Et en pratique, diverses pistes sont envisageables : L’environnement de travail est plutôt statique ? Fournir des sièges ergonomiques aux collaborateurs peut se révéler payant sur le long terme. Travailler sur l’organisation de leur espace de travail (hauteur du siège, inclinaison de l’ordinateur) aussi, afin d’éviter les tensions dans les épaules et les cervicales. Le travail est plutôt physique ? Analyser les sollicitations biomécaniques que sont les gestes répétitifs ou l’amplitude musculaire nécessaire aux tâches peut être un premier pas pour réfléchir à des manières de ménager les efforts des employés. Dans tous les cas, la prévention fait partie du traitement : parlez-en avec vos collaborateurs. Louisah Tamaldi Pour aller plus loin : « Mal de dos, quels sont les remèdes vraiment efficaces ? », Grand bien vous fasse, France Inter « Mal de dos au travail : quelles solutions ? », Santé Magazine, 19.03.2018 Comment agir efficacement contre le mal de dos dans votre entreprise, ameli.fr, 23.11.2018 Sources : Le mal de dos coûte 12,2 millions de jours de travail aux entreprises, le Parisien, 05.11.2018 Mal de dos au travail, comment l’éviter, Challenges, 20.04.2018 Travail et Lombalgie, INRS, 2018 Lutter contre le mal de dos, une priorité pour les entreprises, ameli.fr, 23.11.2018 Activ’Dos, l’application pour smartphone qui prend soin de votre dos, service-public.fr, 12.04.2018 Les secteurs d’activité les plus touchés par le mal de dos, ameli.fr, 23.11.2018 Des acteurs, des ressources et des outils pour vous aider, ameli.fr, 23.11.2018
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Droit à la déconnexion, une réalité ?
On a beaucoup écrit sur le droit à la déconnexion, cette nouvelle disposition prévue dans la Loi Travail ou Loi El-Khomri, entrée en vigueur le 1er janvier 2017. Les modes de travail évoluent, le lieu de travail n’existe plus dans bien des secteurs, les salariés sont de plus en plus connectés en dehors des horaires de bureau … Alors en vacances, on oublie tout ? Le droit du travail à l'ère du digital Le travail s’est transformé dans de nombreux domaines et le digital est devenu omniprésent. La frontière entre vie professionnelle et personnelle est parfois très mince, le temps de travail est souvent discontinu… Une réalité qu’il a fallu encadrer. La Loi Travail, adoptée le 21 juillet 2016, a pour cette raison créé les protections nécessaires à la santé des salariés et un droit à la déconnexion est désormais inscrit dans la loi (article 55 de la loi, chapitre II « Adaptation du droit du travail à l'ère du numérique »). C'est une première. Qui est concerné par le droit à la déconnexion ? La finalité du droit à la déconnexion est de lutter contre le risque de burn-out ou épuisement professionnel, en favorisant la conciliation entre le travail et la vie privée. Tous les salariés sont concernés, télétravailleurs et/ou cadres etc. Ils doivent être dégagés de toute possibilité de se connecter aux outils numériques et d’être contactés lorsqu’ils sont en congés payés, en réduction du temps de travail (RTT), le soir et les week-ends (en fonction de leur contrat de travail). En pratique, depuis le 1er janvier 2017, le droit à la déconnexion doit être débattu lors de la négociation annuelle obligatoire sur la qualité de vie au travail et faire l’objet d’un accord d’entreprise sur ses modalités d'exercice, des actions de formation et de sensibilisation, d'actions de sensibilisation à un usage raisonnable des outils numériques. Pour autant, il n’existe aucune obligation d’aboutir à un accord entre les représentants du personnel, syndicaux et la direction. Aucune sanction n’est prévue pour l’employeur. Les Français "déconnectent-ils" ? Des cadres hyperconnectés et un droit à la déconnexion peu présent : c’est en substance le bilan d’un sondage Ifop réalisé pour l’entreprise Securex*. Quelques mois après la promulgation de la loi, peut-être encore trop récente, un peu plus de la moitié des cadres sondés (52%) affirme que leur entreprise ne s'est pas "engagée dans l'application" de ce droit. Cette proportion s’élève à 63% dans les entreprises de moins de 50 salariés. Parmi les 48% qui estiment au contraire que leur entreprise s’est engagée dans l’application de ce droit, seuls 21% déclarent qu’elle a déjà mis en place des mesures concrètes. Selon ce sondage, les trois quarts des cadres (78%) consultent leurs communications professionnelles (e-mails, SMS ou appels) pendant les congés et les week-ends. La moitié considère comme un facteur de stress cet accès aux communications professionnelles. 89% des professions libérales consultent leurs communications professionnelles pendant les week-ends et les vacances, davantage que les cadres de la fonction publique (80%) et que les cadres d’entreprises (76%). De plus, 88% estiment que la qualité de vie au travail n’est pas correctement prise en compte par les entreprises. Au final, le sentiment que le droit à la déconnexion est peu considéré par leur entreprise est prégnant. Pourquoi sommes-nous de plus en plus connectés à notre travail ? La recherche de réassurance et la difficulté de déléguer sont les raisons prioritaires de consultation des communications professionnelles hors du temps de travail. Au sein des cadres concernés, une majorité (51%) consulte d’abord ses communications professionnelles pour s’assurer qu’il n’y a pas de problèmes en son absence. Mais les justifications sont multiples, comme une difficulté à déléguer, la nécessité permanente de réactivité au quotidien ou se ménager un retour sans débordement de travail (31% des sondés). En revanche, la peur de manquer des opportunités professionnelles est peu citée, par seulement 11% des cadres interrogés. Mais les sons de cloche peuvent différer. Un sondage réalisé en juillet 2018** évalue à 59% le pourcentage des Français qui ne sont pas du tout dérangés par cette continuité avec leur travail. Selon cette même enquête, les Français en vacances sont plus de 42% à regarder leurs emails professionnels plusieurs fois par jour. Mais « grâce aux nouvelles technologies, 79% déclarent passer de meilleures vacances » et 61% déclarent ne pas être « accro au boulot » ! Hélène Joubert, journaliste * https://www.securex.fr/sites/default/files/2017-09/CP-Etude-Securex---Lhyper-connexion-au-travail---2017.pdf ** Qapa.fr ; https://www.hr-voice.com/communiques-presse/en-vacances-pourquoi-les-francais-restent-ils-de-plus-en-plus-connectes-a-leur-travail/2018/07/10/
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Les nouveautés dans la formation des médecins
Au mois de janvier, le gouvernement va présenter les axes de la réforme du premier cycle des études de santé. Des changements importants sont attendus. “Nous sommes tous passés par la PACES [Première année commune aux études de médecine], on a tous vu le calvaire que c’était et les risques psycho-sociaux encourus par les étudiants, explique Pierre-Adrien Girard, Vice-Président de l’Association Nationale des Étudiants en Médecine de France (ANEMF), en charge de la PACES. Un tiers des connaissances est inutile, elles ne servent qu’à départager les candidats pour passer en deuxième année.” La suppression de la PACES, dès 2020, ravit donc les premiers concernés. Portail santé ou portail de licence Pour remplacer le système actuel, deux filières vont être créées : portail santé et portail de licence. Selon le rapport sur la refonte du premier cycle des études de santé commandé par les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur et rédigé par le Professeur Jean-Paul Saint-André, les bacheliers auront deux voies pour accéder à la deuxième année de médecine. La première consistera en une première année universitaire générale en santé avec, en plus, des heures de cours d’une autre filière universitaire au choix. Par exemple, une licence portail santé avec une mineure histoire. La seconde option est une licence universitaire au choix, avec en en parallèle des cours en santé qui constitueront l’enseignement mineur des étudiants. Par exemple, une licence mathématique avec une mineure santé. Pour les élèves de portail santé, pas de redoublement possible. En cas d’échec pour entrer en deuxième année de médecine, ils peuvent être réorientés en portail de licence. A chaque niveau de portail de licence (L1, L2 ou L3), la mineure santé permet aux élèves d’intégrer la deuxième année de médecine. Tous les élèves ont donc trois chances, tout en validant leur licence majeure. Néanmoins, le contenu des programmes et les critères de sélections restent à définir. Ils devraient être détaillés prochainement par le gouvernement, quand il présentera la réforme du premier cycle des études de santé. Mais, une certitude déjà : plus de concours pour passer en deuxième année de médecine, 60% des places seront réservées aux étudiants du portail santé et 40% pour ceux du portail de licence. Une solution pour diversifier les profils des futurs médecins. Une meilleure répartition des médecins au niveau local Toujours dans le cadre de cette réforme, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait annoncé en septembre dernier la suppression du numerus clausus dès 2020. Chaque année, le ministère de la Santé et l’Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé (ONDPS) fixent par arrêté ministériel le nombre de places autorisées en deuxième année de médecine pour l’ensemble de la France. Ces dernières années, le nombre de places a augmenté, mais reste encore trop faible pour pallier au manque de praticiens. Désormais, ils fixeront des objectifs pluriannuels sur cinq ans que les Agences régionales de santé (ARS) et les universités seront chargées d’appliquer au niveau local. “Il y aura toujours une régulation des flux d’étudiants, poursuit Pierre-Adrien Girard. Mais les ARS et les universités décideront combien de médecins sont nécessaires dans leur région et les capacités d’accueil pour les former.” Sur le long terme, l’objectif consiste à répondre au besoin réel de médecins en fonction des régions. Léa Casian
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Faire du sport au travail
De la salle de sport aux rendez-vous jogging entre collègues, la pratique du sport augmente dans les entreprises françaises. Les bénéfices sont importants, aussi bien pour les salariés que pour les employeurs. Abdel va à la salle de sport entre deux et quatre fois par semaine. Petite particularité, celle-ci se trouve sur son lieu de travail. Un accès facile entre deux voyages, à la pause déjeuner ou après une longue journée. “Le sport joue un rôle de sas de décompression, assure l’intéressé. Mon métier engendre beaucoup de stress et de pression, l’activité physique est plus que primordiale pour évacuer, être plus dynamique et garder l'esprit clair.” Un bon moyen pour les entreprises de rendre heureux leurs salariés. Comme Abdel, beaucoup de Français pratiquent une activité physique régulière. Selon une étude Opinion way réalisée en décembre dernier, 74% des personnes interrogées estiment que le sport leur permet de se sentir bien au travail. Un constat dont les entreprises tiennent de plus en plus compte. Les sociétés les plus importantes investissent dans des salles de sport au sein de leurs locaux. Un investissement visible, très apprécié par les salariés mais peu accessible pour certaines petites et moyennes entreprises. “Des solutions moins coûteuses existent, la diversité est infinie, explique Frédéric Delannoix, directeur technique national de la Fédération française du sport en entreprise (FFSE). De la salle de réunion dédiée à la gym, aux rendez-vous hebdomadaires pour aller courir entre salariés jusqu’aux challenges de mobilité avec les nouvelles technologies qui comptent les pas !” Pas besoin de grands moyens pour inciter à la pratique du sport. Selon le baromètre européen du sport et de l'activité physique publié en mars 2014, 17% des Français qui pratiquent un sport déclarent en faire sur leur lieu de travail. Ils étaient 13% en 2009. Des jeux du sport d’entreprise en Europe et dans le monde Actuellement, très peu d’entreprises permettent à leurs salariés de faire du sport sur leur temps de travail. Mais, l’installation d’infrastructures ou d’activités physiques au sein des entreprises permettent une plus grande accessibilité et une pratique plus régulière, porteuse de nombreux bénéfices : amélioration du système cardio-vasculaire, maintien musculaire, solidification de l’ossature afin de prévenir l'ostéoporose, une meilleure respiration, etc. Dans le cadre du travail ou de la vie personnelle, les bienfaits du sport restent les mêmes mais, l’accessibilité pallie le manque de temps pour en pratiquer. “Les rencontres sont aussi une des motivations de la pratique du sport en entreprise, poursuit Frédéric Delannoix. Cela permet de nouer des liens avec d’autres salariés, de services ou hiérarchies différentes, que les employés ne sont pas susceptibles de rencontrer au quotidien.” Enfin, les conséquences sur le mental semblent aussi importantes. Les sportifs réguliers réduisent leur stress, améliorent leur capacité de concentration et développent même une plus grande confiance en eux. Des qualités aussi recherchées par les employeurs. Dans beaucoup de pays, la pratique du sport en entreprise augmente. “Des jeux du sport d’entreprise sont organisés à l’échelle européenne et mondiale en alternance tous les deux ans, conclut Frédéric Delannoix. Ce sont des sortes de Jeux olympiques où les salariés se challengent sur une trentaine d’activités sportives.” Cette année, les premiers jeux nationaux auront lieu en France. Pour les amateurs, rendez-vous au mois de mai… En Martinique ! Léa Casian
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Vers une indemnisation du congé du proche aidant ?
Une proposition de loi vise à améliorer les conditions de vie des aidants et à instaurer une indemnisation de leur congé. Une discussion difficile qui bloque sur les modalités de financement. En décembre 2018, l’Assemblée nationale examine une proposition de loi sur le congé du proche aidant. Celle-ci a été déposée par Jocelyne Guidez, sénatrice centriste de l'Essonne, et cent dix autres de ses collègues dans le but d’assouplir ses conditions d’obtention et d’instaurer une indemnité. “J'ai souhaité déposer cette proposition de loi car j'ai moi-même connu dans mon entourage familial la question du handicap et de la présence indispensable des parents,” confie Jocelyne Guidez. En France, près de onze millions de “proches aidants” s’occupent de personnes en situation de dépendance liées à un handicap, à une maladie ou au vieillissement. Une indemnisation journalière versée par l’employeur “Une infime partie des aidants bénéficie de ce congé soit parce que les autres ne le connaissent pas, soit parce qu’ils ne peuvent pas vivre sans toucher de salaire,” explique Pascal Jannot, président-fondateur de la Maison des Aidants. En effet, le congé du proche aidant actuel ne prévoit aucune rémunération, ni indemnité. Ce dispositif est entré en vigueur en 2017, dans le cadre de la mise en application de la loi Adaptation de la Société au Vieillissement (ASV). Il permet au salarié ayant au moins un an d’ancienneté, d’arrêter temporairement son activité professionnelle. Certaines conditions sont à remplir : une situation médicale et des liens familiaux précis. La durée de l’absence est définie par la convention collective de chaque entreprise. Si ce n’est pas le cas, le congé est valable trois mois, avec possibilité de renouvellement jusqu’à un an sur l’ensemble de sa carrière. La proposition de loi déposée par Jocelyne Guidez prévoit une durée maximale de trois ans du congé du proche aidant, une indemnisation journalière versée par l’employeur ainsi que l’abaissement à six mois d’ancienneté dans l’entreprise pour y avoir droit. Elle obligerait également les négociations de branche à aménager au mieux la conciliation entre la vie professionnelle et les impératifs de l’aidant. “J’ai aussi déposé un amendement, lui-même adopté, proposant d’insérer la possibilité de rendre prioritaires au compte personnel de formation les salariés qui se seraient absentés au titre des congés sociaux,” développe la sénatrice. Enfin, parmi les principales mesures, les aidants bénéficieraient d’une carte pour les rendre plus identifiables par les professionnels de santé et un guide et une plateforme web leur apporteraient des informations. Une nouvelle proposition de loi fin 2019 ? Pour l’instant, l’avenir de cette proposition de loi reste en suspens. Le gouvernement, par la voix de Christelle Dubos, secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, n’est pas d’accord avec les modalités de financement de l’indemnisation du congé. Dans la proposition de loi, celle-ci serait prise en charge par une surtaxe sur un certain nombre de contrats d’assurance. Les finances publiques seraient donc épargnées mais le gouvernement craint une répercussion sur le prix des contrats de santé. Une concertation Grand Age et Autonomie, comprenant un volet sur les aidants, a été lancée en octobre par le ministère de la Santé. Sa Ministre, Agnès Buzyn, souhaite qu’elle aboutisse à une nouvelle proposition de loi fin 2019. Mais, celle-ci ne concernerait que ceux qui accompagnent des personnes âgées. Léa Casian
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Insertion des travailleurs handicapés, l’entreprise a tout bon
La Loi impose aux entreprises de vingt salariés et plus de compter 6 % de personnes en situation de handicap dans leurs effectifs. Pour autant, le chômage des personnes handicapées progresse avec un taux de 19 % en 2017 versus 10% pour l'ensemble des actifs. Or, les intéressés comme les employeurs ont tout à gagner à travailler ensemble. Par le biais du travail, les personnes handicapées conservent un rôle social Ce rôle social est accompli au moyen d’un emploi compatible avec les capacités restantes de ces personnes en situation de handicap et la préservation de leur santé, et également des possibilités de l’entreprise. Mais la route est encore longue. En guise d’exemple, à peine un employeur sur deux est informé de la maladie chronique invalidante qu’est la Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) de son salarié*. Et, lorsque c’est le cas, seul un travailleur sur quatre bénéficie en conséquence d’un aménagement de poste*. A cela s’ajoute le regard des collaborateurs, suspicieux, voire culpabilisateur vis-à-vis d’une maladie parfois invisible et mal connue. La situation doit changer. L’un des leviers est d’oser déclarer son handicap, comme l’encourage Marie Delenne, "patiente experte" diplômée en Education thérapeutique atteinte de Sclérose en plaques, ayant exercé à l’Inspection du Travail. « Si le taux d’emploi global des travailleurs handicapés est de 4%, je constate une évolution des mentalités en France avec une progression de ce taux d’emploi grâce à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) en particulier, qui permet notamment des adaptations de poste ou de durée de travail. L’intéressé, le médecin du travail et l’employeur doivent savoir qu’une personne arrêtée depuis six mois a une chance sur deux de reprendre son travail. Si cette durée est de deux ans, cette chance est bien plus faible ». Embauche d’une personne handicapée, quels avantages pour l’entreprise ? Un facteur d’image et de réputation. Cet affichage éthique démontre la responsabilité sociétale de l’entreprise, son engagement contre l’exclusion et la discrimination. Point positif, de moins en moins d’entreprises préfèrent s’acquitter d’une contribution (sorte de pénalité imposée par l’Etat) plutôt que d’engager des travailleurs handicapés (-28% en dix ans). Un facteur de cohésion. Intégrer des employés handicapés permet de favoriser l’esprit d’équipe, l’entraide et la cohésion ; des notions fondamentales à la bonne marche de l’entreprise. Cela implique de changer le regard des autres au travail. « Cela requiert un travail de pédagogie et d’information sur la maladie de la part du médecin du travail vis-à-vis des collaborateurs mais aussi des employeurs, et pas uniquement pour qu’ils intègrent au mieux les employés handicapés ayant des postes en contact avec le public mais dans tous les secteurs de l’entreprise », insiste le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue (La Rochelle) et président de l’Association de patients BPCO. Un facteur de management. Cela dénote d’une capacité à bien manager ses équipes tout en gérant de façon optimale l’intégration d’un collaborateur handicapé, en tenant compte de sa singularité. Un facteur d’enrichissement pour les collaborateurs, mais aussi les clients. Selon un sondage Louis Harris**, les personnes ayant un collègue handicapé qualifient l’expérience enrichissante, de nature à modifier le regard sur les personnes handicapées (83 %) et à donner du sens à leur travail (60 %). 82 % des salariés ayant un collègue handicapé le perçoivent comme aussi performant et 80 % n’ont pas constaté de surcharge de travail. Néanmoins, certains préjugés sont tenaces : les personnes handicapées sont jugées motivées, déterminées et sympathiques mais également fragiles et lentes voire tristes et perturbées***. La parole à Antoine Durand, auteur du Blog « Dépasser son handicap » Antoine Durand est ingénieur de formation, travaillant en tant que Chargé d’opérations immobilières malgré une myopathie de Duchenne****. Selon sa propre perception du sujet, « le handicap "oblige" les salariés handicapés à développer des compétences pour compenser leurs difficultés dont l’entreprise peut profiter. De plus, ils font en moyenne plus d’efforts que les autres car ils veulent montrer qu’ils sont aussi compétents et parfaitement capables d’exercer leur emploi. Ils sont aussi plus fidèles et attachés à leur entreprise, qui leur a laissé leur chance. » *Sondage NXA BPCO & Autonomie Impact de la BPCO sur la qualité de vie au quotidien ; mai 2016, conduit après des patients adhérents de l’association ; Sondage Louis Harris** (« Handicapés & compétents », 2003) ; ***Guide pratique « Les stéréotypes sur les personnes handicapées en entreprise. Comprendre et agir dans l'entreprise ». Agefiph, IMS-Entreprendre pour la cité ; ****http://depasser-son-handicap.fr/ En savoir plus : Sondage Ipsos "Handicap & entreprise" 2014. https://www.handicapinfos.com/telechargement/Handicap-entreprises-10.12.14.pdf Hélène Joubert, d’après les entretiens avec le Dr Frédéric Le Guillou et Madame Marie Delenne.
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Cybersécurité : un mot de passe sécurisé obéit à des règles bien précises
Le Web est désormais truffé de protections au point qu’il est impossible d’accéder à une multitude de services sans un laissez-passer : le mot de passe ! Voici quelques astuces pour en concevoir des difficiles à pirater. Attention aux cambriolages virtuels Le vol de mot de passe est le plus fréquent des actes de cybercriminalité (14 %), devant la fraude à la carte de crédit. D'après un rapport annuel commandé par une société dans le domaine de la sécurité informatique, paru en novembre 2017*, la France pointe en deuxième place des pays ayant connu le plus grand nombre de vol d'identifiants en 2016, derrière les Etats-Unis mais devant la Russie, avec 85,3 millions d'identifiants volés contre respectivement 791,8 et 83,5. 7 conseils pour un mot de passe difficile à « craquer » Voici les commandements à respecter pour limiter les risques de vol d’identifiant : User et abuser des majuscules et minuscules, du point-virgule, du point d'interrogation, des chiffres... Les logiciels des pirates informatiques testent automatiquement toutes les combinaisons imaginables. Les experts estiment qu’un bon mot de passe combine au moins 12 caractères et 4 types différents : des minuscules, des majuscules, des chiffres et des caractères spéciaux. Eviter le piège du mot de passe unique. Un compte = un mot de passe. Le mot de passe doit être déconnecté de la vie privée : ni année ni lieu de naissance ou noms des enfants. Le maître mot est « aléatoire ». Changer régulièrement ses codes d’accès, même si cela met la mémoire à rude épreuve. Si l’imagination fait définitivement défaut, il est possible de recourir aux générateurs automatiques de mot de passe. Il en existe de nombreux dont celui de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) (https://www.cnil.fr/fr/generer-un-mot-de-passe-solide). Un mot de passe se retient et ne s’écrit pas, ni sur un post-it, ni dans le dossier Notes du Smartphone, ni dans les mails de la messagerie. Il ne doit être communiqué à personne et, bien entendu, jamais transféré par mail. Accepter volontiers la double authentification. Le fait d’entrer son mot de passe déclenche l’envoi d’un mail sur l’adresse courriel indiqué ou d’un SMS sur le numéro de téléphone, qui demande à son tour de valider la demande de connexion, voire d’entrer un second mot de passe. Un bon mot de passe, c’est aussi savoir s’en souvenir ! Plus le mot de passe est complexe, plus il est inviolable. Le revers de la médaille est la difficulté pour l’utilisateur de se le remémorer. Pour limiter les pertes de mémoire, il faut alors miser sur la logique. Par exemple en convertissant une phrase en mot de passe composé des premières lettres de chaque mot, en y ajoutant un nombre à la fin. Selon la Cnil, pour un mot de passe de douze caractères ou plus, la phrase doit contenir au moins un nombre, une majuscule, un signe de ponctuation ou un caractère spécial (dollar, dièse, ...) et une douzaine de mots.Le choix de la phonétique, telle un rébus, peut aussi s’avérer judicieux. Une autre solution est de faire confiance à un gestionnaire de mots de passe. Il constitue une base de données de votre collection de mots de passe, le tout étant chiffré par un unique mot de passe, qui conditionne l’accès à tous les autres. L’avantage est de pouvoir alors employer des mots de passe très complexes puisque l’utilisateur n’aura pas à faire l’effort de les retenir ; l’ordinateur s’en chargera.Ces gestionnaires de mots de passe sont multiples. Parmi eux, Keepass, dont la sécurité a été évaluée par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI). La démonstration vidéo de la CNIL pour s’en servir est disponible à cette adresse : https://www.cnil.fr/fr/les-conseils-de-la-cnil-pour-un-bon-mot-de-passe D’autres solutions existent. Avec l’arrivée du système d’exploitation iOS 12, les utilisateurs ont accès à plusieurs nouvelles fonctionnalités, dont l’intégration de gestionnaires de mots de passe, proposant automatiquement des mots de passe complexes. Hélène Joubert, journaliste *https://www.symantec.com/content/dam/symantec/docs/reports/istr-22-2017-en.pdf
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Avec le « congé engagement », impliquez-vous dans les associations !
De nombreuses personnes souhaitent s’impliquer davantage dans les instances associatives. Pourtant, peu parviennent à concilier vie professionnelle, privée et associative. Une solution novatrice est apportée par le nouveau « congé engagement » créé par la loi Egalité et citoyenneté du 27 janvier 2017. Elle concerne 1,3 millions d’encadrants et de dirigeants associatifs bénévoles en France.
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L’usure professionnelle, la reconnaître pour mieux la prévenir
Vieillir par le travail ou vieillir au travail ? La nuance est de taille. L’ « usure professionnelle » recouvre l’altération de la santé au travail, que ce soit sur le plan physique, cognitif ou psychique. Une réalité qui ne doit pas être négligée.
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Malades chroniques, comment continuer à travailler ?
Le sujet est fondamental : comment maintenir dans l’emploi des personnes qui vivent avec une maladie chronique ? Près des trois-quarts des salariés atteints d’une maladie chronique sont en activité dont un tiers à temps plein. Une enquête pointe les facteurs de réussite de maintien dans l’emploi.
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Concilier cancer et emploi : les entreprises s’engagent
Trente entreprises françaises se sont déjà engagées dans l'amélioration de l'accompagnement de leurs salariés touchés par le cancer, tant dans le maintien que dans le retour à l’emploi. Elles ont adhéré à la charte « Cancer et Emploi » de l’Institut national du cancer. L’enjeu est crucial : sur 1 000 nouveaux cas de cancers diagnostiqués chaque jour, 400 concernent des personnes en activité professionnelle.
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L’intelligence artificielle au service de la santé
Le monde de la santé entre de plain-pied dans l’ère de l’intelligence artificielle ou « IA » comme elle est de plus en plus couramment appelée. Voici cinq usages de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé. Lorsque les machines imitent une forme d'intelligence réelle L’intelligence artificielle a vu le jour dès 1950. Elle cherche à reproduire le fonctionnement du cerveau humain, ou du moins sa logique (facultés cognitives), lorsqu’il s’agit de prendre des décisions. Si sa définition n’est toujours pas consensuelle, ses perspectives dans le domaine de la santé sont immenses. Dans le domaine de la santé, le transport, la défense et l’environnement, les géants de l’informatique -Google à Microsoft Apple, IBM ou Facebook et Amazon- sont déjà bien avancés dans les potentialités et les problématiques de l’intelligence artificielle, en créant notamment des réseaux de neurones artificiels constitués de serveurs, pouvant réaliser des calculs astronomiques au sein de gigantesques bases de données. Avec l’explosion de la puissance de calcul des machines, l’IA est devenue un enjeu scientifique crucial depuis une dizaine d’années à peine. L'Etat français vient d’ailleurs d'accorder une aide de 1,5 milliard d'euros pour développer l'intelligence artificielle. Le gros potentiel de l’IA en santé D'ici à 2024, l'IA pourrait investir le secteur médical dans son ensemble et « son développement en santé sera d'autant plus rapide que, dans ce domaine, la production de données nouvelles est particulièrement abondante », écrit le rapporteur Luc Pierron dans une étude remise à la mission du député Cédric Villani auprès du président Emmanuel Macron en mars dernier*. Alors, incontournable l’IA ? En effet, en santé, les fantastiques volumes de données en tous genres (bilans biologiques et génomiques, imageries, antécédents familiaux et personnels etc.)** requiert désormais des programmes et des algorithmes de traitement de plus en plus complexes. Les 5 applications de l’IA en santé : Améliorer le diagnostic. A partir des masses de données amassées au fil des ans sur de très larges cohortes d’individus, l’IA en extrait des facteurs de risques vis-à-vis de certaines maladies (diabète, cancer, démences etc.). Un outil essentiel aussi pour affiner le diagnostic et le pronostic d’une maladie en prenant en compte de multiples paramètres individuels mais pas uniquement. L’IA est en train de devenir une aide essentielle au diagnostic. Certains programmes d’IA permettent déjà de repérer des anomalies sur des électrocardiogrammes, traitent des imageries (radiographies, IRM etc.) ou encore se convertissent en médecins virtuels qui analysent les centaines de données d’un même patient à la fois pour porter ou orienter le médecin vers un diagnostic. L’IA n’est pas censée remplacer le médecin, qui réalise l’examen clinique, mais se veut un outil supplémentaire. Exemple : un article paru dans une grande revue de cancérologie * vient de montrer qu’un programme de IA (un réseau neuronal convolutif, entraîné grâce à l’assimilation de 100 000 images de lésions de la peau et grains de beauté, et qui apprend par lui-même : « deep learning ») a obtenu 95% de bonnes réponses contre 89% pour les médecins (58 spécialistes de 17 pays) en observant 100 photos de taches suspectes de mélanome. De plus, l’ordinateur a moins souvent confondu des grains de beauté bénins avec un mélanome, d’où moins de chirurgies inutiles. Mais prédire la survenue de maladies et leur évolution reste le grand espoir de l’IA. Des systèmes prédictifs sont élaborés et perfectionnés, qui ne peuvent être conçus sans la constitution des banques de données de santé des individus à large échelle : on entre dans l’ère du « Big Data ». Le traitement au plus juste. L’exploitation des Big Data à l’aide des algorithmes surpuissants peut être une aide à la décision thérapeutique, utile pour sélectionner le traitement adéquat (médicaments, greffe, chirurgie bariatrique etc.) en fonction des propres paramètres de santé du malade mais aussi, par exemple, de l’étude du génome de ses cellules cancéreuses ou de ses chances de survie en fonction du type de traitement etc. Accélérer la recherche sur de nouveaux traitements en affinant la sélection de patients pouvant être inclus dans les cohortes des essais cliniques etc. Suivre les patients en temps réel et améliorer la prise en charge. L’étape ultime sera d’exploiter des agents d’intelligence artificielle pour aider le professionnel de santé à intégrer plus rapidement les informations de dossiers de patients volumineux et complexes en lien avec les recommandations des sociétés savantes, lesquelles deviennent de plus en plus difficiles à appréhender sur des pathologies multiples, comme c’est le cas chez des patients qui souffrent de plusieurs pathologies. L’IA pourra favoriser la prise en charge du patient en favorisant les connexions entre les acteurs de santé en particulier mais aussi les modes de prise en charge tel que l’ambulatoire par exemple. Ceci est en train de se développer actuellement à l’aide de chatbots ou "robots conversationnels" faisant appel à l’intelligence artificielle afin de dialoguer avec les patients en pré et postopératoire par le biais d’un service de conversations automatisées, effectuées en langage naturel. Il engage une conversation par SMS sur téléphone mobile, individualise ses conseils et détecte les patients qui nécessitent une intervention de l’équipe médicale. Contribuer à la pharmacovigilance (repérage des effets indésirables). C’est toujours grâce à l’analyse d’un nombre considérable de données provenant des cohortes de patients mais aussi des bases médico-économiques (Assurance maladie, délivrances en officine ou pharmacies hospitalières etc.) qu’il sera possible de faire émerger des liens potentiels entre une prescription et un évènement indésirable. Ce qui ne dispense pas les médecins de déclarer tout événement suspect. A une échelle encore plus vaste car incluant d’autres registres de données (publications officielles, données émanant des transports aériens, des ventes de médicaments, des notifications sur internet etc.), l’IA sera en mesure de repérer une épidémie de façon précoce et de la suivre en temps réel. Un risque pour les libertés individuelles ? La sécurité des big data en santé est l’élément majeur lié au développement de l’intelligence artificielle, gage de protection vis-à-vis du secret médical, mais aussi du risque d’intrusion dans la vie privée, du fait d’une surveillance parfois même justifiée avec le but louable de protéger la santé de la personne à son domicile. Selon Cédric Villani, contrairement aux États-Unis, la France et l’Europe sont plus protectrices des data de santé et plus conscientes des risques. La réglementation française est même l'une des plus rigoureuses au monde. Néanmoins, les spécialistes ne sont pas tous convaincus par les techniques actuelles pour anonymiser les données de santé. Des solutions sont en cours de développement qui ne capturent pas les data comme le font les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) dans l’objectif de réduire le risque de hacking (piratage). La réflexion doit aussi inclure la question éthique suivante : que faut-il déléguer à l’IA parmi les diagnostics médicaux et les options thérapeutiques ? De plus, le rapport Villani met le doigt sur un autre problème complexe : avant d'envisager le déploiement massif des programmes d’IA dans un contexte médical, il sera nécessaire de clarifier le régime de responsabilité médicale en cas d'erreur. * https://academic.oup.com/annonc/advance-article/doi/10.1093/annonc/mdy166/5004443 ** Déjà 260 bases de données publiques en santé recensées par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) Hélène Joubert, journaliste
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