En ce moment sur le Blog
- Page 26
Santé, prévention, complémentaire santé, qualité de vie au travail, nutrition : ces sujets vous intéressent ?
On vous accompagne pour y voir plus clair à travers nos articles et dossiers spéciaux.
Matelas : ressorts, mousse ou latex ?
Suspension, garnissage, densité, épaisseur... Choisir son matelas est un vrai casse-tête ! Petit tour des critères à prendre en compte pour se coucher sans se tromper. La suspension du matelas Première étape : choisir le coeur du matelas. Il existe trois principaux types de suspension. Le matelas à ressorts Réputé pour sa bonne aération, il est particulièrement bien adapté aux personnes qui transpirent beaucoup. Parmi les différents types de ressorts, l'idéal est d'opter pour des ressorts ensachés : chaque ressort est emballé individuellement dans un sachet en tissu. L'indépendance de couchage est donc garantie (vous ne sentez pas les mouvements de votre conjoint). Et le fait d'utiliser des ressorts de résistances différentes permet d'adapter le soutien en fonction des différentes parties du corps. Le matelas en mousse Il existe trois sortes de mousses. La mousse polyéther (matelas d'entrée de gamme, à utiliser en appoint), la mousse polyuréthane (plus confortable, meilleure densité) et enfin la mousse à mémoire de forme. En se moulant aux différentes parties du corps, celle-ci offre un excellent soutien et un relâchement musculaire total. Attention, elle est thermosensible : si vous avez souvent trop chaud la nuit, préférez une autre suspension car la mousse gardera la chaleur. Le matelas en latex Le matelas en latex est très bien aéré : parfait donc pour les pièces humides et les personnes sujettes à la transpiration. Il permet aussi différentes zones de confort avec un soutien différencié pour la tête, les épaules, le dos, les cuisses, les pieds... Enfin, ce type de matelas - au maintien généralement ferme - a l'avantage de peu se déformer avec le temps. Comme l'appréciation d'un matelas reste très subjective, prenez le temps de tester le matériel en magasin. Le garnissage du matelas Deuxième étape : choisir le garnissage qui entoure le coeur du matelas.C'est lui qui détermine le confort d'accueil, c'est-à-dire la première sensation que l'on ressent en s'allongeant. Selon vos goûts, vous pourrez préférer un contact tonique (latex...) ou moelleux (fibres végétales...). Certains matelas présentent par ailleurs une face hiver pour conserver la chaleur (laine, soie...) et une face été pour garantir la fraîcheur (coton, lin...). Quels autres critères de sélection pour choisir son matelas ? La densité détermine la fermeté du matelas. Un matelas en mousse de qualité correcte doit présenter une densité d'au moins 30 kg/m3 et un matelas en latex d'environ 75 kg/m3. Pour les matelas à ressorts, c'est le nombre de ressorts qui est important : plus il y en a, meilleur sera le soutien. L'épaisseur d'un matelas en mousse ou en latex ne doit pas inférieure à 15 cm pour un confort correct. Elle sera d'au moins de 20 cm pour un matelas à ressort. Les traitements hypoallergéniques anti-acariens, anti-bactéries se multiplient aujourd'hui. Attention, ils ne dispensent pas des traditionnelles mesures d'hygiène : aérer la chambre quotidiennement, laver le linge à 60°C, passer l'aspirateur sur le matelas... Bon à savoir : certains fabricants combinent aujourd'hui plusieurs technologies au sein d'un même matelas. Matelas : un achat santé ? Si vous dormez mal, changer de literie peut être utile. Pensez-y si votre matelas est inconfortable, ou s'il est vieux : les professionnels conseillent de changer de matelas tous les 10 ans. Ceci n'est pas un chiffre absolu, mais simplement un repère : la qualité du soutien de votre matelas n'est pas éternelle. Attention cependant, changer de matelas n'est pas une garantie de bon sommeil. La qualité de vos nuits dépend votre qualité de vie ! Si vous voulez des conseils pour retrouver un bon sommeil, inspirez-vous aussi de ces conseils pour mieux dormir. Source : e-santé Karell Robert, journaliste santé
2 min
Phytothérapie : se détoxifier avec 4 plantes
Les plantes peuvent vous aider à détoxifier votre organisme et à aborder le printemps en forme. Pour purifier votre organisme en éliminant les substances toxiques accumulées durant l'hiver et optimiser le fonctionnement de vos organes, notamment votre système digestif, quelles sont les plantes utiles ?Zoom sur les 4 plantes détox incontournables : chardon-Marie, romarin, desmodium, radis noir. Le chardon-Marie Cette plante est traditionnellement employée pour soulager certains troubles digestifs et prévenir les calculs biliaires. Outre la stimulation de la production de bille, le chardon-Marie s'oppose à l'absorption des substances toxiques (médicaments, alcool, toxines...), favorise la production de protéines et freine certaines réactions inflammatoires notamment rénales. À noter que cette plante est aussi parfois employée comme traitement complémentaire des hépatites toxiques, des hépatites chroniques et de la cirrhose hépatique. Utilisation En infusion : laissez infuser pendant 10 minutes une cuillère à café de plantes séchées moulues dans une tasse d'eau bouillante, puis filtrez. Buvez 3 tasses par jour avant les repas. Précautions Déconseillée pendant la grossesse, l'allaitement (même en cas de montée de lait insuffisante) et en cas d'obstruction aiguë des voies biliaires (coliques hépatiques, calculs). Personnes allergiques aux astéracées, s'abstenir. Le romarin Le romarin exerce des activités diurétiques, expectorantes et antispasmodiques sur l'intestin. Il est employé dans le traitement des digestions difficiles et des maux de ventre et pour stimuler la production de bile. Il protège des infections des voies respiratoires et favorise la cicatrisation des plaies. Le romarin est également employé pour soulager les douleurs rhumatismales légères et les problèmes de circulation sanguine périphérique. Utilisation En infusion : laissez infuser durant une dizaine de minutes 2 à 4 g de feuilles séchées dans une tasse d'eau bouillante. Consommez 3 tasses par jour. Précautions L'usage oral de cette plante est déconseillé en cas d'obstruction des voies biliaires et de maladie du foie. À dose recommandée, de rares cas de nausées ont été décrits. Là encore, personnes allergiques à cette plante, s'abstenir.Hors usage alimentaire habituel, cette plante est déconseillée pendant la grossesse et l'allaitement. Le desmodium Protecteur du foie, le desmodium prévient les effets indésirables de certains traitements médicamenteux et des chimiothérapies. Il est employé en traitement complémentaire des hépatites virales. Antiasthmatique, antiallergique et bronchodilatatrice, cette plante est utile dans l'asthme bronchique ou allergique et pour soulager les allergies digestives. Le desmodium est également un décontractant employé contre les contractures musculaires (crampes, spasmes, courbatures) et les convulsions. Utilisation En décoction : 8 à 10 g de plante séchée dans 1 litre d'eau. Faites bouillir, puis filtrez avant de boire le tout dans la journée. Contre les effets secondaires des chimiothérapies : à consommer deux jours avant la séance puis durant les dix jours suivants. Précautions Certains effets indésirables digestifs rares ont déjà été signalés tels que nausées et diarrhées. Par mesure de précaution, à éviter pendant la grossesse et l'allaitement. Le radis noir Très employé en phytothérapie, le radis noir est classiquement indiqué dans les troubles digestifs et hépatiques. Il stimule la digestion, apaise les ballonnements, la constipation, les douleurs abdominales, et draine le foie ce qui facilite l'élimination des toxines.Il est aussi employé dans certaines affections de la peau (érythèmes) et en prévention des maladies cardiovasculaires. Utilisation En jus frais : une cuillère à soupe de jus de racines fraîches dans un verre d'eau. Buvez 3 verres par jour. Précautions Efficace en prévention des calculs biliaires, le radis noir est en revanche contre-indiqué lorsque des calculs biliaires sont déjà présents et en cas d'obstruction des voies biliaires. Certains effets secondaires sont possibles tels que des irritations des muqueuses gastriques, aigreurs d'estomac, diarrhées. Il est donc contre-indiqué en cas d'ulcère de l'estomac et de gastrite. Source : e-santé Isabelle Eustache
3 min
Les édulcorants : poisons ou protecteurs ?
Les édulcorants, et surtout l'aspartame, sont de nouveau sur la sellette nutritionnelle. Pepsi Cola a annoncé qu'il le supprimait de ses boissons, Canderel, le leader du « faux sucre » a déjà fait de même. Le sucralose prend la place. On fait le point sur ces édulcorants qui remplacent le sucre et qui sont censés nous empêcher de grossir. Un édulcorant, c'est quoi ? Un édulcorant est une substance qui possède un pouvoir sucrant plus ou moins important. Sucre, miel, sirop d'érable, d'agave, etc. sont des édulcorants au sens strict du terme. Ils sont composés de glucides qui apportent 4 calories par gramme.Mais, dans le langage courant, un édulcorant est un produit qui remplace le sucre (saccharose) sans apporter de calories (ou presque pas).Le pouvoir sucrant des édulcorants est établi en fonction de celui du sucre qui est de 1. Édulcorants : plus ou moins volumineux Les édulcorants dits « de charge » ont la même masse que le sucre et un pouvoir sucrant assez faible : de 0,6 à 1,3.Ce sont des polyols composés de glucides mais qui ne sont pas entièrement absorbés et du coup apportent seulement 2 calories par gramme.Ils se nomment isomalt (E953), lactitol (E 966), maltitol (E 965), mannitol (E 421), sorbitol (E 420) et xylitol (E 967).Ces édulcorants de charge sont très employés dans tout le domaine de la confiserie et de la pâtisserie et dans les substituts de repas.Les édulcorants dits « de synthèse » ou « intenses » ont un pouvoir sucrant particulièrement élevé allant jusqu'à 400. Ce ne sont pas des glucides. Quelle que soit leur composition, ils sont employés en quantités tellement infimes qu'ils n'apportent pas de calories. Ils supportent plus ou moins bien la chaleur.Ces édulcorants de synthèse, intenses, existent en poudre ou en pastilles pour un usage personnel. Ils sont largement utilisés par l'industrie agroalimentaire dans les produits et les boissons « light », « sans sucre », « zéro calorie », etc.Ce sont l'acesulffame K (E 950), l'aspartame (E 951), la saccharine (E 954), le sucralose (E 955).La stévia (E 960) n'est pas classée dans les édulcorants de synthèse car cette substance est extraite de la plante du même nom. Édulcorants : saccharine et acesulfam K, les plus vieux Le plus ancien des édulcorants de synthèse est la saccharine, découverte en 1880, très consommée pendant la Seconde Guerre Mondiale quand le sucre avait disparu des placards.À partir des années 60, malgré une après-saveur assez amère, elle a régné sur le marché des régimes amaigrissants. Elle en a été détrônée dans les années 80 par l'aspartame. La saccharine a été soupçonnée d'être cancérigène puis blanchie de ces accusations. Elle n'est quasiment plus employée, sauf dans quelques sodas.L'acesulfam K est beaucoup moins connu car depuis sa découverte en 1967, il n'a jamais été commercialisé comme édulcorant de table. Dans l'industrie, il est le plus souvent employé avec un autre édulcorant. Il a subi les mêmes accusations que la sacccharine mais il est resté autorisé. Édulcorants : aspartame, le plus célèbre et le plus controversé L'aspartame a été découvert dans les années 70 par le laboratoire américain Searle. Il a été autorisé par la FDA (Food and Drug Administration) en 1974 puis suspendu faute d'études suffisantes quant à ses répercussions toxiques sur le cerveau.Une nouvelle autorisation de l'aspartame a été délivrée en 1981 pour son utilisation comme édulcorant dans les aliments solides, puis en 1983 dans les boissons. Des autorisations furent données ensuite par les autorités sanitaires de quasiment toute la planète. En Europe, ce fut en 1994.L'aspartame se trouve maintenant dans plus de 6.000 produits et boissons alimentaires et 350 médicaments dont beaucoup destinés aux enfants.Composé de deux acides aminés naturels, l'acide aspartique et la phénylalanine, l'aspartame n'offrait a priori aucun danger, la seule restriction étant pour les femmes enceintes et par principe de précaution : il existe en effet une maladie congénitale, la phenylcétonurie, qui est une intolérance à la phénylalanine, une des deux protéines composant l'aspartame. Sa dose journalière admissible (DLA) a été fixée à 40 mg par kg de poids corporel et par jour.Mais de nombreuses études, menées par des scientifiques indépendants de l'industrie, ont accusé l'aspartame d'être responsable de dramatiques maux allant des tumeurs du cerveau à la sclérose en plaques en passant par l'accouchement prématuré et certains cancers.Aucune de ces études n'a eu le moindre impact sur les différentes instances sanitaires internationales qui continuent d'autoriser l'aspartame : il semble que les collusions entre experts scientifiques et industrie soient un sérieux frein.Le fait que Canderel, leader du marché de cet édulcorant de table l'ait abandonné en 2013 et que Pepsi Cola s'apprête à faire de même est, espérons-le, un signal plus fort sur la dangerosité de l'aspartame. Édulcorants : sucralose, le nouveau chouchou Le sucralose est chimiquement extrait du sucre grâce à un procédé appelé chloration. Son pouvoir sucrant est de 400 à 600 et il supporte très bien la chaleur.Découvert en 1976, il ne fut commercialisé qu'en 2004, après avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires.Un grand nombre d'études, essentiellement conduites sur des animaux, ont dégagé le sucralose de toute toxicité et d'influence sur le métabolisme du glucose.Mais une équipe de chercheurs américains, Susan S. Schiffmana et Kristina I. Rotherb, a tiré la sonnette d'alarme en 2013, montrant que, chez les humains, le sucralose, quand il est chauffé, dégage des molécules cancérigènes.Le sucralose se trouve maintenant dans de nombreux produits de l'industrie agroalimentaire. C'est aussi l'édulcorant de table le plus employé aux États-Unis. En France, la marque Canderel l'a substitué à l'aspartame. Pepsi Cola a récemment annoncé que le sucralose serait désormais l'édulcorant de ses boissons light.Mais on attend d'autres études sur le sucralose, réalisées sur des humains par des chercheurs indépendants et non plus par les laboratoires qui le fabriquent. Édulcorants : la stévia La stévia est une plante originaire de l'Amérique du Sud. Ses feuilles contiennent des molécules, appelées stévioside et rébaudioside, qui ont un pouvoir sucrant de 100 à 300 fois celui du sucre. Les molécules sucrantes de la stévia ont été détectées dans les années 30 par des chimistes français, puis isolées, étudiées, autorisées, industrialisées et commercialisées au Japon dans les années 60/70.Objet de grosses bagarres industrielles (les fabricants d'édulcorants intenses ne l'appréciant pas vraiment), la stévia n'a été autorisée aux États-Unis qu'en 2008 et en 2010 en Europe comme édulcorant de table et comme additif dans les produits et boissons industriels.Du fait qu'elle provient d'une plante, la stévia a une image d'édulcorant naturel bien que ses feuilles soient chimiquement traitées pour en extraire les molécules sucrantes. Par ailleurs, la plante elle-même a été manipulée génétiquement afin d'atténuer une certaine amertume et surtout une saveur de réglisse qui étaient un sérieux frein à l'utilisation de la stévia.De nombreuses études ont démontré l'innocuité de la stévia tandis que d'autres ont décelé sa toxicité sur des animaux mais à de très fortes doses. Édulcorants : aident-ils à maigrir ? NON L'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) a publié en janvier 2015 un rapport assez explosif : Évaluation des risques et bénéfices nutritionnels des EI (édulcorants intenses).Il en ressort que les édulcorants intenses n'ont aucun intérêt.Selon l'Anses, il n'existe à ce jour aucune étude prouvant les bénéfices des édulcorants sur le contrôle du poids, pas plus que sur le diabète, mais quelques-unes démontrant qu'au contraire ils pourraient faire grossir.La conclusion de l'Anses ? Rien ne permet de justifier la consommation à long terme des édulcorants comme substituts du sucre. Et elle convient que, toujours sur le long terme, cette consommation d'édulcorants n'est probablement pas sans risques.Si vous êtes accro au light, voilà de quoi vous faire réfléchir !Et à vous inciter à boire de l'eau et à utiliser normalement le sucre : il n'offre aucun danger quand la dose quotidienne ne dépasse pas 10 % des calories totales. Soit 50 g par jour pour une alimentation à 2.000 calories. Source : e-santé Paule Neyrat, Diététicienne
4 min
Le diabète nuit à votre cerveau
Le diabète est un facteur de risque bien connu pour les démences, y compris la maladie d'Alzheimer.On n'avait cependant pas de certitude concernant son impact sur le vieillissement du cerveau... Jusqu'à maintenant. Le diabète, une influence sur le long terme Dans une nouvelle étude qui vient d'être publiée, on découvre que le diabète peut influencer négativement les fonctions cognitives. Commençons par préciser ce que sont les fonctions cognitives - il s'agit d'activités du cerveau qui nous permettent, en résumé, de penser : nous concentrer, réfléchir, nous souvenir, apprendre de nouvelles choses, percevoir notre environnement, communiquer... Tout cela, ce sont des fonctions cognitives.Et le diabète les menace : pour les personnes qui en souffrent, le déclin cognitif est plus élevé de 19% par rapport aux non-diabétiques. Pour donner une idée plus précise, l'une des auteurs de l'étude a indiqué qu'on pouvait estimer qu'une personne diabétique de 60 ans aurait le même niveau cognitif qu'une personne de 65 ans, mais sans diabète... Comment protéger son cerveau en cas de diabète ? Cette étude apporte une leçon importante pour tous les patients. Elle montre en effet que la glycémie, le taux de sucre dans le sang, influence le fonctionnement du cerveau. Ainsi les personnes en prédiabète, c'est-à-dire celles dont la glycémie est supérieure aux normes, mais tout de même pas assez élevée pour diagnostiquer la maladie, ont des fonctions cognitives légèrement diminuées. Et les personnes dont le diabète est bien contrôlé avaient de meilleurs résultats que celles dont les taux de sucre restaient trop élevés malgré le traitement. Par ailleurs, plus le diabète dure longtemps, plus le cerveau trinque.Conclusion : le diabète est mauvais pour le cerveau, mais il est tout à fait possible de limiter son influence.C'est pourquoi il est capital que toutes les personnes diabétiques et même celles qui sont simplement à risque de diabète trouvent l'aide qu'il leur faut pour maîtriser le taux de sucre dans le sang. Ceci repose sur trois piliers : traitement bien sûr, alimentation adaptée, activité physique régulière. Il existe aujourd'hui des programmes de soutien aux personnes diabétiques qui sont très efficaces. Si vous êtes concerné(e) par le diabète, consultez votre médecin traitant ! Source : e-santé Marion Garteiser, journaliste santé
2 min
Petits bobos de la plage : comment réagir ?
Les plages recèlent toute sorte de dangers. Heureusement, les accidents sont rares et généralement peu graves. Mais pour ne pas être pris au dépourvu, petite revue des bons gestes en cas de petits pépins : coupure, piqûre, brûlure, entorse, etc. Coupures et piqûres Éraflure, écorchure ou coupure avec des coquillages, du verre, du métal dans le sable Si la plaie est superficielle, nettoyez à l'eau et au savon, séchez puis désinfectez avec un antiseptique de préférence à base de chlorhexidine (évitez l'alcool à 70°C). Appliquez un pansement stérile.Si la plaie saigne abondamment, comprimez-la pendant 5-10 minutes (surtout pas de garrot).Si la plaie est profonde (et si elle s'aggrave), consultez un médecin.Vérifiez la couverture antitétanique. Si nécessaire, demandez au médecin de procéder à un rappel. Pour mémoire : rappel à 6 ans, 11-13 ans, 25 ans, 45 ans, 65 ans puis tous les 10 ans. Piqûres d'oursin Ôtez délicatement toutes les épines et fragments restés fichés dans la peau à l'aide d'une pince à épiler. Désinfectez immédiatement. Il existe un risque de contamination bactérienne et de surinfection. La survenue d'un érythème (plaque violacée) et de douleurs articulaires doit amener à consulter. Piqûres de méduse Sauf en cas d'allergie, les piqûres de méduse sont le plus souvent bénignes malgré les symptômes : sensation de brûlure, rougeur, gonflement local, apparition de vésicules. Rincez la zone piquée à l'eau de mer (pour neutraliser le venin), appliquez du sable et laissez sécher. Rincez, toujours à l'eau de mer et ôtez à la pince à épiler les éventuels fragments restés fichés dans la peau.En cas de douleur, prenez du paracétamol. Piqûres de vives Appelez les secouristes ou les gardes-côtes. Sinon, surélevez le membre touché et appliquez de la chaleur pendant au moins une dizaine de minutes pour détruire le venin : sèche-cheveux, bain d'eau chaude, approcher le bout incandescent d'une cigarette, etc. Désinfectez ensuite la plaie et donnez du paracétamol pour soulager la douleur si nécessaire. Les réactions allergiques sont rares, mais graves et peuvent survenir dans les 24 heures : malaise, difficultés à respirer, gonflement du membre piqué... Appelez immédiatement le 15. Piqûre par une seringue abandonnée sur la plage En cas de piqûre par une aiguille ou une seringue usagée abandonnée sur la plage, le risque d'infection par des virus (hépatite B, hépatite C, VIH) existe, mais il est extrêmement faible. Pour rassurer, le suivi du blessé par un médecin s'impose, lequel pourrait procéder à un interrogatoire sur les circonstances de la blessure, à des examens sanguins, à une vérification de l'état vaccinal (hépatite B, tétanos), voire une prophylaxie (traitement préventif du VIH). Dans tous les cas, il faut nettoyer la plaie à l'eau savonneuse. Brûlures et entorse Brûlure ou coup de soleil Boire abondamment de l'eau et rafraichir longuement la peau sous la douche. Séchez la peau puis appliquez un lait hydratant ou une crème spéciale contre les brûlures. En cas de frissons, de fièvre ou d'autres symptômes disproportionnés, consultez un médecin.Les jours suivants : aucune exposition au soleil. Foulure en tombant dans un trou Les enfants adorent creuser dans le sable. Résultat, si les trous ne sont pas rebouchés, la chute est possible provoquant parfois une entorse (lésions des ligaments de la cheville). Appliquez immédiatement une poche de glace ou de la glace contenue dans un torchon pendant 15 minutes, opération à renouveler plusieurs fois par jour. Le froid atténue la douleur et le gonflement. Immobilisez la cheville, appliquez une bande de compression et surélevez la jambe pour favoriser le retour sanguin ou utilisez des béquilles pour les déplacements. Si la cheville reste douloureuse et gonflée pendant deux jours, consultez un médecin. Source : e-santé Isabelle Eustache
3 min
Strings, tampons, protège-slips : nos mauvaises habitudes en hygiène intime
Certaines de nos habitudes vestimentaires, apparemment anodines, peuvent favoriser les problèmes intimes féminins comme les mycoses génitales ou les infections urinaires, surtout chez les femmes plus vulnérables. Des spécialistes se sont penchés sur le rapport entre lingerie et hygiène intime. Quand notre intimité fait les frais de notre coquetterie.... Mycoses vulvo-vaginales : à faire/ à ne pas faire Préférez la lingerie en coton ! Lorsqu'on est une femme à risque de récidives de mycoses vulvo-vaginales, tous les conseils sont bons à entendre, notamment sur certaines "mauvaises" habitudes vestimentaires.Dr Béatrice Guigues, gynécologue-obstétricien à Caen et vice-présidente du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF): « Tout ce qui induit une macération, une transpiration, un échauffement et une irritation (comme le frottement), peut déséquilibrer la flore locale et contribuer à l'apparition d'une mycose vulvaire et/ou vaginale. Cela peut modifier le pH vulvaire et vaginal ».Le pH vulvaire et vaginal est idéalement compris entre 4 et 4,7, il peut alors devenir plus basique et tendre vers 5, d'où un déséquilibre de la flore vaginale et vestibulaire (espace entre les petites lèvres).Dr Guigues: « Par conséquent, strings mais aussi lingerie en fibres synthétiques, slips, pantalons serrés/moulants sont à utiliser avec parcimonie, a fortiori chez les femmes sensibles aux mycoses. Elles doivent privilégier les matières naturelles comme le coton ou la soie aux matières synthétiques, moins à même d'entraîner un échauffement local ».L'autre avantage du coton est qu'il est lavable entre 60° et 90°, températures fatales au Candida Albicans, ce champignon de la famille des levures responsable des mycoses. Evitez les protège-slips ! Ce rôle de certaines pratiques vestimentaires dans les infections génitales a été précisé par l'étude italienne SOPHY (Study On pH and Hygien) (1). Si elle a confirmé que les mycoses vaginales sont plus fréquentes avec des sous-vêtements en matières synthétiques comparé aux matières naturelles (25,5% contre 15,7%), elle révèle aussi que le premier ennemi, c'est le protège-slip ! D'où un conseil : portez-en mais occasionnellement. Il augmente le risque de mycoses et d'infections vaginales s'il est porté chaque jour, de près de 35% contre 25%. SOPHY confirme de plus, que porter un jean très serré et moulant accroît, du fait des frottements, le risque d'infections mycosiques. Les collants n'ont, quant à eux, eu aucun impact négatif. Les strings, à oublier en cas de cystites à répétition Vous êtes plutôt culotte ou string ? C'est un choix tout personnel, sur le plan du confort et de l'esthétique. Mais en cas de vulnérabilité aux infections urinaires, la question mérite d'être posée. Et là, le string semble perdre la partie:Pr Jean-Paul Boiteux, membre du Comité d'Infectiologie de l'Association Française d'Urologie (CIAFU) et responsable du service d'urologie (CHU de Clermont Ferrand): « L'extrême majorité des cystites est causée par un germe pathogène (le colibacille Escherichia Coli, le plus souvent) provenant de l'anus qui remonte vers la vessie, sauf peut-être dans certains cas de récidives multiples pour lesquelles on peut invoquer une "incrustation" du germe dans la paroi vésicale. C'est le même principe pour les rapports sexuels : il est prouvé que les mouvements font remonter ce germe du périnée vers la vessie, favorisant les cystites, tout comme s'essuyer d'arrière en avant ».Or le string, contrairement à la culotte plus large, se comporte comme une sorte de mèche ou d'ascenseur ramenant les germes de l'anus vers le vagin! Les cystites, favorisées par les pantalons trop moulants Idem pour les vêtements moulants tels les leggings ou les jeans serrés et le risque potentiellement accru de cystite, intimement lié à l'hygiène de la fente fessière-vulvaire.Pr Boiteux: « Dans un pantalon serré, cela paraît assez logique, sans pour autant posséder de preuves expérimentales, que la transpiration et le frottement accentuent le développement et le passage de ce germe pathogène de l'anus au vagin. L'idéal est d'aérer cette région, de porter des vêtements larges, a fortiori chez les femmes sujettes aux cystites récidivantes ».Il n'y a en revanche pas de lien entre la nature du tissu, coton ou synthétique, et le risque de cystite. Changez de tampon hygiénique, très régulièrement ! Un oubli, pas le temps, pas de tampon hygiénique sous la main ... parfois les heures passent sans avoir l'opportunité de remplacer son tampon hygiénique en place. Sur les boîtes de tampons, on peut lire cette mise en garde: "changer le tampon toutes les quatre à 8 heures, y compris la nuit". Car il existe un risque, rarissime, de syndrome de choc toxique (SCT). Ce fut le drame de Lauren Wasser, un mannequin de 24 ans, dont les médias se sont fait l'écho en juin 2015 suite à l'amputation de l'une de ses demi-jambes. Le SCT est une maladie infectieuse grave, due à l'usage des tampons super absorbants favorisant la prolifération d'une bactérie, le Staphylococcus aureus ou staphylocoque doré, présente dans le vagin chez certaines femmes. Parmi les symptômes, une forte fièvre comme une grippe, des évanouissements, des douleurs musculaires, des diarrhées, une éruption cutanée ressemblant à un coup de soleil, des vertiges voire des défaillances d'organes entraînant parfois le décès.Pas de panique pour autant:Dr Béatrice Guigues: « Le syndrome de choc toxique est exceptionnel, et le nombre infime de cas ne jette en rien le discrédit sur l'usage des tampons hygiéniques. Il suffit de les changer régulièrement ».Nos conseils : ne gardez jamais un tampon plus de 8 heures, pas plus de quatre heures est préférable, utilisez le niveau d'absorption minimal correspondant à votre flux et la nuit, mettez-en un juste avant de vous coucher et enlevez-le dès votre réveil. Source : e-santé journaliste scientifique,Hélène Joubert
3 min
Quelles innovations pour des dents toujours plus saines ?
Après le fluor pour renforcer l'émail des dents, les antiseptiques pour éliminer les bactéries en trop grand nombre, l'innovation se porte sur des produits capables de stimuler les défenses naturelles de la bouche. Et s'il suffisait d'imiter l'action de la salive et de la microflore buccale, ensemble de micro-organismes vivant en harmonie dans notre bouche ? La microflore buccale : un formidable écosystème de défense « La bouche est le principal lieu de communication entre l'extérieur et l'intérieur de notre corps » rappelle Franck Decup, chirurgien-dentiste et Maître de Conférence des Universités à Paris Descartes. Elle constitue la principale porte d'entrée aux microbes, particules, poussières, et autre source alimentaire. Mais pour se protéger des agressions extérieures, « notre organisme s'est organisé un système de défense très efficace qui repose sur la salive et la microflore ». Zoom sur la microflore L'intérieur de notre bouche héberge un nombre incroyable de micro-organismes qui cohabitent en équilibre. C'est ce que l'on appelle la microflore buccale. Elle contient notamment un ensemble de bactéries qui lorsqu'elles sont en proportion adaptée jouent un rôle majeur de défense par rapport à tous les éléments étrangers en provenance de l'extérieur.En revanche, si elles se développent de façon trop importante, ces bactéries peuvent être à l'origine de maladies des dents et des gencives. De même, une insuffisance de ces bactéries buccales crée un déséquilibre préjudiciable. C'est par exemple le cas après un usage excessif de bains de bouche ou d'antibiotiques favorisant les champignons à l'origine de mycoses. Certains composants alimentaires peuvent aussi modifier l'équilibre bactérien, comme le sucre dont se nourrissent les bactéries. Elles deviennent alors non seulement plus nombreuses, mais aussi plus actives, ce qui augmente leur pouvoir destructeur via la production d'acides. De même avec les aliments et les boissons acides.Enfin, certaines maladies (diabète, polyarthrite rhumatoïde), certaines perturbations physiologiques (stress, toxicomanie, tabac, vieillissement) et certains médicaments (antibiotiques, antidépresseurs...) engendrent des déséquilibres.On l'aura bien compris, la microflore est garante d'une bouche saine, tant que l'équilibre entre défenses et agresseurs est maintenu.Mais même si les éléments perturbateurs sont nombreux, une bonne hygiène buccodentaire permet facilement de préserver une microflore saine. En effet, en se brossant les dents deux fois par jour et en veillant à une alimentation équilibrée, on élimine aisément le surplus de bactéries et on maintient l'équilibre. Et si certains évènements de la vie quotidienne surviennent (excès de sucre, médicaments, maladie), il suffit alors, dans ces moments-là, d'être particulièrement vigilant en consultant notamment son dentiste, lequel essayera d'identifier les sources des déséquilibres et vous aidera à les corriger. La salive, l'autre élément essentiel de la santé buccodentaire « La salive, c'est essentiellement de l'eau mais pas seulement ». Elle est composée de nombreux éléments importants pour l'équilibre de la microflore et la santé buccodentaire (des protéines, des enzymes, des anticorps).Son premier rôle est nettoyant. Sécrétée de façon constante et en quantité suffisante, elle contribue à laver la bouche pour éliminer débris alimentaires et micro-organismes en excès.Mais elle est aussi « un parfait lubrifiant », ce qui permet aux tissus fragiles comme les lèvres, la langue et les gencives de cohabiter avec les tissus agressifs que sont les dents. « Nous savons tous qu'un manque de salive affecte la mobilité de la langue et entraîne des difficultés à parler ».Outre la quantité, la qualité de la salive est très importante. Les organites, protéines, enzymes et cellules qu'elle contient contribuent aux côtés de la microflore aux défenses de la bouche. Comment préserver l'harmonie de la microflore et la qualité de la salive ? Outre les bons gestes indiqués précédemment (brossage biquotidien et alimentation saine), il faut utiliser les bons produits, et la base est le dentifrice. Plus il sera performant de par ses composants, plus il sera efficace. Fluor (présent dans la plupart des dentifrices)« Les dents sont comme des forteresses qui peuvent être agressées par de simples bactéries ». On peut les aider en les renforçant leurs parois avec un dentifrice contenant du fluor, élément minéral qui se dépose sur la surface et fortifie l'émail. Antiseptiques Certains dentifrices contiennent aussi des antiseptiques dont le rôle est de détruire les bactéries. Mais attention, point trop n'en faut. Il ne faut pas toutes les éliminer au risque de perturber la microflore, gage de bonne santé buccale. Les antiseptiques (dentifrices ou bains de bouche) sont donc à employer ponctuellement, jamais au long cours. Enzymes et protéines De nouvelles pistes se sont développées visant cette fois-ci à aider les défenses naturelles de la bouche, via le maintien de la microflore et la qualité de la salive. C'est ainsi que des enzymes et des protéines faisant partie des organites présents dans la microflore et dans la salive, sont maintenant intégrés dans certains dentifrices.Ces formules sont destinées à tous puisqu'elles visent à renforcer les défenses naturelles de la bouche. Mais elles s'adressent aussi particulièrement à tous ceux qui manquent de salive (traitements médicamenteux, antidépresseurs, antibiotiques, certains syndromes, radiothérapies, chimiothérapies). C'est aussi le cas des gros fumeurs et des fumeurs de cannabis puisque cette plante diminue le débit salivaire. Source : e-santé Isabelle Eustache
3 min
Diabétiques, préservez vos yeux !
Avec le rein et les nerfs, les yeux paient aussi un lourd tribut au diabète. En 2015, l'atteinte de l'oeil et notamment de la rétine, appelée « rétinopathie diabétique », touche encore un tiers des diabétiques. Il suffit pourtant d'un examen annuel pour la dépister à temps et préserver ainsi sa vue. $$Diabétiques : penser à la rétinopathie diabétique$$Perdre la vue est la première crainte de la personne diabétique lorsque la maladie est diagnostiquée, et cela pour un patient sur deux, loin devant les complications cardiovasculaires et la mise en dialyse (1). Aujourd'hui, 35% des patients diabétiques sont concernés par une rétinopathie diabétique. Cette complication oculaire spécifique du diabète est la première cause de cécité avant l'âge de 60 ans et un patient diabétique sur dix est malvoyant (acuité inférieure à 3/10ème du meilleur oeil). Elle est souvent dépistée trop tard, lorsque la baisse de l'acuité visuelle n'est plus réversible. Car si la rétinopathie diabétique n'est pas traitée à temps, elle peut être responsable d'une baisse visuelle handicapante liée soit à un oedème maculaire (la macula est une petite zone située au centre de la rétine et responsable de la vision précise) soit à une complication de la rétinopathie proliférante (hémorragie du vitré qui est la masse gélatineuse qui remplit l'intérieur de l'oeil, décollement de la rétine ou glaucome néovasculaire). Alors que les diabétiques de type 1 développent plus volontiers une rétinopathie sous sa forme ischémique, l'oedème maculaire semble plus fréquent chez ceux de type 2, bien que ces deux atteintes puissent coexister.$$La rétinopathie diabétique, une maladie silencieuse$$Tout le problème est là : la rétinopathie diabétique s'installe dans le plus grand silence jusqu'au jour où les complications apparaissent, quand elle n'est plus que partiellement réversible... La baisse visuelle est tardive et peut n'être précédée d'aucun symptôme ni douleur.Note positive : les récents progrès thérapeutiques dans le diabète, un meilleur contrôle de la glycémie (taux de sucre dans le sang) et de l'hypertension artérielle ainsi que les efforts du dépistage ont réduit la fréquence et la gravité de ces complications visuelles. Au point que dans le diabète de type 1, les jeunes patients chez lesquels le contrôle glycémique est satisfaisant ne devraient plus être confrontés dans les prochaines années à des complications oculaires graves. Chez les diabétiques de type 2 dont le nombre ne cesse d'augmenter, la maladie est plus insidieuse avec souvent un retard au diagnostic. Ainsi, près de 20% présentent déjà une rétinopathie diabétique au moment de la découverte du diabète, imposant un examen ophtalmologique dès le diagnostic.Dr Sylvie Feldman-Billard, diabétologue : « Dans tous les cas, le meilleur traitement reste préventif et repose sur un bon équilibre du diabète et de la pression artérielle, permettant de retarder la survenue de la rétinopathie diabétique et d'en ralentir la progression. » $$ Agir avant la baisse visuelle$$La mise en évidence d'une atteinte de la rétine à un stade précoce permet de la traiter avant que ne survienne la baisse visuelle. Pour autant, les personnes diabétiques sont encore peu sensibilisées à consulter un ophtalmologiste annuellement ; seulement 50% à 70% d'entre elles se plient à cette visite de contrôle. Même si on ne ressent aucun symptôme, un examen ophtalmologique de dépistage par photographie du fond d'oeil à l'aide d'un appareil spécifique - un rétinographe non mydriatique - est pourtant la règle chaque année, d'autant plus que le diabète et l'hypertension artérielle ne sont pas contrôlés. Néanmoins, en cas de diabète bien contrôlé et non traité par insuline, de pression artérielle équilibrée et sans rétinopathie existante, un intervalle de dépistage de 2 ans peut être suffisant après un examen du fond d'oeil initial. Mais lorsque la maladie a commencé à se développer, la surveillance dépend de la sévérité de l'atteinte de l'oeil.Dr Sylvie Feldman-Billard : « Au cours de certaines périodes de la vie (adolescence, grossesse, situations induisant une normalisation rapide de la glycémie...), le risque d'évolution de la rétinopathie étant plus marqué, il justifie d'une surveillance plus rapprochée." $$Comment limiter la baisse visuelle ?$$Il existe depuis quelques années des moyens pour limiter la progression de la déficience visuelle notamment celle liée à un oedème maculaire. Des injections dans le vitré d'un produit appelé anti-VEGF sont pratiquées de façon répétée. Quant au traitement de référence de la rétinopathie proliférante, il s'agit de la photocoagulation rétinienne au laser. C'est à dire que l'on utilise l'effet cicatrisant et coagulant d'un laser sur les capillaires de la rétine. Source : e-santé Hélène Joubert journaliste scientifique
3 min
Infarctus du myocarde : homme ou femme, les 5 différences
Que l'on soit un "gars" ou une "fille", l'infarctus du myocarde n'est pas ressenti de la même manière. Dans près d'un cas sur deux, les femmes ne sentent pas la forte douleur dans la poitrine si caractéristique de la crise cardiaque. Chez elles, les signes plus atypiques et plus discrets, passent trop souvent inaperçus. Homme ou femme, nous ne sommes pas égaux devant l'infarctus du myocarde. Voici pourquoi. Infarctus du myocarde : en hausse chez la femme, en baisse chez l'homme Dans l'inconscient collectif, l'infarctus du myocarde (ou syndrome coronaire aigu) ne frappe que l'homme, en surpoids et passé la cinquantaine. Erreur. Sur les 65 000 infarctus du myocarde pris en charge en urgence chaque année en France, un quart terrasse une femme (âgée de moins de 60 ans dans 27% des cas et de moins de 50 ans 11% des cas). De plus, la proportion de femmes parmi la totalité des infarctus augmente : elle est de 31% selon le registre européen EuroHeart Survey. Les infarctus du myocarde ont triplé chez la femme de moins de 50 ans ces quinze dernières années. Dr Christelle Diakov, cardiologue, unité Cardiologie médicale et interventionnelle (Institut Mutualiste Montsouris) : « La faute à la progression du tabagisme (et de l'association pilule-tabac) et des troubles métaboliques (obésité, troubles lipidiques, diabète). Aujourd'hui, 28 % des femmes fument ! De plus, l'espérance de vie a progressé et l'on peut espérer vivre 30 ans après la ménopause, la période la plus à risque d'accidents coronariens dont la crise cardiaque ». Infarctus du myocarde : diagnostic rapide pour l'homme, tardif chez la femme Les accidents coronaires chez la femme : on n'y pense pas, on y croit moins. L'image que nous avons de l'infarctus du myocarde chez la femme est bien éloignée de la vérité. 40 % des hommes et 31 % des femmes pensent -à tort- qu'il est moins grave chez la femme dixit l'observatoire CASSANDRE* (2011). Aux idées reçues s'ajoutent la négligence (ou défaut de prise en charge) des facteurs de risque chez la femme et des symptômes cardiovasculaires au féminin. De plus, les femmes tardent plus à appeler les secours (45% d'entre elles appelleront le SAMU contre 57% chez l'homme). La femme ressent des symptômes avant-coureurs parfois jusqu'à un mois avant de consulter ... Au final, le diagnostic de crise cardiaque est trop tardif dans 55% des cas chez la femme. Infarctus du myocarde : les progrès ont surtout bénéficié aux hommes La femme, notamment la femme jeune, décède de plus en plus après un infarctus du myocarde. Alors que les techniques chirurgicales et médicamenteuses ont énormément progressé ces 10 dernières années (50% de mortalité contre 15% aujourd'hui dans la population globale), ce sont surtout les hommes qui en ont profité. Chez eux, la mortalité pour cause d'infarctus du myocarde a été divisée par dix ces dix dernières années, contre six chez les femmes blanches (chiffres USA). Chez les moins de 50 ans, les femmes meurent deux fois plus que les hommes suite à une crise cardiaque. Infarctus du myocarde : les hommes plus rapidement pris en charge Le délai entre la plainte et le diagnostic électrique par un électrocardiogramme (ECG) s'allonge chez la femme : à l'arrivée aux Urgences, un ECG en moins de 10 min (le critère de qualité) est réalisé chez 29% d'entre elles contre 38% chez les hommes. Au final, la femme jeune est non seulement diagnostiquée mais prise en charge moins vite pour un infarctus, à cause des idées reçues mais aussi et surtout, du fait de symptômes discrets et atypiques chez elle. Les symptômes de l'infarctus du myocarde plus subtils chez la femme "Gars" ou "fille", les signes qui alertent de la crise cardiaque n'ont souvent rien en commun. Chez l'homme, l'infarctus se manifeste presque le plus souvent par une douleur thoracique (soit au milieu du thorax, soit dans la région précordiale, en dessous du sein) qui serre "comme un étau" et peu irradier au bras gauche jusqu'à la mâchoire.Dr Christelle Diakov : « Chez une femme, si l'on ne pense pas immédiatement à l'urgence que représente l'infarctus du myocarde, c'est que la douleur thoracique (lorsqu'elle est présente !) est d'intensité bien plus faible. Et trop souvent on accuse l'« anxiété féminine ». Quel est le rapport ? 43% des femmes n'ont aucune douleur et chez elles, ce sera plutôt une gêne avec une sensation d'oppression, d'où l'assimilation à des symptômes d'anxiété, qu'elle verbalise plus que l'homme ».Dans près d'un cas sur deux, la femme ne ressent que des symptômes atypiques. Les connaître, c'est saisir la chance d'être secourue plus rapidement. Ce peut être :- Un essoufflement : 42% en ressentent pendant un mois avant de consulter, 52% lorsque l'infarctus est diagnostiqué.- Une douleur plutôt dorsale.- Des palpitations.- Des symptômes digestifs avec des nausées, des douleurs abdominales, des troubles digestifs.- Une grande fatigue inhabituelle : 70% en ressentent pendant un mois avant de consulter, 45% lorsque l'infarctus est diagnostiqué.- Des troubles du sommeil, dans 47% des cas. Source : e-santé Hélène Joubert journaliste scientifique
3 min
Pieds et chaussures : nos mauvaises habitudes
Talons hauts, escarpins pointus, ballerines ou tongs, tout est permis, mais avec parcimonie. Sinon gare aux problèmes de dos, de tendons ou d'orteils en forme de griffe. Eclairage de spécialistes sur ces habitudes prises par coquetterie ou confort mais loin d'être anodines. $$Talons hauts : séduire ou souffrir ?$$On parle de talons hauts dès lors que la hauteur dépasse 6 cm et de talons "très hauts" au dessus de 10 cm. Au naturel, le pied n'a absolument pas vocation à être perché de la sorte. En terme de hauteur, les talons c'est ni trop, ni trop peu ! Au quotidien les podologues conseillent des talons entre 2 et 6 cm et de réserver les talons hauts aux sorties occasionnelles.Le raccourcissement du triceps, muscle du mollet (1) est la première des conséquences du port de talons hauts.Par ailleurs, le centre de gravité de la personne va se déplacer vers l'avant, obligeant les muscles postérieurs à être en tension permanente pour réajuster la posture et éviter que le corps ne tombe. Creuser le dos est alors une réaction naturelle. Or, plus on va se camber, plus on va mettre les vertèbres en porte-à-faux et plus on s'expose à des douleurs de dos.Muriel Montenvert, secrétaire générale de l'Union française pour la santé du pied (UFSP) : « A eux seuls, les talons hauts peuvent aggraver ou créer des problèmes de dos : lumbagos, lombalgies, douleurs musculaires et articulaires dorsales etc. »Côté tendons, plus les talons seront hauts, plus le tendon d'Achille aura tendance à se rétracter. Après une utilisation prolongée, marcher de nouveau avec du très « à plat » va étirer ce tendon et ce sera douloureux. Le risque de créer des maladies du talon existe, comme l'épine calcanéenne (excroissance osseuse sur la face inférieure du talon) ou la tendinite du talon d'Achille.Enfin, sur des talons hauts, on se retrouve en appui uniquement sur la partie avant du pied. Antoine Perrier, pédicure-podologue, président de la Société Française de Podologie (SOFPOD) : « Ce report de charges sur l'avant-pied augmente les contraintes articulaires (2). Le risque d'orteil « en griffe » est donc augmenté. Cette surcharge peut provoquer à plus ou moins long terme des douleurs sous les métatarses, associées ou non à des problèmes cutanés, des compressions nerveuses très douloureuses (Syndrome de Morton) entre autre... »A force de frotter contre la face interne du dessus de la chaussure, cors et corne apparaissent. Le risque de formation d'hallux valgus (déviation anormale du gros orteil vers le deuxième orteil, ou "oignon") est réel. $$Les bouts pointus, une torture pour les orteils$$Chez les hommes, la chaussure à bout pointu -si la largeur du pied est respectée- n'a que peu de conséquences. Par contre chez la femme, une plus forte laxité des ligaments (relâchement), associée à une faiblesse osseuse grandissante avec l'âge et le port de talon amplifie les problèmes de l'avant du pied. Sandy Fouat, pédicure-podologue, secrétaire générale de la SOFPOD : « Les problèmes les plus fréquents sont cutanés comme les durillons, cors, papillomes micro-traumatiques (évolution douloureuse d'un cor). Les ongles sont touchés aussi avec des onycholyses (décollement), des onychauxis (épaississement) et des cors sous-unguéaux ou dans les sillons et parfois même des ongles incarnés. Aucune étude n'a cependant fait le lien entre bout pointu et hallux valgus ». $$Bannir les pieds nus dans des chaussures fermées$$La chaussette -sorte de barrière hygiénique- protège la peau. Mettre tous les jours un pied propre sans protection dans un chaussant, sale par définition puisque non lavé fréquemment, augmente le risque de lésions cutanées type ampoule (phlyctène), susceptibles de s'infecter. La macération dégage de mauvaises odeurs et favorise l'apparition de mycoses cutanées ou unguéales (de l'ongle).$$Tongs et ballerines : l'antidote aux talons ?$$Les ballerines, souvent dépourvues d'un vrai talon, mettent les muscles et tendons postérieurs en tension, d'où un étirement du tendon d'Achille et des douleurs. Et, comme pour les tongs, l'attaque du talon au sol -et donc des ondes de choc- est plus importante à chaque pas. Par ailleurs, il faut être vigilent car ajustée lors de l'achat, la ballerine s'avachit au fil du temps. Pour ne pas la perdre, on va crisper les orteils, créant des phénomènes de tension sous les pieds et l'apparition de griffes d'orteils, et donc de cors et durillons. Formées d'une semelle plate elles aussi, ce phénomène de crispation existe mais est moindre dans les tongs, puisque la lanière les retient. Mais les tongs sont conçues pour la plage et doivent le rester ! Aussi pour minimiser la colonisation bactérienne, qui serait de 18 000 bactéries. $$Pieds nus le plus possible, une bonne idée ?$$En soi, marcher pieds nus et donc sans talon n'est pas une mauvaise habitude. Aucun inconvénient à être pieds nus chez soi, à part peut-être pour les personnes qui travaillent chez elles car à la longue, le pied s'élargit naturellement et il devient difficile après plusieurs années de rentrer dans ses chaussures. Muriel Montenvert : « Vivre pieds nus chez soi est par contre déconseillé aux personnes diabétiques pour éviter qu'elles ne se blessent. Chez elles, des plaies non soignées (ou non repérées) sont la cause de près de 10 000 amputations annuelles en France ». Source : e-santé Hélène Joubert journaliste scientifique
3 min
Douleur articulaire : les nouvelles approches
Des activités physiques plus appropriées, des anticorps comme nouveaux médicaments, une personnalisation du traitement de l'arthrose avec la santé connectée... les recherches progressent tous azimuts dans les douleurs articulaires avec des avancées attendues à court terme. Tour d'horizon de ces nouvelles approches, à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la douleur, lundi 19 octobre 2015. Douleur articulaire, des sports qui respectent les articulations Dans les douleurs articulaires comme l'arthrose (maladie du cartilage favorisée par le vieillissement des articulations) et l'arthrite (inflammation destructrice des articulations), les approches physiques sont de plus en plus vivement recommandées, données scientifiques à l'appui. La mise au repos n'a plus aucune justification médicale. A contrario, certains sports comme le tai-chi-chuan, le stretching, la natation, sont désormais véritablement encouragés quelle que soit la condition physique, y compris à des âges très avancés. Il a été montré que le tai chi améliorait l'état des muscles, des tendons, l'environnement global de l'articulation. Il agit sur la raideur musculaire et tendineuse, l'ankylose (diminution de la mobilité) et dans un second temps, sur la douleur. Pr Serge Perrot, rhumatologue, responsable du Centre d'évaluation et de traitement de la douleur de l'Hôtel Dieu à Paris : « Dans les douleurs articulaires, ça n'est pas parce que la douleur est plus forte que le dommage articulaire est plus grave. C'est pourquoi il ne faut pas hésiter à pratiquer une activité physique. L'articulation est faite pour bouger, c'est un tissu qui supporte le mouvement, bien sûr adapté à son état de détérioration. L'avantage des activités comme le Tai Chi est qu'elles peuvent être pratiquées par tous, à tout âge, améliorent la fonction, sans traumatiser les muscles ni les articulations ». Des anticorps contre la douleur articulaire Les douleurs de l'arthrose surviennent principalement chez des gens âgés, de plus de 70 ans. A un âge où peu de médicaments existent pour les soulager, du fait de maladies associées, cardiovasculaires ou digestives (comorbidités) qui les contre-indiquent ou du fait d'effets indésirables. Par exemple, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont toxiques pour le rein, le coeur, et les opioïdes sont mal supportés avec des risques de chute et de troubles des fonctions supérieures (mémoire, rélfexion, conscience de soi et de l'environnement, langage...) et de somnolence. De nouvelles pistes thérapeutiques vont bientôt aboutir d'ici deux à trois ans dans les douleurs arthrosiques et la lombalgie chronique. Ce sont des biothérapies ou immunothérapies (appelées anti-Nerve Growth Factor ou facteur de croissance des nerfs), plus précisément des anticorps dirigés contre des molécules de la douleur, en l'occurrence ces facteurs de croissance des nerfs, retrouvés à des concentrations élevées dans les douleurs articulaires. Agir sur le cerveau pour diminuer la douleur articulaire La stimulation magnétique transcrânienne, déjà utilisée dans certaines maladies psychiatriques (dépression sévère, schizophrénie etc.), se développe avec succès dans tous les types de douleur y compris articulaire. Cette approche attaque la sensation douloureuse à sa source : la douleur est une expérience et en modulant le cerveau, on peut modifier la perception, le ressenti douloureux. En pratique, on place un électro-aimant à l'extérieur du cerveau et celui-ci va moduler certaines zones cérébrales afin de renforcer les systèmes de contrôle qui réduisent la douleur chronique (mécanismes inhibiteurs). En cas de douleur, certaines zones sont activées (thalamus, cortex somato-sensoriel, aire cingulaire antérieure...) et le cerveau, en permanence, essaie de contrecarrer les sensations douloureuses. Dans la douleur articulaire, on affine en ce moment la fréquence de la stimulation nécessaire pour être efficace. Technique attendue pour 2016-2017. La douleur articulaire à la carte Aujourd'hui, on traite la douleur articulaire quelle qu'elle soit, en se focalisant sur son intensité grâce aux échelles (échelle visuelle analogique, échelle numérique) mais pas sur sa qualité (douleur à type de brulure, nocturne ou diurne etc.)Or dans l'arthrose par exemple, certaines personnes souffrent de douleurs la nuit, d'autres plutôt lorsqu'elles marchent ou lorsqu'elles changent de positions. Il y a plusieurs types de douleur arthrosique, dépendant de mécanismes différents et donc requérant des médicaments distincts.Pr Perrot : « Nous développons dans cette optique des outils (questionnaires) pour mieux classer chaque douleur et adapter le traitement en fonction. Paracétamol, anti-inflammatoires et morphiniques ne conviennent pas à tout le monde. Par exemple, il vaut mieux prescrire des anti-inflammatoires devant des douleurs nocturnes et des gonflements articulaires (composante inflammatoire). Alors que le paracétamol ou la codéine seront inefficaces. Ces derniers seront plutôt utiles dans des douleurs articulaires mécaniques, à prendre avant la marche ou l'effort ». La santé connectée, aussi dans la douleur articulaire Un nombre croissant d'outils connectés permet de repérer soi-même son état fonctionnel avec à la clé des programmes adaptés (par exemple avec le nombre de pas à effectuer, la nécessité ou non d'une canne, le régime, le type de sport...). C'est un pas de plus vers la personnalisation des traitements, une approche qui prend de l'ampleur dans la douleur articulaire. L'équipe du Pr Perrot est en train de finaliser un programme dans l'arthrose (SMS « soigne ma santé ») qui consiste en l'envoi de SMS personnalisés (adaptés à la douleur et aux problèmes fonctionnels), pour inciter les personnes à une activité minimale et à adapter leurs médicaments en fonction de l'activité. Sortie prochaine. Source : e-santé Hélène Joubert journaliste scientifique
4 min
Et si vous vous occupiez un peu de votre potassium ?
Le potassium est un sel minéral dont on ne parle pas beaucoup, si ce n'est pour ses qualités dites « diurétiques ». Il est très répandu dans les aliments et on est censé ne pas en manquer. Ce qui n'est pas toujours exact. On fait le point.
3 min
Sommeil : mieux manger pour mieux dormir
Fêtes de fin d'année et repas copieux ne favorisent pas forcément un bon sommeil. Mieux vaut aussi bien dormir pour qu'un régime soit efficace... les recherches explorent la relation entre le sommeil, la nutrition, certains nutriments ou la composition énergétique des repas. De plus, le lien réciproque entre troubles du sommeil et obésité/surpoids vient d'être vérifié sur le terrain. Que dit la Science ? Repas de fête et sommeil font-ils bon ménage ? L'apport énergétique d'un repas joue sur le sommeil, principalement parce qu'il provoque l'élévation de la température corporelle, peu favorable à l'endormissement. Physiologiquement, pour bien s'endormir, la température corporelle doit s'abaisser d'un demi degré. Une étude a comparé plusieurs dîners en fonction de leur apport calorique : 1300 kcal, 3000 kcal ou pas de dîner du tout (1). Et en effet, après un dîner "riche" la température corporelle au cours de la nuit est plus élevée qu'après un repas normal ou pas de repas. Pour autant, dans cette étude, les différents repas n'ont pas induit de différence en termes de qualité de sommeil. Conséquence : chez les bons dormeurs, le schéma de sommeil est suffisamment robuste pour ne pas être perturbé par un repas trop riche. Par contre, eu égard à l'effet du repas riche sur la température corporelle, il est probable qu'un tel repas puisse majorer les troubles du sommeil chez les personnes n'ayant pas un bon sommeil. Obésité et sommeil, une relation réciproque vérifiée sur le terrain L'enquête INSV/MGEN dans le cadre de l'étude NutriNet‐Santé (2015) (2) illustre grandeur nature ce que les études scientifiques cernaient déjà : une réduction de la durée de sommeil favorise la prise de poids et à l'inverse, une obésité est un facteur aggravant de troubles du sommeil.De plus, une plus faible consommation de végétaux (légumes, fruits) a été observée chez les petits dormeurs ou ceux ayant une mauvaise qualité de sommeil et une faible consommation de poisson était liée à une plus courte durée de sommeil. Nutrition et sommeil sont liées. Les investigateurs se demandent si l'impact sur le sommeil ne serait pas dû à de moins bonnes habitudes alimentaires en général. Une série d'études confirment cette hypothèse : une consommation plus importante d'aliments gras, sucrés et d'alcool est lié à une durée de sommeil plus courte. Au final, une alimentation diversifiée serait la clé d'une durée normale de sommeil (8h en moyenne pour un adulte), comme le concluait une très grande étude, la National Health and Nutrition Examination Survey (3) Les régimes, plus efficaces quand on dort bien Suivre un régime alimentaire n'est pas anodin car cela peut affecter le sommeil, non seulement en augmentant la latence d'endormissement mais aussi en diminuant la durée du sommeil à ondes lentes (la phase du sommeil la plus récupératrice au niveau physique).Un régime majore potentiellement la fatigue. De plus, après une privation de sommeil, la faim augmente et de fait l'apport énergétique, souvent au profit des glucides qui semblent bien plus attirants et plus énergétiques.Eve Tiollier, nutritionniste à l'Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance (INSEP) : « Constat intéressant, un déficit de sommeil favorise la perte musculaire au détriment de la masse grasse, même si le poids perdu est similaire (4). Des femmes sous restriction calorique en dette de sommeil (5h30 de sommeil) perdaient sur deux semaines surtout de la masse maigre (perte musculaire majorée de 60%) plutôt que de la masse grasse (perte diminuée de 50%), comparé à celles qui dormaient 8h30. Par conséquent, quand on fait un régime, il faut absolument avoir une bonne hygiène de sommeil, sous peine de perdre surtout de la masse musculaire ». Les hormones, impliquées à la fois dans l'appétit et le sommeil L'adage « Qui dort dîne » n'est pas sans fondement. La leptine et la ghréline sont deux hormones particulièrement impliquées dans la régulation de la balance énergétique. La ghréline est sécrétée le jour et stimule l'appétit alors que la leptine qui contrôle la satiété est sécrétée pendant le sommeil. Or si l'on ne dort pas assez, cet équilibre est bouleversé et la sensation de satiété s'émousse. La faim s'accroît et, avec elle, l'appétit pour des aliments riches (matières grasses et glucides).L'hormone de croissance joue aussi un rôle car sa sécrétion augmente en phase de sommeil. Or, elle régule la masse grasse.Quant au cortisol, son rythme de sécrétion circadien (sécrété en seconde partie de nuit avec un pic le matin) est perturbé par la privation de sommeil et l'insomnie. Il est alors sécrété plus tôt dans la journée, avec un impact sur la faim, mais aussi sur l'insulino-résistance (comme dans le diabète de type 2) et le développement d'une obésité. Des glucides au dîner ! Une alimentation glucidique et surtout les aliments à index glycémique élevé (riz, pommes de terre, pain) va augmenter la disponibilité en tryptophane et sera donc favorable au sommeil, au contraire d'une alimentation protéique. Un aliment à index glycémique (IG) élevé entraine une augmentation rapide et élevée du glucose sanguin.Un dîner avec des glucides à IG élevé comparé à un dîner avec des glucides à index glycémique faible pris quatre heures avant le coucher permet de diminuer la latence d'endormissement (5).Eve Tiollier : « Une étude japonaise (6) a regardé la consommation de féculents (riz, pain, nouilles), le riz ayant l'index glycémique le plus élevé et les nouilles l'IG le plus faible. Elle confirme que les consommateurs de riz avaient un meilleur sommeil que les autres. Attention, une alimentation avec des glucides à IG élevé n'étant pas vraiment favorable à la santé (parmi les aliments à index glycémique faible figurent les légumes, le lait etc.) ce conseil ne devrait pas être appliqué au quotidien (surtout aux personnes en surpoids) mais de manière ponctuelle, par exemple la veille d'une réunion importante etc. ». Attention aux sodas, de la caféine déguisée La consommation en caféine - substance excitante bien connue - des adolescents est bien plus importante qu'on l'imagine. Une canette de soda au cola contient 32g de caféine, presqu'autant qu'un expresso (30ml : 40mg de caféine) !Chez eux, les sodas (Ice Tea et les colas) sont la principale source de caféine devant les barres chocolatées (7). Dans cette étude, les adolescents consommant les plus grandes quantités de caféine (env 30mg) étaient ceux qui dormaient le moins. Il faut donc y penser chez un adolescent qui dort peu ou mal.Vigilance aussi vis-à-vis de l'alcool avec un effet retard souvent ignoré. Si un taux d'alcoolémie à 0,03g/L (un verre environ chez l'homme, trois-quarts de verre chez la femme) n'engendre pas de perturbation sur le sommeil, un taux d'1g/l (3 verres chez la femme, 4 chez l'homme) a un effet hypnotique dans un premier temps (réduit la latence d'endormissement et le nombre d'éveils). Le retour de bâton survient dans un second temps. L'alcool augmente alors le sommeil léger favorable aux éveils. (8) Source : e-santé Hélène Joubert journaliste scientifique
3 min
Dysmorphophobie : quand la laideur, c'est dans la tête !
La dysmorphophobie, c'est l'impression d'avoir un corps laid ou hors-normes, et, dans le contexte des troubles alimentaires, un corps qui est, dans l'immense majorité des cas, perçu comme trop gros, au risque de tomber dans l'anorexie-boulimie. C'est pourtant juste une impression : sur la balance, quasi 100% de ces personnes -des femmes pour la plupart- sont dans les normes pondérales, ni en surpoids ni obèses... Comment retrouver un sentiment esthétique de l'image de soi enfin réaliste ? Dysmorphophobie : le risque de l'anorexie-boulimie Entre 1 et 2% des adolescentes et des jeunes femmes souffriraient de dysmorphophobie.Cette peur d'une dysmorphie corporelle est médicalement identifiée (1). Elle représente une catégorie de personnes qui souffrent d'un trouble de l'apparence allant du doute obsessionnel à la certitude obsédante d'une disgrâce alléguée. Elle peut être, dans les formes les plus graves, associée à une phobie sociale avec un évitement du regard d'autrui voire un vécu dépressif.La dysmorphophobie est notamment un symptôme de troubles alimentaires, d'autres dysmorphophobies obsessionnelles se focalisant sur d'autres parties du corps. Elle peut générer de légers troubles anxieux jusqu'à une psychose, une anorexie-boulimie et une addiction à la chirurgie esthétique. La dimension dysmorphophobique est moins présente chez les hommes : seuls 10% des personnes qui souffrent de troubles alimentaires sont des hommes.Jean Michel Huet, psychanalyste et sexologue, spécialiste des troubles alimentaires (Paris) : « Il arrive parfois qu'au tout début de l'apparition de troubles alimentaires, les jeunes filles aient effectivement un ou deux kilos en trop. Mais après avoir maigri de 10 kg, elles s'estimeront toujours trop grosses ! On peut dire que presque toutes les femmes sont légèrement dysmorphophobiques. La faute principalement à l'image de la femme "parfaite" dans les médias! Beaucoup de femmes dysmorphophobiques s'inquiètent par exemple que leur ventre se plisse lorsqu'elles se penchent en avant. Que les femmes dans les magazines soient "Photoshopées" n'est pas un argument qui peut les raisonner ». Suis-je dysmorphophobique ? L'anorexie, la boulimie et éventuellement une orthorexie (pratiques alimentaires extrêmes caractérisées par l'ingestion d'une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains) sont les troubles du comportement alimentaire témoignant d'une dysmorphophobie. Mais la recherche de la perfection peut -sans aller jusqu'à ces extrémités- engendrer une souffrance, plus ou moins grande. Il s'agit d'un problème psychologique par excès quantitatif (se sentir en surpoids) et non pas qualitatif (la forme du corps).Jean Michel Huet : « Les profils de femmes qui consultent pour dysmorphophobie sont variés ; Cela peut aller de l'adolescente de 15-16 ans poussée par sa famille du fait d'une perte de poids préoccupante, à la jeune femme vers la vingtaine parfois hospitalisée pour anorexie-boulimie qui, en dépit d'une reprise pondérale, vit avec des angoisses esthétiques fortes. Y compris les femmes plus âgées qui souffrent de ne pas avoir le corps de leur rêve comparativement à celui de leurs amies... Notre société a brouillé les cartes : on ne sait plus ce qu'est un corps humain normal, et le niveau d'études n'a rien avoir dans l'affaire ».Les indices qui orientent vers un diagnostic de dysmorphophobie sont : Une préoccupation quasi permanente de l'apparence physique. Peu importe la taille ou le poids objectifs, la personne n'est jamais assez mince. Un défaut physique (nez, dimensions du sexe pour les hommes) peut aussi générer une obsession démesurée. Le fait que cette préoccupation entraîne une souffrance psychologique plus ou moins importante avec une altération de la vie sociale, professionnelle ou familiale. Un trouble distinct d'autres troubles mentaux dont l'anorexie mentale (avec ses représentations délirantes du corps voire la négation de l'existence de certains organes). Comment aider une personne dysmorphophobique ? A partir du moment où il existe une souffrance obsessionnelle, même légère, cela justifie de consulter un spécialiste, ne serait-ce qu'une seule fois. Il faut avant tout que la personne ait envie de guérir de ses troubles alimentaires (dans le cas d'une dysmorphophobie avec troubles de la conduite alimentaire) et ne soit pas, là encore, perfectionniste en acceptant une thérapie sur la durée. La plupart du temps il n'y a rien à corriger sur le plan nutritionnel. Ces femmes sont normo-pondérales et de toutes les façons n'accepteront aucun conseil. Sur le versant psychologique, le médecin doit établir une relation de confiance afin de les amener à parler de croyances qu'elles n'ont jamais avouées tellement elle se sentent honteuses. Ce sont des représentations fantasmatiques chez des personnes instruites comme l'impression qu'elles grossissent automatiquement de 1kg après avoir mangé une barre de céréales de 50g. C'est « plus fort qu'elles ». A part dans le cas de la dysmorphophobie psychotique (délirante, sentir qu'on a le corps d'un ange par exemple), il persiste toujours chez ces femmes une petite allusion à la réalité par exemple : « Je sais bien que ça n'est pas vrai/normal , même si je me sens quand même grosse... ». Celles qui n'ont pas ce lien avec la réalité tombent très vite dans l'anorexie grave. Comme aucun argument pour leur ouvrir les yeux n'y fera, du moins dans un premier temps, le médecin/psychologue joue sur les perceptions immédiates qu'elles ont d'elles-mêmes à partir de photos, en exploitant les failles de leur raisonnement. Comme par exemple comparer leur corps à la personne située à coté sur la photo, aller même jusqu'à mesurer un tour de taille sur l'image. Le médecin va aussi travailler sur un comportement boulimique ou anorexique installé, parfois engendré par une dysmorphophobie sévère. Le soignant confronte alors la perception de la personne à la réalité et tente de trouver les causes, toujours multiples, des troubles du comportement alimentaire. Jean Michel Huet : « Quant à l'entourage, son rôle se borne à essayer d'amener la personne qui présente des signes de dysmorphophobie à consulter. La famille ou les amis ne doivent pas chercher à convaincre par le rationnel ou la raison, mais seulement pointer qu'il existe une souffrance et qu'un avis neutre et compétent est nécessaire ». Source : e-santé Hélène Joubert journaliste scientifique
4 min
Le réchauffement climatique et la pollution : un désastre au plan des maladies cardiovasculaires !
L'enjeu de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) qui vient de se terminer le 11 décembre à Paris était de contenir l'augmentation des températures à 2°C de plus par rapport à l'ère préindustrielle. Une urgence tant la pollution industrielle et domestique, principal coupable favorisant le réchauffement climatique, est dévastatrice sur le plan des maladies cardiovasculaires. Revue de détail. La pollution atmosphérique, une meurtrière La pollution de l'air a causé 524 000 décès prématurés en Europe en 2012, autant que les années précédentes (1) : 432 000 décès sont à mettre sur le compte des particules fines, 75 000 sur celui du dioxyde d'azote et 17 000 sur celui de l'ozone. Il ne fait pas bon vivre en ville : 87% de la population urbaine de l'Union européenne était exposée en 2013 à des concentrations de PM2,5 (les fameuses particules en suspension parmi les plus fines, mesurant 2,5 microns) supérieures à la valeur fixée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Maladies cardiovasculaires, première conséquence de la pollution La pollution atmosphérique serait responsable de 400 000 décès prématurés chaque année en Europe, pour 80% par maladies cardiovasculaires (notamment infarctus du myocarde), loin devant les maladies pulmonaires et le cancer (1) (2).En effet, sur le long terme, la pollution atmosphérique aggrave non seulement des problèmes cardiaques chez les malades (infarctus du myocarde, angine de poitrine, troubles du rythme cardiaque, accident vasculaire cérébral, maladies des coronaires) mais produit également des effets nocifs sur le système cardiovasculaire des personnes "saines" !Exactement comme pour le tabagisme* - rappelons qu'avec 78 000 morts par an rien qu'en France et 700 000 en Europe, il tue beaucoup plus que la pollution atmosphérique -, les mécanismes physiopathologiques impliqués sont des phénomènes de thrombose (formation de caillots sanguins), une altération de la capacité des vaisseaux à se dilater et des phénomènes inflammatoires.Pr Daniel Thomas, cardiologue au CHU de La Pitié Salpêtrière à Paris, président d'honneur de la Fédération française de cardiologie (FFC) : « Ces mécanismes vont entraîner une déstabilisation des plaques d'athérome (dépôts progressifs de cholestérol) et provoquer des accidents aigus vasculaires notamment au niveau des artères coronaires (artères du coeur). D'ailleurs, les pics de pollution et les accidents vasculaires aigus sont en parfaite corrélation chronologique ! De plus, l'altération de la capacité des artères à se dilater peut être à l'origine des phénomènes de spasmes coronaires. Il s'agit d'un rétrécissement brutal du calibre des artères, favorisant la coagulation sanguine et pouvant conduire à des troubles du rythme ventriculaire cardiaque voire à la mort subite par occlusion de l'artère. Enfin, le monoxyde de carbone empêche le transport normal de l'oxygène dont il prend la place dans les globules rouges, ce qui est tout particulièrement préjudiciable chez les patients coronariens (souffrant de maladies des coronaires). » Pollution : Enfants, fumeurs et seniors sont les plus vulnérables Certaines personnes sont plus vulnérables que d'autres. Tout d'abord, les enfants jusqu'à l'âge de 8 ans, car leurs alvéoles pulmonaires continuent de se développer. Les fumeurs ensuite, à l'appareil respiratoire déjà altéré par le tabac. Mais surtout les plus de 65 ans souffrant de comorbidités (maladies installées comme un diabète, une hypertension, un syndrome métabolique etc.). Ils peuvent alors « décompenser » (qui s'aggrave brutalement) un problème cardiaque déjà existant comme une insuffisance cardiaque et une maladie coronaire et ainsi décéder prématurément. Chez eux, en amont d'un pic de pollution, il est conseillé d'aérer la maison deux fois par jour pendant dix minutes pour une bonne oxygénation des lieux, diminuer l'humidité et être particulièrement vigilant quant aux signes d'alerte (malaises, maux de tête, sensation de faiblesse, vertiges...). Températures élevées, mortalité en hausse En ce qui concerne les épisodes de canicules, conséquences directes du réchauffement climatique, ils peuvent favoriser la déshydratation chez les personnes âgées. La conséquence ponctuelle est le risque d'hypotension artérielle qui peut réduire le flux coronaire avec le risque d'accident coronaire aigu, type infarctus.Les canicules de 2003 puis de 2006 et 2015 ont causé respectivement 15 000, 2000 et 3300 décès en excès en quelques jours en France.Près des trois-quarts des jours chauds observés depuis 1850 sont attribuables au changement climatique.Mais la température a également des impacts sur la mortalité en dehors des canicules. Une étude internationale a estimé que 7,7% de la mortalité annuelle était attribuable à la température, effet du chaud et du froid cumulé (3). En France métropolitaine, une hausse des températures moyennes comprise entre 0,6°C et 1,3°C est attendue sur la période 2021-2050 par rapport à 1976-2005. Source : e-santé Hélène Joubert journaliste scientifique
3 min
Lupus : les progrès dans le traitement de cette maladie auto-immune
La prise en charge du lupus a bénéficié ces dernières années de progrès considérables. Le développement de nouveaux médicaments pourrait encore davantage révolutionner le traitement de cette maladie auto-immune. Mais tant qu'ils n'ont pas démontré leur efficacité et que les bénéfices pour les patients n'ont pas été validés, « restons humbles », suggère le Pr Jean Sibilia*. Le lupus, une maladie pas comme les autres... Non pas un lupus, mais des lupus Le lupus est une maladie rare et complexe... mais avec près de 30.000 malades en France, le lupus n'est pas non plus une pathologie exceptionnelle.En fait, le lupus est une constellation de formes différentes qui s'expliquent par des mécanismes distincts que l'on appelle auto-immunes. L'auto-immunité est une réaction anormale du système immunitaire, qui se « retourne » contre ses propres cellules pour des raisons à la fois génétiques, mais aussi environnementales.Le lupus peut donc s'exprimer par des signes très divers : hématologiques, cutanés, rénaux, cérébraux ou articulaires, en associant parfois des signes articulaires et cutanés, hématologiques et rénaux. Pour une prise en charge spécifique et adaptée, nous avons aujourd'hui besoin d'améliorer nos connaissances pour mieux comprendre les mécanismes immunitaires impliqués dans chaque type de lupus. Le lupus est une maladie complexe Beaucoup de maladies humaines répondent à une problématique assez simple : une cause, une maladie, un traitement. Par exemple, une angine à streptocoque s'exprime par des symptômes précis et se traite avec des antibiotiques. Dans le lupus, le diagnostic et le traitement sont beaucoup plus compliqués.Ainsi certains facteurs d'environnement conditionnent le lupus : les ultraviolets, les hormones féminines (ce qui explique, en partie, pourquoi le lupus touche des femmes dans neuf cas sur dix), le tabagisme... Attention, ces facteurs ne sont pas à l'origine du lupus, mais des déclencheurs ou des facteurs aggravants.Le lupus s'explique aussi par une prédisposition génétique, mais pas seulement liée à un gène comme dans l'hémophilie par exemple. Entre 100 et 150 gènes ont été mis en cause dans le lupus, c'est donc une maladie polygénique comme les autres maladies auto-immunes. Et selon la photographie génétique de chacun, un certain nombre de ces gènes participe à cette prédisposition à développer un lupus. On sait par exemple que chez l'enfant (moins chez l'adulte), le lupus peut être lié à des anomalies génétiques concernant les voies de l' interféron. De telles connaissances conditionnent les thérapeutiques de demain.En déterminant certains dysfonctionnements du système immunitaire, on a réussi à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques spécifiques, comme les cellules dendritiques, plasmacytoïdes (qui produisent de l'interféron), des lymphocytes T et B (des cellules de l'immunité) et des polynucléaires neutrophiles.Une autre piste à explorer est de savoir ce qui prédispose à une forme de lupus plutôt qu'à une autre ? Pourquoi certains types de lupus touchent la peau, le coeur ou les reins ? Si l'on n'a pas toujours la même maladie, c'est que les cellules qui composent les tissus touchés par le lupus, ou leur environnement, ont quelque chose de particulier qui prédispose à la maladie.Enfin, pour communiquer entre elles, les cellules produisent des médiateurs et disposent de récepteurs. Ces multiples acteurs moléculaires peuvent aussi constituer des cibles spécifiques pour les thérapies d'aujourd'hui et de demain. On sait qu'une des principales molécules produites par les cellules de l'immunité dans le lupus est l'interféron. On sait également que dans le lupus, les lymphocytes B sont activés par une cytokine dénommée BAFF. Or il existe déjà sur le marché une molécule qui bloque BAFF, commercialisée sous le nom de Benlysta® (belimumab).Quels sont les grands progrès dans la maladie de Lupus?Le premier vrai progrès réalisé dans la prise en charge du lupus a été l'amélioration de nos connaissances sur cette maladie et de son diagnostic par des centres experts, regroupés dans un réseau français, appelé FAI2R. Plus on détecte tôt cette maladie, plus les traitements seront performants.Le deuxième grand succès a été la maitrise des facteurs aggravants (exposition aux UV et à certains toxiques, aux hormones...) et des complications. Par exemple, on sait aujourd'hui minimiser les effets indésirables de la cortisone, médicament utilisé en première intention, et surtout les effets du lupus sur le système cardiovasculaire. Il s'agit de la complication la plus importante et la plus fréquente dans nos populations. En effet, chez le lupique, l'athéromatose est accélérée car l'inflammation favorise une maladie immunitaire de la paroi des vaisseaux, pouvant mener à l'infarctus du myocarde.Enfin, on a appris à mieux prescrire et à surveiller les traitements de référence immunomodulateurs et immunosuppresseurs, lesquels ne sont pas dénués de risques, notamment infectieux. Comment traite-t-on le lupus aujourd'hui ?Les médicaments contre le lupus ne sont pas nombreux. La cortisone est un médicament très efficace, mais toxique si on l'utilise trop longtemps et à fortes doses. On l'emploi donc au mieux, à la plus faible dose efficace et le moins longtemps possible. Les immunomodulateurs sont très utiles et tout lupus, quel qu'il soit, et a fortiori s'il est cutanéo articulaire, devrait être traité par un antipaludéen de synthèse. Le Plaquénil® réduit de 50% le risque de complications de la maladie. Là encore, le grand progrès a été d'apprendre à mieux utiliser cette classe de médicaments, comme par exemple pendant la grossesse. Il faut savoir qu'autrement fois déconseillée, la grossesse est aujourd'hui parfaitement maitrisée chez les patients lupiques. Les immunosuppresseurs : les quatre médicaments actuellement utilisés sont le méthotrexate, l'azathioprine (Imurel®), le mycophénolate mofétil (Cellcept®) et le cyclophosphamide (Endoxan®). Ils sont plus ou moins toxiques, les plus dangereux étant réservés aux formes graves, mais ils font encore partie du traitement de référence d'un lupus actif. De nouvelles pistes de médicaments révolutionnairesComme pour la sclérose en plaques et la polyarthrite rhumatoïde, la recherche est très active pour identifier de nouvelles thérapies ciblées. Alors que la cortisone et les immunosuppresseurs agissent de façon très large, l'objectif est d'avoir de nouvelles molécules à action très spécifique.À ce jour, une seule molécule a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) : le belimunab (AC monoclad anti BAFF) cité précédemment. De nombreuses autres molécules sont en évaluation, mais leur efficacité est parfois difficile à démontrer, car le lupus est une maladie polymorphe et complexe. Outre l'hypothèse que ces nouvelles molécules ne seraient pas suffisamment efficaces, les études ont pu être mal orchestrées ou inclure des populations de lupus trop diversifiées. En effet, sachant qu'il existe différentes formes de lupus, certaines molécules pourraient n'être efficaces uniquement que dans des formes cutanées, hématologiques ou articulaires. En conséquence, il serait utile de mener des essais cliniques dans des sous-populations atteintes d'un lupus cutané exclusivement par exemple. Mais, comme il s'agit d'une maladie rare, réunir un nombre suffisant de patients remplissant des critères d'inclusions très spécifiques est difficile... Plusieurs laboratoires échouent à démontrer l'efficacité des molécules théoriquement efficaces.De nombreuses études chez l'homme sont en cours, avec plusieurs pistes intéressantes, dont celle de l'inhibition de l'interféron. Parmi les autres pistes thérapeutiques, citons la stratégie des inhibiteurs de kinase qui consiste à bloquer la signalisation intracellulaire et la stratégie des modulateurs de l'autophagie (les cellules se débarrassent naturellement de leurs déchets selon un processus appelé autophagie, lequel est anormal dans les maladies auto-immunes).Enfin, des stratégies d'immunomodulation par les cellules souches (cellules souches mésenchymateuses) dont on connait les propriétés immunomodulatrices sont en cours d'évaluation.Des stratégies de stimulation des lymphocytes T régulateurs par de faibles doses d'Int -2 sont aussi en test chez l'homme.La prise en charge du lupus a fait un bond en avant impressionnant en seulement quelques années. Et des avancées considérables sont encore à venir grâce aux nouvelles thérapeutiques ciblées en cours d'expérimentation. Source : e-santé Isabelle Eustache
4 min
Fibromyalgiques, qui êtes-vous ?
Quel est le profil des personnes souffrant de fibromyalgie ? Quelles douleurs ressentent-elles, pour quel retentissement au quotidien ? Une enquête française, la première par son ampleur, dévoilée lors du congrès annuel des spécialistes de la douleur (SFETD, 24-26 novembre 2016) lève le voile sur la fibromyalgie dans la "vraie vie". Mieux cerner la fibromyalgie La fibromyalgie est un syndrome douloureux chronique, assez fréquent (1,6% de la population) et féminin. A un syndrome de fatigue chronique peuvent s’associer des douleurs chroniques diffuses au niveau des tendons, des articulations et des muscles, un affaiblissement de l'organisme (asthénie), des troubles du sommeil mais aussi cognitifs (liés à la réflexion), des céphalées de tension, des troubles de la sensibilité tactile (paresthésies), des troubles fonctionnels digestifs, des symptômes génitaux-urinaires etc. La génétique, les hormones, une certains détresse psycho-socio-professionnelle constitueraient un terrain favorisant. Un traumatisme, une infection, un évènement de vie pourraient déclencher une fibromyalgie. Si le diagnostic est désormais bien codifié, cette maladie reste confuse dans l’esprit du grand public et de bon nombre de soignants. Il était important de dépasser les études scientifiques et de mieux cerner dans la vraie vie le profil des malades, leurs attentes et les principales répercussions de la maladie. Pour cela, un auto-questionnaire très détaillé de 103 questions a été administré à 4516 personnes souffrant de fibromyalgie*. Fibromyalgiques : essentiellement des femmes de 50 ans avec de l’arthrose Dans l’enquête, conformément à ce que l’on savait déjà, les femmes sont majoritairement atteintes (92%), âgées en moyenne de 48 ans, avec une légère tendance au surpoids. Elles sont le plus souvent en couple (70%) et ont eu des enfants (80%). A l’annonce du diagnostic, le plus souvent posé par le rhumatologue ou le médecin généraliste, la moitié a ressenti un soulagement. Pour autant, 39% se sont senties inquiètes et 31% en ont été perturbées. Les fibromyalgiques ont en général des maladies associées (comorbidités). L’enquête le confirme avec en tête l’arthrose, loin devant l’endométriose ou l’hypothyroïdie. Sur le plan psychologique, des troubles cognitifs, une anxiété ou une dépression sont retrouvés dans un cas sur deux. Dr Julien Guérin, co-coordinateur de l’enquête « La fibromyalgie dans la vraie vie », Centre d’évaluation et de traitement de la douleur (Hôpitaux Saint Antoine et Cochin, Paris) : « Ces personnes ne souffrent pas que dans leur chair mais aussi dans la vie en générale : l’impact de la fibromyalgie sur la vie est largement ressenti, par plus de 85% des personnes touchées. Fort heureusement, 58% d’entre-elles connaissent des périodes de rémission ». Douleurs et fatigue, des symptômes qui pèsent sur le quotidien Les douleurs en général -principalement diffuses- ainsi qu’une fatigue chronique sont présentes chez tous les fibromyalgiques (99% et 98% respectivement). Les troubles du sommeil aussi (90%). Les autres symptômes très fréquents sont les troubles digestifs et urinaires, les céphalées et les impatiences (trouble neurologique "syndrome des jambes sans repos"). Près des deux tiers sont sous traitement médicamenteux et un peu moins de la moitié suit des séances d’ostéopathie en complément d’une prise en charge conventionnelle. Concernant spécifiquement les douleurs ressenties par les fibromyalgiques, celles-ci sont à type de brûlure, de décharges électriques ou de crampes mais aussi d’anomalies de la sensibilité (dysesthésie) ou d’engourdissement. Dr Guérin : « 73% des personnes fibromyalgiques considèrent avoir eu des éléments déclencheurs, qu’ils soient physiques ou psychologiques. Le surmenage, les conflits, les traumatismes, les changements de météo et les déplacements sont les principaux facteurs jugés aggravants de la fibromyalgie ». Fibromyalgie : un frein à l’activité professionnelle Parmi les personnes souffrant de fibromyalgie en activité professionnelle, seule la moitié travaille à temps plein. 8% ont un temps partiel thérapeutique et plus de 40% sont en arrêt maladie dont plus de 60% depuis plus de un an. Dr Guérin : « Il y a deux populations de fibromyalgiques avec, d’un côté, des formes légères de la maladie qui n’empêchent pas une activité professionnelle et de l’autre, des formes plus graves, en arrêt de travail de façon prolongée. Pour la majorité, ces personnes s’estiment non soutenues par le médecin du travail. A noter, plus d’un tiers n’avait jamais été reçu par le médecin du travail. Le stress au travail, la difficulté au travail et le fait que la fibromyalgie entrave la carrière concerne plus de deux fibromyalgiques sur trois. De plus, la moitié des malades a du mal à faire reconnaître sa maladie par son entourage professionnel ». Marion Garteiser, journaliste santé
3 min
Les 5 polluants inattendus qui empoisonnent notre air intérieur
Avec l'évolution des techniques industrielles et de notre mode de vie, l'air intérieur que nous respirons dans nos logements est devenu plus pollué que l'extérieur, ce qui n'est pas sans répercussions sur notre santé (troubles ORL, respiratoires, neurologiques, de la fertilité, cancers, maladies cardiovasculaires...). Les principaux polluants qui altèrent la qualité de l'air intérieur sont bien connus : tabagisme, matériaux de construction, produits d'entretien, insecticides, cosmétiques, monoxyde de carbone, COV pour composés organiques volatils, radon, etc. En revanche, d'autres sont moins bien appréhendés par le grand public. Quels sont ces polluants inattendus ? Qualité de l'air intérieur : zoom sur 5 polluants inattendus L'humiditéL'humidité, ou vapeur d'eau, ne fait pas partie à proprement parler des polluants. En revanche, c'est un polluant indirect majeur. En effet, l'humidité favorise les moisissures et la prolifération des acariens, des allergènes très fréquents à l'origine d'allergies, de rhume des foins, d'asthme, d'eczéma, d'urticaire. Près de 15% de la population serait allergique aux moisissures... L'humidité accélère également la « dégradation » des colles qui imprègnent les panneaux de particules de nos meubles, avec dégagement de COV, comme le formaldéhyde.Or les sources d'humidité sont extrêmement nombreuses : bains et douches, préparation des repas, vaisselle, nettoyage des sols, séchage du linge, etc. Toutes nos activités et notre propre organisme dégagent également de l'humidité, sans oublier les infiltrations dans les murs et les dégâts des eaux.Les agents infectieuxComme les spores des moisissures, certains agents infectieux circulent dans nos logements. Il s'agit de virus, de toxines et de bactéries comme les légionelles. Ils se développent dans certains équipements (les systèmes de production d'eau chaude, les ventilations encrassées, les climatisations) et peuvent être à l'origine d'infections comme l'aspergillose invasive nosocomiale.L'eau de javelMême si les moisissures et les agents infectieux peuvent être néfastes à notre santé, attention de ne pas utiliser de désinfectants à outrance et notamment de l'eau de javel. On a constaté que dans les foyers qui emploient beaucoup l'eau de javel pour débarrasser leur habitat de tout microbe, une croyance très répandue, les enfants avaient plus de risques de développer des infections respiratoires (source : Étude de Lidia Casa et coll., Université catholique de Louvain, 2015.).Les mélanges de produitsC'est bien connu, de nombreux produits sont toxiques et c'est la raison pour laquelle on recommande l'usage de produits plus écologiques. Mais attention aussi aux mélanges de produits, que ce soit pour le bricolage ou l'entretien, car ils peuvent provoquer des émanations dangereuses et polluer l'air. Par exemple, l'Agence de l'environnement et de la maitrise de l'énergie (Ademe) rappelle que « le mélange d'eau de javel avec un produit contenant de l'acide (présent par exemple dans les décapants, les détartrants et le vinaigre blanc) ou de l'ammoniac entraîne la formation d'un mélange gazeux nocif pouvant provoquer une irritation des yeux, de la toux, des crises d'asthme, des maux de tête, des nausées... ».L'encens et les parfumsLes parfums (désodorisants, parfums d'ambiance...) et tous les produits odorants comme les colles, les peintures et les produits ménagers dégagent des COV dont certains sont toxiques. Les odeurs « de neuf » ou « de propre » ne sont pas forcément saines ! Quant aux bougies, bougies parfumées et à l'encens, leur combustion dégage du monoxyde de carbone, un gaz très toxique, et d'autres produits nocifs. Conseils pratiques pour respirer un air sain Pas question de devenir « maniaques », sauf si l'on est allergique et particulièrement sensible aux polluants, où dans ces cas l'éviction s'impose. Sinon, le respect de quelques règles permet de s'y soustraire en bonne partie.Aérer tous les jours chaque pièce de son logement au moins 10 minutes en ouvrant en grand les fenêtres (au bureau aussi et même s'il fait froid !).Aérer encore plus la cuisine après la préparation des repas, et la salle de bains après la toilette.Vérifier la bonne ventilation de son logement (bouche d'aération, VMC...).Vérifier le bon fonctionnement de tous les systèmes de chauffage (conduit de cheminée, chauffe-eau, chaudière).Aérer en grand les pièces après le ménage, le bricolage, avoir brûlé de l'encens ou allumé des bougies.Entreprendre les travaux nécessaires pour éliminer les sources d'humidité (remontées d'eau, isolation, ventilation...).L'eau de javel est un produit corrosif : se méfier des projections, porter systématiquement des gants et un masque, toujours rincer et ne jamais mélanger avec des produits ammoniaqués ou des produits acides (détartrants, vinaigre blanc, décapants...).Utiliser l'eau de javel avec parcimonie. Elle peut cependant être employée ponctuellement pour traiter les moisissures (excepté sur le bois).Maintenir dans son logement une température modérée (18-22°C) et un taux d'humidité compris entre 40 et 60%. Source : e-santé Isabelle Eustache
3 min
Intestin : chouchoutez votre microbiote !
Pourquoi ? Parce que ces milliards de bactéries, rgroupées sous le nom de microbiote, oeuvrent sans arrêt dans votre intestin pour vous protéger de toutes sortes de maux. Mais elles ont aussi une influence déterminante sur votre appétit et par conséquent sur votre poids. Comment chouchouter votre microbiote? Le microbiote : cent mille milliards de bactéries Il y a beaucoup de monde dans votre intestin. On y trouve toutes sortes de micro-organismes comme des levures, des virus aussi, mais principalement des bactéries. On estime à cent mille milliards le nombre de celles qui tapissent les 400 m2 de votre tube digestif. Ce microbiote - c'est le nom que les scientifiques ont donné à cette population - pèse de 1 à 5 kg. La taille de ces bactéries varie de 1 à 10 microns (1 micron = 0,0001 cm). On ne peut donc les observer qu'avec des méthodes ultra-performantes qui ont été mises au point seulement depuis quelques années.Ce sont des êtres qui possèdent seulement une cellule, mais celle-ci contient tout: des protéines, des lipides, des glucides et de l'ADN, le support de l'hérédité. Ces bactéries se rerpoduisent (en se divisant en deux), mènent une vie très active pendant un certain temps puis meurent et s'vécuent aux toilettes. Elles jouent un rôel important dans un grand nombre de nos fonctions: c'est pourquoi la Recherche scientifique oeivre tous azimuts depuis quelques années sur ce sujet.Il y a plusieurs centaines d'espèces différentes de bactéries dans ce microbiote intestinal. On sait depuis peu qu'il en existe trois grands groupes, tout comme il existe différents groupes sanguins. D'ici quelques années, vous pourrez certainement savoir si vous appertenez au groupe des Bactéroïdes, ou à celui des Prevotella, ou encore à celui des Ruminococcus. Le microbiote : d'où vient-il ? Quand un bébé vient au monde, son intestin est stérile. les premières bactéries qui vont le coloniser sont celles de sa maman qu'il rencontre dans son vagin pendant sa naissance. Puis celles de sa peau quand il rejoint ses bras. Il va peu à peu, pendant ses une à trois premières années, construire son microbiote avec les bactéries du lait qui le nourrit, et avec celles des autres aliments ensuite. Mais aussi avec toutes celles qu'il va rencontrer autour de lui car il y en a partout : sur la peau, dans l'air, dans la terre, sur tous les objets. Il ne faut pas trop s'affoler quand un bébé cavale partout à quatre pattes, touche à tout et suce des objets divers et variés, y compris un torchon ou la serpillère! C'est ainsi qu'il construit son microbiote. Ensuite, celui-ci reste à peu près stable toute la vie, sauf quand on le démolit à coups d'antibiotiques. Puis, hélas, il commence à se détériorer à partir de 65 ans. Le microbiote : à quoi sert-il ? Un grand nombre de rôles du microbiote ont déjà été identifiés. Il intervient sur la structure du tube digestif, la digestion de certains éléments nutritionnels (les fibres par exemple), la production de certaines vitamines (K, B1, B12) et il gouverne en partie le système immunitaire qui nous protège naturellement des attaques des mauvais microbes. Des études récentes ont montré que le microbiote jouerait aussi un rôle dans l'obésité, le diabète, différentes maladies inflammatoires, certains cancers. Dans l'autisme, peut-être. Tout ceci quand il ne fonctionne plus bien, bien sûr. Le microbiote et l'appétit Tout récemment, une équipe de l'INSERM de Rouen a fait une découverte assez capitale. Vingt minutes après le repas, certaines bactéries produisent des protéines qui stimulent la production d'une hormone qui induit la satiété. On savait déjà que la régulation de l'appétit impliquait des hormones produites par l'intestin. Celles-ci s'en vont signaler aux neurones du cerveau que nous avons faim ou que nous sommes rassasiés. Mais on ne savait pas encore comment cela se passait. Là, on tient probablement une preuve du rôle du microbiote dans la régulation de l'appétit. D'où l'intérêt d'en avoir un en bon été de marche ! Le microbiote : comment le garder en bonne forme ? En évitant évidemment d'avaler des antibiotiques pour un oui, pour un non: ils agissent comme des rafales de kalachnikov sur le microbiote !Mais aussi en étant un peu moins obsédé par l'hygiène et en maniant les désinfectants avec précaution: toutes les bactéries qui nous environnent ne sont pas dangereuses!Certes, il faut se laver les mains en sortant des toilettes et avant de faire la cuisine, il faut aussi se doucher tous les jourq... Mais il ne faut pas multiplier les nettoyages avec des lingettes désinfectantes qui éliminent des bactéries servant à entretenir notre microbiote. Et plus vous serez au contact de la nature, plus vous ferez plaisir à votre microbiote. Si vous avez la chance d'avoir un jardin, vous bébéficierez de toutes les bactéries qui foisonnent dans cet environnement. Le microbiote : comment bien le nourrir ? En lui apportant le plus de probiotiques possible, c'est à dire des bactéries vivantes. Les aliments fermentés en regorgent : choucroute, cornochons, olives, pickles, fromages, yaourts, laits fermentés (kéfir et yarouts au bifidus), pain au levain, sauce soja, miso.Vous pouvez aussi - et c'est utile si vous êtes vraiment obligé d'avaler des antibiotiques - prendre, en complément alimentaire - des probiotiques qui sont composés de ces trois bactéries : lactobacillus acidophilus, lactobacillus caséi, streptococcus thermophilus. Mais en veillant bien à ce qu'elles soient vivantes, sinon elles ne servent à rien.Néanmoins, la meilleure façon de nourrir régulièrement votre microbiote est de consommer tous les jours des fromages fermentés et des yaourts. Ils vous apporteront en même temps du calcium, ce qui sera très bon pour vos os. Source : e-santé Paule Neyrat diététicienne nutritionniste
3 min
Adénome prostatique
Lorsqu'une hypertrophie de prostate rend le quotidien invivable malgré les médicaments, la chirurgie devient incontournable. Heureusement, les techniques mini-invasives par laser s'imposent de plus en plus dans l'adénome prostatique, rapides et surtout avec peu de complications hémorragiques. Adénome prostatique : 1 million d'hommes ont des "problèmes de prostate" L'hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) ou adénome prostatique est une des affections bénignes les plus fréquentes chez l'homme passé 50 ans. Avec l'âge, les cellules de la prostate (glande de l'appareil reproducteur masculin) se multiplient et donnent une prostate hypertrophiée appelée « adénome de prostate » ou adénome prostatique ; la glande pèse alors plus de 30 grammes. Cela passe inaperçu chez la plupart des hommes mais pour près d'un million d'entre eux, cette excroissance de la prostate provoque des symptômes gênants. Cette masse peut en effet soit obstruer le canal de l'urètre par où s'écoule l'urine (difficulté à l'évacuation de la vessie/dysurie), parfois provoquer des mictions très fréquentes (pollakiurie) ou urgentes (impériosité) voire entraîner des complications (lithiases) parfois sévères comme une insuffisance rénale ou une rétention urinaire aiguë (complète). Repousser la chirurgie grâce aux médicaments Avant de penser « opération chirurgicale », plusieurs médicaments peuvent être prescrits au long cours pour soulager les symptômes : Les plantes. La phytothérapie (Serenoa Repens et Pygeum africanum) est très prescrite en France (une exception en Europe) mais à l'efficacité limitée. Les médicaments dit « alphabloquants » relâchent le tonus exercé par l'adénome de prostate au niveau du canal de l'urètre. Ils agissent très vite et sont donc privilégiés en cas de rétention urinaire importante. Les molécules appelées « inhibiteurs de la 5 alpha réductase » réduisent le volume de la prostate. Pour cette raison, ils sont préférés dans le cas de l'adénome prostatique de gros volume (>40g). Les médicaments « inhibiteurs de la phosphodiestérase-5 » sont déjà utilisés dans les troubles de l'érection. Des molécules double-effet (non remboursés), utiles en cas de troubles de l'érection concomitants. Malgré ces médicaments, près de 70 000 opérations pour hypertrophie prostatique bénigne (HBP) sont pratiquées chaque année en France, ce qui en fait la chirurgie la plus courante chez l'homme. Les urologues ne la proposent qu'en cas d'échec des médicaments ou en cas de complication grave de l'adénome prostatique comme un blocage complet pour uriner.Dr Vincent Misraï, chirurgien urologue (Clinique Pasteur, Toulouse) : « Parler de prostate est encore tabou, associé à des problèmes d'érection ou d'incontinence.... Pourtant, il faudrait consulter l'urologue dès lors que l'on ressent des difficultés à uriner et non pas une fois le débit urinaire devenu très faible, situation pourtant la plus fréquente aujourd'hui. A trop attendre, dans l'adénome prostatique l'efficacité des médicaments et des chirurgies laser ou conventionnelles en sera réduite. ». Source : e-santé Hélène Joubert journaliste scientifique
2 min
Maladies chroniques : Vous êtes patient ? Devenez expert !
Dans les maladies chroniques si répandues comme le diabète, l'insuffisance cardiaque ou rénale, le cancer, des malades formés et qualifiés d'"experts" peuvent être un soutien indispensable auprès de ceux pour qui la maladie est un fardeau quotidien. L'Université des Patients, installée dans les murs de la faculté de médecine Pierre et Marie Curie dans le 13ème arrondissement de Paris est unique en son genre : elle diplôme les patients afin qu'ils deviennent des " acteurs de santé ", en collaboration avec les équipes soignantes. Qu'est-ce qu'un "patient-expert" dans la maladie chronique ?Plus de 15 millions de Français, de tout âge, sont concernés par une maladie chronique (Sida, diabète, cancer, sclérose en plaques, maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, etc.) soit près de 20 % de la population. Le "patient expert" est un malade chronique comme les autres, mais qui désire aller plus loin dans l'analyse de son expérience, formaliser ses apprentissages et en faire bénéficier la collectivité.L'Université des Patients, soutenue par l'Université "Pierre et Marie Curie" et logée à la Faculté de médecine du même nom (75013), est une première dans le monde universitaire en France. Ce dispositif pédagogique * du "Patient Expert" créé en 2009 par le Pr Catherine Tourette-Turgis consiste à intégrer dans les parcours universitaires diplômants des personnes malades touchées par une maladie chronique qui désirent étudier, devenir patients experts, formateurs, pédagogues ou patients intervenants en éducation thérapeutique.Depuis, le concept a fait des émules : la faculté de médecine d'Aix-Marseille, l'université de Grenoble et de prestigieuses universités canadiennes et américaines mais aussi italiennes et brésiliennes s'intéressent à cette initiative innovante qui reconnaît l'expérience et l'expertise des malades.Pourquoi diplômer des "patients-experts" ?Vivre la maladie ne donne pas une légitimité de facto à devenir un "patient expert". Une année universitaire ne sera pas de trop pour acquérir des connaissances pédagogiques mais aussi médicales sur les maladies chroniques, sur la psychologie des malades et des soignants, sur les modes de transmission de l'information et des savoirs pratiques comme l'accès aux soins etc. Cela inclut aussi des compétences transversales qui valent pour toutes les maladies chroniques : savoir vivre avec l'incertitude liée à la maladie, communiquer de manière affirmative avec l'entourage, maintenir un haut degré d'estime de soi, une qualité de vie affective et sexuelle, gérer un projet de couple, de grossesse...Pr Catherine Tourette-Turgis, enseignante-chercheure, directrice du master en éducation thérapeutique à l'UPMC -Sorbonne Universités : « Le "patient expert" n'est pas un soignant mais un acteur de santé au sens large. Il doit pouvoir transformer son expérience personnelle en expérience pour autrui. Cette légitimité du "patient expert" passe par trois conditions : une distance suffisante par rapport à sa maladie, désirer se former et finaliser un projet en éducation thérapeutique, dans l'accompagnement ou la formation ».Retour sur les bancs de la "fac" avec un objectif bien précis9h. En ce premier lundi du mois, la promotion 2015-2016 du Diplôme Universitaire "Formation à l'éducation thérapeutique" est au complet. A bien y regarder, ces étudiants ne sont pas comme les autres : ce sont soit des soignants, des paramédicaux, des formateurs mais aussi des malades chroniques pour un tiers d'entre eux. S'ils ont décidé de retourner sur les bancs de la fac, deux jours par mois, c'est pour suivre les enseignements du diplôme universitaire (120 heures) ou des Master 1 et 2 (600h) afin de devenir des "patients experts". Dans cette salle, les aspirations des candidats sont diverses : "sortir de l'isolement social" et "transformer mon expérience en expertise" pour les uns, "me professionnaliser" ou "devenir utile aux autres malades chroniques" pour les autres.Parmi les 111 patients diplômés depuis la création du diplôme universitaire, il y a eu de belles "success stories" comme la mise en place par certains d'ateliers d'éducation thérapeutique au sein d'hôpitaux ou d'associations. D'autres -une première en France- ont été recrutés pour être coordinateurs d'éducation thérapeutique dans des hôpitaux.Pr Catherine Tourette-Turgis : « La finalité de ce diplôme est entre autres de "professionnaliser" les malades qui désirent retrouver un emploi dans le champ de l'éducation et de la formation des adultes. Ils deviennent pédagogues, éducateurs thérapeutiques, formateurs, responsables de programmes dans les associations de patients, autoentrepreneurs, animateurs de communautés de malades. Depuis le début de l'aventure, 10 % des étudiants ont trouvé un emploi salarié, 25% sont devenus responsables de programmes d'actions dans leurs associations, 15 % exercent des fonctions de patients intervenants dans les hôpitaux et réseaux de santé, 10 % innovent, inventent des métiers, des fonctions dans le champ de la communication et du Lobbying.Ceci pour l'aspect "professionnalisation" car il ne faut pas oublier l'autre intérêt de ce diplôme de "patient expert", à savoir la rupture de l'isolement social, souvent vécu par les malades chroniques. Le diplôme est en soi un levier de "resocialisation" et d'amélioration de l'estime de soi ».Qui peut devenir patient expert ?En dehors des soignants qui peuvent aussi suivre ces cursus, il est ouvert à toute personne vivant avec une maladie chronique et qui souhaitent pouvoir mobiliser son expérience et en partager les acquis avec la collectivité, dans le champ de la santé et de la formation.La lettre de motivation pour intégrer les formations est décisive. Un mémoire sanctionne la fin du cursus, qui aura été lui-même jalonné de multiples travaux de recherche, personnels ou en groupe.Des « patients-experts » témoignent Christelle, atteinte d'une maladie de Crohn et d'une spondylarthrite ankylosante à l'adolescence. Cette "patiente-experte" a suivi le diplôme universitaire puis le cursus en deux ans du Master par le biais de l'association François Aupetit où elle occupait des fonctions de salariée. Elle a souhaité travailler dans le domaine de l'éducation thérapeutique, en créant tout d'abord un organisme de formation puis en tant que coordinatrice en Education Thérapeutique au CHU d'Angers en CDI. Saadia est une "patiente-experte", diabétique et kinésithérapeute. « J'ai suivi cette formation parce que je suis persuadée que mon parcours médical vis à vis du diabète peut aider des gens, peut servir de support à un discours d'accompagnement ou de découverte. Mon projet, en suivant cette formation, était de jouer sur ces deux facettes : faire bouger ma profession de kinésithérapeute, un métier où l'éducation thérapeutique est très mal comprise, et faire partager mon expérience personnelle, l'une se nourrissant de l'autre. » Pour en savoir plus : www.universitedespatients.org Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
3 min
Epilation et psoriasis font-ils bon ménage ?
Le psoriasis est une maladie cutanée bénigne qui peut s'avérer dérangeante. Si se raser ou s'épiler n'est pas toujours évident quand on souffre de psoriasis, la maladie n'est pas pour autant incompatible avec l'épilation à condition d'opter pour la bonne technique et d'avoir les bons gestes pour ne pas sensibiliser d'avantage une peau déjà fragilisée. Le psoriasis qu'est-ce que c'est ? Le psoriasis est une maladie cutanée chronique qui se manifeste par des plaques rouges surmontées de peaux mortes blanchâtres, appelées squames, plus ou moins importantes. Comme l'explique le Dr Marie Jourdan, dermatologue et spécialisée en traitements lasers : " il existe différentes formes de psoriasis : Le psoriasis chronique ou en plaques qui touche les zones comme les genoux, les coudes, la région lombaire. Il s'agit de la forme la plus répandue de psoriasis ; Le psoriasis en gouttes, diffus et épars. Il touche plus généralement les enfants et les ados ; Le psoriasis généralisé qui nécessite une prise en charge hospitalière ; Le psoriasis inversé, plus rare, qui touche les zones de plis comme le pli inter-fessier, les plis de l'aine, des coudes, des genoux, les aisselles." Epilation et psoriasis, oui mais sous conditions L'épilation n'est pas contre-indiquée en cas de psoriasis, mais elle demande tout de même des précautions pour éviter toute irritation ou blessure. Il est tout d'abord préférable de ne pas raser ou épiler les zones de plaques de psoriasis elles-mêmes. Pour le Dr Marie Jourdan, "l'épilation au laser est la plus compatible avec le psoriasis car elle est spécifique, elle ne cible que la mélanine du poil en évitant au maximum les dommages collatéraux dans la peau contrairement aux autres techniques qui peuvent être plus agressives pour la peau environnante. Par exemple, la crème et la cire impliquent une application du produit sur la peau et une irritation mécanique ou chimique, ce qui semble plutôt incompatible selon la sévérité du psoriasis. De manière générale, la cire est la méthode dépilatoire la plus déconseillée. Elle combine le dommage mécanique (arrachage du poil et de la superficie de la couche cornée de la peau) et le dommage thermique (cire chaude). L'épilateur électrique peut lui être utilisé mais s'il est passé sur une plaque de psoriasis épaisse il risque d'arracher des squames et s'avérer traumatique."Il est possible d'utiliser le rasoir, en évitant bien entendu les zones atteintes (pour les mêmes raisons que l'épilateur). A noter, "si la plaque de psoriasis est épaisse, les poils finissent par être inclus sous un « toit » de squames, ce qui explique qu'ils ne posent plus de problèmes par eux-mêmes", précise la dermatologue. Pour raser les zones saines, il reste important d'avoir des gestes doux et précautionneux. Enfin, le Dr Jourdan souligne : "le psoriasis démange dans environ 30 % des cas", c'est pourquoi il est préférable de se tourner vers des crèmes émollientes et des savons doux.L'épilation d'après notre experte n'est donc pas incompatible avec le psoriasis et de manière générale elle n'aggraverait pas la maladie. Poudrant, une aggravation ou l'apparition de nouvelles lésions peuvent parfois apparaitre après l'épilation.La dermatologue attire l'attention sur un phénomène rare mais pourtant bien réel : le phénomène de Koebner. "Dans certaines maladies dermatologiques comme le psoriasis, le lichen ou le vitiligo, un traumatisme de la peau (type frottements, irritation) peut provoquer des jours voire des semaines plus tard l'apparition d'une lésion à cet endroit. Un frottement répété (lié à un travail ou une activité sportive etc), une blessure, une griffure, un coup de soleil ou une épilation traumatique ne sont plus seulement source d'irritation, mais deviennent pourvoyeurs de nouvelles plaques de psoriasis." Epilation et psoriasis, les précautions Préférer la méthode la plus douce pour la peau; Eviter tout traumatisme lors de l'épilation même sur les zones saines; Eviter absolument l'épilation des plaques de psoriasis (qui n'en n'ont pas besoin d'ailleurs); Ne pas poser de cire chaude (ou froide) directement sur les zones de psoriasis au risque de l'aggraver ; En cas d'utilisation du rasoir bien faire attention à ne pas se couper, aux blessures et aux irritations; Ne pas passer plusieurs fois le rasoir sur la zone à raser; Ne pas utiliser de produit contenant de l'alcool pour l'épilation lors du rasage au rasoir; Avoir des gestes doux; Ne pas gommer la peau et bien l'hydrater; En conclusion, le Dr Jourdan se veut plutôt rassurante, mais insiste tout de même sur le fait que dans de rares cas l'épilation peut aggraver un psoriasis ou faire apparaître des plaques à des endroits où il n'y en avait pas. D'où l'importance de faire attention, d'adopter la bonne méthode épilatoire et ne pas hésiter à demander conseil à son médecin ou dermatologue. Source : e-santé Jessica Xavier, journaliste beauté
3 min
Infarctus : l'importance de la réadaptation cardiovasculaire
La réadaptation cardiovasculaire est un processus en pleine progression. Il est loin le temps où le patient cardiaque restait cloué au lit après une crise cardiaque pendant des semaines. Aujourd'hui, après quelques jours à peine d'hospitalisation, il est sur pied et pourra rapidement faire du jogging, de la marche nordique ou de la natation. Enfin presque, car seulement un quart des personnes qui auraient tout intérêt à suivre une réadaptation cardiovasculaire pour améliorer leur condition cardiaque mais aussi leur qualité de vie, le fait réellement ! Infarctus : la réadaptation, la clé d'un meilleur avenir cardiovasculaireHistoriquement, la réadaptation cardiovasculaire a été conçue après un infarctus du myocarde, où l'on s'est aperçu que le repos forcé faisait plus de mal que de bien (embolies pulmonaires, phlébites). Le concept de réentraînement à l'effort s'est ensuite développé dans les années 80-90.Aujourd'hui, il s'agit d'une période de réadaptation active sous surveillance médicale, en centre de réadaptation cardiovasculaire. Débutée dans les 7 à 10 jours après le séjour hospitalier, il faut y consacrer trois demies journées par semaine ou trois semaines d'hospitalisation, selon les cas. Dr Bruno Pavy, cardiologue, chef de service de réadaptation cardiovasculaire (Centre Hospitalier Loire Vendée Océan, Machecoul) et président du Groupe Exercice Réadaptation Sport (GERS) de la Société française de cardiologie : « Désormais, la réadaptation cardiovasculaire englobe une éducation comportementale vis-à-vis du tabac, de l'alimentation, du stress, de la sédentarité. C'est aussi l'occasion d'ajuster le traitement médicamenteux prescrit juste après l'accident cardiovasculaire ou l'opération cardiaque. Nous avons montré que dans 40% des cas, la réadaptation cardiovasculaire permettait d'optimiser les thérapeutiques, ce qui peut difficilement être fait lorsque le patient voit son médecin tous les mois. Or optimiser le traitement médical permet aussi d'obtenir de meilleurs résultats au réentraînement à l'effort (1) ».Réadaptation cardiovasculaire, qui est concerné ?Ce sont majoritairement les personnes avec une maladie des artères du coeur (coronaires) : Dans les suites d'angioplastie (dilatation des artères coronaires). Après un infarctus du myocarde. A noter, seuls 22,7% des patients ayant fait une crise cardiaque la suivent, avec une grande disparité non expliquée selon les régions, allant de 10,8% à 38,8% (2). En cas d'angine de poitrine (angor stable), d'autant plus qu'il existe des facteurs de risque associés comme une hypertension artérielle, un surpoids, du diabète. En cas de maladie des artères (artériopathie) des membres inférieurs. On parle alors de réadaptation purement "vasculaire". Toute maladie cardiaque opérée a intérêt à être réadaptée, suite à un pontage coronarien, une opération des valves cardiaques, une transplantation cardiaque ou une maladie congénitale. Le troisième groupe de personnes qui devrait suivre une réadaptation sont les insuffisants cardiaques chroniques, dans le but d'améliorer leur capacité d'effort. La réadaptation leur est ouverte depuis les années 2000 seulement. Or trop peu de cardiologues la prescrivent dans ce cas précis. Chez eux, elle réduit pourtant le risque de mortalité de 18% (3). Dr Pavy : « En général, trop peu de personnes suivent réellement une réadaptation alors qu'elle est indiquée. La faute aux habitudes des médecins et cardiologues chez qui la prescription d'une réadaptation est loin d'être systématique. Mais cela change avec l'arrivée des nouvelles générations de médecins, convaincues de son utilité. De plus, tous les patients ne sont pas désireux de la suivre, par réticence vis-à-vis des exercices physiques, par manque de motivation ou de disponibilité professionnelle ou familiale. »Réadaptation cardiovasculaire : tout à y gagnerLa rééducation cardiovasculaire ne permet pas de guérir mais protège la vie des patients. Après un infarctus du myocarde, la suivre permet de gagner entre 20 et 30% de la capacité cardiaque, après environ une vingtaine de séances. La mortalité cardiovasculaire est alors réduite de 25% à 5 ans et continue à diminuer avec le temps. La mortalité totale est améliorée de 24% à 5 ans (3).Dans l'insuffisance cardiaque, la réadaptation améliore la qualité de vie pendant plusieurs années et permet de retarder la progression de la maladie et la survenue d'une insuffisance cardiaque terminale qui impose une transplantation.Femmes, prenez le temps de la réadaptation cardiovasculaireDes données françaises (5) révèlent que les femmes sont moins nombreuses à suivre une réadaptation cardiovasculaire. Non seulement les médecins ont moins tendance à leur proposer mais celles-ci l'acceptent moins souvent. La principale raison est qu'elles doivent gérer une famille et leur travail. Pour elles, la réadaptation "ambulatoire" peut être une solution, à raison de trois demi-journées par semaine.Ghislaine V (68 ans) : « Très prise par des soucis familiaux, hospitalisée pour insuffisance cardiaque et pose d'un stent, mon cardiologue me l'a vivement recommandée. A l'hôpital de Lariboisière (Paris) j'ai suivi vingt séances de réentrainement à l'effort, un cycle de conférences avec la possibilité d'un suivi psychologique. Un soutien formidable, je me suis sentie maternée, dans une ambiance conviviale et une prise en charge globale ».La réadaptation cardiovasculaire après un infarctus, étape par étape1. Bilan d'expertise initiale Il se compose principalement de l'évaluation de la capacité cardiaque au moyen du test d'effort sur vélo d'appartement ou tapis roulant. Celle-ci est complétée si possible par une mesure de la consommation d'oxygène (VO2max). Le niveau atteint est un élément pronostic important.Ce bilan initial comprend aussi un examen clinique, un électrocardiogramme qui sera renouvelé si besoin, un écho-doppler cardiaque, un enregistrement Holter (dispositif portable permettant l'enregistrement en continu) de l'électrocardiogramme pendant au moins 24 heures, éventuellement un Holter tensionnel, un dépistage d'apnées du sommeil. Ce bilan permet de rechercher les séquelles de l'atteinte cardiaque (angine de poitrine, trouble du rythme cardiaque, insuffisance cardiaque) et d'évaluer les autres handicaps (complication post-opératoire ou problème médical associé).2. Réentrainement à l'effortLe principe est de renforcer l'endurance du coeur, au moyen d'efforts modérés ou prolongés, sur tapis ou bicyclette (mais aussi la marche, marche nordique, la natation etc.) pendant des séances d'une trentaine de minutes en général. La personne doit atteindre une capacité permettant la plupart des efforts de la vie courante sans gêne. Si l'activité est faite en groupe, chacun suit cependant un programme individualisé. Dans l'insuffisance cardiaque, la progression est très révélatrice de l'avenir cardiaque de la personne3. Renforcement musculaire, en groupe ou individuellementIl associe de la musculation sous forme de gymnastique ou sur machine spécifique et de la kinésithérapie respiratoire.4. Prendre soin de soi Les techniques de relaxation sont très utiles et font appel à des techniques d'autohypnose ("training autogène de Schultz") ou des méthodes analytiques ("relaxation progressive de Jacobson"). D'autres pratiques de type oriental conjuguent relaxation, bien être et renforcement musculaire comme le Tai chi chuan ou le Qi Gong qui ont des effets intéressants sur le plan cardiovasculaire.5. Education thérapeutique En parallèle, la personne peut suivre un programme d'éducation thérapeutique traitant de la maladie coronaire, des facteurs de risque cardiovasculaires, du traitement médical, de la lutte contre le tabac, de l'alimentation, de la reprise d'activité physique, de l'insuffisance cardiaque, des gestes d'urgence. La réadaptation est une période nécessaire pour repenser son mode de vie.6. Prise en charge psychologique Celle-ci est systématiquement proposée, pour apprendre à gérer le stress, reprendre confiance en soi, faire le deuil de la vie d'avant et accepter la nouvelle condition physique. Un infarctus du myocarde ou un pontage sont souvent vécus comme de véritables traumatismes.7. Penser l'après L'objectif est que le patient adopte des règles d'hygiène de vie et qu'il soit observant de son traitement. Trois séances d'une heure d'exercice physique par semaine sont recommandées ; le type de sport est défini avec le cardiologue lors de la réadaptation cardiovasculaire (marche athlétique, bicyclette et natation), en fonction des contraintes et des envies du patient. Enfin, la réinsertion professionnelle est le dernier volet essentiel, une reprise précoce étant le gage d'une évolution psychosociale réussie.Les Clubs Coeur et Santé de la Fédération de cardiologie prennent le relais, avec des activités adaptées, conviviales et variées pour séduire sur la durée. Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
5 min
Cancer colorectal : récupérer vite et bien après la chirurgie
Respectivement 3e et 2e cancer le plus fréquent chez l'homme et la femme, plus de 42.000 personnes se font opérer du cancer colorectal chaque année en France. La récupération après chirurgie s'est grandement améliorée au cours des dernières années. Il existe même aujourd'hui une réhabilitation précoce permettant aux patients de retrouver rapidement une bonne qualité de vie. Le point avec le Dr Jérôme Loriau* sur la chirurgie et les suites opératoires du cancer colorectal. En quoi consiste la chirurgie du cancer colorectal ? Dr Jérôme Loriau : « On distingue le cancer du côlon du cancer du rectum car la prise en charge chirurgicale diffère ».Dans le cas du cancer du côlon, en plus d'enlever la tumeur présente sur le tube digestif, on procède à l'ablation des ganglions lymphatiques situés à proximité car eux aussi peuvent contenir des cellules tumorales. Dans le cas du cancer du rectum, il existe un risque élevé de récidive locale, contrairement au cancer du côlon. On peut donc être amené à réaliser de la chimiothérapie et/ou de la radiothérapie dans un premier temps, pour améliorer ultérieurement le résultat de la chirurgie. On parle de traitement néo-adjuvant. Chirurgicalement, on réalise conjointement une exérèse du mésorectum, partielle ou complète, c'est-à-dire que l'on enlève l'environnement graisseux du rectum, qui contient aussi des ganglions. C'est ici la même idée que pour le cancer du côlon. Cette partie de l'acte chirurgical est très importante car elle diminue fortement le risque de récidive. Elle necessite un « savoir-faire » chirurgical spécialisé. Quelles sont les conséquences immédiates de ces actes opératoires ? L'opération du cancer du côlon n'impose pas de régime particulier. Mais en fonction de la longueur du côlon enlevé, la vitesse du transit peut être accélérée.Dans le cas d'une chirurgie de la partie basse du côlon gauche ou du rectum, des troubles digestifs peuvent se manifester, avec des selles plus fréquentes et des difficultés à extérioriser les selles, conséquences du nouveau raccordement réalisé sur l'intestin et de la suppression partielle ou totale du rôle de réservoir que joue le rectum.Le traitement du cancer du rectum peut entrainer des troubles sexuels tant chez les hommes que chez les femmes. En effet, la radiothérapie et la chirurgie peuvent endommager des nerfs ayant dans cette région des fonctions sexuelles.« Avec les progrès de la chirurgie, le nombre d'opérations où il s'avère impossible de rebrancher l'intestin et où la pose d'un anus artificiel s'impose a fortement diminué au cours des dernières années, précise le Dr Jérôme Loriau. En revanche, un anus artificiel est parfois proposé de manière temporaire pour améliorer la cicatrisation. Mais celui-ci est ensuite ôté au cours d'une autre opération réalisé quelques mois plus tard. »À noter enfin que « toutes ces opérations du côlon et du rectum se réalisent sous coelioscopie, ce qui constitue un avantage considérable. Grâce à cette technique moins invasive (on réalise de petites incisions pour entrer les micro-instruments et une caméra permettant de voir depuis l'intérieur), le traitement du cancer lui-même est fait en sécurité et tous les autres aspects de l'intervention chirurgicale (moins de douleurs, récupération plus rapide, etc.) sont améliorés ».Bien entendu, « plus on prend en charge le cancer tôt, meilleurs sont les résultats, d'où l'intérêt d'un diagnostic précoce grâce au dépistage ». La réhabilitation précoce après une chirurgie du cancer colorectal L'objectif est de diminuer l'impact de cette opération chirurgicale sur la qualité de vie du patient pour lui rendre une vie normale le plus rapidement possible. Améliorer la récupération est un enjeu majeur car on peut diminuer ainsi d'un tiers environ le risque de complications post-opératoires et l'on réduit la durée de présence à l'hôpital dans des conditions de sécurité démontrées (il n'y a pas plus de patients qui reviennent en urgence). Le programme de réhabilitation précoce a été conçu dans ce but précis.Dr Jérôme Loriau : « Il implique une stratégie complexe et un travail d'équipe qui débute avant l'intervention puis se poursuit pendant et après l'opération. » Dès le bilan préopératoire, une consultation de préparation à l'opération est mise en place, pour informer comment jour après jour le séjour hospitalier va se dérouler. Ces explications, divulguées par l'infirmière sont aussi relayées par le chirurgien tout au long du suivi. Par exemple, « avant et après une chirurgie du côlon, on ne laisse plus les patients à jeun pendant de longues heures. Jusqu'à deux heures avant l'intervention, ils reçoivent une alimentation liquide contenant beaucoup de sucre pour que l'organisme n'ait pas de rupture dans son fonctionnement. » Le protocole de lutte contre la douleur est très développé. « Outre des médicaments puissants, des moyens supplémentaires sont proposés comme des séances de kinésithérapie, d'ostéopathie, d'hypnose, etc. Tout l'arsenal d'un centre de lutte contre la douleur peut être mis en place. » Des médications spécifiques sont aussi utilisées pendant l'anesthésie pour diminuer les nausées post-opératoires. Quant à la mobilisation, elle est, elle aussi, très précoce : « le patient se lève le jour même de l'opération et marche dès le lendemain ».Plus d'une vingtaine de mesures font partie du programme de réhabilitation précoce, imposant une importante coordination des professionnels de santé.« Il faut bien comprendre qu'un patient qui n'est pas dans des conditions optimales le jour de l'intervention a plus de risques développer des complications, de rester longtemps à l'hôpital et de tirer moins de bénéfices de son opération. Le programme de réhabilitation précoce permet aussi de mieux préparer les patients en détectant au préalable ceux qui auraient besoin d'une réalimentation par exemple ou d'une amélioration de leur condition physique, pour leur permettre de mieux supporter les conséquences de la chirurgie. »En pratique, outre la chirurgie colorectale, la réhabilitation précoce a été développée dans certains centres pour les chirurgies de la hanche et du genou, et bariatrique (obésité).Liste des centres labellisés pratiquant la réhabilitation précoce : http://www.grace-asso.fr/centres-grace.html Pour en savoir plusGroupe francophone de réhabilitation améliorée après une chirurgie : www.grace-asso.fr. Source : e-santé Isabelle Eustache
4 min
Erreurs médicales : 5 conseils pour être indemnisé
Sur tous les dossiers déposés pour erreurs médicales, seuls 20% en sont réellement. Mais comment faire pour se défendre quand on est victime d'un accident médical suite à une intervention chirurgicale ou un médicament ? Suivez le guide. 1- Établir un historique détaillé Rappelez toutes les étapes et leurs dates précises : diagnostic posé, traitement proposé, nature de l'erreur médicale et son auteur, complications survenues, preuves ou témoignages, frais engagés (appareillages, dépenses médicales non remboursées, frais de déplacement, d'aide à domicile, perte de revenus ou d'emploi, etc.) et justificatifs.Selon le Dr Dominique-Michel Courtois, médecin-expert, « Il faut tout noter au fur et à mesure car, avec le temps, le patient peut ne pas se souvenir de détails importants. Or, il ne doit pas oublier que l'expertise médicale aura souvent lieu des mois, voire des années, après les faits ». 2- Demander son dossier médical Vous avez 10 ans pour le récupérer et engager une procédure mais mieux vaut le réclamer rapidement car « plus le temps passe, plus la partie adverse peut modifier tout ou partie du dossier », avertit le Dr Courtois. Pour l'obtenir, envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception, avec la copie de votre carte d'identité, au médecin ou chirurgien mis en cause ainsi qu'au directeur de l'établissement où vous avez été soigné.Dr Courtois : « Le patient est le seul propriétaire des pièces de son dossier bien que l'on lui fasse croire le contraire. Le problème est qu'il n'y a aucune sanction si on ne lui communique pas et qu'il n'est pas toujours complet ». 3 - Contacter une association de victimes Les associations de défense des victimes peuvent vous aider gratuitement. Un avantage important car les honoraires des experts sont parfois élevés. Elles savent constituer un dossier et ont des médecins pour les étudier rapidement et évaluer votre préjudice. Elles peuvent également vous conseiller un avocat spécialisé dans le droit médical (il y en a une douzaine en France) qui vous assistera avec le médecin-expert lors des expertises médicales, déterminantes pour la suite.Dr Courtois : « L'expertise est une épreuve difficile pour la victime qui se retrouve confrontée au responsable de son préjudice. De plus, elle est vite dépassée par des termes médicaux et elle a en face d'elle des gens qui feront tout pour ne pas l'indemniser ou a minima »; 4 - Saisir la Commission de Conciliation et d'Indemnisation Si le dommage a entrainé des séquelles graves, vous pouvez saisir la Commission de Conciliation et d'Indemnisation (CCI) de votre région.Lorsque l'erreur est avérée, la partie adverse doit faire une proposition d'indemnisation dans un délai de 4 mois. En cas d'aléa thérapeutique (la responsabilité du médecin ou de l'établissement de soins n'est pas prouvée), l'indemnisation est versée par l'Office National des Accidents Médicaux. Les CCI vous permettent de ne rien débourser pour les expertises et d'être indemnisé plus vite que si vous passez devant les tribunaux mais le dédommagement est souvent moindre et certains assureurs refusent systématiquement de payer. Dr Courtois : « Une fois que les victimes ont le rapport d'expertise de la CCI, mon conseil est d'aller en justice pour avoir une meilleure indemnisation ». 5 - Intenter une action en justice Quand l'erreur médicale n'a pas provoqué trop de dégâts, vous pouvez tenter une transaction amiable. Pour le Dr Courtois, il ne faut pas rêver : « Je suis assez dubitatif. Même si le médecin reconnaît son erreur, il fera tout pour vous proposer une indemnisation à moindre coût ou pas du tout d'autant que son assureur fera sa propre expertise et sous-évaluera le préjudice ».Vous pouvez aussi intenter une action devant le tribunal administratif pour les soins dispensés dans le public ou le tribunal de grande instance pour les soins réalisés dans le privé. Dans les gros litiges, vous pouvez choisir d'aller directement en justice plutôt que de passer par la Commission de Conciliation et d'Indemnisation ou faire les deux en parallèle, comme dans le cas du Médiator.La voie pénale est souvent utilisée par les victimes de scandales sanitaires. Dans ce cas, c'est David contre Goliath : le jugement n'est prononcé qu'après de longues années, épuisantes pour la victime, et la plainte peut être classée sans suite ou aboutir à un non-lieu. Les procédures judiciaires exigent de payer un avocat. Les frais vous seront remboursés si vous gagnez le procès. Source : e-santé Brigitte Bègue, journaliste santé
3 min
Chirurgie du regard, blépharoplastie : des indications esthétique et santé
Quand on pense "chirurgie du regard", on pense avant tout à l'esthétique. Mais il serait réducteur de s'arrêter à la seule préoccupation d'un regard jeune ou lumineux. Les chirurgiens ophtalmologistes spécialisés en oculoplastie s'occupent aussi de tous les problèmes du contour de l'oeil qui peuvent impacter la vue, comme un vieillissement des paupières avec la blépharoplastie (chiurgie des paupières), les tumeurs ou les malformations congénitales. Blépharoplastie et chirurgie du regard : pour quelles indications et quels symptômes ?La chirurgie du regard est le traitement chirurgical des maladies et des anomalies du regard, qu'elles soient esthétiques ou fonctionnelles, c'est à dire gênant ou compromettant la vue. Elle comprend le traitement des paupières, la blépharoplastie, dont le rôle de protection du globe oculaire est essentiel. Il s'agit non seulement de la prise en charge de maladies du revêtement cutané des paupières, mais également des plans plus profonds comme les muscles palpébraux (relatifs aux paupières) et également les organes dits "accessoires" des paupières (follicules pileux, glandes sébacées etc..). Le champ d'action comprend ainsi toute la région autour de l'oeil (dite périoculaire), y compris le sourcil et les cernes (sillon jugo-palpébral) ou encore les poches graisseuses.Dr Olivier Galatoire, chef de service de Chirurgie reconstructive orbito-palpébrale à la Fondation ophtalmologique Adolphe de Rothschild (Paris) et coordinateur du rapport 2016 de la Société française d'ophtalmologie "La chirurgie du regard" : « L'ophtalmologie est un domaine plus vaste qu'on ne le croit, cette spécialité va du nerf optique au fond de l'orbite jusqu'aux paupières. Ces dernières années, l'expertise ophtalmologique s'est beaucoup développée. La chirurgie du regard est une spécialité ophtalmologique, validée par un diplôme universitaire et coordonnée par une Société scientifique. Le nombre de chirurgiens ophtalmologues qui opèrent les paupières est passé en 20 ans de quelques dizaines à plusieurs centaines aujourd'hui ».Blépharoplastie : quelles anomalies de la paupière sont concernées ?La chirurgie dite "oculoplastique", dont la blépharoplastie, traite : Les anomalies liées au vieillissement, que celles-ci soient fonctionnelles ou purement esthétiques. Cela concerne la chute des paupières (phénomène de "ptose") pouvant aller jusqu'à couvrir l'axe visuel. Les paupières peuvent aussi se retourner vers l'intérieur ou vers l'extérieur, menaçant le globe oculaire et la cornée. Toutes ces malpositions de la paupière liées à l'âge ne relèvent pas uniquement d'une prise en charge esthétique. Les anomalies cancéreuses, avec les tumeurs des paupières, plus fréquentes chez les patients âgés. Leur prévalence est en augmentation, du fait du vieillissement de la population mais aussi parce qu'elles sont en grande partie les conséquences des abus d'exposition solaire -sans lunettes de soleil- d'il y a une trentaine d'années. Les anomalies de positionnement ou encore de la formation des paupières observées dès la naissance (congénitales). La plus courante est le "ptosis", qui correspond à une anomalie de position de la paupière qui est trop basse et peut ainsi occulter la vue plus ou moins partiellement. La prise en charge doit être précoce et ophtalmologique pour ne pas entraver le développement visuel dans l'enfance. Car le ptosis peut créer une amblyopie. Cette maladie doit être traitée avant les 6-8 ans de l'enfant car si l'on tarde trop, petit à petit, le cerveau visuel ne sera plus capable d'utiliser l'oeil non fonctionnel (amblyope), même après correction du trouble responsable. Les anomalies de fermeture de paupières ou encore les paupières malformées, trop petites par exemple. Chirurgien ophtalmologiste ou chirurgien esthétique ? Chirurgien ophtalmologiste oculoplasticien, chirurgien diplômé de chirurgie plastique et reconstructrice ou chirurgien maxillo-facial... tous sont à même d'opérer la région périorbitaire.Quel que soit le chirurgien, l'Assurance Maladie prend en charge uniquement la chirurgie en cas de tumeur palpébrale (des paupières), de malformation congénitale, ou de vieillissement palpébral mais dans ce cas uniquement si le retentissement fonctionnel est objectivé par des examens précis (étude du champ visuel notamment).Dr Olivier Galatoire : « La prise en charge par les ophtalmologistes est différente de celle des chirurgiens plasticiens ou maxillo-faciaux de par la connaissance de l'oeil et des problèmes oculaires. Le chirurgien ophtalmologiste oculoplasticien va notamment privilégier des voies conjonctivales (c'est-à-dire passer près de la membrane la plus superficielle du blanc de l'oeil, la conjonctive) et périoculaires qui lui sont propres.En pratique, les médecins esthétiques et dermatologues adressent de plus en plus les patients aux ophtalmologistes oculoplasticiens pour des anomalies fonctionnelles de la zone périorbitaire mais aussi relevant de la prise en charge esthétique ».Chirurgie du regard : une chirurgie tout en finesseComme pour les autres spécialités chirurgicales, les tendances sont à des micro-incisions et à des traitements moins invasifs. Chirurgie de l'orbite. Elle concerne les structures annexes au globe oculaire, les muscles oculomoteurs, la glande lacrymale notamment. Les chirurgiens utilisent des techniques d'imagerie dont la précision s'est considérablement affinée ces dernières années, à l'exemple de l'imagerie par résonnance magnétique (IRM) dite 3 Tesla. Traitement des tumeurs. Il est possible de réaliser soit une ablation (exérèse), soit de la radiothérapie, des solutions discutées en réunion de concertation pluridisciplinaire en oncologie, où désormais l'avis du chirurgien ophtalmologiste permet de garantir une prise en charge qui sera encore moins délétère pour l'oeil. Pour les tumeurs les plus étendues, la reconstruction des tissus de paupières est nécessaire, parfois même complexe avec le recours à des greffes ou lambeaux (morceaux de peaux prélevés à un autre endroit sur la personne). Malpositions de paupières (ptosis, malposition des paupières inférieures). La chirurgie aura pour but de repositionner les plans musculaires palpébraux. Chirurgie périoculaire. De nouvelles techniques moins invasives sont maintenant disponibles, comme les dernières techniques de lipostructure périoculaire ou ajout sélectif de cellules graisseuses (adipocytes), pour traiter des déficits de volume (post-radiothérapie, par exemple). Les praticiens disposent également de traitement type laser ou peeling léger qui peuvent être eux-aussi réalisés en ambulatoire, au cabinet et rentrent dans l'arsenal thérapeutique. Ils permettent une remise en tension les tissus détendus (laxités tissulaires modérés).Par ailleurs, les techniques chirurgicales de blépharoplastie ont elles aussi évolué. Le geste se veut de plus en plus minimaliste avec notamment des résections cutanéo-graisseuses moins importantes.L'utilisation de lasers dermatologiques appliqués au niveau de la région périoculaire, de certains biomatériaux (implants poreux ou encore d'acide hyaluronique) peut être réalisée dans certaines conditions autour de l'oeil. Ces prises en charge médico-chirurgicales de « l'oeil creux » notamment (cernes creux avec déficit de volume) sont récentes, on ne les pratiquait pas il y a 10 ans. Source : e-santé Hélène Joubert, journaliste scientifique
4 min
Syndrome de fatigue chronique : les traitements
Le syndrome de fatigue chronique se définit par un épuisement sévère, persistant plus de 6 mois et inexpliqué, entrainant une réduction, voire un abandon de toutes les activités. Il s’agit d’un syndrome complexe, grave et de longue évolution, justifiant une prise en charge médicale globale. Syndrome de fatigue chronique : symptômes et diagnostic Les symptômes suivants font partie des critères diagnostiques du syndrome de fatigue chronique : Fatigue intense, depuis au moins 6 mois, nouvelle ou à début précis. Absence de cause identifiée à cet épuisement spectaculaire, sans lien avec une activité physique intense et non améliorée par le repos (sommeil non réparateur). Fatigue permanente importante avec réduction substantielle ou altération du niveau des activités personnelles, professionnelles et sociales. État de fatigue augmenté par l’effort physique modéré. L'évolution peut être longue, de quelques mois à plusieurs années, avec de possibles rechutes. Ce syndrome est reconnu par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1992. Attention, le syndrome de fatigue chronique ne doit pas être confondu avec la « fatigue chronique », inhérente à toute maladie sévère. Quels traitements contre le syndrome de fatigue chronique ? Il n’existe par de traitement spécifique du syndrome de fatigue chronique. Il repose sur une prise en charge globale avec participation active du patient, visant à soulager les symptômes, à améliorer l’autonomie et les capacités fonctionnelles. Toujours personnalisé, il s’appuie sur une évaluation précise du handicap physique et psychologique et du retentissement familial, social et professionnel. La rééducation fonctionnelle Elle consiste à établir un programme d’activité physique d’intensité très progressive en collaboration avec un professionnel qualifié dans ce domaine. Le patient est activement impliqué et décide lui-même de l’intensité et de la cadence des exercices. Au début, les périodes d’activité peuvent être très brèves et de faible intensité (2 à 3 minutes trois fois par semaine). À noter que ces exercices aident directement à lutter contre la fatigue et indirectement en évitant la fonte musculaire. Ainsi, inversement, le repos total et le confinement sont strictement contre-indiqués. Les thérapies comportementales Parallèlement, le patient doit s’informer sur les caractéristiques de sa maladie afin d’apprendre à s’adapter à celle-ci et à ses conséquences, notamment en régulant ses propres activités. Cette adaptation comportementale qui consiste à déterminer ses objectifs d’activités selon ses besoins et ses capacités est facilitée par le suivi d’une thérapie cognitive et comportementale. La gestion des facteurs aggravants Les facteurs aggravants et associés au syndrome de fatigue chronique doivent être recherchés et pris en charge : Les foyers infectieux (dentaires, ORL?). Les allergies. Les troubles du sommeil. Les troubles digestifs. Les troubles respiratoires. Les états de stress post-traumatique. L’idéal étant bien entendu de combiner ces approches. Les traitements médicamenteux À ce jour, les traitements médicamenteux n’ont pas fait la preuve de leur efficacité dans la prise en charge globale du syndrome de fatigue chronique (immunothérapie, hormonothérapie, corticoïdes, antiviraux, vitamines, suppléments alimentaires, etc.). Il est cependant classique de recourir à des médicaments pour traiter certains symptômes spécifiques, comme à des antidépresseurs contre la dépression, à des antalgiques contre la douleur, à des anxiolytiques, etc. Marion Garteiser, journaliste santé
2 min
Le cannabis comme antidouleur : plus de mal que de bien ?
La surmédiatisation du cannabis comme "anti douleur naturel", son autorisation aux Etats-Unis, au Canada et dans plusieurs pays d’Europe dans les douleurs de la sclérose en plaques ou du cancer? peu à peu l’idée que le cannabis aurait des vertus antalgiques a fait son chemin dans les esprits. En réalité, en 2017, les preuves scientifiques sont encore très minces. Cannabis et douleur, de quoi parle-t-on ? En 2017, les études scientifiques sur les effets antalgiques du cannabis (espèce Cannabis sativa) divisent, même au sein des médecins spécialistes de la douleur. Depuis une dizaine d’années, la grande majorité des études s’est focalisée sur les trois substances (cannabinoïdes) les plus abondantes du cannabis : le delta9-tétrahydrocannabinol (THC) pour son effet psychoactif, le cannabinol et le cannabidiol pour leur effet sur la douleur. Mais le cannabis comporte plus de soixante autres composés sont aussi actifs ! A ce jour, les expérimentations autres que chez l’homme sont rares. Chez l’animal, elles suggèrent un soulagement vis-à-vis des douleurs inflammatoires, viscérales et liées aux nerfs (neuropathiques). Qu’ils soient en faveur ou non de l’utilisation du cannabis naturel ou de synthèse dans la douleur, les spécialistes s’accordent sur le fait que l’impact sur le ressenti douloureux grâce au cannabis semble plutôt modeste. Le hic est que les études sont peu nombreuses, qu’elles portent sur de faibles effectifs et sur des durées très limitées. Cannabis et douleur, que disent les études ? La toute première synthèse des études déjà parues (2001) avait conclu à l’absence de supériorité des cannabinoïdes sur un antalgique de référence (ici la codéine) pour contrôler la douleur chronique, cancéreuse ou post-opératoire. En 2007, un essai sur des personnes volontaires non malades brouillait les cartes : alors que des doses moyennes atténuaient la douleur, de fortes doses au contraire l’exacerbaient ! Dans un autre essai, chez des personnes ayant le VIH et souffrant de douleurs liées aux nerfs, quatre « joints » par jours pouvait soulager, modestement. Quant aux douleurs de la fibromyalgie, une compilation des données scientifiques parue en 2016 s’est avérée négative. Cependant, une analyse récente publiée en 2015 a retrouvé des effets, très discrets (et parfois nuls) des cannabinoïdes, synthétiques ou naturels, sur la douleur. De tous, c’est le cannabis synthétique Nabiximols (THC et cannabidiol, en pulvérisations) qui s’en sort le mieux, notamment dans la douleur liée aux nerfs (neuropathique) et la douleur cancéreuse. Celle-ci est plus souvent améliorée (d’au moins 30%) sous THC ou nabiximols. Quant au cannabis fumé, les rares études sont le plus souvent de durée trop courte pour trancher. Certaines suggèrent pourtant qu’il pourrait aider certains malades dans les douleurs liée aux nerfs (douleurs neuropathiques centrales). Des preuves supplémentaires sont nécessaires. Pr Serge Perrot, rhumatologue au Centre d’évaluation et de traitement de la Douleur (Hôpital Cochin, Paris) : « Au vu des études, rien ne justifie aujourd’hui l’utilisation du cannabis dans la douleur chronique et celle liée aux nerfs (neuropathique) : les effets antalgiques sont trop modestes ». A quand le cannabis sur ordonnance ? Quoi qu’il en soit, cette analgésie modeste des cannabinoïdes synthétiques (comme le Nabiximols) leur a ouvert des indications dans de nombreux pays. Le Canada, 24 états des USA, Israël etc. ont déjà autorisé les cannabinoïdes dans les douleurs liées aux nerfs (neuropathiques centrales) et les douleurs rebelles du cancer. En Europe, le nombre de pays qui franchissent le pas progresse (Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, Irlande, Roumanie). Même en France, le Nabiximols avait obtenu en 2014 le feu vert des autorités sanitaires dans la sclérose en plaques. Mais depuis, cette décision est restée lettre morte faute d’un accord sur le prix et d’une réelle volonté sanitaires. Pour le moment dans l’Hexagone, seul le dronabinol (THC de synthèse) dispose d’une « ATU nominative » (une autorisation temporaire d’utilisation qui concerne un seul malade nommément désigné), dans la sclérose en plaques. 70 patients ont pu en profiter en 2015. Par ailleurs, l’usage "compassionnel" (culture et usage personnels tolérés) du cannabis fumé dans le glaucome (maladie de l’?il), le cancer ou la sclérose en plaques est d’usage aux Etats-Unis. Pr Didier Bouhassira (Inserm U987, Centre d’évaluation et de traitement de la Douleur, hôpital Ambroise Paré, Boulogne-Billancourt) : « Le soulagement procuré par les cannabis synthétiques et plus généralement le Nabiximols est modeste. Mais pourquoi pas ? En effet, le besoin est là, car l’efficacité très limitée de certains médicaments dans les douleurs cancéreuses laisse de nombreux patients et soignants démunis ». Cannabis "antidouleur" : associé à de vrais dangers pour la santé Reste que le cannabis et ses dérivés ne sont pas dénués d’effets secondaires. Outre les hallucinations, vomissements, diarrhées, asthénie (affaiblissement de l’organisme) ou confusion, les plus problématiques sont ceux provoqués par l’usage du cannabis à long terme comme les troubles cognitifs, c’est-à-dire la détérioration des processus mentaux de la mémoire, du jugement, de la compréhension, et du raisonnement. Le cannabis est aussi un facteur favorisant de troubles psychiatriques (dépression, anxiété et psychoses). Par ailleurs, le risque de cancer est majoré : les substances carcinogènes sont jusqu’à trois fois plus toxiques que celles du tabac. Par exemple, l’augmentation du risque du cancer du poumon s’accroît de 8% par joint/jour sur une durée d’un an. Quant à l’effet addictogène, il est moins puissant que celui de l’alcool ou des opiacées (morphine). « Seuls » 10% des fumeurs réguliers deviennent addicts. Mais c’est sans compter les nouveaux cannabis synthétiques, qui peuvent être de 20 à 500 fois plus concentrés en THC ! Marion Garteiser, journaliste santé
3 min
Ski : faites régler vos fixations !
Chaque année, on déplore des milliers d'accidents de ski. Les lésions les plus fréquentes sont les entorses du genou. La forme la plus grave, représentée par la rupture du ligament croisé antérieur, fait 15.000 victimes. Or la moitié de ces accidents pourrait facilement être évitée grâce à un bon réglage des fixations de ski. Pourquoi bien régler ses fixations de ski ? Le principal objectif d'une bonne fixation des skis est de réduire le nombre des entorses du genou, dont la forme la plus grave est la rupture du ligament croisé antérieur (RLA), en incitant les skieurs à faire vérifier le réglage de leur fixation par un professionnel.En effet, pas moins d'une RLA sur deux est tout simplement due à un mauvais réglage.Une rupture du ligament croisé antérieur nécessite généralement une intervention chirurgicale suivie d'une longue période de rééducation. De plus, elle laisse souvent d'importantes séquelles comme une instabilité persistante du genou, laquelle est susceptible d'évoluer vers une arthrose de l'articulation ou encore vers une interdiction de pratiquer certains sports.Soulignons que les femmes de plus de 25 ans sont particulièrement exposées à ce type de lésion. Comparé aux hommes, leur risque est 3,5 fois plus élevé. Un bon réglage des fixations de ski : simple mais essentiel Le réglage des fixations est personnel. Il est établi pour chaque skieur en fonction de son poids, de sa pointure, de son sexe et de son niveau de ski. Il est indispensable de le renouveler chaque année par un professionnel.Une bonne préparation physique avant un séjour aux sports d'hiver est également primordiale car elle permet d'éviter nombre de blessures, certes plus ou moins importantes, mais qui gâcheront inévitablement l'ensemble de vos activités et donc votre séjour. Des outils d'information Si vous ne savez pas comment bien régler les fixations de vos skis, vous trouverez nombres d'informations complémentaires auprès des loueurs et des vendeurs de matériel de ski, des offices de tourisme des stations de ski que vous visitez. Isabelle Eustache, journaliste santé
2 min
L'asthmatique voyageur : quelques précautions à prendre
Pour un asthmatique, quels que soient la durée, la destination et le mode de transport, un voyage se prépare.Il est nécessaire de prendre en considération les quelques précautions qui s'imposent afin de passer des vacances en toute tranquillité. En cas de séjour à l'étrangerEmportez l'ordonnance de votre médecin et les emballages des médicaments. Les informations y figurant peuvent se révéler très utiles, surtout si vous ne parlez pas la langue du pays visité. Renseignez-vous au préalable sur les possibilités sanitaires du pays et sur les modalités de prise en charge des frais médicaux. Pour l'Europe, pensez à vous munir de la carte européenne d'Assurance maladie (anciennement formulaire E111), à demander auprès de votre Centre de Sécurité Sociale, il vous facilitera les accès aux soins.Votre asthme doit être équilibréC'est-à-dire que le suivi de votre traitement doit réduire l'intensité et la fréquence des symptômes, et vous éviter la crise aiguë.Un voyage est contre-indiqué dans les jours qui suivent une crise d'asthme sévère.Consultez votre médecin avant le départC'est l'occasion d'effectuer une visite de contrôle. Le praticien pourra éventuellement augmenter le traitement pour cette période afin d'éviter ou de minimiser les risques. Surtout, n'interrompez pas votre traitement pendant vos vacances.Mettez vos vaccins à jourVérifiez si vos vaccinations sont à jour et renseignez-vous sur les vaccinations supplémentaires nécessaires en cas de voyage à l'étranger.Traitements et médicaments Prévoyez d'emporter une quantité suffisante de médicaments, surtout si vous voyagez à l'étranger.Gardez tous vos médicaments avec vous, même le traitement préventif. En avion, une valise est si vite égarée, sans parler des effets de la dépressurisation dans les soutes à bagages. De plus, attention, les trousses d'urgence disponibles dans les avions sont souvent incomplètes. Et même en bateau, voiture, train ou ferry, l'accès aux bagages n'est pas toujours facile ni rapide.Assurez-vousVous devez impérativement prendre une assurance rapatriement sanitaire.Les lieux à éviter ou à privilégier Le lieu de vos vacances dépend bien sûr de vos goûts, mais il est conseillé d'éviter les maisons humides et non-habitées depuis longtemps.Sachez également qu'en montagne, un asthmatique allergique aux acariens se sent généralement mieux car de nombreuses allergies disparaissent lorsque l'on monte en altitude au-delà de 1.500 mètres.Conseils pour les activités sportivesConcernant les activités sportives, respectez vos possibilités et vos envies, à condition bien sûr que votre affection soit bien contrôlée et traitée.Débutez toujours progressivement avec un échauffement et prenez un éventuel traitement préventif avant l'effort si recommandé par votre médecin. Attention, la seule contre-indication absolue à un asthmatique est la plongée sous-marine avec bouteille. Source : e-santé Isabelle Eustache
3 min
Hypertension artérielle : quels traitements ?
Le traitement de l'hypertension comprend deux grands domaines : d'une part l'hygiène de vie et les mesures diététiques, d'autre part les traitements médicamenteux.La combinaison de ces différentes règles de vie et traitements contre l'hypertension permettent aujourd'hui de prendre en charge de façon satisfaisante la plupart des cas. Quelles règles hygiéno-diététiques en cas d'hypertension ? On entend par là les règles de vie et conseils non médicamenteux permettant une amélioration de l'état de santé.Perte de poidsEn ce qui concerne l'hypertension artérielle cela passe d'abord par la perte de poids. On sait en effet qu'il y a une relation directe entre le poids et l'hypertension artérielle. En maigrissant, on améliore également d'autres facteurs aggravant les conséquences vasculaires de l'hypertension artérielle, comme le taux de cholestérol et le diabète. Il est nécessaire d'adopter une alimentation saine et équilibrée, riche en légumes, en fruits et pauvre en graisses saturées (animales et industrielles).Moins de selToujours sur le plan diététique, on diminue la ration quotidienne de sel. Le sel est un ion. A ce titre il a la particularité d'attirer l'eau et sa présence en trop grande quantité dans le sang augmente le volume sanguin et aggrave l'hypertension.Arrêt du tabacSur le plan des facteurs aggravant les problèmes vasculaires liés à l'hypertension, le tabac est bien évidemment à proscrire.Activité physiqueEn ce qui concerne l'hygiène de vie d'une façon générale, il est conseillé d'avoir une activité physique régulière et de diminuer globalement les facteurs de stress qui causent ou aggravent les phénomènes d'hypertension.Ces règles hygiéno-diététiques sont recommandées à tous les hypertendus, quel que soit leur niveau de tension artérielle et même s'ils suivent en parallèle un traitement médicamenteux. Autrement dit, c'est le traitement de première intention et aussi le traitement de base indispensable à tous les stades de la prise en charge. Les traitements médicamenteux de l'hypertension Côté mécanismePour résumer les mécanismes qui sont impliqués dans les variations de la pression artérielle, on peut dire qu'il existe un niveau « central » de régulation (au niveau du cerveau), qui modifie à distance la dilatation ou la contraction des vaisseaux, un niveau inférieur qui est la pompe cardiaque et le niveau terminal que sont les vaisseaux sanguins.Si le contenant (les vaisseaux sanguins) se réduit alors que le contenu (le volume sanguin) reste le même, la pression artérielle augmente. De la même façon, si le volume sanguin augmente sans augmentation parallèle du volume vasculaire, la pression augmente également.Les diurétiques thiaziquesLes médicaments antihypertenseurs les plus anciens sont les diurétiques qui augmentent l'élimination de l'eau et des ions (sodium, potassium) au niveau rénal. Le volume sanguin diminue alors ainsi que la pression.Les autres antihypertenseursD'autres médicaments sont dits antihypertenseurs centraux, ils agissent directement au niveau du cerveau. Les bétabloquants agissent en ralentissant le rythme cardiaque ce qui diminue le volume d'éjection de la pompe cardiaque et fait baisser la pression.Les vasodilatateurs Ils agissent en augmentant le calibre des vaisseaux (ce qui augmente le contenant par rapport au contenu). Dans cette catégorie sont classés les « alpha-bloquants » et les vasodilatateurs « directs ».Les « anti-calciques » Ils sont un peu à part car ils ont une activité de vasodilatation et également d'autres mécanismes d'action au niveau cardiaque.Enfin on peut mettre à part les « inhibiteurs de l'enzyme de conversion et les antagonistes de l'angiotensine II » qui empêchent la production d'une hormone augmentant habituellement la pression artérielle. Les antagonistes de l'angiotensine II (ARA-II ou sartans) sont les plus récents. Très bien tolérés, ils bloquent directement des récepteurs de l'angiotensine II, mais sont proches des inhibiteurs de l'enzyme de conversion. Source : e-santé Dr Renaud Guichard
3 min
Vivre avec une prothèse de hanche
Le remplacement de l'articulation de la hanche par une prothèse a considérablement amélioré la qualité de vie d'un grand nombre de patients atteints d'arthrose, de rhumatisme inflammatoire ou de séquelles traumatiques. Quelques repères pour bien vivre avec et éviter tout risque et complications. Une prothèse est proposée quand l'articulation est usée et douloureuse Lorsque les douleurs deviennent difficilement supportables et que le traitement médical (médicaments, infiltrations, rééducation) ne soulage plus, le remplacement prothétique devient la seule solution. La douleur, la gêne aux mouvements et leur impact sur la qualité de vie constituent les éléments déterminants de l'intervention. D'autres critères sont pris en compte dans l'indication opératoire comme le degré d'usure de l'articulation, l'âge ou la profession exercée. Plusieurs mois sont nécessaires pour tirer tout le bénéfice de l'intervention La reprise de l'activité doit se faire de façon harmonieuse et progressive au cours des deux mois suivant l'intervention. En pratique, il faut compter 5 à 8 mois pour obtenir le résultat optimum après une intervention sur le membre inférieur. Il est alors possible de vivre normalement avec une prothèse dans les conditions habituelles d'activités quotidiennes. Mais tenez toujours compte de votre âge et de vos capacités physiques antérieures à l'opération. Quel sport peut-on pratiquer ? Rien n'est formellement interdit. Tout dépend de votre âge, de votre état de santé, du sport pratiqué et de vos capacités physiques antérieures. Soyez simplement plus modéré dans votre pratique car une prothèse est plus fragile qu'une hanche normale. Si avant l'opération vous pratiquiez la course à pied, le vélo, le ski ou la natation, vous pouvez parfaitement vous y remettre. Sinon, les activités conseillées sont plutôt la natation, la marche, le golf, le vélo, à condition de garder un rythme modéré. En revanche évitez celles qui soumettent la prothèse à trop de contraintes comme les sports de contact (judo, karaté, sports d'équipe, sauts, etc.). A savoir La voitureAprès l'intervention, il faut attendre deux mois avant de reconduire une voiture. En revanche, au bout d'un mois, il est envisageable de voyager comme passager en faisant attention lors des mouvements d'entrée et de sortie qui risquent de générer des douleurs ou un déboîtement de la prothèse.En avionIl n'y a pas de précaution particulière. Cependant, prévoyez une attestation de votre chirurgien ou un certificat médical pour justifier le port d'un matériel métallique car les portiques de détection des aéroports peuvent déceler l'acier de la prothèse.AlimentationSurveillez votre poids, l'obésité est l'ennemie des prothèses de hanche. Un régime alimentaire varié et équilibré, associé à une activité physique régulière, est, dans tous les cas, conseillé. Des risques à connaître Mouvements forcésEvitez les mouvements forcés ou de trop grande amplitude sur l'articulation. Ces derniers sont susceptibles d'entraîner un déboîtement ou une luxation.InfectionsLes infections sur prothèses peuvent survenir à partir d'un foyer infectieux mal soigné : panaris, ongle incarné, infection de la sphère ORL (angine, sinusite, etc.), bronchite, infection urinaire. N'hésitez pas à consulter rapidement le médecin en cas d'infection, pour un examen et une éventuelle prescription d'antibiotiques.ChutesLes chutes sont potentiellement plus dangereuses avec une prothèse : une fracture du fémur par exemple sera plus compliquée à soigner. Pour en savoir plus Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) : www.sofcot.com.fr.« Le Corps réparé : Le défi de la chirurgie orthopédique », Michel Cymes et Marina Julienne, Guide France Info, Editions Jacob-Duvernet. Isabelle Eustache
3 min
Soleil ou pas, pas de ski sans lunettes !
Ophtalmie des neiges et kérato-conjonctivite aux UV peuvent gâcher vos vacances aux sports d'hiver.La prévention est simple, ne vous séparez jamais de vos lunettes de soleil, même par temps couvert. La neige réfléchit 80% des rayons lumineux Et tous les 1000 mètres d'altitude, les rayons UV augmentent de 10%.Fortement réfléchis par la neige (au même titre que l'eau, le sable, les lampes à bronzer et les soudures à l'arc électrique), les UV représentent un grand danger pour les yeux.En l'absence de port de lunettes teintées de qualité protégeant des UV, deux types d'affections surviennent fréquemment : l'ophtalmie des neiges et la kérato-conjonctivite aux UV. L'ophtalmie des neiges Elle correspond à une érosion de l'épithélium de la cornée.Très douloureuse et de début brutal, elle survient plusieurs heures après l'exposition des yeux au soleil, souvent la nuit et au retour d'un week-end au ski sans port de lunettes solaires.L'ophtalmie des neiges se reconnaît facilement lors du diagnostic à un larmoiement, une photophobie (gêne à la lumière) un blépharospasme (contractions involontaires des muscles des paupières) et une sensation d'avoir un corps étranger dans les yeux.Que le week-end en montagne soit ensoleillé ou non, le risque est là car les UV traversent facilement le filtre des nuages.Heureusement, la guérison est le plus souvent sans séquelle en 48 heures environ. Kérato-conjonctivite aux UV Les lésions oculaires atteignent simultanément la cornée et la conjonctivite.En respectant le repos dans un endroit à l'abri de la lumière et en évitant les mouvements oculaires, les symptômes peuvent diminuer en 24-48 heures. On recourt à une pommade calmante cicatrisante et à un collyre ou à une pommade antibiotique afin d'éviter toute surinfection. Ski : quelles lunettes choisir pour bien se protéger ? Vérifiez que la monture de vos lunettes est bien adaptée à votre visage.La monture des lunettes de soleil doit être souple et adaptée au visage en l'enveloppant correctement. Vous pouvez aussi opter pour un masque.Les lunettes doivent tenir correctement sur le nez et derrière les oreilles (sans pour autant faire mal !) et ne pas bouger quand on bouge la tête... Optez pour une protection renforcée.L'idéal est de choisir les lunettes de ski d'indice 4. Avec des verres beaucoup plus foncés, ces lunettes conviennent bien aux conditions extrêmes, comme la haute montagne. Choisissez une teinte jaune ou orangée.Le jaune et l'orangé accentuent le relief et les contrastes. Ces teintes sont conseillées pour les sports de glisse par temps de brouillard ou de nuit également. Adapter les lunettes à votre vue.Surtout si vous êtes myope. Cherchez le logo CE, gage de qualité. Attention : il ne faut jamais conduire avec ce type de lunettes.Spécial jeunes enfants :Saviez-vous qu'avant l'âge de 12 ans, le cristallin des enfants laisse passer la quasi totalité des UV jusqu'à la rétine ? Choisissez plutôt un monture avec élastiques ou directement un masque.Les lunettes seront ainsi mieux fixées, même en cas de chute ! Bannissez les lunettes gadget.Ces dernières ne protègent en rien.Privilégiez toujours la qualité à l'esthétique. Obligez les enfants à garder leurs lunettes.Essentielles pour skier, les lunettes protègent aussi sur le téléski, sur la terrasse du bar d'altitude, et dans la station de ski ! A savoir :L'ophtalmie des neiges et la kérato-conjonctivite aux UV ne sont pas les seules affections dues aux UV. Ces dernières sont des affections immédiates... Mais les UV provoquent aussi un vieillissement prématuré de l'oeil et des pathologies oculaires : presbytie, cataracte, DMLA.... Isabelle Eustache
3 min
Comment prévenir les maux de l'hiver ?
Rhume, toux, gastro, grippe : pour prévenir les infections en hiver, misez sur l'hygiène ! Le froid modéré et l'humidité favorisent le développement infectieux. De plus, avec la baisse des températures et le vent qui souffle, nous nous réfugions dans nos maisons, ce qui favorise la transmission des virus. Quelques conseils pour traverser l'hiver en pleine santé.
4 min
Un doigt en moins chaque jour...
Chaque année, 1,4 million de personnes sont victimes d'accident de la main. Très souvent, les blessures sont graves.Ces traumatismes de la main surviennent plus facilement dans la vie courante que lors d'accidents du travail.Chaque jour en France, les bagues et les alliances sont responsables de la perte d'un doigt. Les plaies de la maison sont fréquentes Les plaies représentent les lésions traumatiques de la main les plus fréquentes (causées par des instruments tranchants : verres, ciseaux...).Elles ont lieu deux fois plus souvent au cours d'accidents de la vie courante (62%) qu'au cours d'un accident du travail (28%).De 1 à 100 ans, tous les âges sont concernés. Toutefois, les plus à risque sont les jeunes actifs d'une trentaine d'années en moyenne, suivis par les travailleurs manuels, puis les jeunes scolarisés et les retraités ou sans profession. Accidents de travail : les mains en premieres victimesl Lors d'accidents du travail, les ouvriers, les intérimaires, les apprentis et les jeunes hommes récemment embauchés sont les plus fortement exposés.Il faut savoir que sur le lieu de travail, les accidents de la main sont les plus fréquents, loin devant les membres inférieurs ou le tronc.C'est ainsi que les accidents de la main représentent la première cause d'arrêt de travail et d'incapacité partielle. Accidents de la vie courante, accidents du temps libre Près de 25% des traumatismes de la main se produisent lors du temps libre (soit 41% de tous les accidents de la vie courante) : accidents domestiques (51%), de sport (15%), de bricolage et jardinage (14%), de loisirs (14%).Les causes les plus fréquentes d'accidents de la main sont représentées par la maçonnerie, la menuiserie et le tristement célèbre déblocage de la tondeuse à gazon alors que le moteur n'est pas arrêté.En pleine saison, l'ouverture des huîtres est également en bonne position. Attention aux bagues et aux alliances ! Mais les spécialistes mettent surtout en garde contre les bagues et les alliances, particulièrement lors du bricolage ou d'une pratique sportive.Chaque jour en France, un doigt est sectionné en raison d'une bague coincée.Le cas typique est le suivant : un jeune homme de 18-25 ans escalade une clôture grillagée pour récupérer son ballon de foot. Sa bague se coince dans les fils de fer alors qu'il saute pour redescendre. Son doigt est sectionné et il ne peut être réimplanté que dans environ un cas sur deux. Cet exemple n'est pas fantaisiste, il est relaté par les centres de la Fédération européenne des services d'urgences mains (Fesum), qui prennent en charge 120.000 patients par an.En conclusion, soyez vigilant en ôtant vos bagues pour bricoler ou faire du sport.Et si l'accident arrive, appelez immédiatement le 15 afin d'être dirigé(e) vers un centre de la main, ou composez directement le 0825 00 22 21 (numéro Indigo). Quels sont les bons réflexes en cas de blessure à la main ? Nettoyez la plaie à l'eau claire. En cas de blessure très superficielle, vous pouvez désinfectez la plaie et faire un pansement. En cas de blessure plus importante, contactez les urgences (15), ou encore mieux, un centre de la main (0825 00 22 21), car un tendon ou un nerf peut être touché et nécessiter une intervention. En cas de doigt sectionné, récupérez-le et placez-le dans un sac en plastique sur un lit de glace (jamais en contact direct avec la glace au risque de brûler les tissus). Appelez le 15 ou le standard national des centres de la main : 0825 00 22 21. Isabelle Eustache
3 min
Ski sans risque : les 8 bonnes résolutions
Chaque année, 7 millions de Français pratiquent un sport de glisse. Malgré un risque de blessures, les sports d'hiver doivent être encouragés en raison de leurs bénéfices pour la santé.Pour éviter les accidents ou en limiter la portée, la prévention s'impose. Ainsi, pour skier en toute sécurité, respectez les 8 conseils de base. 1. Préparez-vous physiquement Avant le départ pour les sports d'hiver, il est essentiel de se préparer physiquement : Afin de maîtriser les risques, vous devez muscler vos jambes, assouplir vos articulations et travailler votre équilibre. Environ un mois avant le départ, en plus d'exercices de gymnastique, VTT, footing et cardio-training sont, par exemple, d'excellentes disciplines en vue des sports d'hiver. 2. Faites régler vos fixations par un professionnel Aujourd'hui, moins de 10% des fixations sont ajustées correctement.Chaque année, près de 15.000 personnes sont victimes de la forme la plus grave de l'entorse du genou, la rupture du ligament croisé antérieur. En ski alpin, plus d'une entorse du genou sur deux est la conséquence directe d'une fixation mal réglée. A chaque saison, vous devez faire régler vos fixations par un professionnel utilisant la norme ISO 11088 (AFNOR qui prend en compte le sexe, le poids et la longueur de la semelle de la chaussure). Demandez un réglage de 15% en moins pour les femmes et les débutants. 3. Faites régulièrement un test d'échappement Ce test a pour objectif de vous assurer de votre efficacité musculaire et du bon fonctionnement des fixations. Après avoir bloqué de part et d'autre un ski avec les bâtons plantés dans la neige, le skieur effectue une torsion de jambe avec le genou légèrement fléchi afin d'échapper sa chaussure de la fixation (cet échappement ne doit être ni trop dur, ni trop facile). Faites ce test en dedans et en dehors, et pour chaque ski. Réalisez ce test au démarrage du ski (le matin et après les pauses prolongées), dans le but de préparer la musculature de protection du genou, et dans la journée, pour évaluer le niveau de fatigue musculaire. 4. Protégez vos yeux Même si le temps est nuageux, portez des lunettes de soleil de catégorie élevée (3 ou 4) et portant la norme « CE ». En effet, la réverbération due à la neige augmente considérablement l'intensité des rayons du soleil. La neige réfléchit 85% des rayons ultraviolets. Par ailleurs, en altitude, la quantité d'UV reçue augmente de 10% tous les 1.000 mètres. Privilégiez les modèles enveloppants. Les enfants aussi doivent porter des lunettes de soleil ! 5. Protection de la peau Le froid, le vent, la neige et le soleil agressent votre visage. Contre les rayons du soleil, il est impératif d'appliquer une crème protectrice d'indice très élevé contre les UVA et B. Renouvelez très régulièrement les applications. Et ne négligez ni votre cou, ni vos oreilles, ni vos lèvres. 6. Conseils nutritionnels Le froid, le vent, le soleil, l'air sec de la montagne sont des conditions auxquelles nous ne sommes pas habitués. Aussi, il est important de faire attention à son alimentation pour aborder le ski dans la meilleure forme physique possible. Il est donc fortement conseillé d'augmenter sa consommation de fruits et légumes et de produits frais, particulièrement riches en antioxydants. Privilégiez plutôt les pâtes et les féculents qui contiennent des sucres lents et qui libèrent progressivement l'énergie dont vous aurez besoin. « Manger gras protège du froid » est une idée reçue. 7. Port du casque obligatoire pour les enfants Les traumatismes crâniens, les lésions de la face et du crâne sont très fréquents chez les enfants. Or ces lésions sont potentiellement graves. Chez les enfants de moins de 11 ans, elles surviennent le plus souvent lors de collisions.Contre tous ces risques, il existe une protection : le port du casque. Choisissez-en un portant la norme EN 1077. 8. N'oubliez pas les autres protections si vous pratiquez le snowboard En snowboard, les poignets sont très sollicités : la pathologie la plus fréquente chez les snowboarders est la fracture du poignet. Donc pas de snowboard sans protège-poignets et autres accessoires de protection spécialement conçus pour la pratique du snowboard, quel que soit le niveau de pratique ! Et apprenez à amortir une chute autrement que sur le talon de la main. Source : e-santé Isabelle Eustache
3 min
Piqûres d'abeilles et de guêpes : comment les soigner et prévenir le risque allergique ?
Les piqûres d'hyménoptères (guêpes, abeilles, frelons...) sont souvent bénignes, mais elles peuvent aussi parfois provoquer des réactions allergiques graves. C'est ainsi qu'une quinzaine de décès sont enregistrés chaque année, décès qui pourraient être évités.Que faire en cas de piqûre ? Comment les éviter ?Que faire si vous avez déjà présenté une réaction allergique, même mineure, suite à une piqûre de guêpe ou d'abeille ? Chaque été, les services hospitaliers d'urgence et les SAMU témoignent de cas graves de piqûres d'abeilles, de guêpes et de frelons.De telles piqûres provoquent deux types de réaction. La plus classique est locale (douleur, rougeur et induration au niveau de la piqûre). La seconde est générale avec éruption généralisée, oedème au niveau du visage, difficultés respiratoires avec sifflement, voire malaise avec une chute de la tension (choc anaphylactique). Dans certains cas, cette réaction peut se révéler fatale. C'est ainsi qu'une quinzaine de décès sont enregistrés chaque année, principalement chez des sujets ayant déjà présenté ce genre de réponse lors d'une piqûre précédente. Que faire en cas de piqûre de guêpe ou d'abeille ? Désinfectez la piqûre avec de l'eau et du savon puis appliquez un antiseptique. En cas de piqûre à la main, ôtez vos bagues. Si le dard est resté fiché dans la peau, retirez-le le plus rapidement possible. Comment faire ? Vous pouvez gratter avec l'ongle ou avec le bord non tranchant d'un couteau (en glissant parallèlement à la surface de la peau) ou d'une carte de crédit. N'utilisez pas de pince à épiler, la glande à venin pourrait éclater et libérer encore plus de venin. Appliquer ensuite une solution désinfectante. Vous présentez les symptômes suivants : Difficulté à respirer ou avaler Langue, lèvre, yeux ou gorge gonflé(e) Malaise, perte de connaissance Nausées, vomissements Eruption cutanée généralisée avec démangeaisons Fièvre, frissons Et même sans symptôme, si les piqûres sont multiples (une vingtaine chez un adulte et plus de 4 ou 5 chez un enfant) :Appelez immédiatement le SAMU (15) ou le 112 depuis un téléphone fixe ou un mobile (les numéros d'urgence sont accesibles gratuitement depuis tous les téléphones mobiles, même s'ils sont bloqués ou sans crédit). En attendant l'arrivée des secours, appliquez la conduite indiquée par le médecin du SAMU.A savoir :Une piqûre au niveau du visage (paupières, lèvres...) ou du cou, dans la bouche ou dans la gorge peut rapidement entraîner un oedème. Dans ce cas, il vaut mieux aussi, par précaution, appeler les urgences (SAMU). $$Vous avez déjà présenté une réaction allergique dans le passé ? Quelques règles de prudence pour éviter les piqûres ? Limiter les activités extérieures à proximité d'une zone d'apiculture, de nids d'insectes... Si un essaim d'abeilles ou un nid de guêpes ou de frelon est présent à proximité d'une habitation, le faire détruire par une entreprise de désinsectisation ou en cas d'urgence par les sapeurs-pompiers. Eviter les parfums et les eaux de toilette, car ils attirent les insectes. Porter des vêtements couvrant et de couleur claire. Les couleurs sombres attirent les insectes piqueurs. En présence d'insectes, éviter les mouvements brusques. Ne pas marcher pieds nus ou en sandales dans la nature, notamment près d'un point d'eau ou dans l'herbe. En extérieur, évitez de boire dans des canettes, dans lesquelles pourrait se loger une guêpe ou une abeille que vous avaleriez en reprenant une gorgée de boisson.Dans tous les cas, même si vous buvez au verre, regardez avant dans votre verre si un insecte n'est pas venu s'y baigner ! A la piscine ou au bord de la mer, inspectez votre serviette de bain avant de vous y allonger ! Dans les piscines privées, utilisez avant toute baignade l'éprouvette pour enlever tous les hôtes qui nageraient en surface et risqueraient de piquer les baigneurs. Si vous roulez et qu'une abeille ou une guêpe rentre dans votre véhicule, arrêtez-vous et ouvrez les fenêtres. Les gestes qui sauvent : piqûres et morsures avec la Croix-Rouge française Source : e-santé Isabelle Eustache
3 min
Ordinateur : attention à la fatigue des yeux !
Si notre corps n'est pas conçu pour rester assis pendant des heures, nos yeux ne le sont pas non plus pour fixer un écran d'ordinateur pendant toute une journée.Quelques conseils à observer comme la prunelle de vos yeux ! Fatigue visuelle : en cause, le travail sur écran De nombreuses études menées auprès de personnes travaillant sur ordinateur montrent que la fatigue visuelle constitue le problème de santé le plus fréquemment rapporté par ces travailleurs : ils sont en effet 70 à 75% à en faire état. Il est souvent désigné sous le nom de Computer Vision Syndrome (CVS) et regroupe un ensemble de symptômes de fatigue liés à l'utilisation de l'ordinateur : sécheresse oculaire, yeux irrités, maux de tête, difficultés à fixer un objet particulier. Attention, aucune étude n'a montré que le travail sur écran était à l'origine de troubles visuels (glaucome, cataracte, hypermétropie...). En revanche, de fatigue visuelle, oui ! Quels conseils pour limiter la fatigue visuelle ? Pour y remédier, accomplissez votre travail à l'écran en vous accordant un maximum de confort visuel. Les yeux se fatiguent davantage en vision de près qu'en vision de loin. Maintenez une distance de 50 à 60 cm (environ la longueur de votre bras) entre vos yeux et l'écran de votre ordinateur. Il faut, bien entendu, qu'il reste lisible. Mais, plus vous en êtes éloigné(e), mieux c'est. Par ailleurs, le haut de votre écran doit se situer au niveau de vos yeux. Les yeux ont besoin de se focaliser régulièrement à des distances différentes. Vos yeux risquent dès lors aussi de se fatiguer si vous fixez votre écran trop longtemps. Obligez-vous tous les quarts d'heure à regarder à une distance de plusieurs mètres pendant 15 secondes. Si vous devez consulter un document tout en travaillant à l'écran, utilisez un porte-document fixé à votre moniteur. Comme il est placé à la même distance que votre écran, vos yeux ne seront pas amenés à devoir se refocaliser sans cesse quand vous passez de l'un à l'autre. L'idéal est de placer écran et document à la même distance. Si vous souffrez de sécheresse de l'oeil, positionnez votre écran plus bas, un peu en dessous du niveau de vos yeux. Quand on regarde vers le bas, une plus grande partie de l'oeil est recouverte par la paupière, on cligne de l'oeil plus fréquemment et il est dès lors davantage lubrifié. Si vous ne pouvez pas baisser votre écran, clignez souvent des yeux. Soignez l'éclairage de façon à réduire tout reflet sur l'écran, évitez toute lumière directe dans les yeux (plafonnier, lampe de bureau, lumière extérieure). Attention aux problèmes de dos et au syndrome du canal carpien ! Enfin, adoptez aussi une bonne posture pour éviter des problèmes de dos.Faites aussi de "vraies" pauses très régulièrement : levez-vous et allez marcher.Et contre le syndrome du canal carpien, placez bien à plat votre avant-bras pour ne pas avoir à plier votre poignet ! C. De Kock, journaliste santé
3 min
Ethylotest : faites le bon choix !
Chaque conducteur doit désormais avoir un éthylotest dans sa boîte à gants, qu'il soit chimique ou électronique.Encore faut-il vous assurer qu'il soit fiable, et à défaut, savoir comment choisir votre éthylotest. Trois conseils pour choisir le bon éthylotest ! Éthylotest : que dit la loi, quelles sont vos obligations ? Deux mesures viennent d'être adoptées très récemment, obligeant à avoir un éthylotest à disposition dans certaines situations : Depuis le 1er décembre 2011, les établissements ouverts après deux heures du matin doivent obligatoirement tenir à la disposition de leurs clients des éthylotests. Depuis le 1er juillet 2012, mais l'infraction ne sera sanctionnée qu'à partir du 1er novembre 2012 (11 euros d'amende), les automobiles, les motos et les camions devront avoir dans leur boîte à gants au moins un éthylotest. Petit rappel : la limite à ne pas dépasser autorisant à reprendre le volant est de 0,5 g d'alcool par litre de sang, soit 0,25 mg par litre d'air expiré si vous soufflez dans un éthylotest.Ces mesures rendant l'éthylotest indispensable, les fabricants ont augmenté leur production et leurs prix. Parallèlement, les produits frauduleux, voire défectueux, se multiplient. Alors comment choisir le bon éthylotest ? Alors, comment choisir son éthylotest ? Grandes surfaces, pharmacies, magasins d'accessoires automobiles, cavistes, buralistes, professionnels de l'hôtellerie, etc., les lieux de vente sont très variés.Mais peu importe l'endroit, ce qu'il faut c'est acheter un éthylotest qui porte le marquage NF (norme française).Ce marquage NF est le seul qui certifie que le produit soit homologué, c'est-à-dire que le fabricant a respecté une démarche qualité et a fait tester ses produits par un laboratoire indépendantLiiste des fabricants d'éthylotests chimiques et d'éthylotests électroniques certifiés NF : http://www.lne.fr/Les autres estampillages, y compris le marquage CE, ou les logos imitant ceux de la Sécurité Routière ou de l'Association Prévention Routière, ne garantissent pas la fiabilité du produit.Méfiez-vous des imitations, des éthylotests frauduleux et défectueux ! Trois conseils pour choisir son éthylotest Qu'il s'agisse d'un éthylotest chimique ou électronique, vérifiez impérativement son homologation : le marquage NF (norme française) doit figurer sur l'emballage et sur le produit. Vérifiez la date de validité pour un éthylotest chimique (un éthylotest chimique est valable 2 ans). Le prix moyen pour un éthylotest chimique (« ballon ») est de 1 à 2 € et de 100 à 200 € environ pour un éthylotest électronique. Méfiez-vous des gros écarts de prix. L'alcool reste la première cause de mortalité sur les routes, avec 31% des accidents mortels en 2010, un taux qui grimpe à 59% la nuit et le week-end.Alors vous aussi, sortez votre éthylotest de votre boîte à gants et vérifiez si vous avez le droit de conduire, ou de vous faire conduire. Isabelle Eustache
2 min
Insuffisance veineuse : le point sur la contention
Jambes lourdes, varices, crampes nocturnes, impatiences et oedèmes témoignent d'un mauvais retour veineux. Arrivé dans les pieds, le sang peine à remonter jusqu'au coeur. Les maladies veineuses ou insuffisances veineuses font notamment appel à la contention. Bas, collants, chaussettes, que faut-il savoir sur la contention, traitement de base de l'insuffisance veineuse ? Maladies veineuses : un tiers de la population Plus de 20 millions de Français sont concernés par l'insuffisance veineuse. En dehors du traitement chirurgical, lequel est réservé aux cas les plus sévères de maladies veineuses, la prise en charge des maladies veineuses repose sur deux traitements, l'un est médicamenteux, avec les veinotoniques, l'autre repose sur la contention.À savoir que la contention est également très utile en prévention. La contention, c'est quoi ? Cette technique repose sur les bas de contention (mais aussi chaussettes, collants et bandes) qui, portés du matin au soir, exercent une pression sur les jambes et les chevilles. Cette pression est dégressive de la cheville vers la cuisse. Elle tend à resserrer les veines et favorise ainsi le retour veineux. Douleurs, lourdeurs, oedèmes s'estompent.Attention à ne pas les confondre avec les « bas de maintien », lesquels n'agissent que sur les veines superficielles. 4 catégories de bas de contention En fonction de la pression qu'ils exercent, il existe 4 catégories de bas de contention s'adressant alors aux différentes maladies veineuses. Classe 1 : en cas de jambes lourdes, de varices débutantes et en prévention de la thrombose veineuse en avion. Classe 2 : en cas de maladies veineuses chroniques modérées (phlébectomie, varices de la grossesse, etc.). Classe 3 : en cas de maladies veineuses chroniques sévères (thrombose veineuse profonde, lymphoedème, etc.). Classe 4 : réservée aux maladies veineuses évoluées (ulcère de jambe, lymphoedème sévère, syndrome post-thrombotique sévère, etc.). Mais attention, il faut également les porter. En effet, les malades disent souvent que les bas de contention sont difficiles à supporter, à enfiler, etc. Bien sûr, il faut savoir persévérer pour s'habituer, mais il est également conseillé de prendre son temps lors de l'achat et de les essayer. Isabelle Eustache
2 min
Hypertension artérielle : repères et recommandations
L'hypertension artérielle se définit classiquement par des chiffres de tension supérieurs ou égaux à 14/9. Diminuer ces chiffres permet de réduire les risques de complications cardiovasculaires, ainsi que le risque de démence.Le traitement repose systématiquement sur des règles d'hygiène et de diététique, accompagnées le cas échéant de médicaments contre l'hypertension. Hypertension à partir de 14/9 L'hypertension artérielle est définie de façon consensuelle par une pression artérielle systolique (PAS) supérieure ou égale à 140 mmHg et/ou une pression artérielle diastolique (PAD) supérieure ou égale à 90 mmHg, soit au-delà de 14/9.Au minimum deux mesures doivent être faites, à quelques minutes d'intervalle, au cours de la même consultation. Les mesures doivent ensuite être confirmées au cours de trois consultations successives sur une période de trois à six mois. Calcul du risque cardiovasculaire ? La décision de prendre en charge une personne hypertendue dépend des valeurs de sa pression artérielle mais également de son risque cardiovasculaire global. Et c'est bien là l'objectif essentiel : diminuer le risque cardiovasculaire.Il faut savoir aussi qu'au-delà de 50 ans, la pression artérielle systolique est un facteur pronostique du risque cardiovasculaire plus important que la pression artérielle diastolique, d'autant plus chez les sujets les plus âgés. C'est donc la hausse du premier chiffre qui est la plus inquiétante.Le risque cardiovasculaire global est évalué à partir des facteurs de risque : l'âge (supérieur à 50 ans chez l'homme et supérieur à 60 ans chez la femme) ; le tabagisme (actuel ou arrêté depuis moins de 3 ans) ; les antécédents familiaux d'accident cardiovasculaire précoce : − infarctus du myocarde ou mort subite avant l'âge de 55 ans chez le père ou chez un parent du premier degré de sexe masculin, − infarctus du myocarde ou mort subite avant l'âge de 65 ans chez la mère ou chez un parent du premier degré de sexe féminin, − accident vasculaire cérébral précoce (avant 45 ans) ; le diabète ; le taux de cholestérol (dyslipidémie : LDL-cholestérol supérieur ou égal à 1,60 g/l (4,1 mmol/l) ; HDL-cholestérol supérieur ou égal à 0,40 g/l (1 mmol/l)) ; l'obésité abdominale (tour de taille supérieur à 102 cm chez l'homme et à 88 cm chez la femme) ou l'obésité ; la sédentarité (absence d'activité physique régulière, soit environ 30 minutes trois fois par semaine) ; la consommation excessive d'alcool (plus de 3 verres de vin par jour chez l'homme et 2 verres par jour chez la femme). Les mesures d'hygiène et de diététique Ces mesures s'adressent à tout malade hypertendu, avec ou sans traitement pharmacologique associé. Il est nécessaire de définir en collaboration avec le médecin des objectifs précis, réalistes et étalés dans le temps pour chaque personne hypertendue. Selon les cas, la réévaluation doit avoir lieu dans un délai de six mois (risque faible) ou de 1 à 3 mois (risque moyen ou élevé). Limitation du sel (NaCl) à 6 g par jour. Réduction du poids en cas de surcharge pondérale. Pratique d'une activité physique régulière, adaptée à l'état clinique du patient (minimum 30 minutes trois fois par semaine). Limitation de la consommation d'alcool : moins de 3 verres de vin ou équivalent par jour chez l'homme et 2 verres chez la femme. Arrêt du tabac. Régime alimentaire riche en légumes, en fruits et pauvre en graisses saturées (graisses d'origine animale). Le traitement médicamenteux de l'hypertension La décision de prescrire un traitement médicamenteux dépend des chiffres de tension et du niveau de risque cardiovasculaire. Tout d'abord, un unique médicament antihypertenseur est proposé. En cas de réponse insuffisante dans un délai d'au moins 4 semaines, ou d'effets indésirables, il est recommandé de choisir un autre médicament contre l'hypertension ou une association de plusieurs médicaments. En cas d'hypertension artérielle importante ou de risque cardiovasculaire élevé, ce délai peut être plus court. Objectif de la prise en charge de l'hypertension L'objectif principal de la prise en charge de l'hypertendu est de réduire son risque cardiovasculaire sur le long terme. De façon plus pragmatique, le bénéfice du traitement est directement corrélé à la baisse des chiffres de tension. En cas d'hypertension artérielle simple, l'objectif est de descendre en dessous de 14/9. Mais en cas de diabète associé ou d'insuffisance rénale, il est recommandé de baisser les chiffres en dessous de 13/8.Lorsque les objectifs de tension sont atteints, le suivi repose sur une consultation tous les trois mois environ en cas de risque cardiovasculaire élevé ou tous les six mois dans les autres cas. Source : e-santé Isabelle Eustache
3 min
Protéger sa peau du soleil dès l'enfance !
Les expositions excessives au soleil sont responsables de problèmes majeurs de santé, notamment de cancer de la peau (dont le plus redoutable est le mélanome) et de cataracte. Savoir s'en protéger est essentiel et l'apprentissage doit débuter dès l'enfance. « Vivre avec le soleil » est un programme pédagogique permettant d'éduquer les enfants sur les risques liés aux surexpositions solaires et de leur faire adopter des comportements préventifs. Se protéger du soleil L'Association Sécurité solaire (Centre collaborateur de l'Organisation mondiale de la santé pour l'éducation solaire) lance la deuxième édition du volet scolaire du programme « Vivre avec le soleil ». Il s'agit d'un guide de l'enseignant contenant une progression pédagogique « clé en main » (10 séances d'une heure) conçue pour être conduite d'avril à juin. Il est proposé (gratuitement sur inscription sur le site www.vivreaveclesoleil.info) aux professeurs des écoles, conseillers pédagogiques et IEN du premier degré (CE2, CM1, CM2). Les élèves sont également invités à participer à un concours d'affiches de prévention.Les objectifs sont les suivants : Prendre conscience que le soleil a des effets positifs et négatifs sur notre santé et que nous sommes inégaux devant les risques. Identifier les ultraviolets (UV) comme composante dangereuse de la lumière solaire. Prendre conscience de l'importance du temps d'exposition. Comprendre comment varie l'intensité des UV en fonction de l'heure et de la saison. Faire le lien entre la hauteur du soleil dans le ciel et l'épaisseur d'atmosphère traversée par la lumière. Comprendre comment varie l'intensité des UV en fonction du lieu (latitude et altitude). Savoir reconnaître les situations à risques et utiliser une carte de météo solaire. Savoir protéger sa peau et ses yeux efficacement. Être acteur de prévention santé. Quelques exemples de messages à enseigner aux enfants Si ton ombre est plus courte que toi, ne t'expose pas ou bien protège-toi. Pour te protéger, choisis la panoplie complète : chapeau ou casquette, lunettes, vêtements et crème solaire. Pense à te protéger, même si tu ne lézardes pas au soleil : le sport en plein air et les promenades nécessitent aussi une protection solaire. Mange équilibré : les vitamines et les oligo-éléments aident aussi ta peau à se protéger. Méfie-toi des UV qui ne chauffent pas : au bord de la mer, en montagne, lorsqu'il y a du vent, des nuages, les UV sont toujours là, il faut te protéger. Le programme « Vivre avec le soleil » est réalisé en collaboration avec « La main à la pâte » et les éditions Hatier (collection Passerelle). Isabelle Eustache
2 min
Août-Septembre : les mois de l'ambroisie
L'ambroisie est une plante sauvage qui provoque d'importantes allergies en août et en septembre.Les pollens d'ambroisie sont particulièrement concentrés dans la région Rhône-Alpes, même s'ils ont tendance à s'étendent à d'autres régions françaises. D'importantes mesures sont prises dans le département pour organiser la lutte et prévenir l'apparition des symptômes. Lutte active contre l'ambroisie L'ambroisie pousse partout, dans les jardins, dans les terrains en friche, sur le bord des routes et il faut l'arracher sans tarder car les pollens d'ambroisie sont responsables d'importantes réactions allergiques (crises d'asthme, rhinites, laryngites, conjonctivites, eczéma).Dans la région Rhône-Alpes, les agriculteurs, les promoteurs et les gestionnaires de l'Équipement sont vivement sollicités pour prévenir la pousse de plants d'ambroisie, nettoyer et entretenir tous les espaces où pousse l'ambroisie. C'est que les manifestations allergiques à l'ambroisie sont particulièrement fréquentes dans ce département, où plus de 120.000 personnes sont sensibilisées au pollen d'ambroisie, soit plus de 6% de la population. De plus, on assiste à une très forte hausse du nombre de malades dus à l'ambroisie (+ 70 % en 3 ans), ayant mené le Préfet du Rhône à renforcer la lutte contre l'ambroisie en 2013.Prendre son traitement sans attendreOutre la lutte contre les plants d'ambroisie, les personnes allergiques sont invitées à prendre leur traitement dès le début de la saison pollinique car une fois les symptômes installés les traitements sont moins efficaces.Et en l'absence de traitement, il ne faut pas hésiter à consulter son médecin dès les premiers signes cliniques. Les bulletins allergopolliniques À cet effet, les personnes concernées disposent de bulletins allergopolliniques indiquant le niveau de risque par zone et établi grâce à l'implantation de capteurs de pollens sur le terrain.Les bulletins du grand Lyonhttp://www.grandlyon.com/pollens.70.0.html Les bulletins nationauxRéseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) : http://www.pollens.fr/les-bulletins/bulletin-allergo-pollinique.phpÀ savoir :Par précaution, les personnes allergiques et notamment les personnes très sensibles au pollen doivent s'abstenir de tout contact avec la plante, même non fleurie car l'allergène est présent en quantité infinitésimale dans la sève. Comment reconnaître l'ambroisie ? http://www.ambroisie.info/ Dr Philippe Presles
2 min